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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
Vous y trouverez l'ensemble des commentaires de nos correspondants sur les spectacles qui ont été vus. Ce service est en ligne en accès libre depuis février 2007.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

23 juillet 2019 2 23 /07 /juillet /2019 14:59
Programme OFF 2019

Programme OFF 2019

La folle histoire de France!

Spectacle de la Cie Térence et Malik vu le 18 juillet à 15H30  au théâtre Le Capitole dans le cadre d’Avignon OFF 2019. Du 5 au 28 juillet.

 

Auteur : Nicolas Pierre et Farhat Kerkeny

Mise en scène : Boutros El Amari

Comédiens : Nicolas Pierre, Farhat Kerkeny, ou en alternance, Samuel Debure, Rémi Goutalier

Genre : comédie

Public : tout public à partir de 7 ans

Durée : 1H30

 

 

Ce sont aujourd’hui Samuel Debure et Rémi Goutalier qui officient. Samuel Debure, alias Térence, est déjà sur scène. Il attend que tous les spectateurs soient installés. Nous apprenons alors que nous sommes  redevenus pour un moment des « élèves », qui plus est « collés », et dont il va assurer la surveillance…

L’accueil est sympathique et Térence met rapidement l'auditoire à l'aise. Il s’enquiert de la provenance des élèves de la classe, en particulier si certains viennent du Royaume Uni. Comme on va aborder, entre autres, l’épisode de la guerre de Cent ans, ça risque d’être tendu ! Térence stimule ses élèves, avant de tester leurs connaissances, d’identifier cancres et fayots, et pour rester dans les règles de l’art, désigner deux délégués de classe et leurs suppléants.

La classe est attentive. Arrive en retard Philippe, LE cancre de service, qui commence à bien connaître l’établissement puisqu’il a 32 ans et est toujours en classe de 5ème ! Comme il pense surtout à faire le mariole, il finit par être puni et Térence le contraint à réviser son contrôle d’Histoire. Du coup, toute la classe va en profiter. Outre la guerre de Cent Ans, les révisions vont porter sur d’autres épisodes de l’Histoire de France : la Révolution, la bataille de Marignan, les régicides célèbres. Devant le peu de motivation de Philippe, Térence se lance dans la mise en scène de certains épisodes, pour rendre le propos plus attrayant. Philippe ne pense qu’à distraire ses camarades et à débiter des âneries.

Au fil des questions, réponses et mimes divers, l’interactivité avec le public s’intensifie dans la joie et la bonne humeur. Et les spectateurs sont finalement ravis de cette séance de rattrapage inespérée, totalement délirante. A noter que tous les faits historiques relatés sont parfaitement  réels…

 

La compagnie Térence et Malik a réussi le pari de proposer un divertissement intelligent  et bien mené, interactif et pleinement intergénérationnel. Il remplit les salles depuis déjà trois saisons. Et la compagnie peut, sur demande, adapter le spectacle à un public scolaire quel que soit le niveau d’apprentissage, ou à tout autre public spécifique. Ah ! Si les cours d’Histoire (mais pas que.. !) étaient bâtis sur ce modèle, cela motiverait certainement les élèves … Mais comme dit Térence, les profs ne tiendraient pas le coup !

 

 

 

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23 juillet 2019 2 23 /07 /juillet /2019 11:02
Programme OFF 2019

Programme OFF 2019

Deux rien

Spectacle de la Cie Comme Si (91) vu le 15 juillet à 15H10 au théâtre des Lucioles dans le cadre d’Avignon OFF 2019. Du 5 au 28 juillet, sauf mardi.

 

Interprétation, mise en scène, chorégraphies : Clément Belhache, Caroline Maydat

Genre : danse théâtre

Public : tout public à partir de 5 ans

Durée : 1H

 

Un homme, une femme, deux clochards peut-être, se cherchent, s’observent, s’amusent de rien, s’entraident ou s’affrontent, autour d’un banc presque trop petit pour s’y asseoir à deux et qui sert d’unique décor à la proposition… Pas une parole, peu de musique, beaucoup de danse.

Présenté comme un spectacle mêlant mime, clown et danse, je m’attendais à un plus juste équilibre entre ces moyens d’expression. La danse reste pour un moi un langage quelque peu ésotérique, surtout lorsqu’elle s’exécute en silence….Déstabilisée, je n’ai pas réussi à « accrocher », à saisir  le fil de cette histoire. Avant de comprendre qu’il était juste question de deux individus un peu paumés, cherchant à combler le vide, à passer le temps, en joignant leur solitude respective : « Deux rien » !

De fait, je n’ai pas réussi à « entrer dans le jeu », et je dois dire que j’ai trouvé le temps un peu long… Néanmoins, j’ai apprécié la belle bande musicale (que j’aurais aimée bien plus présente) et les « Trois petites notes de musique » d’Yves Montand, qui m’ont emportée pour quelques instants de légèreté. J’ai été sensible à quelques moments poétiques, comme la scène où « Lui » manipule « Elle »comme une marionnette ou une poupée de chiffons, avec juste une impulsion du doigt en différents points de son corps. Et j’ai noté quelques moments d’une drôlerie ténue…

 

Si j’en crois les commentaires que j’ai pu entendre ou lire par ailleurs, il semble que ce spectacle ait trouvé son public, et c’est tant mieux. Même si je suis désolée de ne pas en faire vraiment partie…

 

 

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22 juillet 2019 1 22 /07 /juillet /2019 22:41
MOMS !
MOMS !

Spectacle de « Compagnie Le Théâtre du Passeur » (33) vu le 22 juillet à 12h00 au Théâtre des Lucioles dans le cadre d’Avignon Off 2019. Du 05 au 28 juillet 2019.

 

Texte : L. Carson, J. Daum, A. Kelly, R. Nichols, B. Pollard, D. Williams

Mise en scène : Armand Eloi, David Eguren

Comédiens : Armand Eloi, David Eguren

Genre : Théâtre
Public : Tout public à partir de 10/15 ans

Durée : 1H25

 

C’est un spectacle sur des histoires de femmes, de mères. La vie pendant et après avoir donné… la vie. Il y a bien un « avant », et un « après ». On vit sa jeunesse à 100 à l’heure, on rit, on joue, et puis un jour « patatras », c’est l’amour, le vrai, celui qui laisse des traces, qui fait d’une gamine/ado, un être tellement différent.

Le décor est inexistant, sauf six bandes de tissus pendantes en fond de scène. Une femme accouche à grands cris, onomatopées, et gesticulations. C’est pour de faux, mais très réaliste. Après avoir vu un spectacle sur l’utérus, me voici devant cinq femmes qui évoquent de manière très vivante les joies et déboires de la naissance, puis de la vie de maman. On retiendra surtout les aspects plutôt contraignants, plus que la joie permanente d’être à l’origine de ces petites vies tellement dépendantes de la maman. L’illustration est complète, de la grossesse aux premiers pas de l’enfant. Pour un homme, c’est bien le moment de vraiment prendre conscience de la vie de sa compagne, dont nous ne sommes habituellement qu’observateurs. Pour les jeunes filles, ce sera un enseignement riche qu’elles n’oublieront sûrement pas. Quant aux femmes qui ont vécu cette période, elles en rient aujourd’hui dans cette salle de spectacle, à la fois grâce au jeu très habile des actrices, mais je sens qu’elles rient également de leurs propres souvenirs, tellement semblables à ce qui se passe en ce moment sur scène. Toutes les étapes de la vie de maman sont représentées avec humour, mais aussi avec une certaine distanciation dans la mise en scène et le jeu d’acteur, sans toutefois omettre les détails qui donnent la touche de réalisme, de vécu. Ce qui ressort de cette « épopée », de cette aventure digne de celles d’Indiana Jones, version domestique, c’est une force immense déployée par des êtres d’apparence si frêles. La force de la volonté, de la responsabilité, de toute l’énergie déployée pour parfois simplement faire avaler une cuillérée pour maman, puis une autre pour papa, puis encore une autre (si ça passe).

Ce qu’on appelle la maison, ce n’est pas seulement celle qui nous protège des intempéries. Venez voir la vraie maison, celle d’où la vie s’envole, l’origine du monde, lovée au fond d’un tendre abdomen. Si vous pensiez tout savoir sur la vie familiale, vous en apprendrez dix fois plus, dans une ambiance dynamique, quelques chansons, cinq fées qui virevoltent et transforment par magie, un quotidien tellement ordinaire, en grands évènements tellement ordinaires.

 

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22 juillet 2019 1 22 /07 /juillet /2019 10:24
Source officielle AVIGNON Off

Source officielle AVIGNON Off

On voudrait revivre

Spectacle de la Compagnie Claire Sergent (51) vu le 15 juillet à 11 H au Théâtre « La Caserne » dans le cadre d’Avignon OFF 2019. Du 6 au 22 juillet (Relâche les 9 et 16 juillet).

 

Mise en scène : Chloé Brugnon

Distribution : Léopoldine Hummel et Maxime Kerzanet

Genre : Théâtre musical

Public : tout public à partir de 13 ans

Durée : 1H25

 

Ce spectacle, c’est une bulle de poésie pure, « une barre de soufre dans le tiroir d’acajou », un moment de grâce absolue. Tout ce que j’aime y est réuni. Tout ce que j’aurais aimé mettre en scène un jour aussi…. si j’avais su chanter et jouer d’un instrument.

 

- « On voudrait revivre : ça veut dire qu’on voudrait vivre encore la même chose. Toucher du bout des doigts le point de non-retour. Si le ciel nous laisse, on voudrait revivre ».

Ces paroles sont celles de Gérard Manset, figure incontournable de la chanson française, auteur, compositeur, interprète. Personnellement, j'ai tous les albums de Manset, alors quand j’ai découvert qu’un spectacle se jouait à son sujet, j’ai pris mes jambes à mon cou.

Mais de quoi pouvait-il bien s’agir ? D'un spectacle musical ? De théâtre ? Non, pas un spectacle musical comme le précise finement le comédien alors qu’un spectateur applaudit à la fin de la première chanson. Mais bien de théâtre, « un peu  à part » peut-être. Une sorte d’objet sonore conceptuel, façon Manset. Comme la réponse que l’artiste a faite au boss de sa maison de disques quand il lui a demandé quel était le concept  de l’album qu’il venait de lui faire écouter : « il n’y a pas de concept »....

Manset est une énigme. Un solitaire génial qui passe son temps à fuir, un réfractaire généreux qui dit de lui-même qu’il se sent très seul au monde dans son travail. Mais il est libre et c’est cette liberté qu’a choisie de représenter Chloé Brugnon, la metteure en scène. Dans ce spectacle, on décolle dans de splendides sphères de beauté musicale et esthétique, entre la forêt de Brocéliande et nos souvenirs de rêves les plus doux.

Les deux comédiens sont comme des apparitions évanescentes et oniriques qui disent : « Viens…Viens explorer avec nous le mystère Manset, effleurer la beauté de ce qu’il est pour l’appréhender un peu et l’aimer davantage encore ».

Tout dans ce spectacle est poésie organique : la scénographie est un bijou sensoriel qui oscille entre les textures des rideaux argentés que la comédienne déplace avec grâce et légèreté, le sol recouvert d’un velours noir pailleté tout doux et les notes de musiques légères et envoûtantes. Les voix des comédiens sont parfaites et emportent le spectateur dans l’univers mystérieux du compositeur. C’est du théâtre-hommage dans ce qu’il a de plus savoureux et jouissif pour celui qui se laisse emporter et bercer par ce joyau.

Léopoldine Hummel est une pianiste-chanteuse exceptionnelle et Maxime Kerzane est émouvant quand il parle de son père notamment. C’est un grand comédien-musicien au parcours déjà bien scellé.

 

C’est peut-être un spectacle « qui voyage en solitaire » dans Avignon 2019.  Peu importe si vous ne connaissez que très peu les chansons de Gérard Manset, courez-y malgré tout. L’aspect parfois désespéré que Manset porte sur l’Art ne transparaît pas du tout ici. Bien au contraire.

C’est de l’Art à l’état pur...C’est à 11H. Une heure suspendue dans la folie du Festival qui ne vous laissera pas indemne et qui vous fera passer une journée de bonheur absolu. Ce fut mon cas.

 

 

 

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20 juillet 2019 6 20 /07 /juillet /2019 22:29
Sun 7 Café
Sun 7 Café

Spectacle de la compagnie ZAD (69) vu le 18 juillet à 21h25 à L’Adresse dans le cadre d’Avignon OFF 2019. Du 9 au 28 juillet.

 

 

Auteur et mise en scène : David Conrad

Comédiens : Enji Julien, Thibault Deloche, Rodolphe Paulet, Aurélien Serre

Genre : Théâtre
Public : Tout public à partir de 12 ans
Durée : 1H30

 

 

Sur le plateau, pendant que le public s’installe, un homme attend dans un décor de bar un peu miteux, en regardant avec intérêt un match de boxe. C’est Eddy, le gars de la sécurité, un peu taciturne notamment avec Tom, le DJ embauché depuis peu.

 

On comprends petit à petit qu’on est dans un bar en situation financière plus que catastrophique, tenu par Marie, et dont les histoires parallèles restent bien mystérieuses : un psychotique à endormir les bœufs découvert sous le comptoir, un pistolet caché sous le bar, un ancien videur disparu, probablement butté, et qui avait descendu un autre videur qui ne voulait pas le laisser rentrer dans un autre bar, les « beaux draps » (les clients friqués) tant attendus et fantasmés, et enfin l’un des gars, Bébert, probablement indic. Bref, ça n’arrête pas de dérouler un fil narratif auquel on a du mal à s’attacher.

C’est du théâtre réaliste et certaines scènes sont très touchantes et basculent dans le drame social quand Eddy fait état de son enfance et de ses souvenirs où se mêlent un père violent, un environnement difficile et un parcours semé d’embûches.

Chaque personnage est très marqué. Normal, ce sont des archétypes de la condition humaine. Malheureusement, la simplicité de l’histoire qui se perd pourtant dans moult détails inexpliqués (qui a fait les petits fours?) et l’inégalité de jeu des comédiens font qu’il m’a été difficile de croire à ce que l’on me racontait et d'avoir beaucoup de compassion pour ces personnages présentés pourtant avec beaucoup d'humanité.

 

C’est une création et je suis certain que certains réajustements pourront être faits pour donner à ce spectacle toute la force qu’il mérite.

 

 

 

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20 juillet 2019 6 20 /07 /juillet /2019 20:10
Source officielle Festival Avignon

Source officielle Festival Avignon

One more?

Spectacle de la Compagnie « IN-SENSO » (75) vu le 13 juillet à 22H05 au Théâtre Golovine dans le cadre d’Avignon OFF 2019. Du 5 au 26 juillet (Relâche les 8 15 et 22).

 

Chorégraphe : Odile Gheysens assistée d’Astrid Grant 

Danseurs : Eva Yufra - Andrès Surra - Odile Gheysens et Sylvain Beauchamps

Genre : danse

Public : tout public

Durée : 55 mn

 

 

Ne pas passer par le Théâtre Golovine lors de mon festival, voilà qui est inenvisageable ...La danse fait partie de moi depuis mon plus jeune âge et j’ose espérer l’enseigner encore longtemps…

 

Pour ce spectacle, un titre et une affiche « One more, tango contemporain ». Mon œil affûté par tout ce qui touche à la danse est intrigué par le sous-titre car je n’ai jamais vu de chorégraphie de « tango contemporain », alors je décide d’y aller. Je suis rarement déçu au Golovine. Pour avoir travaillé il y a de nombreuses années avec Solange, Serge et Jean, je sais qu’un lieu ne s’appellerait pas ainsi si sa programmation n’était pas de qualité !

C’est en effet à un spectacle de qualité que j’ai assisté : quatre danseurs - 2 femmes, 2 hommes - tout de noirs vêtus au physique différent. Au regard du sous-titre, le spectateur s’attend à du tango via la musique ou la gestuelle. Si possible les 2 à la fois.

Ici, il n’en est rien. Odile Gheysens a imaginé tout autre chose, elle qui virevolte depuis plusieurs années autour du « Tangoperf » sous des formes souvent peu communes. La première image est belle et sensuelle : celle des 2 danseuses en bord de plateau sous une lumière orangée. Puis tout s’enchaîne avec grâce et harmonie et le spectateur averti perçoit rapidement ce qui a pu animer la chorégraphe : l’Humain avec un grand « H ».

Car le tango est-il autre chose : être en contact avec l’Autre, fusionner avec lui et faire corps. Mais ces corps réunis, qui sont-ils finalement ? Chacun reste pourtant bien dans sa propre identité… Alors qu’est-ce qui les réunit ?

A un moment, un des 2 danseurs boxe… Que vient faire la boxe dans un spectacle de tango, discipline qui vise surtout à se protéger le visage et le sternum. Alors que dans la danse tout doit être surdimensionné, jusqu’au plus petit muscle dissimulé. Et bien, c’est le corps. Tout simplement… Celui qui est unique pour chacun de nous mais qui vise à l’universel.

Les 4 danseur.s.e.s occupent l’espace avec élégance. On les sent complices et la chorégraphie est bien huilée. Pas de temps mort.

Les 4 corps des danseurs confectionnent les émotions avec brio sur les musiques de Bach, de Rami Khalifé ou encore de Piazzolla (le tango n’est pas loin quand même…).

Le spectateur passe un très joli moment dans le flux de cette pensée en images mis sur pied par Odile Gheysens et joliment ficelé par ses 3 partenaires.

 

Alors «  One more ?». Formule contradictoire et polie pour ne pas recommencer un nouveau tango lors d’un bal argentin.

Mais moi je dis « Oui, encore une fois, s’il vous plaît », histoire de contredire l’euphémisme de circonstance...Et merci pour ce « tango » nouveau !

 

 

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20 juillet 2019 6 20 /07 /juillet /2019 14:29
Le Mardi à Monoprix
Le Mardi à Monoprix

Spectacle de la Cie de L'Inutile (31) vu le 18 juillet à 20h 45 au théâtre de l'Albatros (côté jardin) dans le cadre d’Avignon OFF 2019. Du 5 au 28 juillet (relâches les 9, 16 et 23 juillet).

 

Auteur : Emmanuel Darley

Mise en scène : Eric Vanelle

Comédiens : Delphine Saint-Raymond, Marc Compozieux 

Genre : Théâtre, LSF (Langue des Signes Française)

Public : Tout public (à partir de 14 ans)

Durée : 1H15

 

 

Chaque mardi, Marie-Pierre s'occupe d'André, son père. Et chaque mardi c'est la même chose : Marie-Pierre fait le ménage, la lessive, le repassage et les courses à Monoprix. « Jean-Pierre », désormais « Marie-Pierre » continuera-elle à alimenter cette relation qui lui coûte ?

 

Ce spectacle est signé (en *Langue des Signes Française) par une comédienne pleine d'expressivité. Je ne m'y connais pas en LSF* et c'est l'occasion de me laisser entraîner dans le monde visuel et significatif de cette langue pour le moins théâtrale.

Deux femmes sont sur le plateau. Elles sont habillées en jupe à cerises, talons vernis et chemisier rose. Je me fais la réflexion qu'un certain stéréotype de la « femme » existe ici. Cependant, cela ne me dérange pas car je conçois que la féminité puisse s'exprimer de cette manière.

La scénographie ? Une forêt de maigres lampadaires (presque des piques) aux têtes d'ampoules fines. Il s'agit plus de symboles que de mobilier. Cela laisse de l'espace à la narration et aux personnages.

Dans cette pièce, la transidentité s'exprime et se vit par procuration. Pourtant je ne dirais pas que c'est le sujet principal, étant donné que la langue des signes attire beaucoup notre attention. « Le Mardi à Monoprix » fait exister autant une histoire Trans que Signée.

La pièce est un peu longue mais l'histoire se tient. Le/a comédien/ne a la voix qui ne porte pas assez : une question d'articulation. Il ne manque pas grand chose pour mes 3 étoiles...

 

Vive le Spectacle accessible à tou.te.s et ouvert d'esprit ! Vive la Compagnie de l'Inutile !

Je vous le recommande sans contre-indication !

 

Anouk F.

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20 juillet 2019 6 20 /07 /juillet /2019 11:36
La Quête du miel
La Quête du miel

Spectacle du Collectif Antilope (45) vu le 13 juillet à 15H50 au Théâtre des Barriques dans le cadre d’Avignon OFF 2019. Du 5 au 28 Juillet 2019 (relâche les mardis).

 

Texte et jeu : Alexandre Beaulieu.

Mise en scène : Pierre Alfred Eberhard

Scénographie : Humphrey Vidal

Voix off : Jean Burucoa et Doriane Ayxandri

Musique : Thibaut Marchal

Genre : Théâtre

Public : Jeune public

Durée : 50 minutes

 

 

Ce spectacle, je l’ai raté l’an dernier alors que je voulais le voir absolument. Alors, cette année ça n’allait pas être le cas! J’avais envie de retourner en enfance, de ne pas lâcher mes rêves de gosse sous prétexte d’être entrée dans ma vie d’adulte, mais de me laisser bercer par la magie des contes que j’ai toujours privilégiés dans mon enseignement auprès de mes élèves de Collège, quelque soit le niveau.

Parce que les contes, ça marche… !

 

 

Ce jour-là, il y avait plein d’enfants dans la salle, comme les autres jours certainement. Dès les premiers mots prononcés par le comédien -dont le visage m’a rappelé celui de Grand Corps Malade, similitude toute personnelle qui inconsciemment me laissait présager que les mots seraient là ...- le spectateur est embarqué dans l’histoire de Petit Ours.

Le parti pris d’imaginer le comédien Alexandre Beaulieu lui-même dans le rôle de l’ourson fonctionne à merveille car il n’y a aucune distanciation et les yeux des enfants pétillent. Certains commentent à voix haute les aventures de Petit Ours sous les « chuuut » ostentatoires de leurs parents…

La mise en scène est subtile, toute en suggestions visuelles et sonores efficaces et très poétiques. Si mon voisin ou ma voisine a perçu d’autres choses que moi, c’est tant mieux. Un simple tulle sur lequel est projeté un visuel onirique permettant la libre circulation des images renforce le pouvoir de l’imaginaire. Le spectateur est aux côtés de cet ourson chaque seconde. Près de lui. Tout près.

Sur son chemin initiatique, il va croiser plusieurs personnages qui l’aideront à grandir en lui faisant peur ou en le rassurant. Comme le vieil ours, le Sage, ou ce papillon-ami à la splendide voix douce posé sur sa truffe et qui le rassure tout en l’aidant à mieux saisir le sens de sa quête.

Car au départ, Petit Ours part sur les chemins pour aider son père qui rêve de miel. Finalement, c’est lui-même qu’il rencontrera, confronté à sa propre volonté, à ses propres doutes. Petit Ourson est seul tout compte fait et n’est-ce pas en étant seul que l’on se forge davantage dans la vie ? Et ce miel tant attendu, le trouvera-t-il ?

Alors, bien sûr, certains verront dans cette fable allégorique bien d’autres choses que de simples connotations enfantines et poétiques ! Ce ne sont pas les moments qui manquent sur cette heure de spectacle, notamment la quête du nectar doré qui permet de voir le monde plus beau … Je plains ces personnes d’avoir perdu cette part d’enfance en eux et leur monde doit être bien gris :

-« Seuls sont capables de grandir ceux qui se voient vraiment tels qu’ils sont ».

 

J’attends impatiemment l’an prochain la nouvelle création de ce Collectif, « Le Chevalier sans quête ».

Mais pour l’heure courez voir Petit Ours, saisissez au hasard une métaphore ou deux, tirez au hasard sur un des nombreux fils poétiques de ce conte remarquablement écrit et vous passerez un merveilleux moment de votre Festival.

Vite !! Plus que quelques jours….

 

 

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19 juillet 2019 5 19 /07 /juillet /2019 19:55
Les espaces Cyclophones
Les espaces Cyclophones

Spectacle de François Cys (Belgique) vu le 17 juillet au Théâtr’enfants dans le cadre d’Avignon OFF 2019. Du 9 au 17 juillet 2019.

 

De et par: François Cys

Genre : Installations sonores interactives
Public : Tout public à partir de 2 ans
Durée : accès libre

 

 

C’est toujours un plaisir de découvrir ces installations bizarroïdes et bidouillées. Celles de cette année, dont le nom avait attisé ma curiosité, les "espaces cyclophones", mélangent sonorités et participation cycloïde….

 

Dans la cour de l’école de Monclar, voila une douzaine d’installations où l’on doit pédaler, tourner, actionner, renverser, agiter ou simplement manipuler des petites et grandes machines faites de bric et de broc, de chaines, de poulies ou de tuyaux.

François Cys, tout juste sortie de sa sieste à l’ouverture de 14 h, m’explique comment tout cela fonctionne. Il a créé depuis cinq ans ces installations qui ont la particularité de s’écouter au stéthoscope. Les enfants (ici un groupe d’un centre de loisir d’Avignon), actionnent et écoutent avec attention les sons cachés au fond de la baignoire, dans l’eau qui coule où dans le cadre de la bicyclette.

Pas d’explication scientifique, mais uniquement le plaisir de pêcher un son grave et ondulant ou de percevoir une note légère et percutante. L’effet stéthoscope -parfois monté en double écoute pour deux personnes, permet comme avec un casque audio, d’être immergé dans un environnement sonore complet. Les dispositifs restent biensûr audibles sans les stéthoscopes, mais c’est la particularité de cette proposition de recherche sonore, que d’aller sonder les sons cachés.

 

Une belle approche des sons, ouverte à tous les curieux et à déguster en famille. Mais n'y courrez pas tout de suite, c'était le dernier jour!

 

 

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19 juillet 2019 5 19 /07 /juillet /2019 14:43
L.U.C.A. (Last Universal Common Ancestor)

 

Spectacle du théâtre de l'Ancre, coproduction théâtre Wallonnie-Bruxelles, La Charge du Rhinocéros et théâtre Jean Vilar, vu le 10 Juillet à 17h30 à la patinoire (salle excentrée de la Manufacture, navettes gratuites aller-retour au départ de la Manufacture)  dans le cadre d’Avignon OFF 2019. Du 5 au 25 Juillet 2019 (Relâche le 11 et le 18 juillet).

Conception, texte et interprétation : Hervé Guerrisi et Grégory Carnoli

Co-mise en scène : Quantin Meert
Genre : Théâtre
Public : Tout public
Durée : 1h45

        Deux amis, Hervé et Grégory nous ont rassemblés pour retracer leurs origines. Ils sont sympathiques ces jeunes Suisses d'origine italienne (si on remonte seulement aux trois dernières générations...) qui viennent se produire en France et que les gens prennent pour Brésiliens, Marocains ou Espagnols !

        Ce spectacle s'attaque à une recherche identitaire commune qui évoque et illustre l'idée de fraternité. Mais sommes-nous tous frères, si nous continuons de fermer nos frontières et nos esprits à l'autre ? La question a le mérite d'être soulevée, bien que le raccourci soit un peu rapide entre question généalogique et question migratoire. Il n'empêche que le rire provoqué par ces deux lascars est bienveillant, ni cynique ni gras, et ce moment agréable nous rassemble déjà. Objectif social atteint. Pour ce qui est du plateau, l'écran en fond de scène sert assez bien le travail des comédiens, tantôt en nous offrant une seconde perspective de jeu, tantôt en fournissant un décor pour se repérer dans les méandres des recherches. Bien que part belle soit faite à l'enregistrement sonore et visuel, le jeu reste central et de qualité. Pantomime, danse, jeu avec ou sans quatrième mur... Le dynamisme est au rendez-vous !

       Ce spectacle ne se contente pas de nous faire voyager en Italie ou aux origines de Greg et d’Hervé : il nous ramène à notre manière de nous inscrire dans une continuité familiale ou de nous en détacher. Intelligent, familial et dynamique, un incontournable du Off 2019 !



 

 

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