Spectacle de la Compagnie Mata Malam (33), vu au Théâtre des vents à Avignon le 6 juillet 2021 à 11h20 (en avant-première) dans le cadre du Festival OFF d'Avignon du 7 au 31 juillet.

 

Texte et interprétation : Valentine Cohen

Mise en scène : Mercedes Sandz

Vidéo : Erwin Chamard

Public : tout public

Genre : Théâtre

Durée : 1h10

 

Premier spectacle de cette édition 2021 du Off d’Avignon. Un rendez-vous très attendu par beaucoup de professionnels après l’annulation de 2020. Une ouverture un peu sous pression, mais en même temps pleine d’attentes. Pour ma part, je pense que nous allons partager une excellente édition et ce premier spectacle au titre intrigant a donné le ton.

Une longue séquence vidéo d’ouverture projetée en fond de scène sur un tissu blanc nous rappelle les catastrophes écologiques, le feu atomique et toutes les innombrables plaies que nous faisons subir à notre petite planète et aux êtres qui la peuplent.

Le sujet est planté : « Notre maison est en flamme ».

Sur les mots de Greta Thunberg, une forme bouge sur scène, une naissance chaotique, cornue, un brin effrayante, donnant vie à une créature graphitée de signe tribaux à même le corps : c’est la femme-Moïse, naît de l’eau, de la terre et du feu, qui se met à nu et qui nous crache les folies de notre civilisation. Elle cherche la loi racine, qui nous porte et nous fait vivre heureux.

« Le monde est incontinent » et Valentine Cohen nous le dit avec fureur, provocation, et parfois avec humour. Le sujet est vaste : les bases du monde patriarcal qui nous porte, le mythe du paraître ou les objectifs de l’économie libérale qui nous harcèle… Cela pourrait paraître être indigeste, mais ça ne l’est pas.

Car elle transforme sa colère en action, en images, en matière, en mots, et nous offre l'occasion de "frotter nos pensées les uns aux autres", et cela fait une belle friction d'émotions, portée par une mise en scène lumineuse.

Elle chante et elle danse aussi, offrant pour clôturer ce spectacle, l'image envoûtante d'un derviche tourneur, nous parlant de la nouvelle constitution en Équateur qui a su placer en tête de ses priorités la protection de la diversité et de la nature.

Un spectacle complet, riche et plein d'intensité, qui a su trouver une façon poétique d'aborder cette urgence écologique, sans donner de leçon, et pourtant porteur d'espérance. Sur un sujet si pressant.

La seule interrogation : pourquoi ce titre?

À découvrir.

 

Eric Jalabert

 

 

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