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  • Site d'aide à la diffusion et à la programmation de spectacles vivants couvrant tous le grand Sud Est de la France, dédié aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
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les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

24 juillet 2014 4 24 /07 /juillet /2014 12:34

patrick-pelloquet-Le-Serment-d-Hippocrate.jpg

Spectacle de Louis Calaferte, vu le 21 juillet au Grenier à Sel, Avignon.

Auteur : Louis Calaferte
Interprètes : Gérard Darman, Pierre Gondard, Patrick Pelloquet, Christine Peyssens, Yvette Poirier, Georges Richardeau
Mise en scène : Patrick Pelloquet.

 

vivant-3-toiles-4

Durée :1h30

Public : Tout public

 


 

Pour un spectateur, l’avantage majeur du tropisme avignonnais de professionnels et d’amoureux du théâtre, c’est qu’il peut précisément aussi les croiser dans la rue, quand il recherche justement un bon spectacle. D’ailleurs c’est quasiment la 1ère question que tout le monde se pose : t’as vu quoi de bien ? Et ce fut mon cas, j’ai eu la chance de croiser les lumières d’un ancien directeur de théâtre (reconverti récemment en libraire à Pézenas), et qui m’a glissé (je ne vous dis pas où) d’aller voir le Calaferte, à tout prix.

A l’entrée de la salle, l’épouse de l’auteur : Guillemette, qui continue d'éditer les volumes restés inédits du journal de son mari. A ma gauche, le libraire.

Nous voici de nouveau en compagnie de Calaferte, une nouvelle fois mis en scène par son serviteur depuis presque 18 ans, Patrick Pelloquet. Et l’amour de Pelloquet pour l’auteur se sent d’emblée.

Une scénographie très intéressante nous attend, façon « photo polaroïd » géante, pure, recourbée sur la scène, réaliste, faisant apparaître un salon, un canapé, quelques tables et chaises, une porte découpée, pour la salle à manger. Réaliste mais pas naturaliste : le décor ne dit rien, ne raconte pas d’histoire, sauf peut-être la trace d’un meuble déplacé sur un vieux papier peint, comme après de longues années poussiéreuses. Rien ne présage de ce que l’on va voir de cette vitrine, ce "laboratoire" un peu vieillot et voyeuriste.

On entend vaguement au loin Danielle Gilbert à la radio, évoquant des statistiques qui révèlent qu’une personne sur deux fait une syncope, et paf ! Pas le temps d’entendre jusqu’au bout que Bon Maman (Yvette Poirier), personnage assez vieux qu’on imagine être une grand-mère, arrive et s’étale dans le salon de tout son long.
C’est bien plus qu’efficace. On rit. Alors que ce n’est pas drôle. Mais on rit, parce que c’est bien joué, comme une farce, et que ce n’est que le début d’une longue série.
Madeleine (la fille de Bon Maman) arrive et l’on baigne en plein décalage. Personne ne comprend qu’il s’agit d’une syncope. Et la bonne femme git au milieu du salon. Il faudra attendre Lucien et l’arrivée de son père pour qu’enfin quelqu’un pense à appeler le médecin.
Nous connaissons tous cette scène, de la vie courante : le médecin habituel est absent. Il va falloir faire appel à un autre médecin.

Plus souvent subversif et libertaire, je découvre avec surprise cette écriture plus rare de Calaferte : la comédie, la farce, lui qui nous plongeait jusque-là plutôt dans des recueils de poésies et des récits à l'atmosphère plus intimiste.
Dans "Le Serment d’Hippocrate", on est en plein dans la tradition du théâtre populaire de Molière. On rit pendant tout le spectacle de cette famille, classique, qui n’a rien à se dire, désespérément vide d’existence, où l’on ne parle que de ballonnements du grand-père et de la quantité de Coulommiers qu’il restera ce soir à dîner. Tout ce qui est dit entre les personnages n’a aucun d’intérêt mais c’est ce qui en fait la drôlerie.

 

Chacun des personnages est stéréotypé, vide, mais marqué par un code qui le définit aux yeux de la société et c’est en cela que la mise en scène et le travail de Pelloquet sont exemplaires. La grand-mère qu’on n’écoute jamais et qui ne s’adresse qu’à sa fille. Le grand-père doux, sourd, mais insatiable, qui parasite les conversations à tout va et que personne ne prend jamais au sérieux parce qu’il ne comprend rien de toute façon. Madeleine, celle qui porte la culotte, qui prend les décisions, qui ordonne, Lucien son mari, qui s’exécute, le médecin, qui n’a pas besoin de malade, mais juste de maladie, des intestins si possible… A l'arrivée du médecin, des pans entiers du texte font penser à "Dom Juan", au "Médecin malgré lui", au "Malade imaginaire". 

Dans l’ensemble, et c’est là que Calaferte veut en venir, tout le monde est clairement dépassé. Qui croire ? Comment ne pas remettre sa vie entre les mains d’un spécialiste, quand cela s’impose ?
On connaît tous le sujet. "Le Serment d’Hippocrate" nous parle avec humour de l’inquiétude de l’homme âgé face à un serment médical souvent trahi. Louis Calaferte, Patrick Pelloquet et l’ensemble de ses comédiens ont réussi à en faire un "Molière du 20ème siècle", et c’est très réussi.

 

Danielle Krupa / www.allez-zou.fr

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Published by Danielle Krupa / www.allez-zou.fr
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