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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
Vous y trouverez l'ensemble des commentaires de nos correspondants sur les spectacles qui ont été vus. Ce service est en ligne en accès libre depuis février 2007.
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Découvrez sur le site www.vivantmag.fr, le catalogue des spectacles repérés... et l'ensemble des services de l'Association d'Aide à la Diffusion Interrégionale du Spectacle Vivant, l'AdAdiff.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 17:09

Be Claude 3

Spectacle de la Compagnie  1 Watt (dept 30), vu à Montpellier, dans le cadre de la ZAT 7, Quartier Boutonnet / Beaux-Arts, le 10 Novembre 2013, 18h.

 

Avec Pierre Pilatte

Textes: Jean Cagnard

Mise en scène : Sophie  Borthwick

Composition sonore : Erwan Quintin

Costumes : Sharon Gilham

 

VIVANT-3-COEURS-5Jauge de confort  : 150

Genre : Spectacle en parcours burlesque

Public : tous à partir de 7 ans

Durée : 60 minutes

Création 2013

 

 

La Compagnie 1 Watt parcourt l'espace public, en l'explorant. Jeu burlesque, spectacles flirtant avec l'absurde et parfois le surréalisme, décrivent son quotidien. Nous sommes plusieurs centaines de spectateurs en route pour le rendez-vous avec Claude. La découverte du personnage est déjà un émerveillement. Grand, mince et sec, profil aigu, regard en tension, il se désarticule, s'étire ou se rassemble contre une vitrine qu'il lave ou plutôt "épouse" dans un corps à corps burlesque à la recherche de la transparence totale.

 

Une voix tranquille (boîte à sons) lui donne des ordres "Sois propre!" "Sois courageux!" énumérés en boucle jusqu'à l'absurde. Attentif à cette voix et très concentré, Claude s'active dans des pantomimes, comme si son mutisme explosait en énergie. Et lorsque cette voix le lance à la recherche de sa "part féminine", nous le suivons de rue en rue, amusés et intrigués par ce clown poète à la poursuite de son identité. Qui est Claude ? Jusqu'où ira-t-il ? Qu'osera-t-il ? La boîte à sons le harcèle, alternant musique, grincements et injonctions. Il s'inquiète, doute, joue de son apparence, change de vêtements, devient homme-femme (bravo à la costumière). La pression monte, le rythme devient lancinant... jusqu'à ce que tout déraille dans un jeu burlesque paroxystique au terme duquel Claude s'escamote, réapparaît en éblouissante silhouette féminine... et nous parle. De rues en rues, nous débouchons sur un grand carrefour où Claude prend sa liberté en virevoltant au milieu des voitures dans un envol jubilatoire. Longs applaudissements.

 

Nous nous dispersons lentement, et à regret pour ma part, après ce spectacle que j'ai trouvé attachant et inoubliable. Le parcours de Claude est orchestré par une mise en scène qui donne sens à l'ensemble et le fil narratif sur la part féminine nous conduit à un magnifique dénouement. L'association du burlesque et de la distanciation de la voix par la boîte à sons produit une impression à la fois étrange et familière. Le texte surprenant de Jean Cagnard détourne l'expression du vécu jusqu'aux impasses les plus absurdes. Le corps de Pierre Pilatte découpe l'espace avec une tension dans les gestes et le regard qui m'a souvent rappelé Buster Keaton. Son jeu agile, rapide et plein de mystère exprime et suscite des émotions profondes, tantôt comiques, tantôt pathétiques. Une réussite à tous points de vue. J'ai été séduite par les nombreuses qualités de cet excellent spectacle, à la fois drôle, émouvant et profond.

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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 16:50

L'ombre au pianoSpectacle de la Compagnie 14:20 (dept 76), vu à Montpellier, dans le cadre de la ZAT 7, Quartier Boutonnet / Beaux-Arts, le 10 Novembre 2013, 18h.

 

De et avec Philippe Beau, ombromane

Au piano : Marek Kastelnik (Anticyclone)

 

vivant-3-toiles-4Durée : 15 minutes de spectacle, 15 minutes de démonstrations avec le public 

Jauge : 150

Genre : Ombromanie et musique

Public : tous à partir de 3 ans

Création 2011

 

Magicien de formation, Philippe Beau est un spécialiste mondialement reconnu en ombromanie, art très rare (une dizaine de spécialistes au monde). Auteur et créateur de procédés dans cet art, il est également consultant. Ici, en association avec un  pianiste du groupe Anticyclone, il présente un spectacle complet.

 

Le fond de scène est occupé par un grand écran, et près du public est installée une lanterne magique. Dans une semi-obscurité, Philippe Beau déploie ses mains nues, les superpose ou les agence de mille façons différentes pour faire apparaître sur l'écran un surprenant bestiaire d'ombres. Pleines de vivacité et de grâce les silhouettes très nettes apparaissent et se transforment rapidement avec des mouvements fluides. Voici un lapin insouciant qui gambade, se lisse les poils sans prendre garde au loup qui finalement en est pour ses frais ! Un magnifique cerf aux bois vénérables se fait admirer et un cheval passe au galop. Et voilà un éléphant qui nous surveille d'un oeil, puis un homme lui donne à manger… Un canard se lisse les plumes. Philippe Beau tient dans ses bras un chat qui se gratte l’oreille, c'est fascinant. Deux hommes discutent, une colombe s’envole, tout se transforme, un perroquet, une belle araignée, puis des silhouettes humaines connues. Nous assistons à un défilé d'êtres pleins de vie et dont la personnalité se concentre dans une ombre. L'accompagnement musical souligne leur expressivité  et j'ai senti la salle tenue en haleine du début à la fin.


Le spectacle terminé, Philippe Beau consacre encore un quart d'heure au public pour expliquer avec beaucoup de générosité le b.a.-ba de son art : l'échauffement, l'indépendance des doigts, la vélocité; les spectateurs désireux de s'essayer à ce jeu montent ensuite sur scène et chacun d'eux réussit à animer une silhouette. C'est instructif et sympathique.


Pendant le spectacle, Philippe Beau ne se cache pas du public et ça m'a fascinée. Sur le côté de la scène, nous le voyons associer ou dissocier rapidement ses doigts, ses mains, ses bras devant la lanterne. Parfois même la silhouette de l'ombromane se découpe sur l'écran, l'envahit, puis s'efface, ajoutant par ces apparitions, encore plus de magie : entre l'ombre et la lumière, où est le réel ? L'ombre aurait-elle une épaisseur ? Le piano scande la rapidité ou la lenteur des mouvements, et met en valeur la fluidité des gestes. Les deux artistes jouent en accord parfait, l'ombromane proposant, le musicien improvisant. Tout en jouant de ses mains et de la lumière, Philippe Beau pose un regard admiratif sur les animaux et humoristique sur les humains. C'est un spectacle magique pour tous âges. 

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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 16:46

VacheriesSpectacle de la Compagnie Zigzags (34), vu à Montpellier, dans le cadre de la ZAT 7, Quartier Boutonnet / Beaux-Arts le 10 Novembre 2013, 14h. Représentation en présence des vaches Tempête et Indienne, accompagnées par leur éleveur Serge Decroix (48).

 

Poèmes dits par Jean-Louis Trintignant et Michel Arbatz  

Musique : Olivier-Roman Garcia

Eleveur et dresseur : Serge Decroix


VIVANT-3-COEURS-5Durée : 30 minutes

Genre : spectacle de poésie et musique

Public : tous

Création 2013 pour la ZAT 7

 

 

Je connais la mise en scène soignée et la qualité pleine de fantaisie des spectacles poétiques de la Compagnie Zigzags. Jean-Louis Trintignant, qui prêtait déjà sa voix à « Villon, la vie », nous fait ici cadeau de sa présence aux côtés de Michel Arbatz et Olivier-Roman Garcia à l'occasion de la 7è ZAT. Combien de spectateurs ? Impossible de les compter tant ils sont nombreux sur cette esplanade où autrefois s'élevait une ferme. Le cadre est fascinant. Au premier rang du public, une belle vache ferrandaise élégamment décorée et sa génisse, toutes deux paisibles. Objets de cet étrange et original débat poétique, il était bien normal qu'elles soient aux premières loges ! Sur l'estrade, les comédiens et le musicien : tout cela crée une vision inoubliable. Que dire des vaches sur le lieu même où elles ont régalé de leur lait quelques générations de Montpelliérains, avant de prendre le chemin de l’abattoir voisin ?


La poésie mène à tout : depuis d’aimables « Vacheries » car « les épreuves de la vie de vache les ont rendues prudentes et secrètes »… jusqu’à un tonitruant « Faut qu’ça saigne ! » de Boris Vian. La guitare d'Olivier-R. Garcia attise mon imagination qui déjà zigzague entre les poèmes. D'une voix troublante Jean-Louis Trintignant plante le décor étrange d'un « pré vénéneux ». Ensuite, un peu d'anatomie : apprenons que la vache a « environ 4 pattes »... La question brûlante du méthane n'est pas éludée du spectacle et la ruminante accusée sort victorieuse de ce débat au terme d'un truculent poème. "Une vache qui méditait" se voit accompagnée par deux guitares mélancoliques (O.R. Garcia et M. Arbatz). Et comme toujours la poésie dit la vie : "Après le pré l’étable / Après l’étable la mort / Et après la mort quoi ?" Enfin, une superbe envolée musicale d'Olivier-Roman Garcia, un débat sur les "morceaux" de l'animal et une amusante discussion entre Trintignant et Arbatz, et Brassens clôt le spectacle.

 

Je les quitte à regret après ce superbe voyage en ruminations poétiques et musicales. Ce spectacle, joué deux fois, était un grand moment de la ZAT. Les textes très diversifiés, choisis chez Apollinaire, Arbatz, Brassens, Dubillard, Rimbaud et d'autres, alternent nostalgie, comique, cruauté, tendresse et une certaine philosophie de la vie. La voix et la diction magiques de Trintignant, la force d'Arbatz, les émotions musicales de Garcia, la complicité des trois artistes soulignée par la mise en scène, tout cela m'a emballée. Une réflexion au ras des pâquerettes m'effleure : après un spectacle pareil je ne peux que changer de regard sur la brique de lait UHT et  rêver d'une ferme en pleine ville... Des pensées plus "élevées" me révèlent la puissance de la poésie, ce drôle de monde où un ruminant vous emporte dans des voyages imaginaires inédits. Ce fut un très beau moment.  

 

Autres spectacles de la Cie Zigzag commentés :"Villon la vie" et "Poêtre"

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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 16:25

Miche-et-Drate.jpgSpectacle de la Compagnie Elliptique, vu le 5 octobre 2013 au Pavillon M à Marseille. D'après l'oeuvre de Gérard Chevrolet.


Marionnettistes : Arnaud Bouquinet (comédien, éclairagiste), Damien Rolde (Jongleur, clown)

Co-réalisation et son: Julien Despeyses

 
vivant-3-toiles-4Durée : 45 min (forme courte 30 min à partir de 3 ans) 
 Genre : marionnettes à gaines 
Public : tous à partir de 5 ans
 

Le public est constitué d'enfants et d'adultes. Un ingénieux castelet permet à deux marionnettes à gaines de se rencontrer dans des espaces différents. Une combinaison de roues de vélo, de fils et de pédales, de petits accessoires comme des pinceaux, un hamac, deux gros crayons de couleur..., suscitent les endroits des moments de vie des deux personnages. De nombreuses ouvertures permettent d'être invité dans leur salon, leur salle de musique, leur chambre... De plus, le décor est mobile et, en tournant, il permet la découverte d'un coffre, nouvel espace de jeu, puis de révéler les pieds des marionnettistes, avec un petit jeu de danse comme si c'étaient les jambes des marionnettes et, à la fin, de profiter de l'apparition des deux personnages comme s'ils étaient humains et parmi nous!

La mise en scène de cet astucieux castelet fait de bric et de broc est remplie de petites scènes pleines d'humour et de poésie, le jeu des marionnettes est contrasté avec des variations de rythmes, de postures et accompagné de nombreuses sonorisations vocales. Miche et Drate, un clown Blanc et un Auguste, un sérieux et un foufou, sont dans leur univers au milieu de nulle part. Ils déroulent leur journée avec cocasserie et renvoient beaucoup de clins d'oeil sociaux et philosophiques.  
Drate tient un sabre de Samouraï "au cas où", Miche lui renvoie qu'ils ne sont que tous les deux, alors Drate le toise et lui rétorque "Tu pourrais devenir mon ennemi!" Par leur difficulté à vivre ensemble et leur attachement, ils nous renvoient nos propres difficultés d'être ensemble, partagés entre le besoin de l'autre et notre hermétisme: "Comme des hérissons, on a besoin de la chaleur de l'autre mais quand on s'approche trop, ça pique!"  Ils évoquent le jeu des médias et des manipulations politiques. Ils jouent aux cartes et allument un poste de radio, Drate détourne le regard de Miche en rapportant des phrases transmises par la radio "La chenille se transforme en papillon, le cochon en saucisson, n'importe quoi sur France culture" , il en profite pour changer les cartes. Miche s'en aperçoit et arrête de jouer avec lui parce qu'il est un tricheur! Ils questionnent dans leur petit monde celui plus grand de la société, le partage des logements, la question de la propriété et de l'espace public: "Puis, après, les personnes qui n'ont pas de chez eux hé ben ils sont exclus, on ne veut plus jouer avec eux". Ils évoquent la mort et l'importance de l'espace présent, la valeur de l'être et non pas de l'avoir. Pour son anniversaire Drate veut "un Aïpoïde 3000", Miche lui propose une superbe vue de leur balcon "Je t'offre le monde, il n'est pas beau?!"    

Un bien joli moment servi par une bonne technique et une belle complicité entre les deux comédiens, j'ai pris beaucoup de plaisir à vivre la journée de ces deux comparses! La représentation était sans effets de lumière ni de son car l'installation au Pavillon M ne le permettait pas. Il manquait 15 min de spectacle, avec des jeux d'ombres notamment, mais j'ai tout de même été embarqué dans les aventures de Miche et Drate, dans leur petit univers qui parle de celui plus grand que nous partageons tous.

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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 16:19

Les-nouveaux-diablogues.jpgSpectacle de la Cie la Plateforme (30), vu au théâtre Télémac, Nîmes, Nov. 2013.


Mise en scène: Pierre Gorses

Comédiens: Patrick Rocour et Pierre Gorses

Lumière : Magali Décoret

 

vivant-3-toiles-4Durée : 1h15

Genre: théatre

Public: tout public à partir de 10-12 ans

 

 

 

 

D’abord radiophoniques, les Diablogues, écrits par Roland Dubillard dans les années 1950, mettent en scène deux personnages, initialement prénommés Grégoire et Amédée. L’auteur les a ensuite adaptés à la scène en 1975, avant d’en écrire de nouveaux en 1985, dont sont extraits les sketches interprétés ce soir par Pierre Gorses et Patrice Rocour. La joute commence au milieu du public, avec un match de ping pong qui donne d’emblée le ton. Les balles nous passent par-dessus, et les répliques entre les deux protagonistes fusent en même temps que les balles, avec bruitage s’il vous plaît!

 

Immédiatement le public est confronté à une écriture bien particulière, et surprenante pour qui ne connaît ni Tardieu, ni Queneau… ni Dubillard! La mise en scène sommaire s’appuie sur des éléments de décor peu nombreux et ingénieusement évolutifs et  fait la part belle au jeu des acteurs qui s’accompagne de mimiques très expressives. Tous deux sont excellents et s’approprient ces textes pleins d’humour, totalement loufoques, mais au fond pas si bêtes, et étonnamment modernes, voire visionnaires…


Je ne me suis pas ennuyée un instant, et parmi les sept sketches proposés, j’ai particulièrement apprécié le côté agaçant de la "Leçon de Piano" et la parfaite incongruité du "Concerto", sans musique ni musiciens! Bref, un très bon moment que les spectateurs les plus jeunes semblent avoir aussi beaucoup apprécié.

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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 18:01

Petit-monstre.jpgSpectacle de la compagnie Rouges les Anges (31) vu au Théâtre Bassaget, Mauguio (34) le 30 octobre 2013 à 15h. D’après le livre « Papa » de Philippe Corentin (Ecole des Loisirs).


Comédiens manipulateurs : Céline Pique et Jano Bonnin, ou Malika Gessinn et Roland Gigoi

Mise en scène et scénographie : Laurence Belet

Décors : Fred Dyonnet et Céline Burgan

Marionnettes et accessoires : Virginie Lallement

Régie spectacle : Marco Gosselin et Jérôme Guilloux

Son : Joël Abriac

Lumières : Marco Gosselin

Chanson : Jano Bonin

Piano : Olivier Gérardin

 

VIVANT2-toiles-3

 

Genre : Marionnettes, Chanson

Public : enfants à partir de 3 ans

Durée : 40 min

   

     

Après « Le Pays de rien », vu en juillet 2012 en Avignon,  je retrouve la compagnie Rouges les Anges dans une proposition bien différente. Il s’agit ici d’un spectacle destiné à un public plus restreint, mettant en scène des marionnettes de petites dimensions, manipulées sur tables qui se déplacent sur un rail circulaire amenant les « univers » à se rencontrer ou à s’éloigner… Les comédiens manipulateurs passent ainsi d’une famille à l’autre, des humains aux monstres, de bien jolis monstres tout verts, avec une drôle de corne sur le nez !

 

Dans chacune des familles, les parents sont confrontés aux mêmes  préoccupations  face à leurs enfants qui ont peur du noir et des monstres cachés sous leur lit, chacun étant bien évidemment le monstre de l’autre !  Les enfants reculent le moment d’aller dormir, de fermer la porte, de rester dans le noir, réclament leur « doudou », appellent papa, puis maman… Chacune de ces familles vit son quotidien ordinaire, puis reçoit  des amis,  fait la fête, danse,  pendant que les pauvres enfants sont terrorisés au fond de leur lit ! Et tout le monde se moque gentiment d’eux… Par un curieux hasard, petit homme se retrouve plongé au cœur de la vie familiale de petit monstre, mange et vit comme lui,  jusqu’à se transformer physiquement en petit monstre… Cauchemar ou réalité? Finalement ces familles voisines vont faire  connaissance, lier amitié et les deux enfants devenir compagnons de jeu,  par-delà les différences…


Le dispositif scénique évoqué ci-dessus est complété au centre par une plateforme qui tourne sur elle-même, offrant un espace « neutre » pour les scènes « familiales » et un écran pour certaines scènes proposées en marionnettes d’ombre. Le jeu des comédiens est agrémenté de chansons en direct, et porté par des musiques entraînantes lors des scènes festives. Décors soignés, manipulateurs talentueux, dispositifs scéniques  ingénieux, musiques choisies, marques de la Compagnie, font de ce spectacle un très bon moment. J’ai noté malgré tout quelques longueurs et beaucoup de « paroles » pour un spectacle s’adressant à de très jeunes enfants. Il est impératif que ce spectacle soit présenté devant une jauge limitée, préconisée à 120, et c’est déjà beaucoup, et dans une salle où l’on puisse voir correctement de toutes parts, les marionnettes étant bien petites.

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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 17:40

Bonjour-on-est-un-tsunami.jpgThéâtre de Villeneuve les Maguelone (34), le 16 novembre 2013 à 19h30.

 

Cie Effet Mer (34) et Cie Renards (Belgique)

Auteur et metteur en scène : Arthur Oudar

Interprète: Baptiste Toulemonde

Lumières : Amélie Géhin

 

VIVANT2-toiles-3Genre : Théâtre

Public : tous à partir de 10 ans

Durée : 1h10

Création 2013

 

 

C’est la fin de l’année scolaire… Quatre copains, Cerveau, Chacal, Guarana et la Graille, viennent de passer avec succès les épreuves du baccalauréat !  La Graille vient aussi de réussir le permis de conduire. Pour fêter ça, ils se cotisent, achètent  une voiture et partent en virée estivale. Sur scène, seul élément de décor, Archimède, une vieille 2 CV, capot, portes et malle ouverts, en cours de préparation... 

 

Apparaît Guarana  qui prépare un paquetage sommaire et, surtout, sa caméra. C’est lui qui raconte et c’est lui qui immortalise le périple, le plaisir d’être ensemble, la fête, les repas improvisés, les nuits à la belle étoile ou dans le foin, les premiers émois amoureux mais, aussi,  les premières épreuves… C’est une sorte de rite initiatique qui nous est conté là, fait des souvenirs de ce quatuor plein de fougue, qui va quitter l’enfance avant d’affronter l’âge adulte. Baptiste Toulemonde, seul en scène, interprète tous les personnages de l’aventure,  les quatre « garçons dans le vent », à tour de rôle, mais aussi quelques personnages « périphériques », parents et autres individus rencontrés au hasard des routes… Le rythme est enlevé, la musique qui accompagne les étapes du voyage parfaitement adaptée, les éclairages, en rampes latérales et en fond de scène ou en puits de lumière, délivrent une ambiance bleutée plutôt froide, peut être un peu dure, sauf dans les séquences rêvées ou imaginées où la lumière est plus agréable.

 

C’est dans l’ensemble une performance de bon niveau, qui s’appuie sur une belle écriture, mais qui souffre un peu de sa jeunesse… La fin m’a paru légèrement inachevée, comme si,  après le « couperet » qui ramène tout le monde à la maison (et sur terre), à Sète, avec la mort du père d’un des garçons, l’auteur (et l’interprète) avait eu du mal à reprendre le fil…  Peut être la charge émotionnelle de ce récit, qui semble largement autobiographique, était-elle un peu lourde à porter devant un public qui semblait ce soir-là composé de nombreux proches, qui ont beaucoup apprécié, les plus jeunes ayant  beaucoup ri?  Gageons donc que le spectacle, après quelques représentations, va trouver ses marques. 

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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 12:22

barbara-il-etait-un-piano-noir.jpgSpectacle de la compagnie "La puce qui renifle" (34), entendu le 15 août 2013 dans le cadre des animations au Pôle Oenotouristique VIAVINO (34400, St Christol).

 

Avec : Pascale Barandon et Marie-Hélène Courtin

VIVANT2-toiles-3

Durée : 1h10

 Genre: lecture spectacle

Tout public à partir de 12 ans

 

Le public est accueilli dans le Patio, structure circulaire ventrue au cœur de VIAVINO, réalisée en lattes de bois à claire-voie et à ciel ouvert. Les spectateurs sont installés de part et d’autre d’une zone centrale matérialisée par un tapis rouge, tandis que les comédiennes sont positionnées face à face, à chaque extrémité du tapis.

 

Barbara, née Monique Andrée Serf, nous a quittés en 1997 alors qu’elle n’avait pas terminé ses Mémoires, publiées en 1998. Pascale Barandon nous en livre des extraits, reflets d’une vie émaillée de nombreux épisodes douloureux, la difficulté de s’approprier un physique ingrat, un père incestueux, l’errance pendant la guerre, les débuts difficiles sur scène puis, enfin, le succès… Autant de sources d’inspiration pour la talentueuse « longue dame brune ». Marie-Hélène Courtin emboîte le pas de Pascale pour conter, et pour chanter nombre de chansons de Barbara (pour la plupart peu connues) dont une remarquable version de « Il pleut sur Nantes », tout en s’accompagnant au clavier ou à l’accordéon. 

 

La complicité des deux comédiennes, qui travaillent ensemble depuis longtemps, sert ce bel hommage tout en finesse et en simplicité à l’une des plus grandes chanteuses françaises. L'endroit offre un cadre approprié à un spectacle intimiste et sans sonorisation tel celui-ci. Une bien belle soirée d’été ! 

 

 

 

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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 12:16

camus oriental1Spectacle vu au Carré Rondelet, Montpellier, le 7 Novembre 2013, 19h. Avec des textes extraits de « Le premier homme », « Noces », « l’Eté ». Idée et adaptation d’Avner Camus Perez : projet de la Compagnie du Visage (association CaboMundo, 34).

 

Textes dits par : Carole Ventura, avec Olivier Morin, Avner C.Perez, Cécile Atlan

Musique : Mohamed Zeftari (oud) et Pierre-Luc Bensoussan (percussions orientales), de l’ensemble Naguila

Danse : Cécile Atlan 

Eclairages : Gérald Farrow

 

vivant-3-toiles-4Durée : environ 1h20

Genre : lecture théâtralisée et musique

Public : tous à partir de 12 ans

Sortie de création


 

Le jour-même du centenaire d’Albert Camus la compagnie du Visage propose un nouveau spectacle autour de textes où l’auteur parle de l’Algérie, pays de ses parents et de sa jeunesse. Avner Camus Perez a réuni des artistes qui, non seulement viennent d’horizons multiples, mais ont eux-mêmes une pratique diversifiée de leur art. Dans un Carré Rondelet bondé (une bonne cinquantaine de spectateurs), les deux musiciens nous accueillent. En fond de scène une photo de Camus au regard vif m'interroge. Et voilà qu’en mots et en musique, le spectacle m'emmène chez un Camus que je peux qualifier d’« oriental », selon les approches « occidentales » de la culture des rives africaines de la Méditerranée.

 

La langue de l’auteur, à la fois simple et poétique, croise la musique et la danse. Grâce aux rythmes et mélodies superbes de l’oud et des percussions orientales, je jette l’ancre de l’autre côté de la Méditerranée. Lorsque les bras, les cheveux, le ventre et le long voile de Cécile Atlan ondulent, c’est l’Algérie qui m’invite. Des photos projetées en fond de scène accompagnent certaines évocations. Chaque comédien dit des textes colorés, odorants, sensuels, tendres ou tragiques, que Carole Ventura ponctue d’émouvants extraits du « Premier homme ». Camus y parle d’un enfant à la recherche de son père mort, de la misère qui « prive sa mère d’espoir », de « la tendresse désespérée » de sa grand-mère qui laisse l’instituteur lancer l’enfant vers son destin. D’autres textes disent aussi la soif de vivre, le soleil, la chaleur, la mer, la mort, une vie « à goût de pierre chaude », la fraternité dans le quotidien, le plaisir simple de la citronnade glacée. Le code de la rue, les plages d’Oran, les silences d’Alger, la paix des cimetières arabes, la générosité et l’hospitalité des Algériens, tout dans ce spectacle confirme qu’il y a, comme l'écrit Camus, "des peuples nés pour l’orgueil et la vie".

 

La mise en scène associe toutes les interventions harmonieusement  et sur un rythme soutenu. C’est presque magique de voir tout ce que musique, mots et danse peuvent exprimer ici. Claire et sensible, Carole Ventura déroule les extraits du « Premier homme » comme un fil conducteur parmi les adultes qui ont aidé Camus à grandir. Avner C.Perez et Olivier Morin m'ont fait sentir le vent, le soleil, la plage. Avner C. Perez me montre Oran, « figée dans une gangue pierreuse », et avec Olivier Morin j'ai assisté au match Oran-Alger, en éternelle rivalité. Mohamed Zeftari et Pierre-Luc Bensoussan m'ont emmenée dans la Casbah en exprimant toutes les sensations que je devine chez Camus. La musique occupe ici une place importante dans la narration et lorsque s’élève le chant magnifique de Zeftari accompagnant un texte sur la guerre de 14, je ressens une forte émotion. En regardant Cécile Atlan j’ai vu l’Algérie danser. Les éclairages ne sont pas en reste pour donner tout leur relief aux émotions que j'ai éprouvées.  

Séduite par les nombreuses qualités de ce spectacle original, j’ai aussi réalisé combien son enfance en Algérie a inscrit Camus dans sa dimension d’adulte humaniste, amoureux de la vie et épris de justice. J'ai trouvé le style lyrique (à la fois efficace et poétique) des textes choisis remarquablement transmis par les comédiens qui m'ont fait découvrir un aspect méconnu de l’auteur. Selon moi, ce spectacle original peut être une excellente introduction à l’œuvre de Camus, tout comme il peut plaire aux initiés et enchanter les amoureux de l’Algérie. Riche de résonances artistiques et poétiques, il s’adresse à tout amateur de spectacles généreux.

 

Autre spectacle commenté de la Cie du Visage : Hannah Arendt : exil atlantique

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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 12:02

Les Morts se vengent

Spectacle de la Compagnie des Grands Enfants (30), précédé de "Isobel la ressuscitée", vu le 31 Octobre 2013, 21h, à Montpellier, Théâtre Gérard Philipe. Texte intégral de deux contes de Claude Vignon (1856).

 

Mise en scène : Compagnie des Grands Enfants

Lecture / interprétation : Sidonie Amiot (Isobel, le cadavre) et Eric Doussaud (récitant, le médecin)

Mise en espace : Colette Pierolo et Eric Doussaud

 

VIVANT2-toiles-3Durée : 50 minutes

Jauge : Salle petite ou moyenne (peut se jouer en extérieur)

Genre : Théâtre, Lecture-spectacle

Public : à partir de 16 ans (une autre version à partir de 10 ans)

Sortie de création

 

La Compagnie des Grands Enfants explore les trésors des bouquinistes pour trouver des textes forts et les faire vivre en lectures théâtralisées. Ici sont réunis en un seul récit deux "Contes à faire peur" de Claude Vignon (pseudonyme de Marie-Noémi Cadiot), auteure de textes fantastiques. En cette soirée d'Halloween les morts vont se venger au Théâtre Gérard Philipe. Dommage que cette ténébreuse histoire n'ait attiré qu'une vingtaine de spectateurs, car elle se déroule à Montpellier à une époque où les avancées de la médecine faisaient marcher les imaginations... 

 

C'est dans le salon de Madame de M. que la triste vie de "Isobel la ressuscitée" nous est contée. Terrorisée par son mari, Isobel mourut jeune, mais revint d’entre les morts. Veuve vampire errant dans son manoir, elle séduit et épouse de jeunes hommes qui meurent ensuite d'un vieillissement accéléré. Un médecin raconte à son tour l'aventure terrifiante qu’il vécut en 1806, alors qu'il était jeune étudiant à Montpellier : ainsi commence "Les Morts se vengent". Enfermé par mégarde toute une nuit dans l'amphithéâtre d'anatomie de la Faculté de Médecine, il y fut violemment interpellé par des corps voués à la dissection... L'année suivante, dans le salon de Madame de M., alors que l'on s'étonne de la disparition du médecin, un fantôme passe dans l'obscurité et je reviens à la réalité des lumières et de mon fauteuil...

 

Eric Doussaud et Sidonie Amiot se relaient ou s'associent pour lire et théâtraliser les deux récits. L’émotion dégagée par ces textes lus ou dits est amplifiée par une scénographie simple mais qui m’a semblé efficace. L’ombre fugitive d’Isobel marque du sceau du fantastique la diction au ton inquiétant d’Eric Doussaud. Les formes allongées sous des draps dans l’obscurité de l’amphithéâtre d’anatomie et le glas qui sonne, provoquent un sentiment d’effroi avec une plongée forcée dans le réalisme. J’ai trouvé Sidonie Amiot excellente en cadavre de femme se réveillant pour lancer des imprécations contre les vivants, dans une diatribe surprenante pour l’époque sous une plume féminine. Les deux contes sont adaptés de façon à s’emboîter l’un dans l’autre. Et bien qu’un peu déroutée au début par l’incarnation d’Isobel, j’ai trouvé que la mise en scène articulait de façon fluide les passages d'un lieu à l'autre (du salon au manoir, puis à l’amphithéâtre, et retour au salon). Le fil narratif crée une boucle mais reste cohérent avec une bonne tension dramatique entre le surnaturel et le commun. Ne tombant ni dans la farce ni dans le grotesque ce spectacle associe le sexe et la mort, joue avec les malédictions et le Mal, ose l'occulte et le macabre. Je m’y suis laissée immerger avec délices !


Ce spectacle original m’a séduite (alors même que c'était une sortie de création) pour le choix des textes et la qualité de la théâtralisation. Pour qui veut bien se laisser emporter, il offre un voyage dépaysant dans le fantastique, ce monde où tout est possible, en sortant ces deux contes de l’oubli. Comme la violence crue du texte de la scène située dans l'amphi d'anatomie ne convient pas à un jeune public la Compagnie propose, en "spectacle détachable", une version pour enfants à partir de 10 ans.

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