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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
Vous y trouverez l'ensemble des commentaires de nos correspondants sur les spectacles qui ont été vus. Ce service est en ligne en accès libre depuis février 2007.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

19 juillet 2014 6 19 /07 /juillet /2014 12:36

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Spectacle de "L’Attraction Céleste" (32), vu à "Midi-Pyrénées fait son cirque en Avignon" (du 10 au 26 juillet 2014), Ile Piot, le 15 juillet 2014.

 

Conçu, créé et interprété par : Servane Guittier et Antoine Manceau.

 

vivant-3-toiles-4Genre : Duo de clown musical

Durée : 55 min

Public : dès 8 ans

Création 2011

 

Bibeu et Humprey entrent dans l’arène croulant sous le poids de tout leur matériel, enfin surtout Humphrey. Mais le public n’est pas à la hauteur. Bibeu n’aime pas ça. Qu’à cela ne tienne, elle ressort. Les applaudissements pleuvent enfin. C’est bien, la représentation peut commencer.

 

Au vu de leur barda, ils sont certainement venus pour jouer de la musique. Accordéon, concertina, scie musicale, trompette, clarinette, claquettes, ces deux-là ont plus d’une corde à leur arc. Mais c’est sans compter sur leur maladresse et leur cocasserie… Nous sommes face à deux clowns, deux vrais. Le spectacle sera situationnel ou ne sera pas. Leur rapport naïf au monde nous recentre sur l’essentiel, le rapport à l’autre. Que le spectateur ne s’installe pas trop confortablement sur le gradin car sa participation est ici nécessaire au déroulement de l’action. Ils sont touchants, attachants, exaltants dans leur relation et dans leur rapport au monde. Le jeu des deux interprètes est superbe. Ils sont transcendés par leurs clowns et emmènent le public avec eux. Et quand, enfin, ils parviennent à jouer de leurs instruments ce sont de vrais virtuoses qui apparaissent sous les yeux du spectateur.

 

Si ce spectacle ne s’adresse pas directement aux enfants, il s’adresse pourtant bien à chaque enfant qui est en nous. Les situations dans lesquelles leur maladresse les mène sont vraiment drôles et le public rit franchement. La sensibilité qui ressort de ces deux personnages est touchante et ne laisse pas indifférent.

 

Hélène L

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19 juillet 2014 6 19 /07 /juillet /2014 12:25

Droit-dans-le-mur--c--Brice-Butane.jpg

Spectacle du "Collectif Prêt à Porter" (31), vu à "Midi-Pyrénées fait son cirque en Avignon" (du 10 au 26 juillet 2014), Ile Piot, le 15 juillet 2014.

 

De et par : Anaïs Lafont et Thomas Bruyas

Mise en scène : Stéphane Filloque.

 

vivant-3-toiles-4Genre : Théâtre de rue acrobatique

Durée : 45 min

Public : tout public

Création 2014

 

Il arrive en éclaireur pour confier au public le caractère exceptionnel de cette représentation : ce soir c’est le grand soir, il va la demander en mariage. Il a tout préparé, un discours, des accessoires de fête, la bague est bien au chaud dans sa poche et même le public est là pour témoigner de cet instant unique. Elle c’est Stéphanie, sa partenaire de jeu depuis dix ans ! C’est sûr elle l’aime aussi. Il voit d’ici sa réaction, anticipe ses moindres gestes, ça va être fantastique, il en est certain. Mais Stéphanie ne l’entend pas de cette oreille et la représentation va déraper, leurs numéros vont dérailler et le duo va exploser.

 

Acrobates avant tout, les deux compères entament leurs numéros parfaitement chorégraphiés. Portés et équilibres s’enchainent avec virtuosité, balisés par une bande son éclectique. Mais le conflit n’est pas loin et tous les moyens sont bons pour parer les élans fougueux de l’un ou les esquives intempestive de l’autre. Et c’est bientôt un combat de catch acrobatique qui se joue sous les yeux du public et en interaction avec lui. Entre jeux d’enfants s’inventant des personnages, blagues légères et lieux communs du conflit amoureux, le binôme joue de l’identification du spectateur qui se reconnaîtra certainement dans l’une de ces situations cocasses. En effet, qui ne s’est jamais entendu dire « ah tu vois, tu m’as laissé tomber », à prendre au pied de la lettre ici !  Cirque caustique, le titre prend alors tout son sens car c’est bien droit dans le mur que vont ces deux personnages affublés de costumes jaune et noir à l’image de ces pantins de crash test. Le choc est imminent.  

 

Ce soir là, la représentation est desservie par la distance provoquée par la scène. Car cette compagnie n’a pas l’habitude de ce pied d’estale et c’est bien une compagnie de terrain qui a besoin de la proximité et de l’interaction avec le public. A découvrir dans la rue absolument.

 

Hélène L

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19 juillet 2014 6 19 /07 /juillet /2014 10:21

et-l-humain-alors.jpgSpectacle de la "Compagnie Meulien" (30) et de la Cie "Le Temps de Dire" (84), Avignon Off, Maison de la parole, 19h15.

 

Textes choisis par l'artiste Bernard Meulien parmi l'oeuvre de Fernand Deligny.

 

VIVANT-3-COEURS-5


 

 

 

C'est un grand bonheur de retrouver sur scène l'homme de théâtre Bernard Meulien. Par son talent, il  a contribué, sur scène en Avignon puis en de nombreux lieux, à faire mieux connaître les textes de Gaston Couté, Tristan Corbières, Jean Rictus. 

 

En ce Festival 2014, Bernard Meulien nous revient avec l'itinéraire de vie d'un homme au coeur ouvert à l'autre quel qu'il soit, il nous invite à la découverte de la vie et de l'oeuvre de Fernand Deligny. C'est le témoignage d'un homme éducateur, écrivain, poète combatif qui engagera sa vie pleinement auprès des "fous", des autistes, des délinquants. Rebelle, peu décidé dès sa jeunesse à faire ce qu'on lui dit pour coller à l'ordre social, Deligny se démènera sans cesse face aux institutions et aux idées reçues. Homme de terrain, il a laissé une oeuvre trop méconnue (roman, nouvelles, journal d'éducateur, films dont "Le moindre geste").

 

L'acteur Bernard Meulien vit à Monoblet (village gardois au pied des Cévennes) et c'est là que démarre le spectacle, plus précisément à Graniès (hameau de Monoblet), là où l'auteur âgé vivait et où il décède en 1996. Une remontée du temps qu'il commence devant sa fenêtre, en évoquant : l'enfance, la guerre, l'asile psychiatrique. Réceptif à la sensibilité extrême de ces êtres que l'on maintient "à l'écart", Deligny s'insurge: "Est-ce cela notre vie? [...] Rimbaud, Van Gogh, vous dont le déséquilibre a laissé une trace gigantesque. Dites-leur : l'homme est affaire d'imagination créatrice et non référence à des lois".

Deligny est une référence par ses écrits ("Graine de crapule"), et il est aussi l'initiateur, dès 1950, de "la grande cordée", un système avant-gardiste pour l'époque, qui consiste à sortir le jeune délinquant de son milieu naturel, de son environnement souvent négatif, et à lui faire vivre un apprentissage à travers des rencontres avec des artisans et des familles prêts à jouer le jeu.

Deligny frondeur n’aime pas les méthodes coercitives. Il sait que l’épanouissement du jeune se fait par la stimulation de ses capacités, de son imagination, de sa créativité. Dans ses pratiques avant-gardistes en tant qu’instituteur spécialisé, il a plutôt montré des aptitudes à la révolte qu’à la marche au pas: "J'en veux énormément au cancer capitaliste qui va atteindre le coeur, il est certain que cela va encore tuer un moment dans la cité, et demain?" Vivre et penser au plus près de l'humain, tel fut le projet de vie de Deligny.

 

Personnellement, je méconnaissais cet auteur, cette vie riche nourrie de l'attention à l'autre. Un énorme remerciement au travail accompli par Bernard Meulien: s'imprégner de l'oeuvre intégrale de Deligny, en extraire  l'essentiel et nous le restituer à nous, public.

Servi par ton talent, ton professionnalisme largement alimenté de tes tripes, de ton coeur, de l'humanité qui est la tienne, tu vis et tu penses au plus près de l'humain et tu nous transmets ainsi l'essentiel.

Un coup de coeur pour ce spectacle sensible et engagé. 

 

Lydie-Gisèle Brogi

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19 juillet 2014 6 19 /07 /juillet /2014 09:05
akumulus_pendus.pngVu le 18 juillet 2014 au C.H.R.S Croix Rouge, lors du festival Avignon Off.
Spectacle de la compagnie Kumulus, Barthélemy Bompard et Nadège Prugnard. 

Interprètes : Eric Blouet, Barthélemy Bompard, Thérèse Bosc, Céline Damiron, Nicolas Quilliard
 Technique : Djamel Djerboua
 Son : Ugo Walter

vivant-3-toiles-4Genre : Théâtre punk, scènes violentes, réalistes, romantiques
Public : Peut heurter la sensibilité des plus jeunes
Durée : 45 minutes


Démarrer le festival d'Avignon en choisissant « Les Pendus », texte de Nadège Prugnard, mis en scène par Barthélémy Bompard, c'est forcément vouloir immédiatement un coup de poing dans les oreilles et dans le ventre, un coup de poing dans les yeux, d'expressionisme et de réalité crus.

4 potences. 4 pendus. 2 bourreaux. Le public.

Le gars Bompard est inspiré par le travail du peintre néerlandais Jérôme Bosch (auteur du  Jardin des délices), et par Alain Platel, le chorégraphe et metteur en scène belge (obsédé par l’idée du neuf). La scène (4 gibets) nous plonge dans une réalité à fleur de peau, dont on ne connaît pourtant pas l’expérience. Ca a l'air si vrai que, dans un instant, on s’en doute,  nous verrons mourir 4 personnes, devant notre « caméra des yeux ».
Une mort publique et théâtrale.
Du statut d’intermittent ? Ça pourrait. Le metteur en scène le rappelle en début de spectacle. Dans son costume de bourreau.

Sans le public, pas de montée à l’échafaud.  

Dans une scénographie simple et efficace, les 4 condamnés à mort et leurs bourreaux vont dévoiler au public une expérience complètement unique de la mort : les paniques qui précèdent, la dernière microseconde où le sol se dérobe, les halètements qui suivent, et les cris qui renaissent du néant,  quand les 4 âmes, cœurs, corps lourds de pendus continuent de gueuler leur soif de liberté au monde, encore, après la mort.

L’incompréhension, la peur, la panique de la mort et du néant ; la honte, la sentence brutale par un système méprisable et injuste ;  le rêve, la plongée dans le vide, le frisson, les interrogations « J’me sens vide », «  je tombe ». Les mots, les flots de mots qui vous submergent pendant cette fraction de seconde, où l’on cherche à comprendre, à lutter, où l’on voit des milliers de choses que l’on veut dire, décrire, qui ne finissent jamais tant qu’on n’est pas mort, tant qu’on a la liberté de continuer à parler, comme des choses encore à dire, qui viennent, dans le désordre, par convulsion, comme des flash, des bouts de phrases et de vies qui survivent dans la panique de pas savoir ce qu’il faut dire, dans la panique de pas pouvoir tout dire, de perdre tout, sa dignité, sa liberté, ses rêves, ses idéaux, comme un réveil soudain parce qu’on sait qu’on va mourir, des « bourre ta gueule mort frappe crie », […] des « fucking bullshit » . Ça percute, ça slamme, ça éructe, ça ne finit jamais de dire.
C’est provocateur, c’est brutal, c’est violent.
Et pourtant c’est romantique.
La liberté et le punk chez Nadège Prugnard c’est sacré. Mais l’amour aussi.
Et ça doit se faire lentement, avec du rouge, même après la mort, parce que ça doit rester immortel. Et ça doit se faire comme un cri à la liberté. Corps raidis mais libres de parler.

On découvre peu à peu l’histoire de ces 4 déclassés, de ces 4 laissés pour compte, 4 poings tendus, corps attachés et raidis qui dansent et valsent en s’égosillant dans le vide longtemps, lentement, pendant et après leur mort. Les comédiens sont suspendus ainsi pendant presque tout le spectacle, attachés pieds et poings, suspendus dans le vide. Et l’on apprend tour à tour…l’intellectuel, le manifeste du suicidé, l’émigrée musulmane sans papier, brimée par les institutions sociales et politiques, par les hommes, par les français ; la femme, artiste, violée, dépossédée, dominée ; le punk à chien, qui casse les règles qui « fait chier tout le monde », mais à qui on n’a pas donné sa chance, rébellion, « Pogo Pogo Pogo » ! Le cri, la violence ; la liberté qui menace de partir, et toujours, les mots, les mots, qui ne finissent jamais de dire et qui ne veulent pas mourir : « et cette putain d’âme qui ne veut pas s’envoler » !

Entre Pussy Riot pour le côté Punk Rock Révolté et Charles Baudelaire pour son hymne au romantisme symbolique, la langue Bompard/Prugnard est née. Interprétée par des comédiens intenses, habités.

"Pogo pogo pogo !!"  

Ce spectacle a été joué à Avignon dans une cour, en plein soleil, sous un immense et magnifique marronnier en fleurs. (Le spectacle peut aussi être joué en rue devant un mur en béton gris), et en plus, pendant le spectacle, on vous offre même des cravates et des glaces…

Danielle Krupa / www.allez-zou.fr

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18 juillet 2014 5 18 /07 /juillet /2014 11:16

spectacle woushSpectacle de Caracol Théâtre. Vu au festival d'Avignon 2014. Tous les jours à 12h45 à l'Espace Alya. 

Interprète(s) : Alicia Le Breton 
Lumières, décor : Norbert Cosotti 
Musique : Maximilien 
Costume : Loulou des Steppes 
Marionnettes : Mathilde Aguirre 
Oeil extérieur : Philippe Chanuel

 



VIVANT-3-COEURS-5Genre : Un théâtre gestuel et sensoriel pour les tout-petits avec vent, papiers et musique.

Durée : 30min 


 

Nous entrons dans une toute petite salle de spectacle. Il y a en fond sonore une forêt et des chants d’oiseaux. D’ores et déjà, nous sommes invités à rompre avec le rythme frénétique d’Avignon au mois de juillet. Tout est douceur, calme et tranquillité chez cet artiste qui, mine de rien nous accueille par sa présence neutre et bienveillante.

 

Le décor est sobre, deux jolis pieds en fer forgé sur lesquels sont accrochés des fils et cordes à linge, une malle en osier et un joli fond bleu.

 

J’avais déjà vu Alicia Le Breton dans « Noun »  et  « O ». Je retrouve avec plaisir son univers si personnel. Je sais qu’en s’appuyant sur peu d’éléments, elle sait développer un langage visuel où l’on passe d’une image à l’autre, un peu comme dans le mécanisme mental qui nous permet de faire des associations d’idées. Je ne suis pas déçue car bientôt et comme par magie, sa malle devient une nacelle de montgolfière, le drap se transforme en ciel rempli de nuages. Sous nos yeux attendris, elle fabrique à vue un petit bonhomme en papier.

 

L’histoire de ce petit bonhomme en papier suit le cours… du vent, bien sûr ! Et elle s’envole bientôt elle aussi, emportée dans son rêve et nous la suivons, nous même, embarqués par la poésie des images.

 

Dans "Woush un petit air", l’artiste s’est enrichie de la parole avec quelques phrases ici ou là et deux ou trois chansons courtes et efficaces. Mais c’est son travail autour de la marionnette qui me laisse le plus admirative. Ces marionnettes sont merveilleusement bien pensées, elle utilise divers techniques selon les besoins de ses tableaux. Tout le spectacle est truffé de trouvailles et de surprises et les images sont extrêmement poétiques. Je n’en dit pas plus et je vous encourage vivement à aller voir ce petit bijou conçu pour les tout-petits et dont vous ressortirez grandi quelque soit votre âge. 

 

Marie-Madeleine Pons

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18 juillet 2014 5 18 /07 /juillet /2014 09:07

Don-Juan-copie-1.jpg

Compagnie de La Flibuste (92), vu à Montpellier (34), Château de Flaugergues, 16 Juillet 2014, 21h.


Texte en prose de Molière (1665)

Mise en scène: Clément de Dadelsen

Avec: Etienne Beydon (Sganarelle), Benoît Chauvin (Dom Juan), Quitterie de Blignières (Mathurine et une danseuse), Clément de Dadelsen (Pierrot), Arthur Provost (Dom Carlos, Dom Louis, le pauvre, M. Dimanche, statue du Commandeur), Marie-Camille Soyer (Charlotte et une danseuse), Marion Trémontels (Elvire)

vivant-3-toiles-4Genre: comédie baroque

Public: tous à partir de 10 ans

Durée: 1h45

 

Création 2014, 3è représentation

 

Dans le cadre de la tournée "Jardins et Châteaux", la compagnie sort le théâtre de ses murs pour le faire découvrir à tous les publics dans des parcs, jardins, bastides, châteaux.

 

Trois cents spectateurs sont installés sur des chaises, dehors, devant la superbe façade de Flaugergues (XVIIè), nimbée par une chaude couleur de soleil couchant. Rappelons l'intrigue : Dom Juan, gentilhomme libertin prêt à tous les mensonges pour séduire les femmes et satisfaire immédiatement ses désirs, s'en désintéresse ensuite et les délaisse sans égard. Bien que plein d'élégance et de grandeur, il ne paie pas son créancier M. Dimanche, abuse Mathurine et Charlotte, paysannes naïves, humilie Pierrot, et repousse Elvire qu'il a autrefois faite sortir du couvent pour l'épouser. Malgré les mises en garde de son valet Sganarelle et d'Elvire, Dom Juan ira brûler en enfer, lors d'une brève confrontation avec la statue du Commandeur qu'il a autrefois tué en duel. La conclusion de la pièce est confiée à Sganarelle.

 

Clément de Dadelsen propose une version de Dom Juan à la fois fidèle et pleine de créativité, de mouvement, de contrastes. Baroque, écrite sans unité de temps, d'action, ni de lieu, cette pièce fut jouée à l'époque avec force machineries. Si La Flibuste respecte l'esprit de Molière et sa verve comique sur une intrigue tragique, elle fait preuve également d'une liberté d'interprétation maîtrisée et efficace. J'ai apprécié le contraste entre la pureté du décor architectural et le foisonnement théâtral : diversité de jeux, costumes parfois décalés, accompagnement musical baroque. Dans le même esprit, la mort de Dom Juan, sobre et sans scénographie explosive, s'accompagne d'un chant funèbre qui prend à la gorge. Dès l'ouverture, l'atmosphère est inquiétante : un crâne veille sur la marche de l'entrée et une sombre apparition longe la façade. Dans une scénographie humoristique, le crâne, à la scène I, remplacera à la fois la tabatière de Sganarelle et son interlocuteur Gusman... pour reprendre ensuite son rôle d'outre-tombe. L'étrangeté et l'originalité du spectacle sont accentuées par de beaux intermèdes dansés en improvisations par M.-C. Soyer et Q.de Blignières, spectres masqués grimaçants à la gestuelle violente et échevelée et aux courtes robes déchiquetées.

 

B. Chauvin joue ici un Dom Juan élégant, cynique, hypocrite et enjôleur, méprisant et sûr de lui mais complexe, qui dégage curieusement, malgré - ou par - tous ses défauts, une certaine humanité. En scène quasiment du début à la fin, il assure une très belle performance, même si, encore au tout début de la tournée, son rôle peut évoluer. E. Beydon, excellent Sganarelle à l'antithèse de son maître, sert de révélateur à la nature profonde de Dom Juan. Peu à l'aise dans les discours, superstitieux, timoré et contraint de suivre Dom Juan, il tente sans cesse de le raisonner. Que de ressorts comiques dans ce duo bien campé par les deux comédiens ! Les rires fusent dans le public, relâchant toutes les tensions de la tragédie. Elvire Impressionnante dans son désespoir et émouvante dans sa générosité, les paysans, vrais, drôles et touchants, avec un accent picard compréhensible, Don Carlos offensé dans son honneur et Don Louis en père blessé, tous sont excellents. Notons les cinq rôles assurés avec talent par A. Provost. La musique magnifie la pièce avec des morceaux sélectionnés avec soin, émouvants, merveilleux ou tragiques. Quant aux costumes, très recherchés, ils sont esthétiques et attractifs, comme toujours avec La Flibuste. Ce fut une très belle soirée, où chacun a pu ensuite échanger ses impressions avec les comédiens autour d’un pot sympathique.

 

Ce beau spectacle créatif et alerte rend accessible au public une pièce différente des autres oeuvres de Molière. Parfaite pour les scolaires, cette belle mise en scène de ce personnage mythique peut séduire tous les âges. Accueillie dans des lieux de styles très différents, chaque représentation exige de grandes capacités d'adaptation de la part de toute la compagnie et réserve au public la surprise de la découverte.

 

Catherine Polge

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17 juillet 2014 4 17 /07 /juillet /2014 09:05

spectacle_sherlock.jpgSpectacle de Julien Masdoua par la Compagnie de Capitaine. Vu au festival d'Avignon 2014 à 18h à Art en Scène Théâtre.

 

Interprète(s) : Julien Masdoua, Robert Tousseul, Marion Trintignant, Philippe Hassler, Vincent Cal 

Régisseur : Grégory Daubas 
Costumier : Thomas Laporte 

 

vivant-3-toiles-4Durée : 1h40

 

 

 

 

 

Tout le monde connaît Sherlock Holmes, bien sûr, mais c’est la première fois que je vois le héros de Sir Arthur Conan Doyle mis à l’honneur dans un spectacle. C’est la Compagnie du Capitaine qui s’en charge ici et plus particulièrement Julien Masdoua qui écrit et met en scène ce personnage si connu et peut être à la fois méconnu. L’humour est le maître mot dans cette compagnie qui a commis déjà moultes spectacles et qui nous vient de l’Hérault. Une fois de plus, je reconnais le style de Julien Masdoua, l’autodérision, le décalage, et le sens de l’improvisation.

Le spectacle commence dehors sur la place devant le théâtre, j’aime beaucoup ce décloisonnement de l’espace scénique, cela change les codes, l’acteur se met en danger. C’est de bon augure pour la suite.

Je connais, pour les avoir lu, les écrits d’Arthur Conan Doyle et je suis heureuse de retrouver dans la proposition de Julien Masdoua un condensé des éléments les plus connus, revisités avec intelligence et surtout humour. Le public rit de bon cœur face à la troupe nombreuse qui enchaîne les gags. Les comédiens sont justes et nous prenons un vrai plaisir à découvrir un Sherlock Holmes espiègle incarné par Julien Masdoua. Je n'ai pas été déçu par sa façon désopilante de jouer du violon...

Au regard de la chaleur qui règne dans  la salle et de l’étroitesse des bancs sur lesquels nous sommes assis, je trouve que le spectacle est un peu long (1h40). C’est un peu dommage car la fin est originale, surprenante et en même temps dans l’état d’esprit des romans sur Sherlock Holmes. Je ne peux en dire plus, je me dois de vous laisser découvrir le revirement de situation ultime...

Un bon spectacle donc, fidèle à l’identité de la Compagnie du Capitaine et qui donne une image décalée du fameux détective.

 

Marie-Madeleine Pons

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17 juillet 2014 4 17 /07 /juillet /2014 08:53

 spectacle_dans-l-oreille.jpgSpectacle de Roland Nadaus de la Compagnie Courte Echelle. Vu au festival d'Avignon 2014 à 10h00 à l’Ecole du spectateur.

 

Interprète(s) : Claudine Serme, Anaïs Serme 
Régisseur : Martin Riguet 
Chargée de production : Audrey Bourdillon

VIVANT2-toiles-3Genre : Conte jeune public

Durée : 45 min

 


« Dans l’oreille du géant » est un recueil de 16 petites histoires poético-loufoques de Roland Nadaus. La compagnie du théâtre de la courte échelle a choisi dans ce spectacle de mettre en scène quatre de ces jolis contes. J’aime particulièrement l’histoire de Bouboule le loup blanc, une sorte de Petit Chaperon rouge. Dans cette histoire, les loups sont tout-petits et les enfants sont des géants.  La narration des deux comédiennes est fluide, elles content, jouent et manipulent des figurines de papiers dans un quatre mains bien réglé. Le rythme des propositions est bien étudié, il n’y a pas de longueur. Une petite boîte à musique vient signifier le démarrage d’une nouvelle histoire. C’est un petit rituel intéressant à plus d’un titre.

Malgré cela,  je n’arrive pas à accrocher au spectacle et je pense que c’est en grande partie la faute au visuel. Je trouve le décor un peu pauvre et sans justification. Les figurines en papier ne vivent pas vraiment. Elles symbolisent les héros mais ne les incarnent pas. Le théâtre d’ombre présent dans ce spectacle est une belle proposition mais pour l’instant un peu flou dans sa réalisation. Je trouve cela un peu dommage car ce spectacle ne manque pas d’attraits ni de propositions créatives. Les chansons présentes dans le spectacle sont réussies, et me donnent à penser que les deux comédiennes connaissent bien l’univers des enfants. En tout cas, "Dans l'oreille d'un géant" est un spectacle qui m'a donné envie de découvrir les écrits de l’auteur Roland Nadaus. C’est déjà une réussite en soi.

 

Marie-Madeleine Pons

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17 juillet 2014 4 17 /07 /juillet /2014 08:40

 

spectacle_siege.jpgSpectacle de danse par la Compagnie des baigneurs. Vu au festival d'Avignon 2014 à 10h45 au Théâtre Golovine

 

Interprète : Sara Martinet 
Accompagnement artistique : Claire Heggen, Yan Bernard 
Régisseur : Franck Lopez

 

 

 

 

 

 

 

vivant-3-toiles-4Genre : Danse - Duel entre corps et objet

 

Durée : 22 minutes

 


Sur scène, une chaise haute installée sur un rectangle de tapis vert doux et épais. Voici pour l’objet. Le corps, c’est celui de la danseuse Sara Martinet, elle commence son solo de danse en nous tournant le dos, dans le silence et l’immobilité la plus totale. Il me semble qu’elle nous propose de partir de zéro, du rien.

Ces premiers mouvements sont nerveux, frénétiques et saccadés, il y a conflit  entre bras et tête. Le siège reste immobile,  comme un monolithe imperturbable qui ne bougera pas d’un milimètre quoiqu’elle fasse. Sara Martinet gesticule, se démène s’accroche à la chaise, la traverse par dessous, au dessus, s’arrache d’elle, virevolte.  Elle est en guerre, elle fait le siège du siège et ce combat inutile  l’amène aux portes de l’absurde voir à la limite du clown. En contorsion et en équilibre  sur de minuscules points d’appui, sa prouesse est également acrobatique.

Elle se bat, seule face à cet objet qui est, par définition, insensible à l’énergie déployée.  L’image est belle,  la métaphore est parlante, elle m’évoque Don quichotte et ces moulins à vent. La bataille contre l’objet est vaine, perdue d’avance...  Dès que la musique apparaît, ses mouvements se font amples, lents et gracieux. Elle danse maintenant avec le siège. Elle a renoncé à mettre son énergie dans un combat sans perspective et  s’appuie sur l’objet pour développer son expression.

Ce qui est intéressant pour une spectatrice comme moi, qui n’a pas à priori la culture adéquate, c’est que l’artiste ne me perd pas dans un discours abscon mais au contraire me familiarise avec le code de la danse contemporaine. Je garde le fil grâce à  une construction chorégraphique rigoureuse, expressive et cohérente. 

C'est un spectacle de 22 minutes accessible à tous, à voir donc !

Marie-Madeleine Pons

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16 juillet 2014 3 16 /07 /juillet /2014 08:28

 democratie

 

 

 

 

 

 

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Le théâtre est un acte politique et il est important de le rappeler dans la diversité des propositions présentées cette année encore pendant le Off d’Avignon. C’est pourquoi, je tiens à vous présenter une initiative notable, intitulée « la semaine de la démocratie », et composée de plusieurs rendez-vous jusqu’au 27 juillet et de plusieurs spectacles.

 

L’idée est de mettre en avant le fait que nous ne vivons pas vraiment dans une démocratie, au sens du pouvoir du peuple, mais plutôt dans une oligarchie, voire une ploutocratie. Là-dessus, beaucoup d’entres nous sont d’accords. 

 Pour mettre en place une vraie démocratie, l’idée défendue par Etienne Chouard et portée par « les Gentils virus », un groupe informel d’individus visant à faire connaître sa démarche, est d’inviter les citoyens à écrire la constitution, texte qui permet d’établir les règles du contrôle du pouvoir. Or, ces textes étant écrits par des politiques, il est évident qu’ils mettent davantage en avant les règles permettant de servir leurs intérêts, que celles offrant une vraie possibilité aux citoyens de prendre en charge leur destin et de servir le bien commun.

 

Expliqué comme cela en deux mots, cela peut vous sembler obscur. Néanmoins, l’argumentation et la démarche sont vraiment pertinentes, et vous trouverez dans ce commentaire des liens pour explorer la question.

Pour cela, à l’occasion du festival, j’ai pu assister à la conférence d’Etienne Chouard, mercredi 9 juillet et participer à un atelier constituant, pour justement s’entrainer à écrire un article de la constituante. En fin de journée, du Théâtre Forum était proposé avec « Des orties dans les plates-bandes municipales », où le public assistait en direct à un conseil municipal en tentant de voir les dysfonctionnements éventuels et afin de réagir en direct. Une expérience intéressante qui permet à chacun de se frotter à la réalité du terrain, même de façon théâtrale (également les 14, 15, 17 et 21 juillet aux ateliers d’Amphoux à 22h15).

A noter qu’au même endroit, se jouent tous les soirs, à 20h15 et à 22h15, trois spectacles ayant trait à la démocratie, au travail et à l’argent, permettant de découvrir des pistes pour sortir du marécage dans lequel nous nous trouvons. J’en ai vu un sur trois ( « la démocratie expliquée à mon député »), mais les autres sont dans la même veine ("le travail expliqué à mon patron" et "l'argent expliqué à mon banquier").

 

A l’heure où le combat des intermittents est un combat aussi pour imaginer une autre façon de voir le monde, à l’heure où ce combat est la preuve d’un déni de démocratie au sein même des instances gouvernementales, cette fête de la démocratie, qui s’articule en plusieurs rendez-vous, me semble un bol d’air frais tout à fait revigorant !

D’autres rendez-vous sont également proposés pendant tout le mois sur ce lien :

https://www.facebook.com/groups/1480529125493303/

 

Eric Jalabert 

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