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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site.
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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

9 juillet 2016 6 09 /07 /juillet /2016 00:27
Chloé Lacan : Ménage à Trois
"Chloé Lacan"
"Chloé Lacan"

Spectacle de la compagnie Blue Line Organisation (46), vu le 8 juillet 2016 à 18h, à L’Arrache-Cœur Théâtre à Avignon, dans le cadre du Festival Off 2016

Avec : Chloé Lacan, Nicolas Cloche et Brice Perda

Genre : Chanson française

Public : Tout public

Durée : 1 heure

Dans une salle quasi complète pour le deuxième jour du festival, Chloé Lacan vient nous présenter son Ménage à Trois, titre de son dernier album (2015) après avoir pratiqué longuement les Plaisirs Solitaires, titre de son précédent tour de chant en solo.

Bardée de son accordéon au souffle chaud, de sa voix douce et légère, et accompagnée d’un duo contrasté mais bien huilé, Chloé Lacan nous offre des chansons à la fois personnelles et universelles, autour du couple, de la routine, de la banlieue, de la misère, de la fête, du bonheur... Nicolas Cloche, au sourire carnassier et rieur, alterne batterie et piano. Brice Perda, plus sobre et réservé, donne son souffle à de multiples cuivres. A eux trois, ils composent une musique inventive et syncopée. Le mélange batterie et instruments à vent fonctionne parfaitement, donnant du rythme et du punch à des textes mêlant des visions parfois sombres d’existences chamboulées, à des rêveries fraîches et sensibles et où l’humour n’est jamais bien loin. Bref la chanteuse nous parle de la vie avec élégance et nous fait partager son univers singulier.

Son concert monte en puissance et les musiciens se lâchent, comme Chloé qui semble se jouer de toutes les misères (et des bonheurs) de la vie. Je n’avais jamais vu Chloé Lacan auparavant, mais la voir et l’entendre avec ce duo complice et inventif, changeant d’instruments presque à chaque morceau, a été une belle découverte.

Eric Jalabert

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8 juillet 2016 5 08 /07 /juillet /2016 15:05
Visage de feu
Visage de feu

Spectacle de la compagnie Les Voyageurs (59), vu le 7 juillet 2016, à la Manufacture (patinoire), dans le cadre du Festival d’Avignon

Auteur : Marius von Mayenburg
Metteur en scène : Pierre Foviau
Interprètes : Marie Boitel, Adrien Desbons, Émile Falk-Blin, Marion Lambert, Arnaud Lefin, Thierry Mett
etal

Genre : Théâtre
Public : à partir de 12 ans
Du
rée : 1h25

Le 1er truc à faire absolument quand on arrive à Avignon pour le festival off, c’est de dénicher le bon spectacle qui va vous faire démarrer le festival positivement. Et le meilleur endroit pour trouver ce bon spectacle, soyez-en sûr, c’est la Manufacture, parce qu’on y trouve une programmation exigeante, engagée, autour de l'écriture contemporaine, et parce que les spectacles qui y sont proposés n’ont pas sillonné mille fois les sentiers battus de la Cité des Papes. « Et ça c’est pas dommage », me dirait ma tante Paulette.

Toutefois pour la fraîcheur il faudra revenir. "Visage de feu" est un spectacle brûlant, à donner envie de vomir sur toute sa famille. L’écriture y est taillée à la lame de feu, le spectacle est enflammé, organique, déchirant. (La température monte férocement à la patinoire d’Avignon.) Mais notez que vous aurez quand même le frisson… Le spectacle raconte l’histoire d’une famille que rien ne rassemble et que rien ne soulage : des parents essoufflés, démunis ; des enfants comme mort-nés, perdus dans leurs interrogations et leurs souffrances originelles, qui plongent dans un chaos absurde, irréversiblement.

Pierre Foviau met en scène avec aplomb les relations désespérées, les regards incendiaires, l’incandescence des souffrances et des exaltations d’une famille issue de la middle class allemande, dans une scénographie symbolique et de taille. Assis techniquement pendant tout le spectacle, ou alors "sortant de table" pour mieux brûler de leurs feux, les comédiens explorent de façon remarquable, aussi bien dans l’espace que dans le temps, ce terrain de drame qui les réunit et les sépare. Sur une musique live qui fait résonner les souffrances de ce noyau familial, et grâce à un décor figuratif et un jeu d'acteurs laissant place à l'imagination, le public est plongé droit dans la Cène du drame.

Spectacle intéressant, bien fait, et courageux (malgré son tout jeune âge). Attention, il ne joue que jusqu'au 14 juillet ! A ne pas rater, donc, pour bien démarrer les 50 ans de créations du festival Off d’Avignon.

Danielle Krupa / Allez Zou !

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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 22:49
De quoi parlez-vous?
Crédit photo : L'Echo Républicain
Crédit photo : L'Echo Républicain

Présent sur le Off 2016

Spectacle de la Compagnie C’est pas du jeu (75), vu le 24 juillet 2015, au Buffon Théâtre, à 18h10, dans le cadre du Off 2015

Auteur : Jean Tardieu

Interprètes : Sophie Accard, Anaïs Merienne, Léonard Prain et Tchavdar Pentchev

Mise en scène : Sophie Accard

Genre : Théâtre

Public : Tout public

Durée : 70 min

Cinq courtes pièces de Jean Tardieu, proposées par quatre comédiens jeunes, pleins d’énergie, drôles et bourrés d’idées et de talent comme on aime à en découvrir.

Débutant comme un cabaret, à grand renfort de musique et d’effets visuels, ce spectacle nous entraîne dans une fantaisie de tous les instants. Les cinq pièces de Tardieu, sans lien majeur l’une avec l’autre, s’enchaînent sans temps mort et nous parlent toutes du verbe. Chacune met en scène deux, trois ou quatre personnages, aux tenues tirées à quatre épingles, qui se changent à vue, qui s’échangent comme dans un Vaudeville, qui parlent peu ou remplacent un mot par l’autre comme un théâtre de l’absurde. C’est vif, calé au millimètre, original et plein d’idées et on se laisse entraîner gaiement dans ce tourbillon, où nos quatre comédiens vraiment talentueux, se mettent au service de textes riches, qui l’air de rien nous interrogent sur le sens des mots. Trois de ces pièces (« Finissez vos phrases », « Un mot pour un autre », « De quoi s’agit-il ? ») sont particulièrement centrées sur le sujet, et les titres évocateurs vous laissent imaginer le dispositif. « Oswald et Zénaïde » traite davantage d’une convention théâtrale, les apartés, pour en faire une systématique tellement poussée qu’elle dévore littéralement la parole des comédiens. Enfin, « Le guichet », où les échanges entre les employés de gare et le client nous font côtoyer un univers plus sombre et Kafkaïen où le manque de communication - et oui, quand même on y revient - les entraîne dans des océans d’incompréhension.

Cela m’a donné envie de découvrir davantage la richesse de la plume de Jean Tardieu et de son incroyable créativité poétique. Il qualifie les courtes pièces qu’il écrit pour le théâtre de « poèmes à jouer ». Je suis certain que ces quatre comédiens, qui ont su donner un éclat particulier et une modernité intemporelle à ces pièces, auraient plu à leur auteur.

A programmer les yeux fermés si vous souhaitez allier modernité, littérature et poésie dans vos salles.

Eric jalabert

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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 22:43
Les Amants de Montmartre
Les Amants de Montmartre

Présent sur le Off 2016

Spectacle de la Cie Et Plus si affinités (75), vu à Avignon dans le cadre du Off 2015, le 23 Juil., 13h20, théâtre de l’Observance.

Compilation de comédies de Georges Courteline (1858-1929)

Mise en scène : Clémence Carayol

Jeu et chant : France Renard (Marguerite), Michael Louchart (René), Jef Kino (Gustave)

Musique : Jef Kino

Genre : Théâtre musical, chansons d'époque

Public : Tous à partir de 8 ans

Durée : 1h10

Création : 2015

Nous voici entre 1910 et 1920 dans une guinguette de la Butte Montmartre, alors en pleine effervescence. L'intrigue associe plusieurs courtes pièces de Courteline pour une création originale contant les amours de Marguerite et René. Très animés, les épisodes s'enchaînent avec entrain, ponctués par la narration et les mélodies du copain Gustave : jeux de séduction, mariage, chamailleries et réconciliations, séparation pendant la guerre et retrouvailles, toujours pour le plaisir du spectateur. Dans cette société qui soumettait la "faible femme" à un mari tout-puissant, Marguerite et René s'empêtrent comiquement dans leurs rôles, le plus faible n'étant pas toujours celui que l'on croit ! Le jeu jubilatoire des comédiens est émaillé de chansons d'époque qui donnent une touche romantique à cette joyeuse critique de mœurs. Le spectacle traduit à merveille la verve comique et satirique de Courteline, mais fait aussi une belle démonstration de l'intemporalité de son propos en donnant, au-delà de l'intrigue, une dimension poétique aux personnages.

Les textes originaux de Courteline sélectionnés par C. Carayol alternent crises et détentes dans un montage très cohérent qui raconte une histoire à multiples rebondissements. Décor, jeu et musique concourent à l'homogénéité de l'ensemble. La terrasse de cette guinguette est charmante et gaie avec son réverbère, ses bancs et ses lampions multicolores, prête à accueillir les bals populaires et les rencontres amoureuses. Mais, lorsque la nuit tombe sur le plateau, ce décor, par simple jeu de lumières, devient l'appartement du couple Marguerite/René. C'est presque magique. Excellents, les trois interprètes passent très naturellement d''une saynète à une autre, ponctuant la narration de chansons qu'ils interprètent avec enthousiasme et émotion sans aucune outrance. A la guitare ou à l'accordéon J. Kino accompagne avec bonheur les changements - et les débordements - d'humeur de ses partenaires. C. Carayol a pris le parti de situer les personnages dans un milieu populaire, avec une harmonie de ton sympathique où les réparties fusent avec vivacité dans le langage "nature" de l'auteur. J'ai beaucoup ri à la mauvaise foi, à la jalousie et aux disputes homériques qui émaillent le spectacle. De nombreux morceaux d'anthologie interprétés avec justesse sont inénarrables, ainsi parmi d'autres, la scène du "chat en Gora". Cependant l'irruption de la Guerre de 14 met un terme à la légèreté. Changement de rythme et détails choisis provoquent un basculement dans la tragédie : une pèlerine de soldat pour René, un tablier de ménagère pour Marguerite, la voix voilée d'un soldat, la pénombre et des bruits d'obus. Cet épisode puissant transmet sobrement l'essentiel. Ensuite la vie de couple reprend simplement avec ses péripéties quotidiennes, jusqu'à un "happy end" humoristique, un brin ironique, sur le rythme et les paroles de "Comme de bien entendu" (J. Boyer), repris par le public. Je sors avec la joie au cœur !

Ce spectacle enchanteur d'où la vie déborde dans un foisonnement d'émotions est une belle réussite à tous points de vue. Bravo à la compagnie Et Plus si Affinités qui dépoussière Courteline et nous révèle la qualité de sa langue et le caractère actuel de ses observations. Alors que le statut légal des femmes a depuis lors bien changé il se dégage du spectacle une étonnante impression de déjà vu, comme en filigrane. Gageons qu'un débat à la sortie réserverait des surprises sur la vie de couple au XXIè siècle ! Accessible à tous publics, très drôle et touchant, "Les Amants de Montmartre" demandent absolument à être vus.

L'affiche du spectacle, réalisée par la graphiste Aurore Bruneel a été primée parmi les 25 plus belles affiches du Off 2015.

Catherine Polge

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Published by Catherine Polge - dans Spectacle Tout public
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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 22:12

 

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Présent sur le Off 2016

Cie l’Eternel été (84)

Adaptation Gérard Gélas d’après le conte de Perrault

Spectacle théâtre et musical

Avec Johanna Bonnet, Benoit Gruel, Lou de Laâge, Shemci Lauth, Maïa Liaudois, François Santucci, Manuel  le Velly

Tout public à partir de 6 ans

Durée 50 min

Avignon Off, Au coin de la Lune, 14 h 40  du  6  au  31 juillet 2013

 

Nous retrouvons cette année encore à Avignon, un grand nombre de contes revisités. Quelques minutes après avoir vu Louis XVI dans ce même  petit théâtre, je retourne dans la salle où les spectateurs sont accueillis en chansons par les 7 comédiens chanteurs qui vont nous proposer leur version du Petit Poucet.

 

Le Petit Poucet est devenu un vieux et riche marquis, qui tente de raconter son histoire à ses valets. Mais sa mémoire lui joue des tours. Ses  valets vont alors le guider sur le chemin des souvenirs,  l’aider à raconter son histoire, en jouant tous les personnages ici devant le public,  changeant de costumes à vue, et  manipulant la  structure mobile tournante (genre de grande boîte) qui est à la fois la maison des parents de Poucet, la forêt, la maison de l’ogre, et à la fin, celle du Marquis.

 

Le conte est ici revisité en un spectacle virevoltant  à la mode commedia  dell’arte,  en ce sens qu’il y a de la folie, des acteurs qui vont, viennent, se croisent, de la joie, de la musique  et des chansons (accompagnées en direct à la guitare et à l’accordéon) dans et autour de  cette  structure/décor  qui au fond n’est pas si  éloignée des tréteaux.

 

Une petite heure jubilatoire pour grands et petits, rires et gags garantis. Je me demande même si les grands ne s’amusent pas plus que les petits ?? En tous, le public nombreux ne s’y est pas trompé et a ovationné les comédiens…  C’est ce que j’appelle un  vrai spectacle familial, et un Petit Poucet comme on ne l’aurait pas imaginé !

 

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Published by Cathy de Tolédo - dans Spectacle Jeune Public
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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 21:05
Y’a du courcirkoui dans le cabaret
Y’a du courcirkoui dans le cabaret

Présent sur le Off 2016

Spectacle de la Compagnie Courcirkoui (84), vu le 21 juillet 2015, au Kabarouf, à 21h00, visible du 4 au 26 juillet dans le cadre du Off 2015

Création collective

Interprètes : Antoine Prost, Pamela Leiva Perez, Loïc Aubet, Clément Gambarelli, Rémy Villetelle

Genre : Cirque d’humour

Public : Tout public

Durée : 60 min

L’intérêt du Off, c’est aussi de découvrir le travail de compagnies que nous ne connaissons pas. Aussi, c’est un peu à l’aveuglette que je me suis rendu à ce spectacle, pour me faire surprendre. Bien m’en a pris. Sous un chapiteau sur l’Ile de la Barthelasse, au charme particulier, j’ai ainsi découvert une compagnie pétaradante.

Le maître de cérémonie, nous annonce que les artistes sont à la fois ouvreurs, techniciens, régisseurs, balayeurs. Bref, ils sont pluridisciplinaires. Sur un ton plein d’humour, teinté de remarques pertinentes et drolatiques sur notre société, Rémy Villetelle apporte un rythme particulier à cette troupe d’hurluberlus, qui vont de façon assez classique, nous présenter plusieurs numéros de cabaret : corde, échelle, équilibre, jonglage, mat chinois, water-closet, accompagnés ponctuellement de musique live.

C’est techniquement plutôt bon, sans atteindre des sommets de prouesse, mais l’humour et le second degré de notre monsieur Loyal nous permettent ainsi d’accepter toutes les fantaisies et les extravagances. Les interprètes sont plein d’énergie et de bonnes idées, à l’image de ce W.C. utilisé comme un agrès improbable, lors d’une fin de soirée un peu fumeuse et arrosée.

Certes, c’est une création toute fraîche et ils ont besoin de peaufiner pas mal de choses comme la lumière et certains enchaînements, mais le rythme est là, et ils posent un univers personnel qui leur colle à la peau, où l’on perçoit cette envie de partage et ce plaisir à se retrouver ensemble.

La compagnie dispose de son propre chapiteau et offre un spectacle généreux et réjouissant. Une compagnie régionale à découvrir et à accompagner…

Eric Jalabert

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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 21:04
C'est (un peu) compliqué d'être à l'origine du monde
C'est (un peu) compliqué d'être à l'origine du monde

Présent sur le Off d'Avignon 2016

Spectacle de la compagnie Les filles de Simone (93), vu au Théâtre du Rond-Point (Paris 8°), le 30 octobre 2015

Mise en scène : Claire Frétel

Texte : Tiphaine Gentilleau

Interprétation : Tiphaine Gentilleau et Chloé Olivérès

Genre : Théâtre

Public : Adulte

Durée : 1h10

"C’est (un peu) compliqué d’être à l’origine du monde". Pour une féministe revendiquée et peintre de surcroît, voilà un titre qui avait retenu mon attention alors que je dépouillais le programme du Rond-Point. Le spectacle n’a pas déçu mon attente. En 1h10, tout est dit et diablement bien dit, sur les affres de la maternité dans notre société contemporaine. Parole de femme, parole de mère !

Ce spectacle est une création collective de la compagnie si bien nommée "Les filles de Simone". Tiphaine Gentilleau signe un texte à la fois référencé et hilarant. Elle l’incarne avec brio avec la non moins brillante Chloé Olivérès. Elles sont portées par la mise en scène époustouflante d’inventivité de Claire Frétel.

C’est l’histoire – vieille comme le monde – d’une jeune femme qui devient mère. Vieille comme le monde, enfin, pas tout à fait ! Nous sommes au XXIème siècle, Simone de Beauvoir et le MLF sont passés par là : la jeune femme a donc choisi d’avoir un enfant et elle travaille. Comédienne de son état. Le détail a son importance. Outre la mise en abyme que ce scénario quelque peu autobiographique permet, les horaires atypiques en vigueur dans le métier et le chantage affectif de l’employeur compliquent encore un peu plus ce que chacune d’entre nous connaît si bien !

Bref, en quelques tableaux, nous allons suivre ce devenir-mère depuis le verdict du test de grossesse jusqu’au premier gros craquage de la superwoman épuisée, en passant par tous les rendez-vous incontournables de ce moment clef de la vie d’une femme : la gynéco castratrice, l’annonce à l’employeur, les séances psychédéliques d’haptonomie, l’accouchement et son (in)évitable épisiotomie, la grand-mère abusive, le "congé mater" entre tétées, tétées et re-tétées, le retour à la vie active avec son lot de complications, à commencer par une vie sexuelle en berne.

Chloé Olivérès et Tiphaine Gentilleau endossent tous les rôles et incarnent tour à tour cette mère en devenir dans tous ses états. Ce choix de mise en scène est judicieux car il permet de généraliser le problème : ce n’est pas le one man show d’une jeune mère, c’est le problème de la maternité et de toutes les injonctions paradoxales dont elle est l’objet dans notre société contemporaine qui est montré. C’est un spectacle éminemment politique.

Ce qui fait la force du spectacle, c’est l’équilibre parfait entre la forme et le fond et qui irrigue la totalité de la représentation, du texte au jeu en passant par les accessoires.

Avec notre jeune accouchée, nous révisons notre bréviaire féministe. Car elle interpelle Simone de Beauvoir et Bad-Inter (jeu de mot de l’auteure) pour leur demander des comptes. Et quand Edwige Antier et Yvonne Knibiehler s’en mêlent, ça devient tout bonnement inaudible par rapport à la réalité de la maternité.

Car la maternité et tout ce qui y affère, c’est cru. Le texte n’y va pas par quatre chemins et dit tout haut ce que nous savons toutes – nous les mères – mais que la bienséance (patriarcale ?) nous somme de taire. Surgit soudain l’image désopilante de Rachida Dati qui "joue à Madame la Ministre" au lendemain de son accouchement.

En pleine lumière, Cloé Olivérès et Tiphaine Gentilleau nous parlent comme à des copines. Elles nous montrent les photos de leur gosses ; elles nous parlent de périnée, de slips-filets, de sexe, elles nous offrent en dégustation ( !) le lait qui jaillit sans prévenir des têtons ou bien un p’tit bout de placenta parce que c’est revigorant. Ce n’est jamais vulgaire car c’est toujours admirablement interprété et mis à distance par des accessoires aussi simples (ballon de baudruche, drap, poupon…) qu’efficaces. Ainsi, en guise de nudité, elles portent sous leur petite robe estivale une espèce de combinaison gaine qui dessine une anatomie grotesque. Les poils pubiens se dé-scratchent pour devenir barbe postiche du psy, immanquablement consulté pour résoudre la quadrature du cercle : comment être la meilleure des mamans possible tout en vivant sa vie de femme moderne dans une société qui nous enjoint d’être parfaite dans les deux rôles sans pour autant nous en donner les moyens !

C’est un spectacle drôle, enlevé, sur un sujet bizarrement tabou et pourtant fondamental. Il est porté par deux comédiennes talentueuses, débordantes d’énergie et d’authenticité. C’est un spectacle d’utilité publique ! Le public, justement, ne s’y est pas trompé et a offert une ovation des plus méritées à ce spectacle collectif. A voir absolument !

Catherine Wolff

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Published by Catherine Wolff - dans Spectacle Adultes
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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 18:39
Le marchand de Venise

le marchand de Venise

 

Présent sur Avignon Off 2016

Spectacle de la Compagnie 13 (77), vu le mardi 7 juillet 2015, 13h, au Théâtre de l'Oulle, dans le cadre du festival Avignon Off

 

Traduction : Florence Le Corre-Person

Adaptation : Florence Le Corre-Person et Pascal Faber

Mise en scène : Pascal Faber

Distribution : Michel Papineschi, Philippe Blondelle, Severine Cojannot, Frédéric Jeannot-Régis Vlachos, Charlotte Zotto

Chant : Raphaëlle Cohen

 

Genre : Théâtre

Durée : 1h20

Public : Tout public

Création 2014

 

J'avoue que j'étais un peu réticente à l'idée de voir une pièce de Shakespeare. J'en ai, sans doute à tort, une image un peu empoussiérée voire précieuse. J'ai bien fait d'oser prendre un risque : cette pièce à l'adaptation modernisée est une réelle réussite ! Et aussi une prise de risque en soi, ce qui lui confère un charme supplémentaire.

Ce risque est le choix de la pièce, peu connue parmi les œuvres de Shakespeare. J'ai vite compris pourquoi elle pouvait poser problème. Un spectateur peu ouvert aux complexités et paradoxes humains pourrait taxer cette pièce d'antisémite. Mais la mise en scène est d'une telle intelligence qu'il est difficile de tomber dans ce travers.

Le jeu des acteurs, tous très bons et pleins d'allant, y est aussi pour beaucoup. Chaque personnage apparaît tour à tour comme grand, minable, victime, bourreau. Le jeu de Michel Papineschi (le juif Shylock) est particulièrement fin et procure à Shylock toute la force de la fatalité. J'ai particulièrement aimé ce moment où la mise en scène présente Shylock, vaincu, seul sur scène dans la lumière, tête baissée, muet, enrobé d'un chant poignant.

Jusque-là, on s'amusait, on était surpris, de nombreux moments étaient jubilatoires, le ton souvent badin, trop peut-être parfois, lumière et costumes racontaient une pièce presque légère, mais la fin... Là un éclairage particulier est apporté à tout ce qui a précédé. Il n'y a plus de héros. Il n'y a plus qu'une forme de complot où l'injustice change de camp. Et c'est une belle relecture, poignante et juste.

En bref, un vrai bon moment de théâtre, avec son lot de surprises et une jolie réflexion finale, inattendue.

Florence Hinckel

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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 16:02
J’ vous ai apporté des bonbons
J’ vous ai apporté des bonbons

Présent sur Avignon Off 2016

Spectacle produit par Les secoués du vocal (74), vu au Théâtre Pixel, Avignon, le 09/07/2015, dans le cadre du festival off

Mise en scène : Sébastien Saramago

Chansons : Jacques Brel

Interprétation : Sébastien Saramago (Pierre), Jean-Baptiste Schmitt (Jacky), Grégory Juppin (Jef).

Genre : Théâtre musical

Public : Tout public à partir de 10 ans

Durée : 1h15

Voilà une jolie surprise, découverte aux hasards de la pléthore avignonnaise. "J’vous ai apporté des bonbons", biographie musicale de Brel était un pari risqué. Il donne toute satisfaction.

Sur une petite scène que l’on peut aisément imaginer plus grande, 3 comédiens-chanteurs interprètent respectivement Brel (Jean-Baptiste Schmitt), Jef ( Grégory Juppin) et Pierrot (Sébastien Saramago). Ils sont accompagnés à la guitare par Etienne Rey et au piano par Réjane Buchet.

Le parti pris de cet hommage est intelligent. Il s’agit de raconter succinctement la vie de Brel à travers quelques chansons emblématiques dont on peut penser que certaines ont été écrites pour les amis, Pierrot et Jef. Les amis sont donc incarnés, s’emparent des chansons les concernant ou accompagnent l’avatar de Brel pour raconter une vie aux amitiés indéfectibles. Le tour de chant commence par Bruxelles pour raconter l’enfance et s’achève par Les vieux, en passant par Mathilde, Madeleine, Ne me quitte pas, Au suivant, Jeff, Ces gens-là, Je vous ai apporté des bonbons, etc.

Ce parti pris permet de créer un véritable spectacle musical, les 3 comédiens-chanteurs ne se résumant pas à des voix. Ils ont travaillé des personnages parfaitement identifiables par leurs traits de caractère. Jean-Baptiste Schmitt campe un Brel doux, généreux et inquiet. Sa puissance vocale et émotionnelle restitue une figure fidèle de Brel. Son interprétation de Au Suivant prend aux tripes. Sébastien Saramago nous présente un Pierrot quelque peu bellâtre. Au début, cette interprétation agace. C’est lui qui interprète Je vous ai apporté des bonbons. Il apparaît tout le long du spectacle comme un mangeur compulsif de sucreries et cette complicité installée avec le public finit par emporter pleinement notre adhésion. Il en rajoute et on adore. Son interprétation du Moribond, juché sur un diable que promène Jacky devant le public pris à parti, est un grand numéro. Reste Jeff, touchant dans son rôle quelque peu victime et naïf. Mais si Grégory Juppin chante bien, il ne parvient pas à interpréter vraiment les chansons. Si son interprétation de Madeleine est touchante, celle de Ne me quitte pas est plus maladroite.

C’est un spectacle inattendu par sa forme et sa qualité. Si bien que j’aurais bien entendu d’autres chansons comme Les bourgeois mais il fallait bien faire un choix et ce choix est cohérent avec la mise en scène. J’ai passé un moment des plus agréable et le public ne s’y trompe pas puisque, dès le troisième soir, le spectacle affiche complet.

Catherine Wolff

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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 14:00
Et pendant ce temps, Simone veille !

Et pendant ce temps

Présent sur Avignon Off 2016

Cie Le Pompon (75)

Comédie

De et avec Bonbon ou Marianne Sergent, Vanina Sicurani, Trinidad, Hélène Serres

Tout public

Durée 1 h 15

 

Avignon Off, Théâtre de L’étincelle, 11 h 45  du 8 au 31 juillet 2013

 

On aurait pu craindre d’assister à un spectacle militant et féministe. Mais les choses sont présentées avec beaucoup d’humour et de bonne humeur et permettent ainsi de réactualiser et de ressituer le discour féministe dans le temps, sans oublier un léger clin d’œil au MLF !


Ainsi, sous le regard bienveillant de Simone, qui intervient pour toute précision ou mise au point utile pour éclairer le propos, nous assistons à une rétrospective de la condition féminine des années 1950 à nos jours, par le biais de l’histoire de trois lignées de femmes, depuis les arrières grands mères, Marcelle, France et Jeanne, à leurs arrières petites filles en 2013. Les grandes avancées concernant les droits de la  femme, droit de travailler, droit de vote, droit d’avoir un chéquier à son nom, droit à décider de sa vie sexuelle et de procréer (ou pas), sont évoqués, en même temps qu’il est question de l’évolution de la société en général, des conditions de travail, et des avancées technologiques, dont certaines au service des femmes et de  la réclame devenue publicité/communication (« Moulinex libère la femme », sans rire.. !!!), bien sûr aussi de mai 68, bref, un survol sociétal sur  plus d’un demi siècle.

La mise en scène est sobre, les trois femmes se retrouvent sur un banc public pour échanger sur leur vie, leurs sentiments, leurs problèmes. Simone, incarnée ce jour là par une  Marianne Sergent très BCBG, sorte de Madame Loyal installée  sur le côté droit de la scène, assiste aux échanges des trois femmes, et  intervient au moyen de toute une kyrielle d’instruments (musicaux ou autres crécelles) pour apporter son grain de sel bien souvent croquignolet !!

Ce spectacle, bien que pédagogique, n’est en pas moins extrêmement drôle, porté par des actrices qui semblent s’amuser beaucoup. Il  est agrémenté de quelques chansons détournées, au rang desquelles, Bambino, Tout pour la musique,  un extrait de Notre Dame de Paris, Belle, pour se terminer sur une petite chorégraphie qui laisse à penser qu’hélas, il n’est pas si évident que les choses aient vraiment évolué, et qu’il se pourrait bien qu’on assiste à une régression…  

Quoiqu’il en soit, les femmes doivent tout de même beaucoup à certains politiques qui ont osé défendre leurs droits envers et contre tous, au rang desquels bien sûr, une certaine Simone Veil.

 

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Published by Cathy de Toledo - dans Spectacle Tout public
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