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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

13 octobre 2019 7 13 /10 /octobre /2019 20:19
Le Lambeau, Charlie en pièce(s)
Le Lambeau, Charlie en pièce(s)

Un spectacle produit par La Compagnie du visage et vu le 4 octobre 2019 Au théâtre Carré Rondelet à Montpellier (34)

 

 

Texte : d’après le récit « Le Lambeau » de Philippe Lançon

Mise en scène : Avner Camus Perez, olivier Morin, Benjamin Perez

Interprétation : Avner Camus Perez, olivier Morin, Benjamin Perez

Musique : Benjamin Perez et Christophe Manz

Création lumière: Hugo Lacouture

Genre : Récit/lecture

Public : Tout public

Durée : 1H10

 

 

L'authenticité de ce tout petit théâtre cocooning  nous amène à nous sentir immédiatement dans un « chez soi » agréable et cosy. Des draperies, une entrée où l'on se serre afin de tous rentrer : l'essentiel contenu dans une boîte.

L'espace est optimisé au maximum en laissant place au rêve : qu'y a-t-il derrière ce rideau? Nous entrons bel et bien au spectacle. Nous allons voyager, pleurer, rire,…  c'est fort probable, mais de toute évidence il va se passer une émotion. La jauge est d'une quarantaine de places, et je l'avoue, pour les personnes possédant de grandes gambettes, la crampe va vous saisir assez vite. Ou bien, Madame, si vous tenez à votre brushing, sachez que votre voisin du dessus risque de vous crêper le chignon avec ses genoux, c'est un risque à prendre. Qu'à cela ne tienne, même si au bout d'une demi-heure nous pouvons voir les spectateurs commencer à remuer discrètement sur leur assise, le spectacle nous tient jusqu'au bout!

 

« Le Lambeau » est un livre écrit par Philippe Lançon. Philippe Lançon est un survivant de l'attentat de Charlie Hebdo. Journaliste et chroniqueur, il était présent autour de cette table ce jour-là. Ce 7 janvier 2015 où les atrocités se sont déroulées. "Ils sont 12 à table et ils refont le monde. C'est la bande qu'on assassine et c'est un peu nous qui mourrons".

 

Il retrace, dans son livre, chacun de ses souvenirs, ses perceptions, il narre ce qu'il a vécu : la veille du 7 janvier, insouciante ; ce jour atroce et sanglant et la reconstruction d'un lendemain qui n'en finit pas. Il décrit d'une manière didactique, sensorielle, psychologique et physique ce moment. Il en ressortira défiguré et traumatisé.

 

Le spectacle : deux comédiens récitent, livre en main, « Le Lambeau », jouent, se répondent. Le troisième met en musique la lecture, il rythme le spectacle et le ponctue de ses propres mots en un slam extrêmement éloquent. Spectacle poignant, vivant et merveilleusement bien interprété. Leur voix, leur physique et leur présence apportent une touche de gravité. Moment suspendu où la mort vient piétiner des hommes, des idées, la liberté...

 

Le décor est minimaliste : une table renversée, un rideau rouge la recouvrant partiellement, des magazines et des mallettes, en vrac, au sol. Chaque élément retrace cette salle de conférence lors de l'attentat ; le chaos et le sang.

 

Tout le monde se souvient de ce 7 janvier 2015. Mais en étant ainsi immergée dans le spectacle, j'ai eu l’impression d’être autour de la table avec eux. L'horreur, la peur, la stupeur, l'effroi, la douleur... Comment se reconstruire face à ces évènements ? Comment mener le combat pour continuer à vivre, pour faire le deuil. On s'est attaqué à un icône de la liberté, et celle-ci a un prix, et quel prix!! 

Un livre et un crayon font bien plus peur que les armes, car le Savoir et l’éducation populaire amènent à la destruction massive de la bêtise.

On est Phillippe Lançon.

On est Charlie. 

 

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11 octobre 2019 5 11 /10 /octobre /2019 23:39
Pascal Victor

Pascal Victor

Vie et mort de Mère Hollunder

 

 

Un spectacle produit par le TGP (Saint-Denis, 93) et vu le 11 octobre 2019 au Théâtre du Rond-Point.

 

Texte : Jacques Hadjaje

Mise en scène : Jean Bellorini

Comédiens et musiciens: Jacques Hadjaje

Genre : Théâtre

Public : Adulte

Durée : 1H

 

 

J’ai pour habitude d’aller voir les spectacles de Jean Bellorini en son fief de Saint-Denis. Mais le mois d’octobre m’offrant peu de tentations théâtrales, j’ai devancé l’appel !

 

« Vie et mort de Mère Hollunder » est un spectacle fort différents des autres dans la mesure où Jean Bellorini s’est mis en quelque sorte au service de Jacques Hadjaje, auteur et  seul interprète de la pièce ; laquelle est une variation de « Liliom » de Ferenc Molnar mis en scène par Bellorini en 2013

« Vie et mort de Mère Hollunder » met en scène une maîtresse femme, veuve du tendrement aimé Jacob et qui continue à tenir le magasin familial de photographie. Entre deux prises de vue (il y a en aura quatre au total et qui fonctionnent comme autant de flashs de mémoire), Mère Hollunder se raconte, ou réconforte sa fille prostrée dans son chagrin d’amour, quelque part en haut de l’escalier en colimaçon qui surplombe le plateau.

A travers son récit, c’est tout un monde disparu qui ressurgit ; celui des petites gens, perdus dans une bourgade indéfinie des années 50. Mais c’est moins de nostalgie dont traite « vie et mort de Mère Hollunder » que de la persistance des violences faites aux femmes. Jacques Hadjaje, travesti en cette rocailleuse mama, qui a la « baffe facile », finit par ôter ses oripeaux de circonstance pour dénoncer combien il est dur d’être femme.

Le propos est grave mais le texte est infiniment drôle. Le verbe est haut, populaire, cru. Le contraste entre ces deux registres est jubilatoire et atteint son paroxysme quand Mère Hollunder commente à sa manière « la Norma » dont le transistor laisse entendre le Casta Diva. La truculence du texte est toujours pondérée par un comédien qui sait jouer des silences, de l’émotion et de la pudeur aussi. La voix est chaude, tantôt tonitruante, tantôt extraordinairement assourdie. La petite salle Roland Topor, juste agrémentée de quelques accessoires (la volée d’escalier, une coiffeuse de loge, une armoire-cercueil, deux chaises pliantes et quelques gallinacées empaillées), plongée dans une semi-pénombre crée l’intimité propice à recueillir les confidences et les coups de gueule de Mère Hollunder.

 

Jacques Hadjaje est un splendide conteur, tant par l’écrit que par l’interprétation. Par son talent et avec la complicité de Jean Bellorini, il dresse Mère Hollunder au rang d’archétype.

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25 septembre 2019 3 25 /09 /septembre /2019 22:21
toute la culture.com

toute la culture.com

Tarquin

Un spectacle produit par la vie brève et la Théâtre de l’Aquarium (Paris XII°) et vu le 24 septembre 2019 au Nouveau Théâtre de Montreuil (93)

Texte : Aram Kebabdjian

Mise en scène : Jeanne Candel

Musique : Florent Hubert

Comédiens et musiciens: Florent Baffi, Delphine Cottu, Myrtille Hetzel, Antonin Tri Hoang, Sébastien Innocenti, Léo-Antonin Lutinier, Damien Mongin, Agathe Peyrat, Marie Salvat

Genre : Drame lyrique

Public : Tout public

Durée : 2H10

Il y a quelques années, une pépite m’est tombée sur la tête : « le crocodile trompeur » alias une version vulgarisée de « Didon et Enée » mise en scène par Jeanne Candel et Samuel Achache (non chroniquée). Depuis, je suis devenue une aficionada. Ce soir, Jeanne Candel présentait, seule, « Tarquin ».

La spécialité de la compagnie est le théâtre musical. Mais ce soir et contrairement aux trois autres spectacles de la compagnie que j’ai pus voir, il ne s’agissait pas de rendre accessible le répertoire baroque mais de proposer une création in extenso, livret et musique compris.

L’histoire est quelque peu loufoque. Tarquin, grand criminel (nazi ?) de son état, s’est évaporé en Amérique latine où il s’est fait passer pour un planteur philanthrope. La juge Javier est envoyée sur place pour procéder à l’exhumation d’un corps qui pourrait être celui de Tarquin.

Elle débarque dans un commissariat miteux, perdu au fond de la jungle : des marches permettent d’accéder à un plateau en hauteur ceint de murs revêtus en leur partie basse de carrelage vert avec deux lavabos. On entre à jardin mais on peut aussi sortir à cours. Une fenêtre s’ouvre sur une forêt dense sur laquelle la pluie s’abat régulièrement. Le décor réserve d’autres surprises, à la mesure de l’insaisissabilité de Tarquin, à commencer par une piscine sous le plateau et une sépulture pleine de terre.

La partie théâtrale est faible. En effet et à l’exception remarquable de Léo-Antonin Lutinier (déjà admiré dans « Orféo » de la même compagnie -non chroniqué), les comédiens sont moins comédiens que musiciens. Le jeu est forcé et grimaçant, les voix portent peu, le rythme est aléatoire. Heureusement d’extraordinaires trouvailles scéniques compensent ces défaillances. Ainsi du marteau-piqueur lancé à plein régime tandis que la police scientifique chante : le plateau  se transforme en un vrai capharnaüm terreux. Autre scène déjantée, celle où Tarquin sort de la piscine avec tout l’attirail du plongeur et déambule, chaussé de palmes, sur le plateau et dans la salle. J’ai aussi beaucoup aimé cette ambiance très « tropicale » du laboratoire scientifique quand la fliquette se manucure les ongles à la fenêtre tandis qu’il pleut et que les laborantins écoutent sur un vieux transistor des airs latinos tout en extirpant les os de la solution où ils trempaient.

Musicalement, c’est splendide. J’ai eu un peu de mal à rentrer dans cette partition très contemporaine à quatre instruments –violoncelle, violon, accordéon et vents (tuba, clarinette)- et polyphonique. La diction est parfaite même lorsque le récitant introduit le spectacle en allemand. Le duo « qu’allons-nous faire de toute cette haine ? » sur un air de tango revisité est sublime. Très inattendue et très réussie aussi cette scène où le flic raconte les rituels funéraires : les instruments sont disposés aux quatre coins de la scène, il parle mais les dernières syllabes du dernier mot de chaque phrase sont chantées dans des aigus sidérants qui donnent la chaire de poule.

« Tarquin » réunit tous les ingrédients pour devenir un spectacle mémorable. En murissant, il est à espérer que les comédiens trouveront véritablement leurs marques. A moins que le secret du spectacle parfait ne réside en l’association de Jeanne Candel et de Samuel Achache. Réponse en décembre au théâtre de l’Aquarium où la compagnie s’installe sous la direction de Jeanne Candel.

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22 septembre 2019 7 22 /09 /septembre /2019 21:36
Filipe Ferreira

Filipe Ferreira

Un spectacle produit par le TG Stan (Belgique) et le Teatro Nacional D. Maria II (Portugal) et vu le 20 septembre 2019 au Théâtre de la Bastille (Paris XI°)

Texte : Tiago Rodrigues librement inspiré de Tolstoï

Mise en scène : Tiago Rodrigues et le TG Stan

Comédiens : Isabel Abreu, Pedro Gil, Jolente de Keersmaeker, Franck Vercruyssen

Genre : théâtre  

Public : adulte

Durée : 1H40

Je fréquente le Théâtre de la Bastille depuis des lustres. C’est le fief parisien du TG Stan dont je suis le travail depuis non moins longtemps. Tiago Rodrigues que j’ai découvert l’an passé avec un mémorable « Bovary » y a également élu domicile. C’est la première fois que je chronique au théâtre de la Bastille. Et quelle première fois puisque the « way she dies » réunit tout ce beau monde !

« The way she dies » est la triple mise en abyme d’Anna Karénine. Autrement dit, « The way she dies » raconte la façon dont le livre de Tolstoï s’immisce comme élément perturbateur de deux couples : un couple néerlandais d’aujourd’hui ; un couple portugais des années 60 dont la femme, sous l’emprise même de l’héroïne, est la mère du monsieur du premier couple. Exposé ainsi, voilà qui paraît fort compliqué. Or c’est précisément là que réside tout l’art de Tiago Rodrigues et du TG Stan conjugués.

En quatre actes rythmés par des airs de jazz et dans un perpétuel va-et-vient entre le livre et la réalité de deux couples,  entre le présent et le passé, on assiste en français, néerlandais et portugais, à la quête de l’amour comme quête de l’Absolu. Une véritable autopsie du sentiment amoureux dans un naturel confondant !

Car Tiago Rodriguès et le TG Stan ont ceci en commun de mettre le jeu de l’acteur au centre du spectacle. Et quels acteurs ! Le décor est très épuré. En hauteur, une vague verrière avec 4 lampadaires suggère la gare de toutes les rencontres et du drame final ; à cour et en fond de scène, une sorte de cuisine pour évoquer cette normalité que fuit notre (nos) héroïne(s) et qui, théâtralement, comme de coutume au TG Stan, fait office de loge pour les changements à vue ; à jardin, une drôle de machine en bois qui crachera en une sublime image la neige de l’âme slave.

C’est l’autre marque de fabrique des deux structures : malgré le drame, l’humour est omniprésent. Par exemple, la scène où la femme du couple néerlandais susurre à l’oreille de son amant sa théorie…..  sur l’oreille comme  révélatrice du sentiment amoureux est à mourir de rire.

« The way she dies » est un spectacle d’une grande complexité narrative et pourtant d’une grande simplicité. Les voix qui s’égrènent de par les âges, les expériences, les points de vue de chacun des protagonistes se réunissent à la fin pour raconter d’une seule voix, mais en chant choral, « The way she dies ». A ne pas manquer.

 

 

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15 septembre 2019 7 15 /09 /septembre /2019 21:22
La fin de l'homme rouge
La fin de l'homme rouge

Un spectacle produit par la Criée, Théâtre National de Marseille(13) et vu le 14 septembre 2019 au Théâtre des Bouffes du Nord (Paris X°)

Texte : d’après Svletania Alexievich

Mise en scène et adaptation : Emmanuel Mérieu

Comédiens et musiciens : Stéphane Balmino, Evelyne Didi, Xavier Gallais, Anouk Grinberg, Jérôme Kircher, Maud Wyler, André Wilms et la voix de Catherine Hiegel

Genre : théâtre  

Public : adulte

Durée : 1H50

Je ne suis pas férue d’adaptation. Mais d’emblée, il m’a semblé que « La fin de l’homme rouge » de Svletana Alexievitch pouvait fort bien s’y prêter. C’est donc plein d’attentes que je suis allée aux Bouffes du Nord pour inaugurer une saison théâtrale prometteuse.

Prix Nobel de littérature en 2015, Svletana Alexievitch a parcouru l’ex-empire soviétique et enregistré des centaines de témoignages pour faire entendre la voix des témoins brisés de l’époque soviétique, voix de ceux qui ont cru qu’un jour « ceux qui ne sont rien deviendraient tout » et sont aujourd’hui, dans le capitalisme sauvagement triomphant, orphelins d’une utopie.

Les voix surgissent d’un champ de ruine. En avant-scène, des lattes de bois et une carcasse de voiture sont ensevelies sous des monceaux de sable. Sur la scène de béton brut jonchent un fatras indéfini et un micro. Fenêtres sales et taguées à jardin, allemande brun-kaki au mur décrépi et qui fera office d’écran de projection complètent l’ensemble. Mais à part l’allemande et le micro, le décor est totalement accessoire et surligne, à mon sens, inutilement, les témoignages.

Six témoignages ont été sélectionnés dont un est extrait, sauf erreur de ma part, d’un autre ouvrage de Svletana Alexievitch, « la Supplication, Tchernobyl, chronique du monde après l’apocalypse ». Les comédiens montent tour à tour sur scène, souvent depuis la salle, se campent devant le micro et entonnent leur récit. Impossible de rester indifférent devant ces tranches de vie élevées dans la foi « du sacrifice héroïque » et qui ont du apprendre  ce qu’était « l’homme qu’on extrait de l’homme jusqu’à la dernière goutte ». Les récits sont en eux-mêmes, comme dans le livre, insoutenables. L’intensité émotionnelle de trois comédiens –Anouk Grinberg, Jérôme Kircher et Xavier Gallais- nous fait appréhender l’indicible. La prestation de ces deux derniers est magnifiée par leur visage projeté en gros plan tandis qu’ils racontent. Les trois autres récits demandent encore à être rodés au risque de laisser la musique d’arrière-fond devenir franchement envahissante : les petits problèmes techniques qui ont retardé la représentation de vingt minutes sont peut-être à l’origine de maints accrocs et d’une moindre incarnation.

Il fallait relever le défi de sélectionner six témoignages parmi les centaines qui composent le livre de Svletana Alexievitch pour les porter sur scène. Le pari est si encourageant que j’aimerais volontiers en entendre d’autres.

 

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31 août 2019 6 31 /08 /août /2019 19:37
Festival Font'Art 2019

Font art : Festival de rue , à Pernes les Fontaines (84) du vendredi 2 au dimanche 4 aout 2019

Aprés la belle édition du Off d’Avignon, me voila à Font’Art, joli festival d’art de la rue à Pernes les Fontaines , qui poursuit depuis 23 ans son travail de sensibilisation et de découverte du spectacle de rue dans un joli village du vaucluse de 10.000 habitants. 

Font Art, aujourd’hui, c’est 16 compagnies du In (payées), 11 du Off (défrayées + chapeau) et 5 propositions en « Fest’ici » pour offrir un terrain d’expérimentations aux artistes locaux, soit 30 compagnies et plus de 100 représentations dans les rues, sur les places, les esplanades ou les cours d’écoles pour découvrir des spectacles qui nous questionnent sur notre société. Il y a bien sûr les associations, des artisans, des food trucks et des buvettes, ainsi qu’un espace professionnel pour les équipes (ouvert aux professionnels sur réservation : 10 euros le repas ; excellent, local et bio. Une équipe motivée composée de bénévoles et de professionnels ( le passage à la professionnalisation est une phase critique de la vie d’un festival) pour imaginer des formules qui permettraient à davantage de compagnies de pouvoir jouer alors que les budgets ont tendance à diminuer. L’occasion de voir de belles propositions avec un public fidèle, toujours nombreux et curieux, et pour qui c’est souvent une première approche d’un festival de rue.

J’ai pu y découvrir plusieurs spectacles dont :

Anatomik, de la compagnie Madame Kanibal (33)

Genre : Théâtre de rue / Fakir
Public : Tout public à partir de 6 ans ( accompagnés bien sur)
Durée : 30 mn

 

 

 

Devant son vestiaire en acier in oxydé, Madame Kanibal nous invite dans son intimité et se laisse aller à la séduction, toute en poésie cannibale et décalée. Un numéro de contorsionniste fakir, emballée dans une histoire de vie drôle et Rock’n’roll roll. Elle revisite les standards du genre, sourire au lèvres et trimbale son excentricité pleine de gouaille pour cacher une tendresse et une histoire que chacun interprétera selon ses propres échos. Un petit côté « Freaks » en hommage aux personnage de foire qui venaient exhiber leurs extravagances devant un public voyeur, mais recherchaient avant tout l’amour.

A la fois techniques, simples et spectaculaires, ses numéros comme son épilation à la meuleuse ou ses explorations bucco-nasales font un grand effet sur le public et cela fonctionne à merveille.

Une petite forme légère à partager et à découvrir

> Cours sans sac , de la compagnie Gay tympan (34)

Genre : Théâtre de rue / Déballage incantatoire poétique et révolté

Public : Tout public à partir de 10 ans ( 12/14 ans pour moi)

Durée : 40 mn

Sur un sol jonché de sacs, en papier, avec des inscriptions dessus, voila une proposition sur le questionnement, sur le regard des autres et sur les grands enjeux du monde. Une sorte de théâtre dansé existentiel où la comédienne danseuse traîne ses sacs comme autant de casseroles. On ne peut pas lui en vouloir : sur chaque sac il y a une part de ce qui fait notre monde: argent, guerre, travaille, guerre, pollution, dieu… : de quoi chercher à vider son sac quand on sait que chacune de ces choses contribue également à détruire ce qui fait la richesse de notre monde. Mais à vouloir parler de tout, on se perd parfois dans la diversité des situations et l’on ne peut en embrasser aucune, laissant pour moi, un léger sentiment de frustration.

Un travail sur le renoncement, avec quelques effets surprenants, à la fois très politique et tout en poésie, qui présente une autre approche que celle de la culpabilisation et des dénonciations. Un appel aux rêves pour solutionner toutes nos angoisses…

Ambitieux et accessible.

> « Songes » du Collectif Utopies (Auvergne Rhône Alpes & Paca)

Genre : Cirque

Public: tout public

Durée 45 mn

 

 

 

Un groupe de jeunes artistes, sortie tout droit de l’école de cirque de Chambéry, et qui s’est emparé de la proposition du festival : monter un spectacles en 5 jours autour d’un arbre central et majestueux, permettant à chacun de présenter sa ou ses spécialités. Un projet généreux et plein de potentiel (mais cela je ne l’ai su qu’après avoir discuté avec eux...).

J’ai été au départ attiré par le côté visuel et foisonnant de l’arbre à agrès : un tableau-trapèze, un lustre, des tissus, cordages et élastiques… . Cela donnait envie et me laissait plein d’attentes. Puis j’ai été surpris par le côté «amateur » de l’ensemble ( éclairage, enchaînement, technicité des numéros…) et la construction très scolaire. Toutefois, ces jeunes là dégageaient une vraie énergie et donnaient un aspect très touchant aux tableaux d’ensemble ce qui compensait largement la faiblesse technique. Ils sont tous les 8 à investir le plateau, mêlant calme et courses effrénées comme pour montrer la force du groupe.

Autour du thème du rêve, ces jeunes artistes ont construit un fil conducteur avec une voix off, qui lance ainsi trois ou quatre grandes séquences, en faisant référence à ce que chacun vit.

Chacun tente, avec ses faiblesses et ses points forts - et sans se mettre en danger -, des numéros, des effets et c’est immensément riche et créatif. La battle de mât chinois avec la brochette humaine, le lit-bateau évolutif ou le trapèze-tableau… autant d’idées dont ils s’emparent et qu’ils nous proposent. Bien sûr cela demande ensuite à être travaillé… ils ont imaginé cela en 5 jours.

Alors, nous avons imaginé des accueils dans des villages, pour affiner le spectacle, accueillir des ateliers d’initiation au arts du cirque et proposer le spectacle autour de l’arbre du village. Car chaque village à un arbre totem qui symbolise à la fois la tradition, l’ancrage et la vie qui évolue.

Si vous êtes intéressés pour accueillir cette forme, n’hésitez pas à nous contacter…

> Considérations de la compagnie Madame Riton (Occitanie)

Genre : Théâtre de rue – duo intime pour l’espace public

Public : tout public à partir de 12 ans

Durée : 55 mn

Un spectacle sur les hommes et les femmes ( mais surtout les femmes…) déjà vus à Aurillac il y a quelques années…Une sorte d’histoire des hommes et des femmes vue par les cons. C’est très drôle, une dentelle littéraire, juste et bien vue, dynamique et originale. On y suit le parcours de sa construction quand on est une femme ( Dominique), attendue comme un garçon. La découverte du corps, du plaisir, de l’amour, de l’enfantement et le recommencement.

Il faut être attentif pour ne pas perdre le fil de l’histoire et ses histoires de cons. Con-science ; con-fesse, con-gratulations et autres con-sidérations. Un très chouette moment.

 

> A côte de la plaque de la compagnie Alma (66)

Genre : théâtre de rue culino musico thétral

Public : Tout public

Durée : 50 mn

 

 

 

Une proposition culinaire et féministe, qui interroge la place de la femme sans lourdeur. Le trio fonctionne très bien, avec une accordéoniste qui vient ajouter une touche très particulière au rythme de cette proposition. L’objectif est de préparer le gâteau au chocolat de nos rêves, pretexte à l’énumération de souvenirs personnels et si communs, façon madeleine de Proust.

Une performance scénique et technique dans laquelle je me suis laissé embarquer avec grand plaisir.

Crédit photos : sites des compagnies et Patrick Denis

 

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31 juillet 2019 3 31 /07 /juillet /2019 20:47
Cyrano de Bergerac
Cyrano de Bergerac

Spectacle du Collectif Chapitre Treize (91) vu le 27 juillet 2019 à 22h15 à l'espace Roseau Teinturiers dans le cadre du Festival Off d'Avignon 2019, du 05 au 28 juillet 2019.

 

Auteur : Edmond Rostand

Mise en scène : Gaspard Baumhauer

Avec : Vincent Alexandre, Mickael Allouche, Antoine Aubert, Marie Benati, Alice Bergoënd, Younès Boucif, Elodie Faïd, Marcel Farge, Paul Scarfoglio, Leslie Gruel, Sydney Gybley, Marie Iasci, Barthélémy Maymat, Jordan Munoz, Pierre Szczurowski 

Création lumière : Erkan Narmanli et Hugo Manet

Genre : Tout Public

Durée : 1h50

 

 

 Imaginez que Cyrano n’ait pas été un poète du XVIIème siècle, mais un rappeur au XXIème siècle. C’est ce que le Collectif ChapitreTreize nous propose. Le texte reste le même et pourtant tout a changé. Le spectateur est à peine assis que toute la troupe des Cadets de Gascogne s’active dans les gradins. Les comédiens cachés au milieu des spectateurs nous surprennent, les répliques fusent à une vitesse folle.

 

Sur la scène, trône un échafaudage et ce qui semble être une table de mixage. Effectivement, on peut parler de remix ici, dans la mesure où Cyrano et son nez majestueux posent leurs vers « rappés » avec talent. La troupe nous offre donc l’histoire de Cyrano comme on peut la connaître, mais cette fois, elle sonne plus fraîche, rajeunie.

Le jeune homme, Cyrano, qui avait le pouvoir des mots tombe follement amoureux de sa cousine, la belle Roxanne. Malheureusement pour lui, cette dernière ne résiste pas aux charmes du nouveau compagnon des Cadets de Gascogne, Christian de Neuvillette. Mais ce garçon est incapable de dompter les mots, ce sont les mots qui le domptent. Il se trouve alors dépourvu face aux charmes de la jeune fille. C’est alors que Cyrano, de son grand cœur, lui propose son aide. Il accepte son sort, tant que Roxanne est heureuse, même si ce n’est pas avec lui. S’ensuit toute une tragédie où son amour pour elle ne fera que grandir, et où il sera aux premières loges du bonheur de sa cousine avec un autre que lui.

Le Collectif Chapitre Treize, dont le nom provient de Cyrano faisant lui-même référence à Don Quichotte, est là pour vous la conter. Cette jeune troupe nous régale avec son énergie et ses idées d’aller puiser dans la culture classique pour faire des spectacles qui n’appartiennent qu’à eux. Le contraste est foudroyant entre les alexandrins de Rostand et l’attitude de rue arborée par les comédiens, un mélange auquel on ne s’attendait pas mais dont on ne pourra désormais plus se passer.

Le collectif Chapitre Treize nous offre sur un plateau une pièce remise au goût du jour avec une énergie fantastique du début à la fin. C’est une pièce qui parle de jeunes qui veulent changer le monde à coup de mots, jouée par des jeunes qui changent le monde armés de mots.

 

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31 juillet 2019 3 31 /07 /juillet /2019 20:46
Le Sens du Ridicule
Le Sens du Ridicule

Spectacle de la Cie Univers Théâtre (13) vu le 25 juillet 2019 au Paradise République dans le cadre du Festival off d'Avignon 2019. Du 05 au 28 juillet.

 

Auteur : Raymond Devos

Metteur en Scène : Philip Josserand

Comédiens : Tom Le Pottier, Robin Migné et Philip Josserand

Genre : Théâtre Tout Public

Durée : 1H10

 

 

Et si Raymond Devos n’était pas une mais deux personnes ?

Tom Le Pottier et Robin Migné sont deux jeunes comédiens pleins d’énergie et de talents. Il en fallait beaucoup pour incarner à eux deux Raymond Devos et retranscrire son univers à la fois loufoque et puissamment drôle. A eux deux, ils incarnent le grand humoriste, où plutôt, ils se chamaillent pour savoir lequel des deux est le VRAI Devos.

Du point de vue de la mise en scène, ils enchaînent les différents sketchs du grand comique pour notre plus grand bonheur, s’interrompant régulièrement pour échanger avec le metteur en scène assis en régie et brisant ainsi toute convention habituelle du théâtre. Les fous rires s’enchaînent aussi rapidement que les sketchs. Les deux comédiens se les approprient brillamment.

L’hommage est réussi et le challenge du comique également. Les deux comédiens jonglent avec les mots qu’ils modulent à la perfection avec une énergie remarquable.

Néanmoins, une question flotte au dessus du spectateur pendant toute la représentation, finalement, lequel des deux est le vrai Raymond Devos ? Pour le savoir, il suffit d’aller voir la pièce !

 

 

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31 juillet 2019 3 31 /07 /juillet /2019 20:45
photo de l'article du Journal La Provence

photo de l'article du Journal La Provence

Le Secret de Sherlock Holmes

Spectacle produit par joueur Productions (91) vu le 26 juillet 2019 à 22h15 au Théâtre Notre-Dame dans le cadre du Festival Off d'Avignon du 05 au 28 juillet 2019.

 

Auteur : Christophe Guillon et Christian Chevalier

Mise en Scène : Christophe Guillon

Comédiens : C.Guillon, E.Guillon, L.Marin, H.Dandrieux, X.Bazin, JM.Magnai, R.Riberio, M.Griset

Création lumière : J.P De Oliveira.

Genre : Théâtre Tout Public, Comédie

Durée : 1H40

 

 

 Londres, 1881. Vous rêviez d’une pièce sur le mystérieux Sherlock Holmes ? La voilà, haute en couleurs. Tout y est, costumes d’époque, jeu d’acteur, énigmes, secrets et bien évidemment humour. La pièce s’ouvre sur un crime, et sa résolution amènera le détective à dévoiler son secret qu’il avait pourtant réussi à garder caché tout le temps du spectacle.

 Le célèbre Sherlock Holmes merveilleusement interprété et le bougonnant Docteur Watson, vont se rencontrer autour d’une table. Une table d’examen dans une morgue. Relation d’abord électrique, la résolution d’un meurtre pour le moins douteux et l’envie commune de se moquer du brave Inspecteur Lestrade (qui est la définition même de l’imbécile heureux) finiront par les rapprocher.

Plusieurs tableaux s’enchaînent, le premier plongeant le spectateur au cœur d’une autopsie riche en émotions pour les détectives puisque le meurtrier lui-même va s’y inviter. On est ensuite transporté dans le célèbre appartement du 221 Baker Street, qui sera le théâtre de tristes évènements. Entre quelques éclats de rire, le spectateur se retrouve à froncer les sourcils et à se caresser le menton pour essayer de déjouer le mensonge et résoudre l’énigme.

On retrouve ici tout le suspense que l’on attend lorsque l’on ouvre un livre de Sir Arthur Conan Doyle, sauf que cette fois, tout se déroule sous le regard ébahi du spectateur, complètement plongé dans cette ambiance londonienne. La salle de spectacle pourrait y être pour quelque chose : intérieur frais d’une église, gradins effleurés de courant d’airs... on pourrait presque y voir un fantôme flotter.

 

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31 juillet 2019 3 31 /07 /juillet /2019 20:44
Marcelle dans les z'airs
Marcelle dans les z'airs

Spectacle de la Compagnie Canon (75) vu le 26 juillet 2019 à 16h à l’Atelier Florentin dans le cadre du festival Off d’Avignon, du 9 au 28 juillet 2019.

 

De et par : Karine Larivière

Musique : Oscar Aubry

Voix de la fée : Leila Maguez

Lumière : François Leneveu

Genre : Solo Clownesque
Public : En famille à partir de 3 ans
Durée : 50 mn

 

 

Arrivée de la clown Marcelle au milieu du public, qui se fait rappeler à l’ordre par la voix (Voix Off) de la fée Mélodie pour l’inviter à la rejoindre sur le plateau pour l’aider. Un décor minimaliste mais laissant déjà l’imagination vagabonder sur ses évolutions possibles et des effets sonores bien trouvés pour accompagner l’histoire.

La fée Mélodie, fée de la musique, a besoin de Marcelle pour l’aider à retrouver de l’inspiration. Pour cela, Marcelle doit lui offrir un voyage dans les airs, et lui laisse trois chances. En cas d’échec, la sanction sera sévère ! Une fée qui se montre un peu dirigiste. J’ai crains le pire quelques secondes, et puis je me suis laissé emporter par le très joli jeu de la comédienne.

Marcelle est pleine de vie et d’imagination. La musique ? Elle chante comme une casserole ! Elle, ce qu’elle veut, c’est voler ! Alors finalement, s’envoler dans les airs, ce n’est pas si loin. Elle trouve de belles idées autour des notes et des objets pour relever le défi de Mélodie. Du poulpe géant à la guirlande de brosse à dents, du mur de sons au parapluie à notes, elle joue avec les sonorités de façon amusante et originale et nous propose une belle étendue de ses savoirs faire. Tour à tour, nageuse, aviatrice, chanteuse (!), claquettiste, elle est sous la pluie ou dans les airs, toujours accompagnée d’une ambiance sonore qui fonctionne à merveille, mêlant clown et poésie.

Je me suis complètement laissé séduire par cette proposition à la fois simple et très bien calée.

A découvrir et à faire partager.

 

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