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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
Vous y trouverez l'ensemble des commentaires de nos correspondants sur les spectacles qui ont été vus. Ce service est en ligne en accès libre depuis février 2007.
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Découvrez sur le site www.vivantmag.fr, le catalogue des spectacles repérés... et l'ensemble des services de l'Association d'Aide à la Diffusion Interrégionale du Spectacle Vivant, l'AdAdiff.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

1 juillet 2019 1 01 /07 /juillet /2019 14:54
Liberté ! (avec un point d'exclamation)
On adore !!!

On adore !!!

Présent sur le Off 2019

Spectacle vu le 25 juillet, Avignon OFF 2018 à 12h55 à Essaïon.

De : compagnie Parnicis
Auteur-interprète : Gauthier Fourcade
Metteur en scène : William Mesguish

Genre : Théâtre humour
Public : de 8 à 98 ans
Durée : 1h05

Sur la scène une grosse malle d'où émerge un homme qui se réveille, un tableau accroché, deux mignonnes marionnettes, un arbre avec des mots suspendus « choisir, solitude, problème, amour, passé… » que Gauthier Fourcade nous dévoile au fur et à mesure de son histoire.

Liberté de choisir ou pas entre le bleu ou le rouge, entre deux amours, entre tourner à droite ou à gauche...
A-t-on le choix ?
Ce conteur poète lunaire, échevelé et déjanté nous donne à voir et entendre un spectacle drôle mais toujours avec finesse et intelligence.

Je me laisse entraîner par sa folie rêveuse.
«  on fait la moue avant de faire l’amour… des routes qui mènent à Rome… des voitures qui ne tournent qu’à droite… de l’âne de Buridan qui ne peut choisir et meurt de faim… »
Tous ces thèmes autour de l’histoire d’un homme qui n’arrive pas à choisir.
Mais est-ce si rare?

Cet un ovni merveilleux, qui a du Devos dans les mots, et durant une heure on rit, on ne voit pas le temps passer.
Alors allez-y en toute confiance et vous découvrirez un univers imaginaire, un spectacle jubilatoire ouvert à tous les possibles de la langue française.

Thérèse Alex  

 

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1 juillet 2019 1 01 /07 /juillet /2019 12:57
Tant qu'il y aura des coquelicots...
Site compagnie

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Présent sur le Off 2019

Cie Hé ! Psst ! (64)
Vu le 9 juillet, AVIGNON OFF 2018,  Théâtre Transversal, 12h30 du 6 au 29 juillet.

De et mise en scène : Cliff Paillé
Interprètes : Lyne Lebreton, Cliff Paillé

Théâtre tout public à partir de 10 ans
Durée 1h15

D’abord seul en scène, Cliff Paillé, installé dans un fauteuil, nous apparaît plongé dans une lecture dont il a bien du mal à s’extraire… Il incarne Paul, lecteur aujourd’hui passionné, qui se souvient de son enfance, alors qu’il était surtout passionné de foot ! Comment de simple lecteur qui « sait lire », est-il devenu ce passionné qui ne peut s’empêcher d’enchaîner les ouvrages ? Bientôt  rejoint par Lyne Lebreton, qui incarne les figures féminines de cette histoire, Paul amorce un voyage dans le temps pour tenter de nous l’expliquer…

Lorsqu’il était à l’école primaire, à la faveur d’un congé de maternité, une maîtresse remplaçante a débarqué dans sa classe, et avec elle des méthodes pédagogiques différentes, qui  vont lui ouvrir en grand les pages des livres… Pages déjà entrouvertes par une grand-mère auprès de laquelle il trouvait l’amour et le réconfort qui lui faisaient défaut dans le foyer en déliquescence de ses parents.

A la fois auteur et interprète, Cliff Paillé nous régale d’une écriture sensible que les deux comédiens portent avec fluidité et sincérité, pour nous livrer une  histoire (autobiographique… ?), qui pourrait sembler extraordinaire. Mais il s’emploie à nous démontrer qu’elle est au fond assez banale, et que le bonheur qu’on peut trouver dans la lecture est à la portée de tout un chacun. Il faut juste que le hasard favorise la rencontre avec celui qui saura vous accompagner sur le chemin de la découverte… Quelqu’un de passionné, qui aura l’envie de transmettre, vous apprendra à éveiller vos sens, à chercher plus loin que ce qui est immédiatement accessible... Et découvrir ainsi tout ce qui au fil des pages, se cache derrière les mots, tant dans la forme que dans le fond. Cela peut même devenir un jeu et les choses alors s’enchaînent presque naturellement. De la lecture à l’écriture, il n’y a alors qu’un pas, que cette maîtresse un peu hors du commun pousse ses élèves à franchir… Pour se libérer d’un quotidien parfois difficile à supporter, prendre confiance et être (plus) heureux…

Dans un décor épuré, un fauteuil, un bureau, des étagères portant des livres, et évocateur de ce qui fut le cadre de vie du jeune Paul, les comédiens nous entraînent, avec douceur, sur le chemin de la tendresse et de la nostalgie, à la rencontre peut-être de nos propres souvenirs.

Une ode à la lecture, aux livres, aux lecteurs, aux auteurs, à la transmission. Une parenthèse enchantée ! 

Courez voir ce spectacle inclassable, et surtout emmenez vos pré-ados et ados. Ils pourraient  entrevoir des horizons insoupçonnés loin de leur monde d’images ultra-connectées…

Cathy de Toledo

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1 juillet 2019 1 01 /07 /juillet /2019 08:47
Ami(s)

 

Présent sur le festival Off d'Avignon 2019

Spectacle de la Compagnie Déjà, Utopium Productions (72), vu le 23 août au Festival d'Aurillac 2017, à 14h30 dans la Cour de Noailles (du 23 au 26 août).

De: Antoine Meunier et Sébastian Lazennec
Metteur en scène: Sébastian Lazennec
Avec: Antoine Meunier

Genre: Théâtre. Interrogation canine et manipulation d'objets
Public: Tout public à partir de 10 ans
Durée: 1h10

On m'a conseillé ce spectacle et heureusement car l'affiche ne me parlait pas trop. Parfois il vaut mieux suivre le bouche-à-oreille pour découvrir des petites pépites du théâtre de rue. Lorsque j’arrive dans la cour, la pièce a commencé depuis un peu plus de 5 minutes. Je mets donc 5 à 10 minutes à entrer dedans et quelle surprise. La performance théâtrale et l’écriture de ce spectacle m’embarquent très vite dans l’histoire et avec beaucoup de plaisir.

A travers Walter le chien, souvent nommé comme "le meilleur ami de l’homme", on nous parle des relations humaines et surtout de l’amitié. Je suis agréablement surprise par la performance du comédien qui nous embarque dans cette histoire simple et très bien traitée. Je suis très attentive à ce chien qui veut nous faire comprendre que nos relations humaines, qu’il s’agisse du couple ou des relations amicales, sont parfois teintées d’isolement, d’hypocrisie, de colère, de confiance, d’infidélités, de fêtes, d’écoute mais aussi d’incompréhension. Une sorte de complexité quotidienne aux contradictions régulières. Walter prend donc de la distance avec "son humain" comme il le nommera (son maître) pour évoquer ce qui l’amène à s’isoler depuis un certain moment. Il nous fera part de ce qu’il ressent lui aussi de son côté, l’isolement et l’ennui n’appartiennent pas qu’à l’homme.

Le temps qui passe, nos obligations ainsi que la présence prépondérante de l’écran dans notre vie sont les thèmes de fond que nous pourront suivre du début à la fin de la performance. Une description originale de nos comportements sociaux à travers le théâtre d’objets. Inutile d’en dire plus sur le contenu de la pièce, elle demande à être vue.

 

Concernant la mise en scène, je peux dire qu’elle est simple et pourtant originale et très bien pensée. Ce sont nos propres déchets qui permettront à nous, spectateurs, de suivre les différents personnages hauts en couleur. J’ai apprécié l’utilisation de ces objets au cours de l’histoire, toute en finesse et bien menée puisque malgré plusieurs personnages, je ne me m’y suis pas perdue une seconde. Une scène m’a d’autant plus surprise par l’usage original de la musique et des objets. Il fallait y penser. 

 

Beaucoup d’humour et de tendresse dans cette écriture. Et puis il faut le dire, le comédien a du chien ! C’est une certitude. Alors malgré la chaleur et le soleil qui frappe, je peux dire que j’ai passé un très bon moment grâce à la Cie Déjà. Merci.

Allez-y !

 

 

 

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30 juin 2019 7 30 /06 /juin /2019 22:37
Les femmes savantes
Les femmes savantes

Spectacle  de "Comédiens et Compagnie" (Versailles), vu le 1er juillet au Festival des Roquilles à Lançon de Provence (Bouche-du-Rhône).

 

Texte : Molière

Mise en scène (adaptation) : Jean Hervé Appéré

Comédiens : Fred Barthoumeyrou, , Valérie Français, Anna Isoux, Mélanie Le Duc, Boris Bénzit, Pauline Paolini, André Fauquenoy, Guillaume Collignon, Jonathan Jolin

Genre : Théâtre

Public : Tout public

Durée : 1h30

 

Vous avez déjà vu du Molière dans les années folles ? La pièce se joue au théâtre de verdure de Lançon de Provence et la fraicheur du soir après une journée caniculaire est très agréable. Le site est beau et donne un décor naturel de roches, de végétaux méditerranéens et  de chants des cigales.

 

La scène, à ras du sol, sans rideau, nous laisse voir quelques chaises, une radio sur une vieille malle de voyage, des instruments de musique.

Après un début de spectacle mimé et bruité, la pièce commence réellement. Elle oppose deux images de femme : femme d’esprit et à fort caractère versus femme d’intérieur plutôt naïve … Un sujet étonnamment actuel !

Le texte de Molière en alexandrins est beau, mais pas toujours facile à suivre. Il est rendu très accessible par une mise en scène qui mêle beaucoup d’humour et de jolis moments musicaux (multitude d’instruments, chants).

La plupart des acteurs interprètent leurs rôles en les surjouant très légèrement mais avec finesse. Les personnages n’en sont que plus drôles. Mimiques, gestes, mouvements …. L’interprétation est excellente.

Le rythme va crescendo et la pièce se termine dans une ambiance de comédie musicale très jazzy.

 

Le public est conquis, les gens rient et applaudissent longuement à la fin de la pièce.

 

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30 juin 2019 7 30 /06 /juin /2019 22:33
Frasques et Frusques
Frasques et Frusques

Spectacle «Frasques et Frusques» par « La Compagnie des Passeurs », vu le 2 juillet aux Estivades des Roquilles à Lançon de Provence.

 

Texte : Charly Labourier et Renaud Gillie

Mise en scène: Charly Labourier et Renaud Gillie

Comédiens : Renaud Gillier, Marine Jardin, Pierre Serra

Genre : Théâtre

Public : Tout public

Durée : 1h

 

La pièce se joue au théâtre de verdure de Lançon de Provence et la fraicheur du soir, après une journée caniculaire, est très agréable. Le site est beau et donne à voir un décor naturel fait de roches, de végétaux méditerranéens et de chants des cigales.

 

L’histoire : Mascarille, homme à tout faire, vient de se faire licencier. Il se voit attribuer une mission d’intérim par Monsieur Bartholo. La mission consiste à protéger Rosaline, la jeune pupille de Bartholo, de tout  prétendant qui oserait l’approcher avant sa majorité. C’est alors qu’arrive en ville un soupirant hors du commun, le comte Almaviva…

La pièce fait régulièrement référence à des éléments d’actualité : intérim, réfugiés, …. ce qui rajoute un certain piment.

Tous les ingrédients de la Commedia dell’Arte sont réunis : costumes, scène, joutes verbales, mimes, masques (juste un), chant (chansons françaises).

 

Les trois acteurs dépensent une énergie folle, le public est ravi, on passe un bon moment.

 

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30 juin 2019 7 30 /06 /juin /2019 13:30
“Sept jours sur Sète”
“Sept jours sur Sète”

Spectacle produit par la compagnie Daniel Villanova (34000 Montpellier) et vu le 18 juin 2019 au théâtre de la Mer (34200 Sète)

 

 

Mise en scène : Daniel Villanova

Comédien : Daniel Villanova

Genre : One-man-show

Public : tout public

Durée : 1h30

 

 

 

Daniel Villanova est un humoriste, mais aussi un acteur et un mime….

Seul sur scène, il interprète les Bourougnanais, autrement dit les habitants d’un petit village languedocien imaginaire, Bourougnan.

 

Les Bourougnanais, hauts en couleur, ne nous sont pas totalement inconnus : nous avons tous l’impression de les connaitre, de les avoir croisés…peut-être parce que c’est de nous dont il parle, naonnn !?

Pour ce spectacle, il sera dans un one-« Lucette »-show. Lucette est un personnage que chaque spectateur languedocien pourra reconnaître en sa mère, sa grand-mère, sa femme. Un seul mot d’ordre : rire, rire, rire de tout, de tous, sans retenue ;  il est libre Villanova et se permet de nous transmettre avec humour ses messages politiques, écologistes et alcooliques. J’ai beaucoup aimé le « le cimetière marin à Sète, il n’est plus sur la colline, mais dans la méditerranée » en une allusion douce-amère aux migrants morts en essayant de fuir la misère. Transmettre un message par le rire, sans grand discours moralisateur et culpabilisant,  voilà qui me plait au plus haut point ! « Je plaide pour un rire qui prenne le parti des petites gens face à l’oppression et à la violence d’un système social chaque jour plus totalitaire, antihumain, mortifère » dit-il.

 

Le spectacle est l’histoire d’un jumelage entre Bourougnan et Sète. Daniel Villanova n’étant pas disponible pour aller rencontrer la mairie, il y envoie Lucette !

Solange, la cousine de Lucette, va la guider durant ces sept jours et lui faire rencontrer des personnages sétois. Elles se rendront sur le Mont Saint-Clair, mangeront à la Pointe courte avec Jean Claude, se baladeront  aux Halles et pousseront l’escapade aux caves Noilly Prat à Marseillan … Et à chaque fois, les histoires se succèdent au fil des rencontres, de l’accent sétois, des traditions, de l’apéro, et bien sûr…des gendarmes !

Le spectacle est magnifié par la scène ; le théâtre de la Mer étant à mes yeux l’une des plus belles salles de spectacle ! Sur fond d’un lever de lune majestueux, ce lieu est magique. La sonorisation est parfaite et c’est une gageure en plein air et avec du vent.

 

 

"Sept jours sur Sète" se déroulent au rythme de la houle et des rires des goélands qui se sont rajoutés aux nôtres. Soirée impeccable, peuchère !

 

 

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23 juin 2019 7 23 /06 /juin /2019 21:41
L'Accusée Louise Michel
L'Accusée Louise Michel

Spectacle produit par l’Epée de Bois (Paris XII°) vu à l’Epée de bois (Paris XII°) le dimanche 28 Avril

Texte : d’après Louise Michel

Mise en scène : Antonio Diaz Florian

Comédiens : Valérie Durin et Alexandre Palma Salas.

Genre : théâtre

Durée : 1H15

A mon avis, c’est la salle du Théâtre de l’Epée de Bois la plus majestueuse… Celle qui me plaît le plus en tout cas. A chaque fois que je m’y rends, j’éprouve une émotion toute particulière, indescriptible mais bien tangible. C’est  dans cette belle salle que s’est jouée « L’Accusée Louise Michel ».

Venir à l’Epée de Bois, c’est être certain de se laisser prendre par la force des mots, par celle des lieux mais aussi par l’âme si véridique des acteurs de la troupe. Il n’en a pas été autrement avec " L’Accusée Louise Michel" dont la conception a été imaginée à partir des deux procès les plus importants dont Louise Michel fut l’objet : ceux de 1871 et 1883. Le décor est dépouillé à l'extrême : sol en béton brut  et simples estrades en bois brun au centre de la salle pour mieux souligner ce qui va se jouer, l’authenticité et la fougue.

Authenticité et fougue de l’actrice Valérie Durin incarnant Louise Demahis devenue l’année de ses 20 ans la célèbre Louise Michel. Toute de noir vêtue et longs cheveux de jais encadrant un visage anguleux, il émane d'elle un regard perçant et envoûtant. Elle est sincère, efficace et tenace, les deux mains posées sur le rebord du prétoire auquel elle s’accroche, le regard fixe vers l’infini mais ne ratant pas un mot des propos du procureur. Authenticité et fougue de l’acteur interprétant  l’avocat général inventé de toutes pièces pour cette création : Alexandre Palma Salas. Il évoluera subtilement au fil de la pièce quant au regard qu’il portera sur son accusée : d’abord accusateur et excédé, puis subtilement admiratif et enfin peut-être quelque peu épris de Louise. Mais cela n’engage que moi et mon regard de spectatrice ! Il ne « lâchera rien », ce procureur, dans ses accusations : il met en exergue les erreurs commises par Louise et ses compagnons lors de la Commune ; il tente de lui faire admettre son mélange d’utopie et de lutte irrépressible. Il virevolte aux pieds de Louise, parfois étourdi, parfois pernicieux à l’envie.

Cette mise en scène est une réelle réussite à l’instar de la lutte ardente de cette grande dame. Utopique, Louise Michel ? Peut-être…Féministe ? Sans doute ...Visionnaire, certainement ! "Si l’égalité entre les deux sexes était reconnue, ce serait une fameuse brèche dans la bêtise humaine", dira-t-elle. J’aimerais que la pièce soit reprogrammée afin de pouvoir savourer à nouveau la puissance des propos si modernes de Louise Michel mêlés avec ingéniosité et subtilité à ceux d’Antonio Diaz- Florian.

 

 

 

 

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18 juin 2019 2 18 /06 /juin /2019 23:09
J'arrive en fuyant
Yann Gouhier photography

Spectacle produit par la Cie Amère Babel, vu le vendredi 29 avril 2019 au Centre Paris Anim’ Les Halles (Paris I°).

 

Choregraphie : Baya Noun.

Danseurs : Olivier Bonnard. Margot Lamy. Ginot Tojiva

Genre : Danse.
Lumieres : Rémi Prin

Durée : 1H30

 

Ce moment partagé avec ces trois danseurs est un rappel à la vie menée par les migrants, incorporant la peur, la joie, parfois fugace, et les questions d’identités.

Nous arrivons devant un espace scénique très sobre, constitué uniquement d’un petit tas de galets blancs sur le devant de la scène, éclairé par une douche lumineuse, et d’une guirlande de plume dans le fond. Les danseurs sont déjà sur scène alors que le public s’installe : ils sont mobiles, ils discutent, ils s’entraînent, mais n’interagissent pas avec le public. Après les paroles de la chorégraphe qui avoue vouloir donner plus d’ampleur à son spectacle en y ajoutant plusieurs danseurs, le noir se fait et la magie opère.

Plusieurs tableaux s’enchaînent, tous très différents les uns des autres, mais exprimant différentes émotions pouvant être ressenties par ceux dont il est effectivement question. La chorégraphie nous fait voyager entre la fuite, la peur, la différence, la douleur, l’insouciance de la jeunesse, les souvenirs, le rejet, le mensonge. Le spectateur est complètement happé dans ce cocon de souvenirs et de sentiments. La musique, créée par Matthias Froidefond, Ginot Tojiva et Ali Benmoussa, et qui se mélange parfaitement avec ce qui se déroule sur la scène n’est pas étrangère à ce ressenti. Répétitive, avec des variations presque imperceptibles, elle emporte tout avec elle, qu’elle soit oppressante, ou plus douce.

La perte de repères, l’incompréhension face à la guerre, et l’espoir presque idyllique de retrouver une vie normale sont représentés. Le lien qui rattache à ce qu’est la « maison » est brisé, Impossible d’y vivre, impossible de la quitter. On ressent une vraie dualité à travers les trois danseurs, partagés entre toutes ces émotions. Ils sont tous trois dans une véritable osmose, comme s’ils se confondaient presque en une seule personne. Ils sont à la fois tout le monde, et à la fois personne.

         La musique est entrecoupée par des témoignages en voix additionnelles, qui se mêlent au mouvement. Ces voix sont interprétées par Olivier Bonnard, Nicole Bouhired, Redha Bouhired, Matthias Foidefond, Margot Lamy, Serena Moccafighe, Ginot Tojiva et Baya Noun elle-même. Au début, le discours rapporté par les voix est tellement fondu dans la musique qu’il est impossible de comprendre les paroles, et puis, petit à petit, la phrase prend forme. Ces témoignages donnent encore plus de force à la scène.  « Je suis le témoin du massacre » et « le martyr de la cartographie », notamment, résonnent dans la mémoire des spectateurs

 

La compagnie nous fait voyager dans les émotions à travers les différents personnages, forcés de voir la réalité; le spectateur repart bercé par la musique qui résonne encore. Le message fort qui découle de cette pièce n’est pas fait pour ne durer que le temps de la représentation. Il est fait pour s’imprégner et mène à une réelle réflexion.

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18 juin 2019 2 18 /06 /juin /2019 22:53
Retours et le père de l'enfant de la mère

 

Pascal Victor

Un spectacle produit par le Quai (CDN Angers pays de la Loire) vu le 15 juin 2019 au Théâtre du Rond Point (Paris, VIII°)

 

Texte : Fredrik Brattberg

Mise en scène : Frédéric Bélier-Garcia

Comédiens : Jean-Charles Clichet, Camille Chamoux, Dimitri Doré

Genre : théâtre

Public : adulte

Durée : 1H30

 

 

Le mois de juin est décidément propice aux jolies découvertes ! Ce soir deux petites pièces inédites en France : « Retours » et « le père de l’enfant de la mère » du norvégien Frédrik Brattberg.

 

Les deux pièces ont en commun le thème de la parentalité. « Retours » est un conte cruel et absurde. Un couple fait le deuil de son fils disparu, Gustav. Mais Gustav réapparait. Les parents reprennent « leur vie de tous les jours ».Puis Gustav disparaît  à nouveau et  à nouveau réapparaît. Et ainsi de suite jusqu’à ce que les parents, toujours plus froids et indifférents devant cet éternel retour, finissent par faire disparaître l’ado une bonne fois pour toute. « Le père de l’enfant de la mère », plus ancré dans la réalité, n’en n’est pas moins acerbe. La pièce raconte la compétition sournoise que se livrent les parents pour obtenir l’amour exclusif de leur bébé.

Le dispositif scénique est simple et ingénieux. Dans « Retours », des cloisons dessinent un intérieur des années 70. Côté cours, la cuisine en formica ; côté jardin, le salon avec baie vitrée et canapé. Le téléphone à fil est l’accessoire central. Pour passer au second opus, la baie vitrée devient support photo d’un cliché réunissant papa, maman et bébé au lit. Pendant ce temps, les techniciens déchassent les cloisons et dessinent avec les cadres munis de néons oranges un nouvel intérieur, ouvert sur l’extérieur. Le poupon, le vélo et le vase constitueront les trois nouveaux accessoires de jeu.

Dans les deux pièces, la langue de Fredrik Brattberg use à l’envie de répétitions. Cette mélopée étrange, faite de répliques et de scènes qui se rejouent  avec d’infimes variations, augmente l’intensité dramatique, inverse les points de vue, et fait terriblement rire. Dans « retours », les vacheries s’enchaînent et vont crescendo ; dans « le père de l’enfant de la mère », les petites phrases du quotidien répétées à la nausée génèrent un malaise insoutenable. C’est une partition en or pour trois comédiens d’excellence. D’une intonation ou d’une gestuelle discrète, ils soulignent toute la nuance du non-dit de la répétition. Dans le non-dit, Dimitri Doré qui manipule la marionnette de la petite Frida (l’enfant du deuxième couple) est stupéfiant.

« Retours » et « le père de l’enfant de la mère » ont été réunis avec bonheur. Les deux pièces, merveilleusement interprétées et mises en scène, résonnent au plus profond de notre propre expérience de parent.

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18 juin 2019 2 18 /06 /juin /2019 22:43
Sacré, sucré, salé

Un spectacle produit par la compagnie L’oubli des cerisiers (95 L’Isle Adam) vu le 14 juin 2019 au Théâtre de la Reine Blanche (Paris, XVIII°)

 

Texte : Stéphanie Schwartzbrod

Mise en scène : Stéphanie Schwartzbrod et Nicolas Struve

Comédien : Stéphanie Schwartzbrod

Genre : théâtre

Public : tout public

Durée : 1H20

 

 

Les théâtres nationaux que j’ai coutume de fréquenter ont la fâcheuse manie de condenser leur saison entre octobre et mai. A mauvaise fortune, bon cœur : c’est l’occasion d’aller découvrir ce qui se passe dans des  salles plus modestes, notamment celles de mon quartier. Le théâtre de la Reine Blanche est de celles-là. Elle proposait « sacré, sucré, salé ». L

a note d’intention m’a séduite. Et ce n’était pas qu’un charme factice.

 

Stéphanie Schwartzbrod nous propose un étonnant voyage culinaire et spirituel. Pourtant, elle nous explique d’entrée de jeu, après avoir accueilli le public derrière ses fourneaux, qu’à priori, il n’est rien de plus antinomique que nourriture et pensée. Tout le spectacle consiste à montrer, au contraire, combien les plats sont intimement liés aux religions et combien ils en révèlent la saveur.

« Sacré, sucré, salé » égrène donc le calendrier des fêtes des trois religions monothéistes, depuis l’Epiphanie en janvier jusqu’au Noël suivant. Pour chacune des « grandes fêtes », la comédienne endosse le rôle d’un personnage différent (souvent la maîtresse de maison à ses fourneaux mais aussi un rabbin, une bigote catholique, une simple fidèle), raconte le sens de la fête,  en redonne le contexte historique et convoque l’étymologie pour mieux montrer qu’aucun des plats rituels n’est servi au hasard.

Le dispositif scénique est très simple : une grande table centrale qui fait office aussi bien de plan de travail que de grande tablée ; côté cour, une malle en osier qui servira de castelet aux différents ingrédients autorisés ou proscrits durant Pessah ; côté jardin, une autre table jonchée d’ingrédients et une cuisinière ; en fond de scène, un cyclo. Le tout est agrémenté d’un joli travail lumière et de musiques discrètement connotées religieusement.

Stéphanie Schwartzbrod est d’abord une excellente conteuse. Son verbe et sa gestuelle savent nous faire voyager. Son chant participe du dépaysement. L’érudition qu’elle porte sur scène n’empêche pas l’humour. Ainsi de cette scène où elle regarde, hypnotisée, le public en mangeant une galette de pain azyme comme si elle regardait vraiment  le péplum « des dix commandements » qu’elle nous offre en fait à voir sur le cyclo. Le régisseur son/lumière participe aussi de cette mise en abyme : son récurrent « et qu’est ce qu’on mange ? » rythme le spectacle et opère un  comique de répétition bien venu. Le public rit et, à la demande de la comédienne, participe régulièrement.  La fête de Pourim pousse au paroxysme ce principe puisqu’il est demandé au public d’en jouer le rituel, avec force crécelles et exclamations. C’est enfin un spectacle d’une grande tolérance qui sait mettre en exergue, très finement, les liens entre les trois monothéismes.

 

 

« Sacré, sucré, salé » est un très joli spectacle, complet dans sa forme, intelligent dans son écriture, sensible dans son jeu. Il en appelle à une forme de communion.  Le partage de la chorba en fin de spectacle en est l’expression concrète.

 

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