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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
Vous y trouverez l'ensemble des commentaires de nos correspondants sur les spectacles qui ont été vus. Ce service est en ligne en accès libre depuis février 2007.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

23 novembre 2019 6 23 /11 /novembre /2019 09:43
Les sonnets
Les sonnets

 

 

Un spectacle produit par le Théâtre Gérard Philipe (93) et vu le 22 novembre 2019 au TGP.

 

Texte : Shakespeare

Mise en scène : Jean Bellorini et Thierry Thieû Niang

Comédiens : Shaur Ali, Manuel Bouqueton, Maera Chouaki, Cassandra Da Cruz Ganda, Lana Djaura, Jonas Dô Hǔu, Esther Durand-Dessag, Loua El Shlimi Ali, Achille Genet, Jeanne Lahmar-Guinard, Lea Le Floch, Justine Leroux-Monpeurt, Jeanne Louis-Calixte, Ulrich Mimboe-Verdoni, Lisa Ndikita, Samir Quemon,Abou Saidou, Maïa, Seassau, Jules Tellasion, Nara Trochel, Louis Jean-Pierre Valdes Valencia.

Genre : Théâtre

Public : tout public

Durée : 1H

 

Jean Bellorini et les sonnets de Shakespeare, il ne m’en fallait pas plus pour me précipiter ! Si j’avais lu plus attentivement le programme, je n’y serais sans doute pas allée et j’aurais eu tord !

De quoi s’agit-il ? D’une restitution d’atelier théâtral que tout CDN, de par son cahier des charges, se doit de mener. En tant que parent, j’ai eu ma dose ! Je suis donc arrivée quelque peu contrariée ; je suis repartie enthousiaste !

 

« Les sonnets » ont été créés l’an passé avec un groupe de 20 jeunes gens, âgés de 8 à 20 ans, 11 filles et 9 garçons, manifestement venus d’horizons très divers. J’ai assisté à la générale de la seconde saison. Cette reprise traduit bien le caractère inédit de cette médiation culturelle. Son succès repose sur un parti pris de mise en scène très fort, servi par un décor splendide et qui fait sens.

Le spectacle s’ouvre sur la projection d’une archive de l’INA, projetée sur un mur en lignes brisées : un inventeur incompris commente, démonstration à l’appui, le caractère révolutionnaire de sa machine à apprendre à nager la brasse. En avant scène, une vraie piscine. A cour, une chaise de maître nageur et une grosse bouée rouge ; à jardin, une harpe. Le mur se lève sur un fond de scène joliment éclairé par des projecteurs à la lumière orangée qui se reflète dans l’eau bleue. Les enfants entrent en scène pour se jeter à l’eau. Théâtralement d’abord, littéralement parfois, mais surtout symboliquement. Sur les sonnets de Shakespeare, il s’agit pour eux d’apprendre à nager dans les eaux troubles de l’amour et du désir en plongeant dans la langue de l’auteur.

Le spectateur n’échappe pas aux tableaux de groupes chorégraphiés, exercice incontournable de ce type de prestation. Au passage, on note une très belle cohésion de groupe. Mais Jean Bellorini et Thieû Niang ont su mettre en valeur chaque individualité tout en créant du rythme. Certains chantent et fort bien, d’autres dansent, un autre dit le texte dans un anglais parfait, une autre accompagne les récitants à la harpe, un duo de garçons entreprend une sorte de battle, un jeune couple entame quelques portées. Les voix portent bien, la diction est juste et parfaitement audible, rendant inutiles la légère sonorisation de la salle et le sous-titrage. J’ai particulièrement apprécié les tableaux « de la seconde partie ». Après une longue et singulière approche de la piscine (et de l’amour), les jeunes forment des couples et dialoguent leurs sentiments. Les corps s’effleurent par le truchement de l’eau. La scène où le couple le plus âgé, formé dans la piscine, prend chacun sur ses épaules, deux plus petits qui à leur tour se content fleurette est d’une grande émotion. Ma seule réserve concerne la musique, à mon sens, laide et trop forte !

 

Il m’a fallu chausser les lunettes de la bienveillance. Mais je n’ai guère eu de mal tant Jean Bellorini et  Thierry Thieû Niang ont su guider ces jeunes vers l’exigence tout en leur offrant toutes les conditions d’un spectacle professionnel, traduction simultanée en langue des signes comprise. Une belle et rare générosité qui servira, je l’espère, de modèle aux autres CDN.

 

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22 novembre 2019 5 22 /11 /novembre /2019 09:44
1000 ans
1000 ans

Spectacle de la Compagnie « A K Entrepôt », vu le 21 novembre 2019 aux Taillades dans le cadre de la tournée des « Nomades » du Théâtre de la Garance à Cavaillon.

 

Metteur en scène : Laurance Henry

Acteurs : Jean-Louis Fayollet, Karim Kadjar

Durée : 1h

Public : enfant (à partir de 7 ans), ado, adulte

 

Depuis quelques années, le Moulin Saint Pierre aux Taillades, magnifique bâtisse du milieu du XIXe siècle, accueille des manifestations culturelles, en extérieur ou dans une vraie salle de spectacle.

 

La scène est ouverte. Décor blanc sur fond noir. Des plateformes sont disposées en forme d’escaliers, quelques galets.

Milan, 7 ans, vit sur l’île de Diamezek avec 76 autres personnes. 76 personnes, toutes d’un âge certain. La vie est belle, paisible, sans surprise. Mais une rencontre va tout remettre en question, faire naître d’autres envies, bousculer la routine.

 

C’est l’histoire d’un enfant en quête d’une normalité venue d’ailleurs.

C’est l’histoire de la perte de soi quand on veut faire comme les autres vous le disent.

C’est l’histoire d’une rencontre entre générations.

C’est l’histoire d’une amitié.

C’est un voyage vers sa propre vérité.

 

La mise en scène est simple et efficace avec un décor astucieux et mobile, plein de portes et de tiroirs d’où sortent des accessoires parfois surprenants. Très rythmée, elle rend le texte accessible.

 

La Compagnie A K Entrepôt est spécialisée dans le spectacle jeune public. Très belle performance de l’acteur qui incarne Milan à la perfection avec ses émotions, ses mimiques, sa gestuelle ….

 

 

 

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21 novembre 2019 4 21 /11 /novembre /2019 11:44
Les Beaux

 

Spectacle vu à Paris le 14 novembre 2019 au Théâtre du Petit Saint-Martin

 

Texte : Léonore Cofino

Mise en scène : Côme de Bellescize

Interprétation : Elodie Navarre et Emmanuel Noblet

Genre : théâtre

Public : Adulte

Durée : 1H15

  

Alice a sa façon à elle de purger la violence du monde en s’appropriant les mots de ses parents : elle joue avec ses poupées Ken et Barbie en les transposant dans un univers lisse et surfait, où ce couple idyllique file le parfait amour, entre puérilité totale et train de vie luxueux.  A travers  la vision de l’enfant se forme un couple aussi désastreux qu’attachant, sous notre regard amusé.

Lorsque les « vrais » parents d’Alice entrent en scène à l’acte 2, ils sont bien différents et se déchirent, se reprochant mutuellement  leur vie de trentenaires  façonnés par notre société de consommation,  leur stress et le  « handicap » de leur fillette qui ne parle plus depuis… si longtemps… Lorsque leur fille les abandonne,  ces  purs produits de notre siècle vont alors tenter de renouer avec leur instinct et replonger en eux-mêmes afin de se retrouver,  de s’aimer à nouveau après s’être longtemps détachés, voire détestés.

C’est une pièce drôle mais écrite au scalpel, sur la vie de gens aimables et monstrueux,  comme ceux que nous côtoyons souvent et que nous sommes, parfois…

Une magistrale interprétation des deux comédiens Elodie Navarre et Emmanuel Noblet.

 

 

Relations presse : Laurence Falleur Communication

laurencefalleur@gmail.com

01.42.56.95.97

Les Beaux

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17 novembre 2019 7 17 /11 /novembre /2019 11:00
Tout va trop vite ? Alors… ralentissez !
http://www.ateliers-du-spectacle.org/

http://www.ateliers-du-spectacle.org/

Un spectacle produit par Les ateliers du spectacle (groupe N+1), vu le 16 novembre 2019 au 3bis, lieu d’arts contemporains à Aix en Provence.

 

Conférence spectaculaire créée par le Groupe N+1, Ateliers du Spectacle et deux chercheurs – praticiens de l’Université Aix-Marseille (C. Tardif et B. Gepner).

Avec : Carole Tardif, Bruno Gepner, Mickaël Chouquet

Mise en Scène : Balthazar Daninos

Public : Adulte

Durée : 1H-1H30

 

Nous avons rendez-vous à l’Hôpital Psychiatrique Montperrin. Complètement inattendu, au milieu d’un hôpital du XVIIe siècle avec ses pavillons et ses allées, se trouve un lieu d’art contemporain.

« Tout va trop vite ? Alors… ralentissez ! » est une conférence spectaculaire sur l’autisme, une forme extrême, intense et paradoxale d’être au monde.

Une conférence à deux voix et demie, deux chercheurs praticiens et un acteur, qui rend accessible une thématique trop peu abordée.

 

« Pour moi, le temps semble s’écouler rapidement, ou en d’autres termes, aux yeux d’une personne non autiste, je parais vivre au ralenti. » Hans Van Dalen

 

Le spectacle à peine commencé, tout va déjà trop vite, un métronome nous impose le rythme : difficile de sélectionner l’information, difficile de rester attentif, on est rapidement dépassé. Stop.

Tout reprend au début. A une vitesse « normale ». A une vitesse qui nous est adaptée, qui nous permet de suivre.  Mais finalement, à quelle vitesse va le monde dans la tête d’un autiste ?

La mise en scène est originale : s’y mêlent jeu d’acteurs et projections d’enregistrements sur un écran puzzle mobile et mouvant. Apports scientifiques, témoignages de recherches et anecdotes se succèdent. C’est au son du violon de Bruno Gepner que cet impromptu scientifique suit son cours.

En fin de spectacle, une discussion s’installe entre le public, les deux chercheurs et le comédien.

 

Le groupe N+1 a su rendre sensible le champ d’investigation des chercheurs grâce à leur intervention joyeusement décalée. Cette conférence s’inscrit dans la série des « Impromptus scientifiques ».

Spectacle sensoriel, intelligent, pédagogique, informatif et drôle. A consommer sans modération, particulièrement par les publics concernés par le sujet (professionnels et familles), mais pas que !!!

 

 

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11 novembre 2019 1 11 /11 /novembre /2019 18:59
Photographie de Laurent Philippe sur http://collectiflahorde.com/

Photographie de Laurent Philippe sur http://collectiflahorde.com/

To Da Bone

Un spectacle produit par le collectif (LA)HORDE et vu le 07 novembre 2019 au Pavillon Noir (Aix-en-Provence).

 

Conception et Mise en scène : (LA)HORDE - Marine Brutti, Jonathan Debrouwer, Arthur Harel

Interprétation : Magali Casters, Mathieu Douay aka Magii’x, László Holoda aka Leslee, Thomas Hongre aka ToPa, Kevin Martinelli aka MrCovin, Bartlomej Paruszewski aka Bartox, Viktor Pershko aka Belir, Edgar Scassa aka Edx, Andrii Shkapoid aka Shkap, Damian Kamil Szczegielniak aka Leito, Maxence Foor aka Skylerz

Genre : Danse

Public : Tout public, à partir de 9 ans

Durée : 1H

 

En ce début de mois de novembre, le Ballet Prejlocaj a accueilli au Pavillon Noir le collectif (LA)HORDE composé de Marine Brutti, Jonathan Debrouwer et Arthur Harel, très nouvellement directeurs du Ballet National de Marseille.

To Da Bone est une création qui réunit 11 autodidactes trouvés sur YouTube avec une passion dévorante commune : le Jumpstyle. Ce style unique de danse voit le jour sur internet, sur un fond de musique techno, le hardstyle. A travers cette danse intense et physique, les danseurs venus de différents pays extériorisent leurs émotions, leurs révoltes et sont amenés à dépasser leurs limites. Bien plus qu’une danse, ils vivent à travers le Jumpstyle.

Les tableaux s’enchaînent pendant une heure, au rythme frénétique de leurs pas (de danse). Un spectacle de danse aux allures théâtrales qui s’adresse, à partir de 9 ans, à un large public où les générations se mêlent.

C’est un spectacle esthétique et rythmé, aux ambiances sourdes de nightclubs, où les lumières se perdent parfois dans la fumée dense, où la musique techno alterne avec les cris et le silence, où le format des vidéos d’internet est projeté à l’échelle de la salle.

Autour du spectacle, il est possible de suivre ces artistes dans les coulisses et de les observer se mettre en scène encore une fois au travers d’un documentaire de création suivi d’une vidéo d’art, présentés gratuitement sur un autre temps.

Un résultat surprenant et professionnel de cette communauté inspirante à la poursuite de la réalisation de ses rêves. Un spectacle où la danse urbaine est représentée sur la scène contemporaine avec des enchainements de mouvements à la fois violents, précis, beaux et élégants. Un spectacle énergique et dynamique. Un spectacle puissant.

 

 

 

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10 novembre 2019 7 10 /11 /novembre /2019 10:18
Les Guérillères Ordinaires

Spectacle produit par la Compagnie "Les Grisettes" (34) vu au Théâtre Jean Claude Carrière, au Domaine d'O à Montpellier, le 8 novembre à 20h.

 

Texte : Magali Mougel (déjà chroniqué : "The Lulu Projekt")

Metteuse en scène : Anna Zamore

Comédiennes : Evelyne Torroglosa, Frédérique Dufour, Lou Heyman, ainsi que 20 présences féminines.

Genre : Théâtre

Public : à partir de 15 ans

Durée : 1h30

 

Anna Zamore construit un texte engagé et donne de la voix et de la lumière à trois monologues de femmes, atteintes par notre quotidien patriarcal : « diktat de minceur, viol conjugal, charge mentale, lesbophobie ». En se livrant, elles gagnent en puissance jusqu'à l'apothéose... 

 

La première femme est en lutte contre son mari « gros, chauve et alcoolique, qui sent ». Il lui impose -comme à son habitude- une fenêtre dans sa buanderie, sa pièce intime. Cette pièce est représentée par un faisceau lumineux aux quatre angles ;  le faisceau incarnant le regard marital sur ses activités secrètes...

 

La deuxième : Léda « le sourire en bannière » est hôtesse d'accueil par vocation et ne rentre plus dans les attentes « taille 34 » de son entreprise. Elle entame un pèlerinage de vengeance sur une route de plumes blanches. Léda raconte comment elle vit sa « dé-gradation » dans un visuel magnifique : la douche de lumière qui l'encercle et les plumes noires qui lui volètent dessus, tandis qu'elle avance vers nous sur le chemin blanc, est un de mes plus beaux souvenirs de la pièce.

 

La troisième jouera devant un amoncellement de terre, elle nous fait parcourir son histoire pleine de gestes et de sons. Son père, l’a « battue » dans la forêt, son amour interdit... La performance est sauvage et authentique. Je trouve beaucoup de justesse dans sa confidence.

 

Ce spectacle est orné d'un visuel grisant et ses transitions visuelles et musicales sont parfaitement orchestrées et mettent le texte en valeur. Aux avides de pièces puissantes et qui se méditent, cette pièce est pour vous !  

 

 

 

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6 novembre 2019 3 06 /11 /novembre /2019 01:17
Olympicorama
Olympicorama

 

 

Un spectacle produit par la Compagnie Vertical Detour (93 Montreuil) vu le 04 novembre 2019 à la Villette  (Paris XIX°)

 

Texte : Frédéric Ferrer

Comédiens : Frédéric Ferrer

Genre : Conférence gesticulée

Public : tout public

Durée : officiellement 1H30 (mais 2H ce soir)

 

 

J’ai découvert Frédéric Ferrer un peu par hasard dans l’excellent « borderline(s) investigation # 1 » (chroniqué). C’est donc tout naturellement que je me suis démenée pour voir ce nouvel opus ; démenée car « Olympicorama » est programmé sur 4 dates uniques dispatchées dans l’année.

 

« Olympicorama » se propose, dans l’optique des JO de 2024, de présenter une discipline olympique par spectacle. Il y aura donc 4 conférences par saison et ce jusqu’au début de l’évènement sportif. J’ai assisté à la dernière conférence de la seconde saison et qui portait sur la reine des épreuves : le 100 m. Forte de ma précédente expérience, je pensais entendre une satire en règle. J’ai découvert un sport et reçu une superbe leçon d’humanité.

 

Dans sa forme et son propos, « Olympicorama » est à la fois proche du précédent spectacle et totalement inédit. Le plateau est nu et cette fois, le restera. Il est juste habillé, à cour, d’un pupitre avec ordinateur, d’un écran en fond de scène et d’un coin interviewe à jardin. Frédéric Ferrer, est seul en scène pour 45 minutes chrono. Sonorisé, il se poste derrière le pupitre et entame sa conférence gesticulée. Il est docte tel l’ancien prof de géo qu’il a été : le plan est annoncé (mais aussitôt démenti), les termes sont définis de sorte que nous ayons tous, en jargon prof, « un socle commun de connaissances » et la géo ne peut s’empêcher de s’immiscer là où on ne l’attendait pas….Il est d’une érudition époustouflante et le powerpoint, omniprésent sous forme de diapos ou de retransmissions d’épreuves sportives, finit par nous prouver qu’il ne nous mène pas en bateau : ainsi le tir au cerf courant est bien une discipline olympique disparue ! Car Frédéric Ferrer sait, plus qu’aucun autre, accorder la rigueur scientifique et le rire. Ainsi, chacun sait que la vitesse de pointe d’un être humain, tout Usain Bolt qu’il soit, est toute relative par rapport au règne animal. La salle s’attendait à la sempiternelle comparaison avec le guépard. Mais quand en guise de félin un charmant minou roux apparait à l’écran, assurément victorieux d’Usain Bolt (44,72 km/h) avec ses 50 km/h, c’est l’éclat de rire généralisé. Et tout est l’avenant. De digressions en digressions loufoques, on comprend que rien n’est gratuit et qu’il s’agit pour Frédéric Ferrer tantôt de faire découvrir cette discipline admirable, tantôt de faire surgir l’envers du décor. Ainsi, Frédéric Ferrer entreprend de déconstruire les stéréotypes et si les jamaïcains sont les rois de cette épreuve, c’est au même titre que les Français en ce qui concerne la pétanque : tout est question de culture ! Frédéric Ferrer dénonce aussi à travers la figure emblématique d’Avery Brundage, à la tête du sport américain en 1936 puis président du CIO, l’assujettissement du sport au politique et aux considérations morales contestables. C’est à lui que l’on doit les certificats de féminité toujours en vigueur aujourd’hui. Le terrain est prêt pour la seconde partie !

La seconde partie est une conférence-débat avec des invités, experts de la discipline. Ce soir Frédéric Ferrer a convié Christine Aaron, championne du monde de relai et détentrice depuis 1998 du record d’Europe du 100m et Pierre-Jean Vazel, dernier entraîneur de Christine Aaron et inlassable détracteur des certificats de féminité et autres aberrations liées au genre. Nous ne sommes plus dans le spectacle mais dans un moment d’échanges authentique et de grande qualité.

 

Avec « Olympicorama », Frédéric Ferrer entreprend un véritable marathon théâtral. Le projet est inouï, le propos est d’une grande intelligence, la forme est drôle. Il va sans dire qu’à l’instar de plus de la moitié de la salle ce soir, je reviendrais, d’ici 2024, m’ouvrir à cet univers qui m’est pourtant totalement étranger, le sport.

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22 octobre 2019 2 22 /10 /octobre /2019 14:47
Monsieur de Pourceaugnac
Monsieur de Pourceaugnac

Une comédie-ballet de Raphaël de Angelis produite par le Théâtre de l'Eventail (30) et vu le dimanche 6 octobre à l'opéra Confluence (Avignon).

Comédie ballet de :
Molière et Lully
Direction musicale : Benjamin Perrot, Florence Bolton
Mise en scène : Raphaël de Angelis
Assistant à la mise en scène : Christian Dupont
Chorégraphie : Namkyung Kim

Monsieur de Pourceaugnac, provincial excentrique, fait irruption dans la capitale et dans l'union de Julie et Eraste. Oronte, le père de la jeune première a résolu de la marier à ce gentilhomme limousin, mais les deux amoureux n'ont pas dit leur dernier mot ! Aidés de la jeune Nérine et du napolitain Sbrigani, ils vont tout faire pour renvoyer le malvenu dans sa région.

Après avoir été accueilli par le chef de salle et le directeur du théâtre (prestige, l'opéra a le mérite de choyer son public !) je me laisse aller au confort du siège... Mais aucune chance de m'endormir avec cette mise en scène virevoltante ! De l'orchestre au chant lyrique, des marionnettes à la commedia dell'arte, des pitreries circassiennes au théâtre de texte, pas de repos pour le spectateur. On reconnaît un vrai théâtre de tréteaux, populaire et dynamique : beaucoup de tours de passe-passe, pas de technologie. Jaillissement de couleurs et de textures, des costumes à la scénographie : j'aime ces tons ocres et rouges, ces pantalons bouffants et ces grandes perruques, indices de fête et de burlesque. La mécanique du plateau et des corps est réglée comme du papier à musique (on salue le travail de la chorégraphe Namkyung Kim). La comédie-ballet a ce talent d'allier la saveur des musiques au plaisir d'une narration aisément intelligible.


Plaisir aussi de voir ce Monsieur de Pourceaugnac se faire avaler par l'engrenage, cette grande machination théâtrale ! Les processus de répétition et d'accélération vont progressivement chosifier le limousin en une imposante marionnette, pour le bonheur de nos yeux et de nos zygomatiques. Le voilà humilié, harcelé, torturé, violé (de manière à peine suggérée !) et convoqué en justice. On rit d'abord de sa différence (ses manières, son accent) puis de sa naïveté et enfin de sa douleur. La pièce progresse et le rire du public se teinte d'angoisse : quelle cruauté, tout de même. Assez rapidement je ne ris plus, le sadisme ne m'amuse pas. Les jeunes premiers remportent la victoire, aucun renversement des rapports de force n'est envisageable. Finalement, bien qu'il n'y ait qu'une victime, chacun en prend pour son grade : les médecins ? De terribles oiseaux de malheur ! Les bourgeois ? Bornés et manipulables ! Et les femmes et les valets : de vicieux intrigants... Cette basse-cour est cruelle. Ce vieux théâtre de cour royale, qui avait beau jeu de ridiculiser les provinciaux, se confronte à la dévalorisation actuelle du théâtre parisiano-centré (et Vivantmag à ce titre fait figure d'exemple) : faire jouer cette pièce loin de la capitale alors que le théâtre s'efforce de se démocratiser et de se populariser, voilà qui a beaucoup de sens !


La dimension politique du spectacle ne gâche en rien le plaisir de la représentation qui n'en est que plus piquante : ce Monsieur de Pourceaugnac est familial et généreux, et chacun y trouvera son compte !




 

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19 octobre 2019 6 19 /10 /octobre /2019 23:05
L'Odyssée
L'Odyssée

 

 

Un spectacle produit par le Festival d’Avignon et la compagnie Longtemps je me suis couché de bonne heure (67) et vu le 19 octobre 2019 au Pavillon de La Villette.

 

Texte : Homère

Mise en scène : Blandine Savetier

Comédiens : Elan Ben Ali, Paul Fougère, Neil-Adam Mohammedi, Julie Pilod en alternance avec Claire Toubin, Mélody Pini, Souleymane Sylla.

Musique : Yko Oshima

Genre : Théâtre

Public : Tout public

Durée : 5x2H et 1x3H

 

 

Toujours en quête de spectacle atypique, je me suis laissé tenter par « l’Odyssée » d’Homère mis en scène par Blandine Savetier et remarqué cet été à Avignon.

 

« L’Odyssée » est un projet audacieux dans la mesure où il ambitionne de faire entendre l’essentiel de l’épopée. Il est donc présenté sous forme de feuilleton théâtral en 13 épisodes. Il faut 6 séances pour voir l’intégrale. J’ai pour ma part assisté aux épisodes 7, 8 et 9 à savoir, pour les grandes figures, à Circé, Tirésias et l’île du Soleil.

« L’Odyssée » mis en scène par Blandine Savetier est une lecture théâtralisée. Ils sont sept comédiens, 3 femmes et 4 hommes, et une percussionniste. Je ne devrais pas avoir à le mentionner mais c’est suffisamment rare pour le faire : quel plaisir de voir un peu de diversité sur scène ! Ils sont disposés tel un chœur antique, assis en fond de scène tandis que l’excellente percussionniste, Yoko Oshima, officie à cour. En avant scène, quatre pupitres. Les comédiens s’en emparent tour à tour au gré de leurs interventions. Ils sont sonorisés. Tous portent un imperméable pour signifier, je suppose, le voyage sans fin.

Il n’y a pas un Ulysse mais des Ulysse. 5 comédiens sur sept l’interprètent. Ces changements de voix participent à la dynamique du spectacle puisque chacun donne une couleur particulière au personnage. Ainsi, en ouverture, Ulysse slame-t-il. Les voix sont belles. La diction est parfaite. Il y a bien eu quelques accrocs mais, à la décharge des comédiens, ils avaient déjà donné une matinée. Quand les comédiens ne racontent pas l’épisode principal, ils écoutent ou ils chantent. L’une des comédiennes portent ainsi le chœur sur des mélopées africaines : c’est superbe. A un autre moment, Ulysse après avoir échappé aux sirènes, descend de l’estrade, harangue un public devenu son équipage et du haut de l’escalier du théâtre soudain métamorphosé en mât, il hurle d’une fabuleuse voix le danger imminent de Charybde et Scylla.

Pour mieux écouter la langue, j’ai fermé les yeux. Mal m’en a prise, je me suis endormie à peu prêt au moment où Tirésias somme Ulysse d’un « Il n’est pas l’heure de dormir dans la salle ». La salle a ri et moi aussi. Le spectacle n’est nullement en cause dans cet incident manifestement courant. C’est juste que le spectacle exige une grande écoute et une grande disponibilité. Après une dure semaine de labeur, je ne l’avais manifestement pas !

 

« L’Odyssée » est un spectacle qui revient à la source du théâtre. Les comédiens sont comme autant d’aèdes qui par le biais de quelques stratagèmes de jeu et de musique nous replongent dans ce récit immémorial.

 

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18 octobre 2019 5 18 /10 /octobre /2019 23:13
Harold Passini

Harold Passini

Habiter le temps

 

 

Un spectacle produit par la compagnie les Poupées Russes (Région Centre) et vu le 18 octobre 2019 au LMP (Paris XVIII°).

 

Texte : Rasmus Lindberg

Mise en scène : Salomé Elhadad Ramon

Comédiens : Lucie Contet, Caroline Gozin, Charlotte Roulland, Adrien Rummler, Quantin Voinot, Louise Ternois

Genre : Théâtre

Public : Adulte

Durée : 1H30

 

Les structures où j’ai coutume de me rendre ne proposant pas de spectacles attrayants à mes yeux en ce mois d’octobre, j’ai enfin pris le temps de revisiter le LMP.

Le LMP est une véritable institution. Il a longtemps été le seul lieu culturel de la Goutte d’Or avant que le quartier n’entame sa gentrification. Le LMP ou Lavoir Moderne Parisien occupe un ancien lavoir comme le quartier en comptait tant à l’époque de « l’Assomoir ». Il en a gardé la structure et l’odeur du bon vieux temps. Le LMP a fermé pendant quelques années suite à de sombres démêlées politiques. Tout le quartier s’est mobilisé, en vain. Il a ensuite fait office d’accueil pour les « Femen » avant d’être repris il y a deux ans. Difficile alors de trouver des informations sur la programmation. Depuis, les outils de communication sont tout à fait performants et en tant que voisine, j’attendais  impatiemment le spectacle qui me donnerait l’opportunité de renouer avec les lieux. C’est donc à « Habiter le temps » que le LMP doit ma visite ! La salle est inchangée et forte d’une soixantaine de places. L’accueil est familial ; le public, relativement jeune, compte déjà des habitués ; la ligne éditoriale met à l’honneur de jeunes compagnies, de celles que l’on rencontre en Avignon ;  l’ensemble fleure bon le côté alternatif que j’aime tant.

 

 

« Habiter le temps »a retenu mon attention par sa thématique : le transgénérationnel ou comment un fantôme caché dans le placard par une génération pourrit l’existence des suivantes jusqu’à ce qu’un membre de la famille décide enfin de se confronter à l’histoire familiale pour mieux rompre le cercle vicieux. « Habiter le temps » raconte donc l’histoire d’une de ces familles sur trois générations. C’est la figure masculine de la seconde génération, Stephane, affreusement défiguré en bas-âge par un accident domestique qui décide de s’atteler à la tâche.

Ils sont six sur scène, 4 femmes et deux hommes, à évoluer dans ce qui évoque la maison familiale : trois allemandes en tulle dont une porte un cadre doré, une table à manger avec deux chaises, un berceau et un gramophone.

La belle trouvaille scénographique réside dans le jeu simultané des trois générations ; un mot prononcé par l’une donnant la réplique à l’autre. Malgré parfois un certain brouhaha, ce dispositif donne à voir l’origine du drame, le décalage entre l’analyse et la réalité de la situation, silence oblige et enfin la façon dont chaque génération se dépêtre (ou pas) du problème. Le rythme est donc plutôt enlevé, nourri par ailleurs, par deux petites scènes chorégraphiées. L’émotion pointe régulièrement mais elle retombe tout aussi régulièrement en raison d’un texte qui n’échappe pas aux poncifs et aux invraisemblances (la psy qui accompagne son patient pour visiter la maison familiale et qui deviendra la mère de la troisième génération…) et d’un jeu qui a du mal à les porter.

 

 

« Habiter le temps » est un spectacle intéressant sur le fond, agréable à regarder sur la forme mais qui n’a pas su totalement me convaincre.

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