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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
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les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

6 juin 2016 1 06 /06 /juin /2016 19:22
The Incomplete Works - Œuvres incomplètes
The Incomplete Works - Œuvres incomplètes

Spectacle de la compagnie Footsbarn Théâtre (03) vu au cirque Romanès (Paris, XVIe), le 10 mai 2016.

D'après Shakespeare

Interprétation : Paddy Flechter, Vincent Gracieux, Naomi Canard, Paddy Hayter, Nicolas Clauzel, Haka Resic, Dominique Prie, Josue Febles, Fredericka Hayter

Genre : Théâtre musical

Public : Tout public

Durée : 1h30

Le Footsbarn Théâtre était de passage à Paris, invité par le cirque Romanès, pour présenter lors de deux soirées exceptionnelles sa nouvelle création, "The Incomplete Works" ("Œuvres incomplètes"), d’après Shakespeare.

Pour les 400 ans de la mort du dramaturge fétiche de la compagnie, le Footsbarn a imaginé un spectacle sous forme de best of des scènes les plus mythiques de l’auteur, ponctuées, comme il se doit, d’intermèdes de fabrication maison. Contrairement aux précédents spectacles, la forme est réduite à sept comédiens qui évoluent sur la petite piste du cirque Romanès. Une sorte de paravent-castelet constitue, avec un buste en carton-pâte de Shakespeare, le seul élément de décor. Cette sobriété met en valeur l’inventivité des costumes, des masques et du jeu.

Le jeu est divers puisqu’il mêle théâtre (en plusieurs langues: français, anglais, portugais), musique, art de la marionnette et masque, le tout au service d’une farce jubilatoire qui aspire à rendre Shakespeare accessible au plus grand nombre. Il y a des scènes particulièrement réussies. Ainsi du casting des "Juliette" où le comique de répétition fait décoller le spectacle. Ou encore la scène des vilains qui ridiculise la conquête du pouvoir à laquelle s’adonnent, grotesques, Richard III et Edmond. Dominique Prie, dans le rôle du bouffon, nous y sert un numéro de clown époustouflant. Le fameux "to be or not to be" est l’occasion d’une autre prouesse théâtrale dans un jeu de synchronisation à trois voix. Enfin, la mort du Maître nous permet d’entendre la belle voix de ténor de Paddy Hayter en Falstaff, rendue encore plus pénétrante par l’apparition d’une vieille dame spectrale en marionnette.

Ces quelques scènes montrent la diversité des savoir-faire de la troupe et tout le potentiel du spectacle. Mais la pièce en est encore à son rodage et se caractérise, à l’heure d’aujourd’hui, par une grande irrégularité. Le rythme est inégal. Les voix, souvent couvertes par la (belle) musique, ne sont pas toujours audibles. Certaines scènes ne sont pas encore trouvées, comme celle du balcon : les marionnettes, censées représenter Roméo et Juliette sont indistinctes tandis que le public ne comprend pas vraiment le rapport dans l’espace entre les manipulateurs et les récitants. A décharge de la troupe, il semble que l’espace scénique du chapiteau ait posé quelques problèmes d’adaptation.

"The Incomplete Works" d’après Shakespeare par le Footsbarn Théâtre est un spectacle truffé de qualités et d’ingéniosité ; un spectacle prometteur mais qui demande encore à être travaillé.

Catherine Wolff

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29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 18:12
Goupil
Goupil

Spectacle de la cie Les Compagnons de Pierre Ménard (33), vu le 8 Mai 2016, 12h30, Domaine départemental d’O, Montpellier (34), festival Saperlipopette

Mise en scène et voix : Nicolas Fagart

Corps et langue des signes : Issabelle Florido et Sabrina Dalleau

Musique et sons : Maxime Dupuis, violoncelle

Genre : Théâtre gestuel et musical

Public: Tout public dès 6 ans

Durée : 45 min

Jauge : 150 scolaires, 300 tout public

Création 2015

Les compagnons de Pierre Ménard se sont fixé comme objectif "la mise en lecture d’œuvres contemporaines non théâtrales" avec la mise en œuvre d’un "vocabulaire corporel". La compagnie joue ici trois épisodes du "Roman de Renart" adaptés et illustrés par Samivel. Ce récit raconte avec humour les aventures du couple Goupil le renard et son oncle Ysengrin le loup. Toujours à l’abri du besoin grâce à sa ruse, Goupil se joue du loup, perpétuellement affamé. Faisant miroiter des festins, Goupil tend des pièges dans lesquels Ysengrin tombe à tous les coups, se ridiculisant. On rit des ruses de Goupil et du manque de clairvoyance d’Ysengrin et, bien que les farces soient cruelles, on est soulagé car le loup finit toujours par se sauver des pires brutalités.

Ce spectacle est un régal, presque magique. Sur une scène épurée où domine le noir, il mêle gestuelle, mots, musique et bruitages dans une partition à quatre parfaitement orchestrée : un conteur parfois "vociférateur", un violoncelliste également bruiteur, et deux "signeuses" (langue des signes) qui sont aussi mimes. L’ensemble, cohérent, attractif et plein de finesse, sollicite l’imagination du public et obtient d’emblée son adhésion (comme le prouvaient les conversations à la sortie). N. Fagart, excellent, conte en jouant sur des rythmes, tonalités et inflexions de voix d’une telle diversité qu’il propulse naturellement le spectateur dans le jeu des deux mimes. I. Florido et S. Dalleau n’illustrent pas l’histoire, bien mieux, elles la font vivre, passant avec une aisance et une vivacité extrêmes d’un personnage à un autre. A chacun elles donnent une présence forte. Par la gestuelle, elles dessinent des silhouettes animées immédiatement reconnaissables et pourvues d’une personnalité. Stupéfiant : les personnages expriment même leurs propres poids et tailles (oiseau, paysan, loup…) ! Postures et mimiques mettent immédiatement dans l’action. La musique et les bruitages de M. Dupuis donnent une prégnance à l’ambiance, que ce soit dans les différents régimes de l’action, ou dans les fluctuations émotionnelles, ou même dans les variations météo ! J’ai ainsi entendu et presque vu les glands tomber en automne et ressenti le froid de l’hiver. J’ai été épatée par la cocasserie de nombreuses scènes, comme par exemple une conversation entre un oiseau "du terroir" et un piaf très "british", ou le remarquable duo de deux paysans menant leur carriole au marché ! Humour et suspense sont au rendez-vous, avec des chutes bien amenées. Quelles que soient les aventures, contées avec changements de cadence à la clé, le spectacle n’a aucune baisse de rythme et ne m’a jamais lâchée.

Après la représentation, I. Florido et S. Dalleau ont enchanté le public en lui enseignant quelques signes, au rythme de la chanson de Goupil. Ainsi trois doigts suffisent pour figurer le museau du renard - et sa malice -, alors que toute la main exprime celui du loup - et sa lourdeur ! Voilà une belle démonstration du pouvoir expressif de la langue des signes.

"Goupil" offre une large palette de comportements anthropomorphes et le héros principal est loin d’être réduit à une caricature. Il y a là une réjouissante satire sociale à multiples facettes qui joue avec les rôles du puissant et du faible, et la diversité humaine est croquée avec des traits acérés, tant visuels que sonores. Les spectateurs qui apprécient le "Roman de Renart", ou l’humour de Samivel, retrouveront avec plaisir le duo Goupil et Ysengrin, et tous les publics sans exception sauront apprécier la richesse artistique de ce spectacle.

Le spectacle est adaptable à tout lieu et toute configuration.

NB : Qui est donc Pierre Ménard ? Un écrivain inventé par J.L. Borgès, et qui aurait ré-écrit Don Quichotte en français !

Catherine Polge

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29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 18:02
Cyclochevo
Cyclochevo

Animation de M. Leonetti, vue le 8 Mai 2016, 12h30, Domaine départemental d’O, Montpellier (34), festival Saperlipopette

Genre : Parcours ludique

Public : Tous publics à partir de 3 ans

Création 2009

Au fil de mon exploration du festival, j'ai expérimenté "Cyclochevo" en menant un fougueux sulky à pédales ! Car si les montures proposées ici accueillent les enfants dès 3 ans, il n’y ensuite pas de limite d’âge ! Malgré le très mauvais temps, les enfants se pressent. Le succès de cette animation est tel qu’une bénévole du festival seconde M. Leonetti pour installer les enfants et veiller au bon déroulement du parcours. Petits et grands conduisent toutes sortes de véhicules et les sourires et éclats de rire en disent long. Une formule est adaptée aux petits qui ne savent pas faire du vélo. Les sulkies, de dimensions variées, sont pour la plupart anciens (années 50). Très beaux et expressifs, les chevaux ont été réparés et rénovés par M. Leonetti. Ce bricoleur passionné a aussi réalisé de drôles de vélos : à secousses, haut perchés, tandems à pédalages en directions opposées, etc. Très amusant ! Toujours de bonne humeur et disponible, M. Leonetti est prêt à expliquer et aider. Une crevaison ? Voilà qu’il effectue la réparation en montrant aux enfants comment s’y prendre. Adaptable à toutes les superficies et facilement transportable dans un fourgon, "Cyclochevo" séduit les aventuriers dès le plus jeune âge !

Catherine Polge

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29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 17:55
Les Clarines
Les Clarines

Spectacle de la Cie Transe Express (26), vu le 8 Mai 2016, 12h30, Domaine départemental d’O, Montpellier (34), festival Saperlipopette

Création collective, dir. artistique : Gilles Rhode

Avec : Jean-Denis Roch, Eléonore Guillemaud, Joël Catalan, Jean-Marc Chaix

Genre : Déambulation musicale, Théâtre d'intervention

Public : Tous

Durée : 45 min

Création 2004

Attirée par une musique harmonieuse et entraînante aux sonorités des alpages, je découvre dans la pinède quatre magnifiques personnages qui circulent entre les tables des pique-niqueurs. Leurs visages sont élégamment maquillés de mystère : yeux lestés d’un trait noir, fronts verts, joues jaunes. Leurs costumes aux couleurs de la nature intriguent : leurs longues jupes se terminant en cerceau, blouse à manches bouffantes, coiffes à grelots comme celles des bouffons. Mais encore plus surprenants sont leurs instruments de musique : ce sont seize cloches à bestiaux, ces clarines que l’on voit habituellement au cou des vaches, génisses, moutons ou chèvres. Avec leurs couleurs bronze patiné et leurs formes arrondies, elles sont très belles. Certaines, très grosses, sont lourdes et demandent une certaine force. Les quatre artistes les font sonner à bout de bras, ou fixées à la poitrine par des harnais ou bien sur des cercles tintinnabulants, et l’orchestration est d’une qualité étonnante. Au son de nombreux refrains dansants, connus ou de leur composition, ils emmènent le public à leur suite. Et lorsque, avant de disparaître, ces quatre fous des alpages chantent "on est heureux de chatouiller vos tympans", c’est à regret que je quitte leur spectacle. Avec son charme étrange et sa virtuosité, cette déambulation originale est proposée en différentes formules, diurnes ou nocturnes. Pour tous.

Catherine Polge

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23 mai 2016 1 23 /05 /mai /2016 18:27
La Petite Fille aux Allumettes
Site CTEJ (compagnie)
Site CTEJ (compagnie)

Spectacle de PAN ! La Compagnie (Bruxelles) et Le Petit Théâtre (Lausanne), vu le 7 mai 2016, au Théâtre Paul Puaux, Domaine d’O, Montpellier (34) dans le cadre du Festival Saperlipopette.

D’après le conte d’Andersen

Auteur et mise en scène : Julie Annen (avec le soutien de F. Melquiot)

Avec : Salvatore Orlando, François de St Georges, Viviane Thiébaud et François Delcambre

Genre : Théâtre

Public : Tout public à partir de 6-7 ans

Durée : 45 min

Quatre voix sont ici réunies pour incarner l’histoire de cette petite fille qui, par une nuit glaciale de la St Sylvestre, tente de vendre des allumettes aux passants, indifférents. Finalement elle craque les allumettes pour se réchauffer, mais meurt de froid après avoir eu des visions, dont celle de sa grand-mère adorée décédée depuis peu. Julie Annen a demandé à des groupes d’enfants de 6 à 12 ans leur avis sur cette histoire sinistre, de livrer leurs interrogations, et d’apporter des suggestions pour en modifier le déroulement et l’issue. L’enregistrement de leurs réflexions est diffusé en "off" au début du spectacle. Le décor est sommaire. Sur une estrade qui délimite l’espace de jeu sont installés deux réverbères style XIXe siècle, entre lesquels est accrochée une guirlande, telles celles qui illuminent les rues des villes en période de fêtes de fin d’année. Les comédiens sont vêtus de manteaux et bonnets de laine. Diable, c’est l’hiver, il ne fait pas chaud, la neige tombe ! Tour à tour, avec une surprenante fluidité, ils interprètent des villageois, le maire, la neige, un sapin de Noël, un poêle à bois, et même une dinde ! Mais personne n’incarne la petite fille dont on entend seulement la voix.

La compagnie a choisi une manière différente d’aborder cette histoire, la ramenant ainsi à un fait divers plausible, suscitant d’ailleurs de nombreux questionnements. L’histoire est transposée au XXIe siècle. La fillette vit avec ses parents dans un camping-car à l’écart du monde, loin de la ville. Après une existence normale, le père a connu le chômage, puis la dégringolade qui a conduit la famille à cette situation précaire. La mère est très malade, mourante. Le père envoie sa fille à la ville chercher de l’aide. Malgré la peur, le froid qui transperce son corps trop peu couvert, elle traverse le bois, où traîne une bande de jeunes qui semble préparer un mauvais coup. Courageusement, elle poursuit son chemin. Mais en ville chacun est occupé aux préparatifs du réveillon. Personne ne la regarde, ne lui ouvre sa porte ou ne lui donne quelque chose à manger. Découragée, transie, elle se réfugie dans un coin abrité, où le briquet qu’elle avait dans sa poche lui procure un peu de lumière et de chaleur, mais aussi des visions réconfortantes. Jusqu’à l’apparition de sa grand-mère qui seule lui apportait du réconfort, et qu’elle suit avec joie vers un ailleurs plus doux…

L’histoire n’est pas si éloignée du conte d’Andersen, bien que plus contemporaine et plus réaliste. D’autant que Julie Annen a connu elle-même à l’adolescence cette vie dans la précarité à la suite d’une faillite, puis d’une expulsion. Elle a été confrontée à l’isolement, à l’indifférence et à la honte, heureusement avec une issue moins tragique. Mais la mise en scène lumineuse, joyeuse, parfois saugrenue, non dénuée d’humour, la musique omniprésente, les comédiens qui chantent et dansent, confèrent un air de "comédie musicale" au spectacle. Les voix des enfants apportent un vent de fraîcheur bienfaisant, même si leurs questions et remarques sont claires et sans concession. La fin saurait-elle être différente pour autant, ou simplement vue différemment?

Malgré mes craintes au début de la représentation, je n’ai pas trouvé ce spectacle misérabiliste, mais plutôt empreint de tendresse et de sensibilité. Mise en avant par la sobriété du décor, la qualité de jeu des comédiens n’est pas étrangère à cette sensation.

Cathy de Toledo

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9 mai 2016 1 09 /05 /mai /2016 20:55
Alpheus Bellulus
Alpheus Bellulus

Spectacle du Collectihihihif (34), vu le 22 avril 2016, en séance publique, au théâtre la Vista à Montpellier (34)

De et avec : Philipp Vöhringer et Emilie Marin

Genre : Clown et arts numériques

Public : Tout public à partir de 5 ans

Durée : 45 min

Création 2016

Le hall de la Vista est envahi de valises… qui part en voyage ???

De fait, dès que le public est installé, nous voilà plongés dans une ambiance "ferroviaire". On devine un circuit installé sur le plateau et, dans la pénombre, un train se met en mouvement, accompagné des sons et lumières évocateurs des gares. Des voyageurs apparaissent en ombres chinoises, chargés de valises.

Par un procédé de rétroprojection, un wagon passe de taille réduite à taille normale, et deux personnages clownesques apparaissent dans l’encadrement de deux fenêtres d’un wagon en mouvement. Les deux individus regardent le paysage défiler, jusqu’à leur arrivée de nuit dans un village perdu, par un temps d’hiver neigeux et venteux… Ce sont des artistes de cirque qui, dans leurs valises, transportent tout ce qui est nécessaire à leur spectacle. Leur ménagerie (chèvre, éléphant, lion), un chapiteau miniature qui passe miraculeusement à grandeur nature, et tout un bric-à-brac indispensable à leurs numéros, dont un vieux tourne-disque à manivelle. La représentation peut alors commencer, après que l’un des clowns ait endossé son costume de clown blanc. Les numéros défilent, tours de magie, dressage d’animaux, jusqu’au final musical sous la baguette du clown blanc. Avant de remballer le matériel et de poursuivre la route vers d’autres cieux…

Très visuel, accompagné à merveille par des éclairages parfois magiques, porté par une bande musicale évocatrice, le spectacle recèle de nombreuses trouvailles, qui en font bien plus qu’un spectacle clownesque. L’ambiance est bien rendue et l’on suit avec nostalgie et un brin de compassion l’itinérance de ces saltimbanques. Si l’ambiance un peu sombre du début du spectacle peut effrayer quelques enfants, le spectacle est préconisé à partir de 5-6 ans. Enfin, une configuration de proximité me paraît préférable à une grande salle, bien qu’a contrario un grand espace puisse permettre de développer le jeu et les effets spéciaux… Toutefois, la fin m’a parue un peu brutale, presque bâclée, donnant l’impression qu’il manque quelque chose, que le spectacle est trop court. Mais il s’agissait de la troisième représentation de cette nouvelle création du Collectihihihif, et le résultat est déjà très prometteur ! A revoir donc après quelques représentations.

Cathy de Toledo

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9 mai 2016 1 09 /05 /mai /2016 20:46
La Mer
Source : Compagnie Chaotik
Source : Compagnie Chaotik

Spectacle de la Compagnie Chaotik Théâtre (34), vu le 26 avril 2016, en séance centre aéré, au théâtre la Vista, Montpellier (34). Sortie de résidence, première représentation publique.

Texte et mise en scène : Olivier Labiche

Jeu : Benoit Saladino/Julien Assemat en alternance, Olivier Labiche

Genre : Théâtre

Public : Jeune public à partir de 3 ans

Durée : 50 min

Création 2016

L’ambiance maritime est évoquée avec des bruits de vagues, accompagnés d’une musique douce. Installés d’un côté du plateau, trois musiciens jouent et chantent en direct. Un tissu léger couvre le sol, agité par une soufflerie… Les vagues clapotent sous un tout petit bateau arrondi, une vraie "coquille de noix" !

Sur l’écran en fond de scène est projetée l’image d’une côte escarpée, qui s’éloigne pour disparaître à l’horizon, au fur et à mesure que le bateau gagne la haute mer. L’impression de mouvement est encore accentuée par l’agitation du jeune garçon sur le bateau "culbuto". Il monte au mât, défait la voile, tire des bords, tout en commentant ses actions à l’attention de son fidèle compagnon de voyage, sa poupée Mario… La succession des jours et des nuits est bien rendue par une belle gestion de la lumière, dans un halo feutré. La rencontre avec des animaux, oiseaux, baleines, bancs de poissons, est évoquée avec poésie par des projections sur l’écran et sur le tissu des vagues.

Mais le voyage initiatique qu’a entrepris le jeune garçon n’est pas de tout repos ! Après avoir été frôlé par un gros paquebot, après avoir affronté la tempête qui déchire la voile et le mal de mer, et alors que la nourriture et l’eau viennent à manquer, le garçon cède à la fatigue et s’endort... La poupée Mario prend alors vie pour devenir un vrai compagnon en chair et en os, et une aide précieuse pour terminer le voyage sains et saufs !

C’est un joli spectacle, porté par une scénographie efficace qui rend bien compte de l’étendue et des mouvements de la mer, en utilisant à bon escient projections de dessins et d’images. Le jeune public est embarqué à la découverte du vaste monde dans le sillage de ce petit garçon épris de liberté. Il ose braver l’inconnu et les éléments, va ainsi gagner en autonomie et devenir grand… Très attentifs, les enfants ont bien suivi l’histoire, réagi à l’apparition des animaux marins, sans être impressionnés le moins du monde par les mésaventures qu’affronte le jeune garçon !

Malgré quelques soucis techniques et de légères imperfections pour cette toute première représentation, "La Mer" est un spectacle prometteur destiné plutôt à un public de classes maternelles... A suivre !

Cathy de Toledo

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9 mai 2016 1 09 /05 /mai /2016 20:38
Boris et les sœurs Sushi
Source : Compagnie Renards
Source : Compagnie Renards

Spectacle des compagnies Effet Mer (34) et Undessix (Belgique), vu le 7 mai 2016, sous chapiteau au Domaine d’O à Montpellier (34), dans le cadre du Festival Saperlipopette

Texte : Arthur Oudar

Mise en scène : Arthur Oudar et Baptiste Toulemonde

Interprétation : Arthur Oudar, Julie Sommervogel, Nina Lombardo, François Gillerot / Baptiste Toulemonde (en alternance)

Genre : Théâtre

Public : Familles à partir de 6 ans

Durée : 55 minutes

Création 2015

L’histoire commence dans le noir, avec en fond sonore des borborygmes qui émanent du ventre de Boris ! On ne sait pas encore très bien qui est le personnage qui, dans un halo de lumière, nous signale qu’on trouve beaucoup de choses incongrues dans cet estomac… Afin d’expliciter le fait, il décide de nous raconter l’histoire depuis le début, et comment il a fait la connaissance de Boris.

Boris est un enfant de 8 ans, trop grand pour être petit, mais trop petit pour être un adulte… Il est juste hors normes, et sa Mama qui n’arrive plus à assumer son gigantisme, le met un jour dehors, estimant qu’il est temps pour lui d’aller vivre sa vie !

Dans la forêt, il rencontre le loup (en fait notre narrateur) dont il n’a absolument pas peur… Ce serait même l’inverse ! Bien que le loup lui conseille de rester à l’écart du monde, où les êtres différents ne sont pas appréciés, il décide malgré tout d’aller s’inscrire à l’école… Il a la chance d’y faire la connaissance des redoutables sœurs Sushi, qui font la pluie et le beau temps dans la cour de récré. Elles animent une espèce de cabaret de préau, et créent des numéros complètement déjantés. Boris devient leur ami et partenaire, mais aussi l’amoureux d’Alice !

L’écriture est réellement d’une grande qualité, très contemporaine et inventive dans le domaine du conte destiné prioritairement au jeune public. J’avais déjà eu un aperçu de la créativité d’Arthur Oudar, lorsque j’ai vu il y a quelques années "Les Pitoyables aventures de Tom Pouce" et "Bonjour, on est un tsunami". Les codes ont changé et les enfants ne rient plus tout à fait des mêmes choses qu’il y a dix, vingt ou trente ans. Arthur Oudar table sur une vraie écriture théâtrale, délirante et réaliste, qui n’effraie cependant pas les enfants car le rire n’est jamais très loin.

Et finalement, les adultes s’amusent tout autant que les enfants, si j’en crois les réactions dans les rangs de l’assistance. Il n’y a pas de temps mort, les quatre comédiens, d’une énergie inépuisable, chantent, dansent, s’agitent pendant près d’une heure. Le choix de François Gillerot pour le rôle de Boris est très judicieux. Sa grande taille et son visage juvénile en font un jeune ogre tout à fait "crédible"… Et il semble par ailleurs prédestiné puisqu’il interprète également "l’Ogrelet" de Suzanne Lebeau, avec une autre compagnie !

Le décor, installé au centre d’un cercle délimité par des lumières, est sommaire, composé de quelques meubles ou objets d’usage scolaire, détournés astucieusement pour les créations "artistiques" des Sœurs Sushi, au rang desquelles un petit spectacle de marionnettes et de théâtre d’ombres. Les éclairages complètent à bon escient les différentes phases de l’action. La musique est omniprésente, parfois même un peu trop, et c’est d’ailleurs le seul vrai reproche que je ferais à ce spectacle, qui comporte malgré tout quelques (petites) longueurs.

La morale n’est pas absente de ce spectacle, qui respire la bonne humeur, les joies de l’amitié et de l’amour, de l’entraide, par-delà les différences. La fin paraît certes étrange mais est, d’une certaine manière, très positive. Boris a enfin trouvé son bonheur de vivre…

Le public a quitté le chapiteau avec la banane, conquis.

Cathy de Toledo

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9 mai 2016 1 09 /05 /mai /2016 19:06
Souliers Rouges. Tragi-comédie pour petite fille et marâtre
Source : compagnie Les Nuits Claires
Source : compagnie Les Nuits Claires

Spectacle de la Compagnie Les Nuits Claires (34) et de la Compagnie Agnello (Belgique), vu en séance scolaire le 18 février 2016, au théâtre Jacques Cœur à Lattes (34)

Texte : Aurélie Namur

Mise en scène : Félicie Artaud

Jeu : Claire Hengel, Aurélie Namur, Yannick Guégan

Genre : Théâtre

Public : Familles à partir de 7 ans

Durée : 55 minutes

Création 2015-2016

Un personnage en costume rouge, auréolé d’une lumière flamboyante, se présente comme Tristan Dersen, descendant du célèbre Andersen. Il nous rappelle l’essentiel du célèbre conte très cruel dont s’est inspirée Aurélie Namur pour cette réécriture.

Une orpheline est adoptée par une marâtre qui ne supporte pas que l’enfant conserve des souvenirs de sa mère défunte. Comme elle, l’enfant aime le rouge… Or donc, "Madame ma mère" lui impose le blanc ! Le personnage inventé de Tristan Dersen, s’invite alors dans l’action. Diabolique vendeur, il propose à la fillette pour l’achat d’une paire de chaussures blanches, de lui offrir des chaussures rouges, qui lui permettront de rejoindre sa maman adorée, et que la fillette s’empresse de chausser…

Dans le conte originel, ces chaussures maléfiques obligent la fillette à se lancer dans une danse endiablée, qui ne cesse que si on lui coupe les pieds ! Juste punition pour avoir transgressé l’interdit. Certes, le maléfice opère ici aussi, et l’enfant se lance dans une gigue, à la fois drôle et terrifiante, portée par une musique dynamique, mettant son environnement sens dessus dessous… Une hache fait même son apparition ! Mais Aurélie Namur a fait le choix de proposer une morale différente, bien moins cruelle, plus tournée vers un avenir apaisé.

La mise en scène ingénieuse s’appuie sur un espace délimité par les panneaux disposés en triangle, décorés de tapisserie très kitch, ou agrémentés d’un store à lamelles, donnant une impression de profondeur. Peu d’éléments de décor, une table ronde haute, deux tabourets dont un très haut pour la marâtre, qui domine la fillette installée sur une siège très bas. Les comédiennes arborent des tenues très BCBG dignes des années soixantes, en harmonie avec le décor. Les éclairages alternent entre le blanc très pur et le cramoisi, se jouant des contre-jours et des ombres chinoises. Les objets, notamment les chaussures, semblent doués d’une vie propre, parlent, et se déplacent seuls…

Aurélie Namur transpose ce conte dans un univers réaliste, plus proche de celui des enfants d’aujourd’hui, abreuvés de jeux vidéo. L’ensemble a un petit air de spectacle de music-hall… les costumes, les jeux de lumière et la musique probablement ! La fable reste néanmoins moralisatrice, mais de manière plus actuelle et crédible.

Cathy de Toledo

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9 mai 2016 1 09 /05 /mai /2016 18:56
La Maladie de Sachs
La Maladie de Sachs

Spectacle de la compagnie Le Théâtre de la Remise (34), vu le samedi 2 avril 2016, en séance publique, espace Morastel, à Mauguio (34) dans le cadre de la manifestation "Le théâtre s’expose" du 14 mars au 6 avril

D’après le texte de : Martin Winckler

Adaptation et interprétation : Marion Coutarel, Nicolas Hérédia

Genre : Théâtre

Public : Tout public à partir de 12-14 ans

Durée : 1 heure

Les spectateurs sont installés en U dans la salle d’attente du docteur Sachs. Petite jauge, grande proximité avec les comédiens… Le docteur Sachs commence une nouvelle journée. De consultations en visites, assisté de sa fidèle secrétaire, une ancienne patiente, il soigne, est à l’écoute des symptômes réels ou imaginaires des uns et des autres, rassure, console, fait face aux demandes parfois étranges ou inacceptables des familles. Jeune médecin de campagne, sa vie est tout entière occupée par sa pratique, faisant au mieux pour soulager et apporter des réponses, au point d’en oublier sa vie personnelle. S’inspirant des nombreuses notes qu’il porte sur les dossiers de ses patients, il rédige une sorte de journal de bord de son quotidien, peut-être comme thérapeutique à ses propres doutes et angoisses, ou pour combler les manques de son existence… Plus tard, Pauline, une autre de ses patientes devenue sa compagne, émue par ses écrits, le poussera à les publier.

Les deux comédiens se partagent la blouse blanche du médecin, et avec elle l’interprétation des différents protagonistes (le médecin, les patients, les membres de leurs familles, la mère, les confrères, l’amante…). Entre jeu et conte, Marion Coutarel et Nicolas Hérédia nous accompagnent pendant une heure avec aisance et naturel, dans cette aventure humaine pleine d’émotion, parfois drôle, parfois tragique, où se mêlent étroitement les petites histoires des malades, et celles de leur thérapeute.

L’auteur, Marc Zaffran/Martin Winckler est devenu médecin par tradition familiale, et même s’il ne le regrette pas, ses aptitudes le portaient plutôt vers l’écriture. Finalement il a pu concilier les deux et s’est mis en scène dans ses romans sous l’identité du docteur Bruno Sachs.

Merci donc au service culturel de la ville de Mauguio de nous avoir offert cette mise en espace d’un roman inclassable, comme un avant-goût au prochain Festival d’Avignon et ses nombreuses petites salles qui accueillent de tels spectacles intimistes et rares.

Cathy de Toledo

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