Lundi 12 mars 2012
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Dans un coin, un monceau de valises sur la scène. Dans l’une d’elles, quelqu’un est caché. Un homme passe dans les rangs des spectateurs, armé d’une lampe de poche. Il cherche... quelqu’un. Ce
quelqu’un, c’est un migrant, un sans papier, un homme en situation irrégulière, de ceux qui doivent obtempérer sur le champ sous peine d’avoir quelques démêlées avec la police. Parce que,
forcément, on ne fuit que si on a quelque chose à se reprocher...
Désiré, poursuivi et paniqué, traverse malencontreusement la rue et c’est l’accident irréparable. A partir de cet "incident", dont est témoin une femme, nous suivrons les interrogations et
chamboulements qui se produiront dans une famille qui ne se sent pas concernée de manière uniforme par les destinées de celles et ceux qui cherchent refuge hors de leurs frontières. Nous irons
également faire un petit tour du côté des associatifs qui oeuvrent aux côtés de ceux qui voudraient juste être régularisés pour avoir un avenir meilleur et s’en sortir. "Partir, ce n’est pas un
rêve de grandeur. Partir, c’est une nécessité". Par le truchement de lettres retrouvées dans la valise de Désiré, leur lecture, des scènes illustrées de ce qui a motivé ce jeune sourd-muet à
quitter mère et village d’Afrique, nous approchons ce qui fait humanité.
Nous avons trouvé le traitement théâtral assez conventionnel et sans réel accrochage, parfois même maladroit, avec des personnages types, manichéens, sihouettes plutôt que sujets vraiment
incarnés dont on aurait mieux saisi et ressenti les motivations. Comme si ce qui avait primé pour la metteure en scène et l’équipe de jeu était le sujet social et sociétal qu’elles avaient
à coeur, avec une difficulté à décoller, à donner du relief, de l’ampleur et du rythme. Nous aurions tendance à dire que nous en sommes ressortis avec dans nos poches de bons sentiments enrobés
de didactisme. Certains moments ont plus attiré notre intérêt : l’intégration sur le plateau d’un comédien sourd et muet, et la scène de référence à Antigone. C’est peut-être
d’ailleurs vers des points d’achoppement de ce type qu’aurait pu davantage être creusé le sillon mais en tous cas, selon nous, ce n'est pas suffisant pour un faire un propos théâtral, avec
force(s) et corps. Et pourtant, à l’origine, il y a un véritable regard citoyen et un engagement face à une actualité complexe.
Nos réserves nous amènent à penser que c’est un spectacle qui peut tout à fait convenir et s’adresser à des scolaires, et répondre aux attentes d’équipes enseignantes, comme support à une
sensibilisation et à un questionnement auprès des jeunes à partir du collège.
Web culture Vizille : http://www.sortiravizille.com/
Par Véronique Pédréro
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Publié dans : Spectacle Tout public
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Vendredi 9 mars 2012
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17:48
Un intérieur sommaire pour une famille modeste : une femme et quatre enfants dont Johnny, l’aîné, qui doit se rendre à l’usine pour compléter les apports financiers nécessaires au quotidien.
Pourtant, Johnny est encore un enfant... Enfant, il ne l’est pas dans son comportement : tandis que ses frères et soeurs jouent, rient et se chamaillent, lui part tôt le matin, rentre
exténué le soir et ne cherche qu’à dormir. Il n’éprouve aucun désir, suit sa routine quotidienne et ne se révolte que lorsqu'un de ses frères se moque de lui. Jusqu’au jour où il tombe malade,
délire et se relève de cette expérience chaotique avec la détermination farouche de s’en aller pour échapper à un destin qui paraissait tout tracé, immuable et inéluctable. Il part pour
s’éduquer à la vie.
Les choix opérés par cette compagnie prennent les traits :
du théâtre noir qui apporte une poétique, une magie et une distanciation, une bascule.
de marionnettes de tailles et formes différentes (relativement petites pour les protagonistes du
monde ouvrier), de masques qui rappellent les caricatures ou l’art affichiste (pour le contremaître, le directeur, le médecin, le contrôleur).
des machines à rouages, comme des roues de manèges à broyer les humains.
Le texte de London n’est malheureusement pas daté et il fait écho à des situations encore trop nombreuses de par le monde. Le travail des enfants, c’est toujours d’actualité ! Comme sont
d’actualité les notions de rendement, de retour de maladies comme tuberculose et rachitisme... La façon d’aborder ces thèmes ne colle pas (trop) au didactisme qui pourrait émerger. Il y a un beau
travail précis d’images, de rythmes, d’effacement des comédiens devant le jeu des marionnettes. Un spectacle qui devrait pouvoir éveiller des questionnements chez les (jeunes) spectateurs et qui
mérite(rait) peut-être d’être accompagné. Pour en apprécier la proposition nous conseillons un resserrement de la jauge de spectateurs.
Web Espace Aragon : http://www.espace-aragon.net/
Par Véronique Pédréro
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Publié dans : Spectacle Tout public
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Jeudi 8 mars 2012
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12:42
De Georges
Feydeau - Compagnie Vertigo
Vu le 22 février au Kawa Théâtre à Montpellier (34)
Avec Dominique Ratonnat, Nathalie Robert, Philippe Baron, Jennifer Cousin
Mise en scène Fred Tournaire
Tout public à partir de 14 ans
Durée 1 h
Lucien, joyeux fêtard qui a passé la soirée au bal de Quat ‘z’arts, rentre chez lui, à 4 h du matin, affublé de son costume de Louis XIV ruisselant de pluie, après avoir bien bu et bien
mangé... Bien sûr, il a oublié ses clés et s’acharne sur la sonnette de la porte d’entrée, réveillant en fanfare son épouse Yvonne,
passablement énervée. Plus il tente de s’excuser, plus le ton monte et les reproches pleuvent sur le pauvre Lucien qui va enchaîner les maladresses, jusqu’à
dire à son épouse qu’elle a des seins en porte manteau !! Annette, la pauvre petite bonne alsacienne est réveillée à son tour par Yvonne afin de donner un avis éclairé sur la poitrine de
Madame ! Après moult récriminations quant aux dépenses inconsidérées de son mari, alors qu’il n’honore pas ses dettes auprès de ses fournisseurs et se montre radin avec
elle, la scène de ménage est interrompue par un nouveau coup de sonnette… Joseph, le valet de la mère de Madame, arrive, porteur d’une
terrible nouvelle…
Cette courte pièce en un acte est un pur exemple du théâtre de Feydeau. Les situations traditionnelles du théâtre de boulevard s’y enchaînent : scène de ménage, chassé croisé, quiproquo,
jusqu’au coup de théâtre final. La mise en scène respecte le texte et les didascalies, et les acteurs jouent leur rôle fidèlement. Même si cette pièce ne nous semble pas être la meilleure de
l’auteur, la prestation que nous avons vue ce soir reste malgré tout un agréable divertissement de bonne tenue.
Par Cathy de Toledo
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Jeudi 8 mars 2012
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Vu le 17
février 2012 au Kawa théâtre, à Montpellier (34). Adapté par Bertrand Mayet d’après le film britannique "The Full Monty" réalisé par
Peter Cattaneo en 1997.
Avec Jordi Cardoner, Bertrand Mayet, Bruno Labannière, Artus.
Tout public à partir de 14 ans.
Durée : 1 h 30
Ils ne sont que quatre sur scène
alors qu’ils étaient six dans le film... et ils sont français. Evidemment, comme ils sont au théâtre, les scènes se déroulent seulement dans deux décors alternés. Ce qui donne
le champ libre à des intermèdes inspirés de publicités, distillés en avant scène par Bruno Labannière pendant les changements de décor.
Le scénario est le même : inspiré par le passage triomphal dans sa ville d’une troupe de Chippendales, un chômeur imagine monter un spectacle de strip tease afin de renflouer des finances très en
baisse ! Après bien des tergiversations, il parvient à convaincre trois copains de se lancer avec lui dans cette aventure risquée. Les répétitions des chorégraphies
commencent dans le bar d’une amie. Evidemment les acteurs s’en donnent à cœur joie, et Jordi excelle dans un rôle (de composition tient-il
à préciser !!) de vieux garçon homosexuel qui habite encore chez maman et tout émoustillé à l’idée de créer un spectacle de
strip tease avec des garçons !
Le bouche à oreille fonctionne à fond, et le spectacle fait salle comble tous les soirs, prouvant (s’il le fallait) qu’en ces temps de crise les gens ont besoin de se laisser aller à la franche
rigolade.… Certes, cela ne se fait pas toujours dans la dentelle, et je suis plus sensible à une forme d’humour disons... moins
agressive. Mais manifestement, le public est content et en redemande. Alors ne soyons pas bégueules !
Je soulignerais la qualité de jeu de Bertrand Mayet et de Jordi, mais si je suis moins convaincue par la prestation de Bruno Labannière et d’ Artus, qui
a encore besoin de parfaire son expérience. Il fallait en tous cas oser mettre cette histoire en scène et aller jusqu’au bout du strip tease final. Strip tease qui repose sur la présence d’esprit
de l’éclairagiste dont une seconde d’égarement peut conduire au CARRE BLANC…!!!
Par Cathy de Toledo
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Jeudi 8 mars 2012
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10:03
Vu le 28 février 2012 en séance scolaire, au théâtre La Vista à Montpellier (34).
Cie Blabla Productions (34) - Cirque burlesque
De et avec Fabien Coulon et Pascal Nolin
Tout public à partir de 3 ans
Durée 45 min
Après le succès de leur spectacle KBaré, Fabien Coulon et Pascal Nolin proposent un spectacle qui présente « l’envers du décor », c'est-à-dire tout ce qui se
passe dans les coulisses du cirque avant l’entrée en piste des artistes : chacun prépare son matériel, se met en condition, se maquille, fait face à toutes sortes d’imprévus… L’espace
scénique est envahi d’un indescriptible bric à brac, dans lequel les artistes piochent les accessoires nécessaires à leurs numéros.
Pour de très jeunes enfants (uniquement des maternelles ce jour là), les comédiens sont obligés d’adapter leur jeu et d’expliquer qu’il ne s’agit pas du VRAI spectacle, mais de sa préparation
dans les coulisses… Ce qui se passe devant le public est suggéré, mais la force de l’imagination et le peu qui nous est donné à voir au dessus et de chaque
côté du rideau en fond de scène qui figure l’accès à la piste rendent réels tous les numéros.
Le spectacle est également interactif : de jeunes spectateurs sont invités à être partenaires dans certains numéros (non dénués de danger comme celui de l’homme
canon !). Mais tout se termine dans les rires et la bonne humeur.
Ce spectacle en création à la Vista demande à être rodé mais est déjà aussi prometteur que KBaré. Quelques détails scéniques doivent être calés. D'autre
part, il me semble plus approprié de le présenter en tout public car certains éléments de mise en scène ne sont pas tout à fait évidents pour les jeunes enfants. Les parents
peuvent toutefois apporter les éclaircissements nécessaires.
Autre article sur le même spectacle : http://vivantmag.over-blog.com/article-cir-k-180-101020127.html
Autre spectacle de la même compagnie : http://vivantmag.over-blog.com/article-boxson-37459981.html
Par Cathy de Toledo
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Publié dans : Spectacle Tout public
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