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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site.
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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
Vous y trouverez l'ensemble des commentaires de nos correspondants sur les spectacles qui ont été vus. Ce service est en ligne en accès libre depuis février 2007.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

14 juillet 2017 5 14 /07 /juillet /2017 11:30
Quand j'étais petit je voterai

 

Spectacle de La Comédie de Saint Etienne, vu le 10/07/17 au Festival OFF d'Avignon, au Galmash Belleville Théâtre.

Auteur: Boris Le Roy
Metteur en scène: Emilie Capliez
Comédiens: Simon Pineau et Elsa Verdon

Genre: Théâtre citoyen
Public: Tout public, famille
Durée: 
50 minutes

Je rentre dans la salle, une jauge moyenne où on se sent en petit comité, la lumière prend place au son de la voix de la jeune comédienne. Le rythme est lancé, je suis captivée d’emblée par l’énergie et le dynamisme qui règnent sur cette scène pleine de vie grâce aux comédiens hauts en couleur. Je suis intéressée par le sujet et agréablement surprise de là où le texte de Boris Le Roy (roman pour la jeunesse) nous emmène : un cas d’école pour parler de la citoyenneté. Et non pas un seul cas d’école, une classe de collège avec ses différents élèves, aux origines différentes, aux points de vue différents, aux niveaux différents... Les deux jeunes comédiens alternent avec brio différents personnages, du professeur, aux élèves, en passant par le directeur et l’infirmière. Et toujours je garde le fil, je suis dans le tempo, toujours bien tenu ! L’outil de l’élection du délégué en classe de collège est simple et efficace pour nous embarquer avec justesse dans des sujets de société tels que la citoyenneté, le respect, les règles, l’amitié, l’amour, la justice, la violence, la technologie, le rapport à la différence, la responsabilité, l’exclusion, l’immigration, la compétition, le pouvoir, mais aussi les sentiments de joie, de doute, de réussite... J’apprécie l’écriture de cette pièce qui m’embarque dans cette classe de collège tel un microcosme de la société où l’humour y est permanent et la tendresse à certains moments. Du rire à la réalité.

La mise en scène est simple, à première vue, et aussi énergique que ces personnages puisque la scène vit au gré de ces derniers. Dessins, vidéo, musique, plusieurs outils visuels qui me prennent au jeu ainsi que la palette de couleurs vives utilisée tout au long de la prestation. Je ris, je me retrouve dans les personnages à l’âge du collège et surtout je me retrouve en tant que femme, citoyenne, votante, militante…

Un spectacle digne des outils utilisés dans l’éducation populaire puisqu’il est accessible à tous, il parle à tous et il est indéniablement pédagogique pour la jeunesse. Un spectacle qui peut se voir en salle mais que j’imaginerais aussi dans d’autres espaces comme en spectacle de rue et pourquoi pas dans les collèges, les lycées voire dans d’autres structures sociales où les thèmes de la citoyenneté, de la jeunesse et du vote sont trop souvent abordés dans un style conférencier pour les jeunes. Un spectacle comme outil pédagogique, outil de débats pour les jeunes électeurs de demain et leurs parents. Un spectacle pour tous en fait, car étant déjà électrice et pas encore maman, j’ai passé un super moment !

Valérie Desbrosse

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13 juillet 2017 4 13 /07 /juillet /2017 18:32
Je t’écris mon amour

Spectacle de la compagnie ASTROV (57), vu le 12/07/2017, AVIGNON OFF 2017, à 13h45 à La caserne des pompiers, du 7 au 23/07/17.

 

Texte : Emmanuel Darley

Mise en scène : Jean de Pange, Paul Desveaux (collaboration)

Avec : Céline Bodis, Jean de Pange

 

Genre : Théâtre

Public : A partir de 16 ans

Durée : 1h05

 

"Je lui dirai les mots bleus
Les mots qu'on dit avec les yeux…" (Christophe)                      

 

On ne peut nier que j’attendais beaucoup de Jean de Pange en choisissant, comme 1er spectacle du millésime off 2017, de découvrir sa mise en scène du dernier texte publié par l’auteur narbonnais Emmanuel Darley (Je t’écris mon amour, écrit en 2014 pour la compagnie Astrov et créé à Metz en 2016 quelques jours à peine après le décès de l’auteur).

Et je ne fus pas déçue. Ou disons, si, mais si peu. 

Puisque c’est l’heure où on se dit tout, je suis sortie émue.

 

Comment se parlent deux personnes qui sentent qu’elles s’attirent, mais qui ne savent pas ce qu’elles espèrent ? Comment cette passion amoureuse prend-elle naissance et comment évolue-t-elle jusqu’au désir torride de leurs corps, quand leurs corps, eux, sont séparés l’un de l’autre ?

Comment se traduit cet échange amoureux, quand il se fait via net, et les réseaux, oui, sociaux ?

C’est, voilà, ce que raconte cette pièce de théâtre actuelle, placée droit dans son temps.

La fragilité, l’émotion, l’essence, la passion, la rencontre.

 

Magnétisée par l’écriture de Darley, elliptique, juste, essentielle et à l’affût des conseils de mon libraire préféré (Le Haut Quartier Pézenas), j’avais bien sûr lu le texte quand il est paru, chez Actes Sud en janvier 2017. J’ignorai alors que ce travail était le fruit d’une commande pour Jean de Pange, et que le projet avait été entamé en 2012, dans le cadre d’un atelier sur le thème de "la passion amoureuse vécue et véhiculée par les nouveaux moyens de communication".

 

Sur scène petit budget : ce sont deux corps presque statiques qui se saisissent du texte, aussi fragiles et brûlants que l’auteur. (Pas de décors, si ce n’est l’écran sur lequel sont projetés les échanges.) Tout juste un peu de lumière, et quelques notes de guitare enregistrées.

 

Céline Bodis, merveilleuse dans son application sans faille à faire vibrer la Langue (oui, majuscule) et la Sensibilité (oui encore) d’Emmanuel Darley, est, toute en réserve, la fragilité même, qui ne gêne jamais les autres. Parce que je connaissais Emmanuel, Jean de Pange m’a - quant à lui - paru prendre un parti plus élancé, électrique, transcendant l’aspect électronique de la correspondance en portant davantage l’attention sur lui, que Darley ne l’aurait fait lui-même (m’est avis), brisant ainsi parfois (pour moi, mais c’est si peu), l’instant fragile de la rencontre. (A la décharge de la compagnie, je dois avouer que j’ai beaucoup fantasmé ED.)

 

Un spectacle de petite forme technique, qui fera frémir votre cœur et votre sensibilité.

A programmer, donc, sans aucun doute.

 

Danielle Krupa / www.allez-zou.fr

 

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13 juillet 2017 4 13 /07 /juillet /2017 14:58
Fils unique d'une famille nombreuse
Site compagnie

Spectacle de la Cie l’Aventure (59), vu le 11 juillet 2017, AVIGNON OFF 2017 Collège de la Salle, 11h35 tous les jours sauf le lundi.

Ecriture et interprétation : Willy Claeyssens

Genre : Seul en scène
Public : Tout public à  partir de 10 ans
Durée : 1 h 15

Sur le plateau nu, Willy Claeyssens nous propose en préambule une courte chorégraphie résumant les 47 premières années de sa vie…

Nous le suivons ensuite dans le déroulé de ce chemin de vie d’apparence chaotique, depuis la rencontre de ses parents et l’enfance, les difficultés scolaires, le service militaire, la rencontre amoureuse... Mais aussi l’agence pour l’emploi, les différents métiers exercés, de peintre, ouvrier dans une usine de couches bébé, assistant vétérinaire, automate humain, et tant d’autres, toujours prêt à rebondir et se réorienter pour assurer le quotidien de sa petite famille. Jusqu’à son métier actuel de comédien qui se nourrit de toutes ces expériences qui ont façonné l’homme qu’il est devenu.

Ce parcours éclectique est agréablement mis en scène par un Willy Claeyssens aux qualités de danseur et de mime indéniables, accompagné seulement de la lumière et d’une belle bande musicale qui rythme le fil des années, où l’on retrouve Django Reinhardt, la musique disco, Michael Jackson…

Le résultat est un stand-up de qualité, drôle et émouvant, dans lequel j’ai aussi noté le délicat portrait d’une maman à l’écoute, pleine de sollicitude et d’admiration pour son petit dernier, arrivé tardivement après 5 frères et sœurs, ce qui fait de lui un "enfant unique" dans une famille nombreuse.

Cathy de Toledo

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13 juillet 2017 4 13 /07 /juillet /2017 14:54
Le K
Site compagnie

Spectacle du Groupe Maritime de théâtre (13), vu le 11 juillet 2017, AVIGNON OFF 2017, Collège de la Salle à 14h15 tous les jours sauf le lundi.

De : Dino Buzzati
Jeu : Michel Benizri
Mise en scène : Gilles le Moher

Genre : Théâtre
Public : Tout public à partir de 7 ans

Durée : 50 min

Dans l’une des salles de classe du lieu, nous sommes nombreux à nous serrer sur les bancs disposés en U autour de l’espace scénique, qui figure l’intérieur d’un bateau.  Le comédien arrive dans la pièce où trône une grande table, au milieu des spectateurs, par une petite porte découpée dans le fond du décor.  

Il va nous raconter l’histoire de Stefano, qui voudrait devenir marin et que son père, capitaine de voilier, emmène sur son bateau pour son douzième anniversaire. En mer, le père aperçoit derrière le bateau, la forme noire du K, monstre marin qui poursuit sans relâche ses victimes, et qui a semble-t-il jeté son dévolu sur le jeune garçon…

Cette nouvelle de Dino Buzzati est ici astucieusement mise en scène par un conteur/marin,  qui sollicite gentiment le spectateur lors du déroulé de l’histoire, afin de l’aider à construire sur la grande table centrale, les différents lieux dans lesquels se déroule cette aventure, dont un beau deux mâts.

Le Groupe Maritime de théâtre nous offre ici un joli travail, qui trouve naturellement sa place lors d’animations en bibliothèques et médiathèques, ou en milieu scolaire, sans que ceci ne soit évidemment exhaustif, et qui satisfera tous les publics, jeune et moins jeune, qui se laisseront voguer au gré des mots de ce charmant récit.

Cathy de Toledo

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11 juillet 2017 2 11 /07 /juillet /2017 19:57
Argent, pudeur et décadence

Spectacle de l'AIAA compagnie (40), vu le 8 juillet 2017, dans le cadre du Festival Off d'Avignon, au théâtre des Carmes à 21h10.

Auteurs et interprètes : Aurélia Tastet, Audrey Mallada
Metteurs en scène :
 Romain Louvet, Alexandre Pavlata, Guillaume Méziat, Vincent Lahens

Genre : Comédie financière
Public : Adulte
D
urée : 1h15

Mon premier spectacle d’un Off qui démarre plutôt bien, vu l’affluence dans les rues et les retours entendus ici ou là. Un spectacle dont la thématique m’a attiré, mais dont je ne savais rien en entrant. Belle découverte !

La salle, assez remplie pour un deuxième jour de festival, diffuse pendant l’installation du public une bande son d’informations financières et radiophoniques pour nous mettre dans le bain. Puis, deux executive women déboulent sur le plateau dans un rythme d’enfer et très chorégraphique, et lancent au téléphone des ordres d’achats et de ventes pour spéculer sur les céréales et autres denrées alimentaires. Nous sommes au coeur de la finance mondiale et le spectacle, sous une forme très caricaturale mais pourtant très riche, nous propose un rappel, et une dénonciation du système : création monétaire, paradis fiscaux, monnaie virtuelle, dette illégitime, don et contre-don, valeur de l’argent… Mais attention, il ne s’agit pas d’une "conférence" expliquant le système à sens unique du profit, mais d’une comédie, pleine de rebondissements, et très variée tant dans la forme que dans le fond. Car nos deux executive women vont, avec talent, péter les plombs à plusieurs reprises, jouer avec le public, et nous emmener dans des situations très décalées, jusqu’à l’absurde, et variées.

Les deux comédiennes tiennent bien leurs personnages, jouant dans différents registres avec brio, et captent notre attention d’un bout à l’autre en nous offrant une belle montée dramaturgique, même si parfois l’excès de caricatures peut rendre peut crédibles les situations. Mais nous sommes au théâtre, où tout est possible. Même de critiquer les critiques du système (ici une militante d’Attac), ce qui nous montre que la force de l’argent reste bien implantée partout.

Un mélange de genres, qui peut surprendre, mais qui me semble une belle prise de contact, documentée et bien renseignée, pour un public non averti, au fonctionnement et aux dérives de l’argent roi. Une belle découverte !

Sur le même thème, et dans une forme One Woman Show, je vous recommande également le superbe "Comment épouser un milliardaire" d’Audrey Vernon. Si vous ne l’avez pas vu, c’est le moment !

Eric Jalabert
 

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10 juillet 2017 1 10 /07 /juillet /2017 23:35
Au bout du rouleau

Spectacle de Boni and Prod (13), vu le 9 juillet 2017, dans le cadre du Festival Off d'Avignon, au théâtre des Carmes à 15h.

Auteurs et interprètes : Gérard Dubouche et Didier Landucci
Metteur en scène : François Bourcier

Genre : Théâtre
Public : Adulte
Durée : 1h20

Un chômeur, monsieur Loiseau, joué par Didier Landucci (l’un des deux "Bonimenteurs" que l’on connaît dans d’autres registres), a kidnappé le PDG du leader mondial du papier toilette. Il compte, par cet acte, obliger le magnat du PQ à lire un message pour dénoncer les méfaits liés à cette industrie : déforestation, pollution, et autres effets indirects. Ce huis clos teinté d’humour, nous offre ainsi un plaidoyer contre la sur-consommation, la croissance, la télévision et autres serviteurs du grand capital.

Le registre théâtral choisi, complété d’un dispositif vidéo d’images projetées pour apporter un peu de poésie graphique, permet des échanges argumentés où chacun défend son point de vue. Par exemple, sur les contradictions des consommateurs qui, sachant bien que le tabac tue, continuent de fumer? J’ai pour ma part, un peu regretté que le preneur d’otage puisse être perçu comme un personnage un peu simplet et illettré face au professionnalisme du grand patron, joué avec justesse par Gérard Dubouche. J’ai ressenti même de l’empathie (parfois) pour ce grand capitaine d’industrie, froid et cynique, dont le souci principal est de développer son entreprise et dont les arguments ne sont pas tous insensés.

Mais les ressorts de l’histoire font basculer la seconde partie du spectacle, vers des échanges plus justes, plus humains, et portés par une tension dramatique qui se conclut dans une émotion très forte, sans pour autant vous divulguer la fin ici. On y parle de ne plus être sous pression, de la tragédie du Hamster qui tourne en rond dans sa roue sans jamais avancer, pour vivre simplement sa vie, et de l’engagement citoyen de chacun pour faire sa part, à l’image du Colibri de Pierre Rabhi.

Le changement citoyen est dans la conscience de chacun, et les chemins empruntés pour prendre cette direction sont multiples. Ce type de spectacle permet certainement de faire un pas vers ces prises de conscience, qui me semblent être un premier pas pour ensuite trouver des solutions.

Eric Jalabert

 

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10 juillet 2017 1 10 /07 /juillet /2017 10:02
Enfin la fin

 

Spectacle de la Compagnie Cordes pas sages (84), compagnie de "théâtre mouvementé", vu dans le cadre du Festival OFF d’Avignon, le 6 juillet 2017 à 23h, au Théâtre des Carmes.

Mise en scène : Thomas Billaudelle
Interprétation : Régis Rossotto

Genre : Théâtre
Public : Adulte
Durée : 56 min

"Enfin la fin" n’en est en fait qu’au commencement, puisque ce soir c'est la première!

Très petit comité, public privilégié, la générale commence. Une scène fondue dans le noir, un abat-jour et au centre de cet espace, un homme, l’air serein, clope en coin. Le silence se fait lourd et l’atmosphère sombre, on attend alors les premiers mots : "je vais compter jusqu’à mille et me tuer". Le ton est donné. Une mise en scène sombre pour une prestation théâtrale lumineuse.

Le décompte commence alors... tic tac, tic tac… On est avec lui, on compte avec lui, les chiffres passent et on attend de voir où le comédien va nous emmener au cours de cette course folle contre le temps. Ses pas s’enchaînent en cercle et mon regard suit le mouvement avec attention.

Un récit de vie y est peint autour des différents rôles que cet homme, que tout homme peut avoir : le rôle du collègue, de l’employé, du père, de l’enfant. Vrai, pas vrai ? Et pourquoi se tuer ? Des questions qui restent en suspens. Mais doit-on chercher sans cesse la raison, le pourquoi du comment, comprendre, vouloir satisfaire notre esprit cartésien ? Ou se laisser porter par le récit de vie que nous propose Régis Rossotto dans cette vraie performance ? Des anecdotes précises avec de l’humour noir bien maîtrisé, que j'aurai aimé encore plus présent. Ces anecdotes alternent ainsi avec de longs moments de silence. Parfois un peu longs pour moi. Et toujours ce décompte qui revient auquel s’enchaîne une logorrhée autour de sujets de plus en plus vastes, qui nous concernent tous, dans notre vie personnelle mais surtout dans la société qui nous entoure. Puis le silence de nouveau.

Le trop plein d’information, de bruit, l’éloignement de soi, la folie... autant de sujets qui nous parlent de près ou de loin. Une diversité de sujets abordés que j'aurai souhaité voir se développer peut-être plus en détail dans l'écriture du spectacle. Tout au long du spectacle, le décompte incessant donne une tension palpable qui nous tient en éveil. Je suis bien là, avec lui, avec ce temps qui nous attrape, qui nous rattrape. Qui nous rattrape comment ? à quelle vitesse ? Et jusqu’à quand ?

Valérie Desbrosse

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9 juillet 2017 7 09 /07 /juillet /2017 09:06
Auto-Psy (de petits crimes innocents)

Présent sur le Festival OFF 2017

Spectacle de la Cie Théâtre Stéphane Gildas (75), vu à Avignon dans le cadre du Off 2015, le 22 Juil., 21h15, Théâtre de l’Alibi.

Pièce de Gérald Gruhn, 2007 ("Auto-Psy", ABS éd.)

Mise en scène : Stéphane Gildas

Interprète : Carine Coulombel

Participation amicale : Giancarlo Ciarapica.

Genre : Theâtre, comédie burlesque

Public : Tous dès 14 ans

Durée : 1h05

Création : 2013

Salle comble (49 places). Une petite fille pleine de candeur et de naïveté détonante raconte et met en actes certains passages de sa vie, sous forme d'une succession de tableaux. Elle grandit et devient adulte au vu du public en le prenant à témoin. Ne connaissant dès sa naissance que la violence, entre un père truand alcoolique, une mère prostituée et une grand-mère maltraitante, elle a élaboré un code de survie dans une totale immoralité. C'est ainsi que sa trajectoire est jonchée de cadavres car elle élimine très naturellement les gêneurs. Le spectateur pourrait vivre une heure d'effroi glaçant et partir pantelant. Hé bien non ! Le spectacle baigne dans une ambiguïté où d'étranges effets comiques surgissent de la confrontation entre la candeur du personnage et les horreurs qu'elle commet de sang-froid. On se surprend donc à rire ou sourire. On est aussi ému car le personnage est touchant et pose un regard assez lucide sur sa vie. Lorsqu'elle finit par tuer involontairement la seule personne susceptible de répondre à ses appels à l'aide, le spectacle laisse le public sur de nombreuses interrogations.

L'interprétation est remarquable. C.Coulombel maintient l'attention du public sans une faille dans un rôle difficile fait d'une très longue narration à la première personne. Le personnage est présent, pathétique et drôle et la comédienne arrive à rendre crédibles les mouvements de tendresse, de souffrance ou d'hésitation de ce personnage terrifiant. Lorsqu'elle parle en petite fille naïve, elle évite tous les pièges (excès, maniérisme, etc.) de ce type de rôle. J'ai apprécié le naturel épatant lorsque la petite dit prendre ses parents pour modèles ou lorsqu'elle s'attache à des détails comme seuls les enfants savent le faire pour interpréter un ensemble. Ainsi, nettoyer un tapis sanglant fait partie de la vie de famille ! Dans une scène excellente, l'arrivée surprise de ses règles la jette violemment dans l'adolescence. C.Coulombel joue alors la crainte, l'étonnement puis l'utilisation cynique de son statut de femme. Du début à la fin, son jeu passe sans rupture de l'enfance à l'âge adulte, des couettes à la tenue sexy, de la naïveté réelle à la rouerie, de l'étonnement à la colère. Il faut souligner le rôle du décor modulable que la comédienne transforme elle-même, passant ainsi rapidement d'un évènement ou d'un type de comportement à un autre. Bravo !

La créativité de la mise en scène soutient l'attention du public tout en respectant cette œuvre difficile. Sur un rythme sans défaillance, la cruauté et le massacre de l'innocence sont traduits dans leur crudité mais avec finesse. J'ai beaucoup apprécié la fin qui nous fait découvrir, comme dans un mouvement panoramique, un psychanalyste dans son fauteuil, tout près du public. Lorsque l'héroïne le tue par mégarde et nie sa mort, cette fin redistribue les cartes en poussant le spectateur à revisiter la pièce sous un autre angle. Et peut-être a-t-elle aussi tué le public ? En tout cas j'en sors vivante et éberluée.

Excellent spectacle, plein d'humour noir mais aussi d'émotions, pathétique et drôle. Cette pièce est pleine d'enseignements sur le regard que les enfants portent sur les adultes, sur la "surdité" des adultes, les relations parents-enfants, la difficulté de grandir et bien sûr la complexité des problèmes liés à la maltraitance et à la violence de la société. A voir. Les âmes sensibles n'ont rien à redouter, grâce à la qualité du jeu et du texte et aux très nombreux moments de grâce de ce spectacle inoubliable.

Catherine Polge

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9 juillet 2017 7 09 /07 /juillet /2017 09:05
Karabistouille

Présent sur le Festival OFF 2017

Spectacle de la Cie Chaotik (34), vu le 21 juillet 2015, 10h55, Théâtre des Corps Saints, Avignon festival Off.

De et par : Pierre Di Prima

Mise en scène : Olivier Labiche

Genre : Solo de magie burlesque, clown

Public : Jeune public à partir de 3 ans

Durée : 50 min

Création 2014

La salle (64 places) est presque comble. Un clown qui s'annonce magicien arrive sur scène avec cinq valises. Mystère : que contiennent-elles ? Bondissant de surprises en surprises, farfelu et touchant, le spectacle enchaîne les numéros de magie avec beaucoup de drôlerie. Ce clown sympathique, poétique et plein d'entrain, associe les enfants à ses fantaisies pour 50 minutes d'émerveillement et de rire.

Dès son entrée en scène P. Di Prima affiche le style burlesque et poétique du spectacle et, sur un rythme en apparence chaotique, m'entraîne dans le monde du cirque et de sa magie. Je découvre avec joie un personnage chaleureux et extravagant. Clown au nez rouge à qui la lumière et la musique jouent des tours, bavard alliant savoureusement l'italien et le français, tendre et gaffeur, amoureux de sa partenaire fleur, il émeut par son côté lunaire. Magicien malicieux et mystificateur, il joue la fausse naïveté, ménage ses effets avec un zeste de suspense, et émerveille les enfants. Agité ou placide, il use de son corps dans un jeu burlesque qui n'est jamais gratuit, avec de drôles d'ondulations ou d'étranges placements de jambes. Enjoué et toujours bienveillant, Di Prima associe constamment le public à son jeu. Les enfants participent avec enthousiasme et éclatent de rire. Les adultes se montrent séduits. Une réussite.

Très construit tout en générant une ambiance farfelue, "Karabistouille" recrée le climat d'un spectacle itinérant où l'artiste et ses bagages sèment rire et émerveillement partout où ils se posent. Le spectacle se déroule sous nos yeux, émaillé par la fantaisie du personnage. Les jeux d'éclairage, les bruitages, la musique, le bilinguisme fantasque de Di Prima et son costume évocateur mais simple, participent harmonieusement à la poésie et au comique de l'ensemble.

Spectacle très distrayant, de qualité, "Karabistouille" s'adresse sans détours aux enfants, à leurs capacités d'étonnement et à leur sens du comique. Toujours plein de finesse, il permet aussi aux adultes de passer un excellent moment. Adaptable à des lieux très divers, il peut être joué également en extérieur.

Catherine Polge

Autres spectacle de la Cie Chaotik commentés :

"Monsieur Paul"

"Peter Pan"

"Ubu Roi"

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7 juillet 2017 5 07 /07 /juillet /2017 16:31
Piano Furioso opus 2

Présent sur le Festival OFF 2017

Spectacle de Gilles Ramade (31) / Scènes tchankées (33), AVIGNON OFF 2016, vu à 14h20, Pandora, du 07 au 30/07/16

Mise en scène : Jérémy Ferrari

Genre : Humour musical

Public : Tout public

Durée : 1h20

J’ai enfin l’occasion cette année d’assister à la représentation en direct du Maestro Furioso, qui triomphe en Avignon (mais pas seulement) depuis plusieurs années. Le succès est amplement mérité. J’ai assisté à un spectacle complet, en tous cas la convergence de multiples compétences qui se retrouvent dans le personnage Gilles Ramade. A la fois excellent musicien, bon comédien, humoriste manipulateur à souhait, pendant 1h20 où l’on ne voit pas passer le temps, il initie son public au monde du piano et des pianistes, compositeurs ou interprètes célèbres, animés tous de la même passion pour leur instrument.

Cet instrument qui lui a pourtant donné du fil à retordre. Commencer le piano lorsqu’on est tout gamin demande beaucoup de persévérance. Apprendre le solfège et jouer les mêmes notes pendant des semaines, avoir l’impression de ne rien apprendre, donne bien souvent envie de tout laisser tomber. Sans compter qu’adolescent, allez donc draguer des filles avec un instrument intransportable… Du coup, le jeune Gilles avait trouvé la solution, et il nous présente l’étrange instrument qu’il avait dégoté, qui se transporte en bandoulière comme une guitare, mais dont on joue sur un clavier. Malin le garçon…!

Avec son irrésistible accent italien, il maestro joue la démystification. Comment les compositeurs de musique de publicité gagnent des fortunes avec trois notes ridicules (par exemple le jingle Findus). Comment des morceaux aussi connus, tel le "Canon de Pachelbel", ont servi de base harmonique à bien des succès musicaux, en l’occurence "Let it Be", "Rain and tears", "La maladie d’amour"… Il nous fait rencontrer des compositeurs classiques, Bach, Mozart, Chopin, Beethoven et leurs célèbres créations. Il nous convie auprès de pianistes, artistes avérés de notre temps, Ray Charles, Stevie Wonder, Freddie Mercury… Et revient à ses propres expériences de débutant dans les piano bars où personne n’écoute ce que joue le pianiste, à son goût pour le jazz, et se laisse aller à des improvisations.

Cependant, sans perdre le fil, il enchaîne les souvenirs personnels et les considérations plus générales sur la musique, les musiciens, sans négliger quelques clins d’œil et plaisanteries sur la vie, la société, sans aucune vulgarité. Et ce malgré les intermèdes interactifs avec quelques spectateurs, qu’il laisse avec tact se désigner eux-mêmes, qui viennent sur scène tourner les pages des partitions, tenir à bras levés une housse de couette sur laquelle sont imprimées des notes (souvenir de ses jeunes années…) pendant que le maître joue, ou simplement pour l’accompagner à quatre mains au piano.

Certes, ce spectacle tourne depuis longtemps et Gilles Ramade le maîtrise à la perfection. Profitons-en et savourons le plaisir qu’il nous procure. Repartons la tête pleine de musique, avec l’impression d’avoir malgré tout assisté à un concert…!

Cathy de Toledo

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