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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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19 octobre 2018 5 19 /10 /octobre /2018 19:35
La Cantate à trois voix

 

dossier de presse

Un spectacle produit par Le Toucan Théâtre (Paris 14e), 21-22 Production (Paris 17e) et AgoraMusika (Paris 17e), vu le 13 octobre 2018 au Théâtre de l’Epée de Bois-Cartoucherie (Paris 12e).

Mise en scène : Tarik Benouarka
Texte : Paul Claudel
Comédiens : Danièle Meyrieux, Pauline Moingeon Valles, Mélodie Le Blay

Genre : Théâtre
Public : Adulte
Durée : 1h15

La médiocrité de la saison proposée dans les salles que j’ai coutume de fréquenter génère une telle frustration que je me jette avec frénésie sur les annonces reçues par l’Adadiff. C’est ainsi que j’ai eu la drôle d’idée d’aller voir « La Cantate à trois voix ».

Drôle d’idée pour ne pas dire idée totalement masochiste : à part « l’Annonce faite à Marie », je n’ai jamais rien compris à Claudel et Claudel m’ennuie. J’ai eu envie de me frotter à lui pour voir s’il m’était toujours imperméable : affirmatif !

Il faut sans doute saluer le courage de ces trois comédiennes (+ une musicienne) à vouloir défendre ce texte, à mon sens indéfendable. Certes le verbe est beau mais bourré de métaphores compassées : la femme est port, la femme est lune, la femme est rose. D’ailleurs, au cas où le spectateur n’aurait pas entendu que « ce n’est pas la rose mais son essence qui est éternelle », une odeur d’encens à la rose inonde littéralement le studio de l’épée de bois.  Ecœurant. A l’instar du sens du texte, d’une misogynie confondante.

C’est donc l’histoire de trois femmes dans leur rapport à l’être aimé. Elles n'existent que par et pour l'homme, comparé, excusez du peu, tantôt au Rhin, tantôt au soleil, tantôt à Jupiter. Elles incarnent les trois âges de la vie : Laeta est le printemps ou la jeune fiancée ; Fausta est entre deux âges, été et automne tout à la fois, mais surtout délaissée ; Beata, alias l’hiver, est veuve. La jeune fiancée attend, impatiente, que son prince charmant vienne la cueillir ; Fausta ressasse à l’envi la trahison de celui dont « elle a [été] la gardienne, le port » ; Beata prodigue ses conseils. Au cas où le sens échappe, la couleur des costumes (blanche, vermillon et carmin) nous rappelle le statut de chacune. Idée louable mais qui tourne au ridicule tant les robes de princesses moyenâgeuses sont d’une laide théâtralité.

En fait, tout est à l’avenant et l’enfer est pavé de bonnes intentions : en l’occurrence, aider le spectateur, par divers signes, à surpasser la difficulté d’un texte aride pour mieux y entrer. Le problème c’est que les adjuvants envahissent tout et finissent par noyer l’ensemble. Si le plateau est vide hormis un petit praticable en forme de rocher, il est rapidement saturé par la musique, omniprésente et insupportable. Si elle avait été réduite à l’épure du violoncelle, je pense que cela aurait été fort plaisant. Mais notre violoncelliste joue, comme dans le métro, sur une bande son. L’effet est déplorable. L’apothéose dans le genre, c’est « l’air de l’hiver » de Purcell dans un arrangement à l’orgue synthétique augmenté du violoncelle ! Béata, l’aïeule qui parle à ce moment-là, vous l’aurez compris, poursuit vaillamment sa tirade. Quel courage, décidément !

C’est d’ailleurs dans le jeu des actrices que la qualité du spectacle réside véritablement. Elles portent toutes les trois le texte avec un vrai professionnalisme. La diction est parfaite. Elles disent à merveille donc mais elles ne jouent pas forcément. Avec Fausta (Pauline Moingeon Valles), j’ai décroché. Le style déclamatoire de Danièle Meyrieux m’a horripilée. Est-ce en vertu d’un rôle plus lumineux que Mélody Le Blay est parvenue à camper un vrai personnage ? Sa jeune fiancée est une femme-enfant, pleine de grâce et d’espérance. Et comme le rôle occupe une large part du texte, on passe en sa compagnie un très bon moment. Le début est bien beau aussi : les trois comédiennes entonnent en chorale à trois voix l’ode au soir naissant et c’est sublime.

« La Cantate à trois voix » me laisse donc une impression fort mitigée. Le verbe est poétique mais s’obstine à dessiner une femme objet. La mise en scène se veut pédagogique mais s’avère terriblement lourde. Le jeu est techniquement bon mais trop souvent désincarné.

Cathy Wolff

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