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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site.
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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 14:26
Le paillasson qui se prenait pour une couverture

Spectacle de la Compagnie inventaire, vu le 21 juillet dans le cadre des chroniques plurielles et populaires, au FESTIVAL OFF Avignon 2017, à 17h à l’école du spectateur, du 14 au 30 juillet 2017.

 

Auteur : Hervé Walbecq

Interprète : Aude Laine

Mise en scène : Béatrice Barnes

 

Public : Tout public à partir de 5 ans

Genre : Théâtre d’objets

Durée : 50 min

 

Brigade : Valérie, Adil, Momo

 

C’est mon premier spectacle dans ce lieu. L’accueil se fait dans la cour d’école arborée avec plusieurs petites tables et chaises pour se poser et attendre agréablement le début de la représentation. Un endroit calme et reposant. J’apprécie les spectacles sous chapiteau, l’ambiance qui y règne, son aspect arrondi car beaucoup de choses sont bien trop carrées autour de nous. L’aspect temporaire me plaît aussi et le chant des cigales qui traverse le chapiteau ne cessera de me satisfaire pendant le spectacle. Le chant des oiseaux prend le dessus et nous invite au début du spectacle. Au milieu de la scène, une petite cabane de bois telle une petite maison. Un décor minimaliste qui m’intrigue.

La lumière se centre sur la cabane et la comédienne apparaît. Le texte commence et comme le titre l’indique, les objets prennent vie, dans leurs fonctions, dans la parole et dans leurs émotions. J’apprécie le visuel coloré et fleuri qui est proposé.

La fenêtre qui veut voler, les vers de terre sans papiers, le paillasson qui veut être couverture, j’écoute la poésie du texte, les doubles sens qu’on peut trouver dans le scénario bien que je ne sois pas complètement conquise malgré le temps qui avance dans l’histoire. Je sens un décalage entre le résumé du spectacle, que j’ai pu lire en amont, et ce que je vois. J’avais imaginé une pièce plus dynamique et plus déjantée. N’était-ce pas mon attente en tant qu’adulte spectateur ? En effet, la gestuelle et la voix de la comédienne me laisse penser qu’elle s’adresse seulement au très jeune public. J’ai tenté d’apprécier le moment avec un regard d’enfant et malgré ça j’ai eu des difficultés à me laisser embarquer dans ce rythme trop lent à mon goût. Je serai ravie d’aller demander prochainement, l’avis des plus jeunes enfants car il semble que ce soit eux les premiers intéressés par ce type de spectacle. Valérie

 

Un monde fêlé à l'image du nôtre, des couleurs et des glaces chaudes, la question est : est-ce que je monte ou je descends ? Métamorphose, un poisson mort qui reprend vie, des vers de terre sans maison et sans papiers et pourtant ce sont des vers de terre. Des lumières et une histoire qui scintillent dans un joli cadre de rêve sombre. Adil

 

En arrivant au spectacle, j’ai tout d’abord été surpris par les chapiteaux. Je m’attendais plutôt à me trouver dans une salle, un théâtre. Le chapiteau n’était pas comble mais assez bien garni. Le public était très calme, bien discipliné, seuls les longs applaudissements de la fin venaient féliciter la comédienne. Le son était bon, la voix de la jeune comédienne était claire et bien audible à l’instar des notes musicales. Le décor était sobre mais a servi la comédienne avec efficacité.

Les sujets étaient multiples et il faut noter la bonne performance de la jeune femme, qui, avec une grande subtilité, faisait la transition entre chaque histoire sans que l’on s’aperçoive de quelques coupures brusques. Elle possède visiblement un talent évident. Pour résumer, il s’agit d’un spectacle sans grande prétention mais assez chaleureux pour vous faire plaisir et ressentir la joie d’avoir passé un bon moment.

A la sortie, en ce qui me concerne, je n’ai pas ressenti une grande émotion mais plutôt une certaine joie d’avoir assisté à un spectacle somme toute assez réussi bien qu’une grande partie ait été destinée à un public plus jeune. Enfin, allez le voir et chacun pourra apprécier et avoir son propre avis.  Momo

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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 14:22
Garden-Party

 

Spectacle de Quartier libre productions (92), coproduction: Compagnie n°8 (75), vu le 29 juillet à 16h55 au théâtre de l'Oulle, Festival Avignon OFF 2017, du 7 au 30 juillet 2017.

Interprètes: Benjamin Bernard, Stefania Brannetti, Grégory Corre, Carole Fages, Matthieu Lemeunier, Hélène Risterucci, Frédéric Ruiz, Charlotte Saliou
Mise en scène: Alexandre Pavlata

Genre: Théâtre, humour
Public: Tout public, à partir de 8 ans
Durée: 1h

Une 1ère comédienne qui arrive à l’avant du plateau en s’esclaffant devant tant d’invités qui ont répondu présents. Et tous ces invités, c'est nous, le public. Son rire m'est déjà très communicatif alors que d’autres personnages débarquent, aussi bourgeois, colorés, drôles et farfelus les uns que les autres. La bourgeoisie est donc là, la garden-party peut être lancée ! Champaaaaagne !

C’est parti pour 1h de folie avec ces 9 comédiens complètement déjantés !

Je comprends rapidement la parodie de l’aristocratie, les clichés, qui, selon moi, ne sont pas nommés "clichés" par hasard. On nous dresse un tableau réaliste et bien décalé à la fois de la bourgeoisie et de ses diverses activités. Ainsi, la chasse aux gibiers, le champagne qui coule à flot, le réceptionniste qui devient ramasseur de balle au tennis, le gaspillage des petits canapés gourmands et dispendieux, la sortie difficile et forcée des courses en supermarché... Et tant d’autres activités éloignées et déconnectées d’une autre réalité, celle du "petit peuple".

 

Mais jusqu’où iront-ils dans l’enchaînement d’actions abracadabrantesques ?

Du début à la fin c’est la tenue incorrecte exigée qui nous fait nous esclaffer. Je pense que, pour ce type de spectacle, l’humour second degré est très conseillé. Pour ma part, je me suis laissée embarquer (seulement 1 ou 2 scènes que j’ai pu trouver trop longues) dans cet univers burlesque et décalé aux effets spéciaux complètement décapants et décoiffants ! C’est le cas de le dire. Une comédienne se retrouvera à quelques mètres au-dessus du public, un autre tentera de vaincre une tempête de neige…

 

La mise en scène fonctionne bien avec ce grand nombre de comédiens. Certaines scènes proposent notamment un tableau où le spectateur est sollicité à différents endroits où se déroulent des actions toujours plus hilarantes les unes que les autres. 
Bien qu'en salle cela fonctionne, je sais qu'il s'agit d'une compagnie de théâtre de rue et j'imagine mieux cette formule de spectacle en extérieur. Cela pourrait se dérouler dans un parc public par exemple afin qu'on puisse s'immerger totalement dans cette Garden-Party. J’ai pu lire, après coup, que la Compagnie le proposait sous cette forme. Je pense que dans ce contexte, la formule prend place davantage comme un cocktail explosif !

Humour second degré ? Humour décalé ? Venez vite à cette Garden-Party !

 

Valérie Desbrosse

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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 14:21
Miles Davis ou le coucou de Montreux
Source : Article La Depêche.fr du 11.08.2017

Source : Article La Depêche.fr du 11.08.2017

Spectacle de IMA Productions (66), vu le 19 juillet 2017, AVIGNON OFF 2017, Théâtre Porte St Michel à 17h.

De : Henning Mankell
Avec : Michel Bordes

Genre : Théâtre musical
Public : Tout public à  partir de 10-12 ans
Durée : 1h

Pendant que le public s’installe, Steinar s’essaie à la trompette… Son récit commence avec l’évocation de la mort, qui l’a bouleversé, de Miles Davis, le 28 septembre 1991, par une belle journée d’automne…  
Il nous raconte comment, grâce à son ami Stan Age (lui qui n’aimait pas le jazz !), devenu par hasard  chauffeur attitré de Miles Davis pour ses déplacements en Europe, il lui a été donné de serrer la main du grand trompettiste à l’issue du concert mythique de 1986 au Festival de Montreux. Ce qui changea totalement sa vie. Il a été ébloui par le musicien, en particulier par son interprétation du Concerto d’Aranjuez.

A travers ses propres souvenirs et ceux de Stan Age, alimentés par les confidences du musicien, il explique comment Miles Davis s’est peut-être "vengé" dans sa musique des humiliations qu’il subissait en tant que Noir dans l’Amérique des années 1950, comment il a mis son énergie et sa fougue au service de la création musicale. Comment il a aimé l’Europe plus tolérante où il a été bien accueilli, comment il a été éperdument amoureux de Juliette Gréco, et pourquoi il renonça à l’emmener aux USA, où les mariages mixtes étaient interdits. 
Steinar s’est alors  acheté une trompette, a collectionné des objets ayant appartenu à Miles, comme le phare gauche de sa Volvo, s’est intéressé de près à la musique de Miles, la façon dont il composait et jouait. Bref, il est devenu un fan absolu… Jusqu’à trouver des liens entre le big-bang et la possible naissance de l’univers en si bémol majeur, et la musique de Miles dont c’était la tonalité de prédilection. 

Michel Bordes évolue dans un décor simple, figurant l’atelier d’une casse auto. Son accent marqué du sud-ouest, d’abord un peu dérangeant, allié à son jeu dépourvu d’artifices, apporte finalement plus de véracité à son personnage, individu pas compliqué, que la musique aide à exprimer ses émotions. Ce monologue écrit par l’auteur suédois Henning Mankell, est un hommage à Miles Davis, mais aussi un hymne au jazz, à la musique qui peut porter l’individu, quel qu’il soit, l’aider à vivre, le faire rêver, lui permettre de communiquer au sein d’une "communauté" comme, probablement, toute autre passion peut le faire…  
De fait, mieux vaut être un public passionné, de jazz de préférence, mais pas exclusivement, pour comprendre et pour suivre ce seul en scène d’une heure qui peut laisser les individus hermétiques au sujet sur le bord du chemin…
Ce spectacle trouve naturellement sa place dans tout lieu ou toute manifestation dédiés à la musique, cave, bar, festival comme à Marciac où il a rencontré un beau succès. Seul regret de ma part, qu’on n’ait pas eu droit à plus d’extraits musicaux pour apprécier les talents de saxophoniste de Michel Bordes, à côté de ses talents de comédien.

Cathy de Toledo

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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 14:21
L'enseignement de l'ignorance

 

Spectacle de la Compagnie DDCM (84), coréalisation Pandora (84) , vu au Festival Avignon OFF 2017, à 12h30 au Pandora, du 6 au 30 juillet 2017.

 

Auteur: Jean-Claude Michéa et Seb Lanz

Interprètes : Héléna Vautrin, Fred Guittet, Seb Lanz

Musique et mise en scène: Seb Lanz

 

Genre: Théâtre (citoyen)

Public: Tout public, à partir de 12 ans

Durée: 50 min

 

Les premières notes du pianiste sonnent et les premières lignes s’inscrivent sur le grand rétroprojecteur au fond du plateau. Le public est alors plongé dans le sujet de "l’enseignement de l’ignorance". "On constate de façon évidente le progrès de l’ignorance, à la fois comme défaut de savoir structuré, de capacité théorique élémentaire, et comme manque de sens critique, de jugement moral autonome. Or l’ignorance des élèves ne constitue pas un dysfonctionnement, mais est un élément nécessaire et une condition du développement de nos sociétés modernes" (Florent Julien, Collectif Racine).

 

De nombreuses références comme Orwell, Smith et Nietzsche mettent en exergue la pensée de l’auteur. Ces références nous plongent dans le passé (similaire parfois au présent) et les deux comédiens qui entrent sur scène nous ramènent à l’instant T. Dans un premier temps je ne vois pas forcément le lien entre la gestuelle des deux comédiens sur le texte et le piano qui l’accompagne. Je commence à sortir de la lecture car cette période de projection me semble légèrement trop longue pour rester concentrée et attentive. Et finalement, ne serait-ce pas là un des sujets abordés par l’auteur ; l’évolution de l’attention de l’homme à travers l’évolution de la société et ses multiples sollicitations quotidiennes. Nous enseigner l’ignorance reviendrait en quelque sorte à nous formater ou déformater, ce qui influerait sur notre capacité d’attention, de critique et de jugement.

Lorsque le pianiste se met à lire, je prends alors un peu de répit et je reste "connectée" à ces diverses sollicitations choisies dans la mise en scène (musique, vidéo, théâtre, lecture). De nombreux sujets sont abordés tels que la production, la surproduction, la consommation, la surconsommation, le travail, le numérique…

On y parlera également des grandes institutions (des grands puissants) telles que le FMI, l’OCDE, le G8 et leurs enjeux et impacts sur notre société. Ce sera le Tittytainment qui sera approfondi et décortiqué pour que l’on comprenne tout son sens. Ce terme a été inventé par Brzezinski formé à partir des mots tit (sein en argot américain) et entertainment (divertissement). Le "sein" fait plutôt référence à l’effet soporifique de l’allaitement maternel sur le bébé. "Le concept est un cocktail d’aliments et de divertissement qui endormirait la masse. C’est un totalitarisme des temps modernes" (Source, lesoirdalgerie.com).

 

Je pense qu’il s’agit d’une représentation où le spectateur doit être suffisamment disponible et attentif pour voir, comprendre et apprécier la pièce jusqu’aux derniers mots. Cependant, le choix de mise en scène est très moderne, les musiques y apportent une "touche" plus dynamique après plusieurs lectures, le théâtre vient alterner et équilibrer aussi les propos, parfois assez soutenus, de l’ouvrage. Le piano nous offre une touche plus poétique et musicale tout au long de la représentation.

Cette pièce doit parler à la jeunesse que nous sommes et j’apprends à la fin qu’elle est proposée dans des lycées, dans des IUT. Cela me semble très pertinent comme outil de débat, même dans des colloques et des conférences. Bien entendu, en salle, ça fonctionne très bien.

Une très belle performance réalisée, moderne, dynamique et très constructive intellectuellement. Merci.

 

Valérie Desbrosse

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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 14:21
Pourquoi les filles en font des tonnes quand elles dansent ?
Site Cie à Facettes

Site Cie à Facettes

Spectacle de la Cie à Facettes (92), vu le 20 juillet 2017, AVIGNON OFF 2017, théâtre des Corps Saints, 12h15 tous les jours.

 

Texte et mise en scène : Adelin Messiaen
Avec : Emmanuel Plessis

 

Genre : Seul en scène, Théâtre contemporain
Public : Tout public à partir de 12 ans
Durée : 1h10

 

Un tel titre ne peut que titiller ma curiosité et me laisse espérer un spectacle agréable et distrayant. C’est donc l’histoire d’Hugo, 36 ans, pas de chat, pas d’enfant, qui, lors d’une soirée un peu arrosée, est victime d’un évanouissement inexpliqué. Après un passage aux Urgences, il est autorisé à rentrer chez lui… 

Il n’y retrouve pas sa copine Dana, avec qui il doit partir dans 48 h en voyage à l’étranger pour plusieurs mois. La soirée était d’ailleurs organisée pour fêter le départ… Et il trouvait que Dana se donnait un peu trop en spectacle, bref qu’elle en "faisait des tonnes" en dansant, ceci juste avant de "tomber dans les pommes" !

 

A la suite d’Hugo, nous partons à la recherche de Dana, qui ne répond pas à ses (nombreux) messages téléphoniques, qui n’est pas chez elle, ni chez sa meilleure amie, ni chez son meilleur pote, ni chez les amis d’Hugo, et dont personne ne semble pouvoir lui donner de nouvelles. Il se rend même sur son lieu de travail, où on lui apprend qu’elle a démissionné car elle part à l’étranger.

Ses appels téléphoniques se font pressants, voire menaçants, mais elle ne rappelle toujours pas. Hugo se montre de plus en plus jaloux, agité, son comportement devient anormalement violent. On sent que quelque chose ne tourne pas rond et on soupçonne assez vite qu’il se pourrait bien qu’Hugo ait inventé cette relation amoureuse… Même sa propre mère ne comprend pas pourquoi elle n’a jamais rencontré cette fille dont il lui parle et avec laquelle il va tout de même quitter le pays…

 

Emmanuel Plessis incarne le personnage d’Hugo mais aussi tous les interlocuteurs qu’il croise lors de sa quête. Il s’en tire plutôt bien, même si son jeu peut paraître inégal. Cependant, mais c’est peut-être le but recherché, j’ai ressenti un certain malaise face à ce garçon parfois sympathique parfois très antipathique, dont on ne sait pas vraiment s’il est un brave type en train de se faire salement plaquer, ou juste un harceleur de la pire espèce ! La chute ne m’a donc pas vraiment surprise… Le décor est sommaire, et les scènes sont rythmées par la musique et les éclairages. Créé en 2017, ce seul en scène, pas aussi drôle que je l’espérais, me semble avoir besoin de mûrir un peu...

 

Cathy de Toledo

 

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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 14:20
Avec la pièce jointe c'est mieux
Catalogue OFF 2017

Catalogue OFF 2017

Spectacle de Belavox (13), vu le 20 juillet 2017, au théâtre du Grand Pavois 14h, AVIGNON OFF 2017.

Ecriture et jeu : Manon Guillemin
Mise en scène : Rémi Viallet

Genre : Seule en scène, Théâtre
Public : Tout public à partir de 12 ans
Durée : 1h05

Sans décor et avec un minimum d’accessoires, Manon Guillemin nous livre une galerie haute en couleur de portraits de femmes… La mère de famille parfaite qui finit par péter les plombs, la dépressive en quête de bonheur incapable d’apprécier le moment présent, la pauvre oie blanche à la recherche du grand amour qui, dans une soirée arrosée, embarque le premier venu et, sans même réaliser ce qui se passe, finit par se faire violer, l’intello qui ne peut s’empêcher de tout commenter même pendant l’acte sexuel, la chanteuse cabotine qui se glorifie de sa cinquième place au concours de chant d’une petite ville inconnue de province…

Manon Guillemin va jusqu’à détourner une célèbre chanson enfantine "Ah vous dirai-je maman ?", et mettre dans la bouche d’un enfant les pires accusations qu’il puisse porter envers tous les membres de sa famille B.C.B.G., quant aux débordements et déviances auxquels ils se laissent aller dans le secret de la sphère familiale… Grinçant et sans concession !

Tous ces caractères sont finement observés et restitués avec humour, tendresse ou férocité. Au fond, chacune d’entre nous peut retrouver un peu de son histoire dans les traits de l’une ou de l’autre de ces femmes, et toutes recherchent la même chose, un peu de reconnaissance, un peu d’amour, leur part de bonheur.

Quelques tableaux un peu osés me semblent inappropriés pour des enfants de 11-12 ans, sans compter une thématique bien éloignée de leurs préoccupations. A mon avis donc, à réserver plutôt aux adultes. J’ai regretté que l’accompagnement musical ne soit pas plus présent, ce qui apporterait à ce seule en scène un peu plus de rythme, et gommerait les quelques longueurs que j’ai notées. Enfin, j’ai eu quelques difficultés à suivre le fil du récit, car malgré l’impression qu’il s’agit de portraits juxtaposés, il semble que le personnage de Manon fasse quelques apparitions du début à la fin du spectacle.

Mais il s’agit d’un spectacle récemment créé qui, n’en doutons pas, va rapidement  trouver sa vitesse de croisière. A suivre donc…

Cathy de Toledo

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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 14:20
Olaph Nichte

Spectacle de la Compagnie Spectralex (37), vu le 22 juillet, Avignon OFF 2017, au Théâtre des deux Galeries, à 17h30, du 10 au 30 juillet 2017.

 

Interprétation et mise en scène: Arnaud Aymard

 

Genre: Comédie burlesque
Public: A partir de 8 ans

Durée: 1h

 

Le comédien est parmi la foule, je l’ai repéré. J’apprécie voir le comédien parmi nous juste avant la représentation car je me sens embarquée plus rapidement dans l’univers proposé. Et quel univers !

Un bureau avec de nombreux papiers éparpillés et un tableau à craie. Le personnage vient s’asseoir pendant que le public fait de même. Il réfléchit, ne trouve plus ses notes, commence quelques phrases sans les finir... Il nous explique rapidement en quoi consistera cette conférence sur l’astrophysique ! Une toute nouvelle science qui tente de regrouper toutes les sciences en une seule afin de mettre en équation le sens de la vie. Il s'est donné comme objectif d'écrire 762 conférences afin de balayer l'ensemble des éléments caractérisant notre univers. Nous y sommes. Je comprends très vite où veut nous emmener le personnage. Non, je comprends très vite où le personnage ne veut pas, non, là où il veut tenter d’aller chercher des réponses à plein de questions qui amènent d’autres questions encore et toujours plus déjantées et plus absurdes les unes que les autres.

 

Le public rit aux éclats des les premières "bribes" de phrases. Est-ce qu’on veut vraiment comprendre là où il veut en venir ? J’essaie. Au début en tout cas. Et en même temps il balaiera plusieurs sujets intéressant sur le MOI, le réel et l’imaginaire. Sur l’idée qu’on se fait de quelqu’un par son physique, par sa gestuelle, par rapport à ce qu’on est et à notre manière de voir le monde. Et encore d’autres exemples tous aussi intéressants. Quand je comprends ces propos je suis dedans, quand il me perd je suis toujours dedans. La finesse et la justesse du comique extravagant, de l’absurde, du burlesque ! L’intéressant se marie avec l’hilarant ! C’est construit et déconstruit et toujours le public rit ! Est-ce que c’est écrit ? Est-ce qu’il improvise ? Il nous met le doute, partout et tout le temps, sur ce qu’il dit, ce qu’il fait et pourtant je reste connectée et enchantée par cet homme décalé ! Le pire c’est qu’on peut tous (enfin je crois) s’y retrouver ! Qui n’a pas déjà commencé des explications, des questionnements sur le sens de sa vie sans finir ses phrases et sans que l’interlocuteur ne puisse plus nous suivre. Oui nous sommes parfois très complexes avec nous-mêmes, avec ce MOI, notre réel, notre imaginaire ! Je suis même parfois plusieurs dans ma tête, enfin je crois. Et je crois ne pas être la seule, enfin je crois. Ce personnage me le confirme en tout cas.

 

Une pièce complètement décalée et déjantée ! J’adhère à ce conférencier !

Bien que j'aie déjà pu voir un autre spectacle de ce comédien et que je l'apprécie pour ce style décalé, j'ai complètement plongé dans l'univers proposé par Olaph. Car oui il faut se le dire, il est un humour où certains peuvent ne pas adhérer. Un spectacle qui, selon moi, a son public.

Et aujourd’hui c’était réussi, le public était bien dedans puisqu'on finira tous en chantant !

Bravo !

 

Valérie Desbrosse

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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 14:20
Mon nombril vous concerne

Un spectacle de la Compagnie Les Chats Noirs (34), en coproduction avec Cors de passage, vu le 18 juillet à 15h, AVIGNON OFF 2017, du 7 au 30 juillet 2017 au Théâtre de l'Isle 80.

Auteur et interprète: Benoit Miaule

Genre: Théâtre
Public: Tout public, à partir de 15 ans
Durée: 55 min

Lorsque j’arrive dans la salle, toute petite jauge, 25 personnes environ, je comprends que le comédien est à nos côtés. C’est ce monsieur qui attend vers la porte, regard et visage concentrés, froid ou très timide ? Il est déjà dans le personnage et attend les retardataires. 

Un costume noir tout simple et surtout très classique, une boule à facettes posée au sol, une valise platine vinyle, un bouquet de roses, une table à ses côtés, un vase rempli d’eau. Je suis intriguée par ce décor peu coloré et très minimaliste qui me donne comme l'impression d'être à un enterrement.

 

Le comédien commence alors, visage toujours très tendu, je comprends vite qu’il s’agit de la personnalité du personnage. Réservé, stressé, coincé ? D’emblée, il annonce que son nombril nous intéresse. Il va alors parler de lui, de son soi, notamment à travers son corps et en prenant des exemples qui nous concernent tous, de plus ou moins loin. Je ne sais alors plus s’il parle de lui, de moi, de nous, ce qui est sûr c’est qu’il m’embarque dans son histoire, notre histoire.

Le manque de confiance, la timidité, le sentiment d’infériorité, le rapport au travail, le rapport à la fête, plusieurs sujets sont abordés pour parler de soi, de ce qu’on ressent ou lorsque l’on fait semblant.

 

Le texte est bien écrit, bien ficelé, il est d’une finesse assez déconcertante et notre chère langue de Molière y brille tout au long de la représentation. Je suis admirative de l’excellente élocution dont fait preuve le comédien au travers de la pièce et plus particulièrement lors de belles tirades. Ce dernier joue avec les mots, leurs rythmes, leurs rimes, leurs sonorités. Une justesse et une finesse incontestables. Je regarde avec attention toute l’expression du personnage qui est un peu de moi, un peu de nous et je l’écoute et tente de bien le suivre car parfois je m'en éloigne.

En effet, le vocabulaire y est très soutenu et parfois "trop" soutenu pour moi, c'est alors du texte que je m'éloigne, cependant je ne lâche pas complètement, le talent du comédien me tient. Une performance théâtrale à souligner. La décoration, aussi minimaliste soit-elle, servira à mettre plusieurs scènes différentes en lumière et permettra surtout d’avoir toujours au devant, ce personnage peu confiant.

 

Un peu sur ma faim lorsque j’entends le public applaudir et que je comprends qu’on est arrivé au bout. Pour autant, cette fin ne serait-elle pas dans la continuité de la représentation et du message passé ?

Comme le dit le dossier de presse, cette pièce est "une tentative de se dire soi afin de questionner son rapport à l’autre, cet autre incompréhensible qui ne nous comprend pas".

Valérie Desbrosse

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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 14:19
Olympia ou la mécanique des sentiments

 

 

Spectacle de la Compagnie Coïncidences Vocales (94) / coproduction du Théâtre de l'Empreinte, vu le 27 juillet 2017 au théâtre du Balcon à 12h, dans le cadre du festival Off d'Avignon 2017.

Texte : Vanessa Callico
Mise en scène et lumières : William Mesguich
Composition musicale : Jérome Boudin Clauzel
Interprètes : Estelle Andréa, Luc-Emmanuel Betton, Magalie Paliès
Musiciens : Jérome Boudin-Clauzel, Anne Leforestier, Mimi Sunnerstam

Genre : Théâtre musical
Public : Tout public
Durée : 1h20

Dans un univers Steampunk, nous voilà plongés au coeur de l’atelier du génial professeur Othon, fils mystérieux et quelque peu déjanté sous l’emprise de sa mère, la glaciale Lady Marie qui l’a soustrait au monde depuis sa prime enfance. Celui-ci, pour combler sa solitude, s’adonne à la réalisation d’une femme-automate qu’il réalise en secret et va découvrir sa sœur cachée pour un final tragique.

Au delà d’un spectacle musical, c’est un mini opéra qui nous est proposé avec son lyrisme, son extravagance et ses trois musiciens en live pour accompagner les trois comédiens.J’allais découvrir ce travail avec plaisir prêt à me laisser porter par la magie du théâtre.

Pourtant, même si j’ai suivi le déroulement de cette histoire un peu alambiquée, et apprécié le travail fourni, tant en termes de décor, de scénographie, de mise en scène et de jeu, j’ai trouvé cela très froid et n’ai pas été conquis par l’ensemble. Les parties musicales et chantées, dans un style un peu engoncé, ne m’apportent rien en termes d’émotions. L’histoire, portée vaillamment par un jeune professeur Othon aux airs de Jim Carrey, ne rebondit pas sur ce rapport mère/fils si exacerbé ni sur ce rapport à l’amour et à la solitude. Ce n’était pas le propos, mais, néanmoins, malgré toutes les qualités objectives que porte ce spectacle, la sauce ne prend pas et nous laisse avec un spectacle propre mais sans saveur. Dommage.

Eric Jalabert

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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 14:17
Work in regress

 

Spectacle du Collectif Plateforme (59), coproduction La générale d'Imaginaire, vu le 27 juillet 2017, Avignon OFF 2017, à 17h au Théâtre de la bourse du travail, du 7 au 30 juillet.

 

Genre: Théâtre citoyen

Public: Tout public, à partir de 12 ans

Durée: 55 min

 

Alors que nous sommes plongés dans le noir, une voix retentit, elle semble très proche de nous peut-être même dans le public. Je suis surprise.

La lumière vient éclairer le comédien qui se trouve dans les gradins avec nous. Puis une deuxième intervention et encore la lumière et enfin une troisième intervention. Les trois comédiens sont parmi nous et introduisent la pièce. J’apprécie l’entrée en matière.

 

Les trois comédiens, comme nous l’annonce le résumé de la pièce, interprètent des personnages relatés à partir de faits et témoignages réels recueillis pendant trois ans dans le Nord-Pas-de-Calais auprès de travailleurs de divers horizons. Très rapidement et de manière très dynamique, ils vont nous présenter différents salariés aux expériences et responsabilités différentes dans le monde du travail. Qu’il s’agisse de femmes ou d’hommes, de Français, d’Antillais, de Maghrébins ou autres, les trois comédiens sont à l’aise dans leurs personnages et je plonge assez facilement dans ces nombreux témoignages. La mise en scène amène, elle aussi, du dynamisme puisque les comédiens utilisent toute la scène du début à la fin avec une énergie assez surprenante et très peu de décor (seulement des chaises). Ce sont réellement les témoignages tirés de l’ouvrage… qui sont mis en avant dans le choix de la représentation. Certains me touchent, d’autres me choquent. Plusieurs facteurs de risque au travail sont donc abordés ; la productivité, la pression, le racisme, le harcèlement moral avec toujours comme conséquence, l’épuisement, l’arrêt maladie et le burn out. Je me retrouve dans certaines expériences, soit pour avoir vécu des faits similaires ou pour avoir des proches qui les ont vécues.

 

Malgré des témoignages intéressants et riches d’expériences, je ne suis pas complètement conquise par le sujet de la pièce. Cela tient au fait surtout de la compilation des témoignages trop peu approfondis à mon goût sur le plateau. C’est donc la prise de parti des auteurs et metteurs en scène qui ne m’a pas totalement satisfaite.

 

Cependant, l’interprétation est bonne et la mise en scène également. Pour moi, la pièce est plutôt un outil de réflexion et de débat sur le mal-être au travail et le management. Il s’agit d’un support car ces questions sont abordées plutôt en surface et les expériences restent toutes assez négatives. "Work in regress" aurait aussi, et plus encore, sa place lors de formations, de conférences ou dans les comités d’entreprise pour conduire au débat et à la réflexion constructive d’outils et d’alternatives à ces problématiques. Les comédiens le précisent d’ailleurs à la fin du spectacle.

 

Valérie Desbrosse

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