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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
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Mode d'emploi...

Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

9 juillet 2019 2 09 /07 /juillet /2019 08:32
Tant qu'il y aura des coquelicots
Tant qu'il y aura des coquelicots

"Tant qu'il y aura des coquelicots", par la Compagnie "Hé ! Psst" (64 Lescar), vu au Festival d'Avignon le 8 juillet et joué tous les jours à 17h10 au Théâtre transversal.

 

Texte: Cliff Paillé

Mise en scène : Cliff Paillé

Comédiens : Cliff Paillé, Lyne Lebreton

Durée : 1h15

 

 

Savoir lire, c'est comme chercher des œufs. C'est bien au-delà du déchiffrage de graphèmes. Et les livres dans lesquels tous les œufs sont posés en plein milieu du chemin ne sont pas les plus intéressants.

 

Paul nous raconte comment il est devenu lecteur, un vrai lecteur passionné. Chez lui, enfant, pas de livre, pas de lecteur. Mais il y avait sa grand-mère qu'il allait voir à la campagne : il lisait des livres avec elle, d'abord ensemble, puis chacun lisait le sien. Et surtout, il a croisé pendant un bout d'année scolaire une maîtresse extraordinaire qui  - à travers le goût de la lecture et du français - lui a ouvert les portes de l'univers.

La mise en scène est simple : un fauteuil entouré d'étagères de livres d'un côté, de l'autre une table d'écolier. Deux acteurs en scène : Paul et celle qui incarne successivement la maîtresse, puis la grand-mère.

Le texte est d'une incroyable beauté. Dans le choix des mots, mais aussi dans les messages. Vous pouvez l'acheter en sortant.

 

Ce spectacle devrait être obligatoire au programme de formation de tous les enseignants !

En attendant, que vous aimez lire ou pas, allez-y, avec ou sans vos ados.

 

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8 juillet 2019 1 08 /07 /juillet /2019 17:29
Les Coloriés
Les Coloriés

«Les Coloriés» par la Compagnie Anapnoi (11800 Fonties d’Aude), vu à La Factory, le 7 juillet au Festival d’Avignon à 20h30 (du 5 au 28, relâche les 9,16 et 23).

 

 

D'après le texte de : Alexandre Jardin

Mise en scène :  Fannie Lineros

Joué par : A. Allwright, R.Deshogues, T. Gendronneau, L.Gonzalez, D.Lanne ,L. Sobler, T. Wozniczka

Genre : Contemporain

Public : Tout public (à partir de 8 ans)

Durée : 1h 20

 

C'est mon petit faible pour les dessins (voir l'affiche), qui m'a entraînée vers "Les Coloriés". Bien m'en a pris. C'est l'histoire d'Hippolyte qui est attaché à une femme qui l'insupporte. Il ne croit plus en l'amour. En rentrant chez lui, à Paris, il trouve Dafna.

 

La pièce est un hymne à l'enfance et à la liberté, une invitation à vivre sa vie comme on l'entend. Certain.es se retrouveront dans "les culotté.es" : à l'image des adultes de notre monde, ils sont engoncés dans leurs costumes, n'ont pas le temps, prennent des cachets... A l'inverse, les colorié.es sont ceux et celles, qui ont appris à agir selon leurs désirs, disent la vérité et "plongent" dans la vie au lieu de "réfléchir".

Les comédien.nes sont sept et jouent douze rôles. C'est l'occasion de découvrir des jeux scéniques très variés : chaque personnage joue en effet tantôt un culotté, tantôt un colorié.

En tant que jeune adulte, j'ai pris plaisir à rire de nos défauts de culottés : notre stress, nos oublis des vraies priorités. Mais cette pièce peut être jubilatoire à tout âge. Elle est assez dynamique pour intéresser un enfant et assez pertinente pour un public de "culottés"

.

Alors, si vous passez près de La Factory, n'hésitez pas à donner une chance à cette pièce pleine de peps.

 

Anouk F.

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8 juillet 2019 1 08 /07 /juillet /2019 16:19
Tonnerre dans un ciel sans nuage
Issu du site FestivalOFF

Issu du site FestivalOFF

«Tonnerre dans un ciel sans nuage» par le Collectif  Mind the Gap (75 Paris), vu au Théâtre du Train Bleu, le 7 juillet au Festival d’Avignon à 10h00 (du 5 au 23 les jours impairs).

 

Mise en scène : Création Collective

Par : Thomas Cabel, Julia de Reyke, Anthony Lozano et Coline Pilet et Solenn Louer

Genre : Théâtre

Public : Tout public

Durée : 1h10

 

 

C'est un tract qui m'a mené au Théâtre du Train Bleu. La troupe m'a convaincue en me transmettant son engouement. La pièce parcourt les problématiques rencontrées par quatre membres d'une jeune troupe de théâtre : La troupe est-elle suffisamment mâture et soudée pour mener à bien un projet ? Comment permettre une création collective, malgré les singularités de chacun.e ?  

                                      

Le spectacle est une réponse à ces interrogations. Sa réussite, à mes yeux, démontre bien qu'une jeune troupe peut être talentueuse même si elle rencontre des difficultés sorties de nulle part. C'est en tout cas mon interprétation du titre. 

 

Le matériel nécessaire est minime : chaque comédien.ne, possède une tenue de civil et un justaucorps disco. Il faut pouvoir accrocher une boule disco au plafond et brancher des micros. C'est à peu près tout.

 

La salle est réactive et convaincue. « C'est ma pièce préférée de l'année » me dit une amie en sortant (Elle a, dans le cadre de sa scolarité, assisté à une dizaine de représentations cette année). Je suis de cet avis : le spectacle est rafraîchissant. Le jeu est juste et bien orchestré. On sent leur motivation et envie d'être sur scène : Cela les rend captivant.es.

 

Je ressors donc de la salle ravie... Et vous convie à leur prochaine représentation !

 

Anouk F.

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8 juillet 2019 1 08 /07 /juillet /2019 16:15
Nina, des tomates et des bombes
Nina, des tomates et des bombes

Spectacle « seule en scène » de la Compagnie de l’Armoise (76) vu le 6 juillet 2019 à 16H05 au Théâtre Arto, Avignon OFF 2019, du 5 au 28 juillet. Relâches les 10,17, 24.

Succès Avignon 2017 et 2018

 

 

Texte et mise en scène : Marie-Claire Neveu, Nicolas Bazin et Pascal Légitimus.

Direction artistique : Pascal Légitimus

Comédienne : Marie-Claire Neveu

Genre : Théâtre adulte

Public : Tout public à partir de 16 ans.

Durée : 1H 15

 

Nina est impitoyable et féroce ! Elle traite de sujets ardus de main de maître : les migrants, le traité de libre échange entre l’Europe et le Canada, la mort des abeilles, les lobbys, Fathawi l’Erythréen, les Congolais minés, les incompétents et les frileux de tout poil. Son univers est déjanté et chantant. Désenchanté, donc. Et derrière son nez rouge de clown et sous son chapeau melon elle virevolte avec brio en sensibilisant les spectateurs sans jamais les culpabiliser.

Elle crie que la planète va mal. Le spectateur peut verser une larme quand elle évoque l’abeille qui n’a plus que très peu de comparses ou encore les tomates achetées au supermarché qui n’ont plus aucune odeur.

Car les tomates n’ont plus d’odeur, n’est-ce pas !? On peut ne pas pleurer bien sûr et certains spectateurs trouveront encore que les tomates sentent bons….Et que la planète tourne bien !

Elle s’insurge de constater que « le blé » s’entasse inexorablement depuis la nuit des temps et contrôle tout. Depuis des millénaires et  il n’y a aucune raison pour que ça change.

Elle chante aussi et parle au président de la République. La mise en scène est juste et taillée au cordeau tout comme le texte qui jongle entre jeux de mots habillement trouvés et piques acerbes aux dirigeants d’une planète qui se meurt.

 

Nina n’est pas un clown triste. C’est une bombe qui alerte et interpelle.

Ce 6 juillet, certains spectateurs ont détesté le spectacle. D’autres dans la rue, le matin même, n’ont pas hésité à invectiver vertement la comédienne sur certains thèmes du spectacle. Ne baisse pas les bras, Nina. Fais encore plein de conférences comme celle-ci.

 

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8 juillet 2019 1 08 /07 /juillet /2019 15:47
Pronom
https://www.avignonleoff.com/programme/2019/placey-evan-a3417/

https://www.avignonleoff.com/programme/2019/placey-evan-a3417/

«Pronom» par Le Groupe Vertigo (29), vu au 11 Gilgamesh Belleville, le 6 juillet au Festival d’Avignon à 18h30.

 

D'après un texte de : Evan Placey

Mise en scène : Guillaume Doucet

Comédiens : G. Cayla, M.Levy, G. Trotignon, C.Vivarès, M.Vallée, J.Lazar

Genre : Contemporain

Public : Tout public (à partir de 13 ans)

Durée : 1h35

 

« Pronom » est l'histoire d'une réassignation. Dean s'est toujours identifié comme « garçon »bien qu'on l'ait assigné « fille » à la naissance. Aujourd'hui, à 18 ans, il entame un THS (Traitement Hormonal de Substitution) et envisage les opérations chirurgicales pour « transitionner ».

 

Le sujet ne m'est pas inconnu : je m'y étais déjà intéressée. Néanmoins, il n'est pas nécessaire d'avoir des prérequis pour assister au spectacle. En effet, les démarches chirurgicales et le vocabulaire spécifique sont rendus compréhensibles. Le groupe Vertigo est composé de jeunes comédiens qui nous parlent à leur niveau. 

La scénographie prend beaucoup de place dans cette pièce. Le mobilier et les accessoires servent à symboliser les différents lieux de vie de Dean. Tous ces éléments rendent le spectacle très visuel, presque cinématographique.

La langue originale de la pièce est l'anglais et le surtitrage est dans cette langue. Il arrive qu'on fasse le constat de petites pertes de sens: certains jeux de mots sont intraduisibles. 

Le jeu est très théâtral ce qui aurait pu enlever un peu du naturel et de sincérité à la pièce. Au contraire, cela la rend très compréhensible et audible.

 

J'ai passé un agréable moment devant cette pièce énergique et instructive. Si vous voulez vous mettre à jour sur les questions de genre, c'est le spectacle à voir : vous passerez un moment agréable, tout en vous instruisant.

 

 

Anouk F.

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8 juillet 2019 1 08 /07 /juillet /2019 14:08
Être là
Être là

Spectacle de la Compagnie A Vrai dire (60) vu le 5 juillet 2019 à 16H30 au Théâtre Présence Pasteur (Avignon) pour le Off d’Avignon, du 5 au 28 juillet. Relâches les 9,16 et 23.

 

Texte : Vincent Ecrepont.

Mise en scène : Vincent Ecrepont.

Comédiens: Céline Bellanger-Véronic Joly et Sylvain Savard

Genre : Théâtre adulte

Public : Tout public à partir de 16 ans.

Durée : 1H 20

 

Ce titre m’a interpellée parmi la multitude des affiches qui égaient les murs d’Avignon en ce moment. Une affiche en noir et blanc qui aurait pu passer inaperçue parmi les fresques multicolores : 2 mots « Etre là » et le regard d’un vieil homme qui me fixait et qui m’invitait à y aller.

 

Alors, j’ai « été là » ! J’y ai découvert « la » famille, ses tourments, ses questionnements, ses doutes et ses « reculades »perpétuelles. Parce qu’on ne sait pas y dire les choses essentielles dans la famille. J’ai assisté à du théâtre dans ce qu’il a de tellement vivant surtout quand il parle de la mort et de la disparition des aînés, du vieillissement ou de la perte de la mémoire.

Tout ceci, Vincent Ecrepont le place bien au devant de la scène du haut de sa grande sensibilité et questionne le spectateur dans ce qu’il y a chez lui de plus intime voire d’indicible. Il tire les ficelles tout en finesse et élégance. La force des mots est là. Elle accompagne avec brio le jeu des 3 comédiens, 2 femmes et un homme. Ils incarnent tour à tour des situations familiales distinctes et parfois « jouent »  aussi à jouer des rôles différents. Un peu finalement comme nous le faisons toujours dans la vraie vie ! Resterons-nous toujours les enfants de nos parents ? La question reste posée.

Mais en aucun cas la pièce n’engendre de pathos ; parfois même un sourire s’esquisse dans le public lorsque les acteurs abordent la perte de la mémoire. Un léger trouble s’installe mais il est vite dissipé par la dynamique sans faille des comédiens qui virevoltent sur le plateau, construisent et déconstruisent le décor à vue.

La mise en scène est juste : millimétrée et éclairée sobrement comme pour mieux illuminer la réflexion du spectateur qui, quand il quitte la représentation, s’interroge forcément sur son rapport personnel à ses proches. Être plus humain avec eux, peut-être… ! Et pour chacun d’entre nous qui sommes parents, nous nous demandons si nous faisons « bien ». Si le fait d’être là suffit…Ou s’il faudrait faire autrement, différemment. Avec nos frères, nos sœurs aussi, bref avec notre famille .

En tout cas « Être là » est présent à 16H30 à Présence Pasteur. Soyez-y.

 

 

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8 juillet 2019 1 08 /07 /juillet /2019 13:53
Les Décablés
Les Décablés

Spectacle produit par la Compagnie Zapzap (75 Paris) vu le 6 juillet 2019 à 20H au Pixel Avignon dans le cadre du Festival Off d'Avignon 2019, du 5 au 28 juillet

 

 

Comédiens : Anaël Alexandre, Séverine Caillaux, Cécile Michel, Alexandre Orofino

Genre : Improvisation
Public : Tout public

Durée : 1H

 

Nous apprécions beaucoup les spectacles d'improvisation car ils nécessitent une certaine proximité avec le public (qui la plupart du temps donne les éléments nécessaires au spectacle) qu'on ne trouve généralement pas dans les autres pièces. Ici, la salle se prêtait très bien à cette proximité car elle n'était pas trop grande, climatisée et les sièges étaient confortables. Nous étions donc à l'aise.

 

L'idée de départ de la pièce a été suffisante pour nous intéresser : reproduire, selon les choix du public, un "show télévisé" avec différents genres (télé-réalité, émissions, séries etc….). Le public a le choix entre trois programmes pour chaque genre (l'improvisation est basée sur une phrase écrite par un membre du public). Les programmes sont diversifiés, les informations données par le public sont assez bien traitées, les improvisations sont pimentées de petits défis que les comédiens se donnent et qui apportent de l'originalité. Bref, une improvisation un peu structurée et réfléchie, mais créative et spontanée.

Les comédiens sont la clé pour une bonne improvisation ; la façon dont ils utilisent les idées du public, la manière dont ils jouent ensemble pour créer de la matière sans savoir à l'avance ce que l'autre va dire et leur dynamisme, c'est cela qui donne la consistance à la pièce. Ces comédiens nous font passer un très bon moment, car ils sont très enthousiastes et énergiques (dès avant le spectacle puisqu’ ils interagissaient déjà avec nous). Ils savent utiliser les idées que leurs collègues proposent pour rebondir dessus. Ils font preuve d'une certaine culture et de beaucoup d'imagination pour nous faire voyager dans leurs programmes télévisés. Si certains semblent avoir du mal à garder leur sérieux à certains moments, cela renforce le lien qu'ils entretiennent avec leur public.

 

À mi-chemin entre de l'improvisation totale et une certaine structure, ces comédiens nous offrent une heure de télévision décalée et accessible à tous par sa diversification.  Avec un public créatif, ce spectacle possède les atouts pour nous faire passer un bon moment.

 

 

 

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8 juillet 2019 1 08 /07 /juillet /2019 13:35
Les couteaux dans le dos
Les couteaux dans le dos

Spectacle vu le Dimanche 7 juillet au Théâtre Le Petit Louvre - Programmé au festival d’Avignon du 5 au 28 juillet 2019 à 16H25.

Nominé aux Molières 2010 dans la catégorie auteur francophone de l’année

 

Texte : Pierre Notte

Mise en scène : Pierre Notte

Comédiens : Muriel Gaudin-Caroline Marchetti-Kim Schwarch-Amandine Sroussi et Paola Valentin

Durée : 1h20

 

 

Marie fuit..... Elle fuit sa famille toxique et le monde sans vraiment savoir pourquoi. Elle côtoie la mort mais aussi un petit gardien de phare auprès duquel elle semble s’apaiser et se rasséréner. Et si c’était l‘amour ? Mais Marie est trop seule pour l’appréhender et savoir si c’est vraiment ça l’amour. Alors, elle fuit encore. Vers les fjords glacés ou Stockholm.

Comble de l’horreur : elle ne veut surtout pas qu’on la touche. Que personne ne la touche… ! Pourtant, elle se coupe régulièrement les mains avec un couteau parce que « le seul ennemi, c’est soi ».

 

Les 5 comédiennes exécutent à merveille diverses scénettes aux allures philosophico-éthiques et incarnent avec brio la force du verbe et de la pensée de l’auteur. Elles sont belles, investies. Elles chantent parfois. Remarquablement. Leurs gestes, par moment saccadés, ne sont pas sans rappeler des attitudes corporelles autistiques. Cette gestuelle renforce la dimension contemporaine de la pièce dans son écriture et sa mise en scène. Et puis, il y a ce « rien » qui revient souvent. Comme si la vie ce n’était rien, tout simplement. L’idée des « rapports » est récurrente aussi :

     - « Il n’y a aucun rapport ! »

     - « J’aime pas les rapports ! »

Et des pensées très « nottiennes » qui soulèvent la réflexion, même longtemps après :

     - « On peut se faire petit ou simplement l’être ».

     - « L’enfant quand il a disparu est plus envahissant que quand il était là ».

 

Le spectateur ne sort pas indemne des pièces de Pierre Notte. De celle-là tout particulièrement. Il conservera d’elle l’idée d’une fable parfois cruelle, où l’humour noir est bien présent et distille avec profondeur l’idée d’une certaine vérité. Celle qui se cache sous l’humus par exemple.

 

 

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7 juillet 2019 7 07 /07 /juillet /2019 17:13
Le Dernier Ogre
Site 11 Gilgamesh Belleville

Site 11 Gilgamesh Belleville

Spectacle « Le Dernier Ogre » de la compagnie le Cri de l’armoire (92 Fontenay-aux –Roses), vu le 04 juillet à 14h45 au théâtre  11. Gilgamesh. Belleville à Avignon.

Texte et Mise en scène : Marien Tillet                                                        Comédiens : Marien Tillet, Samuel Poncet, Mathias Castagné, Simon Denis
Public : Tout public, à partir de 13 ans
Genre(s) : Théâtre, Live-painting, Slam 

Durée : 1h                                                                                                                           

 

       J'ai eu l'occasion d'assister à la générale du « Dernier Ogre ». C'est une création qui m'a enchantée. La Compagnie s'attaque à un tabou : le cannibalisme, le prix de la faim. Tour à tour et par ellipse, un homme et un ogre nous dévoilent leur rapport à la nourriture et à leur famille. Face A, se trouve l'Ogre, au slam entraînant. Il se cache dans la semi-pénombre d'une douche de lumière froide. Face B, l'Homme, éclairé pleinement, nous parle avec sincérité de ce qu'il considère éthique de cuisiner et de manger. A cela s'ajoutent, en filigrane, leurs histoires de famille respective.


           Cette pièce est la première que j'ai l'occasion de voir, au Festival OFF d'Avignon. Je n'ai pas d'attente particulière. Nous nous asseyons dans l'obscurité totale, cela rend la pièce très immersive. Un homme rentre en scène et prend sa guitare, il se met à jouer avec délectation. Je l'écoute avec tant d'attention que je me fais surprendre par la voix de l'Ogre. Il était là lui aussi, dans le noir. Ce dernier slame avec talent  l'histoire de ses 7 filles et de sa faim de chair fraîche. Dans son dos, comme en écho, se dessine alors un paysage, sur une toile tendue : une petite maison dans un champ. Ce paysage se transformera au gré de l'histoire.


           La pièce se joue dans une salle noire et étanche à la lumière, au fond de laquelle est tendue une toile très claire. Un comédien peint le derrière de celle-ci, on ne le voit pas, mais ses tracés apparaissent de notre côté. Côté cour, se trouve le guitariste, qui occupe du début à la fin un petit espace, en fond de scène. Il est équipé de huit platines et produit au fur et à mesure une bande-son et des morceaux. Au centre de la scène et côté jardin se trouvent, en alternance, l'ogre et l'homme, incarnés par un même comédien. Il y a 3 comédiens, dont 2 visibles.

           C'est comme un conte, assorti à la résonance moderne du slam. Une harmonie se crée entre les trois dispositifs : la guitare donne un tempo au slameur et s'apaise (ou disparaît) lorsque c'est l'homme qui parle. Le spectacle est ainsi fait que chaque acteur a l'occasion de s'estomper, pour que le public puisse se concentrer sur l'art de l'autre. C'est ainsi, que chaque art est mis en valeur. De plus, le dispositif du live-painting  (qui m'était peu familier) permet une construction progressive et parfaitement adaptée  de l'illustration. Cette dernière s'apparente à une animation. En effet, il ne s'agit pas de parvenir à un résultat fixe. Il s'agît d'une performance vivante et éphémère.


           L'âge minimum conseillé pour voir le spectacle est de 13 ans : Il est à mon avis pertinent, dans la mesure, où celui-ci aborde le cannibalisme et évoque la mort, la chair humaine, le sang, les crochets de boucher... En revanche, un.e pré-ado averti.e (et à l'aise dans le noir) peut s'y essayer : Le sujet de l'anthropophagie reste traité artistiquement et aucun visuel n'est choquant : seule la peinture illustre les dires des deux personnages et ce, de manière tacite.


Je sors de la salle, avec l'envie de me replonger dans les contes et avec des questions sur ce que notre culture nous permet (ou non) de manger : En quoi l'homme est-il différent des bêtes, quand il s'agît de se nourrir ? Est-il acceptable de goûter au placenta ? Jusqu'où la faim peut-elle nous permettre d'aller ?

 

Anouk F.

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7 juillet 2019 7 07 /07 /juillet /2019 16:48
Natasha ou le lapin de Gerd
Natasha ou le lapin de Gerd

«Natasha ou le lapin de Gerd» par le Théâtre de l’Accalmie  (58 Saint-Seine), vu  au Lila’s Théâtre le 5 juillet au Festival d’Avignon à 18h05.

 

Mise en scène : Jean-Marc Galéra

Comédiens : Jean-Marc Galéra, Delmiro Iglesias

Genre : Théâtre

Public : Tout public

Durée : 1h25

 

Le Lila’s Théâtre, juste derrière la rue des Teinturiers, sis dans une maison, est intimiste avec sa cinquantaine de places. La scène est toute petite aussi, nous sommes proches des deux acteurs.

Ça se passe à la guerre.

Et pourtant, ça parle de paix, d’amour …..

Deux hommes, seuls au milieu de rien. Tout les oppose. Gerd, plutôt simplet, croit tout ce que l’on lui a toujours dit. Il croit surtout sa sœur qui, par ailleurs, tricote des bonnets pour chiens. Hans, au contraire, questionne systématiquement ce qui justifie la guerre et les actes que l’on lui demande de commettre.

Natacha, c’est la fille de Hans. Elle lui manque.

Le lapin, c’est ce que Gerd aurait aimé manger ce soir-là, surtout la cervelle.

Ils parlent de tout, de Dieu, de l’obéissance des foules, du théâtre que Hans fera découvrir à Gerd après la guerre, de leurs femmes, de la vie et de la mort. Nous sommes invités dans leur intimité de fond de tranchée.

Leurs échanges sont forts et simples à la fois. Vous pouvez y aller avec vos enfants, chacun prendra et comprendra à son niveau les beaux messages.

 

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