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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site.
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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
Vous y trouverez l'ensemble des commentaires de nos correspondants sur les spectacles qui ont été vus. Ce service est en ligne en accès libre depuis février 2007.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

18 juillet 2017 2 18 /07 /juillet /2017 10:23
Sandre

Spectacle du Collectif Denisyak - Solenn Denis & Erwan Daouphars (33), vu le 13/07/2017, AVIGNON OFF 2017, à 13h45 à la MANUFACTURE (patinoire): du 6 au 26 juillet – Relâches : 12, 19 juillet (1ère à Avignon).

 

Texte : Solenn Denis

Mise en scène : Collectif Denisyak

Interprète(s) : Erwan Daouphars

 

Genre : Théâtre, Monologue pour un homme

Public : A partir de 15 ans / A déconseiller aux femmes enceintes (ou prévoir sels de pâmoison)

Durée : 1h25

 

Un fauteuil, une lampe, une aigreur, neutre. Voilà ce que l’on voit et l’on ressent en arrivant à la patinoire d’Avignon pour découvrir "Sandre", une des pièces de cette autrice contemporaine (si, c’est comme ça que Solenn Denis veut qu’on dise) dont tout le monde guette le pas, le mot, la colère, l'excitation, de Bordeaux à Paris, de Paris à Pézenas (si si).

 

Chez Solenn Denis, le mot a son importance, la voix de son maître aussi. Ils se réfléchissent. Ils se partagent.

 

Comme une grossesse nerveuse, comme une grossesse de déni, le personnage principal de "Sandre", une femme (jouée par un homme, sans artifice, sans ventre rond, sans chichi) perd la foi et les eaux le jour où sa vie amoureuse bascule. Le bal de la femme prégnante sent le roussi.

 

Sentant dès le début nous aussi comme un feu au lac, et une absence lourde, d’explications oui, et flairant une autre dimension que celle qui nous rassemble, nous prenons peu à peu avec Erwan Daouphars, fin, délicat, de la distance avec la beauté et la vie. Nous découvrons avec lui son histoire, à elle, dans lui.

 

Qu’est-ce qui mystérieusement pèse dans cette fatalité douce de l’amour, de la vie, au point qu’un jour, elle bascule dans la folie violente ? Qu’est-il arrivé à cette femme, qui ne se plaint jamais, pourtant, dans sa douleur froide ? Elle qui oui, savait "faire la beauté", entière, dévouée.

 

C’est l’histoire d’un drame sous-jacent, d’un grain de sable, d’une poussière de cendre dans le ventre, qui rend la bouche amère et fait tourner un jour le dos à l’existence.

La scénographie, sobre, laisse placidement entendre la descente aux enfers, dans les eaux troubles de la vie. La discrétion des lumières fait la place à l’être humain tout entier, blessé dans sa chair, dans son être, dans son estime de lui, en douceur, comme vers une folie douce. Ici point de violence visible. D’ailleurs quelle compréhension en avons-nous quand elle survient ? Ici calme froid après la tempête, absence et confidence, comme un aveu.

 

Vu le sujet du jour, j'ai trouvé la pièce si on peut dire pas mal. Peut-être pas facile à programmer sans échanges avant, ou après. Mais avec votre audace...

 

Mesdames, Messieurs les programmateurs-trices (et vous chers spectateurs), prévoir de laisser vos aiguilles à tricoter à l’entrée (au service oui de sécurité).

 

Danielle Krupa / www.allez-zou.fr

 

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18 juillet 2017 2 18 /07 /juillet /2017 10:13
Chutes libres
Chutes libres

Spectacle de la compagnie Manuel PRATT (84), vu le 13/07/2017, AVIGNON OFF 2017, à 11h, La Tâche d’encre du 7 au 29 juillet - jours impairs - Relâche : 17 juillet (1ère à Avignon).

 

Interprète : Manuel Pratt

 

Genre : Seul en scène, nouvelles

Public : A partir de 13 ans

Durée : 1h

 

Dans "Chutes libres", Manuel Pratt fait basculer les spectateurs dans l’horreur la plus complète. L’horreur de quoi ? Mais de la vie bien sûr !   

Car n’importe qui peut vivre l’horreur la plus complète.

 

Paru en 2004, ce recueil de nouvelles trash sans lien entre elles prouve combien le Bad Timing de la vie peut nous amener un jour à nous retrouver exactement au mauvais endroit, exactement au mauvais moment. Le hasard du tirage au sort sans doute.

 

Six courtes histoires nous seront livrées de la même manière, au sort, à l’oreille, (et d’ailleurs, méfiez-vous).

Ici les névroses d’un coiffeur perfectionniste, là, l’aliénation cataleptique d’un remarquable chirurgien, partout, le trash de pathologies explosives et des vengeances froides. Gnark gnark gnark… Vous n’aurez pas fini de rire, mais probablement de peur.

 

A programmer, oui, avant de finir enfermé.e vivant.e dans un cercueil, (ou à la CAF).

 

Danielle Krupa / www.allez-zou.fr

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17 juillet 2017 1 17 /07 /juillet /2017 08:15
J’ai trop peur
J’ai trop peur

Spectacle de la compagnie du Kaïros (Paris), vu le 14/07/2017, AVIGNON OFF 2017, à 10h15 à la MANUFACTURE, du 6 au 26 juillet - Relâches : 12, 19 juillet.

 

Texte et mise en scène : David Lescot
Avec : Suzanne Aubert, Camille Bernon, Lyn Thibault, Marion Verstraeten (en alternance)

 

Genre : Théâtre jeune public
Public : A partir de 7 ans
Durée : 0h50

 

Parmi les spectacles "jeune public", il y a les clowns moisis qui gonflent des ballons, les chansonniers ringards vantant les prouesses des petits lapins roses, et puis il y a David Lescot.


Au vu de son nouveau spectacle, "J'ai trop peur", proposé à la Manufacture (où l’on trouve le meilleur du Off à mon goût), nul doute qu'il est préférable d'amener nos têtes blondes affronter l'expérience de celui-là plutôt que l'abêtissement de ceux-ci. Ne serait-ce que pour se confronter réellement à des émotions qu'ils connaissent, à des peurs qu'ils éprouvent, à des joies qu'ils ressentent.
Rien de grave pourtant ici : le spectacle traite de la terreur qu'éprouve un petit garçon devant son entrée en sixième à la fin de l'été. Mais c'est pourtant d'une de ces peurs réelles, prenantes, obsessionnelles que David Lescot traite ici, dans un texte magnifique de justesse, de pudeur et d'humour. Le temps des vacances, notre héros va peu à peu traverser mille émotions, depuis le refus net jusqu'à l'acceptation, depuis le cauchemar jusqu'à la joie, apprendre à grandir en quelque sorte.

 

Le dispositif est simple : trois jeunes comédiennes exceptionnelles (eh oui !), un dispositif simple et astucieux qui permet de varier les niveaux de plateaux, et un texte, superbement réaliste.

Les comédiennes jouent visiblement en alternance, mais la distribution que j'ai vue est absolument parfaite : entre le héros, partagé entre ironie et peur, sa petite sœur, délicieuse écervelée à couettes, et le "grand de la troisième" déjà affranchi des codes du collège, petit marlou crâneur, les filles sont au-delà de l'éloge, dynamisant par l'humour un texte pétillant, inventif, parfois doucement émouvant.

Pour tout le reste, tout ce qui "fait théâtre", Lescot fait confiance à l'imagination : besoin d'un feu d'artifice ? Une simple pantomime, quelques bruits de bouche, et on y est… Besoin d'évoquer une plage déserte ? Une petite lumière qui change, un cri de mouette, et c'est parti... Ce que parvient à faire l'auteur, ici, et c'est le plus miraculeux, c'est à toucher réellement du doigt l'enfance, ses mots, son univers, sa psyché.

 

Le spectacle plaira aussi bien à vos enfants, qu'ils soient en CM2 ou déjà passés de l'autre côté, que vous-même, qui devriez y retrouver une sorte de monde perdu, tourmenté et coloré, joyeux et inquiétant. L'intelligence de chaque élément, texte, actrices, mise en scène, scénographie, devrait ravir de toute façon tout spectateur qui se défend.
Pour moi, ça ne m'a donné qu'une envie : retourner en sixième.

A voir, revoir, et à programmer absolument.

 

Danielle Krupa / www.allez-zou.fr

 

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16 juillet 2017 7 16 /07 /juillet /2017 18:54
Nuit blanche
Site compagie HKC

Site compagie HKC

Spectacle de la Compagnie HKC (75), vu le 11 juillet 2017, AVIGNON OFF 2017, théâtre Girasole, 15h40 sauf le  lundi.

Texte : Anne Rehbinder
Avec : Antoine Colnot, Anne Jeanvoine
Musique live : Olivier Slabiak

Genre : Théâtre
Public : Tout public à partir de 7 ans

Durée : 50 min

En cette première journée au Festival d’Avignon, il fallait bien faire des choix. Séduite par le teaser du spectacle et l’annonce de la prestation musicale assurée en direct  par le compositeur, Olivier Slabiak, je me suis décidée pour "Nuit blanche" au théâtre Girasole.

Les deux comédiens tantôt racontent, tantôt incarnent les personnages. Colombe et Arthur, deux enfants, qui ne dorment pas, qui vivent une nuit rien que pour eux, une nuit blanche… Ils se posent des questions sur tout, sur les adultes et leurs comportements, parfois incohérents ou incompréhensibles, et bien souvent énervants ! Ils s’inventent des histoires, se racontent leur jardin secret. Ils se chamaillent, un peu, puis se réconcilient bien vite… 

Le décor est beau, agrémenté en fond de scène d’un écran qui reçoit quelques images ou vidéos, ou un halo bleuté évoquant la lumière de la nuit qui vient éclairer la scène. Une lumière blanche souligne les pieds de micros, dessine de petits nuages stylisés, taches vives qui éclatent dans la nuit. Le plateau est couvert de copeaux (?), plumes, avec lesquels les enfants jouent.
e musicien, haut perché sur une sorte de cage transparente, petit coin secret pour les enfants, refuge en cas de dispute, joue tantôt en sourdine pendant tout le spectacle, tantôt en accompagnement des intermèdes chantés par les deux comédiens. Comme pour la lumière, quelques notes plus "rock" viennent réveiller la nuit…

Le travail fourni  est indéniable, les moyens techniques importants et maîtrisés. Mais  j’ai pourtant du mal à me laisser emporter par le spectacle, à être émue par ces enfants, trop parfaits peut-être, comme tout leur environnement, les éloignant un peu trop de la réalité.  Mais il est vrai qu’il n’y avait dans la salle que deux enfants lors de la représentation à laquelle j’ai assisté et, de ce fait, peu de réactions juvéniles qui auraient pu créer une dynamique…

Cathy de Toledo

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16 juillet 2017 7 16 /07 /juillet /2017 18:18
Amour, swing et beauté
Site Compagnie Cliché Paul Evrard

Site Compagnie Cliché Paul Evrard

Spectacle des Swing Cockt'elles (13), vu le 13 juillet 2017, AVIGNON OFF 2017, théâtre du Rempart, 11h40 tous les jours sauf le mardi.

Avec : Annabelle Sodi-Thibault, Marion Rybaka, Ewa Adamusinska-Vouland
Au piano : Jonathan Soucasse (en alternance avec  Yves Dupuis)

Genre : Spectacle musical
Public : Tout public à partir de 10 ans

Durée : 1h10

Les charmantes  jeunes femmes qui composent ce trio vocal ont choisi d’exercer leur talent par le biais  du close harmony (harmonie rapprochée) cher aux trios féminins qui ont fait le bonheur des années 1940 aux Etats-Unis. Elles nous offrent un spectacle enjoué de plus d’une heure, dédié à la féminité et organisé comme une sorte de feuilleton.
Les différentes séquences sont précédées de "flashes" télévisuels, annonçant les épisodes d’un interminable soap opera, qui se termine en fin de spectacle avec le neuf millième épisode (quand même !) , alors que tout le monde a oublié le début d’une histoire devenue totalement confuse !  Il n’y a qu’à se souvenir de Dallas, Les feux de l’amour, Desperate Housewives…

Mais nos trois chanteuses - ce qu'elles sont avant tout, et des plus talentueuses, - ne sont absolument pas désespérées ! Leur prestation, sans vulgarité, pleine d’humour et de bonne humeur, en plusieurs langues, parfois peut-être même de leur invention (?), mêle allègrement les styles musicaux, l’opéra, le jazz, la chanson française, la pop, n’hésitant pas à provoquer des rencontres inattendues entre Britney Spears et Rachmaninov, Sabine Paturel et Chopin, et bien d’autres. Jusqu’à un croisement très réussi de plusieurs mélodies, que le trio mène jusqu’au bout, sans se laisser distraire par les facéties du pianiste Jonathan Soucasse. Dieu sait qu’au long du spectacle celui-ci ne se prive pas d’interventions intempestives, tentant de voler la vedette à celles qu’il accompagne au clavier,  jusqu’à de savoureux "pétages de plomb", et un strip-tease non dénué d’intérêt !

Au-delà de la prestation vocale, j’ai apprécié le soin apporté aux "costumes"… Au début très "ménagères américaines chics des années 1940-1950", elles évoluent ensuite vers le style  vamp moulée dans une robe ajustée, ou toute autre tenue adaptée à la séquence, toujours perchées sur de hauts talons (les salomés font de si jolies jambes !), les cheveux impeccablement coiffés, en préservant le souci du détail, comme l’éventail assorti à la tenue pour la Carmen de Bizet.

Vous l’aurez compris, il ne faut pas rater ce spectacle. En ces temps de canicule, c’est un rafraîchissement inespéré, à savourer en famille, et qui vous donne de la joie pour toute la journée. Au moins. Car vous pouvez aussi acheter leur CD pour faire durer le plaisir !

Cathy de Toledo

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14 juillet 2017 5 14 /07 /juillet /2017 18:46
Délivrez-moi
Site BONI And Prod

Site BONI And Prod

Spectacle de La Fourcherolle Compagnie (13), vu le 13 juillet 2017, AVIGNON OFF 2017, Artebar à 14h30  tous les jours. 

Jeu :  Nelly B.

Genre : Théâtre humour
Public : Tout public à partir de 10 ans
Durée : 1h05

Création 2017

Le décor est sobre, rehaussé de quelques pointes de rouge, un fauteuil, des accessoires vestimentaires de la comédienne, chaussures, sac, bracelet. De nombreux livres sur des rayonnages… Nous sommes dans une bibliothèque dans laquelle Ariane, femme d’affaires pressée, vient de se laisser malencontreusement enfermer. Il va bien falloir "survivre" dans cet environnement avec lequel elle est manifestement peu familiarisée… Après avoir tenté d’atteindre une fenêtre en grimpant sur une pile de bouquins, elle commence, pour occuper le temps, à ouvrir un des livres, un recueil de contes africains. Suivront la Bible, une nouvelle d’Agatha Christie, et un dernier ouvrage, la Nuit des temps, de Barjavel.

Elle s’amuse alors à interpréter et mettre en scène les personnages de ces œuvres. Mais elle y apporte "son grain de sel" en impliquant sa propre personne, qui interfère dans le cours de l’histoire, lorsqu’à ses yeux l’auteur n’a pas été à la hauteur…! Nelly B. passe aisément d’un personnage à l’autre, sans s’emmêler les crayons, même si les personnages eux s’emmêlent. Jusqu’à ce que sa vie personnelle s’en mêle !
Au fur et à mesure que s’écoule le temps, l’énervement fait place à la faim, à la fatigue, à une certaine résignation. Sa perception des choses évolue. Sa plongée dans le roman de Barjavel, seul ouvrage qu’elle avoue avoir réellement lu et aimé, lui fait prendre conscience qu’il faut voir au-delà des apparences, et que sa vie n’est pas le fiasco qu’elle craignait, bien au contraire.  Cette pause forcée va changer le cours des choses.

Nelly B. est un jolie nana mince et brune, très business woman maîtresse d’elle-même au début du spectacle, qui se révèle être au terme de ce seul en scène, une femme comme toute autre qui ne demande qu’à aimer et à être aimée. Sa prestation sans temps mort laisse en fin de spectacle place à l’émotion, qu’elle sait susciter tout autant que le rire.
Ce spectacle est une création 2017. Très prometteur, il souffre pour l’heure de quelques baisses de rythme, même si Nelly B. ne manque pas d’énergie. Pour ma part, j’ai eu par moments l’impression que l’actrice se laissait aller à "faire du Foresti", cette sensation étant accentuée par un physique assez proche. Foresti est talentueuse, et ce n’est pas une critique, mais j’aurais préféré rester avec Nelly B. qui n’est pas dénuée de qualités, loin s’en faut !

Cathy de Toledo

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14 juillet 2017 5 14 /07 /juillet /2017 18:40
Dans ma tête
Site compagnie

Site compagnie

Spectacle de la Cie Entre eux deux rives (03), vu le 13 juillet 2017, AVIGNON OFF 2017, Collège de la Salle à 10h30 tous les jours sauf le lundi.

Ecriture et mise en scène : Claire Petit
Jeu : Hervé Morthon

Genre : Théâtre
Public : Tout public à partir de 7 ans
Durée : 45 min

"Je m’appelle Romain Poisson. J’ai trente et un ans trois mois et deux jours. Tous les matins, je me réveille à 7h02"…   

Dans un décor très "carré", propre, murs habillés de tissu à rayures noires et blanches, le personnage se déplace sur une estrade blanche carrée, munie de trappes, un peu à la manière d’un tréteau de commedia dell’arte, éclairée à chaque angle par quatre ampoules qui pendent du plafond. Bref, un espace rassurant, où chaque chose est à sa place… 
Il n’était pas facile d’aborder la thématique de l’autisme, en évitant de tomber dans le pathos, et sans prêter à rire, de manière exagérée en tout cas, même si parfois cela prête à sourire. Et de fait, pas un seul des nombreux enfants présents ce jour-là n’a pensé à ricaner une seule fois.

Grâce à la restitution d’une gestuelle bien observée, l’auteur et son interprète font toucher du doigt à quel point les rituels de vie de Romain Poisson, pour étranges qu’ils soient, sont indispensables à son équilibre. Tout changement, toute perturbation, sont sources de déstabilisation, de stress, même si Romain a su trouver les moyens de conjurer sa peur. Bien souvent, cela s’apparente à des tocs, comme garder ses chaussettes lorsqu’il se lave, sortir de chez lui toujours le pied droit en premier, ne pas supporter de mélanger les aliments, et bien d’autres bizarreries.
En parallèle, Romain est capable de retenir un nombre impressionnant d’informations, pas toujours utiles ou indispensables, comme connaître tous les numéros des trains qui passent devant chez lui, le nombre exact de fenêtres des immeubles de sa rue, mais aussi d’en comprendre le sens, comme le laissent à penser ses réflexions sur la Lune et le Soleil.
Romain est cependant autonome et travaille dans un centre de tri. Il aime la musique comme celle qu’écoute sa voisine. Il rêve… La ville le fascine, et avec les cartons qu’il ramène chaque jour de son travail, il construit des immeubles, miraculeusement animés par l’éclairage astucieux des fenêtres. Et bien qu’il ait peur de l’inconnu, il se décide un jour à partir à la découverte de la grande ville aux immenses gratte-ciel dont lui a parlé sa voisine. Car finalement, "les inconnus n’en sont plus lorsqu’on a fait connaissance".

Cette prestation,  évidemment rythmée par une bande son répétitive très évocatrice, met en scène l’antagonisme qui constitue la "différence" chez un autiste, entre des capacités intellectuelles indéniables et une incompétence à vivre le quotidien, plus particulièrement pour ce qui concerne l’autisme de haut niveau, dit d’Asperger.
Je vous encourage à accompagner vos enfants à ce spectacle qui constituera un excellent point de départ pour aborder le thème de la différence…

Cathy de Toledo

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14 juillet 2017 5 14 /07 /juillet /2017 17:46
Provisoires

Spectacle de la Compagnie Les Entichés (18), vu le 12/07/17, AVIGNON OFF 2017, à 15h15 au théâtre du Cabesta, du 6 au 30 juillet.

Mise en scène : Mélanie Charvy
Interprètes : Mohamed Belhadjine, Yasmine Boujjat, Aurore Bourgois Demachy, Tristan Bruemmer, Virginie Ruth Joseph, Clémentine Lamothe, Aurélien Pawloff

Genre : Théâtre
Public : A partir de 12 ans
Durée : 1h35

 

Alors qu'on vient d'entrer dans la salle, que la porte se referme et les lumières s'éteignent, la porte s'ouvre brusquement: le spectacle commence. Je pourrais détailler cette entrée en matière que j'ai beaucoup appréciée mais je préfère laisser la surprise pour ceux qui iront voir ce spectacle que je conseille fortement.

Le contrôle d'identité sera le sujet de ce que je pourrais appeler "la première saynète" de cette pièce. On est directement embarqué dans le bruit, dans le rythme intense, dans la tension. Une première accroche qui m'a pas laissée indifférente. S'ensuit une saynète plus politique, puis une plus joyeuse, puis une plus dramatique, avec de nombreux personnages joués par les sept jeunes comédiens de la troupe.

 

Aux premières minutes, je ne comprends pas où on veut m'emmener, je ne fais pas le lien entre les diverses situations et les divers personnages joués. Vient alors le tiers de la pièce où je comprends le fil rouge. Un choix d'écriture que j'apprécie puisqu'il m'a surprise et intriguée. Je suis comme devant un film, happée par ces personnages, leurs parcours d'immigration pour les uns, le travail en équipe dans un centre de rétention pour les autres, la vie de couple....

On se laisse embarquer dans cette histoire où on voit tantôt les personnes immigrées, demandeurs d'asile, tantôt les professionnels divers qui accompagnent ces personnes et à plusieurs niveaux (centre de rétention, France terre d'asile, ministère...). Je perçois surtout la volonté de parler du parcours des personnes réfugiées ou en demande de l'être, de leur raison d'immigrer, de leurs difficultés à trouver un abri et de cet écart entre leur réalité et l'administration. Les difficultés de ces personnes sont mises en avant par le texte et les saynètes jouées et celles des professionnels aussi; la fatigue, la pression, les chiffres, les quotas... Plusieurs niveaux de professionnels, plusieurs associations, services, et autres organismes, qui tentent de se comprendre, d'avancer ensemble et pourtant, le langage peut être différent, les problèmes ne sont pas les mêmes à des niveaux différents...

 

La mise en scène et la scénographie mettent en valeur la pièce et son sujet qui peut être lourd, selon comment on en parle. Lumière, musique, vidéo et texte donnent un rythme très dynamique tout au long de la prestation et se lient bien ensemble à part quelques vidéos qui, selon moi, n'étaient pas nécessaires à certaines scènes.

La liberté, le désespoir, la solidarité, la violence, les cultures, les religions, l'espoir, le courage, l'amour et la fraternité sont autant de sujets qui découlent de ces situations. La pièce en elle-même nous met face aux réalités de l'immigration, avec des situations lourdes, graves et difficiles sans prétendre y trouver des solutions. Je pense qu'on cherche à m'amener, à nous amener, à se questionner, à réfléchir sur ce sujet, à voir les choses peut-être d'un autre œil pour certains, à avoir envie de soutenir pour d'autres, de débattre, de réfléchir aux avancées possibles...

Une troupe de sept jeunes comédiens dont le jeu est assez époustouflant. Je suis tenue en haleine tout au long de la pièce, j'admire le jeu de certains d'entre eux et leur facilité à assurer des personnages totalement différents dans un rythme surprenant. Le bémol du lieu serait la climatisation élevée qui m'a rendue presque frileuse.

 

Une pièce d'actualité, bien maîtrisée d'où je sors bousculée, troublée et enchantée par cette performance théâtrale.

 

Valérie Desbrosse

 

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14 juillet 2017 5 14 /07 /juillet /2017 14:04
Pratt respire encore

Spectacle de la compagnie Manuel PRATT (84), vu le 12/7/2017, AVIGNON OFF 2017, à 22h, La Tâche d’encre du 8 au 30 juillet - jours pairs - Relâche : 24 juillet.

 

Interprète : Manuel Pratt

 

Genre : Seul en scène, humour noir

Public : A partir de 13 ans

Durée : 1h

 

Et heureusement mazette !, qu’il respire encore le Pratt, sinon comment pourrait-on rire aux éclats de cette société de merde dans laquelle on vit ?! Oui bon, le ton est lancé dans ce nouveau spectacle. Pratt je vous le rappelle n’est pas un rigolo.

Enfin si, on rigole, beaucoup même, mais c’est cru, ça fait mal, et je ne vous dirai pas où.

Que ce soit Cendrillon, les LGBT, les enfants, Fillon, les migrants, M. Pokora ou le petit Grégory, tout le monde y passe (y compris son ex et sa mère).

Pratt, auteur comédien cynique, leur enfonce tel à son habitude, aux uns aux autres, jusqu’au "fondement", là où le soleil ne brille jamais.

Un délice subversif jubilatoire.

 

NB : Est-ce que quelqu’un pourrait lui envoyer Meurs meurs Jean-Pierre Pernault des Sexy Sushi ? Je ne sais pas s’il connaît.

 

A programmer, avant étranglement définitif des voies respiratoires.

 

Danielle Krupa / www.allez-zou.fr

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14 juillet 2017 5 14 /07 /juillet /2017 11:33
Choses et autres

 

Spectacle de la Compagnie Haut les mains, vu le 11/07/17, Festival OFF Avignon, au Théâtre Présence Pasteur.

Textes de: Jacques Prévert et Pierre Dodet
Manipulation: Franck Stalder
Contrebasse: Florent Hermet

Genre: Théâtre d'objets et marionnettes
Public: Familial
Durée: 50 min

Je retombe en enfance lorsque je rentre dans l'école, lieu du spectacle, une odeur qui m'est familière, du moins qui l'a été dans mon plus jeune âge. Des souvenirs de jeunesse qui resurgissent alors qu'un groupe scolaire venu de l'Ouest pour le festival, entre dans la salle. Une salle de classe, toute petite, je suis dans un espace très familial et à la vue du décor vintage, poétique et annonçant la musique, je m'y sens déjà très bien. 

Un seul homme sur scène, le musicien. Les premières notes de contrebasse me mettent dans l'ambiance. J'écoute le son avec attention tout en contemplant la scénographie du spectacle qui laisse croire à un beau moment poétique. Et c'est le cas. Une marionnette sombre fait alors son apparition et les premiers vers sont récités. Plusieurs histoires, plusieurs marionnettes, plusieurs styles s'enchaîneront autour de ces beaux textes de Jacques Prévert et Pierre Dodet. On y parle de tristesse, d'amour, de joie, de la famille, de la vie, de l'amitié avec intensité et musicalité. La contrebasse me berce dans ce moment, dans cet espace-temps qui m'apaise et me fait rêver. Car il y en a des choses à écouter, à sentir, à contempler; marionnettes, masques, objets divers et variés et cette sonorité musicale et poétique qui va et vient au rythme des saynètes. Puis je ferme les yeux quelques secondes pour me laisser embarquer par la musique. Quand je les ouvre, je suis toujours autant dans le récit, avec la musique où j'admire ce corps à corps entre le musicien et sa contrebasse. Connaisseurs ou non-connaisseurs des textes de Jacques Prévert, petits ou grands, c'est un spectacle de marionnettes pour tous, où chacun peut se retrouver dans les différentes histoires contées et les personnages animés. Les marionnettes prennent totalement vie, maniées avec une grande dextérité. Je souligne également le travail de créativité, la musicalité et la poésie de ce beau spectacle très vivant.

Les textes, le son, la mise en scène poétique, la scénographie, la lumière toujours chaleureuse et tamisée, rendent ce moment singulier. Le seul bémol aura été celui d'être sur une chaise au fond de la salle de classe (de spectacle) et de ne pas voir la scène entièrement, sans pencher légèrement la tête, gênée par les spectateurs devant.

En sortant de ce petit espace qu'est la salle de classe, je trouve le groupe scolaire en discussion avec les deux comédiens. Les questions fusent, les comédiens expliquent leurs créations, les marionnettes, la musique, les spectacles qu'ils ont faits et ceux en cours, alors je reste aussi pour ce temps convivial qui clôture parfaitement ce bon moment.

Valérie Desbrosse

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Published by Valérie Desbrosse - dans Spectacle Tout public
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