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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
Vous y trouverez l'ensemble des commentaires de nos correspondants sur les spectacles qui ont été vus. Ce service est en ligne en accès libre depuis février 2007.
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Mode d'emploi...

Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

12 janvier 2020 7 12 /01 /janvier /2020 20:19
Matilda Olmi

Matilda Olmi

Bajazet en considérant Le Théâtre et la peste

Un spectacle produit par Théâtre Vidy-Lausanne, MC93 - Maison de la Culture de Seine St-Denis (93) et vu au Grand Théâtre d'Aix en Provence le 20 novembre 2019.

 
Textes : Jean Racine, Antonin Artaud
Mise en scène et adaptation : Frank Castorf
Scénographie : Aleksandar Denic
Avec : Jeanne Balibar, Jean-Damien Barbin, Claire Sermonne, Adama Diop, Mounir Margoum
Genre : Théâtre
Public : adulte (à partir de 16 ans)
Durée : 3h50 avec entracte
 

Un espace ouvert mais sombre, sali de paille et de poussière. Côté jardin se dresse une tente en forme de tête de niqab dominée par le regard d'un immense sultan peint sur un portant, sorte de BigBrother de fête foraine. Voilà le fameux sérail de la pièce de Racine, lieu virginal et sacré par excellence ? Cela sent plutôt l'héroïne que la myrrhe... À mort les idéaux de rigueur et de grandeur raciniens : faites place à la débauche.

Elle ne tarde pas à apparaître. Les cigarettes volent vers les bouches et les bouches volent vers les visages et les visages mordent la poussière dans une explosion de lumières, de sons, de hurlements ; les bouteilles se vident dans les gorges, on ne voudrait pas être à la place de la nourriture, les corps titubent à la recherche de leur proie ou d'une sortie. Qu'ils essayent de s'échapper hors du théâtre, la caméra embarquée les suit jusque sur la nationale. L'oeil du public est voyeur, violeur lorsqu'il s'introduit au plus profond de l'intimité du sérail. La vidéo est en effet retransmise sur un immense écran, seule lumière de la scène - mais quelle lumière ! Elle aveugle un public qui ne peut que se laisser éblouir. Les acteurs sont éclipsés par cet écran qui marque le triomphe du cinéma sur le théâtre ou la victoire du lampadaire sur la Lune pour les papillons de nuit. Rien ne résiste au maelstrom Castorf : les acteurs sont écrasés, le public sidéré, le texte de Racine foulé au sol, on n'entend d'Artaud que le rire. « Un théâtre où des images physiques violentes broient et hypnotisent la sensibilité du spectateur » annonce la préface du Théâtre et son double. C'est assez réussi.

Mais à force de sollicitations, je cligne des yeux, je tourne la tête vers des lumières moins vives. Le temps est long sous cet orage qui s'étire et s'étiole. Où est la tension dramatique propre à Racine, où est l'amour de Roxane pour Bajazet, où est la force des femmes et la vigueur des hommes ? À bas les valeurs, exhibons les caprices, les hommes ne vivent que pour se divertir, c'est entendu, c'est répété, c'est accablant. Quand le sens du saccage s'épuise (comptez une heure), l'absurde prend le relais. Les femmes en cage, Bajazet sous électrochoc, des coups de feu, des cancrelats, de la masturbation... « Là où ça sent la merde ça sent l'être » ajoute Artaud. Très bien, contemplons la déchéance d'une existence insensée pendant encore quelques heures - expérience intéressante, qui n'a pas été tellement instructive pour moi. Certes, à voir ces femmes qui ne peuvent exister qu'entièrement cachées ou entièrement nues, sous le regard intrusif d'hommes violents et avides, on songe à un engagement politique, qui ne s'est pas imposé à moi de manière nécessaire.

La note mise au spectacle est à relativiser. Je ne suis pas friand d'expériences totales : je préfère l'éveil à l'hypnose, et puis la dissonnance est douloureuse aux coeurs en mal d'harmonie. La pièce reste cependant un rêve cruel et audacieux loin de faire l'unanimité. Je vous invite vivement à vous en faire votre propre idée.

 

 

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31 décembre 2019 2 31 /12 /décembre /2019 21:15
Très grande caravane pour tout petits

Très grande caravane pour tout petits

Plume

Spectacle de la Compagnie Les Rustines de l’Ange (Drôme 26) vu le 22 décembre 2019 à 16h30 dans le cadre de « Noëls insolites », le festival de rue de Carpentras.

 

Mise en scène : Anne-Laure Gros, Séverine Bruniau

Genre : "Caravane-théâtre", Marionnette, Théâtre, Chant, Musique

Public : 1-5 ans

Durée : 25min

 

Une petite chronique pour un grand moment qui laissera un petit mystère aux plus grands.

 

Un espace intimiste, familial où au début j’ai eu le doute, à savoir si moi aussi en tant que parent, je passerais un bon moment.

Et quelle belle surprise !

Entre musique, poésie, humour et tendresse, les deux comédiennes nous proposent une parenthèse enchantée avec une intelligence aussi grande que leur « caravane pour tout petit ».

Du visuel, du sensoriel, du son, … tout est bien pensé avec une grande finesse artistique et poétique.

Un visage surpris, étonné, émerveillé, attendri et souriant qui se dessine sur ma petite puce de 16 mois seulement. Et ces expressions, je les observe aussi dans le reste du jeune public présent.

 

Bravo pour le travail de la compagnie car il n’est pas évident de proposer des spectacles au format adapté et captivant tant pour les enfants que pour leurs parents.

 

Je vous conseille de découvrir ce spectacle avec vos loustiques et de vous laisser aller dans ce doux univers artistique.

 

Après le spectacle, nous discutons avec l’une des comédiennes et nous apprenons qu’elles réfléchissent à leur tournée dans un esprit écologique. Ainsi, la compagnie privilégie le territoire du sud/est qui est le sien et/ou organise ses dates de tournée par période selon le territoire afin d’éviter des allers-retours sur l’année. Un bel exemple éco-artistique !

 

Merci et belle route à cette caravane enchantée !


Une autre chronique existe ici pour ce spectacle.

 

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28 décembre 2019 6 28 /12 /décembre /2019 00:55
ladepeche.fr

ladepeche.fr

Berlin 33

Un spectacle produit par la Compagnie RL (75) et vu au Théâtre de la Reine Blanche le 27 décembre 2019.

Texte : Sebastian Haffner

Mise en scène : Laurence Campet, Olivia Kryger, René Loyon

Genre : Théâtre

Public : adulte

Durée : 1H15

Le théâtre de la Reine Blanche se situe dans mon quartier. Je m’y rends environ une fois par an. La dernière fois, c’était à l’invitation d’une amie de passage à Paris pour assister à « Fauve », une leçon d’anthropologie théâtralisée (non chroniquée). C’est à cette occasion que j’ai constaté le changement radical de la ligne éditoriale du théâtre. Désormais associé au théâtre des Déchargeurs, le théâtre de la Reine Blanche se veut être la scène des arts et des sciences. Le programme laisse à voir une pluralité de propositions, depuis les mises en espace de conférences scientifiques jusqu’aux projections de cinéma italiens agrémentées d’un plat de pâtes en passant par des formes théâtrales plus classiques. « Berlin 33 » relève de cette dernière catégorie.

« Berlin 33 », dans le programme, m’a aussitôt interpellée par le texte que le spectacle ambitionnait de porter sur scène : « Histoire d’un Allemand » de Sebastian Haffner. C’est un texte que j’adore et dans lequel l’auteur, témoigne et  analyse les ressorts de la montée du nazisme et de la mise en place du totalitarisme.  

 « Berlin 33 » se joue dans la petite salle du théâtre. La jauge d’une quarantaine de places était quasiment pleine. Le dispositif scénique se réduit à sa plus simple expression : deux rangées de bancs et de chaises encadrent un espace scénique nu, seulement doté d’une petite table de bois et d’une chaise. A travers un montage judicieux du texte, le comédien raconte la façon dont un peuple, d’abord passif et incrédule puis trahi par ses élites et enfin sidéré par la peur,  sombre tout entier dans le cauchemar. Le comédien joue avec sobriété et retenu : il est tantôt conteur, tantôt conférencier, tantôt confident. Une bande-son illustre certains passages mais au dépend de la voix. Outre le comédien et un jeu discret de lumière, c’est le seul effet théâtral du spectacle. C’est un peu court ; ça manque de rythme, la voix est monocorde et j’ai bien failli m’endormir. « L’histoire d’un Allemand » de Sebastian Haffner se prêtait bien à un seul-en-scène intimiste. Encore eut-il fallu l’habiller un peu : quelques images d’archives ou bien des parties véritablement dialoguées et jouées (avec son père ou sa petite amie Charlie) auraient été, à mon sens, les bienvenues.

« Berlin 33 » n’a pas comblé mes attentes. Mais dans l’époque délétère que nous vivons et qui, toute proportion gardée, n’est pas sans rappeler les années trente, c’est tout à l’honneur de la compagnie d’avoir choisi Sébastian Haffner pour nous injecter une bonne piqûre de rappel.

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22 décembre 2019 7 22 /12 /décembre /2019 01:10
http://france3-regions.francetvinfo.fr

http://france3-regions.francetvinfo.fr

Adieu Ferdinand!

Un spectacle produit par la Comédie Nouvelle (75) et vu au Théâtre du Rond-Point le 19 décembre 2019.

Texte : Philippe Caubère

Mise en scène : Philippe Caubère

Comédiens : Philippe Caubère

Genre : Seul en scène

Public : adulte

Durée : 2H 10

N’en déplaise à Philippe Caubère, c’est un peu par défaut que je suis allée voir « Adieu Ferdinand ! ». Compte tenu des grèves (que je soutiens ardemment !), j’ai du renoncer à un spectacle vraiment inaccessible, même pour mes pieds endurants. Mon quota mensuel de spectacles s’en trouvant affecté, je me suis résolue à reprendre une resucée des aventures de Ferdinand.

Avec le temps, je pense avoir vu à peu près l’intégrale des spectacles de Caubère. Peu de surprise en perspective mais l’assurance de passer un bon moment. J’ai été quelque peu démentie des deux côtés de la proposition.

« Adieu Ferdinand ! » comprend deux parties, « la baleine » et « le camp de naturistes ». On retrouve les personnages emblématiques des précédents épisodes : Ferdinand, l’avatar de l’auteur et donc ex-vedette du Théâtre du Soleil ; Clémence, sa compagne ;  Pascale, son petit frère et l’impayable Ariane Mnouchkine. « La baleine » raconte le désir adultère de Ferdinand pour Samoura, une comédienne du Soleil au physique généreux. Le contrat de mariage entre Ferdinand et Clémence stipulait l’amour libre ; mais entre le contrat et la réalité, il y a un gouffre de jalousie et de culpabilité. Pour se venger, Clémence propose des vacances à Montalivet, dans un camp de naturistes.

Philippe Caubère est seul en scène. Pour ceux qui l’ignorerait, c’est lui qui a crée le genre en France il y a trente ans environ. Contrairement aux précédents épisodes, le plateau est totalement nu, seulement dotée d’une chaise en skaï rouge dans la première partie et d’une chaise en bois dans la seconde. Les lumières et la faconde de l’auteur-interprète habillent le reste.

La performance théâtrale est d’autant plus remarquable que Philippe Caubère n’est plus tout jeune. Or, il en faut, de l’énergie, pour jouer pendant 2H10 une vingtaine de personnages ; à les faire vivre devant nous avec, pour seul élément de caractérisation, une voix, une mimique, une grimace, un comique de répétition. Mais la verve textuelle a faibli. Le premier épisode est particulièrement longuet et somme toute, peu intéressant. « Le camp de naturistes » relève davantage le défi, sans convaincre pour autant. Peut-être le temps est-il passé par là : je me demande en effet qui d’autre qu’un public de séniors peut entendre cette voix, tant elle est contextualisée (Mnouchkine, les années 70) ? Dieu merci, il est, et dans chacun des épisodes, des moments de fulgurances, dignes des plus beaux jours de Caubère et qui ravissent le public.

Bonne connaisseuse de Caubère, je n’avais pas particulièrement envie de voir ce spectacle. J’aurais largement préféré découvrir une nouvelle compagnie. Par la force des choses et par facilité, j’ai peut-être goûté celui de trop.

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18 décembre 2019 3 18 /12 /décembre /2019 23:27
Mort prématurée d'un chanteur dans la force de l'âge
Mort prématurée d'un chanteur dans la force de l'âge

Un spectacle produit par le Théâtre National de la Colline (75) et vu au Théâtre de la Colline le 17 décembre 2019.

Texte : Wajdi Mouawad

Mise en scène : Wajdi Mouawad

Comédiens : Arthur H, Marie-Josée Bastien (en alternance avec Linda Laplante), Gilles David, Pascal Humbert, Isabelle Lafon, Jocelyn Lagarrigue, Patrick Le Mauff, Sara Llorca

Genre : Théâtre

Public : adulte

Durée : 3H 30

Je ne suis pas peu fière de ma promenade : grèves obligent, je suis allée à pince de Montmartre à la Colline en passant par la manif. Il faut dire qu’à mes yeux, Wajdi Mouawad et Arthur H valaient tous les détours du monde. Les 3H30 de spectacle, à défaut de me plaire, m’auront au moins permis de reprendre mon souffle pour le retour.

C’est l’histoire d’un chanteur anciennement punk, Alice, qui a cédé aux sirènes du succès. Star il est mais avec tout ce que cela implique d’égo. Malgré les efforts de son attachée de presse, affublée du surnom de « Diesel » précisément pour sa capacité à endurer les caprices du chanteur, et de l’abnégation de sa compagne photographe, Majda, sa carrière décline. Une critique assassine et les retrouvailles avec le manager de ses débuts vont précipiter Alice dans un canular…. et Wahdi Mouawad dans un registre inédit, la comédie loufoque.

La scénographie est dynamique. Des jeux d’allemandes augmentés d’accessoires, de lumières, de bruitages et de beaucoup d’effets de pluies dessinent des espaces variés : scène de concert, loges, studio photo, studio d’enregistrement, gares, rues, salle de cérémonie mortuaire, etc….

Malgré quelques réflexions intéressantes sur l’engagement de l’artiste, sur l’industrie culturelle et -comme toujours chez Mouawad mais cette fois  en filigrane- sur les génocides ; malgré les références plus ou moins voilées aux grands auteurs (Baudelaire, le fantôme de Macbeth, les servantes de Molière, Oedipe et même une scène digne de Mouchkine et donc fort datée), les huit comédiens et les cinq techniciens peinent à convaincre. Le texte n’est pas passionnant et flirte avec le pathos, le rythme est lent, le jeu est lourd et forcé. Trois scènes échappent à ce triste constat et m’ont donné le courage de rester jusqu’au bout. Il y a d’abord le rôle haut en couleurs et le jeu débordant de vitalité de Nancy (Marie-Josée Bastien), fan québécoise venue soutenir son idole. Il y a ensuite cette scène d’enregistrements de titres posthumes, drôle et musicalement belle. Il y a enfin la scène de vernissage de l’exposition de Majda, plaidoyer pour le dialogue entre les frères ennemis, juifs et palestiniens.

J’avais beau être plus que bien disposée, « mort prématurée d’un chanteur populaire dans la force de l’âge» ne m’a pas enchantée. La fatigue, mon oubli de lunettes ont peut-être participé à cette déception. Le public semble, par ses rires et ses applaudissements, avoir été plus réceptif.

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3 décembre 2019 2 03 /12 /décembre /2019 16:05

 

Démarche : Chronique plurielle et populaire avec les enfants de l’école Massillargues d’Avignon dans le cadre du Périscolaire. Nous avons 7 séances avec les enfants pour les sensibiliser au théâtre et surtout à l’écriture de chroniques autour de leur ressentis. Chaque Jeudi après midi, nous nous retrouvons à un groupe de 17 (16 enfants et moi-même). Nous avons 1h15 d’atelier. Alors nous faisons des petits exercices d’échauffement, des ateliers d’improvisations autour du déplacement, de la création de personnages... Mais nous gardons en tête que nous sommes présents pour écrire une chronique autour du spectacle d’opérette d’Olivier Py, L’amour Vainqueur, joué à plusieurs reprises en cette fin d’année pour les enfants scolarisés sur Avignon et ses alentours.

Pour cela, nous avons proposé aux jeunes de créer une grille de lecture. A partir de leurs connaissances sur ce que représente un spectacle pour eux, ils en ont dégagés 5 grandes thématiques : la mise en scène, l’histoire, les personnages, le décor, et les émotions. Ensuite par petits groupes, qu’ils ont créés eux-mêmes, par affinité et par choix de la thématique, ils ont développé des sous chapitres afin de guider leurs camarades lors de l’écriture de la chronique. Ils savaient donc lors de la représentation de cette opérette sur quoi ils devaient se concentrer. Un exercice pas simple car pour l’ensemble des enfants, c’était une grande première que d’aller voir une opérette.

Un spectacle produit par Le Festival d’Avignon (84) et vu le 21 novembre 2019 à la FabricA d’Avignon.

 

Texte, mise en scène et musique : Olivier Py
Scénographie : Pierre-André Weitz
Lumière : Bertrand Killy

Arrangements musicaux : Antoni Sykopoulos
Construction décor : Ateliers du Festival d'Avignon
Confection costumes : Ateliers de l'Opéra de Limoges

Interprètes : Clémentine Bourgoin, Pierre Lebon, Flannan Obé, Antoni Sykopoulos

Genre : Opérette

Public : Tout public, à partir de 9 ans

Durée : 1H

 

Chronique écrite collectivement par Bilal, Noam, Rayane, Romain, Adam, Théo, Amjad, Ilyana, Ilyès, Leila, Lina, Sara, Ambre, Rawda, Kamelia et Djibril.

 

Quelques mots sont ressortis à la fin du spectacle et après une semaine sans s’être revus avant d’écrire en détail la chronique : Injustice, tristesse, dégoût, peur, amour, rigolo, joie, surprise, historique, harmonie, négatif, drôle.

 

Comme écrit en introduction de la démarche pédagogique, les enfants âgés de 9 à 10 ans se sont réunis par groupes de trois, afin de travailler plus précisément sur une thématique choisie. Voici ce qu’il ressort de leurs réflexions. A savoir que dès que le groupe avait terminé d’exposer son retour sur sa thématique, le reste du groupe a pu intervenir pour compléter les propos ou les modifier, ce qui a permis de beaux échanges sur l’histoire.

 

Le groupe sur le décor : très joli décor avec des fonds peints sur des grands draps tendus. Beaucoup de lumières. Beaucoup de projecteurs. Des instruments : un piano, un violoncelle, une grosse caisse, un accordéon. Des effets spéciaux avec de la fumée qui sortait de scène ; il y avait une trappe pour l’arrivée et le départ de comédiens sur scène. Il y avait un technicien machiniste pour aider et accompagner les comédiens et les changements de décor. Il était habillé tout en noir avec des gants pour qu’on ne le voie pas. Mais on voyait son visage.

Le groupe sur les personnages : il y a 5 personnages : le général, la princesse, le prince, la fille à la vaisselle et le jardinier. Tous maquillés en blanc pour pouvoir changer d’expressions et de personnages plus rapidement.

Le groupe sur l’histoire : c’est l’histoire d’une princesse qui est dans son jardin et voit un homme chanté, un prince. Après être tombée amoureuse, le prince, tombé amoureux également, a du partir à la guerre. Le père de la princesse décide, lui, de la marier avec un autre, ce qu’elle refusera. Elle finira dans une tour emprisonnée par son père. A sa sortie, tout le monde pense qu’elle est morte. Le prince, lui, a reçu une bombe et s’est retrouvé défiguré. De plus il est pris de honte de ne pas avoir pu aider son peuple pendant la guerre. Le général en profite pour le manipuler pour qu’il ne garde pas sa place. Finalement, il est prévu de marier la fille de vaisselle avec le prince mais elle tombe amoureuse du jardinier. Une autre femme va être déguisée pour remplacer la fille à la vaisselle afin d’être mariée au prince, ce sera la princesse...

Le groupe sur la mise en scène : les personnages chantaient, jouaient de la musique et jouaient la comédie. Beaucoup de déplacements, beaucoup de chants.

Le groupe sur les émotions : on a trouvé l’histoire difficile car les chansons n’étaient pas simples à comprendre, et il y en avait beaucoup même si elles étaient courtes. Il y avait beaucoup de tristesse, de joie d’amour et de colère.

Le groupe finira par dire que c’était un spectacle dans lequel nous passions par beaucoup d’émotions différentes.

 

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30 novembre 2019 6 30 /11 /novembre /2019 20:31
Tout le monde ne peut pas être orphelin
Tout le monde ne peut pas être orphelin

Un spectacle produit par les Chiens de Navarre (Paris XII°) et vu le 29 novembre 2019 à La Villette.

Mise en scène : Jean-Christophe Meurisse

Comédiens : Lorella Cravotta, Charlotte Maemmel, Olivier Saladin, Vincent Lécuyer, Hector Manuel, Judith Sibon, Alexandre Steiger

Genre : Théâtre

Public : Adulte

Durée : 1H

En 2018, le spectacle « jusque dans vos bras » m’a rendue inconditionnelle des Chiens de Navarre (chroniqué). Je me suis donc précipitée pour découvrir leur dernière création, « tout le monde ne peut pas être orphelin ». Pour m’accompagner dans cette nouvelle aventure, j’étais accompagnée de ma fille aînée et de trois amis. Leurs réactions ont été d’une précieuse aide pour la rédaction de cette chronique.

Ils sont huit sur scènes, quatre hommes et quatre femmes, tous sonorisés. Quatre techniciens apportent leur concours aux sept tableaux qui vont se succéder. Le fil directeur ? Les réunions de famille et la première d’entre toutes, de circonstance et qui ouvre le bal, le repas de Noël. Dans un décor qui représente à jardin un salon bourgeois et à cour une cuisine moderne modulable en petits coins, on assiste à un règlement de compte granguignolesque du cher cocon. Les gradins, disposés en double frontale, permet au public de compter les points. La table familiale qui trône en plein centre de la scène est la table d’opération de ce microcosme résolument dysfonctionnel, quelque soit les étapes traversées et racontées : l’éducation, l’annonce d’une grossesse, la naissance, les Noëls, les goûters du dimanche, le grand âge.

Il m’est impossible d’être exhaustive tant le spectacle est riche, drôle,  surprenant et … dérangeant. Je me contenterais donc de mettre en lumière les traits essentiels de la mise en scène et quelques passages emblématiques. Ce qui frappe d’abord, c’est le verbe, d’une vacherie sans commune mesure et politiquement tout à fait incorrect. Madame la mère, dans la première scène se prend un « ta gueule, toi Eva Braun ». Faut dire qu’elle l’avait bien cherché, à balancer à son fils un « et toi, quand t’es né, tu crois que ce n’était pas violent quand tu m’as déchiré la chatte ». Le tout est à l’avenant, tellement rythmé que la salle applaudit de rire à ce battle générationnel. A l’énormité des propos répond l’outrance des situations depuis une réminiscence jouissive de « massacre à la tronçonneuse », jusqu’aux chiottes qui aspirent dans leur merde la pauvre bru aux intestins dérangés par la vacuité de la conversation autour de l’apéro. A l’hyperbole des situations répond un jeu d’acteur hors norme. L’un se laisse emporter par une colère homérique tandis que l’autre, fesse à l’air et pas que, joue les bébés que l’on va langer. Pour généraliser la problématique de la sociabilité sanguine forcée, les figures de Médée et d’Œdipe sont convoquées. Belle occasion, sous couvert de l’honorer, de mettre en boîte la représentation classique de la tragédie : les mots sont certes beaux mais ne servent-ils pas à enrober la réalité des maux. C’est donc à une enfance massacrée « pour de vrai », sur la table transformée en autel, que l’on va assister. Ce moment du spectacle interpelle. Des spectateurs sont partis. D’autres, comme moi et ma fille, sans vraiment regarder, avons rigolé nerveusement. L’exercice atteint-il la limite ou fallait-il précisément montrer les situations limites qui, nous le savons tous, existent, mais que l’on se refuse de voir. Toujours est-il que notre charmant bambin au cul nul va jouer une scène d’inceste avant que d’être émasculé par sa génitrice. Ces deux scènes extrêmes sont heureusement compensées par les jolies images qui les encadrent : l’accouchement du bambin d’abord puis le bain donné au vieil homme. La famille sapin de Noël, guère plus douée en matière de parentalité, vient clore l’ensemble dans un joli final absurde.

« Tout le monde ne peut pas être orphelin » opère une véritable catharsis. Le public est d’ailleurs maintes fois convié à participer, tantôt en chantant, tantôt en se recevant une couche pleine d’excréments…. On s’esclaffe et on s’exclame devant un spectacle qui est, à tout point de vue, une performance

 

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28 novembre 2019 4 28 /11 /novembre /2019 17:13
concert Lnour et Puppet Mastaz
concert Lnour et Puppet Mastaz

Un spectacle produit dans le cadre du 34 Tours (manifestation du Département de l’Hérault) au Sonambule (Gignac 34) et vu le 23 novembre 2019

 

 

LNOUR (hip-hop soul) 1ere partie

Voix : Léa BERGEROO – CAMPAGNE  

Batterie électronique : Killian REBREYEND

Machines : Valentin FERNANDEZ

 

Puppet Mastaz (rap marionnettes)

Distribution : DOGGA DAKOTA MR MALOKE SPUGGLES TENGO WIZAR

Genre : Concert  

Public : tout public

Durée : 3H.

 

Le Sonambule est une salle de spectacles très fréquentée par les habitants du Cœur Pays d'Hérault et que je connais bien. L’équipe propose une large palette d'événements de qualité (concerts, spectacles jeune public…). Haut lieu de danse, de fêtes, de rencontres et de partage, rien à redire sur l'espace, le son  et l’agencement. Même la bière est bonne (l’ambrée, pas la blonde..)

Bon à priori je ne suis pas ici pour vous parler débauche mais culture. Quoi que le fait de se laisser emporter par la musique reste avant tout un plaisir excessif et sensuel…donc une débauche.

 

Bref,  20H tapante et nous voilà devant notre pinte, accoudés au bar et émerveillés par les superbes affiches des Puppet Mastaz (vite raflées par des décorateurs en herbe de portes de WC). Zut, je garde donc ma veille affiche dédicacée de Renaud, agrémentant pour longtemps encore mes commodités.

 

Le monde ne tarde pas à débarquer et à 21H, le concert de Lnour commence. Au premier regard je me dis « waouh » que cette femme est belle, et à l’écoute, « waouh », c’te voix!!! La SOUL est une musique magique pour moi qui m’émeut jusqu’aux larmes. Cette première approche m’a donné envie de la découvrir plus encore… Lnour est une chanteuse toute neuve de la scène montpelliéraine. Elle oscille entre le rap, le hip hop et la soul. La veille, j’avais découvert Céleste et j’avoue que ces 2 artistes ont quelques similitudes. J’ai été charmée par 2 fois par hasard le même week-end.

22H30, petite bière (ambrée, je reprécise…) et un p’tit clope (l’abus de tout ceci est très mauvais paraît-il, au cas où vous le sauriez pas…) afin d’attendre patiemment le changement de plateau.

Quelques décibels nous amènent donc à rejoindre la salle, bière (ambrée) non terminée, le jump la fera se déverser sur quelques bras déjà en sueur. Car oui, ce fut le feu au somnambule!! Les Puppets Mastaz sont un groupe composé de … marionnettes!! Un peu à la Muppets Show. Mais attention les marionnettes ne sont que les avatars d’authentiques rappeurs. 5 petites figurines derrière un castelet géant et un énorme moment festif, rempli d’humour, de dérision avec un groove d’enfer, qui libère les corps!! On saute, on chante, on lève les bras. Nous avons découvert leur dernier album dans lequel il est question de méchants vilains, de raviolis magiques, d’un braquage audacieux et des bonbons, des sucreries et du miel rappés à la perfection.

Un voyage énergique, alléchant, le sourire aux lèvres et des ampoules dans les baskets!! Une soirée de débauche à proprement dite !!!

 

 

 

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23 novembre 2019 6 23 /11 /novembre /2019 18:39
LES DOIGTS DE L HOMME
LES DOIGTS DE L HOMME

Spectacle produit par Lamarsrock (07) et vu le 2 octobre 2019 au Palais des Congrès de la Grande Motte dans le cadre du Festival les Internationales de la Guitare 2019.

 

Guitare : Olivier Kikteff , Yannick Alcocer, Benoît Convert
Contrebasse : Tanguy Blum
Percussion : Nazim Aliouche : Percussions

Genre : Concert acoustique Swing manouche

Public : tout public

Durée : 1H15

 

 

Le festival Les Internationales de la Guitare a été créé il y a près de 25 ans à Montpellier. Et c’est la première fois depuis que le festival a été élargi à nombre de villes du département qu’un concert est accueilli à la Grande Motte, dans la grande salle au charme suranné de ce Palais des Congrès que l’on doit à l’architecte Jean Balladur.

Le public est au rendez-vous…. Et Olivier Kikteff lui réserve un accueil nuancé d’un humour qui semble faire partie de l’identité du groupe et qu’il maniera avec bonheur à plusieurs reprises au cours de la soirée. Il commence en ouverture avec une magnifique interprétation de « St James Infirmary blues », morceau rendu célèbre par Louis Amstrong et largement repris par nombre de musiciens. Belle mise en bouche…

Annoncé comme un concert « swing manouche », il s’avère bien vite qu’on n’est pas tout à fait dans ce registre, même si l’on pourra reconnaître au fil des interprétations quelques  morceaux typiquement manouches, dont certains de Django. Et de fait, Olivier Kikteff  lui-même, précise que  cet estampillage n’est plus d’actualité… Le groupe, s’il a surfé sur la vague manouche à ses débuts il y a une quinzaine d’années, a depuis beaucoup évolué pour livrer aujourd’hui ses propres compositions, et des reprises et arrangements très personnalisés. L’inspiration puisée dans différents registres musicaux, associée à la maturité, confèrent désormais au groupe son identité si singulière : à la fois ouvert, touche à tout mais aussi très exigeant... J’ai pour ma part particulièrement apprécié « Indifférence », amorcée en solo de guitare et qui s’achève en cavalcade endiablée avec tout le groupe.

Le groupe aime inviter dans ses rangs des instruments inédits permettant d’explorer d’autres univers. Il s’est adjoint pour son dernier album « Le Cœur des Vivants », les services du percussionniste Nazim Aliouche, qui apporte une note plus « musique du monde » et plus particulièrement « musique du bassin méditerranéen ».

 

Attirée en ces lieux par la perspective d’un concert manouche, dont je suis très fan, j’ai d’abord été un peu déroutée : il m’a fallu un  moment pour me laisser porter par les rythmes servis par les cinq musiciens, mais ce fut ensuite un vrai plaisir et un bien beau voyage, partagé avec l’ensemble du public du Palais des congrès.

 

 

 

 

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23 novembre 2019 6 23 /11 /novembre /2019 18:25
Vertige vocal
Vertige vocal

Spectacle produit par f2music (75) et vu au Théâtre Jérôme Savary à Villeneuve-lès-Maguelone (accueil en résidence en mai 2019) le 5 octobre 2019.

 

Genre : concert

Chanteur contre ténor : Yann Golgevit

Violoncelle : Adrien Frasse-Sombet

Piano : Thierry Gautier

Guitare : Jérémie Pourchot

Lumière : Maurice Fouilhé

Costumier : Rodolphe Sabourdhy (JP Gautier)

Public : Tout public

Durée : 1H15

 

 

 

Issu d’une famille de chanteurs et musiciens bien connue dans l’Hérault, Yann Golgevit est probablement, si j’ose dire, « tombé dans la marmite » quand il était petit ! Doté d’une voix si particulière de contre ténor, communément appelé « castra », il était naturellement voué au chant lyrique et à l’opéra. Cependant il a décidé de casser un peu les codes, et de sortir de sa zone de confort en mettant sa voix au service de la variété et de la chanson populaire.

Ainsi est née l’idée de ce tour de chant surprenant, hors des sentiers battus. D’autres que Yann Golgevit s’engagent de plus en plus dans une démarche de « mise à la portée ou dépoussiérage » du chant lyrique, par une incursion dans des registres différents ou dans le  spectacle musical humoristique… Autant, j’imagine, pour se faire plaisir, que pour démontrer au public que les chanteurs lyriques ne sont pas aussi « coincés » qu’on pourrait le penser, et qu’ils savent aussi s’amuser, pour notre plus grand plaisir !

Après une ouverture dans son registre « habituel » (Haendel me semble-t-il), Yann Golgevit enchaîne les interprétations façon pop ou jazzy  de chansons de variétés, en différentes langues.…  Pour n’en citer que quelques-unes, Barbara, Christophe Willem, Lady Gaga, Whitney Houston, Queen, des extraits de comédies musicales, Cabaret, Starmania, mais aussi des musiques de films… J’aurais d’ailleurs bien apprécié qu’on nous remette la liste des différents morceaux interprétés. Beaucoup de très bons arrangements, mais j’ai pour ma part trouvé que sa voix servait magnifiquement « L’indifférence » de notre talentueux Michel Polnareff.

Et Yann Golgevit n’oublie pas de laisser s’exprimer les trois remarquables musiciens qui l’accompagnent, avec plusieurs interprétations acoustiques en solo, duo ou trio et qui viennent rythmer le déroulement du concert. Pauses d’agréable détente pour le public, et respiratoires pour le chanteur. 

Même si j’ai été un peu déconcertée par son improbable costume de scène (il y a du Jean-Paul Gaultier là-dessous…) et une gestuelle parfois un peu ostentatoire qui m’a perturbée dans mon écoute, il n’en demeure pas moins que Yann Golgevit et ses musiciens nous ont offert ce soir là un généreux et bel hommage à la musique et à la voix, servi par une jolie mise en lumières

Le pari était audacieux mais il est parfaitement réussi…

 

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