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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
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On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

2 mars 2020 1 02 /03 /mars /2020 01:16
Christophe Raynaud de Lage

Christophe Raynaud de Lage

L'Amour Vainqueur

Un spectacle produit par le Festival d'Avignon (84) et vu à la Fabrica le 29 novembre 2019.


Texte, mise en scène et musique Olivier Py
Comédien.ne.s : Clémentine Bourgoin, Pierre Lebon, Flannan Obé, Antoni Sykopoulos
Scénographie, costumes : Pierre-André Weitz
Lumière : Bertrand Killy
Genre : Théâtre, Opérette
Public : Jeune public, tous publics à partir de 9 ans
Durée : 1H20

 
Je suis un peu dubitatif en entrant dans la salle : j'attends d'un spectacle jeune public qu'il me fasse retomber en enfance, ou du moins qu'il permette plusieurs niveaux de lecture. Double pari tenu pour « l'Amour Vainqueur » : les rues résonneront longtemps de chansons et de débats après 1H20 de bonheur des yeux et des oreilles.

L'opérette se situe à la croisée du conte, de l'opéra et de la célébration ; il y a donc une histoire (le Prince et la Princesse veulent se retrouver mais la guerre fait obstacle à leur idylle), rehaussée de chansons (et Olivier Py possède un indéniable sens du rythme et de l'harmonie) qui mènent à la célébration de la victoire de l'amour. La force de la musique nous entraîne dans le sillage du festival et permet à la légèreté de s'affranchir de la naïveté en s'enrichissant sans cesse de puissance ; le grotesque joue des coudes avec le sublime et fraie un chemin au rire. En fond de scène un mur de lumières - l'une d'elle est rouge.
Histoire Drôle : personnages toujours extériorisés.

Pourquoi une seule diode rouge ? Pourquoi la guerre est-elle bénéfique à l'économie tandis que la politique hait le théâtre, qui lui-même surpasse la vie ? Pourquoi le Général abandonne-t-il sans combattre face à l'amour du Prince, alors même qu'il a tous les pouvoirs ? On voit que s'il y a fête ce n'est jamais aux dépens de la réflexion. La pièce fonctionne ainsi comme une grande métaphore rigoureusement conceptuelle - le Général incarne le Politique, la Princesse l'Amour et le Théâtre... - et ces concepts portent leur valeur. L'amour est déjà vainqueur. L'amour est vainqueur par nature, puisqu'il est du côté des gentils - et vice-versa. Le méchant aussi est méchant (et donc perdant) par nature. Comme si Olivier Py transportait son système habituel de pensée dans cette pièce - avec encore moins d'incarnation réaliste - pour former un théâtre presque idéologique. Le metteur en scène a déjà tout pensé à notre place, interrogations et réponses aux interrogations. C'est dangereux ? Trop facile et possible uniquement en rêve ? Après tout, ce n'est qu'une pièce pour enfants.

« Pour les enfants et les gens intelligents » précise Olivier Py, puisque les enfants « ne posent que de grandes questions » et que l'intelligence est toujours réconciliée avec sa dérision. Aux grandes questions répondent les grands aphorismes et les grands aphorismes savent qu'ils sont au théâtre. C'est bien la source du comique de la pièce : un décalage permanent entre l'évidence du ton et la complexité du propos, entre la lourde réalité de la guerre vécue par les personnages et la frivolité du jeu du théâtre. La Princesse est la gentille parce que c'est son rôle et parce qu'elle n'est qu'un rôle, de même que c'est le rôle de l'amour d'être vainqueur. De là vient sa pureté : elle n'est qu'amour, elle est sa parfaite incarnation (Clémentine Bourgoin est une merveilleuse actrice). Si cette pièce est magique et exaltante, c'est qu'elle propose un espace rêvé dans lequel les choses arrivent pour le mieux, où la pureté est possible et où le possible fait obéir le réel à l'espoir.

« L'Amour Vainqueur » est une merveilleuse parabole que l'ironie protège de l'idéologie ; il nous offre un théâtre pour apprendre à faire du possible un avenir. Allez-y les yeux fermés, Olivier Py s'occupe de vos sourires.


Mathieu Flamens


Lien vers la chronique plurielle et populaire rédigée autour du spectacle avec les enfants de l'école Massillargues :
http://vivantmag.over-blog.com/2019/12/l-amour-vainqueur.html


 

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2 mars 2020 1 02 /03 /mars /2020 00:34
Archive AFP

Archive AFP

Conférence de Sylvain Tesson

Une conférence de Sylvain Tesson animée par Julien Gelas au théâtre du Chêne Noir (84) vue le 5 décembre 2019.

Intervenant : Sylvain Tesson
Genre : Conférence
Public : Adulte
Durée : 1H10


Une table, deux chaises et de l'eau semblent suffire à son confort. L'essentiel pour aller droit au but, mais personne ne s'y trompera : derrière le regard espiègle et le sourire en coin se masse une somme d'aventures considérables. Ainsi c'est lui, l'écrivain aventurier, le « wanderer », le « stégophile » ? Quelle présence ! Mi-capitaine mi-brigand, Sylvain Tesson a l'art et la manière d'éveiller l'attention de son auditoire en un clin d'oeil.

Et nous voilà embarqués parmi les steppes. Munier, comme il l'appelle - le photographe Vincent Munier - sera notre guide dans l'expédition. Il faudra échapper aux morsures des loups, des ours et du froid, et traquer, traquer sans relâche la panthère des neiges réputée disparue. La langue de Sylvain Tesson possède une vivacité rare. Nul besoin de texte, le souvenir suffit pour convoquer le Tibet sur scène. Voilà un brillant orateur qui sait orchestrer les sourires, les rires et les silences.

Car Sylvain Tesson sait se taire. Être à l'affût. On ne trouve pas la panthère, c'est elle qui vient. L'attendre, sortir du monde et se fondre dans la neige. Se réduire à un regard. Une contemplation qui ne peut exister qu'au présent, qu'à l'éternité. La seule promesse tenue par le monde est celle de l'instant. Dans cette découverte perpétuelle - n'est-ce pas cela être écrivain ? - ce qui apparaît ne se limite pas à ce qui est attendu. Cette panthère, cette femme, cette mère : le « totem des êtres disparus » pour reprendre ses mots. Son regard se perd dans le public. Quelle reine peut-il encore y voir ? L'écrivain a beau se réclamer de n'être qu'un « tesson », qu'un débris, tout son corps incarne le sacré.

Un conteur, certes, mais aussi un excellent penseur. L'adage veut que le sage soit celui qui ait vécu ; il se vérifie avec Sylvain Tesson. Ses réflexions se nourrissent de ses récits, et vice-versa. Sylvain Tesson se place d'ores et déjà dans la constellation des grands écrivains voyageurs, aux côtés de Pierre Loti ou Frison-Roche.

 

Mathieu Flamens

 

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19 février 2020 3 19 /02 /février /2020 17:04
Déboires
Déboires

Spectacle de la Compagnie La Volubile (07), vu le 15 février 2020 à 11h45 à l’Espace Robert Hossein de Grans dans le cadre du Festival Les Elancées.

 

 

Conception, écriture et jeu : Adrien Perez

Musique et bruitages : Tristan Castella

Interprétation musique et bruitages : Tristan Castella en alternance avec Fanny Vialle

Regards extérieurs : Karl-Heinz Lorenzen et Fanny Vialle

Genre : Clown, Mime

Public : tout public

Durée : 45 minutes

 

L’espace Robert Hossein est une salle de spectacle municipale très bien équipée. Sur scène : un bar en bois, une table de bistrot avec une chaise, un porte-manteau. Le barman joue de la guitare. Arrive un drôle d’énergumène. A cheval. Il descend devant la scène dans le public et donne les rênes de son cheval à un spectateur pour le tenir. Le cheval rue. Il commence à le brosser. Mais qu’est-ce qu’il est grand ou … plutôt long ! On ne le voit pas ce cheval, mais on l’imagine si bien.

Puis seul à la terrasse du bar, il commande à boire et à manger. Toujours en mime, il va user de tous les accessoires pour nous raconter des histoires muettes et danser avec le porte-manteau pour finalement repartir à cheval.

Ce spectacle musical, visuel et sonore sans aucune parole est sublime et très drôle. Adrien Père fait preuve d'une capacité d'interprétation et d'expression corporelle qui ne laisse personne indifférent. Les bruitages se font à vue par Tristan Castella, musicien touche-à-tout génial. A consommer sans modération.

 

Maren Scapol

 

 

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19 février 2020 3 19 /02 /février /2020 16:58
Monsieur O
Monsieur O

Spectacle produit par la Compagnie Volubile (07) vu le 15 février 2020 à 11h à l’Espace Robert Hossein de Grans dans le cadre du Festival Les Elancées.

 

Auteur : Sylvain Julien

Mise en scène : Fleur Sulmont

Comédien : Sylvain Julien

Genre : Clown

Public : tout public à partir de 5 ans

Durée : 30 minutes

 

Le spectacle se déroule sur le parvis de la salle. Les enfants s’assoient par terre, les adultes sur des bancs ou restent debout.

Monsieur O entre en scène, tout de bleu vêtu. Des cerceaux rouges sont posés au fond.

Monsieur O parle aux enfants, les traite comme des compagnons, interagit avec eux. Les numéros s’enchaînent : danse, expression corporelle, performances, humour, poésie, un peu de magie, interaction avec le public, dérision, … et l’ensemble tout en délicatesse.

Malgré la mauvaise visibilité liée au lieu, tous - petits et grands - sont captés. Les enfants réagissent beaucoup. On rit. Nous avons passé un bon moment. Comme dit Monsieur O :

  • « ça ne sert à rien, ça fait juste du bien ! ».

Clin d’œil du lieu : le spectacle se déroule sous les insignes de la République qui font joliment écho aux couleurs du spectacle.

 

Maren Scapol

 

 

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19 février 2020 3 19 /02 /février /2020 00:57
"En attendant Nadeau"

"En attendant Nadeau"

Correspndance avec la mouette

Un spectacle produit par la compagnie la Cie L’oubli des Cerisiers (75) et vu au Théâtre des Déchargeurs le 18 février 2020.

 

 

Texte : Anton Tchekov et Lika Mizinova

Mise en scène : Nicolas Struve

Comédien : David Gouhier, Stéphanie Schwartzbrod

Genre : Théâtre

Public : Adulte

Durée : 1H10

 

Fan de littérature russe et désireuse de découvrir davantage de petites formes pour l’Adadiff, j’ai donc jeté mon dévolu sur « Correspondance avec la mouette ». Très bonne pioche !

 

Le spectacle met en scène la correspondance d’Anton Tchekhov et Lika Mizinova, alias « la mouette ». Car si nous découvrons l’échange épistolaire de deux amants, nous assistons également aux correspondances entre cette figure féminine à laquelle Tchekhov, malgré la rupture, n’a pas « la force de ne plus […] aimer » et le personnage sublimé dans la pièce éponyme. L’intelligence de la mise en scène réside précisément dans le fait d’assumer pleinement cette dualité.

Le plateau est quasi nu, seulement habité de trois chaises et jonché de liasses de papier, lettres ou manuscrits en cours. Le spectacle s’ouvre sur une petite vidéo en guise d’exposition. Il s’achève sur une autre vidéo où un frère de Tchekhov témoigne de la fraîcheur et de la gaité de Lika. Entre temps, chacun lit la lettre qu’il envoie à l’autre en prenant la peine d’écrire sur les murs noirs, à l’eau, la date et le lieu de la missive et de l’agrémenter éventuellement d’un dessin de circonstance. Le rythme des lectures évolue au fil de l’histoire d’amour et trouve son paroxysme dans deux scènes dansées : celle de l’amour précisément et celle de la dispute. Dualité encore et toujours.

Stéphanie Schwartzbrod campe une Lika digne d’une Nina, lumineuse, spirituelle, profonde et grave. David Gouhier incarne un Tchekhov amoureux, ironique, fort occupé et bien souvent absent.

 

En écrivant la chronique, je réalise que c’est en fait le deuxième spectacle de cette compagnie que je vois avec grand plaisir. « Correspondance avec la mouette » est un spectacle d’une grande finesse, desservi avec talent et qui mérite de faire, comme ce soir, salle comble jusqu’à la dernière, le 29 février.

 

Catherine Wolff

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12 février 2020 3 12 /02 /février /2020 18:15
Strach for a fear song
Strach for a fear song

Spectacle produit par la Compagnie « Théâtre d’un Jour » (T1J/ Belgique), vu le 8 février 2020 au Théâtre de la Colonne à Miramas dans le cadre du Festival Les Elancées.

 

 

Auteur et Mise en piste : Patrick Masset

Avec : Chanteuse : Julie Calbete, Circassiens : Airelle Caen en alternance avec Alice Noël, Guillaume Sendron, Denir Dulon

Genre : Cirque contemporain

Public : tout public à partir de 14 ans

Durée : 1H05

 

Au Théâtre de la Colonne, les gradins ont été démontés. A la place se trouve un chapiteau. Ou est-ce une yourte géante ? Blanc à l’extérieur, des bâches noires recouvrent l’intérieur de la structure en bois. La piste est petite, environ 5 mètres de diamètre et entourée de bancs en bois. Des lustres baroques dénotent singulièrement dans cette ambiance.

Les artistes se sont mêlés au public. Une ambiance de proximité se crée immédiatement.

Cirque onirique ou opéra circassien ? Je ne saurais le dire. Nous sommes embarqués dans l’histoire d’une fillette avec ses cauchemars et le cow-boy rouge qui vient la sauver. Les différents tableaux se succèdent, enveloppés par la merveilleuse voix lyrique de la chanteuse qu’accompagne un pianiste sur scène. Voix lyrique, mais chansons du monde qui créent une ambiance originelle.

Performances physiques, acrobaties, masques, une marionnette, maquillage, bruitages, quelques rares paroles, …. tous les accessoires et effets sont parfaitement au service de la pièce.

Les artistes jouent avec les spectateurs. Ils jouent avec nos émotions. C’est puissant. Puissant dans la peur avec les loups, puissant dans la surprise quand les artistes reviennent subitement dans le public, puissant dans la performance artistique pleine de complicité dans les numéros de portée. Les corps se touchent, se séparent, s’imbriquent, virevoltent, sont bringuebalés.

Le public adore, tout le monde est debout pour trois rappels. Pour moi, le seul b-mol est cette teinte d’angoisse d’une bonne partie du spectacle.

 

Prix du meilleur spectacle de cirque, prix de la critique 2018.

 

Maren Scapol

 

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11 février 2020 2 11 /02 /février /2020 22:29
"l'oeil de la maison des journalistes"

"l'oeil de la maison des journalistes"

Crocodiles

Un spectacle produit par la compagnie Barbès 35 (89) et vu au nouveau théâtre de Montreuil  le 11 février 2020.

 

 

Texte : Fabio Géda

Mise en scène : Cendre Chassanne, Carole Guittat

Comédien : Rémi Fortin

Genre : Théâtre

Public : tout public à partir de 9 ans

Durée : 55 minutes

 

Que de nouveautés pour moi avec « Crocodiles » : les retrouvailles avec le théâtre jeune public que je n’avais pas fréquenté depuis que mes filles en avaient passé l’âge ; la découverte de la jolie annexe du Nouveau Théâtre de Montreuil ; une représentation en matinée ce qui n’est guère dans mes habitudes. Que ne ferait-on pour l’Adadiff ! De fait, « Crocodiles » en valaient vraiment la peine !

 

« Crocodiles » raconte l’histoire authentique d’Einat, jeune migrant isolé par la force de son statut d’afghan de l’ethnie Hazara et menacé à ce titre d’être réduit en esclavage par les Talibans et les Pachtounes. A 10 ans, sa mère le fait passer clandestinement au Pakistan puis le laisse accomplir le terrible périple qui nous est compté et qui le mènera en Italie auprès d’une famille d’accueil.

Sans occulter la dureté de la réalité, les mots sont accessibles et à hauteur d’enfant. Les crocodiles qui donnent le titre au spectacle sont précisément ceux qu’un jeune compagnon d’infortune d’Einat appréhende de rencontrer lors de la Grande traversée. Et la poésie s’immisce dans le regard toujours émerveillé de l’enfant malgré et contre la survie.

La mise en scène, par son économie de moyens, respecte à merveille ces qualités. Le comédien évolue dans une travée centrale qu’encadrent deux volées de gradins disposées en frontal. Au-dessus de chacun, un écran permet de voir les noms des pays traversés, d’Est en Ouest, telle une carte. Ils sont aussi le support de projection d’images de paysages ou de scènes de rue captées aux 4 coins du monde. Pour compléter le dispositif, il y a également deux petits praticables comme autant de petits promontoires pour voir où l’on est et une couverture de survie dont je tairais l’usage mais qui est du plus bel effet.

Le comédien, Rémi Fortin, par son aspect juvénile et gracile campe un jeune Einat des plus crédibles. Son phrasé est tantôt doux et imagé, tantôt fiévreux et inquiet.

 

« Crocodiles » est un superbe spectacle, engagé, pédagogique, poétique et théâtral. Personnellement, je souhaiterais pouvoir le montrer à mes élèves de 4°qui étudient, en géo, les migrations.

Catherine Wolff

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8 février 2020 6 08 /02 /février /2020 00:32
Christophe Raynaud de Lage

Christophe Raynaud de Lage

On n'est pas là pour sucer des glaces

Un spectacle produit par le CNAC (51) et vu à la Villette le 7 février 2020.

 

 

Mise en piste : Galapiat Cirque

Circassiens : Fernando Arevalo Casado, Davide Bonetti, Demain Bucci, Carlo Cerato, Noémi Devaux, Hector Diaz Mallea, Aurora Dini, Darianne Koszinski, Sebastian Krefeld, Marica Marinoni, Ivan Morales Ruiz, Oskar Norin, Pablo Peñailillo Soto, Anton Persson, Maël Thierry, Céline Vaillier

Genre : cirque contemporain

Public : tout public

Durée : 1H30

 

 

Assister à une représentation de la dernière promotion du CNAC, c’est la garantie de prendre un grand bain de jouvence, plein d’énergies, de trouvailles ludiques, d’audaces circassiennes. Distraite, j’ai manqué une première soirée après avoir confondu les horaires. J’ai persévéré pour me rattraper (un grand merci à mon interlocutrice de La Villette). Je n’aurais peut-être pas du !

 

Dans un tel projet, toute la difficulté réside dans le fait de conjuguer le collectif de la promotion et la promotion de chacun des jeunes artistes. En ce sens, la mise en scène a, de mon point de vue, failli. J’ai détesté le collectif. La narration oscille entre une « teuf » déjantée et une répétition de cirque. Soit la piste est vide et on s’ennuie ferme comme dans cette interminable ouverture qui montre un jeune circassien, chaussé de blocs de glace et empêtré dedans. Soit la piste est pleine des 16 jeunes gens -11 hommes et 4 femmes- et on ne voit rien des différentes disciplines. Précisons simplement que ces scènes collectives qui constituent l’essentiel de la soirée sont très axées sur la danse (plutôt hip hop) et donnent la parole à quelques jeunes qui se défendent bien dans ce registre.

C’est dans les rares numéros individuels que le spectacle brille : un duo en roue cyr, époustouflant de poésie ; un dialogue magique entre deux trapézistes volants et deux acrobates de bascule coréenne ; un imaginaire fabuleux en jonglage. Je regrette que l’équipe du Galapiat Cirque, auteur de la mise en piste, ne soit pas partie de cet incroyable jongleur, Carlo Cerato, pour construire sa narration. Les autres circassiens n’en sont assurément pas moins doués. Seulement, à chaque fois qu’ils entament une performance, elle se trouve systématiquement parasiter par une intrusion scénique.

 

A part les quelques moments de grâce mentionnés ci-dessus, auxquels je rajouterais le petit intermède musical entre un violon et un  mini-arrosoir manipulé comme une marionnette, le spectacle n’a pas répondu à mes attentes. J’en avais peut-être trop du reste, entre un bon papier que j’avais lu par ailleurs et mes propres élèves qui ont découvert le spectacle hier soir et qui l’ont aimé. A titre personnel, je n’étais peut-être pas dans les meilleures dispositions aujourd’hui. Je note néanmoins que le public, chaud bouillant au début, l’était déjà beaucoup moins à la fin.

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7 février 2020 5 07 /02 /février /2020 13:58
La convivialité - La faute de l'orthographe
La convivialité - La faute de l'orthographe

Un spectacle produit par la Cie Chantal & Bernadette (Belgique) ​vu au théâtre des Halles à Avignon le 6 février 2020

 

Textes : Arnaud Hoedt et Jérôme Piron

Mise en scène : Dominique Bréda, Arnaud Pirault et Clément Thirion

Comédiens : Arnaud Hoedt et Jérôme Piron

Genre : Tout public, à partir de 8 ans

Durée : 1 heure

 

 « On juge votre orthographe mais on ne juge pratiquement jamais l’orthographe elle-même… » L’introduction à cette  conférence-spectacle pop et iconoclaste interpelle ! Et ce sont Arnaud Hoedt et Jérôme Piron, anciens profs de français, qui vont donc nous éclairer sur les absurdités de l’orthographe  française ! Ils nous révèlent (si nous ne le savions déjà…) que notre norme orthographique est souvent arbitraire, reposant sur des règles pour le moins…nébuleuses. Ces deux belges captivants  nous proposent un spectacle vraiment drôle, on rit tout en apprenant : pourquoi un « s » à groseilles quand elles sont en confiture et pas de « s » lorsqu’elles sont en gelée ? Réponse de nos « profs » : la présence du « s » dépend du temps de cuisson …

Spectacle érudit, drôle, qui titille les méninges, « La Convivialité ou la faute de l'orthographe » fait du bien  et remet en cause nos certitudes  sur  l’enseignement de notre langue. Je ne dévoilerais pas le texte de la dictée que nous ont fait rédiger nos deux  conférenciers en début de spectacle. Elle est l’essence même de la réflexion : traduire le son par le signe, libre de toute morale, serait-ce la conclusion ?

On rit beaucoup, stupéfaits face à des absurdités qualifiées de « subtilités » par une Académie qui révèle une vraie ressource comique. Courez voir ce spectacle !

 

 

 

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5 février 2020 3 05 /02 /février /2020 09:52
De quoi hier sera fait
De quoi hier sera fait

Spectacle produit par la Compagnie // Interstices (34) et vu au Théâtre des 13 vents à Montpellier, le 21 janvier 2020.

 

Mise en scène : Marie Lamachère       

D'après un texte de : Barbara Métais Chastanier                 

Comédiens : M. Hallouin, E. Hériteau, J. Maignan, M. Muzammal Hossain Soheb, L. Riffault, D. Valero , R. Zaatour                                  

Genre : Contemporain                                                                               

Public : Tout public                                                                                     

Durée : 2h20

 

 

La pièce est une aventure Anarchico-écolo-collapsolo-sociale dans laquelle un melting-pot de comédien-ne-s répondent à nos problèmes sociétaux à leur façon.

 

Les comédien-ne-s parlent des langues différentes (bangla, occitan, français, arabe, québécois) et ce faisant, nous comprennons leur singularité et culture. Ce melting-pot de personnages arrive à représenter une micro-société inclusive. Leur avis sur le monde divergent avant de trouver un terrain d'entente : la vie communautaire.  

 

 

La scénographie est fournie et les supports visuels/sonores sont nombreux et pourtant peu utilisés à mon goût. Le "nid de roseaux" : une grande installation en fond de scène aurait mérité d'être plus mise en valeur. A contrario la projection (de vidéos, blogs etc.) est un peu envahissante à mon goût et ne sert pas toujours le propos. Par exemple la vidéo "éco-anxiété" est noyé dans d'autres discours et perd en importance alors qu'elle mériterait une réelle discussion.

 

J'ai aimé qu'on me parle de l'abandon des villes, du privilège blanc, d'écologie prise en compte, de relation avec les autres... Cependant, il m'a plutôt semblé avoir affaire à une fiction qu'à notre possible futur et cela m'a questionné : vais-je donc au théâtre pour voir la réalité, pour rêver, pour cet entre-deux ? Ce qui est sûr c'est que cette pièce mène au débat : Allez-y en groupe !

 

A.F

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