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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
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les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

6 novembre 2019 3 06 /11 /novembre /2019 01:17
Olympicorama
Olympicorama

 

 

Un spectacle produit par la Compagnie Vertical Detour (93 Montreuil) vu le 04 novembre 2019 à la Villette  (Paris XIX°)

 

Texte : Frédéric Ferrer

Comédiens : Frédéric Ferrer

Genre : Conférence gesticulée

Public : tout public

Durée : officiellement 1H30 (mais 2H ce soir)

 

 

J’ai découvert Frédéric Ferrer un peu par hasard dans l’excellent « borderline(s) investigation # 1 » (chroniqué). C’est donc tout naturellement que je me suis démenée pour voir ce nouvel opus ; démenée car « Olympicorama » est programmé sur 4 dates uniques dispatchées dans l’année.

 

« Olympicorama » se propose, dans l’optique des JO de 2024, de présenter une discipline olympique par spectacle. Il y aura donc 4 conférences par saison et ce jusqu’au début de l’évènement sportif. J’ai assisté à la dernière conférence de la seconde saison et qui portait sur la reine des épreuves : le 100 m. Forte de ma précédente expérience, je pensais entendre une satire en règle. J’ai découvert un sport et reçu une superbe leçon d’humanité.

 

Dans sa forme et son propos, « Olympicorama » est à la fois proche du précédent spectacle et totalement inédit. Le plateau est nu et cette fois, le restera. Il est juste habillé, à cour, d’un pupitre avec ordinateur, d’un écran en fond de scène et d’un coin interviewe à jardin. Frédéric Ferrer, est seul en scène pour 45 minutes chrono. Sonorisé, il se poste derrière le pupitre et entame sa conférence gesticulée. Il est docte tel l’ancien prof de géo qu’il a été : le plan est annoncé (mais aussitôt démenti), les termes sont définis de sorte que nous ayons tous, en jargon prof, « un socle commun de connaissances » et la géo ne peut s’empêcher de s’immiscer là où on ne l’attendait pas….Il est d’une érudition époustouflante et le powerpoint, omniprésent sous forme de diapos ou de retransmissions d’épreuves sportives, finit par nous prouver qu’il ne nous mène pas en bateau : ainsi le tir au cerf courant est bien une discipline olympique disparue ! Car Frédéric Ferrer sait, plus qu’aucun autre, accorder la rigueur scientifique et le rire. Ainsi, chacun sait que la vitesse de pointe d’un être humain, tout Usain Bolt qu’il soit, est toute relative par rapport au règne animal. La salle s’attendait à la sempiternelle comparaison avec le guépard. Mais quand en guise de félin un charmant minou roux apparait à l’écran, assurément victorieux d’Usain Bolt (44,72 km/h) avec ses 50 km/h, c’est l’éclat de rire généralisé. Et tout est l’avenant. De digressions en digressions loufoques, on comprend que rien n’est gratuit et qu’il s’agit pour Frédéric Ferrer tantôt de faire découvrir cette discipline admirable, tantôt de faire surgir l’envers du décor. Ainsi, Frédéric Ferrer entreprend de déconstruire les stéréotypes et si les jamaïcains sont les rois de cette épreuve, c’est au même titre que les Français en ce qui concerne la pétanque : tout est question de culture ! Frédéric Ferrer dénonce aussi à travers la figure emblématique d’Avery Brundage, à la tête du sport américain en 1936 puis président du CIO, l’assujettissement du sport au politique et aux considérations morales contestables. C’est à lui que l’on doit les certificats de féminité toujours en vigueur aujourd’hui. Le terrain est prêt pour la seconde partie !

La seconde partie est une conférence-débat avec des invités, experts de la discipline. Ce soir Frédéric Ferrer a convié Christine Aaron, championne du monde de relai et détentrice depuis 1998 du record d’Europe du 100m et Pierre-Jean Vazel, dernier entraîneur de Christine Aaron et inlassable détracteur des certificats de féminité et autres aberrations liées au genre. Nous ne sommes plus dans le spectacle mais dans un moment d’échanges authentique et de grande qualité.

 

Avec « Olympicorama », Frédéric Ferrer entreprend un véritable marathon théâtral. Le projet est inouï, le propos est d’une grande intelligence, la forme est drôle. Il va sans dire qu’à l’instar de plus de la moitié de la salle ce soir, je reviendrais, d’ici 2024, m’ouvrir à cet univers qui m’est pourtant totalement étranger, le sport.

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22 octobre 2019 2 22 /10 /octobre /2019 14:47
Monsieur de Pourceaugnac
Monsieur de Pourceaugnac

Une comédie-ballet de Raphaël de Angelis produite par le Théâtre de l'Eventail (30) et vu le dimanche 6 octobre à l'opéra Confluence (Avignon).

Comédie ballet de :
Molière et Lully
Direction musicale : Benjamin Perrot, Florence Bolton
Mise en scène : Raphaël de Angelis
Assistant à la mise en scène : Christian Dupont
Chorégraphie : Namkyung Kim

Monsieur de Pourceaugnac, provincial excentrique, fait irruption dans la capitale et dans l'union de Julie et Eraste. Oronte, le père de la jeune première a résolu de la marier à ce gentilhomme limousin, mais les deux amoureux n'ont pas dit leur dernier mot ! Aidés de la jeune Nérine et du napolitain Sbrigani, ils vont tout faire pour renvoyer le malvenu dans sa région.

Après avoir été accueilli par le chef de salle et le directeur du théâtre (prestige, l'opéra a le mérite de choyer son public !) je me laisse aller au confort du siège... Mais aucune chance de m'endormir avec cette mise en scène virevoltante ! De l'orchestre au chant lyrique, des marionnettes à la commedia dell'arte, des pitreries circassiennes au théâtre de texte, pas de repos pour le spectateur. On reconnaît un vrai théâtre de tréteaux, populaire et dynamique : beaucoup de tours de passe-passe, pas de technologie. Jaillissement de couleurs et de textures, des costumes à la scénographie : j'aime ces tons ocres et rouges, ces pantalons bouffants et ces grandes perruques, indices de fête et de burlesque. La mécanique du plateau et des corps est réglée comme du papier à musique (on salue le travail de la chorégraphe Namkyung Kim). La comédie-ballet a ce talent d'allier la saveur des musiques au plaisir d'une narration aisément intelligible.


Plaisir aussi de voir ce Monsieur de Pourceaugnac se faire avaler par l'engrenage, cette grande machination théâtrale ! Les processus de répétition et d'accélération vont progressivement chosifier le limousin en une imposante marionnette, pour le bonheur de nos yeux et de nos zygomatiques. Le voilà humilié, harcelé, torturé, violé (de manière à peine suggérée !) et convoqué en justice. On rit d'abord de sa différence (ses manières, son accent) puis de sa naïveté et enfin de sa douleur. La pièce progresse et le rire du public se teinte d'angoisse : quelle cruauté, tout de même. Assez rapidement je ne ris plus, le sadisme ne m'amuse pas. Les jeunes premiers remportent la victoire, aucun renversement des rapports de force n'est envisageable. Finalement, bien qu'il n'y ait qu'une victime, chacun en prend pour son grade : les médecins ? De terribles oiseaux de malheur ! Les bourgeois ? Bornés et manipulables ! Et les femmes et les valets : de vicieux intrigants... Cette basse-cour est cruelle. Ce vieux théâtre de cour royale, qui avait beau jeu de ridiculiser les provinciaux, se confronte à la dévalorisation actuelle du théâtre parisiano-centré (et Vivantmag à ce titre fait figure d'exemple) : faire jouer cette pièce loin de la capitale alors que le théâtre s'efforce de se démocratiser et de se populariser, voilà qui a beaucoup de sens !


La dimension politique du spectacle ne gâche en rien le plaisir de la représentation qui n'en est que plus piquante : ce Monsieur de Pourceaugnac est familial et généreux, et chacun y trouvera son compte !




 

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19 octobre 2019 6 19 /10 /octobre /2019 23:05
L'Odyssée
L'Odyssée

 

 

Un spectacle produit par le Festival d’Avignon et la compagnie Longtemps je me suis couché de bonne heure (67) et vu le 19 octobre 2019 au Pavillon de La Villette.

 

Texte : Homère

Mise en scène : Blandine Savetier

Comédiens : Elan Ben Ali, Paul Fougère, Neil-Adam Mohammedi, Julie Pilod en alternance avec Claire Toubin, Mélody Pini, Souleymane Sylla.

Musique : Yko Oshima

Genre : Théâtre

Public : Tout public

Durée : 5x2H et 1x3H

 

 

Toujours en quête de spectacle atypique, je me suis laissé tenter par « l’Odyssée » d’Homère mis en scène par Blandine Savetier et remarqué cet été à Avignon.

 

« L’Odyssée » est un projet audacieux dans la mesure où il ambitionne de faire entendre l’essentiel de l’épopée. Il est donc présenté sous forme de feuilleton théâtral en 13 épisodes. Il faut 6 séances pour voir l’intégrale. J’ai pour ma part assisté aux épisodes 7, 8 et 9 à savoir, pour les grandes figures, à Circé, Tirésias et l’île du Soleil.

« L’Odyssée » mis en scène par Blandine Savetier est une lecture théâtralisée. Ils sont sept comédiens, 3 femmes et 4 hommes, et une percussionniste. Je ne devrais pas avoir à le mentionner mais c’est suffisamment rare pour le faire : quel plaisir de voir un peu de diversité sur scène ! Ils sont disposés tel un chœur antique, assis en fond de scène tandis que l’excellente percussionniste, Yoko Oshima, officie à cour. En avant scène, quatre pupitres. Les comédiens s’en emparent tour à tour au gré de leurs interventions. Ils sont sonorisés. Tous portent un imperméable pour signifier, je suppose, le voyage sans fin.

Il n’y a pas un Ulysse mais des Ulysse. 5 comédiens sur sept l’interprètent. Ces changements de voix participent à la dynamique du spectacle puisque chacun donne une couleur particulière au personnage. Ainsi, en ouverture, Ulysse slame-t-il. Les voix sont belles. La diction est parfaite. Il y a bien eu quelques accrocs mais, à la décharge des comédiens, ils avaient déjà donné une matinée. Quand les comédiens ne racontent pas l’épisode principal, ils écoutent ou ils chantent. L’une des comédiennes portent ainsi le chœur sur des mélopées africaines : c’est superbe. A un autre moment, Ulysse après avoir échappé aux sirènes, descend de l’estrade, harangue un public devenu son équipage et du haut de l’escalier du théâtre soudain métamorphosé en mât, il hurle d’une fabuleuse voix le danger imminent de Charybde et Scylla.

Pour mieux écouter la langue, j’ai fermé les yeux. Mal m’en a prise, je me suis endormie à peu prêt au moment où Tirésias somme Ulysse d’un « Il n’est pas l’heure de dormir dans la salle ». La salle a ri et moi aussi. Le spectacle n’est nullement en cause dans cet incident manifestement courant. C’est juste que le spectacle exige une grande écoute et une grande disponibilité. Après une dure semaine de labeur, je ne l’avais manifestement pas !

 

« L’Odyssée » est un spectacle qui revient à la source du théâtre. Les comédiens sont comme autant d’aèdes qui par le biais de quelques stratagèmes de jeu et de musique nous replongent dans ce récit immémorial.

 

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18 octobre 2019 5 18 /10 /octobre /2019 23:13
Harold Passini

Harold Passini

Habiter le temps

 

 

Un spectacle produit par la compagnie les Poupées Russes (Région Centre) et vu le 18 octobre 2019 au LMP (Paris XVIII°).

 

Texte : Rasmus Lindberg

Mise en scène : Salomé Elhadad Ramon

Comédiens : Lucie Contet, Caroline Gozin, Charlotte Roulland, Adrien Rummler, Quantin Voinot, Louise Ternois

Genre : Théâtre

Public : Adulte

Durée : 1H30

 

Les structures où j’ai coutume de me rendre ne proposant pas de spectacles attrayants à mes yeux en ce mois d’octobre, j’ai enfin pris le temps de revisiter le LMP.

Le LMP est une véritable institution. Il a longtemps été le seul lieu culturel de la Goutte d’Or avant que le quartier n’entame sa gentrification. Le LMP ou Lavoir Moderne Parisien occupe un ancien lavoir comme le quartier en comptait tant à l’époque de « l’Assomoir ». Il en a gardé la structure et l’odeur du bon vieux temps. Le LMP a fermé pendant quelques années suite à de sombres démêlées politiques. Tout le quartier s’est mobilisé, en vain. Il a ensuite fait office d’accueil pour les « Femen » avant d’être repris il y a deux ans. Difficile alors de trouver des informations sur la programmation. Depuis, les outils de communication sont tout à fait performants et en tant que voisine, j’attendais  impatiemment le spectacle qui me donnerait l’opportunité de renouer avec les lieux. C’est donc à « Habiter le temps » que le LMP doit ma visite ! La salle est inchangée et forte d’une soixantaine de places. L’accueil est familial ; le public, relativement jeune, compte déjà des habitués ; la ligne éditoriale met à l’honneur de jeunes compagnies, de celles que l’on rencontre en Avignon ;  l’ensemble fleure bon le côté alternatif que j’aime tant.

 

 

« Habiter le temps »a retenu mon attention par sa thématique : le transgénérationnel ou comment un fantôme caché dans le placard par une génération pourrit l’existence des suivantes jusqu’à ce qu’un membre de la famille décide enfin de se confronter à l’histoire familiale pour mieux rompre le cercle vicieux. « Habiter le temps » raconte donc l’histoire d’une de ces familles sur trois générations. C’est la figure masculine de la seconde génération, Stephane, affreusement défiguré en bas-âge par un accident domestique qui décide de s’atteler à la tâche.

Ils sont six sur scène, 4 femmes et deux hommes, à évoluer dans ce qui évoque la maison familiale : trois allemandes en tulle dont une porte un cadre doré, une table à manger avec deux chaises, un berceau et un gramophone.

La belle trouvaille scénographique réside dans le jeu simultané des trois générations ; un mot prononcé par l’une donnant la réplique à l’autre. Malgré parfois un certain brouhaha, ce dispositif donne à voir l’origine du drame, le décalage entre l’analyse et la réalité de la situation, silence oblige et enfin la façon dont chaque génération se dépêtre (ou pas) du problème. Le rythme est donc plutôt enlevé, nourri par ailleurs, par deux petites scènes chorégraphiées. L’émotion pointe régulièrement mais elle retombe tout aussi régulièrement en raison d’un texte qui n’échappe pas aux poncifs et aux invraisemblances (la psy qui accompagne son patient pour visiter la maison familiale et qui deviendra la mère de la troisième génération…) et d’un jeu qui a du mal à les porter.

 

 

« Habiter le temps » est un spectacle intéressant sur le fond, agréable à regarder sur la forme mais qui n’a pas su totalement me convaincre.

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13 octobre 2019 7 13 /10 /octobre /2019 20:19
Le Lambeau, Charlie en pièce(s)
Le Lambeau, Charlie en pièce(s)

Un spectacle produit par La Compagnie du visage et vu le 4 octobre 2019 Au théâtre Carré Rondelet à Montpellier (34)

 

 

Texte : d’après le récit « Le Lambeau » de Philippe Lançon

Mise en scène : Avner Camus Perez, olivier Morin, Benjamin Perez

Interprétation : Avner Camus Perez, olivier Morin, Benjamin Perez

Musique : Benjamin Perez et Christophe Manz

Création lumière: Hugo Lacouture

Genre : Récit/lecture

Public : Tout public

Durée : 1H10

 

 

L'authenticité de ce tout petit théâtre cocooning  nous amène à nous sentir immédiatement dans un « chez soi » agréable et cosy. Des draperies, une entrée où l'on se serre afin de tous rentrer : l'essentiel contenu dans une boîte.

L'espace est optimisé au maximum en laissant place au rêve : qu'y a-t-il derrière ce rideau? Nous entrons bel et bien au spectacle. Nous allons voyager, pleurer, rire,…  c'est fort probable, mais de toute évidence il va se passer une émotion. La jauge est d'une quarantaine de places, et je l'avoue, pour les personnes possédant de grandes gambettes, la crampe va vous saisir assez vite. Ou bien, Madame, si vous tenez à votre brushing, sachez que votre voisin du dessus risque de vous crêper le chignon avec ses genoux, c'est un risque à prendre. Qu'à cela ne tienne, même si au bout d'une demi-heure nous pouvons voir les spectateurs commencer à remuer discrètement sur leur assise, le spectacle nous tient jusqu'au bout!

 

« Le Lambeau » est un livre écrit par Philippe Lançon. Philippe Lançon est un survivant de l'attentat de Charlie Hebdo. Journaliste et chroniqueur, il était présent autour de cette table ce jour-là. Ce 7 janvier 2015 où les atrocités se sont déroulées. "Ils sont 12 à table et ils refont le monde. C'est la bande qu'on assassine et c'est un peu nous qui mourrons".

 

Il retrace, dans son livre, chacun de ses souvenirs, ses perceptions, il narre ce qu'il a vécu : la veille du 7 janvier, insouciante ; ce jour atroce et sanglant et la reconstruction d'un lendemain qui n'en finit pas. Il décrit d'une manière didactique, sensorielle, psychologique et physique ce moment. Il en ressortira défiguré et traumatisé.

 

Le spectacle : deux comédiens récitent, livre en main, « Le Lambeau », jouent, se répondent. Le troisième met en musique la lecture, il rythme le spectacle et le ponctue de ses propres mots en un slam extrêmement éloquent. Spectacle poignant, vivant et merveilleusement bien interprété. Leur voix, leur physique et leur présence apportent une touche de gravité. Moment suspendu où la mort vient piétiner des hommes, des idées, la liberté...

 

Le décor est minimaliste : une table renversée, un rideau rouge la recouvrant partiellement, des magazines et des mallettes, en vrac, au sol. Chaque élément retrace cette salle de conférence lors de l'attentat ; le chaos et le sang.

 

Tout le monde se souvient de ce 7 janvier 2015. Mais en étant ainsi immergée dans le spectacle, j'ai eu l’impression d’être autour de la table avec eux. L'horreur, la peur, la stupeur, l'effroi, la douleur... Comment se reconstruire face à ces évènements ? Comment mener le combat pour continuer à vivre, pour faire le deuil. On s'est attaqué à un icône de la liberté, et celle-ci a un prix, et quel prix!! 

Un livre et un crayon font bien plus peur que les armes, car le Savoir et l’éducation populaire amènent à la destruction massive de la bêtise.

On est Phillippe Lançon.

On est Charlie. 

 

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11 octobre 2019 5 11 /10 /octobre /2019 23:39
Pascal Victor

Pascal Victor

Vie et mort de Mère Hollunder

 

 

Un spectacle produit par le TGP (Saint-Denis, 93) et vu le 11 octobre 2019 au Théâtre du Rond-Point.

 

Texte : Jacques Hadjaje

Mise en scène : Jean Bellorini

Comédiens et musiciens: Jacques Hadjaje

Genre : Théâtre

Public : Adulte

Durée : 1H

 

 

J’ai pour habitude d’aller voir les spectacles de Jean Bellorini en son fief de Saint-Denis. Mais le mois d’octobre m’offrant peu de tentations théâtrales, j’ai devancé l’appel !

 

« Vie et mort de Mère Hollunder » est un spectacle fort différents des autres dans la mesure où Jean Bellorini s’est mis en quelque sorte au service de Jacques Hadjaje, auteur et  seul interprète de la pièce ; laquelle est une variation de « Liliom » de Ferenc Molnar mis en scène par Bellorini en 2013

« Vie et mort de Mère Hollunder » met en scène une maîtresse femme, veuve du tendrement aimé Jacob et qui continue à tenir le magasin familial de photographie. Entre deux prises de vue (il y a en aura quatre au total et qui fonctionnent comme autant de flashs de mémoire), Mère Hollunder se raconte, ou réconforte sa fille prostrée dans son chagrin d’amour, quelque part en haut de l’escalier en colimaçon qui surplombe le plateau.

A travers son récit, c’est tout un monde disparu qui ressurgit ; celui des petites gens, perdus dans une bourgade indéfinie des années 50. Mais c’est moins de nostalgie dont traite « vie et mort de Mère Hollunder » que de la persistance des violences faites aux femmes. Jacques Hadjaje, travesti en cette rocailleuse mama, qui a la « baffe facile », finit par ôter ses oripeaux de circonstance pour dénoncer combien il est dur d’être femme.

Le propos est grave mais le texte est infiniment drôle. Le verbe est haut, populaire, cru. Le contraste entre ces deux registres est jubilatoire et atteint son paroxysme quand Mère Hollunder commente à sa manière « la Norma » dont le transistor laisse entendre le Casta Diva. La truculence du texte est toujours pondérée par un comédien qui sait jouer des silences, de l’émotion et de la pudeur aussi. La voix est chaude, tantôt tonitruante, tantôt extraordinairement assourdie. La petite salle Roland Topor, juste agrémentée de quelques accessoires (la volée d’escalier, une coiffeuse de loge, une armoire-cercueil, deux chaises pliantes et quelques gallinacées empaillées), plongée dans une semi-pénombre crée l’intimité propice à recueillir les confidences et les coups de gueule de Mère Hollunder.

 

Jacques Hadjaje est un splendide conteur, tant par l’écrit que par l’interprétation. Par son talent et avec la complicité de Jean Bellorini, il dresse Mère Hollunder au rang d’archétype.

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25 septembre 2019 3 25 /09 /septembre /2019 22:21
toute la culture.com

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Tarquin

Un spectacle produit par la vie brève et la Théâtre de l’Aquarium (Paris XII°) et vu le 24 septembre 2019 au Nouveau Théâtre de Montreuil (93)

Texte : Aram Kebabdjian

Mise en scène : Jeanne Candel

Musique : Florent Hubert

Comédiens et musiciens: Florent Baffi, Delphine Cottu, Myrtille Hetzel, Antonin Tri Hoang, Sébastien Innocenti, Léo-Antonin Lutinier, Damien Mongin, Agathe Peyrat, Marie Salvat

Genre : Drame lyrique

Public : Tout public

Durée : 2H10

Il y a quelques années, une pépite m’est tombée sur la tête : « le crocodile trompeur » alias une version vulgarisée de « Didon et Enée » mise en scène par Jeanne Candel et Samuel Achache (non chroniquée). Depuis, je suis devenue une aficionada. Ce soir, Jeanne Candel présentait, seule, « Tarquin ».

La spécialité de la compagnie est le théâtre musical. Mais ce soir et contrairement aux trois autres spectacles de la compagnie que j’ai pus voir, il ne s’agissait pas de rendre accessible le répertoire baroque mais de proposer une création in extenso, livret et musique compris.

L’histoire est quelque peu loufoque. Tarquin, grand criminel (nazi ?) de son état, s’est évaporé en Amérique latine où il s’est fait passer pour un planteur philanthrope. La juge Javier est envoyée sur place pour procéder à l’exhumation d’un corps qui pourrait être celui de Tarquin.

Elle débarque dans un commissariat miteux, perdu au fond de la jungle : des marches permettent d’accéder à un plateau en hauteur ceint de murs revêtus en leur partie basse de carrelage vert avec deux lavabos. On entre à jardin mais on peut aussi sortir à cours. Une fenêtre s’ouvre sur une forêt dense sur laquelle la pluie s’abat régulièrement. Le décor réserve d’autres surprises, à la mesure de l’insaisissabilité de Tarquin, à commencer par une piscine sous le plateau et une sépulture pleine de terre.

La partie théâtrale est faible. En effet et à l’exception remarquable de Léo-Antonin Lutinier (déjà admiré dans « Orféo » de la même compagnie -non chroniqué), les comédiens sont moins comédiens que musiciens. Le jeu est forcé et grimaçant, les voix portent peu, le rythme est aléatoire. Heureusement d’extraordinaires trouvailles scéniques compensent ces défaillances. Ainsi du marteau-piqueur lancé à plein régime tandis que la police scientifique chante : le plateau  se transforme en un vrai capharnaüm terreux. Autre scène déjantée, celle où Tarquin sort de la piscine avec tout l’attirail du plongeur et déambule, chaussé de palmes, sur le plateau et dans la salle. J’ai aussi beaucoup aimé cette ambiance très « tropicale » du laboratoire scientifique quand la fliquette se manucure les ongles à la fenêtre tandis qu’il pleut et que les laborantins écoutent sur un vieux transistor des airs latinos tout en extirpant les os de la solution où ils trempaient.

Musicalement, c’est splendide. J’ai eu un peu de mal à rentrer dans cette partition très contemporaine à quatre instruments –violoncelle, violon, accordéon et vents (tuba, clarinette)- et polyphonique. La diction est parfaite même lorsque le récitant introduit le spectacle en allemand. Le duo « qu’allons-nous faire de toute cette haine ? » sur un air de tango revisité est sublime. Très inattendue et très réussie aussi cette scène où le flic raconte les rituels funéraires : les instruments sont disposés aux quatre coins de la scène, il parle mais les dernières syllabes du dernier mot de chaque phrase sont chantées dans des aigus sidérants qui donnent la chaire de poule.

« Tarquin » réunit tous les ingrédients pour devenir un spectacle mémorable. En murissant, il est à espérer que les comédiens trouveront véritablement leurs marques. A moins que le secret du spectacle parfait ne réside en l’association de Jeanne Candel et de Samuel Achache. Réponse en décembre au théâtre de l’Aquarium où la compagnie s’installe sous la direction de Jeanne Candel.

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22 septembre 2019 7 22 /09 /septembre /2019 21:36
Filipe Ferreira

Filipe Ferreira

Un spectacle produit par le TG Stan (Belgique) et le Teatro Nacional D. Maria II (Portugal) et vu le 20 septembre 2019 au Théâtre de la Bastille (Paris XI°)

Texte : Tiago Rodrigues librement inspiré de Tolstoï

Mise en scène : Tiago Rodrigues et le TG Stan

Comédiens : Isabel Abreu, Pedro Gil, Jolente de Keersmaeker, Franck Vercruyssen

Genre : théâtre  

Public : adulte

Durée : 1H40

Je fréquente le Théâtre de la Bastille depuis des lustres. C’est le fief parisien du TG Stan dont je suis le travail depuis non moins longtemps. Tiago Rodrigues que j’ai découvert l’an passé avec un mémorable « Bovary » y a également élu domicile. C’est la première fois que je chronique au théâtre de la Bastille. Et quelle première fois puisque the « way she dies » réunit tout ce beau monde !

« The way she dies » est la triple mise en abyme d’Anna Karénine. Autrement dit, « The way she dies » raconte la façon dont le livre de Tolstoï s’immisce comme élément perturbateur de deux couples : un couple néerlandais d’aujourd’hui ; un couple portugais des années 60 dont la femme, sous l’emprise même de l’héroïne, est la mère du monsieur du premier couple. Exposé ainsi, voilà qui paraît fort compliqué. Or c’est précisément là que réside tout l’art de Tiago Rodrigues et du TG Stan conjugués.

En quatre actes rythmés par des airs de jazz et dans un perpétuel va-et-vient entre le livre et la réalité de deux couples,  entre le présent et le passé, on assiste en français, néerlandais et portugais, à la quête de l’amour comme quête de l’Absolu. Une véritable autopsie du sentiment amoureux dans un naturel confondant !

Car Tiago Rodriguès et le TG Stan ont ceci en commun de mettre le jeu de l’acteur au centre du spectacle. Et quels acteurs ! Le décor est très épuré. En hauteur, une vague verrière avec 4 lampadaires suggère la gare de toutes les rencontres et du drame final ; à cour et en fond de scène, une sorte de cuisine pour évoquer cette normalité que fuit notre (nos) héroïne(s) et qui, théâtralement, comme de coutume au TG Stan, fait office de loge pour les changements à vue ; à jardin, une drôle de machine en bois qui crachera en une sublime image la neige de l’âme slave.

C’est l’autre marque de fabrique des deux structures : malgré le drame, l’humour est omniprésent. Par exemple, la scène où la femme du couple néerlandais susurre à l’oreille de son amant sa théorie…..  sur l’oreille comme  révélatrice du sentiment amoureux est à mourir de rire.

« The way she dies » est un spectacle d’une grande complexité narrative et pourtant d’une grande simplicité. Les voix qui s’égrènent de par les âges, les expériences, les points de vue de chacun des protagonistes se réunissent à la fin pour raconter d’une seule voix, mais en chant choral, « The way she dies ». A ne pas manquer.

 

 

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15 septembre 2019 7 15 /09 /septembre /2019 21:22
La fin de l'homme rouge
La fin de l'homme rouge

Un spectacle produit par la Criée, Théâtre National de Marseille(13) et vu le 14 septembre 2019 au Théâtre des Bouffes du Nord (Paris X°)

Texte : d’après Svletania Alexievich

Mise en scène et adaptation : Emmanuel Mérieu

Comédiens et musiciens : Stéphane Balmino, Evelyne Didi, Xavier Gallais, Anouk Grinberg, Jérôme Kircher, Maud Wyler, André Wilms et la voix de Catherine Hiegel

Genre : théâtre  

Public : adulte

Durée : 1H50

Je ne suis pas férue d’adaptation. Mais d’emblée, il m’a semblé que « La fin de l’homme rouge » de Svletana Alexievitch pouvait fort bien s’y prêter. C’est donc plein d’attentes que je suis allée aux Bouffes du Nord pour inaugurer une saison théâtrale prometteuse.

Prix Nobel de littérature en 2015, Svletana Alexievitch a parcouru l’ex-empire soviétique et enregistré des centaines de témoignages pour faire entendre la voix des témoins brisés de l’époque soviétique, voix de ceux qui ont cru qu’un jour « ceux qui ne sont rien deviendraient tout » et sont aujourd’hui, dans le capitalisme sauvagement triomphant, orphelins d’une utopie.

Les voix surgissent d’un champ de ruine. En avant-scène, des lattes de bois et une carcasse de voiture sont ensevelies sous des monceaux de sable. Sur la scène de béton brut jonchent un fatras indéfini et un micro. Fenêtres sales et taguées à jardin, allemande brun-kaki au mur décrépi et qui fera office d’écran de projection complètent l’ensemble. Mais à part l’allemande et le micro, le décor est totalement accessoire et surligne, à mon sens, inutilement, les témoignages.

Six témoignages ont été sélectionnés dont un est extrait, sauf erreur de ma part, d’un autre ouvrage de Svletana Alexievitch, « la Supplication, Tchernobyl, chronique du monde après l’apocalypse ». Les comédiens montent tour à tour sur scène, souvent depuis la salle, se campent devant le micro et entonnent leur récit. Impossible de rester indifférent devant ces tranches de vie élevées dans la foi « du sacrifice héroïque » et qui ont du apprendre  ce qu’était « l’homme qu’on extrait de l’homme jusqu’à la dernière goutte ». Les récits sont en eux-mêmes, comme dans le livre, insoutenables. L’intensité émotionnelle de trois comédiens –Anouk Grinberg, Jérôme Kircher et Xavier Gallais- nous fait appréhender l’indicible. La prestation de ces deux derniers est magnifiée par leur visage projeté en gros plan tandis qu’ils racontent. Les trois autres récits demandent encore à être rodés au risque de laisser la musique d’arrière-fond devenir franchement envahissante : les petits problèmes techniques qui ont retardé la représentation de vingt minutes sont peut-être à l’origine de maints accrocs et d’une moindre incarnation.

Il fallait relever le défi de sélectionner six témoignages parmi les centaines qui composent le livre de Svletana Alexievitch pour les porter sur scène. Le pari est si encourageant que j’aimerais volontiers en entendre d’autres.

 

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31 août 2019 6 31 /08 /août /2019 19:37
Festival Font'Art 2019

Font art : Festival de rue , à Pernes les Fontaines (84) du vendredi 2 au dimanche 4 aout 2019

Aprés la belle édition du Off d’Avignon, me voila à Font’Art, joli festival d’art de la rue à Pernes les Fontaines , qui poursuit depuis 23 ans son travail de sensibilisation et de découverte du spectacle de rue dans un joli village du vaucluse de 10.000 habitants. 

Font Art, aujourd’hui, c’est 16 compagnies du In (payées), 11 du Off (défrayées + chapeau) et 5 propositions en « Fest’ici » pour offrir un terrain d’expérimentations aux artistes locaux, soit 30 compagnies et plus de 100 représentations dans les rues, sur les places, les esplanades ou les cours d’écoles pour découvrir des spectacles qui nous questionnent sur notre société. Il y a bien sûr les associations, des artisans, des food trucks et des buvettes, ainsi qu’un espace professionnel pour les équipes (ouvert aux professionnels sur réservation : 10 euros le repas ; excellent, local et bio. Une équipe motivée composée de bénévoles et de professionnels ( le passage à la professionnalisation est une phase critique de la vie d’un festival) pour imaginer des formules qui permettraient à davantage de compagnies de pouvoir jouer alors que les budgets ont tendance à diminuer. L’occasion de voir de belles propositions avec un public fidèle, toujours nombreux et curieux, et pour qui c’est souvent une première approche d’un festival de rue.

J’ai pu y découvrir plusieurs spectacles dont :

Anatomik, de la compagnie Madame Kanibal (33)

Genre : Théâtre de rue / Fakir
Public : Tout public à partir de 6 ans ( accompagnés bien sur)
Durée : 30 mn

 

 

 

Devant son vestiaire en acier in oxydé, Madame Kanibal nous invite dans son intimité et se laisse aller à la séduction, toute en poésie cannibale et décalée. Un numéro de contorsionniste fakir, emballée dans une histoire de vie drôle et Rock’n’roll roll. Elle revisite les standards du genre, sourire au lèvres et trimbale son excentricité pleine de gouaille pour cacher une tendresse et une histoire que chacun interprétera selon ses propres échos. Un petit côté « Freaks » en hommage aux personnage de foire qui venaient exhiber leurs extravagances devant un public voyeur, mais recherchaient avant tout l’amour.

A la fois techniques, simples et spectaculaires, ses numéros comme son épilation à la meuleuse ou ses explorations bucco-nasales font un grand effet sur le public et cela fonctionne à merveille.

Une petite forme légère à partager et à découvrir

> Cours sans sac , de la compagnie Gay tympan (34)

Genre : Théâtre de rue / Déballage incantatoire poétique et révolté

Public : Tout public à partir de 10 ans ( 12/14 ans pour moi)

Durée : 40 mn

Sur un sol jonché de sacs, en papier, avec des inscriptions dessus, voila une proposition sur le questionnement, sur le regard des autres et sur les grands enjeux du monde. Une sorte de théâtre dansé existentiel où la comédienne danseuse traîne ses sacs comme autant de casseroles. On ne peut pas lui en vouloir : sur chaque sac il y a une part de ce qui fait notre monde: argent, guerre, travaille, guerre, pollution, dieu… : de quoi chercher à vider son sac quand on sait que chacune de ces choses contribue également à détruire ce qui fait la richesse de notre monde. Mais à vouloir parler de tout, on se perd parfois dans la diversité des situations et l’on ne peut en embrasser aucune, laissant pour moi, un léger sentiment de frustration.

Un travail sur le renoncement, avec quelques effets surprenants, à la fois très politique et tout en poésie, qui présente une autre approche que celle de la culpabilisation et des dénonciations. Un appel aux rêves pour solutionner toutes nos angoisses…

Ambitieux et accessible.

> « Songes » du Collectif Utopies (Auvergne Rhône Alpes & Paca)

Genre : Cirque

Public: tout public

Durée 45 mn

 

 

 

Un groupe de jeunes artistes, sortie tout droit de l’école de cirque de Chambéry, et qui s’est emparé de la proposition du festival : monter un spectacles en 5 jours autour d’un arbre central et majestueux, permettant à chacun de présenter sa ou ses spécialités. Un projet généreux et plein de potentiel (mais cela je ne l’ai su qu’après avoir discuté avec eux...).

J’ai été au départ attiré par le côté visuel et foisonnant de l’arbre à agrès : un tableau-trapèze, un lustre, des tissus, cordages et élastiques… . Cela donnait envie et me laissait plein d’attentes. Puis j’ai été surpris par le côté «amateur » de l’ensemble ( éclairage, enchaînement, technicité des numéros…) et la construction très scolaire. Toutefois, ces jeunes là dégageaient une vraie énergie et donnaient un aspect très touchant aux tableaux d’ensemble ce qui compensait largement la faiblesse technique. Ils sont tous les 8 à investir le plateau, mêlant calme et courses effrénées comme pour montrer la force du groupe.

Autour du thème du rêve, ces jeunes artistes ont construit un fil conducteur avec une voix off, qui lance ainsi trois ou quatre grandes séquences, en faisant référence à ce que chacun vit.

Chacun tente, avec ses faiblesses et ses points forts - et sans se mettre en danger -, des numéros, des effets et c’est immensément riche et créatif. La battle de mât chinois avec la brochette humaine, le lit-bateau évolutif ou le trapèze-tableau… autant d’idées dont ils s’emparent et qu’ils nous proposent. Bien sûr cela demande ensuite à être travaillé… ils ont imaginé cela en 5 jours.

Alors, nous avons imaginé des accueils dans des villages, pour affiner le spectacle, accueillir des ateliers d’initiation au arts du cirque et proposer le spectacle autour de l’arbre du village. Car chaque village à un arbre totem qui symbolise à la fois la tradition, l’ancrage et la vie qui évolue.

Si vous êtes intéressés pour accueillir cette forme, n’hésitez pas à nous contacter…

> Considérations de la compagnie Madame Riton (Occitanie)

Genre : Théâtre de rue – duo intime pour l’espace public

Public : tout public à partir de 12 ans

Durée : 55 mn

Un spectacle sur les hommes et les femmes ( mais surtout les femmes…) déjà vus à Aurillac il y a quelques années…Une sorte d’histoire des hommes et des femmes vue par les cons. C’est très drôle, une dentelle littéraire, juste et bien vue, dynamique et originale. On y suit le parcours de sa construction quand on est une femme ( Dominique), attendue comme un garçon. La découverte du corps, du plaisir, de l’amour, de l’enfantement et le recommencement.

Il faut être attentif pour ne pas perdre le fil de l’histoire et ses histoires de cons. Con-science ; con-fesse, con-gratulations et autres con-sidérations. Un très chouette moment.

 

> A côte de la plaque de la compagnie Alma (66)

Genre : théâtre de rue culino musico thétral

Public : Tout public

Durée : 50 mn

 

 

 

Une proposition culinaire et féministe, qui interroge la place de la femme sans lourdeur. Le trio fonctionne très bien, avec une accordéoniste qui vient ajouter une touche très particulière au rythme de cette proposition. L’objectif est de préparer le gâteau au chocolat de nos rêves, pretexte à l’énumération de souvenirs personnels et si communs, façon madeleine de Proust.

Une performance scénique et technique dans laquelle je me suis laissé embarquer avec grand plaisir.

Crédit photos : sites des compagnies et Patrick Denis

 

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