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  • Site d'aide à la diffusion et à la programmation de spectacles vivants couvrant tous le grand Sud Est de la France, dédié aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
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les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

26 juillet 2014 6 26 /07 /juillet /2014 19:53

McBeth-The-Notes.jpgCompagnie des petites heures (75), Avignon off, Théâtre du Roi René, 24 Juil. 2014, 16h35

 

D'après W. Shakespeare (1606), trad. de JM Desprats

Adaptation: Dan Jemmett et David Ayala

Mise en scène: Dan Jammett

Jeu: David Ayala

Collaboration artistique: Juliette Mouchonnat

 

VIVANT-3-COEURS-5Genre: théâtre

Durée: 1h30

Public: tous à partir de 10 ans

Jauge idéale: 200, max. 600

Création 2014

 

La Cie des Petites Heures est une maison de production créée en 1986.

 

Un metteur en scène arrive sur le plateau, un gros cahier sous le bras. Après une répétition de Macbeth, il reprend ses notes et s'adresse à nous, le public, comme si nous étions les comédiens. Ca ne s'est pas bien passé du tout. Très énervé, il adresse aux uns et aux autres des remarques d'une cocasserie extraordinaire, donnant des conseils hauts en couleurs avec de nombreux exemples cinématographiques. Pris dans le feu de l'action, il joue même avec passion des rôles qu'il affectionne. La pression monte, il perd le fil, s'emballe, s'échauffe, se désespère et finit par prendre la place du roi Duncan assassiné. Une baignoire de sang lui procure un final grandiose. Les mécanismes de la tragédie sont ici démontés avec humour, et Macbeth autant malmené que magnifié par le délire d'un metteur en scène exaspéré.

 

"C'est bien! Bravo à tous!", lance Ayala en entrant. Simple formule réconfortante car ses notes disent le contraire et les critiques tombent en rafale sur tous, techniciens comme acteurs. Les combinaisons en lycra des sorcières passent mal à la scintigraphie, Malcolm fils du roi devrait réagir vivement comme dans "Bip-Bip et le coyote", Lady Macbeth n'exprime pas assez d'Eros, un bruit de roulettes gêne la scène holographique, Cumberland s'obstine à entrer par le côté jardin c'omme s'il sortait de la chambre de la reine, le roi Duncan grelote dans la baignoire de sang, son cadavre bouge, etc...Bonne âme, il donne des conseils mnémotechniques à ceux dont la mémoire flanche: saucisses de Cumberland par exemple, ce qui lui fait penser à réserver au restaurant. De digressions en digressions, il déclare que "si le public n'est pas c.., il faut quand même qu'il comprenne" , ou s'emballe contre Dullin et Jouvet Chaque remarque est littéralement mise en scène. Ayala joue de la voix et de la pantomime la plus burlesque au service de la frénésie et de la passion qui emportent son personnage. Son jeu m'a rappelé également de grands moments du cinéma. C'est grandiose et la salle explose de rire, sauf... quand la tragédie fait brusquement irruption. Rebondissant sur un mot, Ayala saute de ses notes dans l'action et joue un bout de scène, une tirade. Terrible puissance de cet homme seul en lumière sur le plateau alors obscur. Ces superbes intermèdes rythment le spectacle en nous replongeant dans la tragédie. Mais tout humain a ses faiblesses et le travail ne doit pas faire oublier l'heure du restaurant... Les digressions empêchent de dépasser l'Acte II et le metteur en scène bascule dans le délire, entre Orson Welles, Star Trek et un Macbeth serial killer. Il est probable que des acteurs soumis à ce régime auraient lâché prise. Par contre le public ne lâche rien et ovationne David Ayala qui vient saluer en peignoir après sa prestation pleine de "bruit et de fureur", suivie d'un bain tragi-comique.

 

Cette adaptation montre l'envers possible de "Macbeth": tailladée, piquetée de ressorts comiques et mise en scène par cet homme déchaîné, la pièce prend les dimensions d'un film à grand spectacle. C'est hilarant. C'est aussi une vraie leçon de théâtre, car en revisitant cette pièce, Jammett et Ayala en décortiquent le jeu dramatique comme on démonte un Lego. Dans sa frénésie, le personnage du metteur en scène se révèle presque aussi empêtré dans son projet que Macbeth dans le sien. Ni l'un ni l'autre ne peuvent reculer, c'est le jeu de la vie. Quelle belle découverte de Shakespeare pour un public non initié et quelle réconciliation avec les classiques pour un public scolaire ! Quant aux amateurs ou professionnels, ils se régaleront devant la maîtrise et l'humour de ce spectacle, ses amusantes références aux métiers du théâtre, au jeu tragique et aux grands moments du cinéma. 

Ce spectacle est inoubliable.

 

Catherine Polge

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Published by Catherine Polge - dans Spectacle Tout public
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