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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

30 juin 2016 4 30 /06 /juin /2016 23:01
L'Homme de Rien
L'Homme de Rien

Présent sur le Off 2016

Spectacle du Troupeau dans le Crâne (93), vu le 21 Juillet 2015, dans le cadre du festival Off, Avignon, Espace Alya (salle C), 15h50

Créé, mis en scène et interprété par Emilien Gobard

Création musicale : Clément Ducol

Création lumières : Lionel Vidal

Régie : Delphine Biard

Genre : "One Mime Show", théâtre corporel

Public : tous à partir de 6 ans

Durée : 1h05

Création 2009, reprise 2015

Cette petite salle de 30 places rapproche comédiens et public. L'accroche du dossier de présentation de ce spectacle est percutante "Toute sa vie l'Homme de Rien creuse des trous. Un jour il tombe dedans". Je suis intriguée. Surgissant de l'obscurité, E. Gobard naît, grandit, commence à creuser, car fossoyeur est son métier. Sans un mot, associant mime et danse avec brio, il nous montre la vie qui passe - très vite, avec ses émotions, ses pauses, les obstacles à surmonter. Des jeux d'enfants, des aventures d'adulte, la séduction, la vie à deux, et un jour le trou est achevé. Mais attention ! Quand Emilien y tombe, c'est pour partir en fusée dans un autre monde où tout ralentit. C'est un spectacle brillant, où, assisté de sa complice à la régie, E. Gobard prend le public à ses filets. Car c'est notre vie que l'artiste raconte : chacun creuse son trou... et avance insouciant et tambour battant jusqu'à y dégringoler ! Avec humour et souvent pas mal de cocasserie, E. Gobard ne lâche pas le public et convie même des spectateurs à s'activer sur scène. On rit, on est ému. Certains sortent perplexes de ce tourbillon. Alliant avec rigueur un véritable foisonnement créatif et un remarquable travail du corps, le spectacle est exigeant et, par-delà le rire, se tapit une réflexion profonde.

L'histoire qu’Emilien nous raconte est pleine de péripéties. Une très bonne musique ainsi que des bruitages et des lumières bien vus s'associent parfaitement à la narration et participent à sa cohérence. Usant de son corps en virtuose, vif et expressif, le comédien campe les scènes dans toute leur complexité : Il est conducteur de char, mais il est aussi le cheval ! Il est père et aussi enfant, etc. C'est épatant et même parfois magique. Poussant certaines actions à l'extrême, il peut faire littéralement exploser son imaginaire dans une poésie fantastique : ainsi cette chasse au moustique où l'homme mange le moustique qui ensuite mange l'homme, dans une débauche d'acrobaties, de sauts, de mimes. Et nous frôlons même l'horreur lorsqu' E. Gobard, amoureux romantique, devient progressivement ogre dévorant, et prétend découper la spectatrice qui s'est prêtée au jeu de la séduction ! Qu'il convie des spectateurs à creuser à sa place ou à incarner des victimes, c'est toujours avec une autorité pleine de gentillesse et d'humour et personne ne résiste ! Bravo à l'artiste et à toute l'équipe et merci de m'avoir enchantée pendant une heure !

Riche en émotions artistiques, ce spectacle comblera tous les publics, enfants comme adultes, avides de rêve, amateurs de théâtre corporel brillant, désireux de faire un plongeon dans l'espace poétique de la vie.

Catherine Polge

Autre spectacle de la Cie sur le blog :

http://vivantmag.over-blog.com/article-essais-solo-d-apres-montaigne-124251243.html

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30 juin 2016 4 30 /06 /juin /2016 05:37
"J’irai twister sur vos tombes" Chronique plurielle et populaire

Spectacle de La Cie des skieurs de fond (54), vu le 9 juin 2016, dans le cadre du ‘’Festival Molière, le théâtre dans tous ses éclats", au Théâtre Municipal de Pézenas

Texte : Astien Bosche

Mise en scène : Fanny Zeller

Musique : Timothée Hamy

Interprètes : Aurélien Osinski, Clara Brajtman, Baptiste Nénert, Nessim Vidal, Anne-Laure Laither, Marie-Mathilde Amblat, Clément Beauvoir

Genre : Théâtre comédie musicale

Durée : 1h10

Article co-écrit par : Didier, Jean-Marie, Mailys, Valérie, Isabelle, Laetitia, Léonie, Xavier et Jean-Luc; montage de Flavia Perez

A la fin d’un discours de circonstance lançant le ‘’Festival Molière, le théâtre dans tous ses éclats’’, les lumières s’éteignent et la nuit s’empare du lieu. Soudain un éclairage cru inonde la scène et les acteurs se placent en silence dans le noir, pratique qu’ils répéteront plusieurs fois avec brio au cours de la représentation, dont une séquence sur un rythme quasi stroboscopique parfaitement maîtrisée. Mais auparavant la déception s’épaissit d’un cran en constatant que les acteurs se mettent à chanter. Oh non, tout mais pas ça ! Moi qui, depuis l’enfance, ai toujours eu horreur des comédies musicales sirupeuses qui faisaient la joie de ma mère. Mon trouble se calme peu à peu quand je me rends compte qu’il s’agit avant tout d’une parodie. Une loufoquerie musicale fort bien interprétée de surcroît, illustrant une fois de plus la palette élargie des comédiens actuels ajoutant le chant, l’instrument musical et la danse au jeu classique de la comédie. La pièce s’emballe rapidement en un vaudeville familial rondement mené par une équipe de 7 comédiens, 3 femmes et 4 hommes, débordant de joie et de talent pour nous faire partager leur folie de jouer et de jongler avec le thème récurrent de la vie de famille et celui plus particulier de la guerre d’Algérie. Trois comédiens en particulier me semblent parfaits dans leur rôle phare : la mère, hystérique veuve joyeuse ; la fiancée du fils, parfaite cruche niaise ; et enfin le cadavre aux castagnettes, plutôt discret mais ô combien présent. L’apothéose survient lors de la scène de l’accouchement impromptu jouée tambour battant par une équipe au sommet de sa folie avec cris et jet de sang du plus pur style Alien 1. Un vrai régal… à ne surtout pas présenter lors des séances de préparation à l’accouchement. Au final, je ressors du théâtre fatigué mais bien diverti par ce moment fort gai et tonitruant. Didier

Cette comédie écrite par Astien Bosche, mise en scène par Fany Zeller, jouée par 7 comédiens (4 hommes, 3 femmes) présente une satyre déjantée de la société française des années 60, à la manière d'un vaudeville sur une musique yéyé, très populaire à l'époque. La mise en scène, le décor et les lumières servent très bien le jeu des acteurs sur un rythme saccadé et soutenu tout au long de la pièce. L'alternance des dialogues et des chansons yéyé ne sont pas sans rappeler la Comédie musicale. Pourtant, cette légèreté extravagante et cette loufoquerie servent surtout à porter un regard grinçant parfois cruel sur les rapports humains au sein d'une famille, somme toute bien représentative d'une certaine France de l'époque et de ses travers. L’hypocrisie, l'étroitesse d'esprit, l'insouciance, les non-dits, les sujets tabous autour de la sexualité, les frustrations, la mort, les intérêts personnels, la cupidité, tout en voulant se donner bonne morale, avec en toile de fond les "événements" de la guerre d'Algérie. La comédie s'enchaîne ainsi en plusieurs saynètes où les acteurs semblent s'en donner à coeur joie, le public témoignant par leur rire, satisfaction et plaisir. Personnellement, un bon moment de détente et de drôlerie, sans pour autant en garder un souvenir impérissable. Jean-Marie

En arrivant au théâtre, je me sentais bien, agréablement reçue, bien placée au milieu du public nombreux. Ne sachant rien sur ce qu’on allait voir, j’ai cru au début que c’était une pièce de Molière mais pas du tout. Ils étaient 7 au total, j’ai trouvé qu’ils jouaient très bien et qu’ils étaient crédibles, le décor était réaliste. Il y avait du drame et du comique, le style de l’auteur était classique et agréable. J’ai trouvé ça génial, cela m’a provoqué du bien-être, je me sentais bien et j'en garde un bon souvenir. J’ai beaucoup rigolé et j’ai trouvé que ce n’était pas trop long, juste ce qu’il fallait. Mailys

Me voilà partie avec l’envie de découvrir, sans a priori, confiante et positive ! Eh bien quelle joie ! J’ai trouvé le scénario, sur le mode "Vaudeville yéyé", très réaliste même s‘il était interprété de manière fantasque, une nécessaire dérision pour traiter de sujets aussi lourds. L'amour, la notion de famille, la mort viennent interroger le public au plus profond de ses retranchements. J'ai d'ailleurs eu le même genre de ressenti avec le film "Un air de famille". C'est vrai, les relations humaines m'intéressent... Petite remarque annexe : lorsqu’une vérité éclate, elle entraîne et libère celles des autres et dépoussière nos consciences. Cette pièce, ces dialogues, ces interactions sont interprétés avec une lucidité renversante, cela renvoie forcément au vécu de chacun… Il y a eu de l’insolite, beaucoup de surprises, des jeux de lumière permanents venant créer de nombreux effets et, enfin, du paradoxe ! J’adore ! Ce constat me comble, donc que du bonus ! Merci pour le plaisir ! Valérie

Forcément comment ne pas penser au roman noir de Boris Vian "J'irai cracher sur vos tombes" ? Avec cette différence verbale de taille qui indique la référence au twist, ce genre musical des années 60. Nous sommes face à une famille classique, papa, maman, le fils et sa fiancée, la fille et son petit ami. Ils seront bientôt rejoints par le frère du père. Le décor est simple : un piano, un téléphone, deux murs et surtout une table de salle à manger que l'on transformera au gré des scènes en cercueil ou table d'opération. Sur fond d'émancipation de la femme et de guerre d'Algérie, en quelques actes cette famille va vivre les moments forts d'une vie : divorce, décès, mariage, guerre, naissance. Rien de très original si ce n'est la mise en scène qui ponctue les scènes de moments chantés et chorégraphiés en rythme avec les styles musicaux de l'époque. Je ne m'y attendais pas et cela me déstabilise un peu. Mais j'apprécie à sa juste valeur la performance des acteurs qui savent chanter, jouer la comédie, et pour certains jouer d'un instrument. Malheureusement je trouve la qualité de jeu des acteurs assez inégale. J'ai aussi été gênée par la diction qui manquait parfois de clarté. Une bonne part du public a ri souvent, même si, moi, tout ne m'a pas fait rire. Cela manquait parfois, à mon goût, de finesse. J'ai cependant souvent souri, et parfois ri aux pointes d'humour noir. L'ensemble m'a donc laissé une impression mitigée mais tout de même fort sympathique. Isabelle

Juste avant d’arriver pour voir le spectacle, je me suis disputée avec mon copain. J’avais pleuré. Cela m’a fait du bien de passer à autre chose. Le décor était magnifique, il faisait frais. J’ai particulièrement aimé quand la jeune femme a accouché, la comédienne était très expressive, même si je ne croyais pas au scénario, surtout au moment du suicide du père, parce que c’était trop gros. Cela m’a beaucoup plu, surtout l’humour et le décor. Je suis sortie du théâtre le cœur bien plus léger qu’en y entrant. Laetitia

Fête de famille, annonce de divorce, reproches mutuels, suicide du père ; quelle entrée en matière ! On va de surprise en surprise, ou vaudrait-il mieux dire de vacherie en vacherie, sans pouvoir reprendre son souffle, car le rythme est rapide et les 7 comédiens accomplissent avec brio et une évidente joie leur mission, soit en parlant, en dansant, en chantant ou en jouant d’un instrument. Les paroles chantées sont pour moi toujours un peu difficiles à comprendre mais cela n’empêche pas de saisir le sens ou non-sens de tout. J’apprécie particulièrement la prestation de la belle-fille qui en voit de toutes les couleurs. Le scénario n’a pas pour but d’être crédible mais de montrer ce portrait condensé et corrosif de la vie de famille. Les rires des spectateurs en témoignent, surtout lorsqu’une certaine cruauté s’infiltre dans les propos et les gestes. Certes, on rit bien, mais avec un petit arrière-goût et quelquefois un peu perplexe. Oui, c’est une pièce acerbe qui doit provoquer chez les spectateurs quelques souvenirs… Les comédiens ont bien mérité les applaudissements longs et forts. Je ne suis pas restée pour les rencontrer, je ne voulais pas diluer mes impressions. Maintenant, quelques jours après, je me dis que, certes, j’ai beaucoup ri mais néanmoins je n’éprouve pas l’envie de revoir cette pièce. Léonie

Avant la pièce, j’étais bien. Je ne m’attendais à rien, j’avais juste envie de voir cette pièce de théâtre dont je ne savais rien. Je ne connaissais pas le théâtre municipal de Pézenas, il m‘a beaucoup plu et j‘ai trouvé que j’étais bien assis. La pièce m’a apporté beaucoup de plaisir, surtout le jeu des acteurs, ils m’ont tous bien fait rire. J’ai trouvé que toute la troupe chantait bien, certains accompagnaient les chansons avec une guitare et un piano. Je garde un bon souvenir de la soirée. Cela m’a donné envie de voir d’autres spectacles. Xavier

Les décors, les costumes et les chansons de ce "Vaudeville yéyé" (ainsi Astien Bosche surnomme-t-il sa pièce) sont sans équivoque : on est projeté au tout début des années 60 au milieu d’une réunion de famille de Français moyens. Les vicissitudes de la vie de chacun de ses sept membres amèneront à traiter de tabous sociaux et familiaux que nous connaissons encore aujourd’hui. Sexualité, affectif, relation à la mort, vont dominer ce qui n’est pas tout à fait une comédie musicale, des sujets graves traités avec beaucoup d’humour et de fantaisie par une troupe qui dégage le plaisir de jouer ensemble, malgré de petites imperfections liées à l’originalité de la pièce ; pas facile d’être comédien ET chanteur et d’exceller dans les deux genres. Tout comme moi, le public semble s’amuser beaucoup et saluera "tout schuss", une heure et demie plus tard, par une belle salve d’applaudissements sincères, ces skieurs et skieuses de fond hors normes. Ce qui m’en reste aujourd’hui ?... L’envie de conseiller vivement d’aller assister à une représentation de l’OVNI qu’est cette création. Jean-Luc

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7 juin 2016 2 07 /06 /juin /2016 10:28
Chaque jour, une petite vie
©gregoire-edouard
©gregoire-edouard

Présent sur le Off 2016

Spectacle de la Cie Méli-Mélodie (34), vu le 8 Mai 2016, 12h30, Domaine départemental d’O, Montpellier (34), festival Saperlipopette

Conception : Esther Thibault

Composition, écriture et jeu : Esther Thibault et Sylvia Walowski

Regard extérieur : Julie Minck

Genre : Théâtre musical

Public : Jeune public de 3 à 6 ans

Durée : 35 min

Jauge : 90

Création décembre 2015

Ce spectacle léger, ludique et rythmé fait référence au vécu des jeunes enfants en égrenant de courtes histoires chantées ou jouées en duo musical. Dans une ambiance où les lumières mettent une touche de merveilleux, les artistes échangent mimiques et gestes avec une complicité amusante, en jouant avec les mots, les rythmes et les instruments de musique. La magie des sons déroule le fil conducteur du spectacle : guitares, percussions, bruits de bouche accompagnent les histoires pleines de douceur, de rêve ou de petits frissons. E.Thibault et S.Walowski proposent ainsi aux très jeunes enfants un parcours artistique porteur de sens en adéquation parfaite avec leurs capacités d’attention et leurs ressources émotionnelles.

L’enfant retrouve ici ses rituels, ses sensations et ses émotions dans des chansons fraîches et rythmées, comme ce joli texte qui égrène tout ce qu’il aime, ou ce poème sur "Papa". Il y a bien sûr aussi un zeste de peur avec l’histoire d’un dragon, rythmée aux percussions. De tendres comptines sont scandées "à petit pas" : en effet, à chaque jour "une petite vie" ! J’ai apprécié la diversité et le charme des sonorités et des rythmes, qui restent toujours à la portée d’écoute du jeune public, très attentif. Associée aux mélodies instrumentales la musique des mots est ici très travaillée, souvent même malaxée avec un plaisir jubilatoire dans des échanges comiques entre les deux artistes. Quelques moments d’étrangeté épicent agréablement le spectacle. Ainsi lorsque E.Thibault et S.Walowski entrent en scène en chantant en polonais, j’ai été un instant perdue à l’écoute de ces syllabes rythmées à la signification énigmatique. C'est peut-être ainsi que les tout-petits découvrent le langage des adultes ?… J’ai regretté certaines mimiques un peu appuyées, une absence de maquillage et des costumes qui m’ont paru décalés par rapport à l’ambiance poétique. Encore tout jeune ce spectacle déjà attractif demande à prendre de la maturité et reste très prometteur.

Tout en respectant leur imaginaire, "Chaque jour, une petite vie" offre aux tout-petits un miroir paisible et joyeux de leur monde émotionnel tout en les introduisant aux jeux sonores et musicaux, au langage et, plus globalement, au sens. A recommander aux collectivités d’enfants, et aussi aux familles, car les adultes n’y boudent pas leur plaisir.

Catherine Polge

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7 juin 2016 2 07 /06 /juin /2016 10:11
A bien y réfléchir, et puisque vous soulevez la question, il faudra quand même trouver un titre un peu plus percutant
A bien y réfléchir, et puisque vous soulevez la question, il faudra quand même trouver un titre un peu plus percutant

Spectacle de la compagnie 26000 Couverts (21), vu à la Grande Halle de la Villette, le 06 juin 2016

Ecriture : collective

Mise en scène : Philippe Nicolle assisté de Sarah Douhaire

Interprétation : Kamel Abdessadok, Christophe Arnulf, Aymeric Descharrières, Servane Deschamps, Pierre Dumur, Olivier Dureuil, Anne-Gaëlle Jourdain, Erwan Laurent, Michel Mugnier, Florence Nicolle, Philippe Nicolle, Laurence Rossignol

Genre : Théâtre

Public : Tout public à partir de 10 ans

Durée : 1h45

Nous les avions découverts il y a deux ans dans le mémorable "Idéal Club". Les voilà de retour à Paris avec leur nouvelle création "A bien y réfléchir, et puisque vous soulevez la question, il faudra quand même trouver un titre un peu plus percutant". Il fallait oser ! Cette audace innerve tout le spectacle, destiné, à n’en pas douter, à rentrer lui aussi dans les annales.

Qui n’a pas disserté, en Français, sur le théâtre qui est un mensonge mais qui dit la vérité? Les 26000 Couverts s’emparent du sujet pour en faire le cœur même de leur nouveau spectacle. Le synopsis est simple. Nous assisterions à une sortie de résidence. La troupe nous présenterait l’avancée de leur futur spectacle de rue sur la mort. Le conditionnel est de mise car nous ne cessons de découvrir que l’argument initial est faux. Ce n’est pas une sortie de résidence, ce n’est pas un travail en cours, c’est le spectacle lui-même et qui nous interroge par le rire et le contre-pied systématique sur les ressorts du métier depuis la répétition jusqu’à la mise en scène en passant par la recherche débilitante des subventions.

Ils sont douze sur scène, les mêmes que d’habitude, tout autant comédiens que musiciens. Le plateau est nu, juste encombré des accessoires nécessaires à la construction d’un spectacle : une table jonchée de tout un foutoir, une tour pour grimper aux cintres, un clavier, un canapé vert, des chaises et une porte de coulisse qui grince affreusement. Tout réside dans le jeu. Un jeu d’une telle maîtrise qu’il balade sans aucune difficulté le spectateur dans les méandres d’une mise en abyme implacable.

Impossible de résumer un spectacle d’une telle richesse. Il faut en faire l’expérience ! Je citerai seulement quelques scènes pour donner une idée des techniques mises en œuvre pour créer l’illusion. Le théâtre de rue est convoqué à partir de la tour pour grimper au cintre et devient marionnette monumentale à la Royal Deluxe le temps d’une parade. Puis changement d’échelle avec un incroyable théâtre d’ombres pour raconter de façon psychédélique comment la mort s’est abattue sur la ville. Tantôt, c’est le mime qui sert de médium pour narrer une mort absurde. La parodie est à son comble lors de l’inévitable séquence d’animation prévue par le cahier des charges de la résidence. Pour décaler encore un peu plus le propos, la scène se termine en opérette. S’ensuit une variation des finals comme autant de propositions de mises en scène, de jeux et de faux débats.

Les 26000 Couverts signent là un spectacle d’une grande intelligence et d’une parfaite maîtrise. Le rire est omniprésent pour mieux souligner le sérieux du propos, la mort, peut-être ; le théâtre du monde, sans doute, et le théâtre tout court, assurément.

Catherine Wolff

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7 juin 2016 2 07 /06 /juin /2016 10:06
Titi tombe, Titi tombe pas
Source : site Saperlipopette Domaine d'O
Source : site Saperlipopette Domaine d'O

Spectacle de la Cie Pascal Rousseau (77), vu le 7 mai 2016, en extérieur, à l’espace Micocouliers Domaine d’O, Montpellier (34), dans le cadre du Festival Saperlipopette

Avec : Pascal Rousseau, Lola Heude

Genre : Arts de la piste

Public : Jeune public à partir de 3 ans

Durée : 40 min

Après ses prouesses de circassien équilibriste, Pascal Rousseau nous propose cette création plus particulièrement destinée au jeune public. Il s’est associé pour ce faire à Lola Heude, qui joue ici le rôle de "l’empêcheuse de tourner en rond"...

Titi est en effet concentré sur sa recherche des équilibres parfaits qu’il tente d’obtenir en utilisant des morceaux de bois de formes et dimensions variées, des Kapla les plus petits, aux longues planches et briques plus volumineuses. Sans oublier les chaises de bois dont Pascal Rousseau sait tirer le meilleur parti, et qui sont le support de nombreuses figures ! Et voilà que Nana, personnage clownesque plein de fraîcheur, facétieux et maladroit, vêtu d’un improbable costume couvert de plumes, vient perturber sa quiétude et faire écrouler toutes ses constructions ! Mais, naïve et curieuse, elle devient vite une élève attentive, et se prête avec bonheur au jeu de la "femme manège"…

Avec lenteur et légèreté, portés par une petite musique douce et entraînante, les deux artistes nous proposent des figures et échafaudages d’une extrême précision, tout en donnant l’impression d’une grande facilité, à peine contrariés par le petit vent qui souffle sur le Domaine d’O. Titi et Nana, enfin complices et heureux, terminent leur prestation, installé chacun d’un côté d’une balançoire de leur fabrication, entourés d’un cercle de dominos de bois qui s’écroulent en cascade.

Le jeune public n’est pas seul sous le charme et les grandes personnes laissent aussi éclater leur joie devant ce joli spectacle familial, magique et plein d’humour.

Cathy de Toledo

Autre spectacle commenté sur notre blog : http://vivantmag.over-blog.com/article-le-mur-de-l-equilibre-119137631.html

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6 juin 2016 1 06 /06 /juin /2016 19:30
"Imbert Imbert" Chronique plurielle et populaire

Spectacle vu dans le cadre du Printival 2016, le jeudi 21 avril 2016, à 19h au Théâtre de Pézenas

Avec : Mathias Imbert (contrebasse, ukulélé, chant) et Stephen Harrison (contrebasse, mandoline)

Genre : Concert de chanson française

Public : Adulte

Durée : 1h

Chronique rédigée par : Jacqueline, Isabelle, Didier, Roseline, Ludovic, Léonie et Emilie

Ce jeudi, le Printival nous invitait à découvrir Imbert Imbert. Cantonné dans une petite salle fermée, à l'heure de l'apéritif, et pour à peine plus de soixante minutes, ce duo aurait pu s'estimer malchanceux. Mais c'est un privilège d'occuper pendant une heure l'écrin magique du théâtre "historique" pour se faire connaître du public Piscénois. Deux hommes nous apparaissent, chacun presque caché par une contrebasse plus grande que lui. On se sent déjà respectueux devant ces interprètes de l'instrument le plus monstrueux après l'hélicon. Pas de doute, le chef est ce jeune homme souriant, très à l'aise, polo-débardeur scintillant pourvu d'une seule manche, coiffure improbable, à la fois crâne rasé et cheveux longs. Nounours ventru en tenue tout denim, Stephen, son complice au français hésitant, l'accompagne à la contrebasse d'abord, puis au banjo. Imbert Imbert chante, d'une belle voix bien assurée, avec une bonne humeur engageante, et une joie de vivre communicative. Ecoutons ses thèmes. L'amour, bien sûr. Mais là où le jeune Christophe des années 60 disait des mots bleus, Imbert dit surtout des mots crus. Je ferai une seule citation : "Ton cul me tient à cœur". Des mots de notre temps, qu'ont verrait bien illustrés par Luz, l'ex-dessinateur de Charlie Hebdo, un journal qui s'y connaît en crudité. Autre thème qui revient, le dégoût du quotidien, de la vie rangée, d'un avenir désespérant. Autre thème, moins destructeur : la tentation de la nature, le moment baba cool, le rêve d'une ferme, d'un jardin, de graine à faire éclore, de bons gros chiens... Le thème politique n'est là que de façon allusive, évocation du danger raciste, portrait esquissé d'un votant d'extrême droite. Si le chanteur est un très bon musicien, qui passe impavide de l'énorme contrebasse au ukulélé, sa virtuosité reste discrète. Cette sorte de mini guitare qu'il utilise m'a rappelé des illustrations de la fable enfantine "la Cigale et la Fourmi", par Benjamin Rabier, ou par le Walt Disney des années 30. J'ai été touchée par la minute sans micro, où le chanteur s'offre, dans la plus grande simplicité. Là est la force de ce duo : de la musique, pas du bruit. De la sincérité, pas de l'illusion. Les lumières, sobres, éclairaient à peine plus que la fanal bleue habituelle du petit théâtre. Imbert Imbert est un chanteur de notre temps, d'un pessimisme gai, d'un optimisme pas dupe, un amoureux de la musique et de la vie qui a le goût du partage. A écouter sans modération. Jacqueline

Imbert Imbert nous présente quelques morceaux en avant-première de son quatrième album "Viande d’amour" dont l’auteur nous dira qu’il ne "pue pas du cul". C’est direct et sans ambages. Comme ses chansons. Des chansons qui nous parlent du temps qui passe, de choix et de cursus de vie, d’humanité, d’engagement et d’amour. Des chansons d’amour sans mièvrerie, ce n’est pas le genre de la maison. Mathias Imbert joue avec les mots, des mots parfois crus. La voix n’est pas exceptionnelle, mais elle est claire et empreinte d’une certaine douceur, contrepoint de textes percutants, tantôt désabusés, tantôt rageurs, souvent teintés d’humour. Humour présent durant tout le spectacle où le public a beaucoup ri de leur complicité, et des facéties de Stephen Harrison imitant Jimi Hendrix ou narrant dans un français approximatif des anecdotes sur sa contrebasse "pourrie". Sur scène ces deux-là jouent, dans tous les sens du terme, et y prennent beaucoup de plaisir. En plus de la contrebasse qu’ils maîtrisent l’un et l’autre parfaitement, Steven joue du banjo, et Mathieu du ukulélé. Des mélodies aux rythmes changeants, lenteurs puis fulgurances ; richesse des notes et mélange des styles en accompagnement d’une poésie engagée. Le public était conquis. Moi aussi. Isabelle

Imbert Imbert chante ses chansons de sa voix bien timbrée et posée. Des chansons qui ont des choses à dire à propos du social, du politique, du sociétal ou encore de l’amour, des chansons engagées dissertant du temps présent sans ménagement. Ça change des plates ritournelles de la grande diffusion et ça fait du bien. Il y a de la provocation dans ses textes et on sent l’influence des anciens comme Brassens, Ferré, Renaud ou Perret entre autres. Il y a aussi des mots gros, crus et salaces dans certaines chansons, en particulier celles parlant d’amour. J’ai du mal à saisir l’utilisation presque systématique de ces crudités pour clamer l’amour, car à mon sens, la poésie d’amour vole allègrement au dessus de la ceinture. Mais je peux ne pas avoir tout compris. Ce sont peut-être les girolles qu’il confond avec le Phallus Impudicus ou, pire, le Satyre Puant. En tout cas, l’aspect provoc est tout aussi magistralement dressé telle une hampe érigée et offerte sans pudeur à l’assaut libertin d’une morale cul-serré. Ce diablotin ne manque pas de poésie ni d’impertinence, mais il manie également fort bien la dérision et l’autodérision qui n’enlèvent rien à la tenue de ses propos. La profondeur de son désespoir est à l’image de la joie de vivre qui l’accompagne et le rend supportable. Je veux parler de ce désespoir lucide qui habite tout être regardant le Monde les yeux grands ouverts et sans voiles déformants et de cette joie de vivre qui en découle, seul antidote valable, sœur jumelle et face opposée à la fois. Stephen Harrison le complice anglais d’Imbert Imbert est cabotin tant dans son jeu que dans son comportement sur la scène et le public aime ça et le lui rend bien. C’est plaisant, ludique et sans prétention sinon celle de blaguer comme il nous le montre avec sa façon Hendricksienne de jouer de sa contrebasse au dessus de la tête ou avec les dents. Au final, ce duo est à voir autant qu’à entendre. Leur joyeuse présence impose la nôtre et les contrebasses ne seraient certainement pas si heureuses sans nous pour les admirer. Diablotin, Cabotin et leurs compagnes vous convient à une joyeuse ballade de troubadours polissons et talentueux au cours de laquelle ils vous entretiennent avec plus ou moins de légèreté d’une idée importante : la liberté. Un vrai bon moment musical pour une vraie bonne idée. Didier

Je suis rentrée dans la salle d’abord, il y avait beaucoup de monde. Au début, je me demandais ce qu’ils allaient jouer et chanter. Le décor était sombre, il manquait un peu de lumière à mon goût. Les costumes manquaient de couleur, bleu et noir, ce n’est pas mon style, j’aurai préféré plus de couleur. La musique était diversifiée avec d’abord des bruits de contrebasses. J’ai bien aimé quand l’accompagnateur a joué du banjo. Je me serai crue au bord du Mississippi en Louisiane. L'ukulélé m’a également beaucoup plu, là je m’imaginais à Tahiti. J’ai bien ri en écoutant Imbert Imbert chanter ses chansons drôles. J’ai passé une bonne soirée, j’étais un peu déçue au départ mais vers la fin du spectacle tout le monde applaudissait pour faire revenir les deux artistes sur scène. Roseline

C'est avec enthousiasme que j'attendais ce show. Pour tout vous dire, j'ai fait la connaissance de ces deux troubadours dans les coulisses du théâtre où je travaille et j'ai participé au montage son et lumière de ce spectacle. Les rapports humains furent détendus et en toute simplicité. Mathias Imbert le regard franc et doux à la fois est une personne humble de ceux qui ne prennent pas le melon. Quand à son acolyte Stephen Harrison : un extraterrestre so british, drôle, un brin perché, au charisme du rocker des années 50. j'ai passé une après-midi sympathique et pleine de drôlerie en leur compagnie. Les balances se sont déroulées de façon brève, rapide et sans chichi, ils s'adaptent, savent ce qu'ils veulent : des professionnels... Du coup, je n'avais qu'une pâle vision de leur prestation qui n'altéra en rien l'effet de surprise, car enchantement il y a eu. Deux contrebassistes sur scène ça envoie ! De l'archer, du slapping, de la percussion. De temps en temps Stephen posait sa contrebasse pour prendre un banjo. Tout y était pour nous emmener dans une atmosphère proche de celle des Ogres de Barback, des Têtes Raides ou autres Rue Ketanou. Mathias Imbert se distingue par ses textes engagés, sans concession, du cru, du sombre et poétique, tout ça arrosé d'une pointe de vulgarité savoureuse car comment ne pas utiliser d'oxymore pour définir son univers... Une certitude les punks ne sont pas morts ! Je suis sorti heureux de cette rencontre tant pour l'esprit que pour les oreilles. Merci. Ludo

En attendant l’ouverture du théâtre ce jeudi 21 avril, je me suis rendu compte que je ne savais absolument rien sur ce qui m’attendait. Dans le cadre du festival Boby Lapointe, il ne pouvait évidemment pas s’agir d’un requiem, ce qui ce jour-là, aurait été néanmoins bien plus à même de s'accorder à ma disposition mentale et sentimentale. Je venais d’apprendre la mort d’une amie. En entrant au théâtre, j’ai découvert avec bonheur les deux contrebasses, instruments que j’adore, elles somnolaient sur scène en attendant que quelqu’un les réveille… Ce qui finit par arriver au bout d’un moment. C’est un spectacle agréable qui s’est déroulé pour mes oreilles et mes yeux, mélangeant textes puisés dans l’actualité, chômage, racisme, migration, et surtout aussi dans l’amour, l’éternel thème. Malheureusement, je n’ai pas tout compris, car les textes chantés sont toujours un peu plus difficiles pour moi (la langue française n’est pas ma langue maternelle) ; mais je crois avoir compris l’essentiel et j’ai apprécié les textes et la plupart des arrangements musicaux. Les petits sketchs en intermède étaient pleins d’humour et offraient l’occasion au compagnon de scène d’Imbert Imbert, de sortir de son rôle d’accompagnateur et de faire-valoir. Après tout, c’est toujours le chanteur qui a la part belle. Ce que j’ai un peu regretté, même si cela semble superficiel, ce sont leurs tenues de scène. Un peu de couleur et de fantaisie en contrate avec les violoncelles ne feraient pas de mal. Je vais finir avec une phrase qui m’a spécialement touchée ce soir-là : "La vie est belle à en mourir". Je suis sortie de ce concert le cœur un peu plus léger. Merci Imbert Imbert ! Léonie

Après une longue journée, la perspective d'aller voir Imbert Imbert dans le cadre du Printival ne me tentait pas vraiment, et la peur de l'ennui me taraudait au vu de ce que j'en connaissais. Accompagnées de mes acolytes chroniqueurs, je pénétrais dans l'Illustre Théâtre de Pézenas et profitais du retard pour admirer, depuis ma place de choix au premier étage face à la scène, ce monument sublimement restauré. Deux individus entrent sur scène dans le noir et l'éclairage met alors en exergue deux contrebassistes aux looks plutôt... décalés. Décalés de nous, mais aussi entre eux ! On découvre les deux comparses : Stephen Harrison, swinger anglophone aux allures de rocker des années 50 avec toute sa panoplie jean, gomina et westons, et Imber Imber, petit minet au t-shirt à paillettes et pantalon moulant. Tels deux clowns ils lancent une pseudo musique en feignant un combat d'instruments, puis une "bagarre" d'archers en tapant sur l'instrument de l'autre plutôt que sur le leur. Je ne m'attendais pas à cela ! Le thème est donné : c'est celui de l’humour. Les chansons s'enchaînent et encore une fois je suis surprise. Le paradoxe entre la musique et les paroles est aussi flagrant que celui entre la teneur des textes et les arrangements. Un arrangement minimaliste à deux instruments sur des textes riches et recherchés de jeux avec les mots. Plus les paroles sont touchantes et dramatiques, plus le rythme de la musique est entrainant et vice versa. Imbert Imbert évoque avec humour et simplicité la vie, ses joies, ses déboires et notre société actuelle avec tout ce que cela implique. Si la musique ne me plaît pas particulièrement, la performance artistique est excellente ! Une vraie interaction se fait avec le public. Non seulement par le dialogue qu’Imbert Imbert met en place avec le public, mais aussi par les rires ou les protestations que provoquent certaines paroles des chansons. Ou encore à travers les facéties des deux artistes. Alors quand Stephen Harrison rend hommage à Jimi Hendrix en passant son énorme instrument qu’est la contrebasse au dessus de sa tête pour en tirer les cordes avec ses dents tout en finissant dos au plancher de la scène, comment ne pas apprécier ce moment ?! Grâce à cet ensemble de jeux, je ne vois pas passer le temps et si vite (presque trop vite) le show s’arrête après le rappel. Je sors du théâtre remplie de bonne humeur et ravie de ce moment inattendu. Emilie

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6 juin 2016 1 06 /06 /juin /2016 19:22
The Incomplete Works - Œuvres incomplètes
The Incomplete Works - Œuvres incomplètes

Spectacle de la compagnie Footsbarn Théâtre (03) vu au cirque Romanès (Paris, XVIe), le 10 mai 2016.

D'après Shakespeare

Interprétation : Paddy Flechter, Vincent Gracieux, Naomi Canard, Paddy Hayter, Nicolas Clauzel, Haka Resic, Dominique Prie, Josue Febles, Fredericka Hayter

Genre : Théâtre musical

Public : Tout public

Durée : 1h30

Le Footsbarn Théâtre était de passage à Paris, invité par le cirque Romanès, pour présenter lors de deux soirées exceptionnelles sa nouvelle création, "The Incomplete Works" ("Œuvres incomplètes"), d’après Shakespeare.

Pour les 400 ans de la mort du dramaturge fétiche de la compagnie, le Footsbarn a imaginé un spectacle sous forme de best of des scènes les plus mythiques de l’auteur, ponctuées, comme il se doit, d’intermèdes de fabrication maison. Contrairement aux précédents spectacles, la forme est réduite à sept comédiens qui évoluent sur la petite piste du cirque Romanès. Une sorte de paravent-castelet constitue, avec un buste en carton-pâte de Shakespeare, le seul élément de décor. Cette sobriété met en valeur l’inventivité des costumes, des masques et du jeu.

Le jeu est divers puisqu’il mêle théâtre (en plusieurs langues: français, anglais, portugais), musique, art de la marionnette et masque, le tout au service d’une farce jubilatoire qui aspire à rendre Shakespeare accessible au plus grand nombre. Il y a des scènes particulièrement réussies. Ainsi du casting des "Juliette" où le comique de répétition fait décoller le spectacle. Ou encore la scène des vilains qui ridiculise la conquête du pouvoir à laquelle s’adonnent, grotesques, Richard III et Edmond. Dominique Prie, dans le rôle du bouffon, nous y sert un numéro de clown époustouflant. Le fameux "to be or not to be" est l’occasion d’une autre prouesse théâtrale dans un jeu de synchronisation à trois voix. Enfin, la mort du Maître nous permet d’entendre la belle voix de ténor de Paddy Hayter en Falstaff, rendue encore plus pénétrante par l’apparition d’une vieille dame spectrale en marionnette.

Ces quelques scènes montrent la diversité des savoir-faire de la troupe et tout le potentiel du spectacle. Mais la pièce en est encore à son rodage et se caractérise, à l’heure d’aujourd’hui, par une grande irrégularité. Le rythme est inégal. Les voix, souvent couvertes par la (belle) musique, ne sont pas toujours audibles. Certaines scènes ne sont pas encore trouvées, comme celle du balcon : les marionnettes, censées représenter Roméo et Juliette sont indistinctes tandis que le public ne comprend pas vraiment le rapport dans l’espace entre les manipulateurs et les récitants. A décharge de la troupe, il semble que l’espace scénique du chapiteau ait posé quelques problèmes d’adaptation.

"The Incomplete Works" d’après Shakespeare par le Footsbarn Théâtre est un spectacle truffé de qualités et d’ingéniosité ; un spectacle prometteur mais qui demande encore à être travaillé.

Catherine Wolff

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29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 18:12
Goupil
Goupil

Spectacle de la cie Les Compagnons de Pierre Ménard (33), vu le 8 Mai 2016, 12h30, Domaine départemental d’O, Montpellier (34), festival Saperlipopette

Mise en scène et voix : Nicolas Fagart

Corps et langue des signes : Issabelle Florido et Sabrina Dalleau

Musique et sons : Maxime Dupuis, violoncelle

Genre : Théâtre gestuel et musical

Public: Tout public dès 6 ans

Durée : 45 min

Jauge : 150 scolaires, 300 tout public

Création 2015

Les compagnons de Pierre Ménard se sont fixé comme objectif "la mise en lecture d’œuvres contemporaines non théâtrales" avec la mise en œuvre d’un "vocabulaire corporel". La compagnie joue ici trois épisodes du "Roman de Renart" adaptés et illustrés par Samivel. Ce récit raconte avec humour les aventures du couple Goupil le renard et son oncle Ysengrin le loup. Toujours à l’abri du besoin grâce à sa ruse, Goupil se joue du loup, perpétuellement affamé. Faisant miroiter des festins, Goupil tend des pièges dans lesquels Ysengrin tombe à tous les coups, se ridiculisant. On rit des ruses de Goupil et du manque de clairvoyance d’Ysengrin et, bien que les farces soient cruelles, on est soulagé car le loup finit toujours par se sauver des pires brutalités.

Ce spectacle est un régal, presque magique. Sur une scène épurée où domine le noir, il mêle gestuelle, mots, musique et bruitages dans une partition à quatre parfaitement orchestrée : un conteur parfois "vociférateur", un violoncelliste également bruiteur, et deux "signeuses" (langue des signes) qui sont aussi mimes. L’ensemble, cohérent, attractif et plein de finesse, sollicite l’imagination du public et obtient d’emblée son adhésion (comme le prouvaient les conversations à la sortie). N. Fagart, excellent, conte en jouant sur des rythmes, tonalités et inflexions de voix d’une telle diversité qu’il propulse naturellement le spectateur dans le jeu des deux mimes. I. Florido et S. Dalleau n’illustrent pas l’histoire, bien mieux, elles la font vivre, passant avec une aisance et une vivacité extrêmes d’un personnage à un autre. A chacun elles donnent une présence forte. Par la gestuelle, elles dessinent des silhouettes animées immédiatement reconnaissables et pourvues d’une personnalité. Stupéfiant : les personnages expriment même leurs propres poids et tailles (oiseau, paysan, loup…) ! Postures et mimiques mettent immédiatement dans l’action. La musique et les bruitages de M. Dupuis donnent une prégnance à l’ambiance, que ce soit dans les différents régimes de l’action, ou dans les fluctuations émotionnelles, ou même dans les variations météo ! J’ai ainsi entendu et presque vu les glands tomber en automne et ressenti le froid de l’hiver. J’ai été épatée par la cocasserie de nombreuses scènes, comme par exemple une conversation entre un oiseau "du terroir" et un piaf très "british", ou le remarquable duo de deux paysans menant leur carriole au marché ! Humour et suspense sont au rendez-vous, avec des chutes bien amenées. Quelles que soient les aventures, contées avec changements de cadence à la clé, le spectacle n’a aucune baisse de rythme et ne m’a jamais lâchée.

Après la représentation, I. Florido et S. Dalleau ont enchanté le public en lui enseignant quelques signes, au rythme de la chanson de Goupil. Ainsi trois doigts suffisent pour figurer le museau du renard - et sa malice -, alors que toute la main exprime celui du loup - et sa lourdeur ! Voilà une belle démonstration du pouvoir expressif de la langue des signes.

"Goupil" offre une large palette de comportements anthropomorphes et le héros principal est loin d’être réduit à une caricature. Il y a là une réjouissante satire sociale à multiples facettes qui joue avec les rôles du puissant et du faible, et la diversité humaine est croquée avec des traits acérés, tant visuels que sonores. Les spectateurs qui apprécient le "Roman de Renart", ou l’humour de Samivel, retrouveront avec plaisir le duo Goupil et Ysengrin, et tous les publics sans exception sauront apprécier la richesse artistique de ce spectacle.

Le spectacle est adaptable à tout lieu et toute configuration.

NB : Qui est donc Pierre Ménard ? Un écrivain inventé par J.L. Borgès, et qui aurait ré-écrit Don Quichotte en français !

Catherine Polge

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29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 18:02
Cyclochevo
Cyclochevo

Animation de M. Leonetti, vue le 8 Mai 2016, 12h30, Domaine départemental d’O, Montpellier (34), festival Saperlipopette

Genre : Parcours ludique

Public : Tous publics à partir de 3 ans

Création 2009

Au fil de mon exploration du festival, j'ai expérimenté "Cyclochevo" en menant un fougueux sulky à pédales ! Car si les montures proposées ici accueillent les enfants dès 3 ans, il n’y ensuite pas de limite d’âge ! Malgré le très mauvais temps, les enfants se pressent. Le succès de cette animation est tel qu’une bénévole du festival seconde M. Leonetti pour installer les enfants et veiller au bon déroulement du parcours. Petits et grands conduisent toutes sortes de véhicules et les sourires et éclats de rire en disent long. Une formule est adaptée aux petits qui ne savent pas faire du vélo. Les sulkies, de dimensions variées, sont pour la plupart anciens (années 50). Très beaux et expressifs, les chevaux ont été réparés et rénovés par M. Leonetti. Ce bricoleur passionné a aussi réalisé de drôles de vélos : à secousses, haut perchés, tandems à pédalages en directions opposées, etc. Très amusant ! Toujours de bonne humeur et disponible, M. Leonetti est prêt à expliquer et aider. Une crevaison ? Voilà qu’il effectue la réparation en montrant aux enfants comment s’y prendre. Adaptable à toutes les superficies et facilement transportable dans un fourgon, "Cyclochevo" séduit les aventuriers dès le plus jeune âge !

Catherine Polge

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29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 17:55
Les Clarines
Les Clarines

Spectacle de la Cie Transe Express (26), vu le 8 Mai 2016, 12h30, Domaine départemental d’O, Montpellier (34), festival Saperlipopette

Création collective, dir. artistique : Gilles Rhode

Avec : Jean-Denis Roch, Eléonore Guillemaud, Joël Catalan, Jean-Marc Chaix

Genre : Déambulation musicale, Théâtre d'intervention

Public : Tous

Durée : 45 min

Création 2004

Attirée par une musique harmonieuse et entraînante aux sonorités des alpages, je découvre dans la pinède quatre magnifiques personnages qui circulent entre les tables des pique-niqueurs. Leurs visages sont élégamment maquillés de mystère : yeux lestés d’un trait noir, fronts verts, joues jaunes. Leurs costumes aux couleurs de la nature intriguent : leurs longues jupes se terminant en cerceau, blouse à manches bouffantes, coiffes à grelots comme celles des bouffons. Mais encore plus surprenants sont leurs instruments de musique : ce sont seize cloches à bestiaux, ces clarines que l’on voit habituellement au cou des vaches, génisses, moutons ou chèvres. Avec leurs couleurs bronze patiné et leurs formes arrondies, elles sont très belles. Certaines, très grosses, sont lourdes et demandent une certaine force. Les quatre artistes les font sonner à bout de bras, ou fixées à la poitrine par des harnais ou bien sur des cercles tintinnabulants, et l’orchestration est d’une qualité étonnante. Au son de nombreux refrains dansants, connus ou de leur composition, ils emmènent le public à leur suite. Et lorsque, avant de disparaître, ces quatre fous des alpages chantent "on est heureux de chatouiller vos tympans", c’est à regret que je quitte leur spectacle. Avec son charme étrange et sa virtuosité, cette déambulation originale est proposée en différentes formules, diurnes ou nocturnes. Pour tous.

Catherine Polge

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