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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
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On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

11 février 2020 2 11 /02 /février /2020 22:29
"l'oeil de la maison des journalistes"

"l'oeil de la maison des journalistes"

Crocodiles

Un spectacle produit par la compagnie Barbès 35 (89) et vu au nouveau théâtre de Montreuil  le 11 février 2020.

 

 

Texte : Fabio Géda

Mise en scène : Cendre Chassanne, Carole Guittat

Comédien : Rémi Fortin

Genre : Théâtre

Public : tout public à partir de 9 ans

Durée : 55 minutes

 

Que de nouveautés pour moi avec « Crocodiles » : les retrouvailles avec le théâtre jeune public que je n’avais pas fréquenté depuis que mes filles en avaient passé l’âge ; la découverte de la jolie annexe du Nouveau Théâtre de Montreuil ; une représentation en matinée ce qui n’est guère dans mes habitudes. Que ne ferait-on pour l’Adadiff ! De fait, « Crocodiles » en valaient vraiment la peine !

 

« Crocodiles » raconte l’histoire authentique d’Einat, jeune migrant isolé par la force de son statut d’afghan de l’ethnie Hazara et menacé à ce titre d’être réduit en esclavage par les Talibans et les Pachtounes. A 10 ans, sa mère le fait passer clandestinement au Pakistan puis le laisse accomplir le terrible périple qui nous est compté et qui le mènera en Italie auprès d’une famille d’accueil.

Sans occulter la dureté de la réalité, les mots sont accessibles et à hauteur d’enfant. Les crocodiles qui donnent le titre au spectacle sont précisément ceux qu’un jeune compagnon d’infortune d’Einat appréhende de rencontrer lors de la Grande traversée. Et la poésie s’immisce dans le regard toujours émerveillé de l’enfant malgré et contre la survie.

La mise en scène, par son économie de moyens, respecte à merveille ces qualités. Le comédien évolue dans une travée centrale qu’encadrent deux volées de gradins disposées en frontal. Au-dessus de chacun, un écran permet de voir les noms des pays traversés, d’Est en Ouest, telle une carte. Ils sont aussi le support de projection d’images de paysages ou de scènes de rue captées aux 4 coins du monde. Pour compléter le dispositif, il y a également deux petits praticables comme autant de petits promontoires pour voir où l’on est et une couverture de survie dont je tairais l’usage mais qui est du plus bel effet.

Le comédien, Rémi Fortin, par son aspect juvénile et gracile campe un jeune Einat des plus crédibles. Son phrasé est tantôt doux et imagé, tantôt fiévreux et inquiet.

 

« Crocodiles » est un superbe spectacle, engagé, pédagogique, poétique et théâtral. Personnellement, je souhaiterais pouvoir le montrer à mes élèves de 4°qui étudient, en géo, les migrations.

Catherine Wolff

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8 février 2020 6 08 /02 /février /2020 00:32
Christophe Raynaud de Lage

Christophe Raynaud de Lage

On n'est pas là pour sucer des glaces

Un spectacle produit par le CNAC (51) et vu à la Villette le 7 février 2020.

 

 

Mise en piste : Galapiat Cirque

Circassiens : Fernando Arevalo Casado, Davide Bonetti, Demain Bucci, Carlo Cerato, Noémi Devaux, Hector Diaz Mallea, Aurora Dini, Darianne Koszinski, Sebastian Krefeld, Marica Marinoni, Ivan Morales Ruiz, Oskar Norin, Pablo Peñailillo Soto, Anton Persson, Maël Thierry, Céline Vaillier

Genre : cirque contemporain

Public : tout public

Durée : 1H30

 

 

Assister à une représentation de la dernière promotion du CNAC, c’est la garantie de prendre un grand bain de jouvence, plein d’énergies, de trouvailles ludiques, d’audaces circassiennes. Distraite, j’ai manqué une première soirée après avoir confondu les horaires. J’ai persévéré pour me rattraper (un grand merci à mon interlocutrice de La Villette). Je n’aurais peut-être pas du !

 

Dans un tel projet, toute la difficulté réside dans le fait de conjuguer le collectif de la promotion et la promotion de chacun des jeunes artistes. En ce sens, la mise en scène a, de mon point de vue, failli. J’ai détesté le collectif. La narration oscille entre une « teuf » déjantée et une répétition de cirque. Soit la piste est vide et on s’ennuie ferme comme dans cette interminable ouverture qui montre un jeune circassien, chaussé de blocs de glace et empêtré dedans. Soit la piste est pleine des 16 jeunes gens -11 hommes et 4 femmes- et on ne voit rien des différentes disciplines. Précisons simplement que ces scènes collectives qui constituent l’essentiel de la soirée sont très axées sur la danse (plutôt hip hop) et donnent la parole à quelques jeunes qui se défendent bien dans ce registre.

C’est dans les rares numéros individuels que le spectacle brille : un duo en roue cyr, époustouflant de poésie ; un dialogue magique entre deux trapézistes volants et deux acrobates de bascule coréenne ; un imaginaire fabuleux en jonglage. Je regrette que l’équipe du Galapiat Cirque, auteur de la mise en piste, ne soit pas partie de cet incroyable jongleur, Carlo Cerato, pour construire sa narration. Les autres circassiens n’en sont assurément pas moins doués. Seulement, à chaque fois qu’ils entament une performance, elle se trouve systématiquement parasiter par une intrusion scénique.

 

A part les quelques moments de grâce mentionnés ci-dessus, auxquels je rajouterais le petit intermède musical entre un violon et un  mini-arrosoir manipulé comme une marionnette, le spectacle n’a pas répondu à mes attentes. J’en avais peut-être trop du reste, entre un bon papier que j’avais lu par ailleurs et mes propres élèves qui ont découvert le spectacle hier soir et qui l’ont aimé. A titre personnel, je n’étais peut-être pas dans les meilleures dispositions aujourd’hui. Je note néanmoins que le public, chaud bouillant au début, l’était déjà beaucoup moins à la fin.

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7 février 2020 5 07 /02 /février /2020 13:58
La convivialité - La faute de l'orthographe
La convivialité - La faute de l'orthographe

Un spectacle produit par la Cie Chantal & Bernadette (Belgique) ​vu au théâtre des Halles à Avignon le 6 février 2020

 

Textes : Arnaud Hoedt et Jérôme Piron

Mise en scène : Dominique Bréda, Arnaud Pirault et Clément Thirion

Comédiens : Arnaud Hoedt et Jérôme Piron

Genre : Tout public, à partir de 8 ans

Durée : 1 heure

 

 « On juge votre orthographe mais on ne juge pratiquement jamais l’orthographe elle-même… » L’introduction à cette  conférence-spectacle pop et iconoclaste interpelle ! Et ce sont Arnaud Hoedt et Jérôme Piron, anciens profs de français, qui vont donc nous éclairer sur les absurdités de l’orthographe  française ! Ils nous révèlent (si nous ne le savions déjà…) que notre norme orthographique est souvent arbitraire, reposant sur des règles pour le moins…nébuleuses. Ces deux belges captivants  nous proposent un spectacle vraiment drôle, on rit tout en apprenant : pourquoi un « s » à groseilles quand elles sont en confiture et pas de « s » lorsqu’elles sont en gelée ? Réponse de nos « profs » : la présence du « s » dépend du temps de cuisson …

Spectacle érudit, drôle, qui titille les méninges, « La Convivialité ou la faute de l'orthographe » fait du bien  et remet en cause nos certitudes  sur  l’enseignement de notre langue. Je ne dévoilerais pas le texte de la dictée que nous ont fait rédiger nos deux  conférenciers en début de spectacle. Elle est l’essence même de la réflexion : traduire le son par le signe, libre de toute morale, serait-ce la conclusion ?

On rit beaucoup, stupéfaits face à des absurdités qualifiées de « subtilités » par une Académie qui révèle une vraie ressource comique. Courez voir ce spectacle !

 

 

 

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5 février 2020 3 05 /02 /février /2020 09:52
De quoi hier sera fait
De quoi hier sera fait

Spectacle produit par la Compagnie // Interstices (34) et vu au Théâtre des 13 vents à Montpellier, le 21 janvier 2020.

 

Mise en scène : Marie Lamachère       

D'après un texte de : Barbara Métais Chastanier                 

Comédiens : M. Hallouin, E. Hériteau, J. Maignan, M. Muzammal Hossain Soheb, L. Riffault, D. Valero , R. Zaatour                                  

Genre : Contemporain                                                                               

Public : Tout public                                                                                     

Durée : 2h20

 

 

La pièce est une aventure Anarchico-écolo-collapsolo-sociale dans laquelle un melting-pot de comédien-ne-s répondent à nos problèmes sociétaux à leur façon.

 

Les comédien-ne-s parlent des langues différentes (bangla, occitan, français, arabe, québécois) et ce faisant, nous comprennons leur singularité et culture. Ce melting-pot de personnages arrive à représenter une micro-société inclusive. Leur avis sur le monde divergent avant de trouver un terrain d'entente : la vie communautaire.  

 

 

La scénographie est fournie et les supports visuels/sonores sont nombreux et pourtant peu utilisés à mon goût. Le "nid de roseaux" : une grande installation en fond de scène aurait mérité d'être plus mise en valeur. A contrario la projection (de vidéos, blogs etc.) est un peu envahissante à mon goût et ne sert pas toujours le propos. Par exemple la vidéo "éco-anxiété" est noyé dans d'autres discours et perd en importance alors qu'elle mériterait une réelle discussion.

 

J'ai aimé qu'on me parle de l'abandon des villes, du privilège blanc, d'écologie prise en compte, de relation avec les autres... Cependant, il m'a plutôt semblé avoir affaire à une fiction qu'à notre possible futur et cela m'a questionné : vais-je donc au théâtre pour voir la réalité, pour rêver, pour cet entre-deux ? Ce qui est sûr c'est que cette pièce mène au débat : Allez-y en groupe !

 

A.F

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1 février 2020 6 01 /02 /février /2020 19:28
Le Petit Prince
Le Petit Prince

Spectacle produit par le Théâtre du Kronope (84), vu le 29 janvier 2020 au Théâtre municipal de Salon de Provence.

 

Mise en scène : Guy Simon

Avec : Loïc Beauché et Anaïs Richetta.

Genre : Théâtre

Public : tout public à partir de 6 ans

Durée : 1h

 

Le Théâtre Armand est un magnifique théâtre à l’italienne. Cet après-midi, la salle est remplie d’enfants pour une représentation du « Petit Prince » mis en scène et joué par le Théâtre du Kronope, compagnie avignonnaise connue pour son univers baroque et l’utilisation de masques.

Cette nouvelle création est un défi. Le texte magnifique de St Exupéry est si connu, a été tellement joué qu’il peut sembler difficile d’en faire un moment exceptionnel. Défi totalement réussi !

La mise en scène est ingénieuse et astucieuse. Au premier plan, l’aviateur nous raconte l’histoire. Derrière lui, séparé par un écran en tulle et des jeux de lumières, l’univers plus onirique dans lequel évoluent le Petit Prince et les personnages qu’il rencontre au gré de son voyage.

Nous sommes embarqués dans l’histoire et partons pour un voyage agrémenté d’accessoires : le bureau-avion modulable, la machine à écrire (qui provoque le questionnement des enfants : mais qu’est-ce que c’est que ce truc ?), un ballon blanc volant représentant les planètes, la rose-marionnette qui parle ….

Tout le savoir-faire de la compagnie est adapté et mis au service de l’univers du Petit Prince. Deux acteurs interprètent tous les rôles avec une immense sensibilité, servis par leur capacité d’expression corporelle, vocale et gestuelle.

A la fin de la représentation, les acteurs viennent répondre avec beaucoup d’humour aux questions des enfants.

 

En partant, les phrases-cultes et le rire du Petit Prince résonnent encore longtemps dans nos oreilles. Bravo !

 

 

 

 

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30 janvier 2020 4 30 /01 /janvier /2020 00:46
tatouvu.com

tatouvu.com

Rosa Luxemburg Kabarett

Un spectacle produit par le collectif Ondes sensibles (84) et vu au Théâtre des Déchargeurs le 30 janvier 2020.

 

Texte : Viviane Théophidalès

Mise en scène : Viviane Théophidalès

Comédiens : Géraldine Agostini, Sophie de la Rochefoucauld, Anna Kupfer,Viviane Théophidalès, Bernard Vergne

Genre : Théâtre musical

Public : adulte

Durée : 1H40

 

 

C’est en allant voir avec mon amie Anne une conférence théâtralisée au théâtre de la Reine Blanche (théâtre associé au Théâtre des Déchargeurs) que nous avons repéré le « Rosa Luxemburg Kabarett » à venir. Rendez-vous était donc pris pour son prochain séjour parisien.

 

Ils sont cinq sur scène - quatre femmes et un homme – à convoquer les mânes de Rosa Luxemburg. Pour égayer un propos qui aurait pu paraître à d’aucun quelque peu abscons, c’est la forme cabaret qui a été retenue. Mais sur une si petite scène (3 m d’ouverture pour 4 m de profondeur environ), le terme est largement démesuré ! Pour tout cabaret, nous assistons à une succession de tableaux entrecoupés d’interludes (clavier, chant, guitare). Les mêmes causes produisant les mêmes effets, le décor se réduit à quelques accessoires scéniques : une tringle-paravent, une malle, quelques gros coussins et un banc. Qu’importe au fond : rien n’a plus d’importance à mes yeux qu’un texte et un jeu. Le problème, c’est qu’ils n’y étaient guère davantage, faute de mise en scène.

Le parti pris n'est pas clair. La mise en scène et le texte oscillent entre la narration et l’incarnation ; le passé et le présent. Veut-on raconter la vie de Rosa Luxembourg ou mettre l’accent sur sa pérennité ? De même à force de vouloir montrer la femme humble dans la pasionaria, on tombe dans l’anecdotique. Le jeu de la comédienne donne à voir une petite ménagère ordinaire à la voix trop fluette quand elle n’hurle pas en proie à une quasi démence. Une scène résume à mon sens tous ces dysfonctionnements. Rosa, juchée sur un banc est censée haranguer la foule lors de son célèbre discours de 1891. Outre son manque de charisme, des voix off et peu crédibles lui répondent. N’auraient-ils pas été plus judicieux que ses collègues comédiens se glissent parmi les spectateurs, lui répondent et chauffent la salle ? Dans cette pénible confusion, surgissent quelques moments de grâce : les intermèdes musicaux peuvent être de qualité comme cette belle chanson yiddish « pour tous ceux qui ont froid » ; la scène où Rosa Luxemburg prend congé de la mésange qu’elle a domestiquée le temps de son séjour en prison est drôle dans son jeu tout en pantomimes et sifflements ; enfin la scène où l’une des comédiennes raconte l’histoire de son grand-père communiste n’est pas dénuée d’émotions.

 

« Rosa Luxemburg Kabarett » n’a pas répondu à nos attentes. Créé en 2018, il a tous les défauts d’un spectacle jeune. J’avais vu, il y a quelques années « Rosa, La vie » : dans ce spectacle, Anouk Grinberg lisait la correspondance de Rosa Luxemburg, écrite en prison. Ne serait-ce que par la force du verbe authentique, la comparaison est cruelle.

 

 

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29 janvier 2020 3 29 /01 /janvier /2020 23:17
Photo: Victor Tonelli

Photo: Victor Tonelli

Dépôt de Bilan, de la compagnie « La gueule ouverte » (69) vu le 25 janvier 2020 à 20h30 aux « Trois soleils » . Première Sortie de résidence portée par le lieu.

 

Un spectacle de et avec Geoffrey Rouge-Carrassat

Collaboration artistique : Emmanuel Besnault

Création lumière : Emma Schler

Genre : Théâtre
Public : Tout public à partir de 14 ans
Durée : 1h00

Dans une salle comble, je suis venu découvrir le travail de ce jeune homme talentueux dont nous avions pu suivre les deux premiers spectacles « conseil de classe » et « Roi du silence » qui ont remporté un franc succès en 2018 et 2019 sur le Off d’Avignon. Après les thèmes de la jeunesse et de l’éducation puis celui des relations intimes, il nous propose celui de la « valeur » travail.

Sur le plateau avec un amas de tréteaux et de mannequins, un homme nous raconte sa vie et son rapport au travail. Il travaille trop mais il aime ça. Il nous parle avec un débit et une diction parfaite de cette vie qu’il s’est choisie, employé de bureau puis patron, qui s’investit toujours plus, dans un secteur d’activité qui n’est pas précisé mais qui laisse à chacun le loisir de se projeter ou d’imaginer.

Car cette confession intime, à la fois très caricaturale et très réaliste, dépeint un personnage qui souffre, soumis à toutes les pressions extérieures et qui s’est réfugié dans la performance, dans le « toujours plus » du monde du travail, dans cette réelle addiction, pour fuir d’autres réalités moins simples pour lui, car plus humaines : sa femme, ses enfants, les relations aux autres, le regard des autres…

La mise en scène est sobre et efficace, reposant sur la manipulation des objets sur scène, marque de fabrique de la compagnie. Le texte est dense mais limpide, drôle et incisif. Il nous confie que « M’amusez ne m’amuse pas » et qu’il organise des « Barbecues de convivialité » pour que ses employés soient heureux car un salarié heureux est plus performant. Sans rentrer dans une analyse politique néo-libérale de la « valeur » travail, il met en avant l’intime qui fait qu’un homme simple se transforme en bourreau de travail.

Heureusement, une interview entendue de Pierre Soulages (l’homme du noir lumineux, sûrement pas un hasard...), l’amène à une prise de conscience salutaire sur sa façon de voir la vie. Peut-être est ce là justement la valeur de l’art ?

Une première pleine de promesse pour ce spectacle qui vient clore une trilogie informelle autour de l’humain. Notez bien ce nom, Geoffrey Rouge-Carrassat, artiste multi-formes et généreux, qui semble transformer en or tout ce qu’il touche et qui aime sûrement beaucoup son travail.

 

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27 janvier 2020 1 27 /01 /janvier /2020 14:54
It Dansa
It Dansa

Spectacle produit par le Trait d’Union (16) et  vu à Avignon, à l'Opéra Confluence, le 26 janvier 2020.

 

Chorégraphie : Catherine Allard

Genre : danse contemporaine

Danseurs : Beth Andrews, Ange Clementine, Albert Carol, Marc Comellas, Leonardi Farina, Aleix Labara, Ioar Labat Bernio, VenetiaJia Yee Lim, Alexander Lopez, Jaume Luque, Berta Marti, Gaizka Morales, Elisabet Morera Julia Razquin, Nora Svendsgard, Ursula Urgelès. Apprentis Gloria Garcia et Yamil Ortiz.

Public : tout public

Durée : 1h50  entractes compris.

 

« It dansa » est une compagnie  composée de  jeunes danseurs internationaux et qui s’inscrit dans le cursus d’études post-universitaires de l’Institut del Teatre de Barcelone. Catherine Allard dirige la compagnie depuis 1997. Les spectacles, conçus avec une extrême exigence et une  grande qualité artistique, sont défendus avec talent, fougue et impertinence par tous ces jeunes interprètes.

 

Quatre tableaux sont présentés et deux ont particulièrement retenu mon attention. Le premier, « Kaash » d’Akram Khan, est rythmé par des tambours entêtants et la sublime synchronisation des danseurs en sarouels noirs, au style primitif et puissant dans une chorégraphie parfaite ; celle-ci illustre le désir du chorégraphe de construire des ponts entre danse contemporaine et danse kathak indienne.

Le second, « In memoriam », est une pépite signée Sidi Larki Cherkaoui. Ce sont 10 minutes de perfection. Trois danseurs explorent avec un très grand talent le thème de l’attraction-répulsion. Ils sont accompagnés par la polyphonie corse d’A.Filetta.

 

Ce spectacle, dans son ensemble, m’a offert un moment de danse contemporaine inoubliable.

 

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27 janvier 2020 1 27 /01 /janvier /2020 12:00
Et si vous y croyez assez, peut-être il y aura un poney
Et si vous y croyez assez, peut-être il y aura un poney

Spectacle produit par le Détachement International du Muerto Coco c/o Lo Bol (13) et vu au Théâtre des Halles à Avignon le vendredi 24 janvier.

 

Mise en scène : Maxime Potard

Comédiens : Raphaëlle Bouvier et Roman Gigoi-Gary

Genre : théâtre

Durée : 1 h

Public : tout public

 

Ces deux là nous parlent de magie mais avec une écriture personnelle et décalée, une voix amplifiée et des extensions électroniques spectaculaires qui témoignent des questions de nos « magiciens » d’un soir sur les conventions théâtrales. Ils nous feront découvrir un univers bien à eux avec du slam rempli d’humour, des blagues potaches, passant du grand sérieux à la fantaisie pure. Nous sommes happés dans leur filet poétique : c’est un moment jubilatoire de gouaille, de magie, de lecture bourrée de poésie, gai et très léger. Dans un univers surréaliste, drôle, voire perché, le duo nous réserve quelques tours et pas mal de surprises. 

Nous n’avons pas vu le poney, mais le lapin y était…

 

 

 

 

 

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27 janvier 2020 1 27 /01 /janvier /2020 01:07
Crédit : Mathilda Olmi

Crédit : Mathilda Olmi

Retour à Reims

Un spectacle produit par le Théâtre Vidy-Lausanne (Suisse) et vu à la Criée le 21 novembre 2019.
 

Adapté de l'essai Retour à Reims de Didier Eribon.
Mise en scène : Thomas Ostermeier
Comédiens : Cédric Eeckhout, Irène Jacob, Blade Mc Alimbaye
Genre : théâtre
Public : adulte
Durée : 2h



Un plateau de théâtre, un studio d'enregistrement, un écran de cinéma. On entre sans faire de bruit dans « Retour à Reims ». La moquette étouffe les sons, les micros les étoffent ; rien ne pourra être dit en l'air sur ce plateau qui se veut tout yeux tout oreilles.

Un silence feutré et habité qui nous invite à un beau moment d'attention à la création, grâce à l'intermédialité. Le moment présent existe pour lui-même - c'est le théâtre - mais aussi en vue d'une oeuvre postérieure - c'est la radio, l'enregistrement - qui se nourrit de souvenirs d'autres lieux et d'autres temps - c'est le cinéma. Un rendez-vous à la croisée des disciplines et des temporalités pour se demander que faire du passé au moment même où l'on peut adresser la parole au futur.

Trois personnages pour s'interroger : le réalisateur du documentaire, une actrice qui prend en charge la narration du film et le propriétaire du studio d'enregistrement. Loin de les réduire à leur fonction, Ostermeier réussit le tour de force de révéler la profondeur des personnages par la seule confrontation à leur environnement : les interactions immédiates entre eux, l'actualité politique, les réflexions et réactions autour de la pensée de Didier Eribon. La pièce est pensée à deux niveaux : l'essai « Retour à Reims » d'Eribon, dans lequel le sociologue pense par le biais de sa propre expérience les mécanismes d'exclusion et de différenciation sociale, et la genèse parallèle du documentaire. Rien n'est joué d'avance. Il faut parvenir à trouver ensemble comment distribuer et utiliser l'espace de création disponible. Justement, n'est-ce pas en remplaçant une parole politique absolue par la confrontation de différents points de vue mis à égalité qu'Ostermeier remporte son pari ? Pour comprendre la montée des nationalismes et lutter contre nombre de clichés, la pièce travaille à court-circuiter les a priori. Il faudrait voir à ne pas réduire les actrices à des dindes capricieuses et creuses, le rap à un genre mineur et illégitime, les gilets jaunes à un mouvement nationaliste, Eribon à un intellectuel entièrement dissocié de son passé... Chaque réplique est chargée d'une histoire, d'une réalité sociale. Chaque échange est une confrontation qui laisse entrevoir une fraternité possible. On peut qualifier le théâtre d'Ostermeier de politique, d'intégralement politique.

D'autant plus politique que son engagement ne se fait pas aux dépens de l'esthétique : c'est en étant vrai qu'il est beau. Par le réalisme des débats, dans une réception et une réaction directe au réel. Les très belles images du documentaire apportent un détour qui prévient l'effet « réel reconstitué » qui aurait pu survenir, même si les jeux de Cédric Eeckhout et de Blade Mc Alimbaye n'ont pas la constante spontanéité d'Irène Jacob.

Ostermeier propose donc une création riche en points d'interrogation, qui joue des variations d'esthétiques et de médias pour interroger nos représentations des classes : artistes, intellectuels, ouvriers, manifestants... Pari globalement réussi, même si je ne suis pas sûr d'avoir fixé mon avis sur la conclusion du spectacle. L'aspect choral ne court-il pas finalement le risque d'une instrumentalisation du réel, et donc la réduction à un argument politique ? Ou au contraire cette redistribution de la parole n'est-elle pas la preuve qu'elle a pu revenir à tout citoyen dont l'avis et la mémoire constituent notre identité nationale, et non pas seulement la parole émérite du sociologue ? Je vous invite vivement à pousser les portes du studio pour vous en faire votre propre avis...


 

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