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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
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Pas mal...
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les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

13 juillet 2015 1 13 /07 /juillet /2015 06:41
Le siffleur
Le siffleur

Spectacle de la Compagnie Le siffleur (42), vu le samedi 11 juillet, à 11h10, au Théâtre des 3 soleils, dans le cadre du festival Avignon off 2015

Interprète : Fred Radix

Création Lumière : Clodine Tardy

Régisseur Son : Jean-michel Quoisse

Genre : Théâtre musical

Public : Tout public

Durée : 1h

Un homme en queue-de-pie entre en scène, il tient à la main son recueil de partition. Après le salut de rigueur, il monte sur un trépied, et débute le concert en sifflant un grand air de musique classique. Un orchestre pré-enregistré accompagne avec brio le siffleur. C'est atypique et sort du lot des propositions faites sur le festival d'Avignon.

Je dois vous avouer que j’ai cru les premiers instants que le sifflet était lui aussi enregistré tant sa qualité et sa justesse m’ont saisie. J’avais déjà vu Fred Radix, il y a fort longtemps et dans un tout autre registre. Je ne lui connaissais pas ce talent et fus stupéfaite du résultat. C’est musicalement irréprochable, en place, gracieux, léger… Cela semble facile de prime abord. Il est vrai que dans l’imagerie populaire, le siffleur est peintre en bâtiment ou promeneur insouciant, on l’associe aisément à une activité dilettante.

Mais ici, le sifflet est un véritable instrument soliste dont Fred Radix joue avec virtuosité. La musique de film est aussi à l'honneur, les grands compositeurs de ce genre sont interprétés pour notre plus grand bonheur avec la même classe et distinction que les grands airs de musique classique. L’artiste est astucieux, il connaît son métier de comédien. Sans jamais se départir du ton solennel et distingué des musiciens classiques présentant une œuvre, il crée le décalage, l’incongru, et soudain le rire apparaît. Le spectacle prend par moment la forme d'une conférence, entre deux rires nous apprenons des choses…

Cet aller-retour entre musique et aparté désopilant donne le rythme nécessaire à la dynamique du spectacle, on ne s’embête pas une minute. Vient le moment où l’artiste invite le public à siffler avec lui, ou tout du moins pour ce qui me concerne, à essayer de siffler avec lui… Je ris de bon cœur de ne pas arriver à sortir un son correct sous le regard de l'artiste faussement catastrophé par notre piètre niveau.

C’est original, rigolo et, en prime, Fred Radix nous offre un merveilleux moment de musique. A voir de toute urgence !

Marie-Madeleine Pons

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13 juillet 2015 1 13 /07 /juillet /2015 05:47
Le temps d’une lessive par une négresse Italienne
Le temps d’une lessive par une négresse Italienne

Spectacle de la Compagnie L'autre souffle (75), vu à Avignon, à 20h30, le jeudi 09 juillet 2015, à l'atelier Florentin, dans le cadre du festival off

Interprète : Daisy Miotello

Producteur : Jean Michel Martial

Genre : Humour

Public : Tout public

Durée : 1h10

A l’occasion de cette représentation et avec l’accord de l’équipe du théâtre de l'atelier Florentin, nous avons mis en place une expérience hors du commun. Faire une chronique le même jour de la même pièce de théâtre par quatre personnes très différentes tant par leurs expériences du spectacle que par leurs parcours de vie. Une règle du jeu était cependant spécifiée, ne pas communiquer entre nous après le spectacle.

Voici donc quatre retours sur "Le temps d’une lessive par une négresse Italienne".

Farid : J’ai bien aimé ce spectacle, j’étais bien installé et il ne faisait pas trop chaud. Il y avait un décor qui collait tout à fait au thème et j’ai passé un bon moment qui m’a semblé très court. J’ai pu oublier mes soucis et j’ai apprécié.

Bruno Louvet : On commence par s’installer en se pliant un peu les genoux sur des strapontins, mais on est très vite plongé dans l’atmosphère, par la proximité immédiate de la scène, de la comédienne et du décor, qui déjà interpelle. Très vite, le spectateur est emmené dans le tourbillon magistral de la prestation de Daisy, dès les premiers instants de la pièce et pour le temps d’une lessive. Ce plaidoyer contre le racisme, tantôt drôle tantôt touchant, nous entraîne dans une réflexion sur notre propre identité, nos relations aux autres, nos différences, nos cultures. Sur un texte fort et un dynamisme sur scène qui excelle, Daisy nous entraîne, en réalité, sur le chemin de l’amour. Mais ceci est ma réflexion personnelle et si vous aussi vous voulez vous faire une idée, je vous invite à aller voir Daisy et sa drôle de lessive, car elle vous fera de toute façon réagir.

Geneviève : J’ai ressenti que la comédienne y mettait tout son cœur et qu’il y avait sûrement beaucoup de choses qui étaient du vécu pour elle. Je suis convaincue du texte, pour moi, cela sera toujours d’actualité mais je pense que malheureusement il y aura toujours des différents sur le sujet du métissage.

Marie-Madeleine Pons : Dans un décor de carton peint en blanc et noir symbolisant certainement une buanderie, une femme fait une machine à laver avec son linge et celui de sa voisine. 1h, c’est le cycle du lavage et c’est aussi le temps imparti pour nous faire des confidences sur sa vie de métisse. Ni blanche, ni noire, comment se construire dans un monde manichéen ? Dans ce monologue savamment écrit, Daisy, la comédienne, nous offre le témoignage d’une construction identitaire parcellaire, à réunir entre la culture italienne et américaine, entre la couleur blanche et noire. Elle met en avant les problèmes rencontrés par les gens de couleur dans une société peu tolérante et peu nuancée. Il n’y a rien de larmoyant dans tout ça, le style est plutôt enlevé, le ton humoristique. La comédienne paradoxalement a mis un peu de temps à rentrer dans son personnage, c’est parfois plus facile d’incarner des rôles de composition que des rôles qui collent à la peau, si j’ose dire ! Quoiqu’il en soit le texte est touchant, juste et l’idée d’utiliser le temps d’un cycle de machine à laver pour nous parler de la couleur de peau reste profondément originale.

Nous avons tous eu une façon différente de recevoir ce texte mais sommes tous les 4 touchés par la thématique de ce spectacle qui fait écho en chacun de nous au sentiment de rejet qui reste malheureusement toujours universel et d’actualité.

Merci à l’équipe du théâtre et à la comédienne d’avoir accepté cette expérience de la chronique écrite à plusieurs.

Marie-Madeleine Pons

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12 juillet 2015 7 12 /07 /juillet /2015 22:00
Les belles mimines
Les belles mimines

Spectacle de la Compagnie Les souris dansent (75), vu le mercredi 8 juillet 2015, à 9h50, à la chapelle de Saint Louis durant le festival d'Avignon off

Création collective

Interprètes : Sandrine Cancellieri, Christine Lapsca

Genre : Spectacle musical et visuel

Public : Dès 6 mois

Durée : 25 min

Les deux artistes sont assises en tailleur vêtues de noir sur fond noir, avec un bord de scène délimité par un tissu sur lequel des touches de piano sont représentées. Au royaume des belles mimines, chacune à sa place. Sandrine Canciellieni est la musicienne, elle chante en s’accompagnant d’un glockenspiel (métallophone) ou d’un œuf maracas. Christine Lapsca raconte et produit le visuel, avec ses gants blancs. Elle manipule de jolies marionnettes faites de tissus molletonnés. Leur conception est bien pensée et correspond bien à l’univers des 6 mois-3 ans.

La volonté des deux artistes est de ne pas avoir ni d’amplification, ni d’éclairage car les tout-petits sont souvent impressionnés par le volume sonore et le noir d’une salle de spectacle. J'applaudis des deux mains cette décision. J’ai trop vu de spectacles gâchés par la peur des petits, terrorisés par les effets et la trop grande magie technique. Sans artifice donc, cela nous permet d’apprécier leur travail. Les deux comparses connaissent bien leurs partitions, c’est un quatre mains rondement mené, équilibré entre musique et visuel. Les comptines et jeux de doigts s’enchaînent dans un bon rythme de proposition.

Je regrette un peu que toutes ces petites histoires ne soient pas liées entre elles par un fil narratif. Tout au plus, deux personnages, Ronchon et Kiki, reviennent trois fois, ce qui permet tout de même une certaine récurrence dans le propos.

Au final, je trouve que ce spectacle manque un peu d’ambition, je pense qu’au regard de la qualité des deux artistes, elles pourraient s’affranchir des sentiers battus par l’animation et développer des propositions artistiques un peu plus audacieuses tant musicales que visuelles.

Cela reste tout de même un spectacle très adapté aux tout-petits, les nombreux bébés dans la salle n’ont pas bougé, intéressés par les jeux de doigts et les chansons. La durée de leur spectacle est parfaite pour les enfants de 0 à 3 ans, à voir donc… avec son bébé !

Marie-Madeleine Pons

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12 juillet 2015 7 12 /07 /juillet /2015 16:09
La Vraie Fiancée
La Vraie Fiancée

Spectacle de la Compagnie l’Eternel Eté/Monsieur Max Prod (13), Avignon Off 2015, Théâtre Alizé, à 16h30, jusqu’au 26 juillet (sauf 17 et 24)

Adapté du conte de Grimm par Olivier Py

Mise en scène : Emmanuel Besnault

Avec : Johanna Bonnet ou Pauline Vasseur, Benoît Gruel, Schemci Lauth, Maïa Liaudois, Elisa Oriol, François Santucci, Manuel le Velly

Genre : Théâtre

Public : Tout public à partir de 8 ans

Durée : 1h05

Création 2015

Après avoir mis en scène l’adaptation de G. Gélas du Petit Poucet, que j’avais pu apprécier en 2013, la compagnie a choisi cette année un conte de Grimm, que je ne connaissais pas, adapté cette fois par Olivier Py, dont ce n’est pas un coup d’essai (Cf. La jeune fille, le diable et le moulin), dans une version destinée plus précisément à des comédiens ayant des talents musicaux.

L’histoire est encore une fois banale et cruelle. Un père faible, une marâtre bien méchante qui a décidé de se débarrasser de sa belle-fille. Elle s’ingénie à lui imposer des épreuves extravagantes dont celle-ci s’acquitte avec l’aide d’un ange. Néanmoins, elle réussit à la chasser et la jeune fille se réfugie dans la forêt auprès d’un jardinier qui apprend aux oiseaux à chanter ! C’est là que le Prince la rencontre et en tombe amoureux…

La mise en abyme, incluant une pièce de théâtre dans l’intrigue, apporte une dose d’humour et d’autodérision par le regard que portent sur eux-mêmes les acteurs. C’est aussi parce qu’il est invité à jouer dans la pièce de théâtre que le Prince sortira de la torpeur dans laquelle l’a plongé l’eau de l’Oubli. La marâtre lui a fait boire ce breuvage afin de le soumettre à sa volonté et le marier à sa propre fille, étrangement belle, sage et silencieuse, dont Olivier Py a fait une poupée de cire !

La mise en scène s’appuie sur une scénographie ingénieuse, un plateau tournant de grandes dimensions, modulable à l’envi, autour duquel les comédiens peuvent laisser libre cours à leur énergie et à leurs talents de chanteurs, danseurs et musiciens. On obtient ainsi une sorte de comédie musicale/spectacle de cabaret enjoué, propre à satisfaire tous les publics. Et l’on comprend pourquoi la compagnie a choisi cette adaptation qui lui sied à merveille.

Il faut souligner que les comédiens enchaînent dans la même salle leurs deux propositions, le Petit Poucet à 15h et la Vraie Fiancée, après une pause de 30 minutes seulement.

Bravo les jeunes !

Cathy de Toledo

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12 juillet 2015 7 12 /07 /juillet /2015 15:47
Au bout du rouleau
Au bout du rouleau

Spectacle de Boni and Prod, vu à Avignon 2015, Théâtre des Corps Saints, à 17h50, jusqu’au 26 juillet

De et par : Gérard Dubouche et Didier Landucci

Mise en scène : François Boursier

Genre : Théâtre

Durée : 1h20

Public : Tout public à partir de 12 ans

Création 2015

Pour faire une action d’éclat, un chômeur de longue durée prend en otage, à quelques heures de la remise d’un prix couronnant sa réussite, le patron d’une grande entreprise leader du papier toilette. Il souhaite attirer l’attention de l’opinion publique sur le fait que l’acte le plus anodin a des conséquences écologiques, économiques, et humaines. Il veut faire quelque chose pour la planète, mais veut aussi changer le regard des autres, de la famille, des amis, sur les chômeurs victimes d’après lui de la mondialisation, et sur lui-même.

Il a prévu d’enregistrer une vidéo dans laquelle son otage doit annoncer qu’il va mettre un terme à son activité et fermer son entreprise. Mais les conditions météo vont en décider autrement. L’orage qui gronde tout au long de ce face à face va provoquer des coupures d’électricité successives rendant l’enregistrement difficile. Jusqu’au refus total de l’otage de se plier aux desiderata de son ravisseur, faisant monter la tension d’un cran. Jusqu’au renversement inattendu de la situation.

Présenté comme un spectacle citoyen « Au bout du rouleau » surfe certes sur des clichés : le chômeur en fin de droit, le PDG froid et cynique, la société de consommation, la croissance, etc., mais le jeu des acteurs rend le propos crédible. Leurs états d’âme, qu’ils sont amenés à évoquer, car pour occuper le temps on finit par se parler, remettent les choses à leur place. Autant l’un que l’autre, ils subissent des pressions et sont prisonniers de leur condition. Qui des deux est le plus désespéré ? L’argent ne fait pas systématiquement le bonheur, et qu’est-ce d’ailleurs que le bonheur ? Mais pas si simple de décider de tout plaquer et de vivre libre…

Le personnage du chômeur incarné par un Didier Landucci finalement pas si éloigné de son personnage au sein du duo des Bonimenteurs, amène la légèreté nécessaire. Face à un PDG d’abord froid et cynique, bien que naïf et maladroit, il fait preuve de bon sens, et l’on se prend de sympathie pour cet individu qui ne réalise pas la gravité de la situation qu’il a créée.

Dans un décor épuré, tout en noir en blanc (peut être un peu trop « clean » pour représenter réellement la cave dans laquelle l’action est censée se dérouler), la mise en scène de François Bourcier, sobre et efficace, utilise la vidéo pour projeter sur les murs des images stylisées d’arbres, d’enfants, de vie, de mouvement, d’ailleurs… Enfin, ce papier toilette qui semble quelque chose de si dérisoire, mais tellement utile, choisi de façon pas si anodine en clin d’œil au titre et à l’état de détresse du chômeur, devient un élément de mise en scène tout en légèreté dans le ballet de D. Landucci sur les Quatre saisons de Vivaldi.

Bien sûr, je ne vous dirai rien de la fin, que vous découvrirez par vous-même en allant profiter de ce bon moment de théâtre…

Cathy de Toledo

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12 juillet 2015 7 12 /07 /juillet /2015 15:20
Macbett
Macbett

Spectacle de la Fox Compagnie (74), vu à Avignon Off 2015, Théâtre La Luna, à 14h30 jusqu’au 26 juillet

D’Eugène Ionesco

Avec : Samir Dib, Pierre-François Doireau, François Juillard, Yannick Rosset, Céline Sorin

Mise en scène : Céline Sorin

Musique : Samir Dib

Scénographie : Daniel Martin

Création Lumières : Mathilde Foltier Gueydan

Genre : Théâtre

Public : Tout public

Durée : 1h15

Création 2015

Gardant un excellent souvenir de "Sindbad", dans le registre du théâtre noir que j’affectionne et que j’avais vu en 2013, j’ai eu envie de retrouver la Fox Compagnie dans un genre pour le moins différent ; avec cette mise en scène de Macbett de Ionesco.

En ouverture, face à un portant chargé de vêtements, au milieu desquels sont « suspendus » les barons Glamiss et Candor, complotant contre l’archiduc Duncan, on aurait pu croire que la mise en scène allait s’orienter vers une certaine forme d’humour... Il n’en est rien, et le tableau dressé des dictateurs, présents, passés, et hélas à venir, et de leur cour, est on ne peut plus noir. Mais comment aurait-il pu il en être autrement ? Bien vite d’ailleurs le ton est donné, avec en voix off les « aboiements » du plus célèbre dictateur du XXème siècle, qui clôtureront également le spectacle…

L’ambiance oppressante est servie par un très beau décor figurant d’immenses silhouettes de chevaux portant vers les champs de bataille les troupes des dictateurs et des barons en mal de domination… Le mouvement est suggéré par les éclairages arrières, et de manière générale tout au long du spectacle, la création lumières, très réussie, sert la noirceur, et en même temps le ridicule et la vacuité des personnages, en se reflétant sur le visage blanchi des acteurs. Il est à noter que les costumes sont aussi soignés que les maquillages. Avec tous ces atouts, les acteurs ne pouvaient qu’être impeccables.

Mais il est bien difficile de rire, et même de sourire, face à la versatilité de l’opinion publique et à l’accumulation de complots qui se succèdent amenant au pouvoir un despote après un autre, anéanti ensuite par un nouveau complot. Ainsi, s’il est une phrase à retenir de Ionesco c’est bien « L’accession au pouvoir entraîne-t-elle la myopie ? », d’un pessimisme qui ne laisse guère d’espoir...

Belle prestation donc - certes à déconseiller à ceux qui auraient l’humeur morose - qui m’a semblé par moments souffrir de quelques longueurs. Mais laissons à ce spectacle, tout neuf, le temps de trouver sa vitesse de croisière.

Cathy de Toledo

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12 juillet 2015 7 12 /07 /juillet /2015 14:49
La grande cuisine du Petit Léon
La grande cuisine du Petit Léon

Spectacle de la Cie La Baguette (75), vu au festival Avignon Off 2015, Au Coin de la Lune, à 10h, jusqu’au 26 juillet

Avec : Victor Garreau

Genre : Théâtre

Public: Tout public à partir de 3 ans

Durée : 50 min

Création 2015

Léon, garçonnet de 7 ans, fils du chef du restaurant Croc’Nain, nous accueille dans la cuisine de son père, au milieu des fourneaux, casseroles, marmites, et livres de cuisine… Ses parents sont partis en vacances et il attend le remplaçant du chef, qui finalement ne vient pas ! Il prend alors les choses en mains et note une réservation pour une douzaine de personnes qui fêtent un anniversaire le soir même.

Il se plonge alors dans les livres de cuisine de son grand-père, grand chef étoilé. Mais Léon n’est pas inspiré par les recettes propres à satisfaire essentiellement les ogres, avec des nains à toutes les sauces. Je dois dire que l’énumération des plats à base de nains m’a quelque peu dérangée.

En fait, Léon aime les légumes. C’est rare pour un enfant de cet âge, encore plus lorsqu’il s’agit d’un ogre ! Il envisage donc de créer ses propres recettes, et va concocter une saucisse… de légumes, puisque les enfants aiment les saucisses.

La même recette (si j’ose dire) est utilisée que dans "Augustin Pirate des Indes". L’histoire est prétexte à nous faire sentir des drapeaux agités au-dessus de l’assistance, imprégnés d’huiles essentielles d’aromates (estragon, sarriette, sauge). Le propos est agrémenté de chansonnettes, le public est gentiment sollicité et un jeune spectateur invité à monter sur scène pour aider Léon dans ses préparatifs.

J’ai été moins séduite par cette proposition de la compagnie alors que j’avais apprécié la précédente. La recette (encore !) ne fonctionne pas à chaque fois, surtout si la trame est on ne peut plus ténue… Le spectacle, créé récemment, a certainement besoin de s’étoffer.

Cathy de Toledo

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12 juillet 2015 7 12 /07 /juillet /2015 14:44
Hansel et Gretel, ou pourquoi j'ai arrêté de manger des enfants
Hansel et Gretel, ou pourquoi j'ai arrêté de manger des enfants

Spectacle de la Cie Grande Horloge (34), vu au Festival d’Avignon Off 2015, théâtre Alibi, à 11h15, jusqu’au 26 juillet

D’après le Conte de Grimm

Réécriture et interprétation : Fani Carenco

Lumières et son : Nicolas Natarianni

Genre : Conte

Public : Tout public à partir de 7 ans

Durée : 45 min

Création 2015

Première journée en Avignon et premier spectacle. Comme pour marquer cet avènement et sans chauvinisme aucun, j’ai choisi un spectacle d’une toute nouvelle compagnie montpelliéraine, La Grande Horloge, même si Fani Carenco n’est pas une nouvelle venue !

A l’entrée des spectateurs, la comédienne est déjà installée au centre du plateau nu, dans une ambiance bleutée un peu glaciale (la climatisation a été un peu trop poussée !), légèrement feutrée par les fumigènes.

Nous connaissons tous ce conte de Grimm, particulièrement cruel comme beaucoup des contes de cet auteur. Mais c’est ici la sorcière qui raconte l’histoire. Fani Carenco s’emploie à humaniser cette sorcière, avant tout une femme seule et abandonnée, pas si méchante que cela. En quoi d’ailleurs serait-elle plus méchante qu’un père prompt à abandonner ses enfants, sous l’influence maléfique de sa nouvelle épouse, ou que des enfants qui viennent piller sa maison et n’hésitent pas à la jeter dans le four avant de se sauver en lui volant ses économies ? Le public est pris à témoin…

La mise en scène s’appuie sur des éclairages qui rendent le personnage plus ou moins inquiétant, suivant leur orientation. Un personnage figé à la même place tout le temps du spectacle, tantôt assis, tantôt haut perché et cerné d’une immense robe « rigide » qui lui confère une allure impressionnante de statue... La musique douce ou enjouée, voire carrément techno, accompagne les propos de la sorcière.

Finalement, cette sorcière dégoûtée par le comportement de ces affreux garnements, rejoint un groupe d’abstinents… Elle est actuellement en cours de sevrage et n’a pas mangé d’enfants depuis de nombreux mois. Mais soyons prudents, il ne faudrait pas la tenter !

Un spectacle tout récent, qui commence et se termine par la même phrase, comme pour ouvrir et fermer les parenthèses, mais déjà une belle réussite, tant dans le jeu non dénué d’humour, que dans la mise en scène, peut être un peu effrayante pour de jeunes enfants. De fait le spectacle est préconisé pour des enfants à partir de 7 ans.

Cathy de Toledo

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12 juillet 2015 7 12 /07 /juillet /2015 10:42
O...eau!
O...eau!

Spectacle de Philippe et Isabelle Paysserand, vu à 9h30, le mardi 7 Juillet 2015, à l'Ecole du spectateur durant le festival d'Avignon

Interprètes : Philippe et Isabelle Paysserand

Régisseur lumières : Carl Livingston

Genre : Spectacle musical

Public : Enfants de 0 à 5 ans

Dans une yourte agréablement rafraîchie de la cour de l’école du spectateur, nous découvrons un plateau habillé d’un décor plein de promesses visuelles. L’introduction du spectacle se fait tout en douceur ; un musicien tente de réveiller une personne cachée sous un joli tissu bleuté. La comédienne finit par sortir de cette sorte de chrysalide de toile et porte un regard étonné sur chaque chose qu’elle découvre.

C’est tendre, cela nous pose et nous permet de rentrer tranquillement dans un univers d’images poétiques.

C’est indéniablement un choix des artistes, peu de mots sont donnés dans ce spectacle, tout au plus une chanson de Cigane (la comédienne) qui revient comme un refrain : « Plic plac, c’est la pluie, gouttes goutellettes tombent sur ma tête ». Une belle musique, réalisée grâce à la virtuosité de Philippe Paysserand sur des verres remplis à divers degrés et astucieusement agencés, nous ouvre à des sonorités féériques trop rarement entendues dans des spectacles.

Je regrette toutefois un peu le fil d’une histoire qui lierait les saynètes entre elles, c’est un peu morcelé à mon goût. J’ai certainement une vision très personnelle du spectacle pour les tout-petits, j’aime que l’on raconte quelque chose et je trouve qu’ici il manque quelque chose de l’ordre de la narration.

Reste une très belle recherche sur l’image et le son, un beau travail d’ombres et lumières, et un timing adapté aux petits.

Marie-Madeleine Pons

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12 juillet 2015 7 12 /07 /juillet /2015 10:10
Dialogue à fables
Dialogue à fables

Spectacle de La Compagnie Affable, vu le lundi 06 Juillet 2015, à 15h00, Au Pittchoun Théâtre, Festival Avignon Off

De : Valentin Martini

Interprète(s) : Valentin Martinie, Florian Spitzer

Genre : Comédie

Public : Tout public

Durée : 1h10

Cela commence comme un one man show, le comédien Valentin Martini entre seul sur une scène dénuée de décor, il est revêtu d’un costume de gentilhomme. Il attend son collègue qui n’arrive pas et en profite pour nous parler de Jean De La Fontaine et de Bouba (le rappeur). Etrange parallèle entre les deux qui me laisse dans l'incompréhension. Arrive Florin Spitzer, son comparse, en short et tongues dans un style décontracté qui contraste clairement avec le premier. Ils sont là pour nous déclamer des fables mais cela tourne rapidement à la joute verbale entre eux. Le retard de l’un, le costume de l’autre nourrissent les prémices d’une dispute qui perdure durant toute la représentation.

Une fois le feu de la discorde allumé, c’est bien sûr sur le terrain des fables que vont se confronter les deux comédiens. Le fond, la forme et la morale, tout est prétexte à la querelle et surtout à dire des extraits d’oeuvres de Jean De La fontaine bien sûr mais aussi de Jean Anouilh, Hugo, Ionesco, Queneau, Esope ainsi que de Jacques Mougenot, fabuliste contemporain dont j’ignorais l’existence jusqu’ici.

Les deux comédiens mettent en avant l’ambivalence de certaines morales qui se prêtent à des doubles lectures et démontrent aussi toute l’intelligence de cette forme littéraire désuète et pourtant si utile pour dire les choses de manière indirecte. J’ai particulièrement bien aimé la proposition d’improvisation d’une fable grâce à un animal choisi par le public. J’aurai supporté que cela dure plus longtemps car cette interaction avec le public est originale et rigolote. Moderniser le vocabulaire, utiliser la syntaxe d’une fable très connue en la truffant de néologismes sont autant de procédés de transformations astucieux qui donnent un certain relief au déroulement du spectacle.

Tout de même, je trouve la relation conflictuelle entre les deux comédiens trop linéaire, la dispute n’évolue pas, ni dans un sens ni dans l’autre. C’est dommage car l’idée est bonne et l’on aurait pu imaginer une résolution du conflit ou l’amplification de la discorde jusqu’à son paroxysme comique.

Toutefois c’est la première pièce de l’auteur Valentin Martini, gageons qu’avec un peu plus d’expérience d’écriture, il trouvera les ressources pour tonifier le tout, à suivre donc et à revoir peut être d’ici quelques temps.

Marie-Madeleine Pons

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