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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

21 décembre 2014 7 21 /12 /décembre /2014 09:50

Psycho'Mat12Spectacle de Bouzid le Fantaisiste, vu le 11 décembre 2014, au Carré Rondelet (34) dans le cadre du Festival Méditerranéen.

VIVANT-3-COEURS-5Genre : Monologue fantaisiste

Public : Tout public

Durée : 1h10

 

D'entrée de jeu le Fantaisiste annonce la couleur: l'ambiance sera cabaret, en costume clinquant, cape rouge et chanson à l'américaine. "Qu'est-ce qui pousse un homme à monter sur scène ? Une façon d'exorciser les déboires de sa vie sentimentale et professionnelle."

Ses premiers pas l'emmènent donc à l'agence matrimoniale qu'il compare à une agence d'intérim: "mais attention, les articles ne sont ni repris ni échangés"... A force d'essais très peu concluants: "il arrive au bout du rouleau, heureusement qu'il n'est pas peintre en bâtiment."

Et là le véritable ton du spectacle est donné : tout est finesse de langage, jeux de mots et sous-entendus. La verve de Bouzid porte un récit ciselé dans les moindres détails.

"La caissière de la supérette ne peut pas l'encaisser, ne propose pas la carte de fidélité"... Chez le coiffeur c'est une succession de poils dans la main et de cheveux sur la langue.

Vient en interlude une reprise improbable d'une chanson de Sacha Distel, et toute la pluie tombe sur lui.

Et c'est un récit à propos d'un arbitre de football, qui est aussi gardien de la paix, qui accélère encore le rythme des jeux de mots, jusqu'au carton rouge: "le stade tu l'aimes ou tu le quittes"... annonçant un volet politique assumé à base de "trouble de l'élection"... "le notaire il est pas clair"... "le rat ne partage rien, quelle peste"... "le ciel est voilé l'islam est à nos portes"...

Bouzid le Fantaisiste, dans son spectacle, fait renaître un genre d'humour qui donne à réfléchir, à se cultiver pour en apprécier tous les contours, et les références remontent à une époque où le verbe était de haute volée. On ne craint pas de comparer Bouzid à un de Groot ou même à son maître Devos. Un spectacle excellent, intime et rentre-dedans, dont on ressort avec un sourire bien accroché .

 

Daniourk

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14 décembre 2014 7 14 /12 /décembre /2014 22:22

hirisinn-copie-1Spectacle de la compagnie "Le P’tit Cirk", vu au Théâtre Sylvia Montfort, à Paris, le 9 janvier 2014.


De et avec : Danielle Le Pierrès, Christophe Lelarge, Pablo Escobar, Damien Droin

Musiciens: Philippe Ollivier, Yannick « Jeanno » Jory.


VIVANT-3-COEURS-5Genre : Cirque

 Public: à partir de 8 ans

Durée : 1h10

 

Comment l’envie vient aux enfants ? Par extension, pourquoi un enfant devient-il circassien comme papa et maman ? C’est donc tout naturellement que cette question de transmission va être réglée sur scène et plus ou moins en famille.

 A l’origine, le spectacle "Hirisinn" de la compagnie le P’tit Cirk devait être interprété par au moins un "fils de" (Louison Lelarge). Blessé en répétition, il est remplacé par un jeune comparse. Qu’importe ! La pertinence du propos - porté par un couple de quinquas, deux jeunes et deux musiciens - trouve dans l’art du cirque et ses exigences une splendide métaphore.


Le spectacle s’ouvre sur un tour de piste. En tête papa et maman suivis de leurs deux rejetons. Oui mais voilà, le temps a passé et les petits - devenus grands - passent devant.

Madame (Danielle Le Pierrès) semble se résoudre à l’injure du temps. Apaisée et épanouie, elle continue à prendre soin de sa tribu, distribue le talc, surveille les jeux, ramasse les pots cassés. Il lui arrive encore de titiller le trapèze mais comme on le ferait d’une balançoire, qui la transporterait dans un glorieux passé. Ses enfants lui donnent et lui redonnent l’élan. Elle leur en sait gré d’un regard bienveillant.

Il n’en va pas de même pour le père (Christophe Lelarge). Le ci-devant Zampano n’a de cesse de mettre ses enfants à l’épreuve de l’équilibre. Tel un dompteur, il propose à ses jeunes lions de traverser en acrobaties une judicieuse structure d’anneaux conçue par Guillaume Roudot. Perdu ! Qu’à cela ne tienne. Qui sera le plus fort à attraper par la bouche, en position d’aguets, le plat du trapèze qui oscille comme un pendule ? Pour ne pas perdre la face, il triche. Pas de chance, nos deux musiciens (Philippe Ollivier et Yannick « Jeanno » Jory), perchés sur les plates-formes non moins astucieuses de Guillaume Roudot, accompagnent et arbitrent le jeu. Couacs assurés quand Zampano est découvert.

De toute façon, les deux jeunes gens (Pablo Escobar et Damien Droin) le lui rendent bien. Dès qu’il a le dos tourné - aussi bien que la mère, du reste - ils n’en font qu’à leur tête, se mesurant tantôt l’un à l’autre, expérimentant tour à tour par eux-mêmes les possibilités acrobatiques offertes par leur environnement. Car tout est prétexte à jeux, aussi bien le plancher souple et rebondissant du plateau, que la structure métallique du chapiteau, jusqu’à la bassine à talc.

Mais à l’instar du cirque traditionnel et de sa succession de numéros, le jeu en solo trouve vite sa limite. Ce n’est que dans la solidarité de la troupe que le talent s’épanouit. C’est ainsi que la petite famille se reconstitue pour un numéro aérien d’autant plus époustouflant que la petite taille du chapiteau permet au spectateur d’appréhender ce qu’il faut de confiance absolue en l’autre, de don de soi, de rigueur et de plaisir pour réussir une telle prouesse. Après une ascension aussi burlesque que laborieuse, le père relègue la figure de Zampano aux oubliettes. Il en quitte le manteau, l’accroche à un cintre insolite pour mieux révéler que maturité rime avec expérience. L’ancien des Arts sauts donne alors toute sa mesure.

Les enfants sont donc devenus circassiens. Chacun a retrouvé sa place. Devant, forts de leur maturité, les parents ; derrière, les jeunes, dotés d’une souplesse et d’une puissance félines. Ils forment un tout complémentaire, une troupe. Ensemble, ils descendent le trapèze comme s’ils démontaient symboliquement le chapiteau et s’en vont, les jeunes devant, avec l’agrès, suivant le fil de leur propre chemin.

 

C’est un spectacle superbe : drôle, tendu, musical, frissonnant. De cet engagement authentique ressort une belle leçon de vie, d’humanité et de cirque.

 

Catherine Wolff

(photo: Alexandre Kozel)

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9 décembre 2014 2 09 /12 /décembre /2014 10:39

Armelle-ita-illustration-c-Nicolas-Felician-et-Woozmoon-recSpectacle vu le 8 novembre 2014, à l'Akwaba (84).

 

Avec : Armelle Ita (chant, clarinette), Mélody Debono (piano, choeur), Nicolas Paradis (percussions, choeur).


VIVANT-3-COEURS-5Genre : Concert 

Durée : 60 min

Jauge : 200-300 personnes

      

Je suis tombé sous le charme de ce trio attachant au détour d’une soirée festive de l’été, et je souhaitais voir ce que donnait cette pop dansante et pétillante dans un endroit plus spécifique. J’ai ainsi pu les découvrir à l’Akwaba, salle de concert (mais pas que…) de la région d’Avignon.


Le groupe faisait la 1ère partie de Susheela Raman et a proposé un set qui a su imposer son univers envoûtant en quelques minutes et qui en a conquis plus d’un. Le groupe c’est Armelle au chant, au saxo et au violoncelle, dont la grâce et le sourire vous touchent au plus profond, mais c’est aussi Mélo (voix/piano) et Nico (voix/percu) qui nous apportent un groove léger mais assuré pour porter l’ensemble. En optant pour une callebasse au lieu d’une grosse caisse traditionnelle, Nico offre à voir le rythme à travers une gestuelle élégante, tandis que Mélo complète de sa voix des arrangements musicalement ambitieux, tout en restant simples et efficaces. C’est sans complaisance, ça joue, ça vit, ça cherche, effleurant des univers à la Camille ou parcourant des rythmiques à la Zap Mama, pour vous faire une idée.


Quand à Armelle, elle sait occuper l’espace et joue de son charme sans en abuser. Les paroles de ses chansons pourraient paraître un peu cul-cul : « je veux la paix des cœurs », « … rêve pour un monde plus beau » ou « elle veut tout repeindre en couleurs ». Certains morceaux ne sont d’ailleurs qu’une succession de sons sensuels et sincères. Mais ne vous y trompez pas, c’est riche, varié et sans complaisance. C’est la sincérité de la jeunesse, et Armelle Ita sait nous faire partager ses états d’âme, ses hématomes et sa joie de vivre à travers des chansons ciselées, rafraîchissantes et rythmées, qu’elle nous offre avec une grande générosité.


Profitez de l’inviter chez vous avant qu’elle ne soit inaccessible !

 

Eric Jalabert

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9 décembre 2014 2 09 /12 /décembre /2014 09:45

 

Spectacle de la compagnie du Praticable (30), vu le 16 novembre 2014, au foyer d’Aubussargues (30).

 

De et par : Olivier Costa.


vivant-3-toiles-4Genre : Théâtre musical

Public : Tout public à partir de 14 ans

Durée : 75 min

Jauge : 200-300 personnes

 

  

chant-d-horreur-image.jpgDans le foyer de la petite salle communale d’Aubussargues, entièrement équipée pour l’occasion par la compagnie du Praticable qui porte bien son nom, je venais découvrir cette nouvelle création, commémoration oblige. C’était la 2ème représentation de cette toute jeune création, qui va ensuite être jouée dans plusieurs collèges de la région. Le public était au rendez-vous et la salle archi comble !

Les trois comédiens/musiciens nous accueillent en musique dans une ambiance début de siècle et sous des flonflons bleu blanc rouge avec, sur scène, une estrade gradinée qui sera le décor modulable pour les différents tableaux.

Nous sommes le 2 août 1914, et c’est un grand évènement car c’est le baptême du petit Henri !

Malheureusement, c’est aussi le jour de la mobilisation générale.mourir-au-chant-d'horreur-visu2

Aussi, les trois copains musiciens s’embarquent chacun avec leurs idées reçues et nous les suivons dans leur périple vers l’enfer, ponctué de chansons d’époque relatant bien ce voyage, du chant d’honneur… au champ d’horreur.

 

On se laisse très vite embarquer dans les petites histoires de cette grande Histoire et de ces trois amis, figurant chacun les différents états d’esprit présents à l’époque : Emile le belliqueux, prêt à prendre sa revanche sur le boche, Jean le coco pacifiste, et Le Rémi, le cynique désabusé, qui se fout de tout… Sans gros moyens techniques et sans tomber dans l’anecdote, ils nous trimballent dans le train, dans la caserne, à Verdun, dans les tranchées, avec une facilité et un sens de la narration aigus. On est simplement avec eux. L’idée de reprendre des chansons d’époque pour ponctuer et illustrer cette tranche de vie particulièrement sanglante offre un double avantage.

Cela permet d’aborder de très nombreux sujets sur cette période historique (les à priori du départ, les désillusions, les états d’âme de tous, les tranchées infestées de poux, les fusillés pour l’exemple et le « patriotisme » des industriels et du grand capital…) offrant ainsi un regard historique et critique sur cette guerre. Joli travail de recherche !

Mais la forme même de la « chanson » amène de la vie dans cette histoire de mort. Elle permet justement de garder un équilibre très habile entre émotions et légèreté. On ne tombe pas dans le pathos, et les musiciens sur scène prennent tantôt l’accordéon, tantôt la clarinette ou le tambourin et chantent avec naturel et sans rupture de jeu, jouant de la palette des sentiments avec justesse. Beaucoup des chansons m’étaient inconnues, mais à l’image de « La Madelon » ou de « La chanson de Craonne », elles offrent un large éventail d’émotions contrastées.

 

Ce spectacle est une belle composition théâtrale et musicale, proposant un regard aiguisé sur notre Histoire multifacette et complexe. Mais sans moralisation à bon compte et sans jamais donner de leçon.

Cela permet de nous interroger sur ces hérésies qui poussent des gens qui se connaissent mais se détestent, à envoyer se faire tuer des gens qui ne se connaissent pas et ne se détestent pas.

A faire circuler largement, en scolaire mais aussi en tout public dans nos théâtres.

 

Eric Jalabert 

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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 13:00

Le Magic Sporting Club2Spectacle de la compagnie "Kerozen et Gazoline" (34), vu le 4 Oct. 2014, 18h, dans le cadre de "La Fête à Michel", St Jean de Vedas (34).


Création : Kerozen et Gazoline

Distribution : Stéphane Fiévet, Nicolas Jankowski, Guillaume Panis, Vincent Roques.


VIVANT2-toiles-3Genre : Spectacle de rue burlesque

Durée : 40 min.

Tout public

Création 2014  

 

Pour la troisième représentation de l’après-midi de "la Fête à Michel", voici une création de Kerozen et Gazoline. Quatre énergumènes acrobates ou jongleurs, perchés sur échasses ou monocycles, ou évoluant plus sagement au sol, se livrent à un feu d’artifice ininterrompu d’exploits acrobatiques dans une parodie burlesque et spectaculaire des spectacles sportifs.

 

Tout le cérémonial est là, mais complètement décalé : les sponsors sont inconnus, les sportifs évoluent en jogging, les sports sont extravagants ! Comme au stade, il y a du suspense, des surprises, des disputes acharnées, et même un podium, mais d'un beau comique. Le rythme très rapide donne une bonne cohésion à ce spectacle aux performances diversifiées : exploits spectaculaires (aux échasses), jonglages humoristiques, courses et jeu burlesque.

 

Original, plein d'humour et d'autodérision, avec d'excellents moments sportifs, ce spectacle de rue plaira à tous publics, amateurs d'acrobaties et de burlesque.

 

Catherine Polge

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24 novembre 2014 1 24 /11 /novembre /2014 10:43

le-don-de-louise.jpgSpectacle en co-production de la "Compagnie des petits bâtons" (38) et de la "Compagnie Zazie 7" (26), vu à Crest (26), à la Chapelle des Cordeliers.

 

Ecriture et mise en scène: Hélène Van Der Stichele

 Comédiennes: Hélène Gaud, Sophie Brulé.


VIVANT2-toiles-3Genre: Comédie dramatique et gastronomique

Public: Grands enfants et adultes

Durée: Environ une heure

 

C'est dans le coeur médiéval de Crest que j'ai pu assister à la représentation du "Don de Louise" ;  la petite chapelle des Cordeliers s'est avérée un écrin scénique parfaitement adapté à ce spectacle.


L'écriture et la mise en scène de ce "Don de Louise" proposent une reprise réécrite du très célèbre "Festin de Babette" de Karen Blixen, en situant les protagonistes de ce spectacle chez la fille d'un pasteur cévenol.

L'action se déroule dans la demeure de Philippa, fille de feu le pasteur local, à Chamborigaud dans les Cévennes. C'est dans ce village, haut lieu du protestantisme cévenol, de la révolte des Camisards, que se réfugie Louise, pétroleuse recherchée après la répression de la Commune de Paris. Plus précisement, la pièce se joue dans l'office-cuisine. Sobre et efficace est la mise en scène : une table centrale derrière laquelle défileront au fil du spectacle hachoir, herbes, couverts, verres, plats. Une ancienne brouette de bois recouverte  amènera avec elle les mets rares et coûteux à même de permettre "le Don de Louise".


Ce parti pris de réécriture d'Hélène Van Der Stichele, situe notre ancienne "chef" du café anglais parisien, exilée en Cévennes. L'éclairage sur les évènements historiques sera l'occasion d'évoquer la Commune de Paris, Hugo, tout en préservant la ligne de l'écrit originel : citation au fil du texte de quelques préceptes du protestantisme. Hélène Gaud excelle dans une Philippa "coincée" par des règles religieuses strictes : simplicité, nourriture ascétique, sobriété.

Cette réécriture fort habile est également l'occasion pour Louise (Hélène Gaud) d'évoquer et de citer à plusieurs reprises Victor Hugo, extraits de "l'art d'être grand père", d'évoquer la Commune de Paris, les pétroleuses, les barricades. Et de citer en chantonnant le très célèbre Gavroche: "Je suis tombé par terre... la faute à Rousseau". Louise, femme passionnée, évoque sa montée sur les barricades en chantant "les princes maudits ont affamé les pauvres... donnez-moi l'occasion de me surpasser". "Victor Hugo est mort, nous sommes tous orphelins."  


Finesse, subtilité du jeu de ces deux comédiennes notamment lorsqu'elles découvrent la saveur du fruit de la grenade (fruit de paradis), ou dégustent au cours du festin "Amontillo ou Clos Vougeot". Au fil du sourire de l'actrice Hélène Gaud, nous suivons la réalisation de Louise, cette "cuisinière émérite" au fil de l'élaboration passionnée de ses oeuvres culinaires. Les deux actrices constituent un duo magistral dans leur aptitude à se compléter, à se renvoyer ce texte et à l'habiter au mieux, servies ici par un cadre scénique porteur (une sobre chapelle).

Ce spectacle  est parfait pour évoquer la Commune, Victor Hugo, l'art de la table. Il convient à tous les publics dès 12 ans et peut être envisagé accompagné pour les scolaires. Cette représentation se propose également d'être jouée en appartement, il suffit pour cela d'une pièce spacieuse.

 

Lydie-Gisèle Brogi

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20 novembre 2014 4 20 /11 /novembre /2014 15:13

Aragon-et-Castille.JPGSpectacle musical, vu à Rodez (12), "Les terrasses en fête", le 22/08/2014.

 

Les multi instrumentistes : Martin Garcia, Rodolphe Giraldi.

 

VIVANT-3-COEURS-5Genre : Duo chanson française

Public : Tout public

Durée : Deux parties de 45 minutes

 

 

Concert en extérieur au "Gaby bar" à Rodez par deux musiciens aveyronnais ,des ruthénois (habitants de Rodez). Un soupçon de guitare sommaire et puis quelques ustensiles de percussions...


J'étais de passage dans cette ville et en ce mois d'août, dans le cadre des "Terrasses de café en fête", j'ai eu le grand plaisir de savourer un concert talentueux d'un duo de musiciens amoureux de la bonne chanson française. Des reprises de Boby Lapointe surtout mais aussi de "Cire tes souliers", des Rita Mitsouko... Des morceaux  célèbres, superbement interprétés, génèrent une ambiance chaleureuse propice à danser, bouger... Du Nino Ferrer, du Vian, une sélection pertinente de morceaux revisités "à leur sauce"...


Ces artistes, qui n'utilisent que des moyens légers (sono, ampli portatifs) ont néammoins permis au public présent, nombreux, de fredonner des airs connus, de rire, voire de sourire lors de l'introduction des morceaux par des présentations caustiques et drôles.Un bon moment passé avec ces deux musiciens créatifs et passionnés, entourés d'une pluralité d'instruments : l'orgue de barbarie côtoie la planche à laver, la batterie, le banjo, la guitare et l'accordéon.Ces deux joyeux artistes doués parviennent on ne peut mieux à nous faire partager en qualité leurs reprises  ainsi que des titres d'anthologie (J'veux du soleil, la java de la bombe atomique...).

 

Un spectacle de forme légère, prompt à animer soirées privées, fêtes locales, apéritifs, fêtes de village, premières parties... et ce à l'extérieur comme à l'intérieur, en créant une ambiance très sympatique et conviviale, invitant à danser si le coeur vous en dit ! Que du bonheur ! Pensez à eux, pour vos programmations festives ! Ambiance assurée !

 

Lydie-Gisèle Brogi

(photo : http://www.aragonetcastille.fr)

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16 novembre 2014 7 16 /11 /novembre /2014 12:19

lola.jpgSpectacle du collectif Lacavale, vu et entendu le 10 novembre 2014, au théâtre de Belleville, Paris.

 

Texte : Léonie Casthel

Mise en scène : Chloé Simoneau

Avec : Lola Roskis Gingembre, Julie Ménard, Benoït di Marco, Mehdi Harad, Blandine Pélissier, Leïla Tabaï et Ignacio Plaza Ponce.


Musique : Ignacio Plaza Ponce

Lumières : Laurent Béal

Scénographie : Edouard Laug

Chorégraphie : MArie Hubert

Création vidéo : Antoine d'Heygere et Martin Claude

Création sonore : Erwan Marion

 

VIVANT-3-COEURS-5Genre : Théâtre

Public : Tout public

Durée : env. 1h30 (?)


 

Paris. Nuit sur les boulevards. Une ado erre la tête pleine de questions, le coeur serré d'angoisses. Les hommes lui font peur. Les femmes aux toilettes aguicheuses lui paraissent superficielles, soumises aux désirs masculins, dignes de mépris.

 

Fugue en L mineure est une pièce drôle et sincère, émouvante et intelligente. Elle nous fait partager les questionnements intimes d'une adolescente devenue femme, d'une femme qui relit son adolescence avec son indulgence et le besoin de rassurer la fille en elle. Un aperçu sur ce que peut signifier être une fille, une femme. Une évocation de sa propre enfance pour ma voisine, un regard émouvant sur les femmes, sur les rapports entre femmes et hommes pour moi.

 

Est-ce que je peux aussi me permettre d'écrire que c'est un beau texte ?

 

C'est un beau texte, servi par une mise en scène soignée et inventive, pleine d'énergie et d'émotion. La danse, la musique, les vidéos défilant en arrière-plan nous mènent dans la légéreté. Elle se ponctue de moments poignants, quand la vie vient cogner à la porte de l'âge de femme, celle qui y entre et celle qui, déjà, regarde derrière elle avec amertume.

 

Derrière Elle, défilent des images, reviennent en mémoire des rencontres, les heurts avec son père, sa mère, sa soeur, avec ses camarades de classe dans la jungle du collège. Les femmes sur le boulevard : des putes ? Pourtant tellement belles, y-compris celle au menton carré.

 

Elle se voit double. Ce sont deux comédiennes qui tiennent ces deux rôles.

 

Elle est cette adolescente fine et sensible, heurtée par ces autres tellement plus superficiels, qui lui demandent de se socialiser, de se conformer. Elle s'y refuse, ce monde la déçoit d'avance. Le sexe surtout l'effraie. Le regard afuté, perspicace, elle se réfugie dans son intelligence, mais les petites phrases obsédantes tournent sous son crâne. Vite, les évacuer.

 

Trois fois douze ?”

 

Elle est aussi cette jeune femme qui réécrit ses souvenirs avec sa compréhension d'aujourd'hui, son acceptation de son corps, de la vie sensuelle et sexuelle. Elle chante, danse en jupe courte et décolletée et accompagne la fille qu'elle était alors, quand elle revit encore et encore ces quelques scènes marquantes qui l'ont troublée. La copine méprisante, le copain que papa refuse de voir à la maison, la jupe interdite.

 

Papa, c'est quoi un viol ?”

 

Et cette mère effacée, absente. Pourquoi ?

 

Autant fuir alors, pas seulement pour une fugue mais pour un voyage initiatique énergique, léger et intelligent à la fois, émouvant à coup sûr.

 

 

(*) Elle est donc jouée à la fois par Lola Roskis Gingembre (bousculée et épatante) et Julie Ménard (assurée et chantante). Et aussi au passage, Blandine Pélissier nous a pincé un peu le coeur dans le rôle de la mère (fatiguée et chancelante).

 

Loic D.

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15 novembre 2014 6 15 /11 /novembre /2014 12:25

Quel-cirque2.JPGSpectacle de la Cie "Fabulous Bazar Palace" (34), vu à Saint-Drézéry (34), le 9 Nov. 2014, à 17h et le 22 à St Just (34), 21h

 

Création collective mise en scène par Pascal Cuny

Jeu : Marianne Blondel, Marie Cuny, Laurent Joly, Bertrand Loire.


vivant-3-toiles-4Genre : Théâtre burlesque

Durée : 1h30

Public : tous à partir de 8 ans

Jauge max.: 400 à 500

 Sortie de création le 8 Nov. 2014

 

La Cie Fabulous Bazar Palace, née en 2009 à Saint-Drézéry, se consacre à la création de théâtre, de préférence en intérieur. Aujourd'hui la salle est comble : plus de 150 spectateurs dont une trentaine d'enfants assis au sol devant. En fond de scène, le décor créé par la compagnie montre une façade aimablement naïve et fantaisiste avec quatre fenêtres fermées de rideaux et encadrant une porte. C'est la caravane d'une troupe de quatre artistes de cirque que nous suivons du saut du lit jusqu'au terme de la représentation qu'ils donnent le soir.


Tout au long de la journée l'action monte en puissance et le jeu évolue, de la mise en train matinale jusqu'au spectacle. A l'aube les personnages vacillent entre silence et onomatopées et au matin leurs visages comiquement encadrés dans les fenêtres ont l'air ahuris et leurs propos sont vaseux. Le groupe s’anime au petit déjeuner dans un très bel épisode burlesque. Et, le moment venu de jouer leur spectacle, c'est une apothéose comique. Les voici magiciens, chanteurs, danseuse, écuyère, jongleur, avec des numéros traditionnels détournés, tous plus fous les uns que les autres, et accompagnés par le "Lac des Cygnes", "Que Sas" ou "Stabat Mater".

 

En compagnie de ces quatre saltimbanques sympathiques, j'ai passé un excellent moment, entre les grands moments burlesques, les gags, et les instants de réelle émotion. Par son maintien empreint d'autorité et ses regards directs B.Loire est un Basile sérieux, mais qui d'un simple geste peut exprimer un chagrin profond. A l'opposé, L.Joly (Raoul) incarne un genre de Pierrot lunaire fascinant, avec des regards en coin et des pantomimes parfois simplement esquissées qui en disent long. Par la simple contemplation prolongée de son reflet sur la cafetière, M.Blondel arrive à transmettre le coeur du personnage de Pamela et de ses rêves. Enfin par ses intonations et la richesse de son jeu, en particulier dans un brillant face à face avec elle-même, M.Cuny est une Pépita tendre et pétillante. Exercice périlleux, tous quatre jouent à plusieurs reprises alignés face au public et c'est admirablement réussi, grâce à la précision tranquille et efficace de leurs pantomimes. Et lorsqu'au cirque tous quatre jouent alors leurs rêves les plus fous ... peut-être qu'à ce moment-là les comédiens réalisent les leurs en élargissant leur registre comique ? Tous très bons, ils bénéficient d'une mise en scène orchestrée avec rigueur. L'expressivité des maquillages de clowns et la fantaisie débridée des costumes de récupération participent à la réussite du spectacle. 

 

Beau succès pour cette "presque première" qui a enthousiasmé la salle et bravé quelques débordements chez les enfants ! Le spectacle a été revu pour sa 3è représentation à Saint-Just, (un succès auprès du public malgré des conditions matérielles difficiles) : il nous a été confirmé que les ralentissements de rythme qui m'avaient gênée étaient en cours de réaménagement. Plein de fraîcheur, "Quel cirque!"  est à recommander à tous ceux qui sont intéressés par le jeu du "spectacle dans le spectacle" et à tous publics aimant rire sans retenue devant un burlesque de qualité. Une compagnie qui mérite d'être encourragée. (Spectacle autonome dans sa mise en œuvre)

 

Catherine Polge 

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9 novembre 2014 7 09 /11 /novembre /2014 15:52

Spectacle de la Cie Zerafa (34), vu le 4 Oct. 2014, 17h, dans le cadre de "la Fête à Michel", chez Kerozen et Gazoline, St Jean de Vedas (34) 

Murielle et Myriam2

Mise en scène : Philippe Vorhinger

Jeu : Murielle Blandio et Myriam Gourdin

Dir. Artistique : Véronique Varin

VIVANT2-toiles-3Genre : duo humoristique en déambulation et spectacle fixe 

Durée : 20 à 40 min

Public : Tous à partir de 12 ans

 

Sortie de chantier

 

Le second spectacle de cet après-midi de fête chez Kerozen et Gazoline est proposé par la compagnie Zerafa. Ouverte à une création très diversifiée (pyrotechnie, échasses, etc.) Zerafa présente ici un duo burlesque en déambulation puis spectacle fixe.

 

Voilà que deux amies Murielle et Myriam, vieilles filles encore un peu jeunes et très éloignées des canons de l’esthétique et de la mode, décident de transmettre des leçons de bonheur à leurs contemporains. Et quoi de mieux pour cela que la fabrication de fleurs en papier crépon ?  Elles se livrent à une démonstration désopilante de leur savoir-faire dans un duo associant l’imperturbable optimisme de Myriam et les débordements imprévus de Muriel. Toutes deux enthousiastes, souriantes et naïves livrent avec conviction leur vision du bonheur.

 

Ces deux étonnantes silhouettes kitch, au sourire éclatant sur une dentition très fournie, se fraient un chemin dans la foule des spectateurs : Myriam se charge de la communication, Murielle tire le chariot du "stand du bonheur". Mimiques et gestuelles expriment leur conviction enthousiaste et naïve et grimages et costumes les rendent aussi démodées l’une que l’autre : effet comique garanti ! L’association fantasque de personnalités opposées crée un duo burlesque très réussi. Par sa posture, sa gestuelle, ses regards et sa voix Myriam, incarne aisance et sérieux mais le décalage avec la futilité de l'activité florale est désopilant. A l’inverse, dans un rôle burlesque muet, Murielle s'embrouille sans cesse et apparaît plus préoccupée par son érotisme bouillonnant que par les fleurs en papier ! Courtes  pauses réprobatrices chez Myriam, confusion teintée de regrets chez Murielle, et la démonstration repart jusqu'à s'emballer dans d'incroyables chorégraphies décalées avec strip-tease à la clef ! Toutes deux sont parfaites dans leur extravagance et procurent d’excellents moments comiques.


Ce spectacle prometteur a été bien reçu par le public. Si sa construction me semble encore en cours de mise au point, il faut saluer la qualité de l’interprétation et des ressorts comiques. A suivre absolument. (Spectacle autonome, en déambulation et/ou fixe, intérieur ou extérieur)

 

Catherine Polge


Contacts :

Cie de Montpellier http://zerafa.fr/ Chargée de prod. Alexia Jolivet: zerafa.diffusion@gmail.com  06 22 24 55 99

Lieu du spectacle  : Kerozen et Gazoline    kerozen.gazoline@yahoo.fr

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