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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
Vous y trouverez l'ensemble des commentaires de nos correspondants sur les spectacles qui ont été vus. Ce service est en ligne en accès libre depuis février 2007.
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Mode d'emploi...

Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

15 juillet 2020 3 15 /07 /juillet /2020 22:36
Victor Tonelli

Victor Tonelli

Les Analphabètes

Un spectacle produit par le Balagan' retrouvé (94) et vu le 23 janvier 2020 au Théâtre d'Arles

 
Mise en scène et texte : Gina Calinoiu et Lionel González, librement inspiré du film "Scènes de la vie conjugale" d'Ingmar Bergman
Comédien.ne.s : Gina Calinoiu, Lionel González et Thibault Perriard
Musique : Thibault Perriard
Scénographie : Lisa Navarro
Lumières : Vyara Stefanova
Genre : Théâtre
Public : adulte, conseillé à partir de 14 ans
Durée : 2h30 avec entracte


Les portes s'ouvrent, je me faufile pour prendre ma place (c'est bien ma veine, elle est au beau milieu du premier rang, aussi proche des deux comédiens en bord plateau que de mes camarades mitoyens). "Si c'est une forme immersive, me voilà en première ligne", je pense. Autant vous dire que j'en ai eu pour mon argent.

Bien que l'on me laisse tout à ma passivité de spectateur, la proximité avec les acteurs crée une tension qui va tambour battant pendant toute la durée du spectacle. Il s'agit de recevoir de plein fouet la destruction progressive et systématique de deux vies humaines. Simplement l'histoire d'un couple sans histoire, fier d'une stabilité familiale durement construite et dûment gagnée, qui vole en éclats. La crise ne tarde pas, sans raison, sans avoir besoin de raison. Les cris et les coups bas remplacent les baisers. On s'étrangle faute de pouvoir s'étreindre, on s'applique à tout salir. La pièce est faite d'autant de tableaux que de tentatives de reconquérir l'autre et de l'abandonner, tentatives désespérées dans lesquelles personnages et comédiens s'engagent, si désespérées qu'ils s'y confondent.

La coïncidence entre le jeu et la réalité nous amène au plus près du jaillissement des mots, là où ils obéissent à l'urgence plutôt qu'à l'esthétique. Moins bien choisis, moins beaux, moins exacts et intacts que dans la plupart des pièces de théâtre. Plus authentiques, aussi. Une parole qui cultive ses fêlures, qui compose avec des débris et ne trahit pas le sentiment, mais ne suffit pas à le comprendre. C'est le sujet de la pièce et la source du tragique : nous sommes des Analphabètes des sentiments, émotions intraduisibles qu'il ne suffit pas d'incarner pour expliquer. Comment l'amour peut-il naître, disparaître et survivre à la fois, comment soudainement devient-on aveugle à la souffrance de l'autre, que deviennent les beaux mots de justice et de morale s'il est impossible d'être lucide sur ses actes ? "Heureusement que le théâtre est là pour nous permettre de reconnaître ces situations et de les dépasser !" dira-t-on. C'est certain ! En fait, rien n'est moins certain. Au sortir de la pièce, le sentiment de fatalité ne s'enrichit pas d'enseignement. Le froid sent la solitude ; comme quoi le théâtre ne fait pas toujours chaud au coeur.

Si vous n'avez pas peur de perdre le sourire, je vous conseille évidemment ce travail remarquable d'incarnation. On y trouve de jolies larmes qui se brisent comme des éclats de rire, de jolies notes de musique qui jouent au miroir avec les mots, et de jolies lumières pour attendrir les apocalypses.

Mathieu Flamens


 

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8 mars 2020 7 08 /03 /mars /2020 23:55
Toute l'histoire de la peinture
Toute l'histoire de la peinture

Spectacle vu au Théâtre de l’Atelier le 7 mars 2020

 

Auteur : Hector OBALK

Mise en scène : Hector OBALK

Comédiens : Hector OBALK

Musiciens : Raphaël PERRAUD au violoncelle, en alternance avec Florent CARRIÈRE

Avec Pablo SCHATZMAN au violon, en alternance avec You-Jung HAN  

Genre : entre conférence et stand up

Public : Tout public

Durée : 2h

 

Hector Obalk  est un critique d'art habitué des scènes et du petit écran. Il a notamment réalisé une série d'initiation à la peinture, « Grand Art », diffusée en 2018 sur Arte. 

Le format présenté au théâtre de l'atelier est à mi-chemin entre la conférence et le stand up. Hector Obalk est le plus souvent seul sur la scène. Derrière lui, sur un écran géant, est projetée une sélection de quelques 300 tableaux retraçant l'histoire de la peinture du 13ème siècle aux années 1960. Durant les deux heures du spectacle, nous nous arrêterons sur une vingtaine de tableaux. Certains arrêts seront conclus par un voyage à l'intérieur même du tableau, en musique, avec des extraits de Bach ou de Haydn joués sur scène par un violoncelliste et/ou une violoniste.

Qu'est ce que la peinture ? Qu'est ce qu'un bon tableau ? Que peut-on regarder ? Qu'il y a-t-il à voir que justement nous n'avions pas vu ? Hector Obalk s'amuse d'un détail, dit tout haut ce que nous n'osons parfois même pas formuler en dedans, trop révérencieux que nous sommes face au "grand art". Ses avis sont tranchés, passionnés, parfois iconoclastes, l'intention est pédagogique sans être trop technique. Le parti pris est assumé, le plus souvent argumenté. Balayer toute l'histoire de la peinture en 2 heures et 20 tableaux n'est évidemment pas un objectif réaliste… D'autres tableaux seront d'ailleurs choisis pour les spectacles du mois d'avril. La partie "stand-up" est volontiers provocatrice et fonctionne bien pour la majorité du public qui rit et applaudit avec entrain. Elle vise aussi à désamorcer à l'avance d'éventuelles critiques, ce qui peut être agaçant… 

On peut ressortir frustré d'être allé si vite. On peut être dérangé par des énoncés taillés à la serpe ou encore par le sort réservé à l'art contemporain. Je suis ressortie avec une furieuse envie d'aller au musée, regarder d'un oeil nouveau des périodes, des détails, chercher "l'épaisseur de l'air" dans le petit cadre d'une toile…

 

Le spectacle est réputé tout public. Il comprend des passages assez ludiques et l'approche n'est pas trop conceptuelle. Il faudrait vérifier auprès du jeune public, mais je me suis demandée si les nombreux apartés pour adultes permettaient d'atteindre une réelle polyvalence.

 

Hélène Lambert

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2 mars 2020 1 02 /03 /mars /2020 15:21
J'ai bien fait de revenir !
J'ai bien fait de revenir !

Spectacle de la compagnie « … et les étoiles » (84) vu le 22 février au Théâtre du Chien qui fume à Avignon.

 

 

Mise en scène : Jean-Marie Cornille et Gérard Vantaggioli

Comédiens : Vanina Delannoy, Elise Cornille, Florian Martinet et Jean-Marie Cornille

Musique : Sebum 

Création lumière et régie : Franck Michallet

Genre : Théâtre

Public : Tout public

Durée : 1H20

 

Un auteur, dans son bureau face à la mer se trouve en panne d’inspiration. Il a du mal à se concentrer ; il est, du reste, sans cesse dérangé : sa comédienne « fétiche » vient lui annoncer qu’elle le quitte pour un metteur en scène à la mode. Sa fille débarque à l'improviste afin de lui emprunter sa voiture et un étrange visiteur fait son apparition...si l'auteur et ce personnage semblent bien se connaître, leurs rapports ne sont pas tendres et surtout, il est le seul à le voir et à l'entendre, du moins dans la première partie du spectacle. Quand nous apprenons son identité, leur histoire commune peu à peu prend forme. Un ressentiment bien légitime habite l'auteur, et le « touriste » se défend d'une quelconque responsabilité envers notre ami. Qui des deux est le plus à blâmer ? L'auteur, qui a « bouffé de la vie » ou son acolyte, rétrograde et convaincu de sa légitimité ? Une autre partie se joue… Mensonges contre vérité, l’auteur et le visiteur vont s’affronter.  Leur histoire servira de terreau à cette pièce que l'auteur ne parvenait pas à écrire.

Une pièce légère qui traite d'un sujet grave, ponctuée par la vivacité de la très jeune et non moins talentueuse Elise Cornille, un texte qui emprunte des mots très « actuels » et une mise en scène dynamique : Quelques maladresses dans la diction ne m'ont pas empêchée d'apprécier cette performance de JM Cornille et de sa troupe que je vous recommande d'aller voir !

 

Evelyne Karam

 

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2 mars 2020 1 02 /03 /mars /2020 01:47
Simon Gelin

Simon Gelin

Mille et une nuits

Un spectacle produit par la Cie Midiminuit (93) et vu à la comédie de Valence le 8 janvier 2020.


Mise en scène : Guillaume Vincent
Texte : Guillaume Vincent, adapté des 1001 nuits
Interprètes : Alann Baillet, Florian Baron, Moustafa Benaïbout, Lucie Ben Dû, Hanaa Bouab, Andréa El Azan, Émilie Incerti Formentini, Florence Janas, Makita Samba, Kyoko Takenaka, Charles-Henri Wolff

Durée : 3h avec entracte

Genre : Théâtre adulte (à partir de 14 ans)



L'heure n'est pas au fatalisme réaliste ou au théâtre moralisateur ! Avec les 1001 nuits, Guillaume Vincent offre un bouquet de rêves à la barbarie. Spectaculaire et réjouissant, il ne lasse pas de creuser et d'actualiser les interrogations des contes de Schéhérazade.

La pièce s'ouvre en grandes pompes funèbres avec les mises à mort successives des épouses du sultan Schahriar. Pas de texte - pas encore ! - mais un visuel précis et élégant dans une esthétique de cinéma d'horreur : mécanique sonore infaillible, décor qui avale les personnages à grands coups de portes battantes, les mariées dansent et ouvrent le bal. Ne pas mettre ses doigts dans cette porte ouverte vers le théâtre à effets qui se referme aussitôt pour une narration plus apaisée aux accents de vaudeville. Les danses rivalisent d'inventivité avec les chants, et les chorégraphies de combat, et les imitations... Et l'on voyage encore, vers la Bretagne, au Caire, à Paris, à travers des époques et des folklores tout à fait différents ; on ne peut pas s'appuyer sur la narration qui s'enfonce dans les mises en abymes ou les méandres des intrigues parallèles.

 À quoi se raccrocher dans ce joyeux chaos (qui semble étrangement se diriger vers un cap bien précis) sinon au bastingage de la langue ? La langue de Schéhérazade, qui teinte l'ancestral de modernité et révèle dans le contemporain une profondeur mythique, porte une vitalité remarquable. Elle prend plaisir à nommer tout ce qu'elle rencontre, elle en cisèle les contours puis délaisse avec légèreté un sujet pour un autre. Le décor possède le même dynamisme - car il est lui aussi une forme-sens, un cadre mouvant, le théâtre du rêve.

Si les 1001 nuits sont multiples, elles convergent tout de même vers une inquiétude centrale : le sultan laissera-t-il la vie sauve à Schéhérazade ? À quoi sert cette effervescence si elle n'aboutit qu'à sa mort ? La conteuse n'a de cesse de repousser la question en proposant de nouvelles histoires. Le détour n'est alors pas qu'un voyage de plaisance, mais la tentative désespérée d'échapper à la barbarie - voire de la vaincre à force d'écoute. Après tout, nous sommes le sultan, nous aussi. Nous écoutons, nous suspendons notre jugement le temps de la représentation. Le théâtre est une question de vie ou de mort (Pierre Notte le dit mieux : « Acteur, soit tu atteins au sublime, soit tu vas mourir et nous tuer ») et les comédiens réussissent le pari de s'engager dans ce combat. Combat pour nous charmer et nous désarmer face à la sagesse que renferment les contes, surtout lorsque ceux-ci n'invitent qu'à leur laisser la vie sauve.

1001 nuits condensées en 2h30, cela nous donne une pièce spectaculaire et intelligente, haute en couleurs, que je recommande sans hésiter !

 

Mathieu Flamens

 

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2 mars 2020 1 02 /03 /mars /2020 01:16
Christophe Raynaud de Lage

Christophe Raynaud de Lage

L'Amour Vainqueur

Un spectacle produit par le Festival d'Avignon (84) et vu à la Fabrica le 29 novembre 2019.


Texte, mise en scène et musique Olivier Py
Comédien.ne.s : Clémentine Bourgoin, Pierre Lebon, Flannan Obé, Antoni Sykopoulos
Scénographie, costumes : Pierre-André Weitz
Lumière : Bertrand Killy
Genre : Théâtre, Opérette
Public : Jeune public, tous publics à partir de 9 ans
Durée : 1H20

 
Je suis un peu dubitatif en entrant dans la salle : j'attends d'un spectacle jeune public qu'il me fasse retomber en enfance, ou du moins qu'il permette plusieurs niveaux de lecture. Double pari tenu pour « l'Amour Vainqueur » : les rues résonneront longtemps de chansons et de débats après 1H20 de bonheur des yeux et des oreilles.

L'opérette se situe à la croisée du conte, de l'opéra et de la célébration ; il y a donc une histoire (le Prince et la Princesse veulent se retrouver mais la guerre fait obstacle à leur idylle), rehaussée de chansons (et Olivier Py possède un indéniable sens du rythme et de l'harmonie) qui mènent à la célébration de la victoire de l'amour. La force de la musique nous entraîne dans le sillage du festival et permet à la légèreté de s'affranchir de la naïveté en s'enrichissant sans cesse de puissance ; le grotesque joue des coudes avec le sublime et fraie un chemin au rire. En fond de scène un mur de lumières - l'une d'elle est rouge.
Histoire Drôle : personnages toujours extériorisés.

Pourquoi une seule diode rouge ? Pourquoi la guerre est-elle bénéfique à l'économie tandis que la politique hait le théâtre, qui lui-même surpasse la vie ? Pourquoi le Général abandonne-t-il sans combattre face à l'amour du Prince, alors même qu'il a tous les pouvoirs ? On voit que s'il y a fête ce n'est jamais aux dépens de la réflexion. La pièce fonctionne ainsi comme une grande métaphore rigoureusement conceptuelle - le Général incarne le Politique, la Princesse l'Amour et le Théâtre... - et ces concepts portent leur valeur. L'amour est déjà vainqueur. L'amour est vainqueur par nature, puisqu'il est du côté des gentils - et vice-versa. Le méchant aussi est méchant (et donc perdant) par nature. Comme si Olivier Py transportait son système habituel de pensée dans cette pièce - avec encore moins d'incarnation réaliste - pour former un théâtre presque idéologique. Le metteur en scène a déjà tout pensé à notre place, interrogations et réponses aux interrogations. C'est dangereux ? Trop facile et possible uniquement en rêve ? Après tout, ce n'est qu'une pièce pour enfants.

« Pour les enfants et les gens intelligents » précise Olivier Py, puisque les enfants « ne posent que de grandes questions » et que l'intelligence est toujours réconciliée avec sa dérision. Aux grandes questions répondent les grands aphorismes et les grands aphorismes savent qu'ils sont au théâtre. C'est bien la source du comique de la pièce : un décalage permanent entre l'évidence du ton et la complexité du propos, entre la lourde réalité de la guerre vécue par les personnages et la frivolité du jeu du théâtre. La Princesse est la gentille parce que c'est son rôle et parce qu'elle n'est qu'un rôle, de même que c'est le rôle de l'amour d'être vainqueur. De là vient sa pureté : elle n'est qu'amour, elle est sa parfaite incarnation (Clémentine Bourgoin est une merveilleuse actrice). Si cette pièce est magique et exaltante, c'est qu'elle propose un espace rêvé dans lequel les choses arrivent pour le mieux, où la pureté est possible et où le possible fait obéir le réel à l'espoir.

« L'Amour Vainqueur » est une merveilleuse parabole que l'ironie protège de l'idéologie ; il nous offre un théâtre pour apprendre à faire du possible un avenir. Allez-y les yeux fermés, Olivier Py s'occupe de vos sourires.


Mathieu Flamens


Lien vers la chronique plurielle et populaire rédigée autour du spectacle avec les enfants de l'école Massillargues :
http://vivantmag.over-blog.com/2019/12/l-amour-vainqueur.html


 

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2 mars 2020 1 02 /03 /mars /2020 00:34
Archive AFP

Archive AFP

Conférence de Sylvain Tesson

Une conférence de Sylvain Tesson animée par Julien Gelas au théâtre du Chêne Noir (84) vue le 5 décembre 2019.

Intervenant : Sylvain Tesson
Genre : Conférence
Public : Adulte
Durée : 1H10


Une table, deux chaises et de l'eau semblent suffire à son confort. L'essentiel pour aller droit au but, mais personne ne s'y trompera : derrière le regard espiègle et le sourire en coin se masse une somme d'aventures considérables. Ainsi c'est lui, l'écrivain aventurier, le « wanderer », le « stégophile » ? Quelle présence ! Mi-capitaine mi-brigand, Sylvain Tesson a l'art et la manière d'éveiller l'attention de son auditoire en un clin d'oeil.

Et nous voilà embarqués parmi les steppes. Munier, comme il l'appelle - le photographe Vincent Munier - sera notre guide dans l'expédition. Il faudra échapper aux morsures des loups, des ours et du froid, et traquer, traquer sans relâche la panthère des neiges réputée disparue. La langue de Sylvain Tesson possède une vivacité rare. Nul besoin de texte, le souvenir suffit pour convoquer le Tibet sur scène. Voilà un brillant orateur qui sait orchestrer les sourires, les rires et les silences.

Car Sylvain Tesson sait se taire. Être à l'affût. On ne trouve pas la panthère, c'est elle qui vient. L'attendre, sortir du monde et se fondre dans la neige. Se réduire à un regard. Une contemplation qui ne peut exister qu'au présent, qu'à l'éternité. La seule promesse tenue par le monde est celle de l'instant. Dans cette découverte perpétuelle - n'est-ce pas cela être écrivain ? - ce qui apparaît ne se limite pas à ce qui est attendu. Cette panthère, cette femme, cette mère : le « totem des êtres disparus » pour reprendre ses mots. Son regard se perd dans le public. Quelle reine peut-il encore y voir ? L'écrivain a beau se réclamer de n'être qu'un « tesson », qu'un débris, tout son corps incarne le sacré.

Un conteur, certes, mais aussi un excellent penseur. L'adage veut que le sage soit celui qui ait vécu ; il se vérifie avec Sylvain Tesson. Ses réflexions se nourrissent de ses récits, et vice-versa. Sylvain Tesson se place d'ores et déjà dans la constellation des grands écrivains voyageurs, aux côtés de Pierre Loti ou Frison-Roche.

 

Mathieu Flamens

 

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19 février 2020 3 19 /02 /février /2020 17:04
Déboires
Déboires

Spectacle de la Compagnie La Volubile (07), vu le 15 février 2020 à 11h45 à l’Espace Robert Hossein de Grans dans le cadre du Festival Les Elancées.

 

 

Conception, écriture et jeu : Adrien Perez

Musique et bruitages : Tristan Castella

Interprétation musique et bruitages : Tristan Castella en alternance avec Fanny Vialle

Regards extérieurs : Karl-Heinz Lorenzen et Fanny Vialle

Genre : Clown, Mime

Public : tout public

Durée : 45 minutes

 

L’espace Robert Hossein est une salle de spectacle municipale très bien équipée. Sur scène : un bar en bois, une table de bistrot avec une chaise, un porte-manteau. Le barman joue de la guitare. Arrive un drôle d’énergumène. A cheval. Il descend devant la scène dans le public et donne les rênes de son cheval à un spectateur pour le tenir. Le cheval rue. Il commence à le brosser. Mais qu’est-ce qu’il est grand ou … plutôt long ! On ne le voit pas ce cheval, mais on l’imagine si bien.

Puis seul à la terrasse du bar, il commande à boire et à manger. Toujours en mime, il va user de tous les accessoires pour nous raconter des histoires muettes et danser avec le porte-manteau pour finalement repartir à cheval.

Ce spectacle musical, visuel et sonore sans aucune parole est sublime et très drôle. Adrien Père fait preuve d'une capacité d'interprétation et d'expression corporelle qui ne laisse personne indifférent. Les bruitages se font à vue par Tristan Castella, musicien touche-à-tout génial. A consommer sans modération.

 

Maren Scapol

 

 

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19 février 2020 3 19 /02 /février /2020 16:58
Monsieur O
Monsieur O

Spectacle produit par la Compagnie Volubile (07) vu le 15 février 2020 à 11h à l’Espace Robert Hossein de Grans dans le cadre du Festival Les Elancées.

 

Auteur : Sylvain Julien

Mise en scène : Fleur Sulmont

Comédien : Sylvain Julien

Genre : Clown

Public : tout public à partir de 5 ans

Durée : 30 minutes

 

Le spectacle se déroule sur le parvis de la salle. Les enfants s’assoient par terre, les adultes sur des bancs ou restent debout.

Monsieur O entre en scène, tout de bleu vêtu. Des cerceaux rouges sont posés au fond.

Monsieur O parle aux enfants, les traite comme des compagnons, interagit avec eux. Les numéros s’enchaînent : danse, expression corporelle, performances, humour, poésie, un peu de magie, interaction avec le public, dérision, … et l’ensemble tout en délicatesse.

Malgré la mauvaise visibilité liée au lieu, tous - petits et grands - sont captés. Les enfants réagissent beaucoup. On rit. Nous avons passé un bon moment. Comme dit Monsieur O :

  • « ça ne sert à rien, ça fait juste du bien ! ».

Clin d’œil du lieu : le spectacle se déroule sous les insignes de la République qui font joliment écho aux couleurs du spectacle.

 

Maren Scapol

 

 

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19 février 2020 3 19 /02 /février /2020 00:57
"En attendant Nadeau"

"En attendant Nadeau"

Correspndance avec la mouette

Un spectacle produit par la compagnie la Cie L’oubli des Cerisiers (75) et vu au Théâtre des Déchargeurs le 18 février 2020.

 

 

Texte : Anton Tchekov et Lika Mizinova

Mise en scène : Nicolas Struve

Comédien : David Gouhier, Stéphanie Schwartzbrod

Genre : Théâtre

Public : Adulte

Durée : 1H10

 

Fan de littérature russe et désireuse de découvrir davantage de petites formes pour l’Adadiff, j’ai donc jeté mon dévolu sur « Correspondance avec la mouette ». Très bonne pioche !

 

Le spectacle met en scène la correspondance d’Anton Tchekhov et Lika Mizinova, alias « la mouette ». Car si nous découvrons l’échange épistolaire de deux amants, nous assistons également aux correspondances entre cette figure féminine à laquelle Tchekhov, malgré la rupture, n’a pas « la force de ne plus […] aimer » et le personnage sublimé dans la pièce éponyme. L’intelligence de la mise en scène réside précisément dans le fait d’assumer pleinement cette dualité.

Le plateau est quasi nu, seulement habité de trois chaises et jonché de liasses de papier, lettres ou manuscrits en cours. Le spectacle s’ouvre sur une petite vidéo en guise d’exposition. Il s’achève sur une autre vidéo où un frère de Tchekhov témoigne de la fraîcheur et de la gaité de Lika. Entre temps, chacun lit la lettre qu’il envoie à l’autre en prenant la peine d’écrire sur les murs noirs, à l’eau, la date et le lieu de la missive et de l’agrémenter éventuellement d’un dessin de circonstance. Le rythme des lectures évolue au fil de l’histoire d’amour et trouve son paroxysme dans deux scènes dansées : celle de l’amour précisément et celle de la dispute. Dualité encore et toujours.

Stéphanie Schwartzbrod campe une Lika digne d’une Nina, lumineuse, spirituelle, profonde et grave. David Gouhier incarne un Tchekhov amoureux, ironique, fort occupé et bien souvent absent.

 

En écrivant la chronique, je réalise que c’est en fait le deuxième spectacle de cette compagnie que je vois avec grand plaisir. « Correspondance avec la mouette » est un spectacle d’une grande finesse, desservi avec talent et qui mérite de faire, comme ce soir, salle comble jusqu’à la dernière, le 29 février.

 

Catherine Wolff

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12 février 2020 3 12 /02 /février /2020 18:15
Strach for a fear song
Strach for a fear song

Spectacle produit par la Compagnie « Théâtre d’un Jour » (T1J/ Belgique), vu le 8 février 2020 au Théâtre de la Colonne à Miramas dans le cadre du Festival Les Elancées.

 

 

Auteur et Mise en piste : Patrick Masset

Avec : Chanteuse : Julie Calbete, Circassiens : Airelle Caen en alternance avec Alice Noël, Guillaume Sendron, Denir Dulon

Genre : Cirque contemporain

Public : tout public à partir de 14 ans

Durée : 1H05

 

Au Théâtre de la Colonne, les gradins ont été démontés. A la place se trouve un chapiteau. Ou est-ce une yourte géante ? Blanc à l’extérieur, des bâches noires recouvrent l’intérieur de la structure en bois. La piste est petite, environ 5 mètres de diamètre et entourée de bancs en bois. Des lustres baroques dénotent singulièrement dans cette ambiance.

Les artistes se sont mêlés au public. Une ambiance de proximité se crée immédiatement.

Cirque onirique ou opéra circassien ? Je ne saurais le dire. Nous sommes embarqués dans l’histoire d’une fillette avec ses cauchemars et le cow-boy rouge qui vient la sauver. Les différents tableaux se succèdent, enveloppés par la merveilleuse voix lyrique de la chanteuse qu’accompagne un pianiste sur scène. Voix lyrique, mais chansons du monde qui créent une ambiance originelle.

Performances physiques, acrobaties, masques, une marionnette, maquillage, bruitages, quelques rares paroles, …. tous les accessoires et effets sont parfaitement au service de la pièce.

Les artistes jouent avec les spectateurs. Ils jouent avec nos émotions. C’est puissant. Puissant dans la peur avec les loups, puissant dans la surprise quand les artistes reviennent subitement dans le public, puissant dans la performance artistique pleine de complicité dans les numéros de portée. Les corps se touchent, se séparent, s’imbriquent, virevoltent, sont bringuebalés.

Le public adore, tout le monde est debout pour trois rappels. Pour moi, le seul b-mol est cette teinte d’angoisse d’une bonne partie du spectacle.

 

Prix du meilleur spectacle de cirque, prix de la critique 2018.

 

Maren Scapol

 

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