compagnie-des-lumas_les-bonnes.jpegAdaptation du texte de Jean Genet (version de 1947) par la Compagnie des Lumas, programmée hors les murs par l’Amphithéâtre de Pont de Claix (38) aux Ateliers Marianne. En effet, le metteur en scène souhaitait que cette proposition prenne corps dans un espace de travail réel, et différent d'une scène de théâtre. Nous y étions le vendredi 17 janvier 2013.

 

- Texte : Jean Genet (version de 1947)
- Conception et mise en scène : Eric Massé
- Avec : Cécile Bournay (Claire), Marie-Laure Crochant (Solange), Camille Rutherford (Madame, en vidéo)
- Collaboration à la mise en scène : Julie Binot
- Collaboration à la dramaturgie : Catherine Ailloud-Nicolas
- Scénographie : Yvan Robin
- Création vidéo : Thomas Rathier
- Création lumières : Jérémie Papin
- Création costumes : Laura Garnier
- Régie générale et son : Arnaud Olivier
- Sound designers : Aranaud Olivier et Yi-Ping Yang
- Composition musicale : Yi-Ping Yang

 

Public : adultes et ados
Durée : 1h environ

Création 2012

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Ce soir-là, le jeu nous a conduits successivement dans deux espaces. Tout d'abord celui où les deux sœurs mettent en place une cérémonie malsaine où dépendance(s), imbrications et confusion(s) s’interpénètrent, où leur quotidien, leurs frustrations et leurs dérives montent en épingle sur une sorte d’autel sacrificiel. Ensuite celui qui pourrait représenter la "réalité", avec les relations à Madame et la projection de sa disparition, par le truchement d’actions engagées par les comédienne et la non matérialité de la patronne (vidéo sur écran TV). 

 

Dans le premier, on est peut-être dans la chambre des bonnes, ou dans un endroit de la maison qu’elles investissent temporairement en l’absence de leurs patrons. Sommes-nous témoins, spectateurs, complices ou observateurs ? L’un, l’autre ? Tout à la fois ? Cela rappelle les greniers d’enfance où les gosses s’emparent de bouts de choses pour maquiller et transformer le réel. En même temps, il y a cette manière grossière et grotesque de se farder les lèvres qui donne une couleur sexuée-sexuelle à la scène. Elles sont deux, elles sont une, indi-visible(s), à entonner la comptine maladive : "l’assassinat est un chose inénarrable".

 

Dans le second, il nous est proposé des frottements entre le vrai, le fantasmé, ce qui se passe et ce qui se dit dans le champ et hors-champ... ce qui induit une confusion également. Pouvons-nous savoir, à ce moment-là, ce qui se déroule vraiment, ce que les bonnes entendent vraiment, ce dont elles sont les instigatrices ? Pas sûr. Si nous cherchons ici un miroir, nous en trouverons un plutôt déformant.

 

Finalement, dans l’un comme dans l’autre, le gothique, la grandiloquence et le clownesque sont de mise, à l'image de cette liqueur de mort d’abord destinée à Madame mais avalée par l’une des soeurs. Nous sommes sortis en nous demandant qui en fin de compte mourrait... pris que nous étions entre un texte, un fait divers et un traitement scénique !

 

Autre spectacle de la compagnie, commenté sur ce blog

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L'amphithéâtre du Pont de Claix, c'est par ici

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