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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
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Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

22 juillet 2015 3 22 /07 /juillet /2015 15:03
Le Tour de Valse - BD Concert
Le Tour de Valse - BD Concert

Spectacle vu au Festival d’Avignon, à 10h, à l'espace Alya, à voir jusqu’au 26 juillet

D’après la BD de Ruben Pellejero et Denis Lapière

D’après une idée originale de Tony Canton

Avec : Tony Canton (violon, samples, clarinette), Jean Pierre Caporossi ou Christophe Waldner (piano, claviers, machines)

Voix off : Ryan Vayda

Genre : Spectacle BD/concert

Public : Tout public à partir de 12 ans

Durée : 1h15

A priori, je n’avais pas sélectionné ce spectacle, n’étant pas particulièrement fan de BD d’une part, et parce qu’il me paraissait très éloigné de la notion de spectacle vivant. Mais finalement, le bouche à oreille m’a incitée à sortir des sentiers battus. Je n’ai pas regretté. Je me suis laissé embarquer dans cette histoire d’amour poignante, mise en musique et en sonorités qui "collent au texte et aux images", qui se déroule dans la Russie soviétique de Staline.

En septembre 1946, accusé d’être un Zek, un ennemi du peuple, Vitor Kolonieitsev est arrêté et déporté en Sibérie pour 10 ans de rééducation par le travail, comme de très nombreux autres. Après quelques années, à sa demande, sa femme Kalia cesse de lui écrire. Elle commence à réaliser une sorte de "press book" à son attention pour qu’à son retour il sache ce qu’il s’est passé dans la famille pendant son absence. Après la mort de Staline en 1953, des milliers de prisonniers sont libérés. Kalia n’a pas de nouvelles de Vitor, et laissant ses deux enfants désormais assez grands, elle décide d’aller en Sibérie pour savoir ce qu’il est devenu. Elle rencontre d’anciens prisonniers, apprend toute l’horreur des camps et entend parler de l’instauration d’une pratique perverse "Le Tour de Valse"…

Les musiciens accompagnent la projection en direct, et c’est juste un peu dommage qu’on ne puisse avoir plus l’œil sur eux, occupés que nous sommes à regarder les images et lire les dialogues. Les interventions d’une voix off (délicieux accent d’Iryano Vayda qui prête sa voix à Kalia) qui lit les lettres (projetées en même temps à l’écran) que Kalia envoie à ses enfants pour les informer sur ses recherches, rendent encore plus vivant et poignant ce récit. C’est donc bien un spectacle vivant qui nous est proposé, tout autant que s’il avait été "joué". La concentration des spectateurs n’a eu d’égal que leur enthousiasme à l’issue de la représentation, et les musiciens ont reçu une ovation méritée, destinée également à tous les techniciens qui sont intervenus sur ce projet.

En bref, une proposition très innovante à haute portée pédagogique. C’est sans aucun doute un spectacle qui trouve sa place auprès d’un public scolaire, assez sensible en général aux représentations graphiques, qui connaît peu ou mal, cet épisode de l’Histoire, très récent et médiatisé tardivement. Cela peut permettre une approche originale du stalinisme, et par là même, des dictatures, du totalitarisme, des univers concentrationnaires. Mais il peut aussi, de manière plus "légère", servir de base à des ateliers d’écriture, de dessin, et d’expression musicale.

Cathy de Toledo

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22 juillet 2015 3 22 /07 /juillet /2015 14:56
Molière x 3
Molière x 3

Spectacle de la Cie Emilie Valantin (07), vu au Festival d’Avignon, à 10h, au Pittchoun théâtre, à voir jusqu’au 26 juillet

Metteur en scène : Emilie Valantin

Jeu : Alexandra Ré, Pierre Saphores, Jean Sclavis

Genre : Marionnettes

Public : Tout public à partir de 5 ans

Durée : 45 min

La petite salle du Théâtre Pittchoun est bien remplie et ce n’est pas simple de placer tous les spectateurs pour que chacun puisse voir du mieux possible ! Le castelet a d’ailleurs été adapté aux dimensions réduites de l’espace scénique.

La Compagnie propose trois scènes extraites de pièces de Molière, adaptées pour la marionnette. Ainsi "Dandin ou la jalousie du Barbouillé" est illustrée par des marottes à tiges, "Le Médecin malgré lui" par des marionnettes à gaine, et "Le Malade imaginaire" par des marionnettes à fils. Pour les deux premières scènes, les manipulateurs utilisent un castelet, et pour la dernière scène, ils manipulent à vue les marionnettes sur une petite estrade à damiers. La Compagnie explique ces choix par le fait que chaque type de marionnette leur a semblé "compatible" avec le texte qu’elle illustre, "dandinantes" pour G. Dandin, vives et aptes aux coups de bâton pour Le Médecin malgré lui, fragiles et palpitantes pour Le Malade imaginaire. On peut en effet y voir un peu de cela.

Les marionnettes sont plutôt assez réussies, même si le faciès rappelle les poupées de porcelaine anciennes, avec un petit quelque chose des marionnettes traditionnelles de Guignol, probablement pas étranger aux antécédents d’Emilie Valantin. Les détails des décors sont soignés. Les trois manipulateurs, heureusement très pro, ont dû s’accommoder d’un espace restreint, particulièrement dans la dernière scène où ils manipulent en même temps 6 marionnettes. Cloches et carillons constituent l’accompagnement musical d’une prestation dans l’ensemble plutôt sympathique.

La compagnie ambitionne de proposer ses spectacles à un public mixé, ou totalement adulte. Ce n’est pas évident, particulièrement en France où les adultes ne considèrent pas que la marionnette puisse leur être destinée. Et pour le jeune public, surtout à 5 ans, je ne suis pas certaine qu’il soit très intéressé par les déboires familiaux de Monsieur Dandin… Peut-être trouveront-ils un intérêt plus marqué au Médecin malgré lui, dont ils retiendront surtout les coups de bâton, et au Malade imaginaire. Il me semble donc raisonnable de ne proposer cette trilogie au jeune public qu’à 7/8 ans, âge auquel il sera possible de les sensibiliser aux notions d’injustice, de torts redressés, à la critique de mœurs, toutes thématiques que la Compagnie souhaite souligner.

Cathy de Toledo

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22 juillet 2015 3 22 /07 /juillet /2015 14:49
La Nuit des Reines
La Nuit des Reines

Spectacle de la Cie les Amis de Monsieur (75), vu au Festival d’Avignon 2015, à 15h45, à l’Etincelle, à voir les jours impairs jusqu’au 25 juillet

De : Michel Heim

Avec : Gwenda Guthwasser, Franck Isoart, Renado Nasi, Jean Barlerin, Michel Heim

Mise en scène : Jean Pierre Rouvellat, Hélène Hamon

Genre : Théâtre

Durée : 1h20

Public : Tout public à partir de 12 ans

"L’Emule du Pape", du même auteur, que j’avais vu en 2013, m’avait fait forte impression et fait découvrir le maître de l’alexandrin grivois qu’est Michel Heim. Je ne pouvais rater cette année la reprise de cette pièce bien antérieure, créée en l’an 2000. Il semble que je ne sois pas seule à apprécier le style, il n’y a plus un strapontin de libre dans la salle de l’Etincelle !

Comme à son habitude, Michel Heim tire son inspiration d’une vérité historique à peine malmenée. En l’occurrence, la reine Catherine de Médicis a engagé des tractations de mariage avec Elisabeth 1ère d’Angleterre, vieillissante et surnommée la reine vierge, pour son fils préféré Henri III, afin de l’installer sur le trône d’Angleterre. Aujourd’hui encore la vérité sur la sexualité d’Henri III n’est pas clairement établie. On lui attribue cependant de nombreuses maîtresses, et en effet des relations incestueuses avec sa sœur, la reine Margot, qui en a probablement eu aussi avec ses autres frères, parmi les nombreux amants qu’on lui attribue.

La pièce met en scène la venue à la Cour de France d’Elisabeth, grimée en Sir Andrew, et à qui Michel Heim ne se prive pas de prêter des penchants homosexuels. Elle est accompagnée d’un duc de Buckingham autant à voile qu’à vapeur. La Reine est venue vérifier par elle-même les motivations de la mère et du fils, avant d’aller plus avant dans ce projet de mariage.

Voilà le prétexte à une course effrénée à la séduction autant des hommes envers les femmes, que des femmes envers les femmes, et bien sûr des hommes envers les hommes, puisqu’il semble bien que les frasques sexuelles visant à servir les intérêts réciproques, fassent partie des préoccupations principales de tout cette belle aristocratie !

Encore une fois, nul besoin de décor, sinon un simple trône pour une ou deux scènes, des costumes, fort beaux pour la plupart, pour servir le propos. Ainsi dans la scène d’ouverture, la grande robe de la Reine Margot sert-elle de cache à son frère Henri III en train de lui prodiguer quelques services qui semblent la combler si l’on en croit ses rires et ses gloussements…

D’entrée, le ton est donné, âmes sensibles, vous auriez dû vous abstenir ! C’est osé, irrévérencieux, mais c’est aussi drôle, intelligent, d’une écriture détournant subtilement les conventions du théâtre classique dont Michel Heim a le secret. Ajouté à cela un sens de l’autodérision qu’on ne peut que saluer, qui me semble propre à diminuer les tensions, et à nous guider vers plus de tolérance. A ne pas manquer…

Cathy de Toledo

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22 juillet 2015 3 22 /07 /juillet /2015 14:37
Amour, mensonge et obus de 75
Amour, mensonge et obus de 75

Spectacle de la compagnie Vox International (38), vu à l'Ecole du spectateur, le 15 juillet 2015 à 12h, à voir du 7 au 26 juillet dans le cadre du Off 2015

Création collective

Mise en scène: Guillaume Paul

Interprétation : Serge Catanese et Camille Pasquier

Genre : Théâtre musical

Public : Tout public

Durée : 60 min

J’avais adoré leur "Kabaravan", et j’étais impatient de découvrir la nouvelle création de la compagnie iséroise.

Dans un décor de désolation calciné, rappelant un bas-relief de monument aux morts dessiné par Tardi, une jeune fille et un poilu mort se croisent sans se voir. Hormis la première impression un peu pénible de comédie musicale et le sentiment de décalage quand ils attaquent les premières chansons - le micro-cravate dans un petit chapiteau était-il nécessaire et le volume des voix était peut-être un peu trop poussé -, je me suis laissé emporter par cet univers noir, transgénérationnel et pourtant curieusement porteur d’espoir.

Ce soldat aux airs de mort-vivant, fusillé pour l’exemple en 14/18, semble entretenir un lien invisible avec cette jeune femme, résistante un peu malgré elle en 39/45. Serge Catanese entre dans les entrailles de ce mutin révolté avec une force magistrale. Ses yeux hagards, ses mouvements syncopés, sa voix profonde, brutale et douce m’ont touché et nous font rentrer dans cette histoire où l’on découvre à son propre rythme ce que cette femme et cet homme ont en commun.

Lui nous offre ses fragments de vie. Il a été entraîné dans cette boucherie innommable, se battant pour des raisons qu’il ignore. Des bribes de souvenirs historiques ponctuent son récit, relayé par des chansons engagées, dans lesquelles se mêlent des morceaux d’humanité jetés avec une rage lucide: « Je vais braver l’homme, mon semblable… » hurle-t-il.

Pourtant, 25 ans après, la jeune résistante découvre à travers l’amour, le chemin de l’engagement et du combat dénoncé par ce poilu éclairé. Une occasion, à travers ces parcours croisés, de s’interroger sur l’obéissance et pourquoi pas sur l’organisation de notre société.

On se laisse envahir par cette étrange collision historique, et la magie d’une mise en scène rythmée et riche, nous permet de nous laisser immerger dans cette histoire sensible et poignante.

A découvrir!

Eric Jalabert

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20 juillet 2015 1 20 /07 /juillet /2015 12:55
Princesses en carton
Princesses en carton

Spectacle de la Compagnie Alma (66), vu le 15 juillet 2015, à l'Ecole du spectateur, à 10h15, à voir du 7 au 26 juillet dans le cadre du Off 2015

De et avec : Claire Olivier, Cécile Guerin, Muriel Sapinho

Genre : Théâtre dansé

Public : Jeune public à partir de 5 ans

Durée : 40 min

Dans le beau chapiteau du Bazar Forain, le public s’installe doucement. Le régisseur n’a pas terminé de mettre en place le décor, et vient terminer en toute hâte en amenant sous le bras, chacune des trois filles, raides comme des mannequins. Telles des poupées musicales, elles font un petit ballet charmant alors que commence la musique et que la voix off nous dit (de mémoire) : « Un roi voulait avoir trois garçons.. il a eu trois filles… »

Une sorte de générique ingénieux, drôle et visuel, nous montrant que les princesses/filles ne sont pas uniquement des images bien figées, mais qu’elles sont aussi vivantes et multiples que les autres. Un spectacle sur le genre avec un début très bien huilé.

Alors qu’elle démarre sur les chapeaux de roue, l’histoire ensuite poursuit un rythme plus classique. On voit les princesses bien proprettes se chamailler comme tous les enfants, chacune avec son caractère bien trempé, et finalement s’unir pour aller secourir leur père enlevé par des ennemis. L’occasion pour elles de montrer leur courage, leur débrouillardise et leur générosité en allant récupérer dans des contrés insolites les ingrédients d’une recette magique.

Mêlant théâtre et danse, utilisant avec ingéniosité accessoires et décors, ces trois princesses pleines d’énergie nous proposent un spectacle joyeux, visuel et plein d’humour. De chouettes images, comme le bal ou la traversée de la mer, permettent de montrer tout le potentiel évocateur du théâtre.

Cette toute nouvelle création méritera pourtant de s’affiner pour garder tout du long les qualités des premières minutes du spectacle, alliant précision, originalité et sens.

Un projet certes ambitieux, mais les comédiennes qui portent ce spectacle débordent d’une vitalité et d’une bonne humeur communicative qui leur permettront de le faire mûrir avec le temps.

Eric Jalabert

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19 juillet 2015 7 19 /07 /juillet /2015 11:33
Le Petit Chaperon UF
Le Petit Chaperon UF

Spectacle de la Compagnie Théâtre H (91), vu au Festival d’Avignon, à 10h15, Espace Roseau, jusqu’au 26 juillet

De Jean Claude Grumberg

Interprètes : Valentine Leyser, Guillaume Pannetier

Mise en scène : Clarisse Brunelet

Genre : Théâtre

Public : Tout public à partir de 8 ans

Durée : 55 min

Création 2015

C’est le loup qui raconte, ou plus précisément le Caporal Wolf… Alors qu’il était affecté à la surveillance des parcs, jardins et forêts, il croise le chemin d’une fillette de village insouciante et gaie, vêtue de rouge, qui traverse le bois pour se rendre chez sa grand-mère et lui porter à manger. Très vite il lui demande ses papiers sur lesquels est portée la mention U… Il lui apprend qu’elle est donc UF, et que les UFS n’ont pas le droit de porter du rouge, mais obligation de porter du jaune. Qu’ils n’ont pas le droit de manger ce qu’ils veulent mais seulement ce qui leur est autorisé, pas le droit de travailler, pas le droit d’aller où ils veulent, bref, à peine le droit d’exister, et encore… Il lui assène au passage quelques lieux communs répandus sur les nombreuses tares attribuées aux UFS.

Pour les adultes, au moins au-dessus de la cinquantaine, la tentative d’extermination des juifs par les nazis au cours de la guerre de 39/45 n’est pas une « histoire » inconnue. Mais pour les jeunes de moins de 25 ans, cela semble bien loin, voire « étranger », pour certains même sans fondement. Ainsi pour aider à véhiculer le message, la compagnie Théâtre H a-t-elle choisi de confier les rôles du Chaperon et du caporal Wolf à deux très jeunes comédiens de 18 et 19 ans.

Guillaume Pannetier, très largement servi par son physique, grand, mince, blond, les mâchoires carrées, incarne parfaitement le type « aryen ». Il est à l’aise dans son rôle, s’approprie un accent allemand qui sied pour débiter des phrases hachées (dans le style télégraphique faisant abstraction d’articles et mots inutiles du rôle écrit par Grumberg), ponctuées de « Rapapapapa... Tututtut... Ttssstt... » bien plus inquiétants et évocateurs des penchants du loup que « pas si vite, attention, etc. ». Valentine Leyser paraît moins à l’aise, mais sa jeunesse est aussi le reflet de la fraîcheur et de la naïveté du personnage. Toutefois, le spectacle est encore très récent, c’est son premier rôle, et il faut lui laisser le temps de prendre de l’assurance au fil des représentations.

La mise en scène soignée de Clarisse Brunelet s’appuie sur un décor fait de planches dressées figurant les arbres de la forêt, qui tombent les uns après les autres, jusqu’à ne laisser debout que la porte de la grand-mère devenue clandestine dans ce texte, et celle du marchand de tabac qui l’aide à se cacher. Les éclairages en biais donnent l’effet de la lumière diffuse à travers branches dans les sous-bois, aux heures sombres du soir. Ce côté sombre est accentué par le choix de costumes de teintes foncées avec seulement quelques tâches colorées, le manteau rouge et le châle jaune du chaperon, et le brassard rouge portant un masque de loup stylisé du caporal Wolf… Seuls quelques intermèdes musicaux teintés de musique klezmer apportent douceur ou nostalgie. Heureusement la scène finale voit la rébellion de la fillette, qui veut cesser ce « jeu » et revenir à la vraie histoire du Petit Chaperon Rouge…

La transposition de l’histoire originale à cette période de l’Histoire nécessite pour le jeune public un accompagnement et/ou une préparation en amont. Ce spectacle paraît ainsi tout indiqué pour un public scolaire.

A noter que le spectacle est annoncé pour une durée de 1h10, alors qu’il ne dure pas tout à fait 1h, ce qui est suffisant en termes de concentration pour le jeune public.

Cathy de Toledo

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19 juillet 2015 7 19 /07 /juillet /2015 11:33
Caché dans son buisson de lavande, Cyrano sentait bon la lessive
Caché dans son buisson de lavande, Cyrano sentait bon la lessive

Spectacle de la Compagnie Hecho en casa (64) / Taï Marc Le Thanh et Rébecca Dautremer, vu au Festival d’Avignon, à 12h25, Les Lucioles, jusqu’au 26 juillet

Inspiré de "Cyrano de Bergerac" d’Edmond Rostand

Interprètes : Sophie Kastelnik, Anaïs Sindera, Viviana Souza

Metteur en scène : Hervé Estebeteguy
Genre : Théât
re

Public : Tout public à partir de 6 ans

Durée : 55 min

Ce titre, très drôle, est à lui seul tout un programme ! Derrière se cache la transposition de l’œuvre de Rostand dans le Japon médiéval, ne conservant du roman que ce qui en constitue le moteur, l’amour de Cyrano pour sa cousine Roxane. Complexé par son nez, il n’ose déclarer sa flamme. Roxane, elle, n’a d’yeux que pour Christian de Neuvillette, aussi bête et naïf que beau, cadet du Roi qui vient de rejoindre la Compagnie de Cyrano, devenue ici compagnie de samouraïs. Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, Cyrano met ses talents de poète au service d’un Christian peu doué pour toucher la sensible et raffinée jeune femme. Ses écrits, prêtés à Christian, lui permettent d’exprimer ses propres sentiments.

Trois femmes chantant une balade japonaise, apparaissent en fond de scène derrière un immense écran dépoli, qui uniformise l’éclairage. Elles se rejoignent autour d’une table roulante en bois, supportant un jardin japonais avec fontaine et plantations miniatures. Elles entreprennent de nous conter l’histoire de Cyrano, comparé à un arbre nain, et Roxane symbolisée par un grand pavot rouge protégé par une serre de verre.

Dans des costumes inspirés du Kabubi, des masques du théâtre Nô, s’inspirant de la gestuelle des danseurs Buto, les trois comédiennes se glissent tour à tour dans la peau de Cyrano, Christian, Roxane, de Guiche le rival de Christian. Elles nous entraînent dans les scènes principales du roman. Même si les mots ne sont pas tous ceux de Rostand, et si des clins d’œil humoristiques se sont glissés dans le texte, l’essentiel se déroule sous nos yeux. L’aveu à Cyrano de leur attirance mutuelle par Roxane et par Christian, la célèbre tirade du nez, la scène mythique du balcon, le départ à la guerre et la mort de Christian au champ de bataille, le moment où Roxane comprend enfin que les poèmes qui touchaient profondément son cœur étaient de Cyrano, lui ouvrant les yeux sur ses propres sentiments.

La scénographie ingénieuse utilise des structures de bois modulables. Un pan de mur végétal par lequel les comédiennes entrent en scène, se transforme pour accueillir les noces de Roxane et Christian, interrompues par le départ à la guerre. Le jardin, lieu paisible de détente et de jeu, planté de fleurs, se transforme alors de manière inattendue en champ de bataille. Complétant ce décor magique, les costumes inspirés des tenues samouraïs, les danses, les masques, les parfums et odeurs diffusés dans la salle, l’accompagnement musical japonisant et les bruitages, les nombreux détails raffinés, ombrelles, lampions, bonsaïs, tout concourt à nous transporter au cœur du Japon. C’est un véritable dépaysement, et l’on reste émerveillé.

Les trois comédiennes sont magnifiques. Le jeu est fluide, sans temps mort, la gestuelle précise. Elles font de ce spectacle un moment privilégié de grâce et de poésie, propre à enchanter les grands et les petits. Alors faites-vous plaisir et emmenez vos enfants découvrir Cyrano dans son buisson de lavande !

Cathy de Toledo

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19 juillet 2015 7 19 /07 /juillet /2015 11:20
Western Solo ou de la difficulté de rester malhonnête

Spectacle de la Compagnie MaGma (75), vu le 16 juillet 2015 à 21h, au Tri Postal (sortie de création), dans le cadre des Ateliers d'écriture de Chroniques Culturelles, Multiples et Populaires

D’après des textes de O‘Henry

Interprète : le facteur Boyaire

Genre : Seul en scène

Public : Tout public à partir de 10 ans

Durée : 45 min

Jawad :

Dans la cour de ce lieu emblématique de la vie associative avignonnaise, boissons rafraîchissantes à disposition autour d'une table basse en OSB et de fauteuils en palettes recyclées (tout à fait confortables), peu de public au rendez-vous pour cette toute première représentation.

L’acteur nous conte deux courtes nouvelles de 20 minutes environ tirées des écrits de O’Henry. Dans un far west en mutation, des histoires de charlatans, de bonimenteurs, pleines de facéties et se jouant du retournement de situation comme de la morale subjective.

Le texte très littéraire, le seul en scène, l’absence de mise en scène autre que le jeu de l’acteur me réclament une attention soutenue pour profiter pleinement du récit. Pour autant l’effet comique se révèle par le texte, bien maîtrisé par l’acteur.

Les prochaines représentations auront lieu au Code Bar, les 17, 18 et 19 juillet à 16h, un café intramuros, ce qui je pense devrait apporter un certain côté "brèves de saloon" se prêtant bien au format.

Eric :

Un spectacle en rodage, présenté au Tri Postal d’Avignon en plein air, devant une poignée de personnes, dont plusieurs usagers de l’accueil d’urgence, confortablement installés sur le nouveau salon-cuisine réalisé lors du dernier Tri Possible de juillet.

Le personnage, habillé en cow boy urbain, nous raconte les histoires du tout début du XXe siècle aux Etats-Unis, à l’époque du "tout est possible". Il nous raconte sa vie aux multiples métiers, notamment celle d’un vendeur de médecine miracle, un escroc poète patenté, empêché de pratiquer sa médecine puisque le docteur de la ville est le cousin du shérif. L’entre soi déjà présent ! Son dense récit nous entraîne dans ces contrées lointaines de l’Ouest américain, et telle une fable nous offre un retournement de situation que je ne vous conterai pas. Pour sa seconde histoire, notre personnage, toujours tenté par l’embrouille facile, nous entraîne sur les traces de l'arroseur arrosé.

Cette idée de mêler l’esprit de La Fontaine aux personnes rudes de l’Amérique profonde fonctionne bien, et cette phase de rodage me semble intéressante pour asseoir davantage le personnage dans son rôle de roublard sympathique. Une première sortie réussie dans ce lieu expérimental qu’est le Tri Postal.

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19 juillet 2015 7 19 /07 /juillet /2015 10:15
Le maître et le chanteur
Le maître et le chanteur

Spectacle de la Compagnie Soleluna(69), vu au Théâtre des remparts, à 17h50, le 16 juillet 2015, à voir du 4 au 26 juillet dans le cadre du Off 2015

Auteur : Michel Heim

Interprétation : Giorgio Carpintieri (le maître), François Tantot (l’élève), Nelly Lachise (piano)

Genre : Comédie tragique et musicale

Public : Tout public à partir de 12 ans

Durée : 70 min

Devant une salle quasi complète, un homme pas tout jeune et ventripotent s’installe dans un salon intérieur en bazar : fauteuils agonisants, bouteilles d’alcool gisant ici et là, vieux journaux épars sur le sol… On sent une immense solitude qu’il occupe comme il peut.

Nous allons suivre une heure durant, l’échange entre un Maestro, auréolé d’une gloire passée, et de son jeune élève venu préparer une audition pour le rôle de MacBeth. Un maître imbu de sa personne, tyrannique, outrageux dont on imagine aisément une descente aux enfers. L’occasion d’alterner des échanges et des questionnements sur le monde de l’art, sur les routes du succès, sur l’intériorité des interprètes, mais aussi d’entendre des propos choquants et provocateurs, ironiques (?), notamment sur la confrérie des pédérastes qui a pris l’opéra en main… Le tout entrecoupé d’airs d’opéra, chantés en direct et avec brio, et accompagnés au piano.

Du coup, ce mélange de genre (on a compris, le maestro est un vieux nostalgique aigri) m’a laissé interrogatif.

"L’opéra est l’art de l’outrance, de l’artifice […] mais c’est la sincérité qui est le plus important! " Ces propos du Maestro illustrent peut-être le ton donné au spectacle.

Mêlant technique d’opéra, lieux communs et causticité, oscillant entre humour, dénonciation, réalisme et provocation, ce spectacle reste pourtant une belle porte d’entrée pour découvrir l’opéra pour ceux qui ne le connaissent pas. L’interprétation des comédiens est très réussie, et le maître et l’élève portent avec sincérité leur personnage. La fin, un peu outrancière ici encore, ne vous sera pas dévoilée ici.

Un de ces spectacles passerelle qui permet d’ouvrir des horizons, et pourquoi pas donner l’envie d’aller découvrir l’univers décalé et furieux de l’opéra.

Eric Jalabert

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19 juillet 2015 7 19 /07 /juillet /2015 10:11
Flat/grand délit et Cristina
Flat/grand délit et Cristina

Spectacle de la Compagnie Yann Lheureux (34), vu au Théâtre de l’Oulle, à 10 h 15, le 16 juillet 2015, à voir du 6 au 26 juillet (relâche le 22 juillet) dans le cadre du Off 2015

Conception et chorégraphie : Yann Lheureux

Interprètes : Vincent Warin et Cristina Hall

Genre : Danse

Public : Tout public

Durées : 27 min et 30 min

Deux petites formes successives, des spectacles passerelles, permettant d’ouvrir des portes vers des formes d’arts vivants multiples.

Le premier est tiré d’un triptyque sur les pratiques urbaines, suivi d’un autre autour du Flamenco, tiré également d’un triptyque.

Flat/grand délit :

Sur le plateau, un corps désarticulé sur un BMX, ces vélos acrobatiques tout terrain permettant toutes les extravagances.

L’image est belle et je sens, dans ce corps en mouvement sur un objet lui-même en mouvement, la vie, les questionnements, la rage…

J’y ai vu le tourment adolescent, l’incertitude du cheminement. Hésitant parfois, accélérant soudain sur ce petit engin nerveux, Vincent Warin, champion de France et vice-champion du monde de la discipline, s’émancipe de la technique pour nous offrir un vrai poème urbain.

La musique, lancinante au début, contribue à cette idée de malaise latent d’une jeunesse qui se cherche. L’apport sonore, un micro suspendu d’un côté du plateau – la touche personnelle du chorégraphe Yann Lheureux qui aime associer le son au mouvement –, m’a laissé interrogatif. Quelques mots scandés au micro nous font imaginer l’intemporalité de ce statut d’adolescent qui perdure dans le temps : "j’ai 31 ans… j’ai 16 ans… j’ai 7 ans…"

J’ai apprécié particulièrement ces images fortes, créées autour de la machine et de l’homme, permettant d’accrocher un public pas forcément ouvert à la danse. C’est ce que j’appelle un spectacle passerelle.

Eric Jalabert

Flat/grand délit et Cristina
Flat/grand délit et Cristina

Cristina :

Une femme, danseuse de Flamenco, vient nous faire partager cette énergie sauvage et contenue, que j’ai forcément associée à la première partie, alors qu’elle en est indépendante.

Cette multitude d’images, que je n’associais pas toujours entre elles, m’a laissé un peu décontenancé. Cristina Hall pond des petits œufs avec sa bouche, crache des pop-corns tout autour d’elle, sort une soufflerie phallique pour disperser le tout sur le plateau.

Il s’agit en fait de retracer le parcours de la danseuse américaine vivant à Séville, que j’ai découvert après coup dans le dossier de présentation.

Même si le sens m’échappe un peu, il me restera de belles images de cette performance, comme cette robe cocon que la danseuse remonte pour se couvrir sa tête. Un spectacle original, mais dans lequel je n’ai pas pu forcément rentrer tant les séquences sont multiples.

L’idée d’associer ces deux extraits reste pour autant une idée intéressante, sur cette image homme/femme aux questionnements et aux visions différentes.

A vous de vous faire une idée jusqu’au 26 juillet.

Eric Jalabert

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Published by Eric Jalabert - dans Spectacle Tout public
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