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  • Site d'aide à la diffusion et à la programmation de spectacles vivants couvrant tous le grand Sud Est de la France, dédié aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs.
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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
Vous y trouverez l'ensemble des commentaires de nos correspondants sur les spectacles qui ont été vus. Ce service est en ligne en accès libre depuis février 2007.
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Découvrez sur le site www.vivantmag.fr, le catalogue des spectacles repérés... et l'ensemble des services de l'Association d'Aide à la Diffusion Interrégionale du Spectacle Vivant, l'AdAdiff.
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Mode d'emploi...

Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

20 juillet 2016 3 20 /07 /juillet /2016 18:53
Une Bête sur la Lune
Une Bête sur la Lune

Spectacle de la Cie des Comédiens Volants, co-production Théâtre de l’Oulle (84), vu à Avignon Off 2016, le 19 Juil., 18h25, Théâtre Notre-Dame (du 7 au 30, relâche le mercredi)

Pièce de Richard Kalinoski (L'Avant-Scène Théâtre, n°1029, 1998)

Mise en scène : Laurent Rochut

Jeu : Lili Sagit, Pierre Audigier, André Fauquenoy

Genre : Théâtre

Public : Tous publics dès 10 ans

Durée : 1h35

Jauge adaptable selon ouverture de plateau

Création 2016

Salle bleue (100 pl)

Etats-Unis, Wisconsin, années 1920-1930. C’est l’histoire d’un couple de survivants, Aram (P.Audigier) et Seta (L.Sagit). C’est l’Histoire du génocide arménien. Emigré aux Etats-Unis, il est photographe, comme beaucoup de ses compatriotes. Elle arrive chez lui car il l’a choisie pour femme, sur photo. Lui, raidi de douleur et pétri de traditions, veut des enfants, et à tout prix. Mais elle, tout juste 15 ans, encore un pied dans l’enfance, gaie, intelligente et vive, a peur. Voilà que les privations l’ont rendue stérile et qu’elle est désignée coupable de l’échec des projets de descendance de son mari. Tout les oppose. Elle arrive à parler, elle raconte l’horreur qu'elle a vécue, alors que lui se mure dans le silence. La pièce raconte leur apprivoisement réciproque progressif. Si Seta nous touche par son enthousiasme ou sa révolte dans des scènes poignantes, parfois violentes, Aram ne nous émeut pas moins par sa rigidité que l'on devine vulnérable. Un narrateur (A.Fauquenoy) intervient régulièrement pour situer l’histoire d’Aram et de Seta dans celle de leur peuple. De nombreuses photographies ponctuent ses paroles et rythment le spectacle en soulignant les multiples dimensions du fil narratif : l’intimité, le traumatisme, la mémoire des Arméniens. Coup de théâtre, le narrateur dévoile son identité au public: il est Vincent, un orphelin recueilli par le couple. Et tous trois forment alors une famille apaisée, dans un dénouement ouvert sur l'avenir. Rappel puissant du génocide arménien et de sa négation, ce spectacle offre aussi une belle réflexion sur les relations homme-femme. On est pris à la gorge mais on sourit et on rit aussi, car il y a de la lumière par-delà les souffrances : c'est la vie.

Ici tout se croise ou s’entremêle. Mais tout est clair grâce à une mise en scène et une scénographie impeccables associant des personnages attachants, des photographies émouvantes, et en fond permanent, l’histoire de la persécution d’un peuple à la riche culture. Affichées au mur du salon familial, des photos ponctuent l’évolution de Seta, puis du couple. Leur accrochage successif crée des surprises et des émotions subtiles, jusqu’à l’ultime photo d’un trio heureux souriant à l’avenir, lorsque les horreurs du passé ont pu prendre leur juste place. La présence centrale sur chevalet d’une étrange photo de la famille d’Aram pèse sur tout le spectacle et inquiète. Elle incarne la chape de plomb qui recouvre le traumatisme vécu par cet homme, et ne révèle son mystère qu’à la fin de la pièce, dans une scène d’une grande intensité dramatique où Seta et Aram exorcisent les tortures dont ils ont été témoins. Magnifique. En fond de scène de superbes images d'archives illustrent la richesse de la culture arménienne et évoquent les tourments subis. Ce spectacle montre ainsi le rôle joué par la photographie dans la mémoire collective. J’ai beaucoup appris. Aucune photo d’horreur, cependant. Juste l’évocation de la cruauté et de l’absurdité de la persécution d’un peuple frère. L’horreur, c’est le texte et le jeu qui nous en parlent sans fard et l’énigme du titre, révélée au cours du spectacle, résume la violence de l’Histoire.

Et nous spectateurs, témoins de l’intimité d’un couple alourdi par l’indicible, nous suivons cependant avec un certain bonheur le parcours de Seta et de sa confiance inébranlable dans la vie. Il y a du suspense. L.Sagit, enfant effrayée mais pleine d’amour de la vie, de combativité et de lucidité, se transforme en femme élégante et sûre d’elle au fil de la pièce. Devenue mère "adoptive" attentionnée auprès de Vincent, elle réussit à crever l’abcès et à libérer son homme et leur amour d'un passé qui les étouffait. Un rôle magnifique pour cette bonne comédienne. P.Audigier, incarne un mari parfaitement odieux par sa vision utilitaire de la femme. Mimiques et postures subtiles assouplissent progressivement son personnage, l’amenant vers une humanité réconciliée avec son passé. Il devient touchant. A.Fauquenoy passe en un clin d’œil du personnage du narrateur sérieux à celui de Vincent, jeune orphelin agité, et incarne alternativement les deux avec autant d’aisance et de conviction. Bravo à tous trois!

Au carrefour de l'histoire intime et de la grande Histoire, ce moment de théâtre inoubliable, riche en émotions et porteur d'un regard acéré sur l’humanité, s'adresse à de larges publics. Il peut déboucher sur d'intéressants débats d'actualité. A programmer sans hésitation.

Catherine Polge

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Published by Catherine Polge - dans Spectacle Tout public
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