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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
Vous y trouverez l'ensemble des commentaires de nos correspondants sur les spectacles qui ont été vus. Ce service est en ligne en accès libre depuis février 2007.
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Découvrez sur le site www.vivantmag.fr, le catalogue des spectacles repérés... et l'ensemble des services de l'Association d'Aide à la Diffusion Interrégionale du Spectacle Vivant, l'AdAdiff.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

30 novembre 2019 6 30 /11 /novembre /2019 20:31
Tout le monde ne peut pas être orphelin
Tout le monde ne peut pas être orphelin

Un spectacle produit par les Chiens de Navarre (Paris XII°) et vu le 29 novembre 2019 à La Villette.

Mise en scène : Jean-Christophe Meurisse

Comédiens : Lorella Cravotta, Charlotte Maemmel, Olivier Saladin, Vincent Lécuyer, Hector Manuel, Judith Sibon, Alexandre Steiger

Genre : Théâtre

Public : Adulte

Durée : 1H

En 2018, le spectacle « jusque dans vos bras » m’a rendue inconditionnelle des Chiens de Navarre (chroniqué). Je me suis donc précipitée pour découvrir leur dernière création, « tout le monde ne peut pas être orphelin ». Pour m’accompagner dans cette nouvelle aventure, j’étais accompagnée de ma fille aînée et de trois amis. Leurs réactions ont été d’une précieuse aide pour la rédaction de cette chronique.

Ils sont huit sur scènes, quatre hommes et quatre femmes, tous sonorisés. Quatre techniciens apportent leur concours aux sept tableaux qui vont se succéder. Le fil directeur ? Les réunions de famille et la première d’entre toutes, de circonstance et qui ouvre le bal, le repas de Noël. Dans un décor qui représente à jardin un salon bourgeois et à cour une cuisine moderne modulable en petits coins, on assiste à un règlement de compte granguignolesque du cher cocon. Les gradins, disposés en double frontale, permet au public de compter les points. La table familiale qui trône en plein centre de la scène est la table d’opération de ce microcosme résolument dysfonctionnel, quelque soit les étapes traversées et racontées : l’éducation, l’annonce d’une grossesse, la naissance, les Noëls, les goûters du dimanche, le grand âge.

Il m’est impossible d’être exhaustive tant le spectacle est riche, drôle,  surprenant et … dérangeant. Je me contenterais donc de mettre en lumière les traits essentiels de la mise en scène et quelques passages emblématiques. Ce qui frappe d’abord, c’est le verbe, d’une vacherie sans commune mesure et politiquement tout à fait incorrect. Madame la mère, dans la première scène se prend un « ta gueule, toi Eva Braun ». Faut dire qu’elle l’avait bien cherché, à balancer à son fils un « et toi, quand t’es né, tu crois que ce n’était pas violent quand tu m’as déchiré la chatte ». Le tout est à l’avenant, tellement rythmé que la salle applaudit de rire à ce battle générationnel. A l’énormité des propos répond l’outrance des situations depuis une réminiscence jouissive de « massacre à la tronçonneuse », jusqu’aux chiottes qui aspirent dans leur merde la pauvre bru aux intestins dérangés par la vacuité de la conversation autour de l’apéro. A l’hyperbole des situations répond un jeu d’acteur hors norme. L’un se laisse emporter par une colère homérique tandis que l’autre, fesse à l’air et pas que, joue les bébés que l’on va langer. Pour généraliser la problématique de la sociabilité sanguine forcée, les figures de Médée et d’Œdipe sont convoquées. Belle occasion, sous couvert de l’honorer, de mettre en boîte la représentation classique de la tragédie : les mots sont certes beaux mais ne servent-ils pas à enrober la réalité des maux. C’est donc à une enfance massacrée « pour de vrai », sur la table transformée en autel, que l’on va assister. Ce moment du spectacle interpelle. Des spectateurs sont partis. D’autres, comme moi et ma fille, sans vraiment regarder, avons rigolé nerveusement. L’exercice atteint-il la limite ou fallait-il précisément montrer les situations limites qui, nous le savons tous, existent, mais que l’on se refuse de voir. Toujours est-il que notre charmant bambin au cul nul va jouer une scène d’inceste avant que d’être émasculé par sa génitrice. Ces deux scènes extrêmes sont heureusement compensées par les jolies images qui les encadrent : l’accouchement du bambin d’abord puis le bain donné au vieil homme. La famille sapin de Noël, guère plus douée en matière de parentalité, vient clore l’ensemble dans un joli final absurde.

« Tout le monde ne peut pas être orphelin » opère une véritable catharsis. Le public est d’ailleurs maintes fois convié à participer, tantôt en chantant, tantôt en se recevant une couche pleine d’excréments…. On s’esclaffe et on s’exclame devant un spectacle qui est, à tout point de vue, une performance

 

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28 novembre 2019 4 28 /11 /novembre /2019 17:13
concert Lnour et Puppet Mastaz
concert Lnour et Puppet Mastaz

Un spectacle produit dans le cadre du 34 Tours (manifestation du Département de l’Hérault) au Sonambule (Gignac 34) et vu le 23 novembre 2019

 

 

LNOUR (hip-hop soul) 1ere partie

Voix : Léa BERGEROO – CAMPAGNE  

Batterie électronique : Killian REBREYEND

Machines : Valentin FERNANDEZ

 

Puppet Mastaz (rap marionnettes)

Distribution : DOGGA DAKOTA MR MALOKE SPUGGLES TENGO WIZAR

Genre : Concert  

Public : tout public

Durée : 3H.

 

Le Sonambule est une salle de spectacles très fréquentée par les habitants du Cœur Pays d'Hérault et que je connais bien. L’équipe propose une large palette d'événements de qualité (concerts, spectacles jeune public…). Haut lieu de danse, de fêtes, de rencontres et de partage, rien à redire sur l'espace, le son  et l’agencement. Même la bière est bonne (l’ambrée, pas la blonde..)

Bon à priori je ne suis pas ici pour vous parler débauche mais culture. Quoi que le fait de se laisser emporter par la musique reste avant tout un plaisir excessif et sensuel…donc une débauche.

 

Bref,  20H tapante et nous voilà devant notre pinte, accoudés au bar et émerveillés par les superbes affiches des Puppet Mastaz (vite raflées par des décorateurs en herbe de portes de WC). Zut, je garde donc ma veille affiche dédicacée de Renaud, agrémentant pour longtemps encore mes commodités.

 

Le monde ne tarde pas à débarquer et à 21H, le concert de Lnour commence. Au premier regard je me dis « waouh » que cette femme est belle, et à l’écoute, « waouh », c’te voix!!! La SOUL est une musique magique pour moi qui m’émeut jusqu’aux larmes. Cette première approche m’a donné envie de la découvrir plus encore… Lnour est une chanteuse toute neuve de la scène montpelliéraine. Elle oscille entre le rap, le hip hop et la soul. La veille, j’avais découvert Céleste et j’avoue que ces 2 artistes ont quelques similitudes. J’ai été charmée par 2 fois par hasard le même week-end.

22H30, petite bière (ambrée, je reprécise…) et un p’tit clope (l’abus de tout ceci est très mauvais paraît-il, au cas où vous le sauriez pas…) afin d’attendre patiemment le changement de plateau.

Quelques décibels nous amènent donc à rejoindre la salle, bière (ambrée) non terminée, le jump la fera se déverser sur quelques bras déjà en sueur. Car oui, ce fut le feu au somnambule!! Les Puppets Mastaz sont un groupe composé de … marionnettes!! Un peu à la Muppets Show. Mais attention les marionnettes ne sont que les avatars d’authentiques rappeurs. 5 petites figurines derrière un castelet géant et un énorme moment festif, rempli d’humour, de dérision avec un groove d’enfer, qui libère les corps!! On saute, on chante, on lève les bras. Nous avons découvert leur dernier album dans lequel il est question de méchants vilains, de raviolis magiques, d’un braquage audacieux et des bonbons, des sucreries et du miel rappés à la perfection.

Un voyage énergique, alléchant, le sourire aux lèvres et des ampoules dans les baskets!! Une soirée de débauche à proprement dite !!!

 

 

 

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23 novembre 2019 6 23 /11 /novembre /2019 18:39
LES DOIGTS DE L HOMME
LES DOIGTS DE L HOMME

Spectacle produit par Lamarsrock (07) et vu le 2 octobre 2019 au Palais des Congrès de la Grande Motte dans le cadre du Festival les Internationales de la Guitare 2019.

 

Guitare : Olivier Kikteff , Yannick Alcocer, Benoît Convert
Contrebasse : Tanguy Blum
Percussion : Nazim Aliouche : Percussions

Genre : Concert acoustique Swing manouche

Public : tout public

Durée : 1H15

 

 

Le festival Les Internationales de la Guitare a été créé il y a près de 25 ans à Montpellier. Et c’est la première fois depuis que le festival a été élargi à nombre de villes du département qu’un concert est accueilli à la Grande Motte, dans la grande salle au charme suranné de ce Palais des Congrès que l’on doit à l’architecte Jean Balladur.

Le public est au rendez-vous…. Et Olivier Kikteff lui réserve un accueil nuancé d’un humour qui semble faire partie de l’identité du groupe et qu’il maniera avec bonheur à plusieurs reprises au cours de la soirée. Il commence en ouverture avec une magnifique interprétation de « St James Infirmary blues », morceau rendu célèbre par Louis Amstrong et largement repris par nombre de musiciens. Belle mise en bouche…

Annoncé comme un concert « swing manouche », il s’avère bien vite qu’on n’est pas tout à fait dans ce registre, même si l’on pourra reconnaître au fil des interprétations quelques  morceaux typiquement manouches, dont certains de Django. Et de fait, Olivier Kikteff  lui-même, précise que  cet estampillage n’est plus d’actualité… Le groupe, s’il a surfé sur la vague manouche à ses débuts il y a une quinzaine d’années, a depuis beaucoup évolué pour livrer aujourd’hui ses propres compositions, et des reprises et arrangements très personnalisés. L’inspiration puisée dans différents registres musicaux, associée à la maturité, confèrent désormais au groupe son identité si singulière : à la fois ouvert, touche à tout mais aussi très exigeant... J’ai pour ma part particulièrement apprécié « Indifférence », amorcée en solo de guitare et qui s’achève en cavalcade endiablée avec tout le groupe.

Le groupe aime inviter dans ses rangs des instruments inédits permettant d’explorer d’autres univers. Il s’est adjoint pour son dernier album « Le Cœur des Vivants », les services du percussionniste Nazim Aliouche, qui apporte une note plus « musique du monde » et plus particulièrement « musique du bassin méditerranéen ».

 

Attirée en ces lieux par la perspective d’un concert manouche, dont je suis très fan, j’ai d’abord été un peu déroutée : il m’a fallu un  moment pour me laisser porter par les rythmes servis par les cinq musiciens, mais ce fut ensuite un vrai plaisir et un bien beau voyage, partagé avec l’ensemble du public du Palais des congrès.

 

 

 

 

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23 novembre 2019 6 23 /11 /novembre /2019 18:25
Vertige vocal
Vertige vocal

Spectacle produit par f2music (75) et vu au Théâtre Jérôme Savary à Villeneuve-lès-Maguelone (accueil en résidence en mai 2019) le 5 octobre 2019.

 

Genre : concert

Chanteur contre ténor : Yann Golgevit

Violoncelle : Adrien Frasse-Sombet

Piano : Thierry Gautier

Guitare : Jérémie Pourchot

Lumière : Maurice Fouilhé

Costumier : Rodolphe Sabourdhy (JP Gautier)

Public : Tout public

Durée : 1H15

 

 

 

Issu d’une famille de chanteurs et musiciens bien connue dans l’Hérault, Yann Golgevit est probablement, si j’ose dire, « tombé dans la marmite » quand il était petit ! Doté d’une voix si particulière de contre ténor, communément appelé « castra », il était naturellement voué au chant lyrique et à l’opéra. Cependant il a décidé de casser un peu les codes, et de sortir de sa zone de confort en mettant sa voix au service de la variété et de la chanson populaire.

Ainsi est née l’idée de ce tour de chant surprenant, hors des sentiers battus. D’autres que Yann Golgevit s’engagent de plus en plus dans une démarche de « mise à la portée ou dépoussiérage » du chant lyrique, par une incursion dans des registres différents ou dans le  spectacle musical humoristique… Autant, j’imagine, pour se faire plaisir, que pour démontrer au public que les chanteurs lyriques ne sont pas aussi « coincés » qu’on pourrait le penser, et qu’ils savent aussi s’amuser, pour notre plus grand plaisir !

Après une ouverture dans son registre « habituel » (Haendel me semble-t-il), Yann Golgevit enchaîne les interprétations façon pop ou jazzy  de chansons de variétés, en différentes langues.…  Pour n’en citer que quelques-unes, Barbara, Christophe Willem, Lady Gaga, Whitney Houston, Queen, des extraits de comédies musicales, Cabaret, Starmania, mais aussi des musiques de films… J’aurais d’ailleurs bien apprécié qu’on nous remette la liste des différents morceaux interprétés. Beaucoup de très bons arrangements, mais j’ai pour ma part trouvé que sa voix servait magnifiquement « L’indifférence » de notre talentueux Michel Polnareff.

Et Yann Golgevit n’oublie pas de laisser s’exprimer les trois remarquables musiciens qui l’accompagnent, avec plusieurs interprétations acoustiques en solo, duo ou trio et qui viennent rythmer le déroulement du concert. Pauses d’agréable détente pour le public, et respiratoires pour le chanteur. 

Même si j’ai été un peu déconcertée par son improbable costume de scène (il y a du Jean-Paul Gaultier là-dessous…) et une gestuelle parfois un peu ostentatoire qui m’a perturbée dans mon écoute, il n’en demeure pas moins que Yann Golgevit et ses musiciens nous ont offert ce soir là un généreux et bel hommage à la musique et à la voix, servi par une jolie mise en lumières

Le pari était audacieux mais il est parfaitement réussi…

 

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23 novembre 2019 6 23 /11 /novembre /2019 09:43
Les sonnets
Les sonnets

 

 

Un spectacle produit par le Théâtre Gérard Philipe (93) et vu le 22 novembre 2019 au TGP.

 

Texte : Shakespeare

Mise en scène : Jean Bellorini et Thierry Thieû Niang

Comédiens : Shaur Ali, Manuel Bouqueton, Maera Chouaki, Cassandra Da Cruz Ganda, Lana Djaura, Jonas Dô Hǔu, Esther Durand-Dessag, Loua El Shlimi Ali, Achille Genet, Jeanne Lahmar-Guinard, Lea Le Floch, Justine Leroux-Monpeurt, Jeanne Louis-Calixte, Ulrich Mimboe-Verdoni, Lisa Ndikita, Samir Quemon,Abou Saidou, Maïa, Seassau, Jules Tellasion, Nara Trochel, Louis Jean-Pierre Valdes Valencia.

Genre : Théâtre

Public : tout public

Durée : 1H

 

Jean Bellorini et les sonnets de Shakespeare, il ne m’en fallait pas plus pour me précipiter ! Si j’avais lu plus attentivement le programme, je n’y serais sans doute pas allée et j’aurais eu tord !

De quoi s’agit-il ? D’une restitution d’atelier théâtral que tout CDN, de par son cahier des charges, se doit de mener. En tant que parent, j’ai eu ma dose ! Je suis donc arrivée quelque peu contrariée ; je suis repartie enthousiaste !

 

« Les sonnets » ont été créés l’an passé avec un groupe de 20 jeunes gens, âgés de 8 à 20 ans, 11 filles et 9 garçons, manifestement venus d’horizons très divers. J’ai assisté à la générale de la seconde saison. Cette reprise traduit bien le caractère inédit de cette médiation culturelle. Son succès repose sur un parti pris de mise en scène très fort, servi par un décor splendide et qui fait sens.

Le spectacle s’ouvre sur la projection d’une archive de l’INA, projetée sur un mur en lignes brisées : un inventeur incompris commente, démonstration à l’appui, le caractère révolutionnaire de sa machine à apprendre à nager la brasse. En avant scène, une vraie piscine. A cour, une chaise de maître nageur et une grosse bouée rouge ; à jardin, une harpe. Le mur se lève sur un fond de scène joliment éclairé par des projecteurs à la lumière orangée qui se reflète dans l’eau bleue. Les enfants entrent en scène pour se jeter à l’eau. Théâtralement d’abord, littéralement parfois, mais surtout symboliquement. Sur les sonnets de Shakespeare, il s’agit pour eux d’apprendre à nager dans les eaux troubles de l’amour et du désir en plongeant dans la langue de l’auteur.

Le spectateur n’échappe pas aux tableaux de groupes chorégraphiés, exercice incontournable de ce type de prestation. Au passage, on note une très belle cohésion de groupe. Mais Jean Bellorini et Thieû Niang ont su mettre en valeur chaque individualité tout en créant du rythme. Certains chantent et fort bien, d’autres dansent, un autre dit le texte dans un anglais parfait, une autre accompagne les récitants à la harpe, un duo de garçons entreprend une sorte de battle, un jeune couple entame quelques portées. Les voix portent bien, la diction est juste et parfaitement audible, rendant inutiles la légère sonorisation de la salle et le sous-titrage. J’ai particulièrement apprécié les tableaux « de la seconde partie ». Après une longue et singulière approche de la piscine (et de l’amour), les jeunes forment des couples et dialoguent leurs sentiments. Les corps s’effleurent par le truchement de l’eau. La scène où le couple le plus âgé, formé dans la piscine, prend chacun sur ses épaules, deux plus petits qui à leur tour se content fleurette est d’une grande émotion. Ma seule réserve concerne la musique, à mon sens, laide et trop forte !

 

Il m’a fallu chausser les lunettes de la bienveillance. Mais je n’ai guère eu de mal tant Jean Bellorini et  Thierry Thieû Niang ont su guider ces jeunes vers l’exigence tout en leur offrant toutes les conditions d’un spectacle professionnel, traduction simultanée en langue des signes comprise. Une belle et rare générosité qui servira, je l’espère, de modèle aux autres CDN.

 

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22 novembre 2019 5 22 /11 /novembre /2019 09:44
1000 ans
1000 ans

Spectacle de la Compagnie « A K Entrepôt », vu le 21 novembre 2019 aux Taillades dans le cadre de la tournée des « Nomades » du Théâtre de la Garance à Cavaillon.

 

Metteur en scène : Laurance Henry

Acteurs : Jean-Louis Fayollet, Karim Kadjar

Durée : 1h

Public : enfant (à partir de 7 ans), ado, adulte

 

Depuis quelques années, le Moulin Saint Pierre aux Taillades, magnifique bâtisse du milieu du XIXe siècle, accueille des manifestations culturelles, en extérieur ou dans une vraie salle de spectacle.

 

La scène est ouverte. Décor blanc sur fond noir. Des plateformes sont disposées en forme d’escaliers, quelques galets.

Milan, 7 ans, vit sur l’île de Diamezek avec 76 autres personnes. 76 personnes, toutes d’un âge certain. La vie est belle, paisible, sans surprise. Mais une rencontre va tout remettre en question, faire naître d’autres envies, bousculer la routine.

 

C’est l’histoire d’un enfant en quête d’une normalité venue d’ailleurs.

C’est l’histoire de la perte de soi quand on veut faire comme les autres vous le disent.

C’est l’histoire d’une rencontre entre générations.

C’est l’histoire d’une amitié.

C’est un voyage vers sa propre vérité.

 

La mise en scène est simple et efficace avec un décor astucieux et mobile, plein de portes et de tiroirs d’où sortent des accessoires parfois surprenants. Très rythmée, elle rend le texte accessible.

 

La Compagnie A K Entrepôt est spécialisée dans le spectacle jeune public. Très belle performance de l’acteur qui incarne Milan à la perfection avec ses émotions, ses mimiques, sa gestuelle ….

 

 

 

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21 novembre 2019 4 21 /11 /novembre /2019 11:44
Les Beaux

 

Spectacle vu à Paris le 14 novembre 2019 au Théâtre du Petit Saint-Martin

 

Texte : Léonore Cofino

Mise en scène : Côme de Bellescize

Interprétation : Elodie Navarre et Emmanuel Noblet

Genre : théâtre

Public : Adulte

Durée : 1H15

  

Alice a sa façon à elle de purger la violence du monde en s’appropriant les mots de ses parents : elle joue avec ses poupées Ken et Barbie en les transposant dans un univers lisse et surfait, où ce couple idyllique file le parfait amour, entre puérilité totale et train de vie luxueux.  A travers  la vision de l’enfant se forme un couple aussi désastreux qu’attachant, sous notre regard amusé.

Lorsque les « vrais » parents d’Alice entrent en scène à l’acte 2, ils sont bien différents et se déchirent, se reprochant mutuellement  leur vie de trentenaires  façonnés par notre société de consommation,  leur stress et le  « handicap » de leur fillette qui ne parle plus depuis… si longtemps… Lorsque leur fille les abandonne,  ces  purs produits de notre siècle vont alors tenter de renouer avec leur instinct et replonger en eux-mêmes afin de se retrouver,  de s’aimer à nouveau après s’être longtemps détachés, voire détestés.

C’est une pièce drôle mais écrite au scalpel, sur la vie de gens aimables et monstrueux,  comme ceux que nous côtoyons souvent et que nous sommes, parfois…

Une magistrale interprétation des deux comédiens Elodie Navarre et Emmanuel Noblet.

 

 

Relations presse : Laurence Falleur Communication

laurencefalleur@gmail.com

01.42.56.95.97

Les Beaux

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17 novembre 2019 7 17 /11 /novembre /2019 11:00
Tout va trop vite ? Alors… ralentissez !
http://www.ateliers-du-spectacle.org/

http://www.ateliers-du-spectacle.org/

Un spectacle produit par Les ateliers du spectacle (groupe N+1), vu le 16 novembre 2019 au 3bis, lieu d’arts contemporains à Aix en Provence.

 

Conférence spectaculaire créée par le Groupe N+1, Ateliers du Spectacle et deux chercheurs – praticiens de l’Université Aix-Marseille (C. Tardif et B. Gepner).

Avec : Carole Tardif, Bruno Gepner, Mickaël Chouquet

Mise en Scène : Balthazar Daninos

Public : Adulte

Durée : 1H-1H30

 

Nous avons rendez-vous à l’Hôpital Psychiatrique Montperrin. Complètement inattendu, au milieu d’un hôpital du XVIIe siècle avec ses pavillons et ses allées, se trouve un lieu d’art contemporain.

« Tout va trop vite ? Alors… ralentissez ! » est une conférence spectaculaire sur l’autisme, une forme extrême, intense et paradoxale d’être au monde.

Une conférence à deux voix et demie, deux chercheurs praticiens et un acteur, qui rend accessible une thématique trop peu abordée.

 

« Pour moi, le temps semble s’écouler rapidement, ou en d’autres termes, aux yeux d’une personne non autiste, je parais vivre au ralenti. » Hans Van Dalen

 

Le spectacle à peine commencé, tout va déjà trop vite, un métronome nous impose le rythme : difficile de sélectionner l’information, difficile de rester attentif, on est rapidement dépassé. Stop.

Tout reprend au début. A une vitesse « normale ». A une vitesse qui nous est adaptée, qui nous permet de suivre.  Mais finalement, à quelle vitesse va le monde dans la tête d’un autiste ?

La mise en scène est originale : s’y mêlent jeu d’acteurs et projections d’enregistrements sur un écran puzzle mobile et mouvant. Apports scientifiques, témoignages de recherches et anecdotes se succèdent. C’est au son du violon de Bruno Gepner que cet impromptu scientifique suit son cours.

En fin de spectacle, une discussion s’installe entre le public, les deux chercheurs et le comédien.

 

Le groupe N+1 a su rendre sensible le champ d’investigation des chercheurs grâce à leur intervention joyeusement décalée. Cette conférence s’inscrit dans la série des « Impromptus scientifiques ».

Spectacle sensoriel, intelligent, pédagogique, informatif et drôle. A consommer sans modération, particulièrement par les publics concernés par le sujet (professionnels et familles), mais pas que !!!

 

 

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11 novembre 2019 1 11 /11 /novembre /2019 18:59
Photographie de Laurent Philippe sur http://collectiflahorde.com/

Photographie de Laurent Philippe sur http://collectiflahorde.com/

To Da Bone

Un spectacle produit par le collectif (LA)HORDE et vu le 07 novembre 2019 au Pavillon Noir (Aix-en-Provence).

 

Conception et Mise en scène : (LA)HORDE - Marine Brutti, Jonathan Debrouwer, Arthur Harel

Interprétation : Magali Casters, Mathieu Douay aka Magii’x, László Holoda aka Leslee, Thomas Hongre aka ToPa, Kevin Martinelli aka MrCovin, Bartlomej Paruszewski aka Bartox, Viktor Pershko aka Belir, Edgar Scassa aka Edx, Andrii Shkapoid aka Shkap, Damian Kamil Szczegielniak aka Leito, Maxence Foor aka Skylerz

Genre : Danse

Public : Tout public, à partir de 9 ans

Durée : 1H

 

En ce début de mois de novembre, le Ballet Prejlocaj a accueilli au Pavillon Noir le collectif (LA)HORDE composé de Marine Brutti, Jonathan Debrouwer et Arthur Harel, très nouvellement directeurs du Ballet National de Marseille.

To Da Bone est une création qui réunit 11 autodidactes trouvés sur YouTube avec une passion dévorante commune : le Jumpstyle. Ce style unique de danse voit le jour sur internet, sur un fond de musique techno, le hardstyle. A travers cette danse intense et physique, les danseurs venus de différents pays extériorisent leurs émotions, leurs révoltes et sont amenés à dépasser leurs limites. Bien plus qu’une danse, ils vivent à travers le Jumpstyle.

Les tableaux s’enchaînent pendant une heure, au rythme frénétique de leurs pas (de danse). Un spectacle de danse aux allures théâtrales qui s’adresse, à partir de 9 ans, à un large public où les générations se mêlent.

C’est un spectacle esthétique et rythmé, aux ambiances sourdes de nightclubs, où les lumières se perdent parfois dans la fumée dense, où la musique techno alterne avec les cris et le silence, où le format des vidéos d’internet est projeté à l’échelle de la salle.

Autour du spectacle, il est possible de suivre ces artistes dans les coulisses et de les observer se mettre en scène encore une fois au travers d’un documentaire de création suivi d’une vidéo d’art, présentés gratuitement sur un autre temps.

Un résultat surprenant et professionnel de cette communauté inspirante à la poursuite de la réalisation de ses rêves. Un spectacle où la danse urbaine est représentée sur la scène contemporaine avec des enchainements de mouvements à la fois violents, précis, beaux et élégants. Un spectacle énergique et dynamique. Un spectacle puissant.

 

 

 

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10 novembre 2019 7 10 /11 /novembre /2019 10:18
Les Guérillères Ordinaires

Spectacle produit par la Compagnie "Les Grisettes" (34) vu au Théâtre Jean Claude Carrière, au Domaine d'O à Montpellier, le 8 novembre à 20h.

 

Texte : Magali Mougel (déjà chroniqué : "The Lulu Projekt")

Metteuse en scène : Anna Zamore

Comédiennes : Evelyne Torroglosa, Frédérique Dufour, Lou Heyman, ainsi que 20 présences féminines.

Genre : Théâtre

Public : à partir de 15 ans

Durée : 1h30

 

Anna Zamore construit un texte engagé et donne de la voix et de la lumière à trois monologues de femmes, atteintes par notre quotidien patriarcal : « diktat de minceur, viol conjugal, charge mentale, lesbophobie ». En se livrant, elles gagnent en puissance jusqu'à l'apothéose... 

 

La première femme est en lutte contre son mari « gros, chauve et alcoolique, qui sent ». Il lui impose -comme à son habitude- une fenêtre dans sa buanderie, sa pièce intime. Cette pièce est représentée par un faisceau lumineux aux quatre angles ;  le faisceau incarnant le regard marital sur ses activités secrètes...

 

La deuxième : Léda « le sourire en bannière » est hôtesse d'accueil par vocation et ne rentre plus dans les attentes « taille 34 » de son entreprise. Elle entame un pèlerinage de vengeance sur une route de plumes blanches. Léda raconte comment elle vit sa « dé-gradation » dans un visuel magnifique : la douche de lumière qui l'encercle et les plumes noires qui lui volètent dessus, tandis qu'elle avance vers nous sur le chemin blanc, est un de mes plus beaux souvenirs de la pièce.

 

La troisième jouera devant un amoncellement de terre, elle nous fait parcourir son histoire pleine de gestes et de sons. Son père, l’a « battue » dans la forêt, son amour interdit... La performance est sauvage et authentique. Je trouve beaucoup de justesse dans sa confidence.

 

Ce spectacle est orné d'un visuel grisant et ses transitions visuelles et musicales sont parfaitement orchestrées et mettent le texte en valeur. Aux avides de pièces puissantes et qui se méditent, cette pièce est pour vous !  

 

 

 

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