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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
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Mode d'emploi...

Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

14 juillet 2018 6 14 /07 /juillet /2018 12:48
La belle lisse poire du prince de Motordu
Catalogue Avignon Off 2018

Catalogue Avignon Off 2018

Cie Demain existe (75)
AVIGNON OFF 2018,  vu le 9 juillet à 10 h Théâtre du Rempart, du 5 au 29 juillet.

D’après le livre de Pef
Interprètes : Jules Cellier, Coline Moser

Théâtre jeune public à partir de 4 ans
Durée 55 min

La mise en scène s’appuie sur un beau décor coloré et évolutif, constitué du majestueux « chapeau/château » multicolore du prince de Motordu. Une partie de cet édifice deviendra la « toiture/voiture » que le prince emprunte pour partir en voyage… Voyage qui l’emmène dans la classe de la maîtresse/princesse Dézécolle, classe située dans l’envers du décor, la face cachée du « chapeau/château ».

Nous faisons d’emblée connaissance avec ce joyeux jeune prince affublé d’un joli « chapeau/château » (réplique du grand !) et avec son univers, dans lequel il côtoie des « boutons » qui paissent dans les près… Le prince ne s’ennuie pas et s’occupe à une multitude de jeux, mais il n’est jamais allé à l’école, et sa façon de parler est un peu particulière, même si très amusante ! Mais dans la classe de la princesse Dézécolle, avec les autres « glaçons et billes », il va rapidement faire l’apprentissage du langage « normal ». Et peut-être même rencontrera-t-il aussi l’amour… ?!

Une musique entraînante accompagne les péripéties de ce spectacle gentiment interactif, porté par des comédiens enthousiastes. Les enfants ont été réactifs et ont largement apprécié une histoire que sans nul doute nombre d’entre eux connaissaient déjà, et qu’il n’était pas facile de porter à la scène… 

Pari réussi pour la jeune compagnie Demain existe, qui nous offre une proposition maîtrisée de la Belle Lisse Poire…

Cathy de Toledo

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14 juillet 2018 6 14 /07 /juillet /2018 12:31
Le déni d'Anna
Le déni d'Anna

Spectacle de la cie Siparka, vu le 7 juillet, Avignon OFF 2018 à 17h15 au théâtre de l’entrepôt.

Création théatre Lucernaire Paris 2017

Durée : 1h40

Ecrit et mis en scène par Isabelle Jeanbrau
Avec : Thomas Durand, (acteur remplaçant), Mathias Guallarano, Cécile Magnet, Sandra Parra et Daniel Jea (guitare), France Cartigny et/ou Emilie Rambaud (batterie)

Genre : Tragi-comédie
Public : Adultes
Durée : 1h40

Le thème du spectacle, le déni, est abordé sous tous ses aspects lors de cette représentation. Tout d’abord nous sommes accueillis dans un petit patio où l’on peut se poser à l’ombre, boire un verre, au calme, en attendant l’ouverture des portes, ce qui est fort agréable, d’échapper l’espace d’un instant au tumulte avignonnais festivalesque.

Une fois rafraichis, nous sommes conviés à entrer dans la salle. J’ai adoré les 3 tableaux du départ : une famille heureuse, une famille bouleversée, une famille triste, mis en scène par un effet de lumière rappelant un flash photo. Cela donne immédiatement la tonalité du spectacle. Les décors sont simples et modulables, ils se suffisent à eux-mêmes, pas besoin de plus. Ici les personnages évitent sans cesse la réalité !  Déni de la mort d'un être aimé, déni de son enfant qui grandit...

Dans cette famille, on n’a pas le droit d’avoir mal, d’exprimer sa douleur, alors on compose on ne parle pas. On se remplit d’autre chose pour éviter de parler ou d’avoir mal, la nourriture a une part essentielle.

Il faut savoir que le comédien principal Benjamin Egner n’a pas pu assurer la représentation, à la veille du festival, l’acteur remplaçant a dû jouer texte en main et on ne peut que saluer sa prestation. Pour cela, et pour la première avec ce nouvel acteur, le théâtre a donc offert les places au public. Cette pièce est profonde, émouvante, sensible, l'ambiance est poignante, les deux musiciens amènent un autre dialogue avec une mélodie en parfaite harmonie, la musique est devenu un personnage, un personnage de mort…. Malgré quelques longueurs dues peut-être à cette réadaptation au pied levé, j'ai reçu une vive émotion en plein cœur et mes yeux ont souvent piqué.

Je n’ai malheureusement pas pu voir la fin de cette représentation, ni dans son interprétation originale, donc sans être dans le déni, je vous propose de vous faire votre idée par vous-même.

Laurence Malabat

La compagnie nous informe que le spectacle a été annulé à Avignon après cette couturière.

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14 juillet 2018 6 14 /07 /juillet /2018 12:20
Les Frères Brothers
Les Frères Brothers

De la Compagnie Les Frères Brothers
Dans le cadre du Festival OFF d’Avignon, du 6 au 29 juillet, relâche les 17 et 28 juillet.
Heure de début : 21h05 (1h10)
Genre : Concert
Distribution : Jean Christophe Charnay, Vincent Charnay, Mathieu Ben Hassen, Manu Martin
Vu le 11.07.2018

La salle dans laquelle nous étions était spacieuse et climatisée ; ce n’est pas une très bonne idée le soir à 21h. Les sièges étaient confortables, la scène avait des dimensions correctes et nous avions tous une bonne visibilité.

Les quatre artistes avaient des voix avec des tessitures assez larges, elles étaient équilibrées ; ils avaient de la technique et chantaient très juste. Les mélodies principales étaient très plaisantes et les harmonies qui les accompagnaient étaient recherchées. Au niveau musical, c’était impeccable.

A l’aide des jeux de lumière, d’accessoires qui leur servaient de costumes, ils ont su installer une ambiance pour chaque chanson.

Pourtant chaque chanson avait des paroles très crues qui contrastaient avec l’atmosphère précédemment mise en place. En effet, nous avons été surprises par les thèmes abordés dans les chansons qui semblaient ne pas convenir à tous les âges (contrairement au public présent dans la salle). Par exemple nous avons entendu des clowns souriants chanter l’histoire d’un de leur confrère qui avait, par jalousie, assassiné tout un cirque en le brûlant et s’était pendu par la suite.

Leur humour, en revanche, convenait à tous les âges et ils interprétaient une ribambelle de personnages très différents les uns les autres (et de toutes générations).

Ils font vraiment participer leur public, nous donnant l’impression de ne pas être simplement spectateurs. A la fin du spectacle, ils engagent facilement la discussion autour de leur représentation. Par conséquent, nous leur attribuons trois étoiles.

Juliette et Gabrielle

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14 juillet 2018 6 14 /07 /juillet /2018 12:17
En Apparté
En Apparté

De la Compagnie Les Mégalops

Dans le cadre du Festival OFF d'Avignon, du 6 au 17 juillet, relâche les 9 et 16 juillet

Interprètes (en alternance) : Garance Bertin, Emmanuelle Cormier, Tom Da Sylva, Simon Dall'aglio, Samuel Maïon-Fontana, Léandre Phillipon, Raphael Rouballay, François Saumier

Genre: Improvisation
Tout public

Heure de début : 15h45 (1h30)

Nous avons été accueillis dans une très petite salle à la scène minuscule qui ne permettait pas de décors. Cette dernière était non climatisée mais restait très confortable de par la température et ses sièges.

La taille de la scène a permis une grande proximité avec les comédiens (amateurs) et une immersion totale dans leur histoire.

Le public doit décider de la totalité des personnages que vont interpréter les comédiens (âge, passion, relation avec les autres personnages).

Ainsi les comédiens ont surmonté cette épreuve avec brio en nous emmenant dans un de leurs univers créé sur place et sur le moment. Au fil des minutes ils ont inventé une histoire loufoque et extravagante mais qui gardait la direction principale imposée par le public. Aucune partie de la pièce n'était en trop, chaque élément ajouté se faisait aiguisé par les comédiens tour à tour et finissait par s’incruster parfaitement à l’histoire et y donnait encore plus de sens. Les comédiens n’ont pas hésité à ajouter des mondes parallèles, des côtés fantastiques à leur récit. 

Les artistes étant de tous âges, ils ont pu toucher la totalité du public par leurs plaisanteries, comiques et autres farces.

Plus attirée par les pièces classiques et opéras aux décors plus époustouflants les uns que les autres, j’ai été enchantée de découvrir ce style de pièces simple et drôle et n’hésiterai pas à réitérer l’expérience. 

Gabrielle Besse

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13 juillet 2018 5 13 /07 /juillet /2018 22:13
On n’est pas des chiens
On n’est pas des chiens

Un spectacle de complexe Production (69)

Vu le 8 juillet 2018 à 14h45, au Clash Théâtre dans le cadre du Festival Off d'Avignon, du 6 au 28 juillet, relâche les 16 et 23 juillet.


Avec : Jean-Rémi Chaize

Diffusion ! Gregory Gardon 05 12 99 44 89 production@complexedurire.com

Genre : Humour
Public: Adulte
Durée :

Comment doit-on rire à Jean-Rémi Chaize ? Du troisième degré, on a le rire décalé.

Joli théâtre, moins intimiste, plus… CGR ! On est bien assis, au frais, confortable, on est reçu par des vigiles très sérieux… tiens cela me pose question : y a-t-il plus de probabilité de subir une attaque terroriste au théâtre Pandora qu’au théâtre de l’Observatoire ??!!! Bref c’est joli, petits fours et accueil VIP. Pour ma part le strapontin de l’Atypik théâtre me convenait aussi bien.

Lumière sur Rémi, attablé, on ne met pas deux minutes à se rendre compte qu’il est en fait une vielle grand-mère acariâtre, et ce malgré sa barbe. Pas besoin pour Rémi de se travestir pour incarner ses personnages ou d’exagérer la caricature, ils deviennent réels en un quart de seconde, son jeu, son élocution est impeccable.

J’ai pleuré de rire en voyant cette mère menaçant son enfant de l’immoler par le feu avant de l’enterrer vivante si elle n’avoue pas qu’elle a mangé un bonbon, cet animateur qui présente sa vie scato comme un journal télévisé, cette grand-mère cynique, ce guide conférencier trilingue mais pour le même mot…

On sent qu’il tire son inspiration de la société, des vrais gens, de la vie, bon il exagère un peu certes, mais au fond…pas vraiment.

Ce mec a un vrai talent ! Talent de nous faire rire et de nous déranger en même temps.

Pur moment de plaisir. Courrez le voir je vous le conseille. Avec un peu de poudre de perlimpinpin, vous ne verrez plus jamais la Joconde de la même façon !

Laurence Malabat

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13 juillet 2018 5 13 /07 /juillet /2018 11:10
En Apparté
En Apparté

Une production de la Compagnie Les Mégalops 

Lieu : Clash Théâtre

Dans le cadre du Festival Off d'Avignon, du 6 au 17 juillet, relâche les 9 et 16 juillet.

Vu le 10 juillet 2018

Heure de début : 15h45 (1h30)

Genre : Improvisation (pratique amateur)

Distribution (en alternance) : Garance Bertin, Emmanuelle Cornier, Tom Da Sylva, Simon Dall'aglio, Samuel Maïon-Fontana, Léandre Philippon, Raphaël Rouballay, François Saumier.

 

Ce qui m'a donné envie de voir ce spectacle a été en premier lieu la façon dont il nous a été présenté lors de la distribution des tracts. L'un des comédiens est venu nous voir, et nous a proposé de jouer à un petit jeu : il fallait que son tract reste toujours en haut de la pile de tracts que nous possédions et qui s'agrandissait au fur et à mesure de la journée. Cette façon de venir parler aux gens dans la rue et sembler tout de suite aussi proches d'eux m'a étonnée et intriguée ; c'est donc pour cela que je me suis retrouvée dans ce théâtre, devant les cinq comédiens qui improvisaient sur scène.

 

La première chose dont je me suis rendu compte en entrant dans la salle fut le peu de place qu'elle offrait. Étant au premier rang, je me trouvais très proche de la scène qui était très petite, et je me demandais comment des comédiens pouvaient jouer dans un espace aussi restreint. Pourtant, je découvrais après que cette disposition était en fait la meilleure pour ce type de spectacles car elle offrait une meilleure proximité avec le public qui était un élément majeur dans la représentation.

 

Je fus sceptique lors de l'entrée en scène des cinq comédiens. C'était assez chaotique, des personnages sans trop de forme et de logique défilaient sur scène sur un refrain assez répétitif d'une chanson de Renan Luce.

 

Puis, les cinq comédiens se sont réunis sur scène, et le public a pu créer à partir de ces cinq comédiens des personnages, leurs métiers, leurs relations entre eux, leurs passions, etc. Et, à partir de toutes les indications que le public avait données, ils ont réussi à créer tout un univers assez extraordinaire et déjanté avec des mondes parallèles, des animaleries dans la forêt, un gourou étrange qui répand de l'encens dans tout l'immeuble, mais ils arrivent tout de même à donner du sens à tout ça, et c'est assez bluffant.

 

Ce qui m'a particulièrement fascinée dans cette pièce, ce fut la proximité et la communication qu'ils avaient avec leur public : nous étions la pièce maîtresse de leur spectacle. Même à la sortie du théâtre, ou dans la rue lorsque nous les avons croisés plus tard, nous avons pu parler avec eux, et ils étaient souriants, ils discutaient, et nous avions l'impression de les connaitre depuis longtemps. Ils savent nous mettre en confiance, et nous offre un bon moment de détente.

 

Puisque c'est de l'improvisation, ce n'est pas préparé et donc ça paraît beaucoup plus naturel qu'une pièce écrite provisoirement. Ils s'éclatent sur scène, ça se voit et c'est communicatif, mais ils arrivent assez bien à garder leur sérieux alors que le public rit énormément. C'est bien joué, c'est bien improvisé, c'est drôle, on passe un très bon moment. Je recommande très fortement cette pièce, qui est mon premier coup de cœur de ce Festival !

 

Juliette Lartillot-Auteuil

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13 juillet 2018 5 13 /07 /juillet /2018 10:42
Et hop ! les guérisseurs
Et hop ! les guérisseurs

Production : Théâtre Toursky Cie Richard Martin International (Marseille)

Co-production : Théâtre du Sémaphone (Port de Bouc)

Co-réalisation : Théâtre du Balcon - Cie Serge Barbuscia (Avignon)

Lieu : Théâtre du Balcon- Cie Serge Barbuscia

Distribution : Rufus, Richard Martin et Zoé Narcy

 

Genre : Théâtre

Durée : 1h10

Public : Spectacle adultes

 

Une création signée Rufus vue le samedi 7 juillet 2018 au Théâtre du Balcon Avignon.

 

"Et hop ! les guérisseurs" est une création signée Rufus, présentée au Festival off d’Avignon du 6 au 28 juillet 2018 à 15h40 au Théâtre du Balcon, avec Rufus, Zoé Narcy et Richard Martin.

 

Un huis-clos vertigineux qui se déroule dans un cabinet de docteur. C’est l’histoire de Lebeurlard, réputé être un guérisseur efficace. Le voici devant un patient qui se nomme Jean Dube. Le cas est difficile. L’homme craque. Toute sa vie, il a été malheureux.

il avoue son métier : il est tueur professionnel. A chaque fois qu’il exécute quelqu’un, il en éprouve une douleur à l’estomac. Il demande au médecin de pouvoir exercer son métier sans souffrance au travail ! Il essuie un refus catégorique. Totalement perdu, Jean Dube, supplie, menace… Il veut à tout prix sortir de cet enfer.

La rencontre entre les deux hommes permettra-t-elle la guérison ? A la manière de Beckett, le masque de la Tragédie et de la Comédie à la main, nous sommes tous en attente d’un miracle. Ces deux-là n’y échappent pas : deux anti-héros comiques qui émeuvent par leur pathétique.

J’ai été complètement déroutée par cette pièce dont le décor minimaliste fait écho en opposition à l’avalanche de mots déversés dans ce huis-clos. Au début du dialogue, j’étais partie sur une idée préconçue où je m’attendais à suivre une histoire, rire aux éclats et me délecter du jeu des personnages. Mais en fait, à partir du moment où j’ai compris que j’aurais dû laisser mes attentes au vestiaire pour me laisser totalement emporter par l’univers si singulier de Rufus, j’ai vraiment commencé à adorer ce texte atypique qui vous emmène loin, très loin en absurdie.

De quoi parle cette pièce ? On ne le saura jamais ! On assiste à une psychanalyse par le vecteur du théâtre, comme une catharsis. Les rôles s’inversent tour à tour, le psy devient patient, et le patient est impatient… d’être guéri, pas seulement soigné non, guéri !

J’ai beaucoup apprécié la mise en scène millimétrée, avec un enchainement de dialogues percutants comme un jeu de ping-pong donnant du rythme et les monologues provoquant l’émotion à fleur de peau.

« Je suis un boomerang, je vous arrive en pleine gueule », c’est une des répliques de la pièce qui me parait résumer cette œuvre dont l’interprétation magistrale de Rufus, qui vient vous chercher les tripes, conjuguée au talent d’acteur de Richard Martin m’a percutée de plein fouet.

Attention, le texte est très exigeant et assez hermétique, les sujets sont lancés comme autant d’appâts vers le spectateur, à vous de les attraper et vous plonger dans la réflexion.

On ressort de cette représentation transformés, remplis de questionnements, et étourdis par la qualité du jeu d’acteurs et du texte bourré de jeux de mots et d’allusions. Et si le sujet de la pièce était en fin de compte le pouvoir de l’imagination, la magie de la volonté et notre finitude qui façonne notre condition d’être humain ?

Alice Masson

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11 juillet 2018 3 11 /07 /juillet /2018 10:30
Chocolat piment
Chocolat piment

Une production de la Compagnie Aurore 

Lieu : Théatre le Cabestan

Dans le cadre du Festival Off d'Avignon, du 6 au 29 juillet, relâche le 19 juillet.

Vu le 10 juillet 2018

Heure de début : 19h25 (1h20)

Genre : Comédie

Distribution : Delphine Goasguen, Claude Laucournet, Rida Rachidi, Laure Reutermann

Mise en scène : Sébastien Bernard

 

Le premier constat que je vais faire est sur la salle du théâtre Le Cabestan : elle est assez grande, et plutôt confortable. Probablement climatisée, nous n'avons pas trop chaud ni trop froid.

 

Lorsque les rideaux bleus s'ouvrent, ils nous laissent sur la première image du spectacle : une jeune femme, assise près d'une petite table qui lit un journal. Le décor évoque une maison familiale, une cuisine plus exactement, assez élaboré il nous fait comprendre tout de suite où se passe l'action, et nous projette dans cet univers chaleureux. Ils évoquent dehors l'hiver et la neige, et on s'incruste dans ce climat.

 

Puis, tour à tour, nous découvrons les personnages un par un : deux sœurs, l'aînée, Stéphanie, étant une éternelle célibataire se mêlant des affaires des autres, agent immobilier assez douée qui réussit à manigancer quelque chose pour son père après avoir découvert un secret sur lui, et la cadette, Caroline, mariée à un homme qui ne pense qu'à son travail et qui ne la voit même plus ; le père, Paul, veuf et grognon qui ne veut pas fêter son anniversaire ; enfin le gendre, Franck, mari de Caroline, qui ne vient chez son beau-père que pour le bon vin et les belles carafes en cristal, et qui passe son temps à régler les problèmes de son entreprise au téléphone, homme égoïste et insupportable.

 

Le propos de la pièce est assez banal, un secret révélé qui provoque des tensions dans la famille, et les personnages manquent légèrement d'originalité : l'auteur leur a créé une personnalité, et les acteurs jouent selon les répliques et n'ont pas vraiment trouvé de piquant à ajouter à leurs personnages. J'ai trouvé très dommage que l'une des actrices, qui joue deux rôles, ait voulu différencier ses deux personnages plus par le physique, en rajoutant pour le deuxième un chapeau, des lunettes, et en changeant de manteau et de chaussures, que par le jeu, où elle aurait pu trouver un sentiment ou un trait de caractère qui différenciait les deux.

 

Le titre est intéressant : "Chocolat piment" est la composition du gâteau d'anniversaire de l'aînée de la pièce, qui est un mélange assez étrange entre un aliment assez doux, qui peut être amer (comme certaines relations entre les personnages), et un aliment piquant (ce que va apporter le secret dans l'histoire). Je trouve que c'est une bonne idée d'avoir dans le titre évoqué ce genre de propos dans la pièce sans trop en dévoiler (en faisant une métaphore avec la nourriture, un titre qui d'ailleurs intrigue le public et l'invite à aller voir la pièce), plutôt que d'avoir mis un titre banal avec par exemple un mauvais jeu de mots, pour appuyer la comédie.

 

Je pense que le plus décevant dans cette pièce, ce fut la fin : dans toute l'histoire, ils évoquent un cinquième personnage, qui est le personnage qui provoque ces tensions. À la fin, ce personnage rend visite au père. Ils auraient pu juste finir sur un coup de klaxon dehors, pour laisser un peu de suspense et d'inconnu sur ce cinquième personnage. Or, ils décident de l'introduire dans la pièce, et de finir sur un dialogue entre le père et elle, qui se finit sur une phrase qui aurait pu avoir de l'effet si elle avait été dite sur un ton plus suggestif. Mais je pense que cette ouverture est de trop, et je trouve ça dommage que cette pièce finisse sur ça.

 

Je ne suis pas très fan de ce genre de pièces : toujours le même propos, les mêmes personnalités, quelques blagues pour enrober le tout. Cette pièce ne sort pas trop de ces clichés, et je trouve ça dommage, mais ça reste bien dans ce style de spectacle. Je pense que, sans un petit grain d'originalité et de folie, une pièce comme ça mérite une étoile.

 

Juliette Lartillot-Auteuil

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9 juillet 2018 1 09 /07 /juillet /2018 17:03
Monsieur Barbara

 

 

Une production : Chansons de gestes

Lieu : Théâtre des Lila’s Avignon

Dans le cadre du festival Off d’Avignon

Distribution : Lionel Damei et Pascale Giraud

 

Durée : 1h10

Genre : Spectacle tous publics

 

Spectacle vu le samedi 7 juillet 2018 au théâtre des Lila’s Avignon.

 

Monsieur Barbara, c’est l’histoire d’un petit garçon qui se prend pour une autre, une femme qui chante. Et elle chante si-haut-si-beau-si-fort, que ça lui donne l’envie de la rejoindre avec ses ailes en chiffons dans le ciel de ses théâtres, et d’y tracer son propre chemin de lumière.

 

Ils sont deux sur scène : Pascale Giraud, musicienne polymorphe (violoncelle, piano, voix) et Lionel Damei, un artiste pluriel et singulier, à la fois acteur, auteur et chanteur. Ce duo nous livre avec une passion dévorante les chansons de Barbara moins « attendues-entendues » et les leurs, ainsi que l’histoire qui les relie, grande, petite, intime, universelle. Ce duo hors normes parvient à nous faire partager son amour pour cette grande dame de la chanson à travers un répertoire peu visité et en même temps il nous emmène ailleurs avec ses propres créations.

 

Lionel Damei et Pascale Giraud nous offrent un sacré beau moment de mots, de musiques et de chansons, avec leurs talents conjugués, beauté des voix, émouvant récit, touches d’humour joliment égrenées, vibrante complicité, énergie flamboyante, silences habités et petits pas de danse, et tant de choses encore qui étonnent et captivent en même temps.

 

« Chaque homme possède une part féminine, la sienne porte un prénom : Barbara »… Lionel Daméi commence ainsi son spectacle Monsieur Barbara comme une promenade musicale autour de la merveilleuse artiste qu’était la dame brune.

 

La première chose qui vous saute aux yeux, ou plutôt aux oreilles tandis que se déroule le récital, c’est la voix incroyable de Lionel Damei, dont les modulations empruntent l’identité vocale de Barbara.

La puissance tout en délicatesse de son interprétation m’a enchantée, tout comme la douceur de la voix de Pascale Giraud qui se mélange avec bonheur à celle de Lionel Damei.

Au piano et au violoncelle, Pascale Giraud apporte une touche solaire à l’ensemble, et je dois avouer que j’ai un peu déploré qu’elle restât en retrait.

 

Le décor était en place, avec ses touches de rouge-orangé rappelant le beau cuivré du violoncelle.

Ce spectacle poétique et rêveur quand il parle d’amour sait aussi s’ancrer dans la réalité des deux dernières décennies du XXe siècle marqué par les années sida.

 

Le talent de Lionel Damei est de vous faire croire que c’est facile de faire ce qu’il fait sur scène, on pourrait l’écouter jusqu’au bout de la nuit, d’ailleurs ça tombe bien, j’ai vraiment eu l’impression qu’il aurait pu continuer à nous livrer ce répertoire merveilleux jusqu’au bout de la nuit !

« Je ne t’attends pas au bout d’une ligne droite, je sais qu’il y aura encore des détours… ».

Alice Masson

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