Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Profil

  • www.vivantmag.fr
  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr

Bienvenue

Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
Vous y trouverez l'ensemble des commentaires de nos correspondants sur les spectacles qui ont été vus. Ce service est en ligne en accès libre depuis février 2007.
Si vous souhaitez prendre contact avec l'une des compagnies présentées, adressez nous un mail à blog@vivantmag.fr, nous vous adresserons rapidement leur coordonnées.
Découvrez sur le site www.vivantmag.fr, le catalogue des spectacles repérés... et l'ensemble des services de l'Association d'Aide à la Diffusion Interrégionale du Spectacle Vivant, l'AdAdiff.
Le Catalogue Vivant 2013/2014 des Spectacles repérés est disponible...
> Commande en ligne sur le site.

Rechercher

Mode d'emploi...

Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

17 juillet 2014 4 17 /07 /juillet /2014 09:05

spectacle_sherlock.jpgSpectacle de Julien Masdoua par la Compagnie de Capitaine. Vu au festival d'Avignon 2014 à 18h à Art en Scène Théâtre.

 

Interprète(s) : Julien Masdoua, Robert Tousseul, Marion Trintignant, Philippe Hassler, Vincent Cal 

Régisseur : Grégory Daubas 
Costumier : Thomas Laporte 

 

vivant-3-toiles-4Durée : 1h40

 

 

 

 

 

Tout le monde connaît Sherlock Holmes, bien sûr, mais c’est la première fois que je vois le héros de Sir Arthur Conan Doyle mis à l’honneur dans un spectacle. C’est la Compagnie du Capitaine qui s’en charge ici et plus particulièrement Julien Masdoua qui écrit et met en scène ce personnage si connu et peut être à la fois méconnu. L’humour est le maître mot dans cette compagnie qui a commis déjà moultes spectacles et qui nous vient de l’Hérault. Une fois de plus, je reconnais le style de Julien Masdoua, l’autodérision, le décalage, et le sens de l’improvisation.

Le spectacle commence dehors sur la place devant le théâtre, j’aime beaucoup ce décloisonnement de l’espace scénique, cela change les codes, l’acteur se met en danger. C’est de bon augure pour la suite.

Je connais, pour les avoir lu, les écrits d’Arthur Conan Doyle et je suis heureuse de retrouver dans la proposition de Julien Masdoua un condensé des éléments les plus connus, revisités avec intelligence et surtout humour. Le public rit de bon cœur face à la troupe nombreuse qui enchaîne les gags. Les comédiens sont justes et nous prenons un vrai plaisir à découvrir un Sherlock Holmes espiègle incarné par Julien Masdoua. Je n'ai pas été déçu par sa façon désopilante de jouer du violon...

Au regard de la chaleur qui règne dans  la salle et de l’étroitesse des bancs sur lesquels nous sommes assis, je trouve que le spectacle est un peu long (1h40). C’est un peu dommage car la fin est originale, surprenante et en même temps dans l’état d’esprit des romans sur Sherlock Holmes. Je ne peux en dire plus, je me dois de vous laisser découvrir le revirement de situation ultime...

Un bon spectacle donc, fidèle à l’identité de la Compagnie du Capitaine et qui donne une image décalée du fameux détective.

 

Marie-Madeleine Pons

Partager cet article

Repost0
17 juillet 2014 4 17 /07 /juillet /2014 08:53

 spectacle_dans-l-oreille.jpgSpectacle de Roland Nadaus de la Compagnie Courte Echelle. Vu au festival d'Avignon 2014 à 10h00 à l’Ecole du spectateur.

 

Interprète(s) : Claudine Serme, Anaïs Serme 
Régisseur : Martin Riguet 
Chargée de production : Audrey Bourdillon

VIVANT2-toiles-3Genre : Conte jeune public

Durée : 45 min

 


« Dans l’oreille du géant » est un recueil de 16 petites histoires poético-loufoques de Roland Nadaus. La compagnie du théâtre de la courte échelle a choisi dans ce spectacle de mettre en scène quatre de ces jolis contes. J’aime particulièrement l’histoire de Bouboule le loup blanc, une sorte de Petit Chaperon rouge. Dans cette histoire, les loups sont tout-petits et les enfants sont des géants.  La narration des deux comédiennes est fluide, elles content, jouent et manipulent des figurines de papiers dans un quatre mains bien réglé. Le rythme des propositions est bien étudié, il n’y a pas de longueur. Une petite boîte à musique vient signifier le démarrage d’une nouvelle histoire. C’est un petit rituel intéressant à plus d’un titre.

Malgré cela,  je n’arrive pas à accrocher au spectacle et je pense que c’est en grande partie la faute au visuel. Je trouve le décor un peu pauvre et sans justification. Les figurines en papier ne vivent pas vraiment. Elles symbolisent les héros mais ne les incarnent pas. Le théâtre d’ombre présent dans ce spectacle est une belle proposition mais pour l’instant un peu flou dans sa réalisation. Je trouve cela un peu dommage car ce spectacle ne manque pas d’attraits ni de propositions créatives. Les chansons présentes dans le spectacle sont réussies, et me donnent à penser que les deux comédiennes connaissent bien l’univers des enfants. En tout cas, "Dans l'oreille d'un géant" est un spectacle qui m'a donné envie de découvrir les écrits de l’auteur Roland Nadaus. C’est déjà une réussite en soi.

 

Marie-Madeleine Pons

Partager cet article

Repost0
17 juillet 2014 4 17 /07 /juillet /2014 08:40

 

spectacle_siege.jpgSpectacle de danse par la Compagnie des baigneurs. Vu au festival d'Avignon 2014 à 10h45 au Théâtre Golovine

 

Interprète : Sara Martinet 
Accompagnement artistique : Claire Heggen, Yan Bernard 
Régisseur : Franck Lopez

 

 

 

 

 

 

 

vivant-3-toiles-4Genre : Danse - Duel entre corps et objet

 

Durée : 22 minutes

 


Sur scène, une chaise haute installée sur un rectangle de tapis vert doux et épais. Voici pour l’objet. Le corps, c’est celui de la danseuse Sara Martinet, elle commence son solo de danse en nous tournant le dos, dans le silence et l’immobilité la plus totale. Il me semble qu’elle nous propose de partir de zéro, du rien.

Ces premiers mouvements sont nerveux, frénétiques et saccadés, il y a conflit  entre bras et tête. Le siège reste immobile,  comme un monolithe imperturbable qui ne bougera pas d’un milimètre quoiqu’elle fasse. Sara Martinet gesticule, se démène s’accroche à la chaise, la traverse par dessous, au dessus, s’arrache d’elle, virevolte.  Elle est en guerre, elle fait le siège du siège et ce combat inutile  l’amène aux portes de l’absurde voir à la limite du clown. En contorsion et en équilibre  sur de minuscules points d’appui, sa prouesse est également acrobatique.

Elle se bat, seule face à cet objet qui est, par définition, insensible à l’énergie déployée.  L’image est belle,  la métaphore est parlante, elle m’évoque Don quichotte et ces moulins à vent. La bataille contre l’objet est vaine, perdue d’avance...  Dès que la musique apparaît, ses mouvements se font amples, lents et gracieux. Elle danse maintenant avec le siège. Elle a renoncé à mettre son énergie dans un combat sans perspective et  s’appuie sur l’objet pour développer son expression.

Ce qui est intéressant pour une spectatrice comme moi, qui n’a pas à priori la culture adéquate, c’est que l’artiste ne me perd pas dans un discours abscon mais au contraire me familiarise avec le code de la danse contemporaine. Je garde le fil grâce à  une construction chorégraphique rigoureuse, expressive et cohérente. 

C'est un spectacle de 22 minutes accessible à tous, à voir donc !

Marie-Madeleine Pons

Partager cet article

Repost0
16 juillet 2014 3 16 /07 /juillet /2014 08:28

 democratie

 

 

 

 

 

 

vivant-3-toiles-4

Le théâtre est un acte politique et il est important de le rappeler dans la diversité des propositions présentées cette année encore pendant le Off d’Avignon. C’est pourquoi, je tiens à vous présenter une initiative notable, intitulée « la semaine de la démocratie », et composée de plusieurs rendez-vous jusqu’au 27 juillet et de plusieurs spectacles.

 

L’idée est de mettre en avant le fait que nous ne vivons pas vraiment dans une démocratie, au sens du pouvoir du peuple, mais plutôt dans une oligarchie, voire une ploutocratie. Là-dessus, beaucoup d’entres nous sont d’accords. 

 Pour mettre en place une vraie démocratie, l’idée défendue par Etienne Chouard et portée par « les Gentils virus », un groupe informel d’individus visant à faire connaître sa démarche, est d’inviter les citoyens à écrire la constitution, texte qui permet d’établir les règles du contrôle du pouvoir. Or, ces textes étant écrits par des politiques, il est évident qu’ils mettent davantage en avant les règles permettant de servir leurs intérêts, que celles offrant une vraie possibilité aux citoyens de prendre en charge leur destin et de servir le bien commun.

 

Expliqué comme cela en deux mots, cela peut vous sembler obscur. Néanmoins, l’argumentation et la démarche sont vraiment pertinentes, et vous trouverez dans ce commentaire des liens pour explorer la question.

Pour cela, à l’occasion du festival, j’ai pu assister à la conférence d’Etienne Chouard, mercredi 9 juillet et participer à un atelier constituant, pour justement s’entrainer à écrire un article de la constituante. En fin de journée, du Théâtre Forum était proposé avec « Des orties dans les plates-bandes municipales », où le public assistait en direct à un conseil municipal en tentant de voir les dysfonctionnements éventuels et afin de réagir en direct. Une expérience intéressante qui permet à chacun de se frotter à la réalité du terrain, même de façon théâtrale (également les 14, 15, 17 et 21 juillet aux ateliers d’Amphoux à 22h15).

A noter qu’au même endroit, se jouent tous les soirs, à 20h15 et à 22h15, trois spectacles ayant trait à la démocratie, au travail et à l’argent, permettant de découvrir des pistes pour sortir du marécage dans lequel nous nous trouvons. J’en ai vu un sur trois ( « la démocratie expliquée à mon député »), mais les autres sont dans la même veine ("le travail expliqué à mon patron" et "l'argent expliqué à mon banquier").

 

A l’heure où le combat des intermittents est un combat aussi pour imaginer une autre façon de voir le monde, à l’heure où ce combat est la preuve d’un déni de démocratie au sein même des instances gouvernementales, cette fête de la démocratie, qui s’articule en plusieurs rendez-vous, me semble un bol d’air frais tout à fait revigorant !

D’autres rendez-vous sont également proposés pendant tout le mois sur ce lien :

https://www.facebook.com/groups/1480529125493303/

 

Eric Jalabert 

Partager cet article

Repost0
15 juillet 2014 2 15 /07 /juillet /2014 13:28

 

spectacle noémie LamourThéâtre L'arrache-coeur à 12H00                        

Spectacle de Noémie Lamour (Bête de Compagnie).

Vu au festival d'Avignon off  2014. Tous les jours au Théâtre L'Arrache-coeur à 12h.


 

Interprète(s) : Noémie Lamour, Cécile Wouters, Lydie Lefèbvre 

Régisseur : Félix Bataillou, Alix Veillon

 

 

VIVANT2-toiles-3Genre : Récital chanson pour diva et duo de chambre. 

Durée : 1h

 

Trois jeunes femmes entrent sur scène, élégantes dans leurs robes noires, elles se proposent de nous offrir le récital d’une diva et de son duo de chambre. Pas de doute, nous allons bien entendre de la musique classique avec en maîtresse de cérémonie, Noémie Lamour. Le ton est solennel mais le regard espiègle de la chanteuse nous met en confiance ;  l’autodérision est au rendez vous.

L’une au piano, l’autre au violoncelle, ses deux comparses l’accompagnent avec la rigueur qui se doit.  

Une belle voix lyrique campée dans des formes plantureuses, Noémie Lamour nous ballade sur des œuvres  de Beethoven, Henry Purcell,  Chopin, auxquelles elle adjuve qui un texte incongrue, qui une interprétation décalée ou un arrangement inattendu. L’esprit classique se plie à l’exercice de style en retraversant avec bonheur des œuvres anciennes mais pas que. Les Beatles et Britney Spears font partie du répertoire de la diva. Ce trio de musiciennes nous donne ainsi à entendre des expériences musicales originales qui s’inscrivent  dans une tradition française, le détournement d’œuvres connues. Un texte de Francis Blanche (la pince à linge) est posé sur un extrait de la symphonie n°5 de Beethoven et ça marche ! Une analyse harmonique est commentée sur une œuvre en cours d’exécution : c’est savoureux. 

Je regrette tout de même qu’elle n’aille pas plus loin dans la fantaisie, l’ensemble est, pour l’instant, un peu trop en demi teinte à mon goût.  On entend bien qu’elles s’écoutent car la musique est bien en place mais elles ne se regardent guère. Quel dommage qu'il n'y ait pas plus d’interactions entre les artistes. Nul doute qu’avec une mise en scène un peu plus poussée, les ressorts comiques montés en puissance ainsi que les caractères de chacune des musiciennes plus définis, le spectacle pourrait devenir un excellent spectacle musical.

En tout cas, il y a tout ce qui est nécessaire pour cela, musicalité, présence scénique et créativité. A suivre donc et à revoir avec plaisir dans quelques temps, histoire de laisser le temps et l’expérience patiner ce spectacle.

 

Marie-Madeleine Pons

 

Partager cet article

Repost0
14 juillet 2014 1 14 /07 /juillet /2014 17:19

La-rose-Jaune.jpgSpectacle de la "Cie Felicidad" et "Mare Nostrum" (30), Avignon Off 2014, Condition des Soies, tous les jours à 12h05.

 

Texte : Isabelle Bournat

Avec : Nathan Willcocks, Michel Raji, Kristof Lorion, Jessica Monceau, Capucine Demnard.

 

VIVANT-1-toile-2Genre : Vidéo, danse, musique

 Public : tout public à partir de 10 ans

Durée : 1h20

Création 2014

 

La très belle salle circulaire du théâtre de la Condition des Soies est un écrin incomparable. Mais cela ne suffit pas… Nous nous installons sur les gradins alors qu’est projeté sur le mur de pierres un paysage d’arbres, une forêt ensoleillée... Un individu apparaît au loin dans ce paysage et grandit jusqu’à rejoindre son double déjà présent sur l’espace scénique. Pendant la presque totalité du spectacle, cet homme en noir va se déplacer, danser en silence autour des comédiens. Qui est-il, que représente-t-il ?

 

Entrent en scène un homme et une femme. Ils s’installent à une table de restaurant. Le couple semble en crise et la dispute s’installe rapidement. Célie, jeune médecin tourmentée par des questions de bioéthique, déverse son mal-être sur son mari Gary. Au cours du repas, un vendeur de roses leur propose ses fleurs. Rapidement Gary, énervé par l’agressivité de son épouse, et Théo, le vendeur, en viennent aux mains pour un motif futile. Gary disparaît ensuite pendant que Célie s’occupe de Théo, blessé, et le raccompagne chez lui. La discussion avec Théo, personnage énigmatique, ramène Célie à la raison. Gary n’est pas responsable de sa crise existentielle .Elle part alors à sa recherche pour lui demander pardon.

 

Annoncé comme « un tourbillon de mots, de danse, de musique et d’images », c’est effectivement ce qu’est ce spectacle. L’esthétique est au rendez-vous, les acteurs ne sont pas mauvais, mais cette histoire n’a pas réussi à capter mon attention. J’ai plutôt été gênée par une mise en scène qui s’embarrasse d’inutilités… Il n’est pas indispensable en effet de disposer des couverts, des assiettes et des verres vides sur une table pour faire croire que l’on mange et que l’on boit… Et si l’on y tient absolument, peut-être faudrait-il cacher tous ces ustensiles derrière un paravent, plutôt que de les entasser dans un coin de l’espace scénique.

 

L’utilisation de la vidéo est un élément intéressant, avec les acteurs que l’on retrouve à la fois démesurément projetés sur le mur, pour des scènes en extérieur en particulier, et ensuite en chair et en os devant nous. Quant au rappeur, qui fait une brève apparition dans la vidéo, je n’ai pas vraiment compris quel était son rôle, sinon que la serveuse, qui se lie d’amitié avec Célie, en était tombée follement amoureuse, et qu’elle n’avait de cesse de le retrouver…

 

J’avais noté ce premier spectacle d’une toute jeune compagnie régionale. Les quelques lignes sur le programme avaient titillé mon attention. Mais je suis restée sur ma faim, très perplexe, même si j’ai trouvé des éléments  intéressants dans ce spectacle.

 

Cathy de Toledo

Partager cet article

Repost0
14 juillet 2014 1 14 /07 /juillet /2014 16:55

L-autoportrait.jpgSpectacle de la "Cie des Lunes à Tics" (13), Avignon Off, Espace Saint Martial, tous les jours à 16h10.

 

De : Paul Olivier

Avec : Anne-Laure Denoyel.


VIVANT2-toiles-3Genre : comédie

Public : tout public à partir de 11 ans

Durée : 1h05

Création 2014

 

 

 

Lola Lalo met la dernière main aux préparatifs du vernissage de son exposition de peintures. Elle répète son discours et a prévu de dévoiler l’œuvre majeure de cette exposition, qu’elle a tenue secrète jusqu’à ce jour. Il s’agit de son autoportrait. Mais voilà qu’alors qu’elle fait les cent pas en sirotant une première coupe de champgne, le portrait s’anime et un échange verbal des plus étranges s’installe entre l’artiste et son double… Ce texte, écrit par un scientifique après sa rencontre avec les artistes de la Compagnie, est né du parallèle qu’il a vu entre des professionnels engagés qui mettent leur énergie à changer le monde, tout en cherchant la reconnaissance de leurs semblables.


La très charmante Anne-Laure Denoyel, peut-être un peu trop BCBG pour son personnage d’artiste peintre,   engage avec son double, beaucoup plus naturel (et un peu plus découvert !), une joute verbale faite de quelques réflexions bien senties, et d’une pointe de jalousie. Mais la lutte d’egos s’oriente finalement vers des considérations plus profondes sur l’art, les motivations et le narcissisme des artistes, leur volonté de « laisser une trace », leur besoin de vouloir à tout prix expliquer a posteriori l’œuvre ou la démarche artistique, qui relève en principe de l’inspiration du moment, de la spontanéité. Mieux vaut alors ne rien dire...


Cette prestation, qui peut aussi trouver sa place en marge d’un vernissage, est une création d’une toute jeune compagnie, qui fait la part belle à la technologie. C’est une idée intéressante de donner la parole à l’œuvre, via les moyens vidéo. Mais Lola aurait-elle rêvé, ou abusé du champagne ?

 

Cathy de Toledo

 

Partager cet article

Repost0
14 juillet 2014 1 14 /07 /juillet /2014 16:54

PRECIOUS-RIDICULOUS.jpgSpectacle de "Macompagnie" (13), Avignon Off, théâtre du Balcon, tous les jours à 14h.


D’après "les Précieuses Ridicules" de Molière

Avec : Nadine Béchade, Jeanne Béziers, Martin Béziers, Gilles Favreau.

 

VIVANT2-toiles-3Genre : théâtre musical

Public: tout public à partir de 12 ans

Durée : 1h15

Création 2014

 

Pour mémoire, rappelons que "les Précieuses Ridicules" de Molière mettent en scène deux jeunes provinciales, Madelon et Cathos, fille et nièce du bourgeois Georgibus, qui souhaite les marier à deux gentilshommes du cru, certes de bonne famille, mais que les deux prétentieuses trouvent trop « rustres » et éconduisent avec mépris. Ils jurent de se venger et leur envoient leurs valets qui se prennent pour des gens de qualité. Ils se présentent sous les noms de marquis de Mascarille et vicomte de Jodelet, et Madelon et Cathos ne cessent de s’extasier devant leurs pires extravagances !

 

Comme souvent avec Macompagnie de Jeanne Béziers, la mise en scène décoiffe. C’est coloré, inventif, scintillant, évolutif… Un gigantesque escalier sur roulettes, habillé de tapisserie comme celle qui habille le fond de scène, et que l’on déplace au gré des scènes, des boules à tango, des perruques et chapeaux de couleur, des costumes multicolores et des lustres qui descendent du plafond et deviennent crinolines, le tout confectionné avec des morceaux de plastique recyclé, des maquillages outranciers… Les comédiens se déplacent sur des roulettes lumineuses fixées sur leurs chaussures, ce qui parfois peut s’avérer périlleux ! Martin Béziers, à qui l’on doit les arrangements musicaux, et Gilles Favreau assurent pour partie l’accompagnement musical au piano.

 

Cette comédie musicale animée et virevoltante met encore plus en évidence l’aspect insupportable du comportement des deux cousines, certainement trop oisives, qui fabriquent leurs cosmétiques, apprennent l’anglais, veulent s’exprimer avec préciosité, comme dans les salons parisiens. Peut être souhaitent-elles seulement s’émanciper, mais en comblant le vide de leur existence de cette façon, elles tombent dans une autre forme de dépendance, celle d’un parisianisme forcené, qui fait d’ailleurs dire à Mascarille « Pour moi, je tiens que hors de Paris, il n’y a point de salut pour les honnêtes gens ».

 

Malgré le dynamisme du jeu et de la mise en scène, j’ai trouvé quelques longueurs dans ce spectacle, encore bien jeune puisque créé en janvier 2014. Laissons lui donc le temps de maturation indispensable !

 

Cathy de Toledo

 

Partager cet article

Repost0
13 juillet 2014 7 13 /07 /juillet /2014 14:51

Fuck-America-Visuel-Avignon.jpgSpectacle du "Réseau (théâtre)" & "CAP Etoile - La Fabrique" (93), Avignon Off 2014, théâtre Le Grand Pavois,  tous les jours à 12 h 10 (relâche le 16.07)

 

D’après le roman éponyme de Edgar Hilsenrath

Avec : Corinne Fischer, Bernard Bloch, Vincent Jaspard, Thomas Carpentier (violon).

 

VIVANT-3-COEURS-5Public : tout public à partir de 13 ans

Durée : 1h10

 

 

Je dois avouer que je ne connaissais pas Edgar Hilsenrath, et le nom de la pièce, qui est aussi celui de l’ouvrage dont elle est tirée, ne m’avait pas vraiment motivée. De fait, je suis tombée par hasard sur un article de presse, à propos de ce spectacle, qui m’a laissé à penser qu’il  était finalement ridicule de s’en tenir à un titre !


L’histoire de Jakob Bronski, le personnage du roman, c’est aussi celle d’Edgar Hilsenrath. A la fin des années 30, Nathan son père n’a pu obtenir de visas pour emmener sa famille aux USA et fuir l’Allemagne et la montée du nazisme. Après avoir été spoliée, maltraitée, la famille fuit vers la Roumanie, se retrouve ensuite dans un ghetto en Ukraine, échappe par miracle à la mort. Après la guerre, après un passage par la Palestine, tous se retrouvent pour un temps en France, et émigrent enfin aux USA au début des années 50. Mais le rêve américain s’avère être un cauchemar. Jakob ne s’adaptera jamais à ce pays, ni même à sa langue. Il vit comme un clochard, de petits boulots, solitaire, en manque d’amour, et disons le clairement, de sexe ! C’est ce qui l’obsède, de même que l’écriture de son roman, comme une thérapie, qui s’avère difficile compte tenu de ses conditions de vie…  Il regagnera finalement l’Allemagne qui n’a cessé d’être son pays, après plus de 20 ans d’exil.


C’est Jakob qui raconte son histoire par le biais de dialogues percutants, parfois absurdes ou grotesques,émaillés de mots osés, parfois très crus, bien souvent empreints d’un humour caustique, grinçant. Bref, politiquement incorrect ! Cette écriture jubilatoire est servie par un jeu d’acteurs net et concis et une mise en scène rigoureuse, dans un décor sobre, pendrillons noirs, trois tabourets éclairés chacun par une lampe suspension. Vincent Jaspard incarne un Jakob égaré dans un monde où il ne se reconnaît pas. Bernard Bloch et Corinne Fischer se partagent les autres personnages que croisent Jakob au long de ses années d’errance. Sur le plateau, à cour se tient le violoniste qui rythme les changements de scène par de brèves interventions musicales.


Un grand moment de théâtre… Qui m’a donné envie de me plonger dans l’œuvre de cet auteur aujourd’hui âgé de 88 ans, qui donne des airs à la fois à Einstein et à Popeck.

 

Cathy de Toledo

Partager cet article

Repost0
13 juillet 2014 7 13 /07 /juillet /2014 12:15

Le Cabaret des filles photoSpectacle de la Cie "Etincelles" (93), Avignon Off, vu le 10 Juil. 2014, 17h30,  Espace Roseau.

 

Création collective

Auteure associée : Carole Prieur

Mise en scène : Vanessa Sanchez

Interprètes : Déborah Coustols (la femme solo), Laurence Despezelle-Pérardel (la femme pleine, la femme écartelée), Emmanuel Leckner (animateur), Sarah Taradach (la femme à demi)

Chorégraphies : Jessica Fouché.


vivant-3-toiles-4Genre : théâtre

Durée : 1h20

Public : tous à partir de 14 ans

Création 2014

 

"Décloisonner les genres et mêler les publics" sont les moteurs de la Compagnie Etincelles, créée en 1991.

 

Spectacle féminin et féministe aussi, il met en scène trois jeunes femmes, artistes de cabaret, et un jeune animateur, seul homme. Ils se préparent entre deux scènes et discutent. Toutes trois vivent différemment  l'émancipation difficilement obtenue par la génération précédente. Elles dévoilent leur quotidien et se mettent à nu. Avec cocasserie, émotion, crudité, dans la douleur ou avec humour, elles évoquent des tranches de vie "féminine", que leurs noms de scènes illustrent bien : "femme solo", "femme écartelée", "femme à demi". "La femme pleine" est enceinte (un instant j'y ai cru !). Seul l'homme est sans nom : homme générique ? Où en sommes-nous dans cette fameuse recherche d'équilibre entre les sexes ? Y a-t-il eu progrès ou régressions ?  Et où en est l'homme dans tout ça ?

 

Décor de cabaret, tables de café et chaises. Musique de piano-bar. Les filles attendent en faisant des assouplissements mais une parole malheureuse de l'animateur déclenche une certaine irritation. Entre chaque numéro de danse les filles racontent leurs difficultés, montrant que les vieux schémas n'ont pas complètement disparu. Emouvantes, drôles, ou en colère. Elles parlent  vrai en chantant, en dansant, en déclamant. Dans une suite de numéros très habilement articulés et intégrés dans le rythme de l'ensemble, elles ouvrent un abîme de questions sur la part féminine et masculine en chacun(e), le poids du corps chez les femmes, la vie sexuelle, l'apparence, l'amour, le nécessaire respect de la complexité, l'homme, etc. Oui, dit "la femme solo", on peut très bien se débrouiller seule mais on peut aussi vouloir se jeter dans les bras d'un homme. Et les hommes savent-ils que le jugement impitoyable de leur regard sur une femme peut la démolir ? La "femme à demi" a appris de son père à se battre, mais n'a rien su de la féminité... alors, féministe ou misogyne, son père ? Après avoir confié son bébé à "l'homme"," la femme solo" dans un bon jeu burlesque décrit son quotidien échevelé affolant, entre bébé, maison, boulot, amis, etc. L'homme, maladroit et incompris lui aussi, titube de fatigue. Scène superbe qui débouche sur une belle chorégraphie. Les mots sont parfois durs et violents, mais le jeu transcende le réalisme cru pour faire passer l'essentiel. Ainsi la "femme à demi" qui s'est vécue "bête sauvage" pendant ses fausses-couches est maintenant "louve redoutable". Le corps des femmes serait-il nié dans son animalité ? Mais chez le gynécologue, dans la négation de son intimité et face à des d'instruments terrifiants, "la femme écartelée" doit être "détendue". Enfin j'ai été impressionnée par une scène hallucinante de réalisme, où  l'homme est pris à parti verbalement très grossièrement puis pourchassé par les trois femmes, comme certains "jeunes mâles" savent le faire avec les femmes dans la rue. Ahuri, bouleversé, abattu, le comédien titube puis s'effondre, dans une admirable chorégraphie. Cette image inversée est porteuse de leçon.

 

Tiraillées entre leur désir d'émancipation et les exigences de leur sexe, les femmes jouent souvent les équilibristes pour satisfaire des injonctions contradictoires. Souvent à bout, elles tentent de se faire entendre par tous les moyens et la forme théâtrale peut faire preuve de son efficacité. Ce spectacle pose les ambiguïtés et les contradictions en jeu dans les relations féminin-masculin, dans cette recherche permanente d'épanouissement et d'équilibre où hommes et femmes se débattent dans le même bateau. Très réussi à tous points de vue, il mérite d'être vu dès l'adolescence, par garçons et filles, et à tous âges par tous public, dans les lieux les plus divers possibles.

 

Catherine Polge

Partager cet article

Repost0