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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
Vous y trouverez l'ensemble des commentaires de nos correspondants sur les spectacles qui ont été vus. Ce service est en ligne en accès libre depuis février 2007.
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Découvrez sur le site www.vivantmag.fr, le catalogue des spectacles repérés... et l'ensemble des services de l'Association d'Aide à la Diffusion Interrégionale du Spectacle Vivant, l'AdAdiff.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

30 juillet 2021 5 30 /07 /juillet /2021 09:01
Padpanik!!!

Spectacle de la Cie l’Estock Fish (13), vu dans la Cour du Spectateur à Avignon, le 16 juillet 2021 à 10 h 30, dans le cadre du Festival OFF d’Avignon du 10 au 31 juillet.

 

Metteur en scène : Olivier Gaudin

Interprètes : Olivier Gaudin, Lana Paic

Régisseur : Bertrand Roure

Genre : Cirque contemporain

Type de public : à partir de 3 ans

Durée : 45 minutes                    

 

À la Cour du Spectateur, un duo d’artistes circassiens nous présente un spectacle pour les enfants, enchainant les numéros divers et variés en mêlant l’humour et les acrobaties.

Nous sommes installées, ainsi que le jeune public, dans un espace agréable, ouvert, à l’ombre d’un arbre. Devant nous, un décor qui sert de coulisses aux comédiens et une grande boite, avec une silhouette peinte dessus, qui a deux trous pour les yeux et deux trous pour les bras. Sur le côté, le régisseur, qui régit la lumière et la musique devant nos yeux pendant toute la durée du spectacle.

Les comédiens assurent avec humour dans leur art ; ils sont très clownesques, ont beaucoup d’interactions et utilisent un langage qui préfère les onomatopées aux mots et qui crée des scénettes faciles à suivre et divertissantes. Mais l’humour, si dirigé aux plus jeunes, convient aussi aux moins jeunes ; les deux personnages qui évoluent sur scène ont un caractère propre et se complètent, nous emportant dans leur univers et leur histoire.

Pourtant l’humour, dans un spectacle de cirque, ça ne fait bien sûr pas tout : nos deux artistes performent avec aisance et expérience des tours et acrobaties, mêlant jonglage avec divers objets, échasses, et bien d’autres talents. Les différents tours sont incorporés à l'histoire et ne laissent jamais l’impression de sortir de nulle part.

Le régisseur, qui est sur le côté de la scène, n’est pas laissé pour compte : les artistes l’intègrent dans le spectacle en lui adressant parfois quelques mimiques, le prenant à part. Il agrémente la représentation avec des musiques entraînantes et effets visuels que nous avons beaucoup aimés et entraîne le public avec lui.

Padpanik!!! est un spectacle idéal pour divertir vos jeunes enfants, les faire rire et les charmer ; les plus grands ne s’ennuient pas non plus, et rient aussi !

 

Gabriette

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30 juillet 2021 5 30 /07 /juillet /2021 07:33
Des Oiseaux dans la Glu
Des Oiseaux dans la Glu

Spectacle de la Compagnie Théâtre de l’Esquiff (79), vu à La Présence Pasteur à Avignon le 28 juillet 2021 à 17 h 30. Dans le cadre du Festival OFF d'Avignon du 7 au 31 juillet.

 

Mise en scène : Hélène Arnaud 

Interprètes : Fabien Casseau, Sylvie Peteilh, Fabien Lemaire

Genre : Théâtre

Public : à partir de 13 ans

Durée : 1 h 10

 

Après avoir bu un verre dans la très agréable cour de la Présence Pasteur, nous nous regroupons au portail pour faire ensemble une centaine de mètres et passer par l’entrée des artistes et rentrer par l’arrière de l’établissement. Nous entrons dans le bâtiment, escaliers, corridors, salles de classes, cela rappelle de lointains souvenirs... Et au bout du couloir, on nous attend dans une petite salle, aménagée en salle de spectacle avec de tout petits gradins en bois, 20 places à peine. Ça tombe bien, nous ne sommes pas nombreux en cette fin de festival.

Sur la scène, deux comédiens, elle et lui, un musicien entouré de ses instruments.

Des oiseaux dans la glu, ben oui, c’est nous, et à voir le spectacle, on n’est pas près de nous en sortir...

Une dizaine d’histoires de couple. Les tableaux s’enchaînent. Amour heureux, amour malheureux. Amour tendre, amour violent. Amour naissant, amour mourant. Amour tout court ?

L’interprétation tout en finesse passe par des standards, des clichés, nos représentations collectives. Avec beaucoup d’humour, de la tendresse et parfois plein de violence ou en inversant les rôles, les comédiens nous touchent, cela résonne en nous, que nous ayons 25, 50 ou alors 75 ans.

La pièce est rythmée par la musique : guitare électrique, saxos, perçus, contrebasse et saupoudré de quelques beaux chants puissants qui renfoncent encore le message. Quel message ? Je crois qu’il est à chacun de nous à le trouver. Allez-y sans hésitation et vous trouverez le vôtre !

Spectacle à tarif libre, chacun donne en sortant la somme qu’il considère juste pour cette prestation en fonction de ses moyens.

 

Maren Scapol

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30 juillet 2021 5 30 /07 /juillet /2021 07:02
COMING-OUT

Spectacle de Staouëline production (75), vu au Théâtre des Corps Saints, le 27 juillet à 19 h. Dans le cadre du Festival Off d'Avignon du 7 au 31 juillet 2021.

 

Mise en scène : Thibaut Evrard

Interprétation : Mehdi Djaadi

Genre : Seul en scène

Durée : 1 h

Public : à partir de 12 ans

 

Rien n'a empêché Mehdi, fervent musulman de Saint-Etienne ayant grandi sous l'œil d'un père attentif et strict, d'embrasser la carrière « délinquance » avec une certaine dextérité ; rien n'empêchera non plus ce garçon subtil et touchant de trouver sa voie en découvrant « Dieu » et se tournant vers le catholicisme, après plusieurs rencontres qui seront déterminantes pour lui.

L'une de ces rencontres l'emmènera à Lausanne, suivre les cours de l'école supérieure d'Art dramatique. Mehdi deviendra comédien ! Il nous relate ces rencontres, drôles et parfois touchantes, des tranches de vie que beaucoup d'entre nous ont vécues et vivent encore : le racisme, l'incompréhension et la peur de l'autre... On craint tout d'abord assister à une énième conférence sur la religion dans notre société, mais Mehdi nous éclaire rapidement sur son parcours qui se révélera jalonné de multiples rencontres (la description des ultra-cathos, des « progressistes » et des athées est juste parfaite et hilarante).

Le texte est très souvent drôle, mais restera touchant et porteur de message. Son parcours est parsemé d'embûches, car le sujet est sensible (menaces de sa communauté d'origine et mépris des catholiques) mais la rencontre avec sa femme et son parcours de comédien ont fait de la sortie de route de ce petit dealer stéphanois, un chemin semé d'étoiles. Salle pleine chaque soir pour son premier Festival d'Avignon !

Tout en subtilité, touchant et très drôle. Un spectacle à ne pas manquer.

 

Evelyne Karam

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29 juillet 2021 4 29 /07 /juillet /2021 19:59

 

Spectacle des Productions du petit vélo / Aviscène (95) vu à la Factory 3 - Chapelle des Antonins - le 28 juillet 2021 à 11 h 20. Dans le cadre du Festival OFF d'Avignon. Jusqu’au 31 juillet 2021.  

 

Auteur et interprète : Yvon Martin 

Scénographe : Citronelle Dufay / Moustik 

Regard extérieur : Michel Scotto 

Genre : seul en scène 

Public : Tout public  

Durée : 1 h 15

 

J’étais présent à la remise du prix Tournesol le 25 juillet, qui met en avant les spectacles du OFF d’Avignon traitant de l’écologie et de l’environnement, sujet qui me semble d’une priorité absolue. Ce spectacle a été le gagnant du prix Environnement et cela a attisé ma curiosité.

Sur une scène très sobre, Alexandre nous accueille à la cérémonie d’humusation de son père, né en 2000. Nous sommes en 2080 et en 2080, on n’enterre plus les gens. En 2080, on rend les corps à la terre pour l’enrichir et en faire de l’humus.  

Celui-ci va nous raconter sa saga familiale, comme fil conducteur à la transition écologique globale nécessaire pour sortir du merdier dans lequel nous étions en 2020. Car souvenons-nous, en 2020, ça n’était pas ringard de manger des fraises en hiver, ni de voyager aux Baléares pour un week-end au soleil !

Il trace ainsi le parcours de son grand-père, Léonard, climatologue et tirant déjà les sonnettes d’alarme avant 2000. Mais aussi de son père qui a appris à agir et à réfléchir ensemble à travers ses expériences Zadistes, puis qui, élu maire de son village, a pu appliquer une démocratie participative avec tous à travers les conseils citoyens. Ils ont ainsi pu construire un village de transition, qui a été plus résilient que les autres lorsqu’en 2036 est intervenu le grand black out, une semaine sans électricité. Car il ne faut pas se leurrer, il va y avoir des changements et il faudra bien s’adapter et même improviser.

Et Yvon Martin, auteur et interprète, ne les contourne pas. Il aborde ainsi les questions que nous nous posons déjà aujourd’hui – l’alimentation, l’énergie, la population, la décroissance, le climat, la démocratie -, en les plaçant dans un passé révolu avec des solutions et des outils que nous avons déjà en main :  l’organisation du pouvoir, la mutualisation, la participation de chacun aux décisions politiques, le réemploi, l’accueil des réfugiés climatiques, la culture du partage et tant d’autres outils qui prennent vie à travers son récit. C’est très documenté et très riche.

J’y ai appris au passage que ma belle ville d’Avignon était à 3 % d’autosuffisance alimentaire et que la ville la plus avancée dans le domaine était Pau, avec 8 %. Il y a encore du travail. Mais, ce que nous raconte ce spectacle nous permet de rester conscient et optimiste.

Les différents personnages mériteraient d’être davantage travaillés. Ils manquaient pour moi parfois de consistance et apporteraient ainsi une plus grande fluidité dans cette histoire. Mais, c’est avant tout le récit vers un avenir heureux et non vers les dystopies que l’on nous sert le plus souvent qui font le grand intérêt de ce spectacle. 

 À découvrir et faire partager partout, car la forme très légère peut s’adapter même en dehors des théâtres...

 

Eric Jalabert 

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28 juillet 2021 3 28 /07 /juillet /2021 18:06
source catalogue off 2021

source catalogue off 2021

Spectacle de la Compagnie 42 Production (75) vu au théâtre La Luna, le 22 juillet 2021 à 13 h 40. Dans le cadre du Festival OFF d'Avignon du 7 au 31 juillet. 

 

Avec le soutien de la Fondation Raymond Devos

 

Textes de Raymond Devos

Adaptation originale : Elliot Jenicot et Laurence Fabre

Interprète : Elliot Jenicot

Lumière :  Quentin Rigot

Costume : Corine Vervondel

Genre : seul en scène   

Public : à partir de 7 ans

Durée : 1 h15

 

Elliot Jenicot, ancien pensionnaire de la Comédie-Française, rend ici hommage à son compatriote belge, le magicien des mots, que fut Raymond Devos. Il a lui-même suivi un parcours similaire en bien des points. D’abord artiste de rue, passé par la case music-hall, formé au clown et à la pantomime, il commence sa carrière en duo avec Olivier Taquin dans les années 80, avant d’entreprendre une carrière solo en 1992 sous le nom d’Elliot.

Plateau nu, habillé de pendillons noirs, un fauteuil crapaud, avec un petit coussin rouge. Sur le côté, accroché à un pendillon, une rose rouge. J’apprendrai plus tard qu’elle symbolise le début de carrière de Raymond Devos au cabaret La Rose Rouge à Paris.

Alors qu’apparaît Elliot Jenicot, on entend la chanson « Oui, je crois » de Mireille Matthieu. Surprenant ! L’homme annonce d’emblée « qu’il s’est fait tout seul, et qu’il s’est raté ! » C’est l’un des sketches les plus connus de Raymond Devos. Bien d’autres vont suivre, certains très connus, d’autres beaucoup moins. Certainement pas facile de faire un choix dans un répertoire de plus de 250 textes. Laurence Fabre précise dans sa note de mise en scène que les textes choisis l’ont été pour leur grande théâtralité. Ils composent les deux tiers du spectacle, les liaisons et adaptations étant le fruit de sa collaboration avec Elliot.

Le comédien qui se tient sous nos yeux fait beaucoup penser à Yves Montand en tour de chant, grand et mince, intégralement vêtu de noir, cheveux bruns coiffés en arrière. Il met à profit tout le vaste espace scénique pour nous offrir non une suite de sketches, mais un vrai spectacle, où l’écriture personnelle et les textes originaux de Devos s’enchaînent pour dérouler avec fluidité cette pièce en un acte, une histoire de vie, la sienne, émaillée de réussites et d’échecs, d’envies, de déceptions, de questionnements, de coups de folie… L’objectif de Laurence Fabre de « faire que la folie de Devos et celle de Jenicot ne soient plus qu’une » est parfaitement réussi.

Ce véritable show man exploite les innombrables facettes de son talent,  comédien,  mime,  danseur, claquettiste et chanteur… L’attention du spectateur est constamment sollicitée, tant visuelle qu’auditive, il faut cependant rester concentré pour ne pas perdre une miette des facéties verbales, jeux de mots et absurdités, qui font le sel des textes du célèbre Devos. Heureusement Elliot de temps en temps, marque des pauses, guettant la réaction du public. Afin de vérifier que personne ne se perd en route !

Ovation debout pour cette prestation, aussi élégante que son talentueux interprète, pleine de nostalgie et de sensibilité, servie par une mise en scène sobre et précise. Une plongée dans les méandres de notre belle langue et tout ce qu’elle permet quand on sait l’approfondir et quand on sait la manier avec art.

Un regret cependant : 1 h 15, c’est finalement très court, enfin pour le spectateur ! Mais peut-être aurons-nous droit un jour à un deuxième opus, que l’impressionnante liste des sketches de Devos permet sans problème.  Et j’ai plein de titres à proposer pêchés au hasard de cette liste, « Et vous demandez si ça va ? », « J'ai du printemps dans les doigts de pieds », « L'étrange comportement de mes plantes » … Déjà tout un programme !

 

Cathy de Toledo

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28 juillet 2021 3 28 /07 /juillet /2021 17:54
source catalogue off 2021

source catalogue off 2021

Spectacle de La compagnie Qui va piano (75) vu au Théâtre des Corps Saints, le 22 juillet 2021 à 16 h 30. Dans le cadre du Festival OFF d'Avignon du 7 au 31 juillet.

 

Interprète : Nicolas Devort

Mise en scène : Clotilde Daniault

Collaboration artistique : Stéphanie Marino et Sylvain Berdjane

Lumières : Philippe Sourdive

Genre : Seul en scène   

Public : à partir de 10 ans

Durée : 1 h 15 

 

Après avoir vu plusieurs spectacles de la Compagnie Qui va piano, – Molière dans tous ses éclats, Dans la peau de Cyrano, Le bois dont je suis fait – j’étais impatiente de retrouver Nicolas Devort dans son dernier spectacle, La Valse d'Icare, musicien à qui le succès fait perdre la tête, et dont la chute sera aussi rapide que l’ascension… On ne peut éviter de penser à un célèbre chanteur français qui a connu un tel parcours.

Icare arrive comme un fou à l’hôpital au chevet de Yann, son fils de cinq ans. Il est dans le coma après avoir avalé des médicaments malencontreusement restés à sa portée… Totalement désemparé, Icare ne sait comment être utile. L’infirmière lui suggère de rester simplement auprès de son enfant, et de lui parler, mais de quoi ? Il entreprend alors de lui raconter sa vie, car finalement, ils ne se connaissent pas tous les deux, Icare ayant été un père absent.

Seul en scène, vêtu de noir, avec pour seuls accessoires une chaise et une guitare, il remonte le fil de son histoire depuis son jeune âge, quand il rêvait d’être chanteur, alors que son père, passionné d’aviation et constamment plongé dans la fabrication de maquettes, le voyait aviateur. Ne l’a-t-il pas appelé Icare ?

Il incarne tour à tour une quinzaine de personnages qui ont jalonné sa vie. Sa jeunesse dans la sphère familiale, où la communication avec son père est difficile, puis tout son parcours professionnel. Les débuts difficiles avant de percer, les démêlées avec des agents plus ou moins bienveillants, la rencontre avec Iris, la maman de Yann. Puis le succès, de plus en plus envahissant, la pression, les abus, les produits qu’on prend pour tenir le rythme… Jusqu’à la chute, le départ d’Iris, les cures de désintox, l’accident qui lui fait perdre un tympan, la mort du père alors qu’il n’était pas à son chevet…

Tous les protagonistes prennent vie sous nos yeux, à travers le corps et la voix du comédien, ses mimiques, ses regards, sa gestuelle et ses déplacements, les accents qu’il prend, et avec l’assistance des bruitages et jeux de lumière.  Nicolas Devort passe d’un personnage à l’autre avec fluidité, ce qui ne laisse pas d’étonner lorsque ses personnages échangent à 3 ou 4 « présents » sur scène en même temps… Comment fait-il pour ne pas SE perdre, et pour ne pas NOUS perdre ?  Probablement parce que l’écriture est totalement maîtrisée !

Le comédien souhaitait chanter et jouer de la musique, raison pour laquelle il a choisi de raconter l’histoire d’un musicien, qui naturellement, interprète plusieurs chansons pendant le spectacle, en particulier la chanson de ses débuts « My name is Icare », et l’hommage à la naissance de son fils. Talentueux aussi dans ce domaine, on espère le retrouver dans ce registre élargi au cours d’un prochain spectacle.  

En un peu plus d’une heure, Nicolas Devort dresse le portrait d’un homme en quête de la reconnaissance de son père, prêt à tout pour exister, réaliser son rêve, même à renier ses amis, son amour, ses idéaux.  Et bien sûr, le portrait de tous ceux qu’il a côtoyé, qui ont compté pour lui, dont il s’est détourné à moment donné de sa vie, et qu’il regrette d’avoir blessé. Mais il a désormais ouvert les yeux et aura tout le temps de réparer ses erreurs.

Très beau spectacle, émouvant et drôle, à ne pas manquer.

 

Cathy de Toledo

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28 juillet 2021 3 28 /07 /juillet /2021 09:10
Rabudôru, poupée d'amour

Spectacle de la Compagnie La Cité Théâtre (14), vu au théâtre des Halles à 14 h. Dans le cadre du Festival OFF d'Avignon du 7 au 31 juillet. 

 

Interprétation : Alexandre Chatelin, Laura Deforgue, Didier de Neck et David Joncquieres

Mise en scène : Olivier Lopez

Public : à partir de 12 ans

Genre : théâtre contemporain

Durée : 1 h 30
 

Rabudôru est le nom de la femme qui succède à Lysistrata : cette dernière chez Aristophane ne fait plus l'amour à son mari, il faut bien lui trouver un substitut. Rabudôru ne se révolte pas, ne se refuse jamais, et conservera toujours les traits sublimes et plastiques de sa jeunesse.

Rabudôru est une poupée d'amour. Si elle ne vient pas remplacer Nora, elle est directement fabriquée dans l'usine au sein de laquelle elle travaille. Elle était sortie de sa maison de poupée depuis Ibsen, la voilà qu'elle y retourne. Mais Nora ne peut accepter la représentation de femme-objet véhiculée par la poupée alors elle saisit dès la première scène le mégaphone, revêt un "chapeau bite" et organise un véritable mouvement de révolte qui porte alors préjudice à cette entreprise au sein de laquelle son mari travaille aussi. Alors que le couple était parfaitement heureux et harmonieux, Thierry abandonne ses valeurs et condamne la lutte dans l'espoir d'augmenter son salaire et leur bonheur mutuel, Nora ne le reconnaît plus, on voit ses yeux agrandis par la vidéo projetée en fond, pâlir, se perdre, jusqu'à pleurer. 

Il faut donner du sens à ces poupées d'amour, ces poupées sexuelles, alors Thierry décide d'en offrir une à son père malade pour mettre en lumière un potentiel effet thérapeutique. Pareil au vieil Eguchi des Belles endormies (Kawabata) le vieil homme atteint d'Alzheimer fait la rencontre de ses souvenirs enfouis, renoue avec sa langue maternelle, cesse de compter opiniâtrement cette cinquantaine de fourchettes et retrouve son sourire. Alors comment se positionner ? On dit oui ou non à la poupée qui dit oui ? De la même manière que la scénographie n'évolue pas - avec ses néons stricts et immobiles, ses deux caméramans, sa table - l'alternative n'est pas résolue. On préfère noyer le poisson en allongeant les scènes, en ajoutant quelques digressions et un concert de rock mené par le médecin chargé de diriger l'enquête sur la poupée, Madeleine. Est-ce son pouvoir de séduction et de mise à nu qui a causé cette conversion soudaine vers la musique ? Ce qui est certain, c'est que Madeleine, incarnation plastique des proportions du nombre d'or, beauté rousse et dérangeante, ne laisse pas indifférent, même si son visage, indifférent, il l'est. 

 

Célia Jaillet

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27 juillet 2021 2 27 /07 /juillet /2021 18:18
source site En scène productions

source site En scène productions

Spectacle de la Compagnie L’Atelier continue (75), vu au théâtre des Brunes, le 22 juillet 2021 à 9 h 50. Dans le cadre du Festival OFF d'Avignon, du 7 au 31 juillet. 

 

Texte et mise en scène : Emanuelle Erambert

Collaboration artistique : Arthur Dupuy (musique)

Interprètes : Tiph Courau, Garance Dupuy et Arthur Dupuy

Genre : théâtre musical   

Public : à partir de 5 ans

Durée : 55 min

 

Depuis que la pierre musicale a été volée, le village d’Elgor est plongé dans le désespoir et la cacophonie. Nous partons à sa recherche en compagnie de Nacé. Au cours de son périple, elle va rencontrer d’étranges créatures. Un voyage écologique et initiatique tout en couleurs et chansons.  

À la suite d’un petit problème technique, l’entrée en salle se fait avec un léger retard, mais les enfants sont restés calmes. Dès qu’ils sont installés, ils répondent avec enthousiasme aux sollicitations de la comédienne qui accueille le public, qui leur demande s’ils connaissent les sept couleurs de l’arc-en-ciel… Certains sont très calés !

Les nombreux éléments de décor, d’influence marine, sont un peu à l’étroit sur la scène du théâtre des Brunes. Des images de poissons et autres animaux marins sont pendues au plafond. Le musicien est installé sur scène à cour, avec tout le matériel et les instruments qu’il va utiliser pour accompagner en direct le spectacle.

C’est Silia, la sirène qui chante faux, qui a volé la pierre musicale. La jeune et téméraire Nacé décide de partir à sa recherche. La tâche sera plus compliquée que prévu, car elle apprend bien vite que la pierre a été cassée en sept morceaux, tous dispersés, qu’elle va devoir tous récupérer sinon la pierre ne sera pas efficace. Le voyage va l’emmener bien loin, jusqu’au pôle nord, puis dans les îles.

Elle va affronter bien des périls et rencontrer de nombreux animaux différents hauts en couleur, chacun d’une couleur de l’arc-en-ciel, reflet de la pierre qu’il détient… L’hippo swing violet, le saxo phoque vert, le poisson disco jaune, le requin rap orange, etc.  Chacun a retrouvé la joie de vivre et l’envie de chanter et danser lorsqu’il a récupéré ce morceau de pierre. Mais tous acceptent malgré tout de le lui rendre.

Les deux comédiennes et le musicien incarnent tous les rôles, avec changement de costumes à vue, et chansons et chorégraphies « assorties ». Le musicien s’accompagne et créé les musiques en direct en s’aidant d’un looper. 

L’Atelier Continue propose un spectacle très dynamique, sans temps morts, coloré, très entraînant, pour la plus grande joie des enfants et des parents !

Bien sûr, la thématique marine suscite la rencontre avec les phoques sur la banquise en « dégel », avec les poissons et baleines qui s’étouffent avec les plastiques, et permet d’aborder de manière modérément ostentatoire la thématique d’actualité du réchauffement climatique et de la sauvegarde écologique...

À recommander sans hésitation pour une sortie familiale ! 

 

Cathy de Toledo

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27 juillet 2021 2 27 /07 /juillet /2021 15:56

Spectacle de la compagnie Les Petites choses (34) vu à la cour du spectateur le 27 juillet 2021 à 10 h 45 dans le cadre du Festival OFF d'Avignon. Jusqu’au 31 juillet 2021.   

 

Auteur et interprète : Mathilde Aguirre 

Regard extérieur : Dora Cantero et Josef Hirsh 

Genre : Théâtre de papier 

Public : très jeune public de 1 an à 5 ans 

Durée : 25 minutes 

 

Dernière semaine du festival où l’affluence a considérablement baissée, mais où il reste encore plus de 500 spectacles accessibles, comme ce très joli spectacle pour les tout-petits. J’avais eu la chance de découvrir il y a plus de 10 ans le travail de Mathilde Aguire avec “Marcello, Champion de papier” . C’est avec plaisir que je suis allé découvrir l’évolution de son travail avec cette nouvelle création de 2019. 

Sur scène, un tas de papier. De sa voix douce et légère, mêlant ritournelle et mots posés là, la comédienne nous fait sentir et entendre le papier qu’elle froisse et qu’elle défroisse. Dans une économie de mots, elle fait émerger de cette montagne de papiers la couleur, les sons et les formes avec une extrême douceur : les sons d’une lune-Sanza (un piano à doigts), la famille de nuages et la ribambelle d'oiseaux, les animaux et leur verte prairie, l’océan et ses poissons, et les maisons. Un bestiaire animal poétique et sensible, où les enfants retrouveront des formes familières ou inconnues. 

Tout ou presque est en papier, et l’on a envie de se plonger avec elle dans cet univers de poésie construit de petites choses.

C’est un travail délicat tout à fait adapté aux tout petits qui peut se jouer dans des espaces tout terrain jusqu’à trois fois dans la journée. 

À découvrir encore jusqu’au 31 juillet.

 

Eric Jalabert 

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27 juillet 2021 2 27 /07 /juillet /2021 15:33

Spectacle de la compagnie 4eme souffle (93) vu à la Cour du spectateur le 26 juillet 2021 à 15 h dans le cadre du Festival OFF d'Avignon. Jusqu’au 31 juillet 2021.   

 

Auteure et interprète : Muriel Henry 

Regard extérieur : Céline Chatelain 

Genre : Conférence clownesque 

Public : Tout Public à partir de 6 ans 

Durée : 35 minutes 

 

Dernière semaine du festival où l’affluence a considérablement baissée, mais où il reste encore plus de 500 spectacles accessibles, comme cette jolie conférence clownesque pour faire découvrir avec humour ce qu’est un adulte.

Sur la scène dépouillée, comprenant une table, un paperboard et une chaise, Muriel Henry porte un très beau clown tendre, maladroit et facétieux. Elle nous propose de nous expliquer, aux jeunes et aux moins jeunes, ce qu’est un adulte. Vaste question. 

Elle se perd un peu dans ses notes, mais nous propose néanmoins un exposé structuré, avec une conférence en deux points. Une approche générale pour commencer :”qu’est-ce qu’un adulte”, où l’on décortique les spécificités de cet être un peu bizarre, à poils et toujours occupé, et une étude de cas plus détaillée sur l’adulte de compagnie le plus fréquent et le plus connu des enfants : “les parents” Celui qui cri... mais qui est néanmoins un être sensible.  

De quoi faire réagir les enfants présents et de faire sourire leurs parents. 

Muriel Henry maîtrise l’art du clown et ses codes, et nous propose une douce parenthèse, loufoque et très bien jouée, tout en abordant avec délicatesse et humour le rapport de l’enfant aux adultes. 

À découvrir jusqu’au 31 juillet à la cour du spectateur, seul lieu collectif et mutualisé de ce festival d’Avignon.  

 

Eric Jalabert 

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