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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
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les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

25 juillet 2017 2 25 /07 /juillet /2017 14:55
Polichinelle et Orphée aux enfers
Site compagnie

Site compagnie

Spectacle de l'Ensemble Faenza/Marco Horvat (88/75), vu le 20 juillet 2017, AVIGNON OFF 2017, Théâtre chapeau d’Ebène, 10h15 sauf mercredi.

Scénario : Marco Horvat
D’après : Jean-François Regnard (1689) et Louis Fuzelier (1711)
Avec : Nicolas Gousseff (marionnette/chant), Marco Horvat (chant/théorbe), Olga Pitarch (chant/épinette/marionnette)

Genre : Spectacle musical marionnettique
Public : Tout public à partir de 7 ans
Durée : 1h

Comme l’a fait sommairement Nicolas Gousseff avant le spectacle, il n’est pas inutile de préciser ce qu’est le théâtre de la Foire. Au XVIIIe siècle à Paris, parallèlement aux théâtres officiels, lors des deux importantes Foires d’hiver et d’été, des théâtres "officieux" proposent des spectacles de marionnettes, pantomimes, acrobates qui rencontrent un grand succès populaire. Ce qui suscite jalousie et attaques de la part des scènes officielles, qui interdisent à ces troupes les dialogues, les acteurs, la parole, la chanson, bref tout ou presque ! Pour contourner les interdits, les théâtres de la Foire font preuve d’une grande inventivité, allant jusqu’à faire chanter le public en lui donnant à lire des textes inscrits sur des écriteaux. L’ensemble Faenza nous propose une parodie du mythe d’Orphée, inspirée de cette forme théâtrale particulière.

C’est d’abord un adorable Polichinelle, par l’esthétique s’entend, un tel adjectif ne pouvant lui être associé, qui fait son apparition, petite marionnette manipulée derrière un voile rouge par un extraordinaire Nicolas Gousseff, qui ne se limite d’ailleurs pas à la manipulation, mais joue et chante également. Il rappelle au public les grandes lignes du mythe d’Orphée, demi-dieu, éperdument amoureux de sa femme Eurydice qui succomba à la morsure d’un serpent. Il partit la chercher jusque dans le Royaume des Morts et réussit à convaincre Hadès, maître des Enfers, de les laisser repartir ensemble. Mais celui-ci y mit une condition, qu’Orphée oublia de respecter : ne pas regarder Eurydice tant qu’ils ne seraient pas sortis du Royaume des Morts, sous peine de la perdre à jamais… 

Dans un décor aussi dépouillé qu’efficace, fait de pendrillons de différentes hauteurs dans une harmonie de tons gris, beige, marron, et de quelques blocs servant de sièges, table ou lit, les personnages réels que sont devenus les héros mythologiques, font leur entrée. Orphée, maître de musique et joueur de théorbe (instrument ancien méconnu qui ressemble à un grand luth), vient donner sa leçon à Mlle Eurydice, qui fait ses gammes sur son épinette. Il y a entre les deux manifestement plus qu’une relation maître/élève…
L’intrusion de Polichinelle, qui tente de séduire Eurydice, vient modifier quelque peu le cours des choses. Manipulée par Olga Pitarch lors d’une scène magique illuminée par sa voix mélodieuse, la marionnette à l’effigie d’Eurydice prend peu à peu sa place auprès de Polichinelle, donnant ainsi corps à un deuxième couple en miniature, sorte de miroir du couple Orphée/Eurydice.

Les personnages et marionnettes évoluent, se poursuivent au milieu des pendrillons, déplacés à loisir en fonction des besoins scéniques, sortes de voiles aériens qui se prêtent à de nombreuses manipulations, contribuant à un effet de fluidité et de légèreté.
Le spectacle est accompagné d’extraits musicaux classiques et de chants lyriques de compositeurs connus, et de chansons traditionnelles ou satiriques, que le public (petits et grands) entonne de bon cœur à la lecture des écriteaux qui lui sont proposés.

Ce spectacle est un réel bonheur qui mêle musique, chant, jeu et manipulation de marionnettes, avec tout autant de talent des intervenants dans chaque domaine. C’est le spectacle qui m’a le plus séduite de tous ceux confondus que j’ai vus cette année (près d’une trentaine).
N’hésitez pas à faire le chemin jusqu’au théâtre du Chapeau d’Ebène, qui offre de surcroît un magnifique écrin à ce merveilleux spectacle.  

Cathy de Toledo

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Published by Cathy de Toledo - dans Spectacle Tout public
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25 juillet 2017 2 25 /07 /juillet /2017 14:44
Deux pas vers les étoiles
Site Avignon Off catalogue

Site Avignon Off catalogue

Spectacle de la Cie Les Lucioles (60), vu le 17 juillet 2017, AVIGNON OFF 2017, Espace Alya, 13h35 tous les jours sauf mercredi.  

Texte : Jean Rock Gaudreault
Mise en scène : Jérôme Wacquiez
Interprétation : Flora Bourne Chastel, Christophe Brocheret

Genre : Théâtre
Public :  Tout public à partir de 7 ans
Durée : 1h

Cornélia et Junior rentrent de l’école. Une rumeur prétend qu’ils sont amoureux, ce qui les agace  beaucoup, surtout Junior ! Comment donc faire taire cette rumeur infondée ? Leurs échanges pour trouver une solution dérivent vers des confidences sur leurs projets d’avenir. Cornélia rêve d’être journaliste, belle et aimée, Junior d’être astronaute pour aller vers les étoiles. Et il a décidé de partir pour vivre son rêve. Après avoir laissé une lettre à son père, et préparé son sac, Junior se dirige vers la voie ferrée, avec Cornélia, qui finalement a choisi de l’accompagner. Ils s’endorment en attendant le train qui tarde beaucoup, à proximité d’une voie désaffectée…

Les deux comédiens se déplacent dans un décor épuré, avec en fond de scène une grande carte aux contours des USA, qui figure l’immensité du ciel, où quelques points brillent telles des constellations, et qui sert aussi d’écran. Peu d’objets aussi, sinon de superbes structures en rotin, qui s’épanouissent en de belles corolles rouges très esthétiques, apparaissent dans le dernier tableau.

Flora Bourne Chastel et Christophe Brocheret sont vraiment charmants, et par leur jeu "naïf", tout en subtilité, sont parfaitement crédibles dans leurs rôles d’enfants imaginatifs. Et même si leur rêve aujourd’hui ne se réalise pas, ils rentrent chez eux sans regret ni tristesse. Demain ils continueront de s’évader dans de nouvelles aventures, réelles ou inventées…

Ainsi, le jeu des acteurs, la scénographie inventive et soignée, la bande son - un air d’opéra, Mozart, et la BO du film le Parrain qui accompagnent les changements de plateaux -, tout concourt à faire de ce spectacle un vrai moment de légèreté et de rêve, qui ravira petits et grands qui retrouveront (un peu) leur âme d’enfant.

Cathy de Toledo

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25 juillet 2017 2 25 /07 /juillet /2017 14:38
Madame est morte
Site Cie Antonin Artaud

Site Cie Antonin Artaud

Spectacle de la Cie Antonin Artaud (06), vu le 19 juillet 2017, AVIGNON OFF 2017 Théâtre de l’Etincelle, à 11.50 h tous les jours sauf le lundi.

De : Michel Heim
Avec : Thierry Colfi, Chantal Giraudin, Jules Vallauri

Genre : Comédie
Public :  Tout public à partir de 10-12 ans

Durée : 1h15

Michel Heim n’est pas présent en chair et en os à l’Etincelle cette année, mais j’ai pu une nouvelle fois apprécier sa truculente plume, toujours inspirée par l’Histoire de France, portée par la Compagnie Antonin Artaud à qui M. Heim a donné l’exclusivité de ce texte. Cette fois, c’est la Grande Mademoiselle, Anne Marie Louise d'Orléans, duchesse de Montpensier, qui est le pivot de l’intrigue aux côtés de ses cousins, le roi Louis XIV et son frère Philippe d’Orléans, dit Monsieur. A la mort de Madame, épouse de Monsieur (soupçonné au demeurant de l’avoir empoisonnée), le Roi veut marier son frère à Mademoiselle, afin de "caser" sa riche et vieillissante cousine et faire taire les rumeurs d’homosexualité de son frère. Mais celle-ci, qui après avoir refusé de nombreux partis est tombée amoureuse du duc de Lauzun, gentilhomme volage de la Cour, ne l’entend pas de cette oreille.

Le texte, toujours en alexandrins, agrémenté de paroles de chansons connues glissées fort à propos, fait parfois dans le scabreux, mais eu égard aux situations licencieuses en vogue à la Cour qu’il décrit, on ne saurait lui en faire reproche. En fait, pour celui qui connaît les œuvres de Michel Heim, rien que de très normal…

Comme de coutume, le décor est réduit au minimum, et réorganisé au gré des scènes, mais les costumes sont beaux et soignés, complétés par de belles perruques dignes de l’époque. Les trois comédiens, avec une mention spéciale pour Jules Vallauri, parfaitement à l’aise dans le rôle de Monsieur, portent avec justesse le texte de Michel Heim, et se laissent aller au plaisir du jeu – voire de l’improvisation – dans lequel ils ont parfois eux-mêmes du mal à garder leur sérieux !

Le public nombreux ovationne comme il se doit ce grand moment de théâtre, respectueux d’une vérité historique qui n’a rien à envier à l’intrigue la plus embrouillée qu’on puisse imaginer, assorti d’un non moins grand moment de détente et de rires, grâce au texte qui nous la sert. Une valeur sûre…

Cathy de Toledo

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25 juillet 2017 2 25 /07 /juillet /2017 14:32
Le voyage de Paquita

Spectacle de la Compagnie Air D'ailleurs (38), vu le 24 juillet 2017 à 10h, Festival Avignon OFF 2017, du 7 au 30 juillet, au théâtre de l'Atelier Florentin.

 

Auteur et metteur en scène: Eric Latil

Interprétation: Dora Caicedo

 

Genre: Spectacle musical

Public: Jeunes enfants

Durée: 45 min

 

J'observe le décor, comme à chaque entrée en salle ; une petite table basse, une jolie boîte, une autre petite table, une guitare, beaucoup de rouge, de couleurs vives. Retentit alors une chanson brésilienne (ça c’est elle qui nous le précisera), la comédienne/conteuse fait son entrée en mélodie. Un joli accent d’Amérique du Sud dessinera cette histoire.

Native de Colombie, la conteuse fait voyager les enfants autour de plusieurs pays d’Amérique latine et à travers de nombreux personnages (poupée, animaux...).

 

Les nombreuses chansons accompagnées de la guitare nous permettent de passer d’un pays à un autre bien qu’à mon sens la mélodie de certaines chansons était assez répétitive.

J’ai remarqué que les voix de certains personnages n’étaient pas assez distinctes les unes des autres pour se repérer dans les dialogues. Des hésitations régulières dans le texte m’ont fait sortir du spectacle à plusieurs reprises.

L’interaction proposée avec le public et notamment les enfants pourrait, selon moi, être encore plus présente dans ce type de spectacle musical.

Bien que très intéressée par le sujet abordé, "la planète, l’environnement, l’écologie", je ne serai pas réellement conquise tout au long du spectacle.

 

Cependant, le thème est abordé de manière ludique et accessible pour les jeunes enfants avec une belle énergie et un joli décor très coloré. En effet, les différents personnages et les éléments de la nature (rivière, cordillères des Andes...) ressortent pleins de vie et pleins de couleurs au fur et à mesure de l’histoire. Les enfants que je pouvais voir à proximité me semblaient très captivés par ce voyage musical, culturel et environnemental.

 

Valérie Desbrosse

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25 juillet 2017 2 25 /07 /juillet /2017 14:26
Monsieur Caire

Spectacle de la Compagnie Les Nomadesques (75), vu le 18 juillet 2017 à 17h25, Avignon OFF festival 2017, du 7 au 30 juillet, au Théâtre Arto.

Auteur et Interprète: Vincent Caire
Mise en scène: Karine Tabet et Vincent Caire

Genre: Comédie
Public: Tout public

Durée: 1h

 

Un des premiers spectacles où je n’arrive pas très en avance. Une file d’attente déjà formée devant la porte, qui prend de la place sur la rue. Je me dis que c’est bon signe d’autant qu’une personne de l’accueil précise que c’est très souvent complet.

Un bureau, un tableau de classe et un portemanteau sont déjà sur scène.

Surprise par un bruit, comme mes voisins, je me lève, l’ouvreur de la salle tombe sur la scène et annonce le début du spectacle. Vrai, pas vrai ? Je me sens dans l’ambiance.

 

Le personnage du professeur entre dans la salle tel qu’il rentre dans la classe, nous devenons alors ses élèves et j’apprécie l’interaction avec le public. Je pressens une représentation participative, ça me parle.

Pourtant au bout de 10 minutes, je comprends que l’humour utilisé ne me fait pas d’effet. Je ne suis pas réellement surprise par la large palette de personnages joués par le comédien et le texte proposé. Je ne peux nier les compétences théâtrales de ce comédien, il assure son rôle, ses rôles, mais il les exagère trop à mon goût. Rapidement j’ai une impression de clichés et de caricature, bien qu’il explique lui-même (à la fin) avoir choisi volontairement d’exagérer de temps à autre pour la réalisation du spectacle. Je n’ai donc pu me concentrer réellement sur la scénographie, la lumière, le son, puisque j’ai tenté d’être à l’écoute et de me laisser aller dans l’humour proposé. En vain.

Tout au long de la représentation, une poignée de personnes rit aux éclats et je comprends que je suis peut-être en train de passer à côté de quelque chose. Il s’agit sûrement d’un humour qu’on apprécie ou pas.

 

Le sujet du spectacle m’intéresse, c’est pour cela que je m’y suis rendue, c’est la forme choisie qui n’a pas eu d’impact sur moi et l'humour proposé. Il y a tellement de types d'humour.

La pièce reste pour autant très dynamique, le comédien a une belle énergie et une partie du public est conquis par l’humour proposé.

Je pense donc qu'il fait partie des spectacles qui ont leur public.

 

Valérie Desbrosse

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25 juillet 2017 2 25 /07 /juillet /2017 14:13
Toute ma vie j’ai été une femme

 

 

©Lauren Muyumba

 

Spectacle de la compagnie KiBu (93), vu le 16 juillet 2017, Festival Avignon OFF 2017, théâtre Au Bout Là-Bas.


Avec : Sophie Kircher, Sarah Bussy
Mise en scène : Sarah Bussy, Sophie Kircher

 

Genre : Théâtre
Public :
 A partir de 8 ans (voire plus…)
Durée : 50 min

 

"Toute ma vie j’ai été une femme" a de quoi surprendre. Il faut lâcher prise et se laisser emporter par ce remue-ménage au féminin (ou remue-méninges ?) quitte à perdre le fil. Le texte de Leslie Kaplan s’adresse davantage à des initiés, avec ses sens cachés et ses jeux de mots. On regrette de ne pas tout comprendre, mais le public rit et c’est bon signe. Cette pièce contemporaine loufoque fait son petit effet. Le texte fuse, les déplacements déménagent et les deux comédiennes assurent.

 

Sans être une œuvre féministe à proprement parler, la pièce reflète une société en quête de sens et interroge la place de la femme aujourd’hui. Les deux protagonistes se répondent du tac au tac pour parler de tout et de rien, et semblent employer une autre langue tout en arrivant à se comprendre. Echanges burlesques, discours creux, tics de langage, répétitions… Dans cet univers fantaisiste et décalé, le thème principal serait plutôt le langage, lui-même symptomatique d’une société qui semble tomber dans l’absurde. Sur le plateau, tout va vite : débit de paroles, rythme de vie, temps de réflexion…
D’où vient ce besoin de courir au quotidien ? Prenons-nous réellement le temps de nous écouter ? On peut se perdre à travers la vivacité des échanges, parfois trop rapides et dénués de sens (ou du moins on n’a pas vraiment le temps de creuser…). On en vient parfois à se demander quel est le sujet de la pièce. Mais soudain, il arrive de retrouver le fil conducteur. Une courte séquence avec la voix off d’une radio fait entendre une question qui résume à elle seule le poids de la responsabilité féminine sur tous les plans (travail, famille…) et la culpabilité qui en découle.

 
A qui cherche-t-on à ressembler ? Le texte questionne les désirs féminins, la sexualité ou encore les nouveaux modèles. Et le sujet ne concerne pas seulement la gent féminine. Sommes-nous transformés par la société de consommation ? La publicité et les programmes télévisés sont-ils en train de lessiver nos cerveaux ? Le spectacle commence avec une séquence vidéo où la gagnante d’une émission TV se demande en boucle : "Pourquoi elle me ressemble, cette femme dans le magazine ?"
Les deux copines, tout au long du spectacle, se posent à la fois des questions superficielles et existentielles. A première vue tout semble léger mais, en lisant entre les lignes, la pièce aborde des sujets plus profonds, toujours sous un angle humoristique. On apprend plus tard que la gagnante de l’émission a notamment reçu une brosse à dents en cadeau, qu’elle avait la cataracte et que l’autre participante a vécu un inceste.

Les cartons, au-delà d’être utilisés comme principal décor, ont une fonction bien particulière : donner libre cours à l’imagination et à l’interprétation. A l’intérieur, on peut y mettre ce que l’on veut. D’un point de vue extérieur, les déménagements à répétition créent à chaque fois un cadre nouveau. Cette mise en scène abstraite évoque les constructions et déconstructions du langage. Il est bien aussi question de liberté à travers les paroles de ces deux femmes libérées, mais en même temps tout est cloisonné, à l’image des formes rectangulaires.
On ne peut qu’applaudir la mémorisation, le jeu et la maîtrise des comédiennes, metteuses en scène, dont il n’est pas étonnant d’apprendre qu’elles sont passées par les cours Florent. Placement de la voix, rythme, respiration, bonne articulation… Tout comme leurs personnages, elles ont la trentaine et l’on croit véritablement voir un couple de copines. Un beau duo qui fonctionne.

 

Lauren Muyumba

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Published by Lauren Muyumba - dans Spectacle Adultes
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23 juillet 2017 7 23 /07 /juillet /2017 18:03
Qu'on rouvre les fenêtres !

 

©Lauren Muyumba

 

Spectacle de la Compagnie Anda Jaleo (69), vu le 17 juillet 2017, Festival Avignon OFF, Théâtre Alizé.

Ecriture, mise en scène et jeu : Solène Angeloni, Jean Lacroix, Mathilde Ménager

Musique : Solène Angeloni et François Robert
C
horégraphies : Mathilde Ménager 


Genre : Théâtre, Danse
Public : Tout public
Durée : 1h

"Qu’on rouvre les fenêtres !" est un retour aux racines, une invitation à mieux connaître son histoire, non pas pour s’enfermer mais davantage s’ouvrir au monde. Les trois jeunes comédiens, à la fois auteurs et metteurs en scène, investissent avec brio et ferveur leurs personnages. Ils sont Français. Leurs ancêtres sont Espagnols. Et leur passé familial reste une énigme.

Cette création, écrite à partir de témoignages de descendants d'immigrés, rend compte avec finesse d’un sujet brûlant d’actualité : l’identité. Les trois personnages entendent bien briser ce tabou, non pas pour parler d’intégration ou d’assimilation mais plutôt de transmission. Ils ont simplement "besoin de recoller les morceaux", ceux de l’Histoire et de leur propre histoire, souvent imbriqués. Un thème sensible où se mélange les sentiments de fierté, d’euphorie ou de rage.
Evoluant entre excitation, ressentiments et questionnements, ces jeunes refusent de laisser parler la petite voix qui dirait "quelle importance ?", que l’on entend en boucle en voix off dès le début du spectacle. Ils croient en la nécessité de "savoir d’où l’on vient". Alors ils cherchent, s’interrogent, se souviennent et nous racontent des bribes de ce qu’on leur a à eux-mêmes raconté. Mais ils devront faire face à un constat amer : "je ne sais pas d’où je viens". Au-delà des histoires individuelles, la pièce souligne la portée universelle de la transmission intergénérationnelle et son importance dans "un monde qui a perdu sa mémoire".     

Le spectacle commence avec intensité : lumière tamisée, piétinement des comédiens, gestes répétitifs, voix off tournant en boucle "je ne sais pas quoi raconter"… En fouillant dans le passé, le trio évoque notamment la période franquiste. Leur obstination touchante les pousse à faire jaillir des fardeaux parfois lourds à porter, des blessures inconscientes, refoulées génération après génération et pourtant bien réelles. Mais les larmes ne prennent pas le dessus. La parole se libère et laisse place à l’enthousiasme. Les personnages ont soif de connaissance, leurs anecdotes fusent, leurs souvenirs remontent et parfois les submergent.
Dans cette quête identitaire, ils semblent être partis à la recherche d’un trésor. Ils ouvrent d’ailleurs une malle, telle un coffre-fort, pour en ressortir des objets rattachés à des souvenirs : une poupée de flamenco, une poêle, un bateau miniature… Cet attachement matérialiste suscite une joie immense qui pourrait être risible. Mais ces objets ont une histoire et une valeur sentimentale auxquelles ils peuvent se raccrocher. Ce besoin d’appartenance et cette nécessité d’avoir "quelque chose à raconter" ne semblent pas les quitter une seconde, hormis lorsqu’ils dansent durant les transitions musicales et les intervalles de silence.
   

Le spectacle n’a rien de plombant. Au contraire, on ressent le bol d’air frais qu’évoque le titre "Qu’on rouvre les fenêtres !". Dépoussiérer le passé, aérer l’atmosphère, s’éclaircir la mémoire et faire entrer la lumière pour mieux avancer. Un joli méli-mélo de danse, de théâtre, de chant et de musiques sélectionnées ou composées avec soin. Les anecdotes racontées par les trois personnages sont entrecoupées de séquences poétiques, travaillées et esthétiques (malgré quelques longueurs) : gestuelle ample et répétitive des mouvements de danse ; balancement de bras qui s’ouvrent au rythme d’une respiration cadencée ; beauté d’un lancer de photos qui recouvrent tout le plateau ; sable sur le sol balayé avec les mains qui évoque ce retour aux racines ; chant d’une des comédiennes qui nous envoûte...
Le public est conquis et applaudit chaleureusement les comédiens. Quant au lieu, les sièges sont confortables, la scène est grande et assez large pour accueillir tous les papiers lancés en l’air sur lesquels ont été imprimées les photos (une quantité impressionnante !).

Lauren Muyumba

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Published by Lauren Muyumba - dans Spectacle Tout public
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23 juillet 2017 7 23 /07 /juillet /2017 17:49
Dare d'Art, une histoire de l’art pour les petits et pour les grands
Site compagnie Paradis Eprouvette

Site compagnie Paradis Eprouvette

Spectacle de la Cie Paradis Eprouvette (31), vu le 17 juillet 2017, AVIGNON OFF 2017, théâtre Archipel à 10h05 tous les jours.

Création musicale et interprétation : Cyrille Marche
Mise en scène et interprétation : Marc Fauroux

Genre : Spectacle musical
Public : Tout public à  partir de 7 ans
Durée : 55 min

Dans un musée livré à la quiétude de la nuit, voilà qu’on entend des voix, qui émanent de deux portraits d’individus qui, se sentant à l’étroit dans leur cadre, décident de s’en  échapper, et partent explorer leur environnement…

C’est le prétexte à une visite commentée à travers le temps et l’histoire de l’art, depuis l’art égyptien des bas-reliefs et les personnages représentés de profil et les yeux de face. Guidés par nos deux "portraits" ambulants, en frac à grosses rayures et haut-de-forme, nous traversons les époques et les courants artistiques, nous arrêtant parfois pour étudier de près une œuvre particulière.
C’est ainsi que nous découvrons "à la loupe" les détails d’un tableau, que nous est expliqué minutieusement l’Homme de Vitruve de Léonard de Vinci, célèbre dessin définissant les proportions idéales du corps humain, que nous assistons à une conversation délirante entre les protagonistes d’un tableau dadaïste, d’où nos guides tirent l’inspiration pour un nouveau costume en "peau de zèbre" !
Avec eux, nous nous posons bien des questions. A propos des techniques utilisées par certains peintres, un Dali, un Van Gogh, ou un Arcimboldo et ses portraits en fruits, fleurs et légumes. Aurions-nous aimé être ainsi portraiturés ? Ou sur les représentations du corps humain, l’utilisation de la lumière chez les peintres flamands. Nous apprenons comment l’impressionnisme s’est développé, grâce à l’apparition des peintures en tube faciles à transporter…

Vous l’aurez compris, c’est intelligent et instructif, mais très ludique à la fois, grâce à la vidéo bien évidemment largement utilisée, mais aussi à différents matériels et dispositifs employés par les comédiens. Qui en outre agrémentent leurs propos de chansons originales accompagnées en direct à la contrebasse. Un tel spectacle est évidemment à haute visée pédagogique et représente un support de qualité pour tout travail autour des musées quels qu’ils soient, de l’Art en général, ou sur des thématiques plus ciblées, comme l’évolution de l’esthétique féminine au fil du temps, ou bien d’autres.

Ce spectacle bluffant a sans nul doute nécessité un gros travail de préparation technique en amont. Bien que dynamique et d’une relative interactivité, il peut cependant sembler un peu long pour le jeune public qui doit nécessairement être accompagné, en scolaire ou en famille.

Cathy de Toledo

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23 juillet 2017 7 23 /07 /juillet /2017 17:18
Groméo et Fluette
Site compagnie Danglefou

Site compagnie Danglefou

Spectacle de la Cie Les Danglefou (17), vu le 18 juillet 2017, AVIGNON OFF 2017, Collège de la Salle, 11h05 et 17h05, tous les jours sauf le lundi.

Interprétation : Kham-Lhane Phu

Genre : Théâtre ciné marionnettique
Public : Tout public à partir de 3 ans

Durée : 45 min

Mademoiselle Rose décide de se lancer dans l’écriture… Après bien des hésitations, elle choisit d’écrire une histoire sentimentale, mais avec quelques complications. Sinon, ce n’est pas amusant. Si les héros s’embrassent dès la première rencontre, il n’y a plus rien à raconter !

Elle s’installe à son petit bureau avec papier et crayons et se lance…
Elle imagine avec application ses héros, Groméo et Fluette, dont l’amour est contrarié par la mésentente entre leurs familles, et toute la galerie de personnages qui gravitent autour d’eux, parents, cousins, amis, etc. Tout ce petit monde prend vie sur l’écran installé en fond de scène. Bizarre, cette histoire d’amours contrariées n’est pas sans rappeler une autre histoire tragique entre deux amoureux aux prénoms un peu ressemblants… 

Les marionnettes sont vraiment rigolotes et ressemblent aux personnages en pâte à modeler de certains films d’animation. Elles sont habilement mises en situation dans de jolis décors et filmées… Et croyez-moi, elles vivent de nombreuses péripéties tant cette histoire a été compliquée à souhait par Melle Rose !
Mais elles peuvent aussi s’échapper de leur film et venir exprimer directement devant nous leur point de vue de la même manière que Melle Rose peut courir dans le film à la poursuite de ses personnages !!

Le spectacle mêle très habilement clown, vidéo, marionnettes et musique. Il est en effet accompagné tout du long de morceaux de "grande" musique classique (dont Bizet, Prokofiev, Stravinsky, Albinoni) parfois agrémentés, ou arrangés (mémorable concert rock !).

Techniquement maîtrisé, "Groméo et Fluette" séduit par la magie de ses petits personnages attachants, colorés et drôles. 
N’hésitez pas à y emmener vos enfants ou petits-enfants. Du plus petit au plus grand, je crois que vous aller adorer ces charmants héros !

Cathy de Toledo

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23 juillet 2017 7 23 /07 /juillet /2017 16:15
A la maison

 

©Lauren Muyumba

 

Spectacle de la Compagnie CECI CELA (94), coproduction Phare Away productions et Compagnie des Ondes, vu le 17 juillet 2017, Festival Avignon OFF, Les Ateliers d’Amphoux (Salle de l’Acte).

 

Avec : Denise Aron-Schröpfer

Mise en scène : Cédrick Lanoë

 

Genre : Théâtre
Public : Tout public
Durée : 1h


"À la maison" est un petit bijou dans le paysage éclectique du Festival d’Avignon. Durant cette parenthèse intime, la vie de Lucienne nous est comptée, sans détour, sans cacher les difficultés qu’elle rencontre en maison de retraite. Malgré la chute et son appel à l’aide dès son entrée en scène, il ne s’agit pas de se lamenter mais au contraire, de se relever : partager, transmettre, s’enivrer… "Les bons souvenirs font vivre", comme elle aime à le répéter.   

Ce que l’on retient en sortant du spectacle, c’est d’abord le sourire de Lucienne, incarnée avec justesse et délice par Denise Aron-Schröpfer. L’émotion est au rendez-vous. L’humour et la fraîcheur aussi. Alors ne vous fiez pas aux apparences : un monologue, une femme âgée en maison de retraite… mais surtout des yeux qui pétillent. Lucienne nous raconte sa vie, loin des monologues soporifiques. Elle nous entraîne dans son univers, au son de sa voix, de ses chansons et parfois même de son accordéon. On se laisse transporter avec légèreté par ce personnage aux airs si familiers et à la personnalité attachante. 
Attendez-vous à vous assoir comme si vous preniez le thé, sans voir le temps passer. L'œuvre d’Alain Lahaye porte bien son nom : on se sent comme "à la maison" dans cette pièce où le spectateur tient aussi le rôle de confident. Etonnant que l’auteur soit un homme, tant les mots semblent tout droit sortis du journal intime d'une femme. Face à la sincérité des confidences, on pourrait tout aussi bien se trouver chez le psy. Mais la mémoire de Lucienne ne nous perd pas dans les méandres de la complexité et des névroses de l’âme humaine. Au contraire, tout est dit avec simplicité, drôlerie, naturel et douceur. "
À la maison" ce n’est pas seulement les confidences d’une personne âgée, c’est une vraie leçon de vie, la quête du bonheur, pour tous et à tout âge.

Le lieu minimaliste est parfaitement adapté à ce monologue où le texte est adressé de manière directe aux spectateurs. Lucienne n’hésite pas impliquer le public, en partageant ses propres interrogations. Nous pouvons croire, le temps d’une heure, être en train de dialoguer avec notre grand-mère dans cette petite salle intimiste des Ateliers d’Amphoux. Le charme des murs de pierre situés au sous-sol a des allures de cave à vin. Et cela tombe bien puisque la comédienne nous fait goûter, au beau milieu du spectacle, au bon cru du Sang du Peuple des caves Jamet & Fils issues de la région avignonnaise...
La mise en scène met en lumière avec finesse un sujet peu traité au théâtre, en s’appuyant sur un texte empreint de vérités qui dépeint à la fois des évidences et des absurdités, comme le coût faramineux des maisons de retraite ou le lourd fardeau de "l’indifférence". Mais Lucienne ne reste pas enfermée dans le présent et partage avec le public ses moments d’évasion. Un bond dans le passé. Un regard nostalgique pas pour autant désabusé. "C’est quand même bien d’être en 2017", dit-elle en racontant qu’elle y voit plus clair depuis qu’elle s’est fait opérer de la cataracte.
L’ambivalence des sentiments, qui basculent entre amertume et gratitude, ne l’empêche pas de tenir debout. Même si la réalité du quotidien avec les infirmières n’est pas toujours joyeuse, Lucienne témoigne également du respect qu’elle a pour la profession. Vieillir, c’est aussi apprendre à "subir" et à vivre avec le sentiment d’impuissance. Le personnage oscille entre son envie d’indépendance, son désir de se débrouiller seule, de se retrouver "dans ses meubles" et le besoin irrépressible d’avoir de la compagnie, de discuter, de se livrer…

Les souvenirs de cette femme volontaire l’aident aussi à tenir. Lucienne prend un savoureux plaisir à parler de ses amitiés et de l’amour de sa vie. C’est surtout en pensant à lui qu’elle ne se "laisse pas démonter", avoue-t-elle. Certains "se débarrassent de leurs proches" en les envoyant en maison de retraite. Lucienne, elle, n’a pas eu d’enfant et a dû se familiariser avec le sentiment de solitude après la mort de son compagnon. Elle n’a plus son chat pour combler le manque et l’absence, et ce n’est pas son voisin de chambre, cet inconnu qui met le son de la télévision trop fort à cause de sa surdité, qui va l’aider à vaincre l’ennui… En revanche, Lucienne a un trésor, le meilleur de tous les médicaments : ses passions et sa joie de vivre.   
Ce portrait de femme va à l’encontre des préjugés, au vu de sa vivacité et de sa jeunesse d’esprit. Lucienne nous fait partager son goût des autres, de la musique, de la poésie et des livres qu’elle dévore en fidèle "blibliovore" qu’elle a toujours été... Cette femme, dont l’esprit vif est insatiable, ne se prive pas de danser ni d’allumer sa boule à facettes pour une séquence musicale. Et malgré des notes (pas toujours justes) elle nous entraîne dans son tourbillon d’émotion et de souvenirs.
"Merci de m’avoir écoutée", tels sont les mots de la fin faisant écho à la sensation de déranger ou d’être de trop. Malgré le sentiment de délaissement, Lucienne sait se faire apprécier et l’on ne peut rester indifférent à la joie qu’elle transmet. D’ailleurs, les "bravo" des spectateurs ne se font pas attendre et ils lui répondent à leur tour "merci".

Lauren Muyumba

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Published by Lauren Muyumba - dans Spectacle Tout public