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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
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Pas mal...
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On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

28 juillet 2019 7 28 /07 /juillet /2019 14:00
Qui fuis-je?
Qui fuis-je?

Un spectacle de Matthieu Penchinat (34)  vu le 23 juillet 2019 à 21h au théâtre des brunes, dans le cadre du festival Off d’Avignon, du 9 au 28 juillet 2019.

De et avec : Matthieu Penchinat,

Mise en scène : Gil Lefeuvre

Genre : Stand Up
Public : Tout public à partir de 10 ans
Durée : 1h00

J’avais croisé Matthieu ( qui joue dans « Fourberies » à l’Adresse) pendant le festival et c’était l’occasion de découvrir son seul en scène, qui connaît un joli succès à Paris depuis quelques mois et qui jouait pour trois dates uniques à Avignon. Ce dernier soir, c’est complet aux brunes.

Seul en scène, Mathieu perdu dans ses pensées nous attends sur scène et se présente : il se lance dans le « stand up ». Façon Gad Elmaleh dans les premières secondes (Etait ce fait exprés ? Sinon, y’a peut être un truc à creuser là...) Il veut enfin être lui même et venir parler avec son public, avec nous. Car, il nous le confie, il se laisse trop souvent envahir par ses propres personnages…Il se fait dépasser, submerger, irradier, posséder.

Alors, oui il choisit le stand up pour se présenter en tant que "lui même". Une belle entrée en matière pour parler de lui et nous montrer à voir. Ce gars là, à une silhouette et une allure de danseur tatiesque ( C’est pas pour rien que Philippe Decouflé l’a découvert.) Avec drôlerie et tendresse, alternant silences et débits vocaux impressionnants, mimiques corporelles et jeu théâtral, Poisson marteau et Poisson clown, Matthieu Penchinat nous offre une belle étendue de son art. Et son art est large et riche, varié et imaginatif. Quand il se fait agresser par certains de ses personnages, (comme avec le personnage du sketch d’après ! ), ou quand il se lance dans ses expressions distordus et surprenantes, son imagination vient ouvrir ses portes en grand et j’aime ca.

Nous ne sommes pas dans le spectacle calibré à l’humour calé toutes les 27 secondes. Nous sommes sur une forme d’humour qui peut vous toucher comme vous passer largement au dessus de la tête.

Pour ma part, je suis touché.

 

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27 juillet 2019 6 27 /07 /juillet /2019 20:59
Crédit photo : Pierre Grosbois

Crédit photo : Pierre Grosbois

La dernière bande

Spectacle de la Cie L'Aurore Boréale (75) , vu le 21 Juillet à 21h30 au théâtre des Halles dans le cadre d’Avignon OFF 2019. Du 5 au 28 Juillet 2019 (Relâche le 9, 16 et 23 juillet)
Texte : Samuel Beckett
Mise en scène : Jacques Osinski
Interprétation : Denis Lavant
Genre : clown, théâtre de l'absurde

Tout public à partir de 15 ans
Durée : 1h20


      Lumière sur scène, blanche et crue, éclairant le bureau d'un vieillard pensif. Immobile et silencieux. Courbé et poussiéreux. Pourtant on sait que le corps est tendu et le regard alerte, car c'est Denis Lavant qui se tient sur scène. Le silence fait monter la tension, le public réapprend à être attentif au moindre tremblement. Il hausse les sourcils, la mécanique s'enclenche, le public rit déjà, La dernière bande est lancée.
          Faut-il dire de ce spectacle qu'il est comique ? Cela me semble inexact. Le public rit beaucoup de ce vieil homme imperturbable, mais le spectacle n'est pas drôle à proprement parler. Le rire semble venir de la gestion très particulière du rythme. Un temps. Geste lent. Un temps. Geste rapide. Visage inexpressif. Un temps. Contraction lente de la bouche. Un temps. Les yeux s'écarquillent. Le public s'esclaffe de bon coeur devant le langage ancestral du clown. Son rapport à la banane et sa manière de balancer ses mains évoquent de vieux gags de primate, ce qui fait de lui un personnage primitif avec un rapport au monde simple et décalé. Il porte la marque du déjà-vu, du trop vu peut-être. C'est le clown habituel.
       C'est cette poussière qui donne toute sa force au spectacle, c'est grâce à elle qu'il n'est pas "que" drôle. À la fois hors du temps et abimé par lui, Krapp se replonge encore une fois - peut-être tous les jours ? - dans un passé qui se désagrège. Nous écoutons avec lui des extraits d'un journal intime audio qu'il a tenu à différents âges de sa vie. En plus du travail de jeu sur l'écoute, et du travail sur le son qui est remarquable, j'ai été fasciné par le rapport au temps exploré dans la pièce. Accélérer, mettre sur pause, revenir en arrière. Écouter, encore, pause. Ici le passé peut revenir à l'infini et paraître à chaque fois un peu plus dépassé, un peu plus ancestral, un peu plus hors du temps, comme Krapp.
        Il ne faudrait pas croire que tout l'intérêt du spectacle réside uniquement dans ce jeu complexe des temps et des rythmes. Krapp et son magnétophone nous racontent directement une histoire, celle de l'idéalisme de la jeunesse, de l'amour passé, de la difficulté à se comprendre au présent, au passé ou d'un temps sur l'autre. C'était un très beau moment, drôle et émouvant, qui transmettait à merveille l'atmosphère grise amère des pièces de Beckett. À voir absolument avant la fin du festival !

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27 juillet 2019 6 27 /07 /juillet /2019 16:13
Programme OFF 2019

Programme OFF 2019

Je vole... et le reste je le dirai aux ombres

Photo : Stéphane Sayeb

Spectacle du f.o.u.i.c (75), vu le 21 Juillet à 10h au théâtre des Gémeaux dans le cadre d’Avignon OFF 2019. Du 5 au 28 Juillet 2019 (Relâche le 10, 17 et 24 juillet)

Texte : Jean-Christophe Dollé
Mise-en-scène : Clotilde Morgiève et Jean-Christophe Dollé assistés de Leïla Moguez
Interprétation : Jean-Christophe Dollé, Julien Derivaz, Clotilde Morgiève et les voix de Félicien Juttner et Nina Cauchard
Genre : Drame
Tout public à partir de 12 ans
Durée : 1h25


       Je vole... et le reste je le dirai aux ombres. Le titre est sombre et l'affiche angoissante. Sur scène, une cabine téléphonique poussiéreuse devant une sorte d'aquarium à taille humaine. Autant d'indices pour un spectacle oppressant, un peu lourd peut-être pour entamer la journée. Détrompez-vous, cette pièce est loin d'être un inerte mur des lamentations !
     Du mouvement dans les corps et du rythme dans les voix pour faire du plateau l'espace des possibles de la mémoire. Des personnages rejouent des scènes de la vie de Richard D. pour tenter de comprendre. Qui est Richard D. ? Qu'a-t'il fait ? Pourquoi avoir agi ainsi ? À quel endroit le mal naît-il ? Comment l'appréhender, l'approcher, le comprendre ? Peut-on le combattre en soi ? Nous croisons le chemin de sa mère, de son professeur de théâtre, d'un inconnu rencontré sur un banc, un jeune du lycée où il est surveillant... Trois personnages reconstituent ces souvenirs dans une affolante course contre la montre, car tout ne dure qu'un instant. L'urgence est latente : nous n'avons droit qu'à une seule seconde de vol et à 1h25 ensemble dans la salle pour tenter de répondre à ces questions.
       L'esthétique présentée est singulière. Ici, les effets spéciaux sont mis au service de la présence en creux de Richard D., sans spectacularisation. Présent uniquement par sa voix, on le voit envoyer valser des objets en l'air lors de ses crises névralgiques. Le temps se suspend, le visage se déforme, les sons s'allongent et s'aggravent... Ce travail est onirique, il est fait de la matière du rêve et du cauchemar. Les images se confondent entre elles et les espoirs doivent jouer des coudes pour se faire une place dans le public.
        Il faut évoquer l'excellence du jeu de Clotilde Morgiève, co-metteuse en scène du spectacle, dont les variations de jeu sont éminemment crédibles. Julien Derivaz et Jean-Christophe Dollé sont eux aussi de très bons comédiens, qui construisent leurs personnages avec vigueur et précision sans caricature. Ce réalisme psychologique nous aide à faire un vrai pas vers Richard D. pour tolérer l'idée - si terrifiante soit-elle - que ce meurtrier n'a d'extraordinaire que son désir absolu de bien.
      Un spectacle moral et esthétique qui bouleverse sans désespérer, à voir absolument !

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27 juillet 2019 6 27 /07 /juillet /2019 00:57
Fourberies
Fourberies

Fourberie(s), de la compagnie d’Henry (81) vu le 22 juillet 2019 à 17h55 à l’Adresse dans le cadre du festival Off d’Avignon, du 9 au 28 juillet 2019.

Auteur : Molière

Mise en scène : Anthony Le Foll

Avec : Matthieu Penchinat, Erwann Valette, Marie Gallot, Anthony Le Foll

Musicien : Aladin Chaboche

Genre : Théâtre
Public : Tout public à partir de 10 ans
Durée : 1h30

Quatre personnages nous accueillent en musique de façon très conviviale alors que nous rentrons dans la salle. Sur le plateau, une scène de 4mX4m , faisant office de podium et décor.

L’un des personnages nous fait une présentation rapide de Monsieur Poquelin et de son œuvre… Ils nous fait un rapide résumé de la trame des Fourberies de Scapin (Octave, fils d’Argante, s’est épris de Hyacinte, jeune fille pauvre et sans pédigrée, qu’il vient d’épouser alors que son père est parti en voyage et qu’il souhaitait le marier avec une autre. Octave craint les réactions de son père et fait appel à Scapin, valet de Léandre, pour l’aider dans cette affaire…) Bref, une des pièces les plus jouées du répertoireVoilà pour le côté pédagogique.

Les comédiens, habillés de façon contemporaine et utilisant des accessoires pour chacun de leurs personnages, se changent à vue et s’amusent ensemble. Ils virevoltent, dansent, chantent, les hommes jouant des femmes et vice versa, comme pour nous perdre dans l’histoire et nous inciter à porter notre attention sur le jeu décalé, burlesque et clownesque. Un musicien en direct vient illustrer et ponctuer habilement les scènes, complétant l’idée de spectacle complet et multiforme.

C’est drôle, et je me suis laissé porter par cette loufoquerie bienvenue.

 

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26 juillet 2019 5 26 /07 /juillet /2019 21:48
Le théâtre ambulant Chopalovitch
Le théâtre ambulant Chopalovitch

Spectacle de «Compagnie Crack» (75) vu le 23 juillet 2019 à 14h15 au Théâtre Tremplin dans le cadre du festival Off d’Avignon, du 05 au 28 juillet 2019.

Auteur : Ljubomir Simovic

Mise en scène : Muriel Michaux

Avec : Amandine Mornet, Raphaël Craplet, Pierre Blanchet, Romain Cavanna, Viviane du Guiny, Agathe Caillette, Vincent Guillerot, Vladimir Mikovic

Genre : Théâtre
Public : Tout public

Durée : 1 h 10

La pièce "Le théâtre ambulant Chopalovitch" explore la confrontation entre l'autoritarisme, la censure, et le théâtre. Comment continuer à faire vivre l'art quand toute activité non autorisée expressément peut devenir subversive ?

J'ai vu plusieurs fois cette pièce dans sa forme la plus orthodoxe. Le théâtre ambulant Chopalovitch souhaite représenter "Les brigands" de Schiller dans un village de Serbie. Les acteurs et le directeur de la compagnie rencontreront tous les blocages, menaces et intimidations dans un pays régi par la terreur nazie. La mise en scène proposée  ne retient pas l'occupation nazie, mais plutôt l'occupation en général d'un pays par une autorité tyrannique. Les personnages ne sont pas vêtus de costumes spécifiques, mais de tenues impersonnelles. Les acteurs sont en tee-shirts noirs alors que les occupants sont vêtus de costumes stricts. Les changements de costume se font sur scène, les acteurs se tournant dos au public en fond de scène pour s'habiller. Cela permet de conserver un espace toujours occupé. Les rapports sont tendus et froids. L'ambiance générale révèle bien l'inquiétude et le malaise. La terreur apparaît régulièrement sous la forme d'un tortionnaire provocateur. Les personnages sont joués avec sobriété. Ils semblent se mettre en veille de temps en temps,  comme pour se rendre invisibles, ne pas "faire de vague". Je n'ai pas retrouvé le côté burlesque et ironique de la pièce qui fait supporter le tragique. C'est probablement un choix, destiné à privilégier le message principal. A certains moments, les personnages en avant-scène se tournent vers le public pendant que l'action se déroule derrière ou à côté d'eux. Leurs regards sont perdus, les yeux absents. Je pense qu'il y avait là la volonté d'exprimer la dépersonnalisation, car l'acteur ne semble ainsi plus incarner qui que ce soit.

L'essentiel de la dramaturgie est présent, mais je dois avouer que je n'ai pas trouvé tout ce que j'attendais de la pièce. C'est probablement un choix artistique. C'est pour moi une version ou adaptation originale qui offre un seul visage, sombre, fidèle à l'essentiel du message de l'auteur.

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26 juillet 2019 5 26 /07 /juillet /2019 18:13
Tristan et Yseult
Tristan et Yseult

Spectacle de « Compagnie Onimagine » (62) vu le 23 juillet 2019 à 18h50 AU VIEUX BALANCIER (Avignon) dans le cadre du festival Off d’Avignon, du 05 au 28 juillet 2019.

Auteur : Anne Thunin

Mise en scène : Anne Thunin

Avec : Anne Thunin, Juliette Leroy, Stéphane Hocquet

Genre : Théâtre classique
Public : Tout public à partir de 6 ans

Durée : 50 min

"Tristan et Yseult" est un mythe littéraire qui fait partie de la mémoire des peuples de l'ouest de l'Europe. Anne Thurin nous entraîne dans ce conte en nous enveloppant de sa voix accompagnée de la musique qui s'élève des instruments moyenâgeux.

L'actrice a adapté l'histoire sous la forme des lais du XIIème siècle. Elle nous livre avec profondeur la passion qui unissait les deux amants. En tenue d'époque, devant son pupitre, l'actrice interprète les différents personnages, sans hésiter à transformer son aspect afin de rendre plus réaliste le récit. Une dizaine d'instruments de musique agrémentent la narration en accompagnant sa voix ou comme intermède musical. Tous les instruments sont des copies d'époque. Nous découvrons ainsi avec ravissement les instruments de musique du Moyen-Age et leurs sonorités. De temps en temps s'élève la douce voix de la chanteuse, qui s'associe parfaitement à l'ambiance créée par le récit. Nous sommes emportés dans un passé qui nous semble à la fois proche et lointain. Les amants, illégitimes, sont guidés par leur passion. Ils affronteront tous les dangers pour se voir et s'aimer, être séparés, puis se retrouver. L'espace scénique est réduit. Ce qui se prête au style du spectacle. Les spectateurs sont proches de l'actrice et des musiciens. L'actrice s'adresse directement au public, en nous regardant, comme si elle se produisait, au Moyen-Age, dans un quelconque château au moment du repas. Le public reste muet du début à la fin, charmé et magnétisé au fil du récit.

Nous avons passé un bon moment suspendu, au-dessus de notre modernité et de notre réalité, pour vivre quelques instants au temps des chansons de geste, des châteaux forts, d'une période de notre histoire riche de légendes, où les passions s'exprimaient avec ferveur. A chacun de profiter de cette aubaine et vivre à son tour, à travers ce spectacle, les amours de Tristan et Yseult.

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26 juillet 2019 5 26 /07 /juillet /2019 17:11
Crédit photo : DR site du parvis d'Avignon

Crédit photo : DR site du parvis d'Avignon

Spectacle du théâtre Amstramgram Genève, vu le 8 Juillet à 17h au Parvis d'Avignon dans le cadre d’Avignon OFF 2019. Du 5 au 16 Juillet 2019 (Relâche le 7, 10, 13 et 14 juillet)

Conception, texte et interprétation : Emmanuelle Destremau, Samuel Gallet, Fabrice Melquiot, David Marchetto, Caroline Gonin
Musique : Eric Linder/polar
Genre : Théâtre tout public, performance Electro rock-band
Durée : 1h


        Le mot "performance" convoque l'idée d'un spectacle créé sur place et pour l'occasion par des artistes-interprètes. On utilise fréquemment l'expression "véritable performance" pour évoquer une prouesse scénique exigeante et remarquable. Ce qu'accomplit tous les jours au Parvis d'Avignon le rock-band des Electronucléistes, c'est une "véritable performance", et pas des moindres : trouver en une journée la matière du texte, l'écrire, le mettre en scène et le jouer en lecture théâtrale le soir même.
      L'idée est audacieuse et la réalisation force le respect. C'est une réussite théâtrale, pas seulement un essai expérimental. Sur un plateau large comme le chemin que la mariée doit parcourir de l'entrée de l'église jusqu'à l'autel (magistralement occupé par Eric Linder à la guitare et au chant), quatre pupitres. Derrière les quatre pupitres, quatre acteurs-auteurs et une myriade de personnages qui jaillissent, s'entrecroisent, occupent l'espace de notre imaginaire.
      Mais où nous emmènent-ils, ces artistes ? Ça dépend du jour ! Trois modèles de spectacle sont proposés : "Fenêtre avec vue", construit autour de la presse du jour-même ; "Mon chef d'oeuvre", issu de la rencontre avec des festivaliers ordinaires et hors du commun, et enfin "Radio souvenirs", une vraie fausse radio libre qui fait la part belle à l'auditeur (toi!).
      J'ai assisté à une représentation (une présentation plutôt) de "Mon chef d'oeuvre". Cinq portraits de festivaliers comme cinq actes d'une grande pièce,  indépendants tout en faisant partie d'un tout indivisible. Ils possèdent chacun leur poésie, leurs rêves, leur façon singulière d'envisager le monde. Loin de se réduire à une série de témoignages, le texte raconte chaque personne dans sa complexité. Ce sont des dialogues rapportés, des scènes de film, des chansons, des premiers jets de nouveaux textes. Je suis surpris de voir foisonner autant de directions différentes. Le spectacle est vif et dynamique, il s'est créé dans l'urgence mais l'urgence n'est plus sur scène. Ici, dans cette église, tout jaillit avec calme et respect.
        Je me sens curieusement apaisé par le spectacle, et ce n'est pas seulement grâce aux tonalités suaves d'Emmanuelle Destremau ou aux lumières douces et bleues. Ces artistes approchent un rapport à l'autre dénué de voyeurisme ou de glorification. Ce n'est pas non plus un regard condescendant posé sur l'ordinaire et le banal quotidien, ni le regard du créateur qui serait le seul à pouvoir faire exister ce qu'il évoque. En prenant cette posture simple et bienveillante, les artistes nous invitent à regarder l'autre à côté de nous et à penser "Cette personne est un chef d'oeuvre et un univers", ce qui n'est pas simple. Je recommande vivement cette merveilleuse performance dans laquelle éthique et esthétique se prennent par la main.

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26 juillet 2019 5 26 /07 /juillet /2019 15:40
L'augmentation
L'augmentation

Spectacle de « Compagnie des Perspectives » (33) vu le 23 juillet 2019 à 17h30 à La Factory Tomasidans le cadre du festival Off d’Avignon, du 05 au 28 juillet 2019.

Auteur : Georges Perec

Mise en scène : Bruno Dairou

Avec : Antoine Laudet, Antoine Robinet

Genre : Théâtre
Public : Tout public

Durée : 1 h 

Il s'agit d'un mode d'emploi très détaillé sur la manière de demander une augmentation à son chef de service. Tous les cas de figure sont évoqués et ré-évoqués pour que rien ne soit laissé au hasard.

Deux personnages dans une tenue de bureau s'adressent à nous. Ils envisagent toutes les possibilités et les différentes situations qui se présentent à l'employé de bureau, s'il tente l'aventure semble-t-il, de rencontrer son chef de service pour lui demander une augmentation. L'effet comique sans cesse renouvelé repose sur la répétition. Mais nous avançons tout de même sur ce chemin semé d'obstacles, de voies sans issue, de rencontres avortées. Petit à petit sous nous rapprochons de la porte du bureau du chef de service. Deux possibilités se présentent à chaque étape. Il est là ou il n'est pas là, il reçoit l'employé ou il ne le reçoit pas,  il accède à sa demande ou il n'y accède pas. Dans ce dernier cas, il faut recommencer plus tard. Et puis il y a les solutions d'attente telle celle qu'offre la possibilité d'attendre dans le bureau d'à côté… ou pas, d'y être reçu… ou pas, de passer par tous les bureaux de l'entreprise. Nous nous laissons porter par le flux de paroles avec lequel les personnages nous font arpenter les couloirs de l'entreprise d'un bureau à l'autre, puis retour à la case départ sans toucher l'augmentation. Le parcours du combattant nous semble bien peu de choses en comparaison. Je pense à "Exercices de style" de Raymond Queneau. Dans cette pièce,l'auteur conte et rabâche toujours la même histoire mais de multiples manières différentes. Dans "l'augmentation", l'histoire ne se termine jamais car la requête n'aboutit pas. La performance des acteurs est à couper le souffle. Ils jonglent avec les mots, à vive allure, et semblent parler d'une même voix à l'égal de deux jongleurs qui se passent les massues.

De deux choses l'une : soit vous allez voir le spectacle, soit vous n'y allez pas. Si vous allez voir le spectacle, de deux choses l'une : soit il y a de la place, soit il n'y en a pas. S'il n'y en a pas, soit vous abandonnez, soit vous persistez… et vous aurez raison.

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26 juillet 2019 5 26 /07 /juillet /2019 15:15
Programme OFF 2019

Programme OFF 2019

Le long voyage du pingouin vers la jungle

Spectacle de Cie l’Arsenal d’apparitions (72), vu le 15 juillet à 13 h 20 au théâtre du Centre, dans le cadre d’Avignon OFF 2019, du 5 au 28 juillet, sauf mercredi

D’après la pièce de Jean Gabriel Nordmann

Mise en scène : André Roche

Interprètes: Stéphanie Boré, Eva Kovic, André Roche

chansons et musiques originales de Dmitri Negrimovsk

Genre : spectacle musical

Public : jeune public à partir de 5 ans

Durée : 50 min

Petit Pingouin est fatigué de vivre dans un monde noir et blanc. D’ailleurs, lui-même est noir et blanc ! Il rêve de découvrir le monde des couleurs, dont lui a parlé son grand père, et de rencontrer les animaux de la jungle. Il finit par entreprendre un voyage mouvementé, plein de péripéties,  mais riche de rencontres variées,  qui le mènera en Afrique, où il sera accueilli comme un roi. Mais trouvera-t-il ce qu’il est venu y chercher… ?

André Roche a choisi de faire de cette pièce de JG Nordmann, une sorte de comédie musicale  pour trois interprètes. Eva Kovic est Petit Pingouin, pendant que les deux autres comédiens se partagent les rôles des animaux et des personnages que le jeune pingouin rencontre, une sirène, une pieuvre, une baleine, des marins, une africaine, des animaux de la jungle…etc.  

Les personnages et animaux utilisent pour s’exprimer diverses techniques vocales, chanson, chant lyrique, slam, sur des compositions originales de Dmitri Negrimovsk.

Une grande carte du monde occupe le fond de scène.  La lumière qui accompagne le périple du pingouin passe des tons bleus évoquant le froid,  aux teintes chaudes orangées, au fur et à mesure que le pingouin se rapproche des pays du Sud.

Le pingouin est bien représenté avec un costume noir et blanc, pantalon large blanc, chemise blanche, redingote noire, chapeau melon noir. L’évocation de certains  animaux (pieuvre, baleine, sirène)  sur de grands cartons, au moyen d’un graphisme stylisé, inspiré des illustrations des romans d’aventures d’autrefois, ne m’a pas réellement convaincue. D’autant plus que pour ce qui concerne la pieuvre, la structure montée sur roulettes n’étant pas autonome, devait être poussée par une tierce personne pour entrer et sortir de scène…   Mes autres personnages m’ont paru bien plus intéressants, notamment ceux arborant des masques, comme la femme  et les animaux d’Afrique.

Finalement, cette proposition nous donne à suivre un joli voyage pédagogique, qui, sur les traces d’un jeune pingouin téméraire, permet d’aborder avec les enfants des notions de géographie, mais aussi de découverte d’autres pays et d’autres peuplades… Mais s’il est bien d’être curieux, il faut aussi savoir regarder et apprécier ce qui est simplement à côté de nous. Il m’a semblé que de nombreux enfants connaissaient ce texte et ils ont suivi la représentation avec une grande attention.    

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26 juillet 2019 5 26 /07 /juillet /2019 09:27
Jeune, joyeux et serein

"Un festival jeune, joyeux et serein" , c'est ainsi que Pierre Beffeytte, président de AF&C et une partie de son équipe, nous ont présenté jeudi 25 juillet au village du Off le bilan provisoire de l'édition 2019

Selon eux, le bouche à oreille fait remonter une bonne qualité artistique des propositions présentées, qui semble être le fruit du travail de sensibilisation et de l'attention portée à cette dimension par l'équipe d'AF&C. Par ailleurs, le festival dispose d'une belle exposition médiatique avec une présence en progression de la presse internationale, et d'une belle visibilité au niveau politique avec la venue du ministre de la culture et de plusieurs personnalités de haut rang. Nous avons pu constater sur place ces évolutions.

L’équipe du festival reste sensible à la question de la fréquentation du public qui reste un point notable en ces derniers jours après 3 semaines de festival. Avec environ un million de billets vendus pour 3,5 millions de places disponibles, la question de l’élargissement des publics reste entière. Ces chiffres (présentant ainsi un taux de remplissage moyen de 28%) repris par le président de AF&C, et qui circulent depuis plusieurs années, ne reposent sur aucun fondement, alors même que chaque salle à l’obligation de déclarer sa billetterie pour l’administration fiscale, ainsi que pour d’autres organismes. Mais il n'y a aucune centralisation pour apporter un indicateur fiable et indispensable à la bonne santé du festival. Le public reste encore trop souvent l’oublié des enjeux du festival.

Pierre Beffeytte, répondant à notre question sur ce point, nous indique que les chiffres seront plus précis sous trois ans, car une nouvelle réglementation sera mise en place, obligeant ainsi les lieux à déclarer leur billetterie. Nous nous en réjouissons pour le bon développement du festival.

Le conseil d’administration d’Avignon Festival & Compagnies œuvre depuis trois ans à réformer le festival et ses pratiques, sans toutefois avoir la main sur tous les rouages. Cela n’est pas simple. Néanmoins, tous les acteurs présents constatent ces efforts et les encouragent.

Bilans chiffrés selon Communiqué de presse AFC :

Spectacles et théâtres :
• 1 592 spectacles • 139 lieux dont 124 théâtres • 1 134 spectacles présentés pour la première fois à Avignon , soit 71% •  159 spectacles jeune public • 147 spectacles venus de l’étranger

Cartes d’abonnement public :

63 949 cartes vendues au 24 juillet 2019 dont 80 % en plein tarif (16€) - (62 977 en 2018, 63 133 cartes vendues en 2017) pour un montant de 950.000 € environ.
 
Billetterie Ticket’Off (au 24 juillet 2019)
• 97 530 places vendues   (pour rappel : 46 015 en 2018, 33 604 places vendues en 2017 et 30 615 en 2016) • 86 % des spectacles du festival OFF vendent des places en ligne sur ticket’OFF

Professionnels accrédités
 3 245 professionnels accrédités, dont 2 640 professionnels du spectacle vivant
• 1 219 programmateurs
• 1038 programmateurs non décisionnaires - prescripteurs
•  259 institutionnels
•  124 diffuseurs

605 journalistes, dont 82 de presse étrangère :
 
Fonds de soutien à la professionnalisation d'Avignon Festival & Compagnies

Basé sur un système de solidarité interprofessionnelle pour soutenir les artistes, le fonds de soutien à la professionnalisation d’AF&C s’inscrit dans la continuité du projet collectif et constitue une étape supplémentaire dans la démarche de professionnalisation du festival, l’accompagnement aux compagnies et plus largement un soutien au secteur du spectacle vivant.
En 2019, le fonds de soutien représente :

• 82 structures aidées (63 en 2018)
• 222 artistes soutenus (185 en 2018)
• 1592 représentations (1172 en 2018)
• 219 450 € de budget (174 700 € en 2018)

Opération de mutualisation de l’impression des affiches

Pour la troisième année du projet, 8 éco-packs (impressions sur papier PEFC et FCS Mix avec encres végétales) étaient proposés aux structures du festival OFF d’Avignon 2019 : au total ce sont 478 éco-packs qui ont été commandés par les compagnies, soit prés de 33% des équipes présentes.
 

Le Village du Off :
 • Plus de 85 rencontres sur des thèmes de société et liées au spectacle vivant sous l’agora du Village du OFF et sous le chapiteau du Village des professionnels :
 • 1 focus de 3 jours dédié à l’international
• 10 modules de formation professionnelle en partenariat avec l’AFDAS et Illusion et Macadam
• 27 ateliers
 • 22 concerts au Village du OFF (tous les soirs à partir de 23h00 à l’issue des spectacles – très fréquentés avec une moyenne de 700 à 900 personnes chaque soir - 500 à 600 en 2018)
• Des permanences de nos partenaires au Village des professionnels (Audiens, Cultures du coeur 84, Groupe Profession Spectacle, l’Endroit (Artdam et Culture action) le CAC, Opale, Proarti, Région Hauts de France, Sacem, SNES, Spedidam, stand Culture et ESS (CRESS PACA, Ufisc, Synavi, CFMJC).
• 19 apéritifs professionnels (moment de convivialité pour les compagnies, théâtres et professionnels du spectacle vivant du mardi au dimanche de 18h à 20h au Village des professionnels).

 
Outils numériques et site internet : www.avignonleoff.com

Un site internet ressources avignonleoff.com refondu cette année avec des visites en forte hausse : statistiques (du 15 juin au 24 juillet 2019) :
 340 915 utilisateurs en 2019 (275 498  en 2018, 167 069 en 2017)
 • 89,98 % de France
• 809 803 sessions en 2019 (595 664 en 2018, 303 863 en 2017) • 6 minutes 41 en moyenne par session en 2019 (7 minutes 25 en 2018) • 4 533 544 pages vues en 2019 (3 739 056 pages vues en 2018)

Carte Interactive :

Une nouvelle carte interactive regroupant les lignes de bus, de train, les hébergements, points d’accueil, lieux de spectacle, etc. : http://www.avignonleoff.com/venir-se-deplacer-se-loger/ (Existe également en version PMR : https://carte-interactive.avignonleoff.com/accessibilite.html)

Revue de presse

Entre le 5 et le 24 juillet : • 240 articles dans la presse nationale • 660 articles dans la presse régionale • 1 880 articles dans la presse en ligne / blogs

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