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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site.
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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

5 juillet 2017 3 05 /07 /juillet /2017 22:54
Bêtes de foire. Petit théâtre de gestes
crédit photo : Philippe Laurençon

Spectacle de la Cie Bêtes de Foire – Petit Théâtre de gestes (34), vu le 20 et le 24 Juin 2017, 21h, Domaine d’O, Montpellier (34), dans le cadre du Printemps des Comédiens.

 

En piste : Laurent Cabrol, Elsa De Witte et la chienne Sokha

Décor et scénographie : Elsa De Witte et Laurent Cabrol

Et une équipe de créateurs (marionnettes, musique, son, éclairages)

 

Genre : Cirque forain

Public : A partir de 8 ans

Durée : 1h

Jauge : 136 sur bancs gradinés

Création 2013 

 

"Bêtes de Foire" propose un spectacle de cirque peu banal, complexe et élégant. Virtuosité, poésie, humour, frissons et surprises sont au rendez-vous. Sous chapiteau, le public découvre...un atelier de costumière, au bord d’une toute petite piste. Les numéros, étonnants, alternent au rythme d’une excellente musique : jonglage, marionnettes, dressage. Sans échanger une seule parole E. De Witte et L. Cabrol communiquent par pantomimes, mimiques, bruitages. Au son métallique de sa machine à coudre ou du "clac" de ses ciseaux, l'autoritaire Elsa coache sans pitié ce partenaire imprévisible qui met le spectacle en péril par ses hésitations, ses maladresses et ses pantomimes décalées entre Keaton et Chaplin. Mais quel jongleur éblouissant dès qu’il touche chapeaux, boules et balles! Ses prouesses sont inattendues et stupéfiantes. Les marionnettes, véritables personnages, exécutent des numéros fascinants au son de rythmes romantiques, tragiques ou endiablés. Sokha la charmante petite chienne emporte l'adhésion bruyante du public par sa vaillante et hilarante contribution. On vit des moments de tension ou d'inquiétude, on s'exclame de surprise, on rit aux éclats. Le tour de piste reçoit une ovation. Je sors à regret, décide de revenir et suis tout autant emballée la seconde fois.

La scénographie intègre les numéros de cirque, le jeu théâtral et les objets grâce une organisation rigoureuse de l'espace où chaque élément joue son rôle. Ainsi par exemple la place de la machine à coudre à pédales est proprement spectaculaire! Seuls en scène, Elsa et Laurent se donnent à fond. Femme-orchestre, Elsa est parfaite en costumière affairée. Voilà qu'elle guide et cadence les jongleries de son partenaire avec le "tac tac tac" de sa machine à coudre, ou dévide des longueurs de câble technique avec ses bobines de fil, exprime avec une scie musicale les angoisses secrètes d'un funambule, ou encore s'empare d'un costume inouï pour se ruer dans une danse de marionnettes fort drôle et d'une belle qualité acrobatique! De ses doigts qui volètent elle lance aussi la musique, mais il faut le savoir... Quant aux brillants et savoureux numéros de jonglerie de Laurent, ils semblent surgir soudainement de son personnage d'homme élastique (stupéfiant) empêtré dans un corps où doigts, bras, tête, bouche et jambes mènent des vies autonomes. Tous deux incarnent un bon duo comique articulé sur un rapport de pouvoir. Voici Laurent, avec son regard de clown étonné, gauche devant des objets qui s'échappent et le dépassent et voilà Elsa avec son regard sans appel, sa raideur autoritaire et sa gestuelle qui découpe l’espace au scalpel. Et entre eux se glissent parfois la cruauté et les esquives malicieuses chères au couple de Laurel et Hardy. J'ai apprécié ces contrastes.

Les entrées en piste des marionnettes sont épatantes car Laurent et Elsa, en ménageant du suspense, les mettent en forme au vu du public avant de les manipuler. Et voilà qu'elles font leur numéro en semblant s'émanciper pour vivre leur vie! J'ai applaudi à leurs prouesses comme à celles d’artistes en chair et en os et c’est très troublant! Saluons les trois créateurs de ces marionnettes. De belle taille, elles offrent de beaux visages expressifs et émouvants et sont construites sur des supports variés très inventifs : bâtons articulés, mécaniques, costumes transformables.

Indissociables du spectacle, les excellentes créations musicales rythmées enchantent jusqu’au moindre geste et ménagent des pauses intéressantes (Nino Rota n’est parfois pas loin). Les bruitages, tels par exemple les coups de ciseaux impérieux d’Elsa sculptent les silences. Impressionnant. Intimiste, l’harmonie sombre des couleurs dans les bruns et ocre rouge doit beaucoup aux éclairages qui savent se placer au bon moment au bon endroit, toujours avec discrétion. En accord avec les pantomimes, l’ambiance générale prend souvent un agréable petit air suranné avec des clins d’œil au cinéma muet. Bravo à toute l'équipe!

On rit beaucoup, on est ému, étonné, surpris, parfois déstabilisé, et toujours impressionné par le brio et la créativité de l'ensemble. "Bêtes de Foire" met l'humain en scène et interpelle l’imaginaire du spectateur dans de nombreux registres. A programmer pour faire rêver adultes et enfants, en respectant l'âge limite de 8 ans minimum en raison du caractère intimiste du spectacle. Noter que les enfants en bas âge ne sont pas admis sous le chapiteau.

La compagnie est itinérante et se déplace avec son chapiteau et ses gradins. Conditions sur demande.

Catherine Polge

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Published by Catherine Polge - dans Spectacle Tout public
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2 juillet 2017 7 02 /07 /juillet /2017 07:26

 Spectacle de Thomas Pitiot, vu dans le cadre du Printival 2017, le 12 avril à 21h, au Foyer des Campagnes, Pézenas.

 

Avec : Thomas Pitiot, Florence Naprix, Yvan Descamps, Michel Kanuty, Yannick Kerzanet, Franc La Rocca, Régis Pons, Bruno Wilhem

 

Genre : Concert
Public : Tout public
Durée : 1h30

 

Brigade de chroniqueurs : Jean-Marie, Grégory, Maud, Eliska, Mehdi et Isabelle 

 

A l’occasion du 18ème Printival de Pézenas, nous avions rendez-vous au Foyer des Campagnes pour assister à un concert de Thomas Pitiot chantant Pierre Vassiliu avec en première partie "Makja". Environ 200-250 personnes présentes composaient un public varié aux tempes parfois grisonnantes. Accueil souriant et ambiance décontractée. Lumière éteinte, Makja, grande silhouette toute de noir vêtue, fait son apparition sur scène, accompagné d’un musicien au clavier. Il s’inscrit dans la lignée des chanteurs engagés à la voix puissante et claire, aux paroles fortes et sans concession. Ainsi, même si son univers n’est pas des plus légers, son authenticité et son talent ont su gagner l’attention et l’adhésion du public. Durant l’entracte, collations et rafraîchissements étaient proposés dans une salle avoisinante. Vingt minutes plus tard, Thomas Pitiot à son tour se présentait sur scène avec 7 musiciens (clavier, 3 cuivres, basse, batterie, guitare) et une choriste. Tout de suite, avec une belle énergie, une aisance scénique et un humour communicatif, il a su revisiter à sa manière l’univers déjanté, festif, drôle, tendre et toujours plein d’humanité de Pierre Vassiliu. Les musiciens et la choriste prenaient visiblement plaisir à jouer toutes ces musiques du monde dont s’inspirait tant le "trublion moustachu". Pas étonnant donc que des spectateurs exprimèrent leur plaisir en dansant et chantant sur les derniers morceaux du concert. Ce fut un très beau succès mérité pour ce talentueux et fort sympathique artiste qu’est Thomas Pitiot. Un bien bel hommage à P. Vassiliu. Jean-Marie

 

Hormis les cervicales douloureuses, l'envie d'entendre ce concert était très présente chez moi. L'ambiance était chaleureuse même si je me suis senti plus brassé par la deuxième partie. Deuxième partie à laquelle je n'ai pas pu assister jusqu'au bout car, hélas, j'étais attendu à l’institution où j’habite. Les textes et le style de musique m'ont transporté et m'ont permis de m'évader un moment. La musique agréable à entendre à contribuer à l'oubli momentané de mes douleurs. L'ambiance était tellement agréable qu'il a été très difficile pour moi de devoir partir. Grégory

 

Nous sommes mercredi 12 avril et je suis curieuse et ravie d’aller découvrir Thomas Pitiot au Foyer des Campagnes à Pézenas, qui interprétera des chansons de Pierre Vassiliu en son hommage. Curieuse oui ! Car je pense la tâche ardue face à un si grand talent ! C’est dans cet état d’esprit que je m’installe au milieu de la salle de concert qui s’emplit peu à peu jusqu’à être quasi comble à l’heure dite. L’ambiance est très décontractée. La lumière s’éteint, une brève présentation est faite. Je découvre "Makja" en première partie ; un chanteur à texte avec une voix puissante, des textes engagés accompagnés d’une musique assez élaborée et variée, que pour ma part j’apprécie. Les spectateurs semblent également apprécier au vu des applaudissements enthousiastes. Arrive un entracte ; dans une autre salle sont proposés boissons et encas, ce qui rend encore plus chaleureux le lieu. Un appel retentit afin de demander de regagner nos places pour la deuxième partie : les musiciens sont installés, un petit instant de suspense, pas de chanteur sur scène ! Enfin quelqu’un repère Thomas Pitiot et l’interpelle ; il arrive décontracté jusqu’au micro ; cette arrivée discrète presque inattendue créé une ambiance familière qui a pour effet de faire passer immédiatement le courant avec le public. Là, un jeu de scène, une voix, une présence et une interprétation de cet artiste me permettent de découvrir un grand nombre de textes de Vassiliu. Les musiciens sont également très présents et participent très activement à créer une ambiance festive, drôle et captivante. Je suis immédiatement conquise par l’énergie et la qualité de cette prestation. Une interaction avec le public qui prend plaisir à entonner des refrains à plusieurs reprises ne fait qu’accentuer le plaisir partagé. A la fin du concert, pas mal de spectateurs se mettent à danser !! il faut dire que la musique s’y prête bien. Zut ! On aurait dû le faire plus tôt, c’est ce que je me suis dit, et je suis bien sûr que pas mal de gens se sont dit la même chose ! La prochaine fois… Thomas P. nous invite à se retrouver au bar, la soirée s’achève après presque 3 h de concert. Je sors ravie d’avoir pu assister à ce concert qui m’a remplie de plaisir et m’a donné envie de re-découvrir Pierre Vassiliu. Maud

 

J'ai été surprise par ce concert. Je m'attendais à des musiques plus douces. J'étais excitée avant le concert. Je ne me sentais pas très bien installée dans la salle. J'ai trouvé ça bien que l'artiste parle avec le public, il y avait une bonne ambiance. J'ai trouvé que les chansons étaient joyeuses avec des passages rigolos notamment durant la première partie. J'ai été émue par rapport à la chanteuse du groupe dans la deuxième partie. Au début c'était doux et après c'était plus entraînant. J'ai trouvé qu'il avait des voix superbes.J e trouve que les paroles allaient bien avec la musique. En partant j'étais de bonne humeur avec quelques musiques qui me sont restées en tête. Eliska

 

En arrivant au Foyer des Campagnes je me sentais bien. J'ai trouvé que l'accueil était bon et sans trop d’attente pour le démarrage du spectacle. Je me sentais à l'aise. J'ai trouvé que la première partie était triste et que ça ne bougeait pas trop. Pourtant l'artiste faisait des jeux de mots sympathiques et il y avait de jolies couleurs au fond derrière lui par moment. La seconde partie était plus joyeuse plus amusante. Elle donnait envie de bouger. On pouvait danser contrairement à la première partie. J'ai trouvé qu'il y avait une bonne ambiance durant ce concert avec certains moments rigolos quand le chanteur racontait des blagues au public. La femme de la seconde partie, la chanteuse du groupe, avait une voix magnifique. Elle donnait envie de pleurer de bonheur. Les autres aussi avaient une belle voix mais j'ai préféré sa voix à elle. J'ai bien aimé les instruments de musique surtout le piano et la trompette. J'ai été heureux de participer à ce concert, c'était cool et différent de ce que je connaissais. Mehdi

 

"Qui c’est celui-là ?" est la question qui me vient en apprenant qu’à l’occasion de ce Printival 2017 je vais aller au concert de Thomas Pitiot. Non, je ne connais pas Thomas Pitiot. Ce que je sais c’est que ce soir il va chanter du Pierre Vassiliu. Je le connais celui-ci. Enfin… je connais surtout LA chanson tube de 1973. C’est donc vierge du répertoire de l’un et de l’autre que je m’installe dans la salle du Foyer des Campagnes de Pézenas. Vierge et peu motivée j’avoue. Et ce n’est pas l’acoustique approximative et les sièges en plastique qui vont me redonner la pêche; ça commence mal. La première partie de Makja, chanteur engagé, me fait m’enfoncer un peu plus dans mon inconfort. La performance est réelle, le personnage est intéressant mais l’ensemble est trop rude pour moi à ce moment de la journée. Et je me dis que le contraste avec ce qui va suivre va probablement être saisissant. Il l’est. Parce que Thomas Pitiot qui chante Vassiliu c’est 8 personnes sur la scène : trompette, saxophones, guitare, basse, batterie, percussions, une choriste et Thomas Pitiot. Boum ! ça envoie du lourd. Les musiciens assurent. Peu sensible aux rythmes afro-caribéens je ne vais pas jusqu’à me lever et danser comme certains le font dans la salle mais j’apprécie la belle énergie et l’humour qui se dégagent des textes de Vassiliu, de l’ensemble instrumental et de la personnalité de Thomas Pitiot. Isabelle

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1 juillet 2017 6 01 /07 /juillet /2017 18:46
La Tempête

Source : Compagnie Têtes de Bois

Présent sur Avignon Off 2017

Spectacle de la Compagnie Les Têtes de Bois (34), Première en séance scolaire le 17 mars 2016, au théâtre la Vista Montpellier (34)

D’après W. Shakespeare

Mise en scène : Mehdi Benabdelouhab

Musique : Pierre Bernon

Avec : Jean Bard, Mehdi Benabdelouhab, Valeria Emanuele, Luca Gentil, Izumi Grisinger, Facundo Melillo, Gregory Nardella

Genre : Théâtre

Public : Tout public à partir de 10 ans

Durée : 2 heures

Création 2016

Après avoir été dépossédé par son propre frère Antonio de son duché de Milan, Prospero et sa fille Miranda ont trouvé refuge sur une petite île où Prospero règne en maître. Il s’est initié à la magie, a libéré l’esprit de l’air, Ariel, et soumis à son bon vouloir Caliban, un être frustre qui vivait là. Il déclenche un jour une terrible tempête et le bateau d’Antonio l’usurpateur fait naufrage. Les rescapés trouvent refuge sur l’île, seuls ou en petits groupes, isolés les uns des autres, ne sachant qui a survécu.

Prospero, aidé d’Ariel, terrorise et manipule tous les protagonistes. Malgré ce, tous retrouvent bien vite leurs habitudes de complots et de manigances, rêvant de s’entretuer pour prendre le pouvoir. Seuls deux êtres sortent du lot, Miranda et Ferdinand fils d’Antonio. Purs et naïfs, ils tombent immédiatement amoureux l’un de l’autre, apportant une lueur d’espoir au milieu des bas instincts développés par leur entourage.

C’est avec la tempête que la représentation commence. Très fort. Cris, tonnerre, éclairs, flots déchaînés… La mise en scène s’annonce somptueuse. Comme toujours avec Les Têtes de Bois, le tréteau occupe largement l’espace. Il est ici modernisé, recouvert de tissus, au gré de l’action, et recèle plusieurs trappes. Les lumières, diluées à l’occasion dans les fumigènes, les dispositifs de projections/miroirs, les masques d’inspiration balinaise, toujours magnifiques, les costumes colorés très soignés, tout nous transporte dans une ambiance à la fois tragique et surnaturelle.

L’accompagnement musical colle au plus près de l’action. Dispensé en direct par Pierre Bernon, sur divers instruments à cordes, mais aussi transformé par le biais de boucles musicales, il accentue encore l’atmosphère enchanteresse. Chaque comédien joue plusieurs rôles, sauf Prospero, Miranda et Ferdinand, qui ne jouent que leur propre rôle, sans masque. Ariel est interprété par une marionnette, mais pas seulement… avant de prendre forme humaine.

L’énergie développée par les comédiens, les jeux de scène et changements de rôle rapides, m’ont totalement dépaysée, et je n’ai pas vu passer les deux heures que dure le spectacle ! Cette toute première représentation publique est déjà d’un très haut niveau. Si ce n’est l’exigence de la Compagnie, qui souhaite encore perfectionner cette création, en préparation depuis 3 ans mais visible seulement en 2017 au Festival d’Avignon, il n’y aurait, de mon point de vue, rien à changer…

Cathy de Toledo

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Published by Cathy de Toledo - dans Spectacle Tout public
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1 juillet 2017 6 01 /07 /juillet /2017 16:31

les regles du savoir vivrePrésent sur Avignon Off 2017

Spectacle de la compagnie Le Chien au Croisement (dept 34), vu le 15 Nov. 2013, 20h30, au Carré Rondelet, Montpellier (34). 

 

Texte de Jean-Luc Lagarce (1994)

Mise en scène et interprétation : Christel Claude et Julien Assemat 

Création lumières : Thierry Jacquelin

 

vivant-3-toiles-4Durée : 1h30 environ

Genre : comédie

Public : à partir de 12 ans

Création 2013, peut aussi se jouer à domicile ou en extérieur de nuit

 

 

Nous sommes nombreux au Carré Rondelet, pour la représentation de ce troisième spectacle de la  compagnie « Le Chien au Croisement » qui se décrit à juste titre animée par "la volonté de défendre des textes forts et poétiques" dans tous types de lieux. Lagarce s’inspire ici d’un manuel de savoir-vivre du XIXe siècle pour élaborer une longue et hilarante liste des codes de bienséance, à respecter impérativement pour tenir son rang dans la société à chaque grand moment de l’existence. En effet, « il serait imbécile de se laisser déborder par les futilités accessoires que sont les sentiments » (Lagarce).

 

Dès la déclaration de naissance et jusqu’au décès, en passant par le choix du prénom, le baptême avec parrain et marraine, les « présentations », les fiançailles, le mariage, puis le veuvage et même les noces d’or, le savoir-vivre impose une étiquette stricte. Tous ces conseils sont émaillés de notations familières incongrues, d’illustrations cocasses et de détails protocolaires fouillés jusqu’à l’absurde. Loin d’être gratuites, ces notations comiques permettent à Lagarce de dire le pire : comment des codes en apparence ridicules favorisent l’obtention de bénéfices matériels, fût-ce au prix d'un décès inopiné mais bienvenu, et comment ils assurent le maintien de hiérarchies sociales ou sexuelles, fût-ce au prix de conventions pesantes mais de bon rapport.

 

L’interprétation, à l’origine destinée à un unique rôle féminin, est ici confiée à deux comédiens qui jouent en complémentarité et avec beaucoup de complicité. J’ai beaucoup apprécié leur jeu théâtral qui met en valeur l’humour corrosif du texte et sa force étonnante, en particulier dans l’alliance constante et ironique de la vie et de la mort. Christel Claude et Julien Assemat s’emparent de l’écriture de Lagarce en s’appuyant astucieusement sur les mots, les répétitions et l’apparence laborieuse du style pour rebondir, s’épauler, se compléter. Le second degré est omniprésent. C’est vif, enlevé, émouvant et très drôle. Gestuelle et mimiques, en accord avec le formalisme des conseils donnés, soulignent le ridicule ou le décalage de certaines situations. Et quelle ambiance dans la salle lorsque des spectateurs sollicités pour monter sur scène jouent divers personnages d’une noce dont nous devenons les invités ! C'est une belle expérience et l'on rit beaucoup.

 

Ce spectacle réjouissant et chaleureux n'impose aucune contrainte de mise en oeuvre. Dans un décor réduit à l’essentiel (une table, deux chaises), d'amusantes trouvailles scénographiques très simples (ballons de baudruche) ponctuent la pièce avec humour. Les quelques éclairages utilisés sont maniés avec justesse et drôlerie en fonction du texte. Enfin j’ai apprécié l’originalité des costumes qui jouent sur la complémentarité des imprimés, comme dans un clin d'oeil humoristique au duo parfait des comédiens. Ce très bon spectacle qui transmet avec émotion la drôlerie du texte de Lagarce et implique le spectateur dans le jeu théâtral, s’adresse à tout public disposé à jeter un regard humoristique sur la société et ses cérémonials absurdes ou nécessaires. 

 

Autre spectacle de cette compagnie commenté dans le blog Vivantmag :"La Voix des clochards célestes"

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Published by Catherine Polge - dans Spectacle Tout public
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1 juillet 2017 6 01 /07 /juillet /2017 13:45
Monsieur Paul

Présent sur Avignon Off 2017

Spectacle d'Olivier Labiche, vu au Télémac, Nîmes (30), le 15 Mai 2015, 21h et revu le 19 Mars 2017, 17h30, Carré Rondelet, Montpellier (34)

De et avec Olivier Labiche

Collab. artistique : Laurent Pit

Régie : Marie Maurent

Scénographie : Dominique Raynal

Genre : Seul en scène, humour

Durée : 1h15

Public : Tous à partir de 8 ans

Sortie de chantier

Etrange Monsieur Paul, qui gère à lui tout seul "Radio Paul FM" dans le petit studio où il vit ! Après un réveil tranquille Monsieur Paul sort du lit et se met en route sans stress, circulant à pas lents entre cafetière et brosse à dents. A 13h44, enfin installé à sa table, c'est d'une voix placide qu'il salue ses premiers auditeurs de "la matinale"... Le reste de la journée se déroule sur le même rythme et chaque fois que Monsieur Paul lance la musique à l'antenne d'un geste noble il semble presque qu'une armée de techniciens s'active derrière lui ! O. Labiche pastiche des émissions traditionnelles, pour en livrer des versions déjantées ou complètement vidées de leur contenu, qui oscillent entre rêve et réalité. Ce sont par exemple un cours de mime par correspondance, une séance de psychanalyse en ligne, l'absence de "blague du jour", le tout entrecoupé de conseils, qui voilent ou dévoilent la solitude d'un homme mystérieux. Qui est-il ? Un sage ? Un fou ? Un philosophe ? Un grand timide ? Tard le soir, Monsieur Paul, qui n'a pas mis le nez dehors, donne rendez-vous à ses auditeurs (qui donc ?) pour le lendemain, et... retourne au lit. Pour le spectateur, étonnement, surprises et bons fous rires sont au rendez-vous tout au long du spectacle, et il en reste ensuite comme la trame d'une leçon de vie.

J'ai revu ce spectacle deux ans après sa création, avec autant de plaisir. La scénographie plus sobre et la mise en scène plus resserrée apportent de la rigueur à ce "numéro radiophonique"  déroutant, mené tout en finesse. Toujours aussi drôle et (faussement ?) naïf, Monsieur Paul s'intéresse maintenant aussi à l'actualité et lance quelques infos percutantes ! Le personnage s'ancre ainsi dans le réel et peut faire évoluer le spectacle au fil des représentations. Bravo !

O. Labiche incarne un personnage lunaire, et l'humour, dans son sens premier de détachement, imprègne l'atmosphère de ce spectacle au premier chef poétique. Mais paradoxalement Monsieur Paul n'est pas déconnecté de la vie et son regard acéré sur la société s'exprime dans des textes excellents, souvent incisifs mais sans causticité, qu'il propose à notre réflexion. Serait-il notre miroir ? D'excellents effets comiques surgissent de décalages entre les attentes du spectateur et ce qui se passe sur scène. Il y a ici tout à la fois du loufoque de L'Os à moelle, de la tendresse, du pathétique, avec une progression tout au long du spectacle, du périphérique vers l'intime. En effet, progressivement, Monsieur Paul dévoile un peu plus de lui-même, en particulier dans quelques moments très forts, tels le playback de "Il n'y a pas d'amour heureux" et une extraordinaire danse immobile. Même ses activités quotidiennes les plus prosaïques sont livrées au regard du spectateur, comme une inoubliable lessive qu'il fait sécher de-ci de-là et en particulier sur un lampadaire...

Le comédien, yeux mi-clos pendant tout le spectacle, est excellent tant dans son occupation de l'espace et sa gestuelle que dans ses monologues et ses silences. Toutes les respirations, les pauses, les absences, et une certaine mollesse insidieuse, sont prises dans un rythme qui emmène le spectateur en équilibre sur un fil. Séduite d'emblée par le réel tour de force que représente ce spectacle inclassable, courageux et ambitieux, j'en ai d'autant plus regretté quelques hésitations dans la mise en route ainsi que dans une longue (mais cocasse) énumération au milieu du spectacle. Mais rappelons que c'est une magnifique sortie de chantier qui promet de beaux jours à Radio Paul FM.

Original et profond dans son propos, "Monsieur Paul" ne peut que captiver tout public désireux de lâcher prise pour un excellent moment de théâtre et il emballera aussi tous ceux qui souhaitent écouter le bruit du cassoulet ou connaître l'inventeur du drap de dessous ! Un spectacle à suivre absolument.

Catherine Polge

Autres mises en scène d'O.Labiche sur ce blog :

http://vivantmag.over-blog.com/article-pour-en-finir-une-bonne-fois-pour-toute-avec-la-culture-108444676.html

"Peter Pan " http://vivantmag.over-blog.com/article-24971792.html

http://vivantmag.over-blog.com/article-ubu-roi-108124163.html

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Published by Catherine Polge - dans Spectacle Tout public
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26 juin 2017 1 26 /06 /juin /2017 23:32
Nous qui sommes cent
Nous qui sommes cent

Spectacle de la compagnie Les cris de l’horizon (93), vu au Théâtre des Déchargeurs (Paris 1er), le 26 juin 2017.

Mise en scène : Laura Perotte
Ecriture et Interprétation : Caroline Monnier, Laura Perrotte, Isabelle Seleskovitch

Genre : Théâtre
Public : Adulte
Durée : 1h10

Mi-juin, c’est le début de la grande transhumance : les compagnies parisiennes migrent vers Avignon et il est fort difficile de se mettre un spectacle sous la dent ! "Nous qui sommes cent" avait le mérite d’être encore à l’affiche en cette fin juin alors qu’il sera au Ring, à compter du 5 juillet. Sauf à être amateur de divertissement télévisuel, je ne suis pas certaine de le recommander.

Sur le petit plateau nu du Théâtre des Déchargeurs, trois jeunes femmes, de justaucorps noirs vêtues, jouent à réinventer leur destinée. Nous assistons à l’une des parties que l’on imagine maintes fois recommencées. A chaque tentative, le scénario semble achopper sur les mêmes traumas : la rencontre du futur époux, Arthur ; l’aventure avortée avec un inconnu au retour d’une fameuse conférence ; un incendie fatal. On comprend, à la fin, que les trois jeunes femmes n’en font qu’une, qu’elles sont les voix, les "moi", d’un tiraillement intérieur qui déchire la personnalité de la narratrice. Il y a d’une part l’incarnation d’une vie "normale", normée et mortifère, et d’autre part celles qui ne veulent pas se résigner au silence : la rebelle et la suiveuse.

Le texte de Jonas Hassen Khemiri traduit du suédois par Marianne Ségol-Samoy est intéressant. Il y a de jolies trouvailles d’accessoires comme ces attributs de genre que l’on scratche sur les justaucorps à l’aube des premiers émois (mais le procédé ne va pas sans me rappeler le spectacle "C’est (un peu) compliqué d’être à l’origine du monde") ou bien ce petit praticable rouge qui fait tout autant office d’estrade que de toit dangereusement pentu. Il y a quelques scènes particulièrement réussies comme ces flashes de lumière rouges et bleus qui dessinent de folles soirées en boîte, ou comme cette séquence où notre héroïne se rêve en Dalida. Elle en embrasse avec talent la robe, les poses, la voix, le chant.

Mais le parti pris de mise en scène ne m’a pas convaincue. Pour ce drame existentiel, la metteuse en scène Laura Perrotte a choisi un ton résolument léger et parodique. Il s’accompagne d’un jeu extérieur, superficiel et dénué d’émotions. Les voix, généralement haut perchées, achèvent une distanciation qui dessert le propos. Les accrocs dans le texte sont fâcheux. Le contact physique (câlins, bagarres) n’est qu’effleurement. Les regards qui cherchent systématiquement la connivence avec le spectateur réduisent le spectacle à une prestation d’officine de formation théâtrale.

"Nous qui sommes cent" présente un texte original, nouvellement édité en France. Les quelques beaux moments et jolies trouvailles ne compensent malheureusement pas un parti pris de mise en scène contestable.

Catherine Wolff

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Published by Catherine Wolff - dans Spectacle Adultes
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22 juin 2017 4 22 /06 /juin /2017 14:31
Dans le ventre de la ballerine

Spectacle de la compagnie Anomalie &… (89), vu au théâtre Le Monfort (Paris 15e), le 6 juin 2017.

 

Mise en scène : Jean-Benoît Mollet

Ecriture et Interprétation : Jörg Müller, Sarah Cosset, Chiharu Mamiya, Fabrice Scott, Laurent Pareti, Olivier Gauducheau, Delphine Lanson et Jean-Benoît Mollet

Création sonore et live : Thomas Turine

Création Lumière : Romain De Lagarde

 

Genre : Cirque, Théâtre et Danse

Public : Tout public à partir de 12 ans

Durée : 1h20

 

"Dans le ventre de la Ballerine", vous l’aurez compris rien qu’au titre, est un spectacle assez délirant auquel nous invite la bien nommée compagnie Anomalie &…

 

Ils sont huit sur scène et presque autant de techniciens. Pourtant le décor initial se réduit à peu de choses : des flight-cases recouverts de housses dorées, des câbles colorés qui pendouillent des cintres, une vague installation en bâche rose. Mais par la magie de la lumière, du son, de la connectique, et bien sûr de la danse et du jeu, ces éléments de base vont déployer des tableaux aussi différents que déroutants.

Le spectacle s’ouvre sur un final d’opéra. Le public est invité à applaudir et à rester pour rencontrer l’équipe. S’ensuit une discussion sur le processus de création d’un spectacle que nous n’avons pas vu. Décidément, les "26000 couverts" font des émules! Mais la compagnie Anomalie &… ne se laisse pas enfermer dans un pâle pastiche et trouve sa propre voix dans l’expérience proposée à une spectatrice (une vraie comédienne, on le comprendra plus tard): explorer physiquement le cerveau du metteur en scène. Nous voilà "dans la peau de John Malkovich"! Le décor s’anime, les comédiens et danseurs vêtus de bâches colorées ou de gélatine de projecteur jouent aux synapses, aux globules blancs, aux terminaisons nerveuses. Ils grimpent à l’artère principale - un ruban - et nous évoquent alors Aurélien Bory. Au cours de l’expérience, le metteur en scène, en voix off car officiellement en goguette dans le quartier, se sent mal; il a la fièvre et sur le plateau des tuyaux fument et notre fausse spectatrice est harcelée par les anticorps dansants tandis que son guide s’égare… L’expérience s’achèvera par une idylle entre le metteur en scène et la spectatrice dans un chalet enneigé; idylle mimée par des bruitages manuels à l’ancienne et du plus romantique effet.

C’est un spectacle riche de retournements et de trouvailles et qui ne se raconte pas: il faut le voir, en faire l’expérience car il fait aussi bien appel aux sens qu’à l’imaginaire. Le corps et l’esprit, le désir et la réflexion, sont les deux pôles que la compagnie souhaitait aborder dans ce spectacle. La mise en abyme est des plus réussie. Quand le spectacle sera un peu plus rodé, les quelques longueurs disparaîtront et il est à parier que "Dans le ventre de la ballerine" rentrera dans les annales !

Catherine Wolf

 

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31 mai 2017 3 31 /05 /mai /2017 12:26

Spectacle de la Cie Les arts Buissonniers (34), vu à la médiathèque de Pézenas le 1er mars 2017.

 

Avec : Dona Ranc

Mise en scène : Sylvère Petit

 

Genre : Conte

Public : Enfants dès 6 ans

Durée : 35 minutes

 

Brigade de chroniqueurs : Jean-Marie, Jean-Luc, Annie et Jacqueline

 

Ce mercredi 1er mars, c’est dans une des salles (bibliothèque pour enfants) de la médiathèque de Pézenas qu’avait lieu le spectacle "Radio contes" accessible dès 6 ans. 
Il n’y faisait pas froid !... et même si le lieu ne semblait pas très adapté de prime abord, la mise en scène simple mais efficace (une toile noire pour l’obscurité, un escalier, une table, une chaise, une lampe et une bougie) et le talent de la comédienne auront suffi à capter l’attention des petits, mais aussi des plus grands. "Radio contes" se décline en 3 histoires à la manière de "Il était une fois" qui nous emmènent dans un monde ludique, tendre, drôle, enchanteur, fantastique, laissant libre cours à l’imaginaire. Derrière ces histoires que les enfants semblent avoir appréciées peut-être faut-il aussi y voir au fil des rencontres, des découvertes, des échanges, un message d’espoir, de légèreté et de solidarité face aux difficultés et aux fléaux de la vie. Ainsi, la bande son de "Radio Londres" n’est-elle pas anodine. Quand l’imaginaire se met au service de la pédagogie… Jean-Marie

 

Dans la demi-pénombre apparaît, dans un bruissement de pluie et d’orage inquiétant, une jeune femme tenant bougie et parapluie. Dans le décor d’une chambrette désuète, elle active alors une machine à coudre à pédale semblant produire l’énergie qui allume une petite ampoule électrique, souffle la mèche et dispose devant elle un microphone chromé : les accessoires sont raccords avec la robe que revêt la conteuse. Une ambiance "occupation 40-45" se révèle comme cadre à cette théâtralisation originale qui se verra ponctuée de musiques ainsi que du bruit typique du brouillage qu’appliquaient les nazis aux émissions de la BBC durant cette période. On comprend le nom du spectacle, et son but : résistance ! Par la voix dans le micro et le jeu assuré de la comédienne Dona Ranc, 3 contes vont être portés à nos yeux et à nos oreilles : à l’histoire de "Lilune", l’enfant-silence, qui ne parle pas, mais semble communiquer avec ses mains, succédera celle de "Souris-fleur" dont la famille et les maux de ventre empoisonnent la vie. Après un petit intermède combinant swing, danse et messages codés, nous est narrée "la guerre des bonbons", où l'intelligence et la gourmandise de culture mettent fin aux conflits. On ne verra pas la bougie rallumée après l’extinction de la lampe, quand les accessoires ont été rangés, chapeau et manteau remis, et parapluie ré-ouvert pour sortir ; mais on entendra les applaudissements nourris de ce jeune public qui, comme moi, et tout du long, a si bien su profiter de ce moment rare. J’imagine que les commentaires et les questions fuseront ce soir, avec les parents, copains, frères et sœurs ! Moi, j’ai beaucoup aimé ; à vous de découvrir ce chouette "pestacle" si vous en avez l’occasion ! Jean-Luc 

 

Je suis particulièrement fatiguée de ma semaine professionnelle étoffée d'activités diverses surtout ce vendredi soir dont mon intervention se termina vers 17h mais je n'ose me décommander. Vite partir à Pézenas et me rendre à la médiathèque où se déroule le spectacle pour enfants ! Animée par ma curiosité et mon plaisir à écouter un conte même si celui-ci s'adresse principalement aux bambins en âge de s'extasier des histoires du théâtre vivant, je conduis assez vite pour arriver à l'heure. Des conditions qui ne préparent pas à la quiétude ! Toutefois je suis contente d'entrer dans ce beau lieu, bien agréable qu'est cette médiathèque. Je m'y sens bien et l'accueil est toujours souriant. Et puis, j'aime me retrouver parmi mes amis les livres. Mais ce soir-là, les livres sont cachés sous de grandes toiles de rideaux épais, bien noirs. Elles occultent la lumière sur les deux côtés de l'angle, délimitant la scène. Une trentaine de personnes, petits et grands, sont agglutinées dans un parterre improvisé. Quant à moi, je suis placée derrière un bureau sur lequel trône comme un stand up royal, l'écran de l'ordinateur… et suis posée sur le fauteuil moelleux noir de la bibliothécaire. Pourtant je ne trouve pas l'assise agréable pour ouvrir toutes grandes mes oreilles. Je me laisse toutefois charmer par les jeux de mots, la belle diction de l'actrice et surtout par la magnifique expressivité de ses regards. La clarté lumineuse de ces yeux m'émerveille. J'y perçois avec plaisir combien elle croit à ses personnages. Pas moi ! J'observe même par courts instants le chemin buissonnier de mes pensées, l'escapade libertaire de ma présence. Je ne sais où… mais je sais que je n'écoute plus ! Trente minutes plus tard, les 3 historiettes, mignonnettes, sont closes... Et cric et crac, le conte es accabat !!! Annie

 

Nous rajeunissons, ce vendredi 10 mars, conviés par la médiathèque de Pézenas, à un spectacle pour enfants. La lumière s'éteint, et voilà que descend, par l'escalier en colimaçon, une femme en tailleur. Une fée conteuse, joliment éclairée par le chandelier qu'elle porte. Dans un silence qui crée une tension propice au récit, elle s'installe. On découvre vite que la "table" est une machine à coudre comme celle de nos grand-mères, noire et dorée, mue sûrement par un pédalier qui, ici, permet d'alimenter une lampe de chevet. La fée conteuse à la jolie voix nous emporte dans 3 contes destinés aux petits, dont les personnages sont des petits enfants et des petits animaux (chats, souris), où le cadre est connu et rassurant : la campagne, des fleurs, une rivière, la mer. L'envoûtement est créé au début de chaque histoire par les rythmes d'un poème. On suit dans chaque conte une petite héroïne, dans la quête initiatique d'une langue perdue, "donnée au chat", ou dans l'apprentissage des lois de la nature (faire sa crotte n'a rien de honteux). Ou la rencontre avec la guerre, qui est présente dans la troisième histoire, même si les bonbons y ont un grand rôle et édulcorent ce qui serait trop angoissant. Le spectacle se ferme en symétrie avec son début : la vieille machine à coudre est repliée dans son meuble, la conteuse rallume sa chandelle et remonte vers son grenier. Un rôle est tacitement laissé, dans ces contes, aux adultes : celui d'expliquer ce qui ne figure pas dans l'univers familier des enfants d'aujourd'hui. La guerre, hélas, est illustrée tous les jours à la télévision. Mais les parents se sentiront obligés d'éclairer les tout jeunes sur l'Histoire, le passé, le terreau de nos existences, le quotidien qui fut celui de nos grand-parents. "Radio contes" évoque Radio Londres, et le vieux micro sur la table évoque l'épopée gaullienne, l'appel du 18 juin, les messages codés qui ont précédé des événements capitaux de la seconde guerre mondiale. La voix de la conteuse n'est pas le seul élément sonore dans le spectacle, accompagnée d'une bande sonore très élaborée, faite de musique, de bruits, d'archives sonores parodiques. Ce moment fut une bulle d'évasion, ouverte puis refermée, vers le monde imaginaire et poétique qui est celui des enfants, ancrée cependant dans la réalité par quelques éléments concrets qui évitent la mièvrerie. L'allusion à la guerre, parce qu'elle est repoussée loin dans le temps, atténue ce qu'elle a d'angoissant. Ce joli spectacle poétique peut plaire à tous et sert de façon agréable et équilibrée le rêve et la pédagogie. Il durait 35 minutes, durée maximum supportable par les petits qui commençaient à s'agiter un peu vers la fin. Jacqueline

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28 mai 2017 7 28 /05 /mai /2017 14:29
La Femme de trop

Spectacle de la compagnie Marcel et ses Drôles de Femmes (76), vu le 16 mai 2017, au théâtre Le Monfort (Paris 15e).

 

Mise en scène : Alba Sarraute Pons

Ecriture et Interprétation : Noémie Armbruster, Marine Fourteau, Angèle Guilbaud, Liza Lapert et Marcel Vidal Castells

 

Genre : Cirque

Public : Tout public

Durée : 1h10

 

Le nom de la compagnie - Marcel et ses Drôles de Femmes - est si joli et prometteur que je n’ai su résister à l’invitation du Monfort pour découvrir leur spectacle, "la Femme de trop".

 

Ils sont cinq sur scène - un homme et quatre femmes -, Marcel donc et Noémie, Marine, Angèle, Liza et Alba qui portent à la scène les mêmes prénoms qu’au civil. Les présentations sont faites d’entrée de jeu, mais rien n’est moins sûr que leur identité puisqu’ils en changent précisément, par le travestissement, à chaque tableau. "La Femme de trop" raconte la rencontre des personnages avec eux-mêmes au sein d’un groupe qui entreprend de monter devant nous un spectacle de portés aériens. Voilà qui fleure bon, à travers le synopsis, "les 26 000 couverts". 

 

Le décor se limite aux cadres aériens et aux épais matelas de réception. Ils sont le lieu du spectacle en lui-même mais, au-delà, de sa métaphore: pour apprendre à se connaître, il faut oser se jeter dans le vide, s’abandonner à l’autre, tomber et recommencer, essayer à nouveau en changeant de méthode et pourquoi pas en se mettant à la place de l’autre. On assiste donc à leur quête dans une sorte d’éternel recommencement suggéré par une musique de music-hall qui opère tel un jingle et qui ouvre chaque tableau. La couleur des costumes, changés à vue, permet de suivre plus ou moins les changements d’identité. Le comique de répétition tente de faire le reste.

 

"La Femme de trop" a pour elle une multitude de qualités. Il fallait oser, dans un spectacle de cirque, laisser tomber et s’écraser son partenaire comme une crêpe. C’est cruel mais drôle. Dans le registre des belles trouvailles, la voltigeuse, arrêtée en plein vol, mains et pieds tenus de part et d’autre par les deux porteurs, devient pont aérien. L’une des voltigeuses est, par ailleurs, impressionnante de souplesse et de grâce, tandis qu’une autre fait preuve d’une très jolie voix. Ils chantent tous d’ailleurs, dansent aussi et savent, ce qui est rare pour des artistes de cirque, tenir un rôle théâtral avec une voix bien placée. Mais l’éternel recommencement est lassant. Malgré leurs efforts de loufoquerie, malgré une scène qui se jonche peu à peu de tout un capharnaüm à la Camille Boitel, le spectacle n’évolue pas. Le rire reste fugace, l’ennui pointe sérieusement et la frustration avec. C’est sans doute très personnel mais je ne supporte pas, quand enfin un joli porté aérien s’envole, quand un peu d’émotion pointe, qu’on me coupe mon désir pour revenir à une trivialité même pas drôle. "La femme de trop" est un spectacle qui, malgré ses évidentes qualités, m’a laissée sur ma faim. Mon point de vue n’engage que moi: le public a manifestement aimé.

 

Catherine Wolff

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23 mai 2017 2 23 /05 /mai /2017 11:13
Derrière le Rideau

 

Spectacle de la compagnie Le Collectif Météore (75), vu le 13 mai 2017, à l’Aktéon Théâtre (Paris 11e).

 

Avec : Jules-Angelo Bigarnet, Thibault Jeanmougin, Perrine Marillier, Vincent Vespérant

Création collective


Genre : Comédie, Absurde
Public : Tout public
Durée : 1h10

 

Le Collectif Météore présente une création inédite ! La genèse de "Derrière le Rideau" sort du lot, tout comme la mise en scène. Le burlesque et la mise en abyme du théâtre dans le théâtre font quelques clins d’œil aux "Diablogues" de Dubillard. Mais pour le reste, place à l’imagination ! Dans cette œuvre singulière, l’improvisation est maître du jeu et se glisse partout, très subtilement, entre l’ossature et la contrainte inhérentes à l’exercice. Les répliques fusent. Les comédiens sont bons. Chaque soir s’annonce différent et à chaque fois la magie prend.

 

Les membres du quatuor ont les ingrédients pour présenter au menu un scénario exquis saupoudré d’absurde : des dettes trop lourdes, l’abandon d’un membre de la troupe, un spectacle à sauver, une rupture amoureuse… Ajoutez à cela une bonne dose d’humour et d’autodérision. L’an dernier, ils ont joué les "Diablogues" et "Nouveaux Diablogues" de Dubillard. Mais les droits d'auteur étant trop lourds à payer, ils ont dû opter pour une création. Tout en gardant le goût de l'absurde, les comédiens ont monté leur propre pièce, directement inspirée de leur vécu.

Le regard que portent ces quatre jeunes comédiens sur leur profession est loin d'être naïf. C’est l’œil aiguisé, et avec talent, qu’ils improvisent. Une prise de risque habile et réussie. L'occasion aussi pour eux de faire évoluer leurs personnages et leurs interactions après chaque représentation. La chansonnette de Perrine au début du spectacle ne sera pas la même tous les soirs. Jules s’emmêlera avec ses bretelles selon son inspiration du moment. Thibault fera le poulet sur ordre de Vincent ou non...

Les comédiens ont gardé leurs vrais prénoms sur scène, de quoi amincir encore un peu plus la fine membrane entre le réel et la fiction. Dans ce basculement entre réalité et rêverie, les spectateurs se retrouvent dès la première scène face à un personnage singulier et sans nom. Un clown aussi muet qu’attachant qui se prépare à entrer sur scène. Cette séquence s’attarde, avec quelques longueurs, sur le ridicule d’un comédien euphorique prenant plaisir à manier son image dans un élan égocentrique. La pratique du mime permet de grossir les traits sans y aller avec des pincettes, mais de manière élégante et cocasse, dans la démesure et l’extase.

 

"Il faut de la jeunesse, du dynamisme !" comme dirait le personnage du metteur en scène. Et c’est aussi l’un des grands atouts de la pièce : une fraîcheur particulièrement appréciable pour dépoussiérer quelques textes ou mises en scène attendues. Le principal personnage ne serait-il pas le théâtre lui-même ? Rien de mieux qu’une représentation vivante, qui reprend les codes tout en les bousculant, pour parler du spectacle… vivant. Déploiement des mouvements. Canalisation de l'énergie. Expressivité, travail de la diction, préparation physique et respiratoire, jeu de confiance avec son partenaire, comme on l’expérimente en école de théâtre. Sans oublier le "lâcher prise" et le "travail d’équipe", des mots qui reviennent souvent durant le spectacle. La notion de "projet commun" prend tout son sens dans cette création collective, éprise de liberté.

La troupe ose transpercer le filtre invisible qui la sépare du public. Une femme assise au premier rang aide à plier un drap, le metteur en scène (fictif) hautain et misogyne s’installe un instant parmi le public pour clamer ses indications scéniques… Le public devient lui aussi personnage à part entière au moment où les comédiens se rendent compte qu’ils sont regardés. Cette stupeur se traduit par un tableau où le mouvement des corps au ralenti devient une véritable prestation.

Les comédiens ont su user de leur formation classique, du jeu corporel et de la méthode Stanislavski, mère de l'Actors Studio, pour transgresser les règles et prendre des risques. L’envers du décor et les travers de la profession ne sont pas épargnés, à l’instar du metteur en scène fictif qui se donne le premier rôle. Sous prétexte d’aider les comédiens à sauver la pièce, il leur vole la vedette. Son exigence dérive vers une forme de tyrannie, allant jusqu’à abuser des comédiens qu’il dirige. L’intimité pour lui n’a pas de limite. La pièce pose avec finesse des questions philosophiques sur le théâtre : faut-il puiser dans son vécu quand on est comédien ou se dissocier le plus possible de son personnage ? Est-ce que tout est permis pour faire ressortir une émotion à tout prix ? Certains metteurs en scène vont-ils trop loin ?
 

Tout au long du spectacle, le caractère comique s’estompe parfois pour faire place à l’émotion. Les séquences musicales avec les ombres des personnages derrière le rideau, peuvent donner une dimension cinématographique puissante. L’esprit s’évade avec quelques notes de musiques espagnoles. L’imagination se déploie, comme un retour à l’enfance. Deux bras avec un doigt qui pointe derrière le tissu, suffisent à figurer les aiguilles d’une horloge. La petite scène de l’Aktéon Théâtre s’adapte parfaitement au décor minimaliste où un drap, une table ou une malle suffisent amplement. Seul inconvénient pour les spectateurs assis au centre : la présence d’un poteau (mais les comédiens ont su saisir la perche pour en faire une boutade).

Le public est particulièrement réceptif. Certains spectateurs sont même déjà venus plusieurs fois. L’improvisation offre cet avantage de pouvoir retourner voir la pièce, rire de nouveau et se laisser surprendre. L'exercice contient à la fois un aspect artisanal et grandement professionnel. Ce sont de petites mains qui se sont attaquées à un travail colossal, une préparation presque invisible, tellement les personnages se répondent de manière naturelle. Et ils ne sont pas prêts de stopper là les expérimentations. Après tout, c’est bien cela le spectacle vivant ! Ils joueront à l'île de Ré chez des particuliers cet été au mois d’août.

 

Lauren Muyumba

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