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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

22 juillet 2019 1 22 /07 /juillet /2019 18:39
PROGRAMME OFF 2019

PROGRAMME OFF 2019

Mickaël

Spectacle de la  Cie Pony Production (75) vu le 16 juillet à 13 h 30 au Collège de la Salle dans le cadre d’Avignon OFF 2019. Du 5 au 28 juillet, sauf lundi.

 

Texte : Benjamin Wangermée

Co-écriture : Sigrid Carré-Lecoindre

Mise en scène : Elie Triffault et Benjamin Wangerméee

Comédien : Benjamin Wangermée

Genre : Théâtre

Public : tout public à partir de 12 ans

Durée : 1H10

 

 

Juin 2009… Dans sa chambre, Mickaël s’entraîne au moonwalk. Il est heureux car il a son billet pour assister à l’un des prochains concerts de Michael Jackson, son idole, en juillet à Londres. Sa chambre est tapissée de posters de la star, jusqu’à la housse de couette à l’effigie de l’idole, une sorte d’autel est dressé dans un coin avec des photos, des albums, des objets liés à Michael.

 

Lorsqu’il est seul et s’exerce à danser comme son idole, Mickaël s’habille comme lui, body doré sur pantalon noir, veste rouge de « Thriller », chapeau noir, chaussettes blanches et mocassins noirs. Un mur d’écrans de télé tapisse le fond de la chambre, pour reproduire son image à l’infini …
Mickaël reste enfermé dans sa chambre la plupart du temps : il respire, chante, danse Michael Jackson. L’un de ses rares liens avec le monde extérieur se fait avec une autre admiratrice du chanteur, sur un blog, dont on suit les échanges de mails sur un grand écran disposé à jardin.

La communication est difficile avec les autres membres de la famille, son père mais aussi ses frères et sœur. La mère est absente, hospitalisée car elle connait des problèmes psychiatriques.

25 juin 2009, Michael Jackson meurt dans les circonstances qu’on connaît. L’univers de Mickaël s’écroule, tous les écrans s’éteignent… Sa raison de vivre disparaît, il se replie encore plus sur lui-même, refuse de sortir de sa chambre, les relations avec son père se détériorent. Jusqu’au dénouement.

Seul en scène, Benjamin Wangermée incarne à la fois Mickaël et son père. Il passe avec aisance  d’un rôle à l’autre, alors que la communication est de plus en plus difficile et que le fossé se creuse entre un adolescent en recherche identitaire, qui vit mal l’absence de sa mère, et un père totalement démuni face au mal être de son fils, qui fait ce qu’il peut pour gérer seul ses propres problèmes et ses trois enfants.

L’interprétation bouleversante de Benjamin Wangermée sent aussi le vécu. De fait, il a lui-même, à l’adolescence, été fasciné jusqu’à l’idolâtrie par Michael Jackson. Il a réussi à s’en extraire. Dans la pièce, le contexte est encore aggravé par les difficultés que rencontre Mickaël, liées à l’absence de la mère, et la peur panique qui semble l’habiter d’être atteint des mêmes troubles qu’elle…

Benjamin Wangermée a souhaité mettre l’accent sur les dangers de l’idolâtrie, qu’elle se cristallise sur une star, ou se porte vers une secte ou une religion. Cela mène immanquablement  à l’identification, à la perte de repères, à la solitude et à l’isolement. Se chercher des modèles, dans le monde du paraître, de la perfection auquel les jeunes en particulier, sont confrontés,  peut sembler bénéfique, mais franchir le pas jusqu’à vouloir devenir son modèle, s’avère extrêmement dangereux.

 

Avec ce seul en scène, Benjamin Wangermée nous offre un voyage initiatique des temps modernes, poignant et plein d’amour, avec le souvenir en filigrane d’un personnage lui-même en perpétuelle recherche identitaire, jusqu’à sa mort à 50 ans…

 

 

 

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22 juillet 2019 1 22 /07 /juillet /2019 10:24
Source officielle AVIGNON Off

Source officielle AVIGNON Off

On voudrait revivre

Spectacle de la Compagnie Claire Sergent (51) vu le 15 juillet à 11 H au Théâtre « La Caserne » dans le cadre d’Avignon OFF 2019. Du 6 au 22 juillet (Relâche les 9 et 16 juillet).

 

Mise en scène : Chloé Brugnon

Distribution : Léopoldine Hummel et Maxime Kerzanet

Genre : Théâtre musical

Public : tout public à partir de 13 ans

Durée : 1H25

 

Ce spectacle, c’est une bulle de poésie pure, « une barre de soufre dans le tiroir d’acajou », un moment de grâce absolue. Tout ce que j’aime y est réuni. Tout ce que j’aurais aimé mettre en scène un jour aussi…. si j’avais su chanter et jouer d’un instrument.

 

- « On voudrait revivre : ça veut dire qu’on voudrait vivre encore la même chose. Toucher du bout des doigts le point de non-retour. Si le ciel nous laisse, on voudrait revivre ».

Ces paroles sont celles de Gérard Manset, figure incontournable de la chanson française, auteur, compositeur, interprète. Personnellement, j'ai tous les albums de Manset, alors quand j’ai découvert qu’un spectacle se jouait à son sujet, j’ai pris mes jambes à mon cou.

Mais de quoi pouvait-il bien s’agir ? D'un spectacle musical ? De théâtre ? Non, pas un spectacle musical comme le précise finement le comédien alors qu’un spectateur applaudit à la fin de la première chanson. Mais bien de théâtre, « un peu  à part » peut-être. Une sorte d’objet sonore conceptuel, façon Manset. Comme la réponse que l’artiste a faite au boss de sa maison de disques quand il lui a demandé quel était le concept  de l’album qu’il venait de lui faire écouter : « il n’y a pas de concept »....

Manset est une énigme. Un solitaire génial qui passe son temps à fuir, un réfractaire généreux qui dit de lui-même qu’il se sent très seul au monde dans son travail. Mais il est libre et c’est cette liberté qu’a choisie de représenter Chloé Brugnon, la metteure en scène. Dans ce spectacle, on décolle dans de splendides sphères de beauté musicale et esthétique, entre la forêt de Brocéliande et nos souvenirs de rêves les plus doux.

Les deux comédiens sont comme des apparitions évanescentes et oniriques qui disent : « Viens…Viens explorer avec nous le mystère Manset, effleurer la beauté de ce qu’il est pour l’appréhender un peu et l’aimer davantage encore ».

Tout dans ce spectacle est poésie organique : la scénographie est un bijou sensoriel qui oscille entre les textures des rideaux argentés que la comédienne déplace avec grâce et légèreté, le sol recouvert d’un velours noir pailleté tout doux et les notes de musiques légères et envoûtantes. Les voix des comédiens sont parfaites et emportent le spectateur dans l’univers mystérieux du compositeur. C’est du théâtre-hommage dans ce qu’il a de plus savoureux et jouissif pour celui qui se laisse emporter et bercer par ce joyau.

Léopoldine Hummel est une pianiste-chanteuse exceptionnelle et Maxime Kerzane est émouvant quand il parle de son père notamment. C’est un grand comédien-musicien au parcours déjà bien scellé.

 

C’est peut-être un spectacle « qui voyage en solitaire » dans Avignon 2019.  Peu importe si vous ne connaissez que très peu les chansons de Gérard Manset, courez-y malgré tout. L’aspect parfois désespéré que Manset porte sur l’Art ne transparaît pas du tout ici. Bien au contraire.

C’est de l’Art à l’état pur...C’est à 11H. Une heure suspendue dans la folie du Festival qui ne vous laissera pas indemne et qui vous fera passer une journée de bonheur absolu. Ce fut mon cas.

 

 

 

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21 juillet 2019 7 21 /07 /juillet /2019 14:28
Programme Off 2019

Programme Off 2019

Poule mouillée

Spectacle de la Cie Mélodrames (75) vu le 17 juillet à 14H50 au théâtre du Centre dans le cadre d’Avignon OFF 2019. Du 5 au 28 juillet sauf vendredi.

 

Mise en scène : Elisa Falconi

Comédiens : Alice Mesnil, Gustavo Araujo, Noé Pflieger, Elisa Falconi

Genre : Théâtre

Public : jeune public à partir de 6 ans

Durée : 1H

 

La représentation à laquelle j’ai assisté a malheureusement été perturbée par d’importants problèmes techniques avant et pendant la représentation et qui ont occasionné un retard de près de 30 minutes. On peut imaginer que les comédiens ont été relativement perturbés, mais ils ont assuré avec professionnalisme la représentation, avec un plan de feu qui manifestement n’était pas bon.

 

Marco, un garçon de 8 ans vit avec sa mère et sa grande sœur. Sa maman travaille pour subvenir à leurs besoins et n’est pas disponible. Son père est parti avec leur chien, Marco, qui ne peut vivre en appartement. Sa grande sœur doit parfois s’occuper de lui mais elle est plus intéressée par son petit copain. Marco se sent parfois un peu seul…

Depuis qu’il a joué dans une publicité pour un bouillon de volaille, Marco est chahuté par deux camarades de son école. Ryan et Léon l’appellent Marco Polo, voire Poule Mouillée, surtout lorsqu’il y a de la volaille à manger à la cantine. Marco ne sait pas se défendre et les deux garçons en profitent aussi pour le racketter. Un jour, ils lui volent le précieux sac banane dont il ne se sépare jamais, qui contient photos, souvenirs, et papiers sur lesquels il écrit ce qu’il ne sait pas ou ne peut pas dire. Ils jettent le sac par-dessus le mur de l’école. Malgré sa peur, Marco doit absolument aller le récupérer. Il saute le mur et tombe dans un monde fantastique, Esplendor, peuplé de personnages inquiétants, qui veulent le manger. Ils y renoncent après avoir découvert que le jeune garçon était le sauveur venu les délivrer d’un tyran qui voulait détruire leur monde. Cependant, il doit accomplir plusieurs missions avant de pouvoir affronter le monstre, et le vaincre au cours d’un « duel de rimes », à savoir un duel de Rap, où les mots ont plus de poids que les coups !

Même si le harcèlement et le racket servent de point de départ à cette histoire, les auteurs ont choisi de ne pas développer d’un point de vue pédagogique ces thématiques, mais d’axer le propos sur le personnage de Marco, et de sa capacité à s’en sortir tout seul. De fait, le périple dans le monde imaginaire d’Esplendor est bien sûr un voyage initiatique au cours duquel son imagination va l’aider à vaincre ses peurs. Il apprend à affronter les obstacles, à accepter les différences. Bref, il grandit et prend confiance dans ses capacités. Il sera alors capable de résister à ses agresseurs.

Une comédienne, dont le physique lui permet de jouer un jeune garçon (vraiment bluffante !) assume le seul rôle de Marco, cependant que les autres comédiens se partagent les autres rôles. La mise en scène fait appel à différentes techniques, jeu théâtral, marionnettes, déguisements (en poulet ou en coq,  toujours la volaille !!) et musique rap. Les accessoires nécessaires à l’action sont disposés sur les côtés de la scène, prêts à être utilisés. Les comédiens qui ne jouent pas sont assis en attente dans la pénombre. Deux espèces de cabines mobiles sont positionnées de part et d’autre à l’arrière de l’espace de jeu délimité au centre. Elles serviront de refuge à certains personnages rencontrés par Marco. Il est difficile d’en dire plus sur la mise en scène qui n’était à l’évidence pas conforme aux prévisions. Je dirais quand même que l’ensemble du décor m’a semblé un peu « cheap »…

 

Compte tenu du contexte, les comédiens s’en sont bien sortis et ont su mobiliser le public à la suite de Marco dans ce voyage plein de rebondissements ! Et ce bien que quelques enfants, peut être énervés par le retard, se soient montrés très agités. Mais pour bien faire, il faudrait que je revoie le spectacle dans des conditions normales…

 

 

 

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21 juillet 2019 7 21 /07 /juillet /2019 14:24
Programme OFF 2019

Programme OFF 2019

Fab et Djérôme, les aventuriers de l'humour perdu (création 2019)

Spectacle de la Cie Accord Parfait (63) vu le 17 juillet à 12 h 45 au théâtre Notre Dame dans le cadre d’Avignon OFF 2019. Du 5 au 28 juillet.

 

Mise en scène et jeu : Fabrice Maître, Jérôme Toucheboeuf

Genre : Humour

Public : tout public à partir de 12 ans

Durée : 1H15

 

 

Comme cela se produit parfois, ce sont les techniciens responsables de la salle qui accueillent le public, les vedettes du spectacle ayant quelques minutes de retard.. Pour faire patienter le public, ils racontent quelques blagues. En réalité, le spectacle est déjà commencé.

 

Le décor est léger, au milieu de la petite scène, un pendrillon noir avec deux petits rideaux rouges, une voiture stylisée en carton d’un côté, un piano électrique de l’autre. Le sympathique duo qui se présente a un petit air de Laurel et Hardy des temps modernes… Mais le nom étant déjà pris, alors ils ont choisi «Fab et Djérôme » d’après leurs vrais prénoms. Ils se sont connus alors qu’ils faisaient partie de la distribution d’un autre spectacle de la Compagnie il y a quelques années, et comme ça « matchait » bien entre eux, ils ont décidé de créer leur duo !

Ils nous proposent un divertissement inspiré des spectacles des chansonniers du milieu du XXème siècle, dans lequel s’enchaînent sans temps mort, des reprises de sketches célèbres de Jean Yanne (« Le permis de conduire »), de Francis Blanche et Pierre Dac (le cultissime « Sar Rabindranach Duval »), des chansons de Bourvil (« La tactique du gendarme », accompagnée à l’accordéon), etc…  Quelques spectateurs sont bien sûr mis gentiment à contribution et invités à se prêter au jeu.

Fab a intercalé entre les sketches quelques extraits de musique classique qu’il joue au piano, pendant que Djérôme propose une mise en scène humoristique, comme pour La Dona é mobile, une courte prestation de claquettes, des tours de magie réalisés en direct et sans filet par un Djérôme pas toujours au top !  Il a également invité JP Coffe et Maïté qui proposent des recettes du terroir.. Je dois avouer que ce n’est pas la partie du spectacle que j’ai préférée. La prestation se termine par une intéressante exposition sur la guerre avec une galerie de portraits plus cocasses les uns que les autres, auquel Fab a prêté ses traits.

 

Il s’agit dans l’ensemble  d’un spectacle de bonne tenue, qu’il faut prendre pour ce qu’il est, un agréable divertissement familial, servi par deux interprètes à la bonne humeur communicative.  

 

 

 

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21 juillet 2019 7 21 /07 /juillet /2019 12:31
Programme OFF 2019

Programme OFF 2019

GILGACLASH

Spectacle du théâtre Scrupule du Gravier (13) vu le 16 juillet à 15 h  au théâtre des Carmes dans le cadre d’Avignon OFF 2019. Du 5 au 24 juillet sauf jeudi.

 

Mise en scène : Pauline Fontaine, Julien Tanner, Maxime Touron

Interprètes : Forbon N'Zakimuena, Julien Tanner, Maxime Touron

Création musicale : Forbon N'Zakimuena

Création et régie lumière : Pablo Hassani, Enguerrand Michelin

Création et régie son : Robin Hermet, Anthony Morant.

Genre : théâtre musical

Public : tout public à partir de 12 ans

Durée : 1H15

 

Le Scrupule du Gravier a choisi de mettre en scène l’Epopée de Gilgamesh, demi-dieu, roi d’Uruk, l’une des plus anciennes œuvres littéraires de l’humanité, écrite sur des tablettes d’argile dont on a découvert une partie à Ninive en Mésopotamie au VIIème siècle avant JC.

Gilgamesh, sorte de géant qui ne craint rien ni personne, tyrannise son peuple. Les habitants d’Uruk ne cessent de se plaindre auprès des dieux qui créent alors, pour le vaincre, un être à sa mesure, Enkidu. Après un combat mémorable - qui semblait devoir se passer sur un ring, mais que la Compagnie a  transposé en une sorte de jeu « Papier/feuille/ciseaux » plutôt comique ! -  Enkidu et Gilgamesh contre toute attente, deviennent amis. Ensemble, ils réalisent de nombreux exploits. Ils triomphent du géant Humbaba, gardien de la forêt des Cédres, et du taureau céleste que leur envoie la déesse Ishtar pour se venger de Gilgamesh… Les dieux prennent ombrage des affronts qui leur sont infligés et provoquent la mort d’Enkidu. Terrassé, Gilgamesh se lance alors dans une quête pour l’immortalité, qui le conduira aux confins du monde et l’amènera à prendre conscience de sa fragilité.

La proposition du Scrupule du Gravier est une sorte d’OVNI théâtral, un spectacle-concert mêlant jeu, récit, danse, musique hip hop, rap, sans oublier une bonne dose d’humour, porté par trois formidables comédiens-chanteurs. Sur le plateau nu, seuls trois micros sur pied sont positionnés, et une table de mixage/beat box occupe le fond de scène, maniée la plupart du temps par Forbon N'Zakimuena. Ainsi, l’accompagnement sonore et la musique font partie intégrante du spectacle. De même que la lumière, particulièrement étudiée, est un élément incontournable. A tel point, par exemple, que la scène de la création d’Enkidu par les dieux, très réaliste, éclairée par une seule lumière rasante, donne réellement l’idée du gigantisme du personnage.

Entre échanges avec le public (avant le spectacle, certains spectateurs sont salués nominativement comme des personnalités de la ville d’Uruk, et pendant le spectacle, les comédiens digressent fréquemment pour s’adresser au public) puis récit et mise en scène du récit, enregistrements en beat box, rap et hip hop, interprétation interchangeable des personnages, les comédiens dynamisent (pour ne pas dire dynamitent !) leur sujet et réussissent leur pari de rendre vivant ce mythe venu du fond des temps. Cette épopée devient ainsi une aventure moderne, qui aborde des thématiques intemporelles tels l’amitié, l’amour, l’apprentissage de la vie  et la confrontation inéluctable avec la mort…


Cette proposition novatrice m’a impressionnée par la qualité de la mise en scène et du jeu, la variété des moyens d’expression mis en œuvre, l’interactivité bien pensée avec un public conquis. Ce spectacle me semble par ailleurs propre à réconcilier les adolescents avec les récits mythologiques réputés parfois soporifiques, et à leur prouver si besoin était que le théâtre peut aussi leur servir des périples qui n’ont rien à envier aux meilleurs road-movies…

 

 

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20 juillet 2019 6 20 /07 /juillet /2019 22:29
Sun 7 Café
Sun 7 Café

Spectacle de la compagnie ZAD (69) vu le 18 juillet à 21h25 à L’Adresse dans le cadre d’Avignon OFF 2019. Du 9 au 28 juillet.

 

 

Auteur et mise en scène : David Conrad

Comédiens : Enji Julien, Thibault Deloche, Rodolphe Paulet, Aurélien Serre

Genre : Théâtre
Public : Tout public à partir de 12 ans
Durée : 1H30

 

 

Sur le plateau, pendant que le public s’installe, un homme attend dans un décor de bar un peu miteux, en regardant avec intérêt un match de boxe. C’est Eddy, le gars de la sécurité, un peu taciturne notamment avec Tom, le DJ embauché depuis peu.

 

On comprends petit à petit qu’on est dans un bar en situation financière plus que catastrophique, tenu par Marie, et dont les histoires parallèles restent bien mystérieuses : un psychotique à endormir les bœufs découvert sous le comptoir, un pistolet caché sous le bar, un ancien videur disparu, probablement butté, et qui avait descendu un autre videur qui ne voulait pas le laisser rentrer dans un autre bar, les « beaux draps » (les clients friqués) tant attendus et fantasmés, et enfin l’un des gars, Bébert, probablement indic. Bref, ça n’arrête pas de dérouler un fil narratif auquel on a du mal à s’attacher.

C’est du théâtre réaliste et certaines scènes sont très touchantes et basculent dans le drame social quand Eddy fait état de son enfance et de ses souvenirs où se mêlent un père violent, un environnement difficile et un parcours semé d’embûches.

Chaque personnage est très marqué. Normal, ce sont des archétypes de la condition humaine. Malheureusement, la simplicité de l’histoire qui se perd pourtant dans moult détails inexpliqués (qui a fait les petits fours?) et l’inégalité de jeu des comédiens font qu’il m’a été difficile de croire à ce que l’on me racontait et d'avoir beaucoup de compassion pour ces personnages présentés pourtant avec beaucoup d'humanité.

 

C’est une création et je suis certain que certains réajustements pourront être faits pour donner à ce spectacle toute la force qu’il mérite.

 

 

 

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20 juillet 2019 6 20 /07 /juillet /2019 20:10
Source officielle Festival Avignon

Source officielle Festival Avignon

One more?

Spectacle de la Compagnie « IN-SENSO » (75) vu le 13 juillet à 22H05 au Théâtre Golovine dans le cadre d’Avignon OFF 2019. Du 5 au 26 juillet (Relâche les 8 15 et 22).

 

Chorégraphe : Odile Gheysens assistée d’Astrid Grant 

Danseurs : Eva Yufra - Andrès Surra - Odile Gheysens et Sylvain Beauchamps

Genre : danse

Public : tout public

Durée : 55 mn

 

 

Ne pas passer par le Théâtre Golovine lors de mon festival, voilà qui est inenvisageable ...La danse fait partie de moi depuis mon plus jeune âge et j’ose espérer l’enseigner encore longtemps…

 

Pour ce spectacle, un titre et une affiche « One more, tango contemporain ». Mon œil affûté par tout ce qui touche à la danse est intrigué par le sous-titre car je n’ai jamais vu de chorégraphie de « tango contemporain », alors je décide d’y aller. Je suis rarement déçu au Golovine. Pour avoir travaillé il y a de nombreuses années avec Solange, Serge et Jean, je sais qu’un lieu ne s’appellerait pas ainsi si sa programmation n’était pas de qualité !

C’est en effet à un spectacle de qualité que j’ai assisté : quatre danseurs - 2 femmes, 2 hommes - tout de noirs vêtus au physique différent. Au regard du sous-titre, le spectateur s’attend à du tango via la musique ou la gestuelle. Si possible les 2 à la fois.

Ici, il n’en est rien. Odile Gheysens a imaginé tout autre chose, elle qui virevolte depuis plusieurs années autour du « Tangoperf » sous des formes souvent peu communes. La première image est belle et sensuelle : celle des 2 danseuses en bord de plateau sous une lumière orangée. Puis tout s’enchaîne avec grâce et harmonie et le spectateur averti perçoit rapidement ce qui a pu animer la chorégraphe : l’Humain avec un grand « H ».

Car le tango est-il autre chose : être en contact avec l’Autre, fusionner avec lui et faire corps. Mais ces corps réunis, qui sont-ils finalement ? Chacun reste pourtant bien dans sa propre identité… Alors qu’est-ce qui les réunit ?

A un moment, un des 2 danseurs boxe… Que vient faire la boxe dans un spectacle de tango, discipline qui vise surtout à se protéger le visage et le sternum. Alors que dans la danse tout doit être surdimensionné, jusqu’au plus petit muscle dissimulé. Et bien, c’est le corps. Tout simplement… Celui qui est unique pour chacun de nous mais qui vise à l’universel.

Les 4 danseur.s.e.s occupent l’espace avec élégance. On les sent complices et la chorégraphie est bien huilée. Pas de temps mort.

Les 4 corps des danseurs confectionnent les émotions avec brio sur les musiques de Bach, de Rami Khalifé ou encore de Piazzolla (le tango n’est pas loin quand même…).

Le spectateur passe un très joli moment dans le flux de cette pensée en images mis sur pied par Odile Gheysens et joliment ficelé par ses 3 partenaires.

 

Alors «  One more ?». Formule contradictoire et polie pour ne pas recommencer un nouveau tango lors d’un bal argentin.

Mais moi je dis « Oui, encore une fois, s’il vous plaît », histoire de contredire l’euphémisme de circonstance...Et merci pour ce « tango » nouveau !

 

 

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20 juillet 2019 6 20 /07 /juillet /2019 14:38
Programme OFF 2019

Programme OFF 2019

Le procès du Loup

Spectacle de Cie Tam Tam (64) vu le 17 juillet à 10H10 au théâtre Espace St Martial dans le cadre d’Avignon OFF 2019. Du 4 au 27 juillet, sauf dimanche

 

 

Auteur : Zarco Petan

Mise en scène : Thierry Lutz

Comédiens : Christophe Biamont

Genre : théâtre

Public : tout public à partir de 6 ans

Durée : 55 min

 

 

L’idée d’aborder le conte du « Petit chaperon rouge » par le biais d’un procès intenté au Loup, pour meurtre avec préméditation sur les personnes du chaperon rouge et de sa grand-mère, introduit si besoin un note particulièrement dramatique dans cette histoire.

 

De fait, nous voilà transportés dans un tribunal sommaire, avec estrade et barre des témoins, deux chaises, une cage pour le prévenu. Sur l’avant de la scène, une corde descend du plafond, funeste présage d’une sentence à venir… Le juge, les avocats de l’accusation et de la défense, les témoins (le lièvre, le chasseur, le chaperon rouge), et l’inculpé, vont tour à tour prendre la parole. L’ensemble du  public sera finalement appelé à se prononcer, ainsi que deux jurés choisis dans l’assistance.

La solennité du prétoire est assez bien rendue, avec ses représentants réels, en opposition au crime et aux personnages mis en scène, totalement fictifs, issus d’un conte, rappelons-le, imaginé par les frères Grimm.

Le comédien, après avoir expliqué les règles de ce qui est présenté comme une sorte de jeu, endosse le rôle du juge et des avocats. A l’aide de quelques accessoires et changeant de costume à vue, il incarne également les témoins et le loup. L’avocat de la défense attire l’attention sur ce qu’on oublie aussi parfois, la violence exercée à l’encontre du loup, à qui le chasseur a ouvert le ventre à vif pour en sortir la grand-mère et le chaperon rouge. Les dépositions des témoins révèleront quant à elles quelques surprises… Sans parler du loup, qui ne se souvient de rien et plaide non coupable !

La mise en scène souffre à mon sens de quelques longueurs, dont on peut aussi imaginer qu’il s’agit d’un parti pris pour asseoir  la solennité du propos ?? Cependant les changements de costume sont parfois laborieux, ce qui casse un peu le rythme, alors qu’un simple pantalon à taille élastique rendrait les choses plus aisées.

 

Néanmoins, la compagnie Tam Tam nous livre un spectacle de bonne tenue dans l’ensemble, parfois drôle (un peu, quand même !) et qui permet aux jeunes enfants d’appréhender la réalité d’un univers inconnu d’eux, celui d’une cour de justice, où tout citoyen peut être appelé à répondre de ses actes, et ceci par le biais d’un conte dont ils connaissent bien la teneur, mais certainement pas sous l’angle ici mis en scène.

 

 

 

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20 juillet 2019 6 20 /07 /juillet /2019 14:29
Le Mardi à Monoprix
Le Mardi à Monoprix

Spectacle de la Cie de L'Inutile (31) vu le 18 juillet à 20h 45 au théâtre de l'Albatros (côté jardin) dans le cadre d’Avignon OFF 2019. Du 5 au 28 juillet (relâches les 9, 16 et 23 juillet).

 

Auteur : Emmanuel Darley

Mise en scène : Eric Vanelle

Comédiens : Delphine Saint-Raymond, Marc Compozieux 

Genre : Théâtre, LSF (Langue des Signes Française)

Public : Tout public (à partir de 14 ans)

Durée : 1H15

 

 

Chaque mardi, Marie-Pierre s'occupe d'André, son père. Et chaque mardi c'est la même chose : Marie-Pierre fait le ménage, la lessive, le repassage et les courses à Monoprix. « Jean-Pierre », désormais « Marie-Pierre » continuera-elle à alimenter cette relation qui lui coûte ?

 

Ce spectacle est signé (en *Langue des Signes Française) par une comédienne pleine d'expressivité. Je ne m'y connais pas en LSF* et c'est l'occasion de me laisser entraîner dans le monde visuel et significatif de cette langue pour le moins théâtrale.

Deux femmes sont sur le plateau. Elles sont habillées en jupe à cerises, talons vernis et chemisier rose. Je me fais la réflexion qu'un certain stéréotype de la « femme » existe ici. Cependant, cela ne me dérange pas car je conçois que la féminité puisse s'exprimer de cette manière.

La scénographie ? Une forêt de maigres lampadaires (presque des piques) aux têtes d'ampoules fines. Il s'agit plus de symboles que de mobilier. Cela laisse de l'espace à la narration et aux personnages.

Dans cette pièce, la transidentité s'exprime et se vit par procuration. Pourtant je ne dirais pas que c'est le sujet principal, étant donné que la langue des signes attire beaucoup notre attention. « Le Mardi à Monoprix » fait exister autant une histoire Trans que Signée.

La pièce est un peu longue mais l'histoire se tient. Le/a comédien/ne a la voix qui ne porte pas assez : une question d'articulation. Il ne manque pas grand chose pour mes 3 étoiles...

 

Vive le Spectacle accessible à tou.te.s et ouvert d'esprit ! Vive la Compagnie de l'Inutile !

Je vous le recommande sans contre-indication !

 

 

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20 juillet 2019 6 20 /07 /juillet /2019 13:24
Programme OFF 2019

Programme OFF 2019

Chroniques d'un escargot (création 2018)

 

Spectacle de Cie La Caravelle (77) vu le 15 juillet à 10 h 25 au théâtre des Lucioles, dans le cadre d’Avignon OFF 2019. Du 5 au 28 juillet, sauf mardi

 

 

Auteur : Thomas Gendronneau et Anthony Falkowsky

Mise en scène : Thomas Gendronneau

Comédiens : Anthony Falkowsky

Genre : théâtre

Public : tout public à partir de 6 ans

Durée : 1H

 

 

Louis adore les histoires. Son grand-père est heureux de lui en raconter et de lui faire partager sa passion pour la musique de jazz américaine et pour les films de Jean Paul Belmondo, dont il a toutes les cassettes vidéo. Louis aime se réfugier dans le grenier familial. Il peut alors visionner tranquillement les films de Bébel, se rejouer en playback et mimer de nombreuses scènes qu’il connaît par cœur, écouter et danser au son des vieux vinyles de son grand-père, ou rêver tout simplement.

Dans le bric-à-brac entreposé dans le grenier, Louis puise les objets qui lui permettent de mettre en scène et revivre devant nous les parties de pêche et les promenades en forêt qu’il partage avec son grand-père. Louis nous parle aussi de sa vie de jeune écolier, de son ami Nathan, de son amoureuse Daphné, de son instituteur en qui il voit Karpov, l’ennemi juré de Bob St Clair/Bébel dans « le Magnifique »… Sans oublier de nous présenter son fidèle compagnon, son escargot Bébel. Au milieu de tout çà, il s’interrompt à plusieurs reprises pour tenter, en vain, d’enfiler la boule d’un bilboquet sur sa tige…

Anthony Falkowsky, en barboteuse bleu, incarne un petit garçon de 8 ans tout à fait convaincant. Il s’est approprié la gestuelle d’un enfant, ses erreurs de langage dues à l’incompréhension de certains mots utilisés par les adultes (son grand-père est « elleniste », il travaille le bois !) et la propension à sauter  d’un sujet à un autre, aidé en cela par un imaginaire vif et débordant. Brillante démonstration qu’il est aussi possible de s’occuper, de jouer et de rêver sans la moindre console électronique, ni le moindre téléphone et ses multiples applications…

Le comédien excelle à transformer sa voix et son visage, pour interpréter tous les personnages qu’il évoque (même Belmondo !) et qui jouent ensemble, s’affrontent,  se répondent, interprétant avec aisance  l’un et l’autre simultanément.

L’auteur et son interprète nous offrent une jolie proposition, une sorte de voyage initiatique et un hommage à un grand-père dont nous avons tous rêvé (ou connu, par chance), même si j’ai trouvé la fin un petit peu triste.... Ce spectacle plein de poésie, un brin nostalgique, peut être partagé en famille sans hésitation, pour le plaisir de tous.

 

 

 

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