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  • Site d'aide à la diffusion et à la programmation de spectacles vivants couvrant tous le grand Sud Est de la France, dédié aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs.
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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
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On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

9 juillet 2012 1 09 /07 /juillet /2012 22:04

le-sourire-au-pied-de-l-echelle_premier-amour.jpgSpectacle de la compagnie Le Sourire au Pied de l'Echelle, vu au théâtre Au Bout Là-Bas, lors du festival Off d'Avignon.

 

Avec  : Jérôme Garnier

Mise en scène : Manon Allouch

 

Durée  1 h 10

VIVANT-3-COEURS-5.jpgIl est toujours périlleux, pour qui connaît et aime un texte, d'en voir l'adaptation théâtralisée, surtout lorsque ce texte n'a pas été conçu dès le départ pour le théâtre. "Premier Amour", dont le titre a bien entendu été emprunté à Tourgueniev, est une nouvelle de Samuel Beckett, écrite en 1945 et en français. Le texte n'a pourtant été publié en France qu'en 1970.


La compagnie du Sourire au Pied de l'Echelle a choisi de s'emparer de ce monologue intérieur si puissant et déroutant, et, autant le dire, magnifique. C'est curieux, certes, mais surtout fébrile qu'on vient à une rencontre aussi ambitieuse. On a si peur qu'elle soit ratée, si peur que le texte soit trahi, lorsqu'on s'avance au théâtre si bien nommé en l'occurrence : Au Bout Là-Bas (c'est aussi proche et aussi loin à la fois, qu'on a envie d'être transporté avec une telle oeuvre).


Ne maintenons pas le suspense plus longtemps : la rencontre eut lieu et elle ne fut pas ratée. Le décor, d'emblée, jette le trouble, l'ambigüité et l'incongruité propres au texte. Quelques ampoules (sommes-nous dans le monde des vivants ou le monde des morts ?), une chaise trouée (l'inconfort du corps ne se fera jamais oublier), une valise (drôle de voyage) et un monceau de vestiges de cacahuètes (de quoi le corps en question a besoin, compulsivement, et ce qu'il en reste). Rien de plus. Et il faut rarement plus que cela chez Beckett. Le comédien Jérôme Garnier évolue là, seul, et occupe cet espace avec une présence miraculeusement sobre et intense tout à la fois. Il parle, il nous parle et nous captive, sachant rendre toute la vie de ce texte, au détour de chaque mot mais aussi de chaque silence. Il habite ce personnage, tour à tour répugnant et attachant, lâche et aux initiatives étranges, orgueilleux et fataliste, et tant de choses encore... si humain au bout du compte, au bout du voyage, au bout de la fuite. Et surtout, il sait rendre tout l'humour du narrateur, bien souvent malgré ce dernier, ce qui est peut-être le plus difficile. L'ennui est loin, très loin, on passe plus d'une heure suspendu à des mots aussi forts que :

" On n'est plus soi-même, dans ces conditions, et c'est pénible de ne plus être soi-même, encore plus pénible que de l'être, quoi qu'on en dise (...) Ce qu'on appelle l'amour c'est l'exil, avec de temps en temps une carte postale du pays, voilà mon sentiment ce soir. »

« Je ne me sentais pas bien à côté d'elle, sauf que je me sentais libre de penser à autre chose qu'à elle, et c'était déjà énorme (...). Et je savais qu'en la quittant je perdrais cette liberté. »


Des mots jamais trahis. C'est d'amour qu'il s'agit. Un amour qui ne se commande pas mais vous surprendra sans aucun doute, que vous connaissiez le texte ou pas. Une performance à ne pas rater.

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Published by Florence Hinckel - dans Spectacle Tout public
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