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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
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les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

12 juillet 2021 1 12 /07 /juillet /2021 09:15

 

Spectacle de la compagnie La Volubile (26), vu à l’Isle 80 à Avignon le 10 juillet 2021 à 17 h dans le cadre du Festival OFF d'Avignon du 10 au 31 juillet. 

 

Texte et mise en scène : Adrien Perez

Interprète : Anaïs Jouishomme

Genre : Théâtre

Public : Jeune public à partir de six ans.

Durée : 45 minutes

 

Conte poétique et visuel sur l’enfance.

Une grande tente d’indien plantée sur scène nous attends (prévoir une hauteur minimum de 4,20 quand même), terrain de jeux multiples de la petite fille de 7 ans et demi qui va nous raconter sa vie et ses mysteres.

Cette fillette sans nom, nous fait partager son secret : elle nous présente Georges, son petit frère invisible… Avec lui, elle nous emmène dans son imagination débordante, détourne les objets autour d’elle et décolle dans sa fusée-tente. Elle nous fait partager ses questionnements sur sa maman, le travail, le temps qui passe ou l’attachement. Son récit en continu est porté par de jolis effets de voix, un travail efficace de mime (son tigre est très félin et semble se glisser sur scène) et des surprises ici et là, comme ses percussions corporelles venant rythmer son récit ou ses bâtons à rubans apportant une touche visuelle et circassienne complémentaire.

C’est un kaléidoscope de l’enfance, riche et sensible, où les parents aussi sont passés à la moulinette de ce regard enfantin. Un spectacle pour les petits et leurs questionnements qui a su capter l’attention d’un public très à l’écoute. La chute finale – que je ne dévoilerais qu’à ceux qui le souhaitent -, apporte un élément de dramaturgie complémentaire qui donne un complément d’âme et une dimension supplémentaire à ce joli spectacle.

Laissez-vous tenter…

 

Éric Jalabert 

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10 juillet 2021 6 10 /07 /juillet /2021 17:14

Spectacle de la compagnie Théâtre du Midi (77), vu à la Fabrik Théâtre à Avignon le 8 juillet 2021 à 17 h 50. Dans le cadre du Festival OFF d'Avignon du 7 au 31 juillet. 

 

Adaptation et mise en scène : Antoine Chalard

Interprètes : Florent Malburet, Antoine Chalard, Clémentine Yelnik

Costumes : Marie Vernhes

Masque : Galina Molotov

Public : Adulte

Durée : 1 h 15

Genre : Théâtre contemporain

 

Cette histoire qui se déroule à Londres en 1884, nous raconte sous une forme nouvelle et théâtrale l’histoire de John Merrick, alias Elephant man. Sur le plateau, il y a un voile, par lequel le public aperçoit une forme : Madame Kytes. Elle harangue la foule, invente une histoire de femme enceinte sauvagement bousculée, écrasée par des éléphants pour attirer les curieux à venir voir le monstre qu’elle exhibe dans les foires. Il n’est pas homme, mais bête. C’est l'homme éléphant.

La musique choisie pour accompagner ces propos de Klauss Nommi amplifie la situation terriblement tragique de John, maltraité par cette odieuse femme. Les trois rôles féminins de cet Elephant man adressé aux adultes sont interprétés par la grande comédienne Clémentine Yelnik qui met une fois de plus tout son talent à jouer de la tendresse amicale comme de la méchanceté, ces femmes de personnalités extrêmes.

John n’ose se montrer que lorsque le Docteur obtient la possibilité de l'accueillir, moyennant de l'argent pour l'examiner en son service à l’hôpital. Ce médecin parvient à un diagnostic : outre sa tête difforme, son dos ainsi que son épaule droite sont déformés. Sa grosse main apparait la peau grise fripée comme une peau d’éléphant. John progressivement bouleverse les certitudes du Docteur, à qui, au fil du temps, il accordera toute sa confiance. Le docteur Treves et le Directeur Gomm de l’hôpital sont interprétés par Antoine Chalard. Un jeu très maîtrisé en délicatesse. Il laisse passer un message positif de tolérance, d'empathie et d'amour de l’autre.

Cela en sera de même lorsque l’infirmière et le directeur d’hôpital, tous deux peu convaincus que John a sa place en leur établissement, basculeront, dans l’acceptation et l’accueil inconditionnel.

Par les visites dans sa chambre d’hôpital où les élites de Londres le visitent, John apparait de plus en plus ouvert et élégant. Ainsi, il est amené à rencontrer chez lui Madame Kytes. Cette femme sensible et cultivée lira la bonté d’âme dans les yeux de John. Lors de sa première visite, elle lui apporte un livre. Puis, elle revient avec un phonographe pour John, son ami, saisit sa main et elle l’invite à danser. En prenant congés, Madame Kendal lui déclare : la plus belle des amantes : la musique.

Si dure que soit la réalité, John est à présent heureux. Il revient de son premier spectacle de théâtre avec son ami Docteur et Madame Kytes. En rentrant, il déclare au médecin : « Merci, vous m’avez sauvé ! », qui lui répond « Mais c’est vous, mon ami ».

L’équipe, dont le metteur en scène qui a adapté la pièce Antoine Chalard, m’a avoué ne pas sortir indemne de la représentation. Mais, on en ressort plein d’amour.

Pour conclure, j’adresse un immense merci à Florent Malburet qui incarne John Merrick avec justesse et sensibilité rare. Pour toutes les prochaines représentations qui s’enchaînent en Avignon, je lui envoie force et ténacité pour ce rôle fort et une pièce qui restera inoubliable pour moi.

S’il y a un spectacle important à voir, c’est incontestablement cet Elephant man à la Fabrik'théatre. Par-delà cette histoire haletante et magnifique, cette pièce permet d’affirmer le droit à la différence. Elle nous rappelle que le monstre n’est pas toujours celui que l’on croit.

À Madame Kytes (Clémentine Yelnik) de conclure la pièce :

"Le théâtre, un miroir brandit à la face des hommes et qui les interroge et tout à coup, on y voit plus clair !"

 

Gisèle-Lydie Brogi 

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10 juillet 2021 6 10 /07 /juillet /2021 16:49

 
Crédit : Philippe Hanula

Spectacle de la compagnie Théâtre du Midi (77), vu à la Fabrik Théâtre à Avignon le 8 juillet 2021 à 16 h 20. Dans le cadre du Festival OFF d'Avignon du 7 au 31 juillet. 


 

Texte, adaptation et mise en scène : Antoine Chalard

Interprétation : Florent Malburet, Antoine Chalard, Caroline Pallarès

Masque : Galina Molotov

Public : Enfants de 8 à 13 ans

Durée : 1 h

 

Un challenge extrêmement délicat que relève ici avec brio Antoine Chalard du Théâtre du midi. Parents, grands-parents d'enfants, courrez assister à cette représentation exceptionnelle de théâtre destinée aux enfants ! Quelle prodigieuse réussite que cette adaptation proposée à la Fabrik Théâtre en cette édition 2021 du Festival OFF d'Avignon.
 
Aujourd'hui plus que jamais après ces longs mois sans vous, acteurs, qui nous enchantent du "vivant", il n'est plus que jamais essentiel de conduire nos plus jeunes au théâtre, au spectacle vivant. Il dépeint, comme seul cet art sait le faire, notre humanité dans tous ses recoins beaux et sombres. Merci à Antoine et à l'ensemble de la Compagnie du Midi d'avoir œuvré si finement pour révéler aux enfants de manière élégante, sensible, intelligente et respectueuse, John Merrick, l'homme éléphant. Une prouesse pertinente d'adaptation, une ode à la différence d'une qualité et d'une sensibilité rare.

 

La pièce est vraiment conçue pour les enfants afin de leur conter, grâce à la magie du Théâtre, l'histoire de la vie de John Merrick (Elephant man). Fidèle à l'histoire originelle, l'œuvre proposée ici est habillement adoucie par une présence musicale fluide et douce, au piano essentiellement. Par rapport au film de David Lynch, la différence physique de John est atténuée et se limite à une tête difforme, et aucune déformation des mains et du corps. L’éclairage est doux, délicat. Les costumes d'époque sont soignés et parfaits. Sur le plateau, le décor sobre se limite à un fauteuil voltaire, un voilage qui permet un arrière-plan scénique. Le tout évite la lourdeur, et reste léger et délicat.

Ici, l'histoire se décline en conte. Elephant man, John, est introduit finement, avec grande délicatesse et les scènes sont ponctuées de silence avec quelques notes de piano attendrissantes et apaisantes. Là, il n'y aura pas d'insistance sur le pathos ni la cruauté de Madame Kytes, ni l'exploitation de cet être humain en animal de foire. Les faits sont évoqués sans insistance. Les non-dits, plus que des mots, ont leur place, ils laissent place à la découverte de la sensibilité et l'intelligence de cet être humain malmené.

 

Ainsi la rencontre avec le Docteur Treves et l'entrée de John en son hôpital révèlent à tous qui est John Merrick. Sous la protection du Docteur, peu à peu, il parle, s'exprime, s'ouvre progressivement aux autres. Il reprend confiance en lui, se fie aux autres, notamment à l'infirmière Madame Motherhead (interprétée par Caroline Pallarès) fort hostile lors de son arrivée au sein de l'établissement. John a repris confiance progressivement en son entourage. 

Ainsi, le Docteur va lui proposer de rencontrer peu à peu dans sa chambre l'élite londonienne dont une admiratrice. Alors que John lui l'ignore, il s'agit de la princesse Alexandra du palais royal de Londres. Plusieurs visites, et très vite, ces deux là deviennent amis. Lorsque lors d'une de ses visites, Alexandra lui offre un phonographe, ils dansent sur l'air de "un jour mon prince viendra". S’ensuit un tableau magnifique, la jeune femme termine sa visite et, resté seul, John danse seul dans un cercle de lumière.

L'interprétation des trois personnages féminins aux personnalités fortes et opposées sont portées avec le talent de Caroline Pallarès qui est terrible et toute de douceur aussi. D'un spectacle si sensible et juste, on sort touché par la triste et émouvante réalité. Cette proposition théâtrale destinée au jeune public permet un regard bienveillant sur cet être "hors normes". C'est ce que permet, cette précieuse version contée, délicate et superbement construite du début à la fin. Cette forme est parfaitement adaptée aux enfants bien souvent plus tolérants que les adultes à considérer leur prochain avec empathie et amour.   

 
Merci à Antoine Chalard et à son équipe d'avoir créée ce spectacle au service de l'adulte en devenir, porteur d'une intelligence innée et en cours d'acquisition dès le plus jeune âge. Une étape essentielle importante pour les générations à venir et le spectacle vivant de demain. Merci à vous de nous surprendre, de nous émouvoir toujours plus ! Et pour Florent Malburet, excellent, masqué tous les après midi et notamment en cette année 2021, ce fut admirable !  Merci évidemment à tous les niveaux, je compatis, le public aussi, et on vous remercie du fond du cœur pour cette incarnation parfaite de John.

BRAVO !

 
Gisèle-Lydie BROGI
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10 juillet 2021 6 10 /07 /juillet /2021 14:15
Jules & Jo "Chaise de jardin"
Jules & Jo "Chaise de jardin"

Spectacle de Compagnie Jules & Jo (Belgique), vu au théâtre de l'Arrache-Cœur à Avignon le 8 juillet 2021 à 13 h 30. Dans le cadre du Festival OFF d'Avignon du 7 au 31 juillet 2021.

 

Texte, mise en scène et comédiens : Julie Legait et Matthias Billard

Public : Tout public

Genre : Chanson

Durée : 1 heure

 

Perché, attendrissant, joyeux : le duo Jules et Jo nous fait aimer l'absurde avec une joie de vivre communicative. Leurs chansons où se mêleront un cochonnet, une chaise de jardin délaissée, la vénération du caca de l'aimée, l'amour abat-jour et le rap de la boule à neige en disent long sur l'imaginaire de nos deux artistes... Ils ne se prennent pas au sérieux et leur spectacle, qu'ils qualifient de "Voyage de lumière existentiel" est d'une fraîcheur contagieuse. Jo fait feu de tout bois sur ses trucs à faire du bruit pendant que son Jules tripote les touches de son accordéon et les mots, les agençant de singulière manière. On est souvent dans l’absurde, le non-sens, mais jamais sans poésie. De plus, les chansons sont vraiment bien écrites et les mélodies (accordéon, guitare et autres instruments) bourrées de tendresse et bien interprétées.

Duo étrange et très attachant à découvrir absolument !

 

Evelyne Karam

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10 juillet 2021 6 10 /07 /juillet /2021 14:05
Sur les pas de Léonard de Vinci
Sur les pas de Léonard de Vinci

Spectacle de la compagnie Coïncidences Vocales (94), vu à l'Espace Roseau Teinturiers à Avignon le 8 juillet 2021 à 12 h. Dans le cadre du Festival OFF d'Avignon du 7 au 31 juillet. 

 

Mise en scène :  William Mesguich

Interprétation : Estelle Andréa, Oscar Clark, Julien Clément, Magalie Palies

Genre : Théâtre musical

Durée : 1 h 05

 

Ce voyage musical et fantastique va nous entraîner 500 ans en arrière, en compagnie de Lisa et de son frère Léo, grâce aux facéties de la célèbre, mais néanmoins « perchée » Joconde dont Lisa est une fervente admiratrice.

 

Ces jeunes gens en quête de sens sur la vie se verront offrir une joyeuse quête initiatique par le peintre, sculpteur, inventeur visionnaire : le maître Léonard de Vinci en personne. Beaucoup de chansons plutôt bien interprétées et une belle énergie des quatre comédiens font passer un bon moment de comédie qui aurait gagné cependant à montrer plus de profondeur dans le jeu un peu surjoué de Léo : le faire parler « djeun » n'ajoute rien à son jeu. Je confirme que le spectacle peut être vu dès six ans.

 

Evelyne Karam

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9 juillet 2021 5 09 /07 /juillet /2021 23:31

 

Spectacle de la compagnie Libre d’Esprit (59), vu à la Cour du Spectateur à Avignon le 9 juillet 2021 à 12 h. Générale dans le cadre du Festival OFF d'Avignon du 10 au 31 juillet (relâche les 11,18 et 25 juillet).

 

D’après Dostoïevski

Metteur en scène : Nikson Pitaqaj

Interprète(s) : Lina Cespedes, Henri Vatin, Anne-Sophie Pathé, Mirjana Kapor, Franck Halimi

Genre : Théâtre Participatif

Public : à partir de 10 ans.

Durée : 1 h 15

 

Premier spectacle dans la Cour du Spectateur, porté par la Ligue de l’Enseignement, et qui s’inscrit cette année dans une démarche collective pour (re)construire un espace plus convivial au cœur du festival, pour offrir une véritable alternative à la simple consommation de spectacles.

Le titre du spectacle, « Est-ce qu’on tue la vieille », dans un lieu plutôt bienveillant et écocitoyen, m’a déjà frappé. Le Pitch aussi... Alors c’est avec un grand plaisir que je m’assois sur les bancs de ce joli petit théâtre ambulant pour savoir ce qu’on allait faire de la vieille.

Après un court extrait de « Crime et châtiment » de Dostoïevski - écrit il y a plus de 150 ans -, joué par deux comédiens, et nous rappelant qu’en tuant la vieille dame, « bête, absurde, insignifiante, méchante, malade et qui est utile à personne... », on pourrait construire et soutenir des centaines, des milliers de bonnes choses. Le dispositif se dévoile.

La vieille, détestable au possible, sans en faire des tonnes, s’installe sur un fauteuil en sirotant une liqueur pendant que l’animateur, qui la supporte depuis 40 ans, nous propose de nous positionner d’un côté ou l’autre de la scène selon que l’on souhaite l’occire ou lui laisser la vie.

Ça fonctionne à merveille, et malgré l’espace exigu, le public devient « spec’acteur » et prend parti. La question ne laisse pas insensible. Chacun argumente, on évoque la religion, la peine de mort, la politique, l’euthanasie, la démocratie, la morale... Chacun argumente ou biaise pour justifier sa position. Car bien sûr, on peut changer d’avis et passer d’un côté ou de l’autre. C’est la version théâtrale du débat mouvant proposé par Franck Lepage et cela permet de toucher d’autres publics.

La question en noir et blanc, dans le cadre très strict dans lequel elle est posée, est insoluble me semble-t-il. Mais elle permet à chacun, de prendre le temps de mesurer la dimension des enjeux, d’explorer les pensées des autres, et d’accepter les différences.

Pour ma part, c’est une forme d’éducation populaire qui me fait aimer le théâtre. Et vice versa.

Merci ! 

 

Eric Jalabert

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9 juillet 2021 5 09 /07 /juillet /2021 01:05

Spectacle du Collectif DMT-12 (75), vu à la Fabrik à Avignon le 8 juillet 2021 à 20 h. Dans le le cadre du Festival OFF d'Avignon du 7 au 31 juillet.

 

D’après le film de Dennis Gansel et le roman de Todd Strasser.

Adaptation : Alexandre Auvergne et Prune Bonan.

Mise en scène : Alexandre Auvergne

Interprète(s) : Ryad Ferrad, Anna Stannic, Thomas Sagot, Prune Bonan, Alexis Ruotolo, Laurela Delle Side, Basile Sommermeyer, Eloise Pochon, Ike Zacsongo-Joseph, Alexandre Auvergne

Genre : Théâtre dépoussiéré

Public : tout public à partir de 12 ans

Durée : 1 h 30

 

Il y a probablement deux publics pour ce spectacle : ceux qui ont vu le film et ceux qui ne l’ont pas vu. Rassurez-vous : dans les deux cas, ça fonctionne. Cette vague théâtrale nous transporte, nous submerge et nous emporte avec elle et ses mille questions sur le groupe et les mécanismes de l’autocratie. La salle était complète dès ce deuxième jour du festival, avec un public très mélangé et conquis par l’énergie de cette belle équipe.

Nous sommes dans une salle de classe, et le prof d’histoire, Monsieur Perrot, propose à sa classe de lycéens d’aborder le sujet de l’autocratie dans le cadre d’une semaine thématique : une dictature est-elle encore possible dans nos sociétés modernes ?

Pour cela, il propose une expérience « en vraie », en impliquant ses élèves et le public, dans la création de leur propre groupe. En une semaine seulement. Jusqu’où cela nous mènera-t-il ?

Le spectacle suit le film - que j’ai vu sur les conseils de ma fille il y a quelques années - avec une grande fidélité. Avec en plus, ce qui fait le spectacle vivant : la proximité, la présence, la réalité… Ces dix jeunes sur le plateau, tout juste sortis de leur formation de comédiens, regorgent d’une énergie rayonnante. Ils sont ancrés dans la vie. Ils crient. Ils slament. Ils jouent… Et nous sommes immergés avec eux. Je me suis même demandé, si mon voisin, un jeune homme noir, -détail malheureusement suffisamment rare dans nos salles pour être souligné - n’était pas un des comédiens qui allait intervenir tant il me semblait impliqué.

La mise en scène habile, nous permet aussi d’entendre les interrogations personnelles de chacun des protagonistes, sur cette vague sur laquelle ils commencent à surfer. C’est un véritable questionnement sur ce qui fait le « nous » et sur ses mécanismes de reconnaissances et de solidarité : ne plus être jugé, ni exclu dès lors que l’on fait allégeance.

Un spectacle porté par une superbe énergie et qui, me semble-t-il, fera particulièrement écho aux jeunes – en leur faisant découvrir le théâtre d’aujourd’hui qui plus est. Que demander de plus ?

Bravo et merci !

 

Éric Jalabert

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8 juillet 2021 4 08 /07 /juillet /2021 13:56

Spectacle de la Compagnie Vol plané (13) vu au Théâtre des Carmes - André Benedetto à Avignon le 7 juillet à 19 h 30, dans le cadre du Festival d’Avignon OFF 2021 du 7 au 31 juillet.

 

Interprétation : Chloé Martinon, Thibault Pasquier, Clémentine Vignais, Alexis Moati, Pierre Laneyrie

Metteur en scène : Alexis Moati, Pierre Laneyrie

Genre : Théâtre contemporain

Public : À partir de 15 ans

Durée : 1h45

 

Premier spectacle au Théâtre des Carmes du OFF. Dans un dispositif scénique plus proche du public, nous retrouvons cinq acteurs et techniciens pour ce conte danois adressé et incarné à nos contemporains. Dans un souci de partage, l’espace intérieur des Carmes est bousculé, assis autour du parterre avant-scène, les acteurs évoluent au fil de la représentation dans l’ensemble du périmètre de l’espace théâtral (en haut, derrière, devant…).

Le spectateur prend part active au récit. Dès son arrivée, le spectateur est placé. À certains, on remet un drapeau avec la consigne de le brandir et de l’agiter. Ainsi, les protagonistes sont sollicités à chaque fois que l’on cite la nation représentée (France, Angleterre, Pologne, Norvège, Danemark).

Un Hamlet dépoussiéré où les acteurs sont cadrés par cet accompagnement symbolique de nombreux spectateurs agitant leurs drapeaux. Un Hamlet revisité comme sait le proposer la troupe Vol Plané (Le malade imaginaire…). Ici le propos insiste sur « l’être ou ne pas être », l’aspect philosophique et social de cette histoire, ainsi les jeunes générations peuvent mieux appréhender le propos, la scène dépouillée et brute. Les comédiens sont habillés comme les jeunes de 2021, ils incarnent tour à tour différents personnages dont Hamlet lui-même.

La mise en scène se veut également tragi-comique et s’amuse à des références traditionnelles à la royauté (En famille : Le partage traditionnel de la galette des rois). Le jeu des lumières met en valeur les tableaux forts du spectacle notamment lorsque le Roi et la Reine apparaissent en costumes d’apparat, de vrais costumes de théâtre !

À noter particulièrement le talent d’interprétation d’une jeune comédienne, Clémentine Vignais, magistrale dans ses interprétations. On la ressent pleinement habitée par les personnages qu’elle incarne, d’un naturel et d’une authenticité rare.

Talent à suivre….

 

Gisèle-Lydie BROGI

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7 juillet 2021 3 07 /07 /juillet /2021 13:42

Spectacle de la Compagnie Nomades (02), vu à La Scierie Théâtre à Avignon le 7 juillet 2021 à 11h, dans le cadre du Festival OFF d'Avignon 2021 du 7 au 31 juillet.

 

Texte et mise en scène: Jean-Bernard Philippot

Publié chez : L'Harmattan

Public: à partir de 12 ans et Adultes

Genre: Théâtre

Interprètes: Anna Maceda, Alexia Kroucoff, Barbara Chaulet, Alex Gangl, Bertrand M, Lili Markov, Charles Moahérillon, Clément Bertrand, Raphael Plockyn

Musique en direct par quatre des comédiens.

 

Première pièce vue au OFF en cette année 2021, et une très belle introduction au théâtre après le long silence de l'année 2020.

Une collaboration Franco-Allemande, cette pièce est écrite par Jean-Bernard Philippot et publiée chez L'Harmattan éditeur, elle évoque l'itinéraire de deux femmes : l'une, Sophie est allemande, l'autre, Douce est une française de Picardie. Toutes deux vont être confrontées à l'arrivée du nazisme. Un très beau texte et une mise en scène à la fois discrète, mais néanmoins très efficace et percutante.

Sophie puis Douce se présentent puis les tableaux s’enchaînent sur scène. 

Des structures légères de toiles tendues sur du bois, qui évoluent au fil des actes permettant la projection et le jeu d'acteur en ombre chinoise. Des éléments de décor comme une TSF, une machine à écrire ainsi que des costumes qui nous restituent bien dans le contexte.

La musique en direct jouée par quatre des comédiens ponctue et accompagne avec une grande justesse de ton. Piano puis accordéon suggèrent l'insouciance éphémère du front populaire. Plus tard, ils se verront substitués très vite aux aigus du violon, à la guitare également, donnant ainsi puissance et profondeur à un texte déjà bien percutant !

Comprendre comment sans se méfier des jeunes ont pu s'engager dans la jeunesse hitlérienne, comment un État totalitaire peut arriver de façon insidieuse. Dénoncer la collaboration, la délation...

Rappeler aux mémoires oublieuses les trains, les convois, les chiens, les douches, les fumées. Qu'ils étaient "vingt et cent". Mais nulle tristesse ici, juste ne point oublier la violence à l'histoire commune de nos deux pays européens.

Merci pour ce beau spectacle, à cette collaboration et que ce spectacle vivant riche puisse être vu par le plus grand nombre et par les jeunes générations.

Pour ne pas oublier !

 

Gisèle-Lydie BROGI

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6 juillet 2021 2 06 /07 /juillet /2021 23:54

 

Spectacle de la Compagnie Mata Malam (33), vu au Théâtre des vents à Avignon le 6 juillet 2021 à 11h20 (en avant-première) dans le cadre du Festival OFF d'Avignon du 7 au 31 juillet.

 

Texte et interprétation : Valentine Cohen

Mise en scène : Mercedes Sandz

Vidéo : Erwin Chamard

Public : tout public

Genre : Théâtre

Durée : 1h10

 

Premier spectacle de cette édition 2021 du Off d’Avignon. Un rendez-vous très attendu par beaucoup de professionnels après l’annulation de 2020. Une ouverture un peu sous pression, mais en même temps pleine d’attentes. Pour ma part, je pense que nous allons partager une excellente édition et ce premier spectacle au titre intrigant a donné le ton.

Une longue séquence vidéo d’ouverture projetée en fond de scène sur un tissu blanc nous rappelle les catastrophes écologiques, le feu atomique et toutes les innombrables plaies que nous faisons subir à notre petite planète et aux êtres qui la peuplent.

Le sujet est planté : « Notre maison est en flamme ».

Sur les mots de Greta Thunberg, une forme bouge sur scène, une naissance chaotique, cornue, un brin effrayante, donnant vie à une créature graphitée de signe tribaux à même le corps : c’est la femme-Moïse, naît de l’eau, de la terre et du feu, qui se met à nu et qui nous crache les folies de notre civilisation. Elle cherche la loi racine, qui nous porte et nous fait vivre heureux.

« Le monde est incontinent » et Valentine Cohen nous le dit avec fureur, provocation, et parfois avec humour. Le sujet est vaste : les bases du monde patriarcal qui nous porte, le mythe du paraître ou les objectifs de l’économie libérale qui nous harcèle… Cela pourrait paraître être indigeste, mais ça ne l’est pas.

Car elle transforme sa colère en action, en images, en matière, en mots, et nous offre l'occasion de "frotter nos pensées les uns aux autres", et cela fait une belle friction d'émotions, portée par une mise en scène lumineuse.

Elle chante et elle danse aussi, offrant pour clôturer ce spectacle, l'image envoûtante d'un derviche tourneur, nous parlant de la nouvelle constitution en Équateur qui a su placer en tête de ses priorités la protection de la diversité et de la nature.

Un spectacle complet, riche et plein d'intensité, qui a su trouver une façon poétique d'aborder cette urgence écologique, sans donner de leçon, et pourtant porteur d'espérance. Sur un sujet si pressant.

La seule interrogation : pourquoi ce titre?

À découvrir.

 

Eric Jalabert

 

 

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