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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
Vous y trouverez l'ensemble des commentaires de nos correspondants sur les spectacles qui ont été vus. Ce service est en ligne en accès libre depuis février 2007.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

30 septembre 2021 4 30 /09 /septembre /2021 15:17
Festival Label Rue, Rodilhan (30)

Cette année le Festival Label Rue fêtait son 10ème anniversaire de présence à Rodilhan. Porté par l’association EUREK’ART qui soutient la création pour l’espace public et les projets de territoire depuis 25 ans, ce festival représente un temps fort :

deux jours de spectacles dans cette petite bourgade du Gard, une quinzaine de compagnies professionnelles des arts de la rue, des spectacles gratuits, un village d’entresorts en caravanes, des Food trucks et buvettes avec produits locaux.

Cela fait plusieurs années que j’y viens en famille, l’ambiance y est toujours chaleureuse et familiale, les spectacles de qualité, avec une grande variété de propositions, bref une date de rentrée à marquer d’une croix dans votre agenda !

Festival Label Rue, Rodilhan (30)

Chimères

Par La Compagnie  Mesdemoiselles(49)

 

Artistes acrobates : Laure  Bancillon, Claire Nouteau, Anna Von Grunigen

Artiste musicien : Colin Bosio

Genre : Cirque

Public : tout public

Durée : 35 minutes

 

 

Chimères est un spectacle mêlant cirque, musique et danse. Les acrobates de cirque (corde volante, corde lisse, contorsion) nous offrent leurs prouesses, tout en déséquilibre, suspension, désarticulation.

Tantôt seules, tantôt entremêlées comme pour se soutenir….ou rendre l’équilibre encore plus instable ?

Elles ont cette fois décidé de ne pas résister à d’autres sirènes et de s’essayer au chant et à la musique, comme un rêve d’enfant, ou une prise de risque supplémentaire ? Accompagnées par un musicien en live elles n’hésitent pas à mélanger les genres ce qui pourra plaire ou ennuyer.

Pour ma part j’ai accepté l’invitation à rêver.

 

 

Festival Label Rue, Rodilhan (30)
Festival Label Rue, Rodilhan (30)

Made_in

Par La Compagnie  Subliminati Corporation (31)

 

Auteurs : Mikel Ayala, Ilaria Senter

Interprètes : Mikel Ayala, Ilaria Senter

Mise en scène : Virginie Baes

Genre : Cirque/Théâtre

Public : tout public à partir de 8 ans

Durée : 1H

 

 

Le propos se passe devant une maison, lors d’un déménagement :  l’occasion rêvée pour se replonger dans ses souvenirs d’enfance. Les deux adultes en présence vont reconvoquer leurs jeux, comptines, objets, photos et promener les spectateurs entre  ces deux univers. Chacun est invité à regarder à partir de ce qu’il a été ou de ce qu’il deviendra. Double lecture, donc, à hauteur d’enfant ou d’adulte.

La pièce mêle l’utilisation d’un mât chinois, du jonglage (massues et hula-hoop), la manipulation inventive d'objets et de matériaux divers (cartons, papiers, fumées…), la projection, le chant, la musique. On sent que les  acteurs-créateurs se sont laissé porter par leurs rêves d’enfants.

Un curieux désordre naît de tout cela. Un désordre poétique qui, tels les souvenirs qui nous ne nous arrivent jamais dans l’ordre et sont toujours réinventés, joue davantage sur l’émotion que sur la démonstration.

Les conditions de jeu n’étaient pas idéales : pas vraiment une maison, vent qui déstabilisait les marionnettes en carton, mais malgré tout j’ai aimé ce voyage au pays de l’enfance, mes propres souvenirs ont accepté la proposition.

Ce spectacle se joue tant en salle qu’en extérieur et doit donc sûrement varier en fonction des contextes.

 

 

http://www.ciegerardgerard.fr/images/144782828_3464849513642264_7755561943774906604_o.jpg

Johnny, un poème

Par Les Compagnies Gérard Gérard (66) et Rhapsodies Nomades (34)

 

Porteurs du projet, jeu, écriture, mise en scène : Alexandre Moisecot et Chloé Desfachelle

Pilote de la pelleteuse et jeu : Arnaud Mignon,

Genre : théâtre de rue

Public : tout public à partir de 6 ans

Durée : 1H15

 

 

Un spectacle sur Johnny dans un festival de théâtre de rue, on ne s’y attend pas vraiment. Le public n’est donc pas forcément acquis car si on aime le théâtre, osera-t-on (s’) avouer qu’on aime Johnny ?

Alors on y va pour voir, pour sourire et puis la promesse d’un spectacle avec une pelleteuse comme personnage à part entière ça donne quand même envie d’avoir envie !

Et je serai bluffée : quelle énergie !

En même temps c’est normal quand on se rêve Johnny autant y aller jusqu’au bout et allumer le feu. L’arrivée sur scène se fera dans une pelle hydraulique « parce que ça se loue partout, parce qu’un hélico c’est surfait et qu’une Harley c’est trop cher » et le reste y sera aussi : la voix puissante, la musique qui prend au ventre…

Mais  il y aura de la contradiction car nous ne sommes pas tous fans de Johnny.

Alexandre, dans Johnny, il y est tombé quand il était petit et il restera toujours le lien indéfectible avec son père. Quant à Chloé, elle a plutôt grandi avec Barbara ; Johnny c’est vraiment ringard.

Alors ils vont se répondre, s’invectiver pendant 1h15.  Leurs échanges seront ponctués du discours-hommage d’Emmanuel Macron, de citations de Victor Hugo ou de Virginie Despentes, d’une interview de Lucchini, d’une lettre de Laura Smet et même d’une séquence de l’école des fans.

Parce qu’ils ont tout lu sur Johnny, parce que tout ce qui est raconté est vrai, ou fait partie de la légende (ce qui revient au même !), parce que la voix d’Alexandre porte à merveille les morceaux choisis, alors oui ça fonctionne.

Un dernier mot sur la pelle hydraulique, sûrement un pari fou ou un rêve de gosse. Mais elle est devenue un personnage à part entière, comme une immense marionnette dont la puissance donnera parfois le frisson, pari gagné !

Alors parce qu’on a tous quelque chose à voir avec Johnny, parce qu’on a tous quelque chose à en dire, on se laisse prendre au jeu, et je n’étais vraiment pas la seule !

 

 

    

https://files.gandi.ws/gandi81466/image/affichebdm2013lourde.jpg

La beauté du monde, témoignage du 3ème type

Par La Compagnie Qualité Street, Lorient (56)

 

 

Comédien : Gildas Puget

Genre : Théâtre

Public : tout public à partir de 10 ans

Durée : 50 minutes

 

Il est 21h, j’ai déjà vu plusieurs spectacles dans ce très sympathique Festival Label Rue, j’hésite même à rester car j’en ai déjà plein les yeux mais l’ambiance m’invite à ce petit « effort ». Je ne serai pas déçue car me voici embarquée dans l’univers surréaliste de cet illuminé de la protection de la planète.

 

Un texte ciselé, des expressions et  mimiques impressionnantes. Il y a à la fois du Jim Carrey et du Raymond Devos dans ce personnage fantasque. Nous sommes dans le monde de l’absurde, dans un imaginaire totalement débridé et qui malgré tout nous amène à réfléchir sur ce que nous voulons pour l’avenir de notre planète et donc le nôtre. Les aventures rocambolesques de Mickaël Robinet, à la fois  drôles  et pathétiques, nous transmettent avec intelligence un message puissant et un final où chacun est interpelé.

Un vrai régal, à diffuser sans modération !

 

 

Festival Label Rue, Rodilhan (30)
Festival Label Rue, Rodilhan (30)

L’objetarium

Par La Sphère Oblik (34)

 

Direction artistique, construction et jeu : Sidonie Morin & Johan Schipper

Genre : Théâtre d’objets en caravane

Public : tout public à partir de 10 ans

Durée : 20 minutes (en continu)

Jauge : 5 personnes

 

 

Les caravanes sont devenues un incontournable des festivals.  Elles fleurissent sur les terrains et rivalisent tant dans leur décorum que dans l’originalité de leurs propositions.

Mais pour moi c’est toujours avec plaisir et curiosité que je pénètre dans cet espace restreint et clos, me sentant à chaque fois privilégiée car bien souvent des spectateurs qui n’ont pas réservé restent dehors avec leur frustration !

Là encore la découverte est surprenante, poétique, magique. De vieux objets qui reprennent vie grâce à l’imagination et à l’habilité des créateurs. Une femme, telle un horloger équipé de sa lampe/loupe frontale prend minutieusement soin de cet oiseau de fer et de plastique. Dans les vitrines et sur les étagères, trônent de drôles de créatures. Il faut se retourner avec délicatesse, sans se gêner les uns les autres, pour admirer ce « fer-volant », cette « brosse-araignée », ou se laisser émouvoir par ces « objets en voie de disparition » (cassettes audio et autres objets à la fois si proches et si lointains).

Nous participerons délicatement à l’enterrement d’un vieil appareil photo et assisterons à l’envol d’une théière…Je ressors les yeux papillonnant de mes souvenirs d’enfance !

Un beau moment surréaliste et onirique.

 

 

Festival Label Rue, Rodilhan (30)

GASTON (Grande Assemblée Spectaculaire des Troubadours de l’Orchestre Narratif)

 

Par La Compagnie  Fatras (30)

 

Genre : Musical

Public : tout public, à partir de 8 ans

Durée : 1H15

 

En quelques mots : si vous souhaitez donner de la pêche à une soirée, un festival ou tout autre évènement, alors n’hésitez pas.

Un concentré d’énergie, de bons musiciens, du partage, Gaston nous invite à un voyage autour du monde : chaque musicien et donc chaque instrument nous convie dans son univers…

En ce dimanche soir, un moment de clôture du festival vraiment réussie, je repars avec de la fête plein la tête.

 

 

Marie-Pierre HUSSON

 

 

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26 septembre 2021 7 26 /09 /septembre /2021 22:57
N'ouvrez jamais votre porte à un inconnu
N'ouvrez jamais votre porte à un inconnu

Un spectacle produit par la compagnie les enclumés (71) et au détour de la fête de Fontenay-sous-Bois le 25 septembre 2021.

 

Genre : marionnette

Public : tout public

Durée : 3x50 secondes

 

Chronique impromptue pour un spectacle qui ne l’est pas moins ! C’était fête et vide-grenier à Fontenay-sous-Bois. Au détour de la Halle Roublot, un dispositif minuscule-le théâtre miniature du cyclope à trois roues, vante un spectacle de 50 secondes. Une merveille.

 

Une pancarte patinée à l’ancienne  propose le programme. 3 spectacles à l’affiche : « l’inconnu », « l’inconnu pour mieux vous plaire » et « l’inconnu de la mort qui tue ». A coté, sur un vieux socle de machine à coudre, deux petits caissons juchés l’un sur l’autre et percé d’un judas. Un écriteau rappelle la consigne « n’ouvrez jamais votre porte à un inconnu ».Derrière, sur un marche pied, le manipulateur avec un casque. Devant, on colle son œil au judas, on chausse le casque et que le spectacle commence.

J’ai choisi « l’inconnu pour mieux vous plaire ». A travers le judas, un palier en perspective avec trois portes dessinées. Un petit loup déguisé en grand-mère, simple silhouette de papier  actionné par une tige, se précipite vers mon judas et entreprend avec force imagination et bruitages de me convaincre de lui ouvrir la porte. Je n’en dis pas plus : c’est poétique, drôle et magique.

A adopter par toutes les mairies désireuses de réussir leur fête municipale !

 

 

Catherine Wolff

 

 

 

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19 septembre 2021 7 19 /09 /septembre /2021 22:27
le parisien étudiant

le parisien étudiant

Résiste

 

 

Un spectacle produit par la Compagnie Les filles du renard pâle (51) et vu au Théâtre du fil de l’eau (Pantin) le 17 septembre 2021.

 

Création collective sous la direction de Johanne Humblet

Circassienne : Johanne Humblet

Chant : Virginie Frémaux

Genre : cirque

Public : tout public

Durée : 50 minutes

 

En signe d’ouverture, la soirée inaugurale du Théâtre du fil de l’eau se tenait en plein air, au bord du canal. Des années que je n’étais pas venue et les lieux ont bien changé ! De presque sordides, les quais ont été réaménagés en une fort jolie promenade. C’est dans cet écrin qu’environ 400 personnes ont pu assister au spectacle et que d’autres, exclus de facto par le pass sanitaire, ont néanmoins pu suivre « Résiste » de l’autre côté des barrières.

 

« Résiste » par son dispositif scénique se donnait à voir de près… ou de plus loin : un portique pour fildefériste d’une hauteur peu commune. Le fil est à hauteur variable et souvent incliné. Au pied du pilier, à cour, une petite scène.

En haut, la circassienne exploite toutes les possibilités de son agrès. Du fil classique, un peu ; du trapèze fixe parfois ; un mélange de fil et de mât chinois le plus souvent. A l’aide de cette grande tige et à la faveur de l’inclinaison du fil, elle semble parfois avancer en luttant contre les éléments. J’ai particulièrement aimé les équilibres sur la tête et les mouvements de pendule créés grâce au mât.

Tandis qu’elle évolue dans les airs, sa comparse l’accompagne de ses chants envoutants sur une bande son pré-enregistrée ou au luth électrique. La sono est très forte. Les fumigènes blancs et violets sur une lumière orangée créent des images fortes.

 

« Résiste »est moins un spectacle qu’une performance. La trame narrative est tenue et le rapport au titre n’est pas des plus évidents. Le démarrage est par ailleurs un peu lent et la prestation aurait gagné à éviter quelques poncifs  (Détacher ses cheveux, ôter un manteau fort encombrant pour montrer qu’on est une femme libérée !).  Néanmoins, « Résiste » est une performance plaisante pour annoncer haut et fort la réouverture du théâtre.

 

Catherine Wolff

 

 

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8 août 2020 6 08 /08 /août /2020 22:11
Festival "Dans mon jardin"
Festival "Dans mon jardin"

Un festival « Dans mon jardin » produit par l’association des Mordues 87380 Saint-Vitte-sur-Briance le 8 aout 2020.

 

Cie des Mordues : Izabelle - 06 19 94 71 19 desmordues.asso@gmail.com

 
Cie les yeux Grands Fermes : Anne Perbal infos[at]anneperbal.com
 

Cie H : Albin Hedon : 05 53 47 93 12

 

 

Genre du festival : théâtre, conte, cirque, musique...

Public : Tout public

Durée : une journée

 

Programme de la journée: 

11 h - Contes musicaux aux jardins de tes rêves, en partenariat avec la bibliothèque de Saint-Vitte-sur-Briance.

11 h 30 - Spectacle clownesque et musical « The Pépette Show », Mathilde Verger, Cie Des MorduEs.

12 h 30 - Performance dansée, Anne Perbal, Cie les yeux Grands Fermés.

14 h/16 h - Ateliers tout public :

    Atelier d’écriture : Histoires à dormir debout  / Arts créatifs : À faire sourire nos mains

15 h - Spectacle de jonglerie burlesque « La Con’F », Albin Hedon, Cie H.

16 h 30 - Solo clownesque « Ça ne tourne pas trop rond », Anne-Marie Frias.

17 h 30/19 h - Tremplin Spectacle vivant  (musique, lecture, théâtre, danse) : performances  de 5 à 10 minutes avec vote du public à l’applaudimètre. 

20 h – « Chanson à rêver debout » - Mathilde, Cie Des morduEs.

21 h 30 – « Quatuor du coin gnoles », Cie des 4 verres de Les tubes digestes.

 

 

Cet été fut caniculaire et covidculaire!

Le manque :

De plaisir, de partage. 

De rencontres, de concerts, de spectacles. 

La peur :

De l’autre, de mourir.

Se masquer, arrêter de respirer. 

 

Vouloir :

Prendre l’air, le bon, celui de la liberté.

 

Je n’y croyais plus, en cette année particulière. Et oui, il existe encore des endroits en France où les mairies soutiennent les organisateurs qui souhaitent proposer un bol d’air frais autour du spectacle vivant. Ce fut le cas dans cette petite commune de Saint-Vitte-sur-Briance en Haute-Vienne. 

Nous prenons donc la route afin de rencontrer ces deux petits bouts de bonne femme qui portent le festival « Dans mon jardin » à bras-le-cœur.

Le décor bucolique : une ferme, un camping improvisé dans un champ, des fauteuils et  des canapés dispersés, une nature paisible, de la couleur, une scène de fortune, et surtout des gens !!! Des sourires, de la bonne humeur, la vie quoi !! On est accueilli comme des cousins éloignés qu’on n’aurait  pas vus depuis un bail :

- « Allez, prenez-vous un verre !!! Asseyez-vous autour de la grande tablée ».

Nous décidons donc de mettre la main à la pâte pour la fin des préparatifs. Le bénévolat reste toujours tellement riche humainement.

 

Le festival est gratuit ; il n’y a qu’à boire et à manger (bio) pour que les organisateurs rentrent dans leur frais. Les enfants sont aux anges : tout leur est dédié. D’ailleurs, ils sont bien plus nombreux que leurs parents, déjà accoudés au joli bar en palettes.

Le cadre se prête au calme. Pour la fraicheur on reverra ça…

La journée commence par…chercher ma fille qui en fait se trouve assise sur des bottes de paille à écouter un conte. Elle est absorbée. La dame de la bibliothèque vit son histoire et subjugue littéralement le jeune auditoire.

Les spectacles vont s’enchainer toute la journée. 

Mathilde (artiste et membre fondatrice de l’association) nous propose un spectacle de clown « Le pépette show ». Numéro pour enfants dont j’ai apprécié le dynamisme, la couleur, et le coté traditionnel du clown (comique, gag, chute, musique, …..). Elle arrive sur son tricycle, toute de couleurs vêtue et en musique. Le ton est donné, le sourire se dessine sur les visages des petits et des grands. Nous assistons à une représentation clownesque participative. 

 

L’après-midi voit se dérouler de nombreux ateliers animés par des bénévoles. Des ateliers d’arts plastiques, d’abord, à base de matériel de récupération. Les œuvres réalisées ont pu servir à égayer le festival (on ne fabrique pas pour soi mais pour embellir le site). Des ateliers musicaux  ensuite, avec des créations là aussi collectives.

 

En pleine chaleur, Albin de la Cie H nous a présenté son spectacle de jonglerie. Il est un maître-conférencier, jongleur, acrobate et… drôle. Son spectacle est burlesque et participatif. C’est ensuite autour d’Anne-Marie. Son solo clownesque est une réadaptation du magnifique texte de Marc Favreau dit « Sol le clown ». Elle présente donc une conférence géopolitique autour d’un monde…qui ne tourne pas rond. Le personnage, un clown décalé, ingénieux, un peu malingre et fébrile nous explique que ceux d’en-haut se couillonnent pendant que ceux d’en-bas appartiennent au « fier-monde ». Quelle société de « pecno-crates ». Un humour triste qui dérange nos « illusions mondaines » à grands coups de « tombe atomique ». Finesse des mots qui demandent une concentration à toute épreuve.

 

Vient alors le moment du tremplin artistique. Ma fille avec ses 254 nouvelles « meilleures amies » se retrouve devant  la scène pour assister à une prestation de haut vol de rythmiques avec gobelets.

Le festival se termine avec Mathilde, sa guitare et son accordéon. Des textes profonds qui nous appellent au voyage et  des reprises de chansons bien connues de tous. On fredonne, et nous ne pouvons pas empêcher nos gambettes de virevolter en cadence.

 

Je tenais à chroniquer ce petit festival qui, en d’autres temps, serait peut-être passé inaperçu. Mais en ces circonstances, l’audace et la ferveur de cette association, la simplicité même du vivre-ensemble autour d’un évènement culturel m’ont  permis de réaliser combien le spectacle vivant était essentiel. Fasse que ces lieux d’échanges, de partages et de rencontres que sont les scènes survivent, au risque de voir se réaliser les prédictions de Frank Herbert :

« La peur tue l’esprit, la peur est une petite mort. » 

 

Laurence Malabat

 

 

 

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31 août 2019 6 31 /08 /août /2019 19:37
Festival Font'Art 2019

Font art : Festival de rue , à Pernes les Fontaines (84) du vendredi 2 au dimanche 4 aout 2019

Aprés la belle édition du Off d’Avignon, me voila à Font’Art, joli festival d’art de la rue à Pernes les Fontaines , qui poursuit depuis 23 ans son travail de sensibilisation et de découverte du spectacle de rue dans un joli village du vaucluse de 10.000 habitants. 

Font Art, aujourd’hui, c’est 16 compagnies du In (payées), 11 du Off (défrayées + chapeau) et 5 propositions en « Fest’ici » pour offrir un terrain d’expérimentations aux artistes locaux, soit 30 compagnies et plus de 100 représentations dans les rues, sur les places, les esplanades ou les cours d’écoles pour découvrir des spectacles qui nous questionnent sur notre société. Il y a bien sûr les associations, des artisans, des food trucks et des buvettes, ainsi qu’un espace professionnel pour les équipes (ouvert aux professionnels sur réservation : 10 euros le repas ; excellent, local et bio. Une équipe motivée composée de bénévoles et de professionnels ( le passage à la professionnalisation est une phase critique de la vie d’un festival) pour imaginer des formules qui permettraient à davantage de compagnies de pouvoir jouer alors que les budgets ont tendance à diminuer. L’occasion de voir de belles propositions avec un public fidèle, toujours nombreux et curieux, et pour qui c’est souvent une première approche d’un festival de rue.

J’ai pu y découvrir plusieurs spectacles dont :

Anatomik, de la compagnie Madame Kanibal (33)

Genre : Théâtre de rue / Fakir
Public : Tout public à partir de 6 ans ( accompagnés bien sur)
Durée : 30 mn

 

 

 

Devant son vestiaire en acier in oxydé, Madame Kanibal nous invite dans son intimité et se laisse aller à la séduction, toute en poésie cannibale et décalée. Un numéro de contorsionniste fakir, emballée dans une histoire de vie drôle et Rock’n’roll roll. Elle revisite les standards du genre, sourire au lèvres et trimbale son excentricité pleine de gouaille pour cacher une tendresse et une histoire que chacun interprétera selon ses propres échos. Un petit côté « Freaks » en hommage aux personnage de foire qui venaient exhiber leurs extravagances devant un public voyeur, mais recherchaient avant tout l’amour.

A la fois techniques, simples et spectaculaires, ses numéros comme son épilation à la meuleuse ou ses explorations bucco-nasales font un grand effet sur le public et cela fonctionne à merveille.

Une petite forme légère à partager et à découvrir

> Cours sans sac , de la compagnie Gay tympan (34)

Genre : Théâtre de rue / Déballage incantatoire poétique et révolté

Public : Tout public à partir de 10 ans ( 12/14 ans pour moi)

Durée : 40 mn

Sur un sol jonché de sacs, en papier, avec des inscriptions dessus, voila une proposition sur le questionnement, sur le regard des autres et sur les grands enjeux du monde. Une sorte de théâtre dansé existentiel où la comédienne danseuse traîne ses sacs comme autant de casseroles. On ne peut pas lui en vouloir : sur chaque sac il y a une part de ce qui fait notre monde: argent, guerre, travaille, guerre, pollution, dieu… : de quoi chercher à vider son sac quand on sait que chacune de ces choses contribue également à détruire ce qui fait la richesse de notre monde. Mais à vouloir parler de tout, on se perd parfois dans la diversité des situations et l’on ne peut en embrasser aucune, laissant pour moi, un léger sentiment de frustration.

Un travail sur le renoncement, avec quelques effets surprenants, à la fois très politique et tout en poésie, qui présente une autre approche que celle de la culpabilisation et des dénonciations. Un appel aux rêves pour solutionner toutes nos angoisses…

Ambitieux et accessible.

> « Songes » du Collectif Utopies (Auvergne Rhône Alpes & Paca)

Genre : Cirque

Public: tout public

Durée 45 mn

 

 

 

Un groupe de jeunes artistes, sortie tout droit de l’école de cirque de Chambéry, et qui s’est emparé de la proposition du festival : monter un spectacles en 5 jours autour d’un arbre central et majestueux, permettant à chacun de présenter sa ou ses spécialités. Un projet généreux et plein de potentiel (mais cela je ne l’ai su qu’après avoir discuté avec eux...).

J’ai été au départ attiré par le côté visuel et foisonnant de l’arbre à agrès : un tableau-trapèze, un lustre, des tissus, cordages et élastiques… . Cela donnait envie et me laissait plein d’attentes. Puis j’ai été surpris par le côté «amateur » de l’ensemble ( éclairage, enchaînement, technicité des numéros…) et la construction très scolaire. Toutefois, ces jeunes là dégageaient une vraie énergie et donnaient un aspect très touchant aux tableaux d’ensemble ce qui compensait largement la faiblesse technique. Ils sont tous les 8 à investir le plateau, mêlant calme et courses effrénées comme pour montrer la force du groupe.

Autour du thème du rêve, ces jeunes artistes ont construit un fil conducteur avec une voix off, qui lance ainsi trois ou quatre grandes séquences, en faisant référence à ce que chacun vit.

Chacun tente, avec ses faiblesses et ses points forts - et sans se mettre en danger -, des numéros, des effets et c’est immensément riche et créatif. La battle de mât chinois avec la brochette humaine, le lit-bateau évolutif ou le trapèze-tableau… autant d’idées dont ils s’emparent et qu’ils nous proposent. Bien sûr cela demande ensuite à être travaillé… ils ont imaginé cela en 5 jours.

Alors, nous avons imaginé des accueils dans des villages, pour affiner le spectacle, accueillir des ateliers d’initiation au arts du cirque et proposer le spectacle autour de l’arbre du village. Car chaque village à un arbre totem qui symbolise à la fois la tradition, l’ancrage et la vie qui évolue.

Si vous êtes intéressés pour accueillir cette forme, n’hésitez pas à nous contacter…

> Considérations de la compagnie Madame Riton (Occitanie)

Genre : Théâtre de rue – duo intime pour l’espace public

Public : tout public à partir de 12 ans

Durée : 55 mn

Un spectacle sur les hommes et les femmes ( mais surtout les femmes…) déjà vus à Aurillac il y a quelques années…Une sorte d’histoire des hommes et des femmes vue par les cons. C’est très drôle, une dentelle littéraire, juste et bien vue, dynamique et originale. On y suit le parcours de sa construction quand on est une femme ( Dominique), attendue comme un garçon. La découverte du corps, du plaisir, de l’amour, de l’enfantement et le recommencement.

Il faut être attentif pour ne pas perdre le fil de l’histoire et ses histoires de cons. Con-science ; con-fesse, con-gratulations et autres con-sidérations. Un très chouette moment.

 

> A côte de la plaque de la compagnie Alma (66)

Genre : théâtre de rue culino musico thétral

Public : Tout public

Durée : 50 mn

 

 

 

Une proposition culinaire et féministe, qui interroge la place de la femme sans lourdeur. Le trio fonctionne très bien, avec une accordéoniste qui vient ajouter une touche très particulière au rythme de cette proposition. L’objectif est de préparer le gâteau au chocolat de nos rêves, pretexte à l’énumération de souvenirs personnels et si communs, façon madeleine de Proust.

Une performance scénique et technique dans laquelle je me suis laissé embarquer avec grand plaisir.

Crédit photos : sites des compagnies et Patrick Denis

 

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31 juillet 2019 3 31 /07 /juillet /2019 15:11
photos : site de la compagnie

photos : site de la compagnie

La foraine

Installation de la compagnie La Foraine (94) vu le 24 juillet 2019 à la Maison du Théâtre pour enfants dans le cadre du festival Off d’Avignon, du 9 au 26 juillet 2019.

 

De et avec : Eric Brossier et Linda Hede

Genre : Installation
Public : Tout public à partir de 1 an
Durée : 6 heures

 

La Foraine a attiré mon regard et ma curiosité, alors que j’allais voir « Bobines et Flacons », à la maison du théâtre pour enfants. Une installation colorée, généreuse et musicale.

 

La foraine, c’est la fête foraine d’antan, en trompe l’œil ou en stands bien réels et participatifs pour le chamboule-tout, les fléchettes ou les parcours d’adresse. C’est aussi de grand panneaux peints, qui habillent l’espace et lui donnent ce côté bestiaire fantastique, une peu « hors d’âge », généreux et sans prétention. Les enfants et leurs parents peuvent découvrir et jouer aux différentes attractions (manège à bras, jeux d’adresse, balançoires bizarroïdes,…) ou se balader entre ces panneaux immenses et plein d’animaux imaginaires, ou encore s’asseoir dans des transats pour reposer les pieds et se poser dans une sorte de parenthèse temporelle.

Idéal pour des festivals qui souhaitent constituer des espaces familiaux, des ateliers artistiques ou autre.

 

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19 juillet 2019 5 19 /07 /juillet /2019 19:55
Les espaces Cyclophones
Les espaces Cyclophones

Spectacle de François Cys (Belgique) vu le 17 juillet au Théâtr’enfants dans le cadre d’Avignon OFF 2019. Du 9 au 17 juillet 2019.

 

De et par: François Cys

Genre : Installations sonores interactives
Public : Tout public à partir de 2 ans
Durée : accès libre

 

 

C’est toujours un plaisir de découvrir ces installations bizarroïdes et bidouillées. Celles de cette année, dont le nom avait attisé ma curiosité, les "espaces cyclophones", mélangent sonorités et participation cycloïde….

 

Dans la cour de l’école de Monclar, voila une douzaine d’installations où l’on doit pédaler, tourner, actionner, renverser, agiter ou simplement manipuler des petites et grandes machines faites de bric et de broc, de chaines, de poulies ou de tuyaux.

François Cys, tout juste sortie de sa sieste à l’ouverture de 14 h, m’explique comment tout cela fonctionne. Il a créé depuis cinq ans ces installations qui ont la particularité de s’écouter au stéthoscope. Les enfants (ici un groupe d’un centre de loisir d’Avignon), actionnent et écoutent avec attention les sons cachés au fond de la baignoire, dans l’eau qui coule où dans le cadre de la bicyclette.

Pas d’explication scientifique, mais uniquement le plaisir de pêcher un son grave et ondulant ou de percevoir une note légère et percutante. L’effet stéthoscope -parfois monté en double écoute pour deux personnes, permet comme avec un casque audio, d’être immergé dans un environnement sonore complet. Les dispositifs restent biensûr audibles sans les stéthoscopes, mais c’est la particularité de cette proposition de recherche sonore, que d’aller sonder les sons cachés.

 

Une belle approche des sons, ouverte à tous les curieux et à déguster en famille. Mais n'y courrez pas tout de suite, c'était le dernier jour!

 

 

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11 juillet 2019 4 11 /07 /juillet /2019 14:53
Les petites formes de Montfavet - Plume

Ouverture du festival les petites formes de Montfavet (84) ce jeudi 11 juillet pour 4 jours d’entre-sorts et de spectacles en forme courte. Un havre de verdure à 10 mn de la fournaise avignonnaise. Courrez-y!

Je viens pour la première fois sur ce festival que nous avions couvert en 2016 et qui fait partie cette année des partenaires VivantMag. L’occasion de présenter des formes courtes (5 à 35 mn) pour le très jeune public, mais aussi pour un public familial. Un festival qui se veut aussi écolo et porteur de valeurs environnementales. Accueil chaleureux et ambiance conviviale dans ce mini festival tout en poésie.

J’ai pu profiter de deux spectacles : « Plume » et « l’évadée ». Un vrai délice.

Plume

https://img.over-blog-kiwi.com/1/43/59/74/20190711/ob_5594c1_vivant-coup-de-coeur.jpg

Compagnie « Les rustines de l’ange » (26) vu le 11 juillet 2019 à 10h40 au festival Les petites Formes de Montfavet, dans le cadre du festival Off d’Avignon, du 11 au 14 juillet 2019 à 9h30 et 10h40.

Mise en scène et jeu : Anne-Laure Gros et Séverine Bruniau

Genre : Marionnette, théâtre, chant, musique
Public : Très jeune public à partir de 1 an
Durée : 25 mn

https://img.over-blog-kiwi.com/1/43/59/74/20190711/ob_46ed01_plume.jpg

Dans une caravane toute de bleue revêtue et aménagée pour accueillir 25 enfants et quelques adultes, je m’installe sur le gradin alors que la comédienne, sur une couette, égraine des notes sur un limonaire, orgue de barbarie miniature.

Sans un mot, elle s’amuse d’une plume échappée de la couette, qui se transforme en castelet par un ingénieux mécanisme et nous offre la danse de l’ange avec une tête et une plume sur une musique d’opéra. Magique.Sa comparse qui nous avait accueillis joue de l’extérieur en laissant apparaître ses mains, son visage par différentes fenêtres, pour terminer en plein écran, en chantant et jouant un air d’accordéon.

A la fois simple et généreux, riche et tout en douceur !  Les deux comédiennes amènent le jeune public et moi avec, dans cet univers où la douceur des plumes caressent notre sensibilité.

 

 

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22 novembre 2018 4 22 /11 /novembre /2018 17:19
Dessous d'Histoire
Dessous d'Histoire

Spectacle de la CIA : Compagnie internationale Alligator (Montpellier, 34). Vu le samedi 10 novembre à 16h à Lavérune (34).

Metteur en scène : Frédéric Michelet
Avec : Laure Caillet, Didier Chaix, Frédèric michelet, Agnès Saraiva, Didier Taudière et Simon Valluet

Genre :Théâtre de rue
Public : Tout public
Durée : 1h30

Informée qu’une intervention de la CIA se tiendrait ce samedi, sur la place de l’église à Lavérune, nous nous munissons d’une arme de destruction massive (le parapluie) et c’est parti!! 

La CIA Compagnie Internationale alligator a donc investi la place publique pour une représentation, non pas d’espionnage mais une création théâtrale de rue. Le décor majestueux est planté : quelques containers poubelles, des éléments de bric et de broc, des costumes de fortune, bref des objets de tous les jours, qui laissent champ libre à des acteurs détonants. Nous nous préparons à voir et écouter 2 400 ans d’Histoire de l’Homme (et de la Femme !!!). Tout débute par la question : l’histoire de l’humanité commence quand en fait ?

Le spectacle se manifeste alors, s’élève, se diffuse dans les moindres recoins de la rue, tout autour de nous. Il évoquera durant 1h30 des événements ayant marqué l’Histoire d’une manière ou d’une autre. Le philosophe Socrate, le discours de Simone Veil pour le droit à l’avortement, puis Gandhi côtoiera Archimède et pourquoi pas Dark Vador, mais aussi Hitler, Louise Michel… Juché sur une échelle, une guirlande de Noël sur la tête, Jésus semble bien en peine et nous fait bien marrer.

Nous sommes perdus dans les époques, des allers et retours sans cesse, un acteur déboule à droite, un autre derrière nous, on se déplace le poing en l’air en suivant Spartacus nous menant, nous les esclaves à la révolte, jusqu’aux tranchées de Verdun. Les comédiens sont extraordinaires, leur énergie est communicative, on danse à la "libé", on se révolte avec Léon Blum, on hue De Gaulle lors les manifs de 68 qui comprend bien alors qu’ "il ne les a pas compris !".

Les acteurs ne se contentent pas de rejouer la scène historique, ils nous amènent à réfléchir par leur réadaptation de la scène originale, ils jouent avec nos émotions. L’Histoire est faite pour en tirer des leçons et rendre la société meilleure… Nous  nous posons alors la question : est-ce que toutes ces batailles ont changé le monde, quelque part cela l'a fait évoluer mais l’actualité démontre bien que non ! L’Homme perd de vue rapidement les combats et erreurs du passé, et ceci est bien nécessaire pour avancer. Ce spectacle est là pour nous rappeler que rien n'est gagné. Les guerres, les philosophes, les combattants pour une société plus juste, tous ces tortionnaires ou héros ont marqué leur temps mais l’histoire peut se répéter et les « acquis » ne le sont jamais vraiment.

Cette représentation est pour moi avant tout un outil d’éducation populaire génial et ludique, elle devrait être obligatoire à l’école, vous savez, ce qu’on nomme « éducation Nationale » !! On y est tous passés. Assis sur une chaise à écouter un « maître » nous évoquer des vérités et occulter de nombreux faits en toute objectivité...

Et enfin pour clore le spectacle et cet article nous dirons que "l’Histoire, c’est à nous de l’écrire… bon on commence quand ?"

Laurence Malabat

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26 juillet 2018 4 26 /07 /juillet /2018 18:56

 

Cie Humani - Villeneuve en scène

 

Spectacle de la compagnie Humani (34), vu le 22 juillet 2018 à Villeneuve-lez-Avignon, à 18h, dans le cadre du festival d’Avignon Off 2018.

Auteure : Anne-Christine Tinel

D’après "Demain, dès l’aube, je partirais"
Mise en scène : Marine Arnault

Interprètes : Thierry Capozza, Laurent Dupuy, Anna Liabeuf, Claude Maurice, Claire Schuman

 

Genre : Théâtre déambulatoire
Public : Tout public à partir de 10 ans
Durée : 1h20

 

 

Un road movie à travers les rues de Villeneuve-lez-Avignon, grâce à un dispositif de casques audio, voilà ce qui m’a séduit avant tout. C’est pourquoi je suis allé le dernier jour à Villeneuve en Scène, profiter de cette proposition de théâtre innovant dans les rues de l’autre cité ducale.

 

J’avais déjà vu des spectacles avec un dispositif audio du même type. Mais pas dans le cadre d’un spectacle construit de près d’une heure et demi, qui nous permet de nous immerger complètement dans un récit. J’étais donc curieux et c’est avec enthousiasme que j’ai suivi ces deux sœurs et leur frère, qui apprennent, à quarante ans passés, qu’aucun n’a le même père. Ils partent donc à travers la ville, à la recherche de leur identité, de leurs racines, de leurs sources car leur mère reste muette quand à un passé secret et fantasmagorique, propice à toutes les interprétations.

Et le dispositif est efficace. On suit les comédiens au plus prêt, on les entend chuchoter, respirer, vivre... On a l’impression d’être sur un plateau de tournage en extérieur, et les ambiances musicales viennent, entre deux scènes, nous maintenir dans un cocon agréable à l’image des pièces radiophoniques. On les suit dans leur voiture, dans le jardin familial, à la terrasse d’un café, dans l’appartement d’une amie... les possibles sont très grands et élargissent les contours habituels d’un spectacle sur scène.

 

L’histoire quant à elle, et le jeu des comédiens très (trop ?) théâtral, ne m’ont pas complètement séduit. Le rythme et la construction de l’histoire, me semblent également parfois un peu rapides dans les révélations qu’ils amènent. Mais peut-être est-ce délibéré pour garder cette dimension théâtrale et marquer la rupture avec la réalité ?

Pourtant, on y parle de racines, de père biologique et de père fonctionnel, de vie cachée et de vie rêvée, de fratrie, de secrets et de mensonges... de quoi susciter beaucoup d’émotion et des thèmes largement universels.

Mais cela m’a semblé parfois manquer de fluidité dans les situations proposées, de développement dans la thématique, et d’imagination dans la forme proposée, pour en faire vraiment un spectacle fort tant dans sa forme que dans le fond, à l’image de ce dont Humani Théâtre est capable. Dommage...

Pourtant n’hésitez pas à découvrir ce spectacle pour vous en faire une idée. Cela reste un bon moment à partager.

 

Eric Jalabert

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