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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
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Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

30 juin 2016 4 30 /06 /juin /2016 05:37
"J’irai twister sur vos tombes" Chronique plurielle et populaire

Spectacle de La Cie des skieurs de fond (54), vu le 9 juin 2016, dans le cadre du ‘’Festival Molière, le théâtre dans tous ses éclats", au Théâtre Municipal de Pézenas

Texte : Astien Bosche

Mise en scène : Fanny Zeller

Musique : Timothée Hamy

Interprètes : Aurélien Osinski, Clara Brajtman, Baptiste Nénert, Nessim Vidal, Anne-Laure Laither, Marie-Mathilde Amblat, Clément Beauvoir

Genre : Théâtre comédie musicale

Durée : 1h10

Article co-écrit par : Didier, Jean-Marie, Mailys, Valérie, Isabelle, Laetitia, Léonie, Xavier et Jean-Luc; montage de Flavia Perez

A la fin d’un discours de circonstance lançant le ‘’Festival Molière, le théâtre dans tous ses éclats’’, les lumières s’éteignent et la nuit s’empare du lieu. Soudain un éclairage cru inonde la scène et les acteurs se placent en silence dans le noir, pratique qu’ils répéteront plusieurs fois avec brio au cours de la représentation, dont une séquence sur un rythme quasi stroboscopique parfaitement maîtrisée. Mais auparavant la déception s’épaissit d’un cran en constatant que les acteurs se mettent à chanter. Oh non, tout mais pas ça ! Moi qui, depuis l’enfance, ai toujours eu horreur des comédies musicales sirupeuses qui faisaient la joie de ma mère. Mon trouble se calme peu à peu quand je me rends compte qu’il s’agit avant tout d’une parodie. Une loufoquerie musicale fort bien interprétée de surcroît, illustrant une fois de plus la palette élargie des comédiens actuels ajoutant le chant, l’instrument musical et la danse au jeu classique de la comédie. La pièce s’emballe rapidement en un vaudeville familial rondement mené par une équipe de 7 comédiens, 3 femmes et 4 hommes, débordant de joie et de talent pour nous faire partager leur folie de jouer et de jongler avec le thème récurrent de la vie de famille et celui plus particulier de la guerre d’Algérie. Trois comédiens en particulier me semblent parfaits dans leur rôle phare : la mère, hystérique veuve joyeuse ; la fiancée du fils, parfaite cruche niaise ; et enfin le cadavre aux castagnettes, plutôt discret mais ô combien présent. L’apothéose survient lors de la scène de l’accouchement impromptu jouée tambour battant par une équipe au sommet de sa folie avec cris et jet de sang du plus pur style Alien 1. Un vrai régal… à ne surtout pas présenter lors des séances de préparation à l’accouchement. Au final, je ressors du théâtre fatigué mais bien diverti par ce moment fort gai et tonitruant. Didier

Cette comédie écrite par Astien Bosche, mise en scène par Fany Zeller, jouée par 7 comédiens (4 hommes, 3 femmes) présente une satyre déjantée de la société française des années 60, à la manière d'un vaudeville sur une musique yéyé, très populaire à l'époque. La mise en scène, le décor et les lumières servent très bien le jeu des acteurs sur un rythme saccadé et soutenu tout au long de la pièce. L'alternance des dialogues et des chansons yéyé ne sont pas sans rappeler la Comédie musicale. Pourtant, cette légèreté extravagante et cette loufoquerie servent surtout à porter un regard grinçant parfois cruel sur les rapports humains au sein d'une famille, somme toute bien représentative d'une certaine France de l'époque et de ses travers. L’hypocrisie, l'étroitesse d'esprit, l'insouciance, les non-dits, les sujets tabous autour de la sexualité, les frustrations, la mort, les intérêts personnels, la cupidité, tout en voulant se donner bonne morale, avec en toile de fond les "événements" de la guerre d'Algérie. La comédie s'enchaîne ainsi en plusieurs saynètes où les acteurs semblent s'en donner à coeur joie, le public témoignant par leur rire, satisfaction et plaisir. Personnellement, un bon moment de détente et de drôlerie, sans pour autant en garder un souvenir impérissable. Jean-Marie

En arrivant au théâtre, je me sentais bien, agréablement reçue, bien placée au milieu du public nombreux. Ne sachant rien sur ce qu’on allait voir, j’ai cru au début que c’était une pièce de Molière mais pas du tout. Ils étaient 7 au total, j’ai trouvé qu’ils jouaient très bien et qu’ils étaient crédibles, le décor était réaliste. Il y avait du drame et du comique, le style de l’auteur était classique et agréable. J’ai trouvé ça génial, cela m’a provoqué du bien-être, je me sentais bien et j'en garde un bon souvenir. J’ai beaucoup rigolé et j’ai trouvé que ce n’était pas trop long, juste ce qu’il fallait. Mailys

Me voilà partie avec l’envie de découvrir, sans a priori, confiante et positive ! Eh bien quelle joie ! J’ai trouvé le scénario, sur le mode "Vaudeville yéyé", très réaliste même s‘il était interprété de manière fantasque, une nécessaire dérision pour traiter de sujets aussi lourds. L'amour, la notion de famille, la mort viennent interroger le public au plus profond de ses retranchements. J'ai d'ailleurs eu le même genre de ressenti avec le film "Un air de famille". C'est vrai, les relations humaines m'intéressent... Petite remarque annexe : lorsqu’une vérité éclate, elle entraîne et libère celles des autres et dépoussière nos consciences. Cette pièce, ces dialogues, ces interactions sont interprétés avec une lucidité renversante, cela renvoie forcément au vécu de chacun… Il y a eu de l’insolite, beaucoup de surprises, des jeux de lumière permanents venant créer de nombreux effets et, enfin, du paradoxe ! J’adore ! Ce constat me comble, donc que du bonus ! Merci pour le plaisir ! Valérie

Forcément comment ne pas penser au roman noir de Boris Vian "J'irai cracher sur vos tombes" ? Avec cette différence verbale de taille qui indique la référence au twist, ce genre musical des années 60. Nous sommes face à une famille classique, papa, maman, le fils et sa fiancée, la fille et son petit ami. Ils seront bientôt rejoints par le frère du père. Le décor est simple : un piano, un téléphone, deux murs et surtout une table de salle à manger que l'on transformera au gré des scènes en cercueil ou table d'opération. Sur fond d'émancipation de la femme et de guerre d'Algérie, en quelques actes cette famille va vivre les moments forts d'une vie : divorce, décès, mariage, guerre, naissance. Rien de très original si ce n'est la mise en scène qui ponctue les scènes de moments chantés et chorégraphiés en rythme avec les styles musicaux de l'époque. Je ne m'y attendais pas et cela me déstabilise un peu. Mais j'apprécie à sa juste valeur la performance des acteurs qui savent chanter, jouer la comédie, et pour certains jouer d'un instrument. Malheureusement je trouve la qualité de jeu des acteurs assez inégale. J'ai aussi été gênée par la diction qui manquait parfois de clarté. Une bonne part du public a ri souvent, même si, moi, tout ne m'a pas fait rire. Cela manquait parfois, à mon goût, de finesse. J'ai cependant souvent souri, et parfois ri aux pointes d'humour noir. L'ensemble m'a donc laissé une impression mitigée mais tout de même fort sympathique. Isabelle

Juste avant d’arriver pour voir le spectacle, je me suis disputée avec mon copain. J’avais pleuré. Cela m’a fait du bien de passer à autre chose. Le décor était magnifique, il faisait frais. J’ai particulièrement aimé quand la jeune femme a accouché, la comédienne était très expressive, même si je ne croyais pas au scénario, surtout au moment du suicide du père, parce que c’était trop gros. Cela m’a beaucoup plu, surtout l’humour et le décor. Je suis sortie du théâtre le cœur bien plus léger qu’en y entrant. Laetitia

Fête de famille, annonce de divorce, reproches mutuels, suicide du père ; quelle entrée en matière ! On va de surprise en surprise, ou vaudrait-il mieux dire de vacherie en vacherie, sans pouvoir reprendre son souffle, car le rythme est rapide et les 7 comédiens accomplissent avec brio et une évidente joie leur mission, soit en parlant, en dansant, en chantant ou en jouant d’un instrument. Les paroles chantées sont pour moi toujours un peu difficiles à comprendre mais cela n’empêche pas de saisir le sens ou non-sens de tout. J’apprécie particulièrement la prestation de la belle-fille qui en voit de toutes les couleurs. Le scénario n’a pas pour but d’être crédible mais de montrer ce portrait condensé et corrosif de la vie de famille. Les rires des spectateurs en témoignent, surtout lorsqu’une certaine cruauté s’infiltre dans les propos et les gestes. Certes, on rit bien, mais avec un petit arrière-goût et quelquefois un peu perplexe. Oui, c’est une pièce acerbe qui doit provoquer chez les spectateurs quelques souvenirs… Les comédiens ont bien mérité les applaudissements longs et forts. Je ne suis pas restée pour les rencontrer, je ne voulais pas diluer mes impressions. Maintenant, quelques jours après, je me dis que, certes, j’ai beaucoup ri mais néanmoins je n’éprouve pas l’envie de revoir cette pièce. Léonie

Avant la pièce, j’étais bien. Je ne m’attendais à rien, j’avais juste envie de voir cette pièce de théâtre dont je ne savais rien. Je ne connaissais pas le théâtre municipal de Pézenas, il m‘a beaucoup plu et j‘ai trouvé que j’étais bien assis. La pièce m’a apporté beaucoup de plaisir, surtout le jeu des acteurs, ils m’ont tous bien fait rire. J’ai trouvé que toute la troupe chantait bien, certains accompagnaient les chansons avec une guitare et un piano. Je garde un bon souvenir de la soirée. Cela m’a donné envie de voir d’autres spectacles. Xavier

Les décors, les costumes et les chansons de ce "Vaudeville yéyé" (ainsi Astien Bosche surnomme-t-il sa pièce) sont sans équivoque : on est projeté au tout début des années 60 au milieu d’une réunion de famille de Français moyens. Les vicissitudes de la vie de chacun de ses sept membres amèneront à traiter de tabous sociaux et familiaux que nous connaissons encore aujourd’hui. Sexualité, affectif, relation à la mort, vont dominer ce qui n’est pas tout à fait une comédie musicale, des sujets graves traités avec beaucoup d’humour et de fantaisie par une troupe qui dégage le plaisir de jouer ensemble, malgré de petites imperfections liées à l’originalité de la pièce ; pas facile d’être comédien ET chanteur et d’exceller dans les deux genres. Tout comme moi, le public semble s’amuser beaucoup et saluera "tout schuss", une heure et demie plus tard, par une belle salve d’applaudissements sincères, ces skieurs et skieuses de fond hors normes. Ce qui m’en reste aujourd’hui ?... L’envie de conseiller vivement d’aller assister à une représentation de l’OVNI qu’est cette création. Jean-Luc

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6 juin 2016 1 06 /06 /juin /2016 19:30
"Imbert Imbert" Chronique plurielle et populaire

Spectacle vu dans le cadre du Printival 2016, le jeudi 21 avril 2016, à 19h au Théâtre de Pézenas

Avec : Mathias Imbert (contrebasse, ukulélé, chant) et Stephen Harrison (contrebasse, mandoline)

Genre : Concert de chanson française

Public : Adulte

Durée : 1h

Chronique rédigée par : Jacqueline, Isabelle, Didier, Roseline, Ludovic, Léonie et Emilie

Ce jeudi, le Printival nous invitait à découvrir Imbert Imbert. Cantonné dans une petite salle fermée, à l'heure de l'apéritif, et pour à peine plus de soixante minutes, ce duo aurait pu s'estimer malchanceux. Mais c'est un privilège d'occuper pendant une heure l'écrin magique du théâtre "historique" pour se faire connaître du public Piscénois. Deux hommes nous apparaissent, chacun presque caché par une contrebasse plus grande que lui. On se sent déjà respectueux devant ces interprètes de l'instrument le plus monstrueux après l'hélicon. Pas de doute, le chef est ce jeune homme souriant, très à l'aise, polo-débardeur scintillant pourvu d'une seule manche, coiffure improbable, à la fois crâne rasé et cheveux longs. Nounours ventru en tenue tout denim, Stephen, son complice au français hésitant, l'accompagne à la contrebasse d'abord, puis au banjo. Imbert Imbert chante, d'une belle voix bien assurée, avec une bonne humeur engageante, et une joie de vivre communicative. Ecoutons ses thèmes. L'amour, bien sûr. Mais là où le jeune Christophe des années 60 disait des mots bleus, Imbert dit surtout des mots crus. Je ferai une seule citation : "Ton cul me tient à cœur". Des mots de notre temps, qu'ont verrait bien illustrés par Luz, l'ex-dessinateur de Charlie Hebdo, un journal qui s'y connaît en crudité. Autre thème qui revient, le dégoût du quotidien, de la vie rangée, d'un avenir désespérant. Autre thème, moins destructeur : la tentation de la nature, le moment baba cool, le rêve d'une ferme, d'un jardin, de graine à faire éclore, de bons gros chiens... Le thème politique n'est là que de façon allusive, évocation du danger raciste, portrait esquissé d'un votant d'extrême droite. Si le chanteur est un très bon musicien, qui passe impavide de l'énorme contrebasse au ukulélé, sa virtuosité reste discrète. Cette sorte de mini guitare qu'il utilise m'a rappelé des illustrations de la fable enfantine "la Cigale et la Fourmi", par Benjamin Rabier, ou par le Walt Disney des années 30. J'ai été touchée par la minute sans micro, où le chanteur s'offre, dans la plus grande simplicité. Là est la force de ce duo : de la musique, pas du bruit. De la sincérité, pas de l'illusion. Les lumières, sobres, éclairaient à peine plus que la fanal bleue habituelle du petit théâtre. Imbert Imbert est un chanteur de notre temps, d'un pessimisme gai, d'un optimisme pas dupe, un amoureux de la musique et de la vie qui a le goût du partage. A écouter sans modération. Jacqueline

Imbert Imbert nous présente quelques morceaux en avant-première de son quatrième album "Viande d’amour" dont l’auteur nous dira qu’il ne "pue pas du cul". C’est direct et sans ambages. Comme ses chansons. Des chansons qui nous parlent du temps qui passe, de choix et de cursus de vie, d’humanité, d’engagement et d’amour. Des chansons d’amour sans mièvrerie, ce n’est pas le genre de la maison. Mathias Imbert joue avec les mots, des mots parfois crus. La voix n’est pas exceptionnelle, mais elle est claire et empreinte d’une certaine douceur, contrepoint de textes percutants, tantôt désabusés, tantôt rageurs, souvent teintés d’humour. Humour présent durant tout le spectacle où le public a beaucoup ri de leur complicité, et des facéties de Stephen Harrison imitant Jimi Hendrix ou narrant dans un français approximatif des anecdotes sur sa contrebasse "pourrie". Sur scène ces deux-là jouent, dans tous les sens du terme, et y prennent beaucoup de plaisir. En plus de la contrebasse qu’ils maîtrisent l’un et l’autre parfaitement, Steven joue du banjo, et Mathieu du ukulélé. Des mélodies aux rythmes changeants, lenteurs puis fulgurances ; richesse des notes et mélange des styles en accompagnement d’une poésie engagée. Le public était conquis. Moi aussi. Isabelle

Imbert Imbert chante ses chansons de sa voix bien timbrée et posée. Des chansons qui ont des choses à dire à propos du social, du politique, du sociétal ou encore de l’amour, des chansons engagées dissertant du temps présent sans ménagement. Ça change des plates ritournelles de la grande diffusion et ça fait du bien. Il y a de la provocation dans ses textes et on sent l’influence des anciens comme Brassens, Ferré, Renaud ou Perret entre autres. Il y a aussi des mots gros, crus et salaces dans certaines chansons, en particulier celles parlant d’amour. J’ai du mal à saisir l’utilisation presque systématique de ces crudités pour clamer l’amour, car à mon sens, la poésie d’amour vole allègrement au dessus de la ceinture. Mais je peux ne pas avoir tout compris. Ce sont peut-être les girolles qu’il confond avec le Phallus Impudicus ou, pire, le Satyre Puant. En tout cas, l’aspect provoc est tout aussi magistralement dressé telle une hampe érigée et offerte sans pudeur à l’assaut libertin d’une morale cul-serré. Ce diablotin ne manque pas de poésie ni d’impertinence, mais il manie également fort bien la dérision et l’autodérision qui n’enlèvent rien à la tenue de ses propos. La profondeur de son désespoir est à l’image de la joie de vivre qui l’accompagne et le rend supportable. Je veux parler de ce désespoir lucide qui habite tout être regardant le Monde les yeux grands ouverts et sans voiles déformants et de cette joie de vivre qui en découle, seul antidote valable, sœur jumelle et face opposée à la fois. Stephen Harrison le complice anglais d’Imbert Imbert est cabotin tant dans son jeu que dans son comportement sur la scène et le public aime ça et le lui rend bien. C’est plaisant, ludique et sans prétention sinon celle de blaguer comme il nous le montre avec sa façon Hendricksienne de jouer de sa contrebasse au dessus de la tête ou avec les dents. Au final, ce duo est à voir autant qu’à entendre. Leur joyeuse présence impose la nôtre et les contrebasses ne seraient certainement pas si heureuses sans nous pour les admirer. Diablotin, Cabotin et leurs compagnes vous convient à une joyeuse ballade de troubadours polissons et talentueux au cours de laquelle ils vous entretiennent avec plus ou moins de légèreté d’une idée importante : la liberté. Un vrai bon moment musical pour une vraie bonne idée. Didier

Je suis rentrée dans la salle d’abord, il y avait beaucoup de monde. Au début, je me demandais ce qu’ils allaient jouer et chanter. Le décor était sombre, il manquait un peu de lumière à mon goût. Les costumes manquaient de couleur, bleu et noir, ce n’est pas mon style, j’aurai préféré plus de couleur. La musique était diversifiée avec d’abord des bruits de contrebasses. J’ai bien aimé quand l’accompagnateur a joué du banjo. Je me serai crue au bord du Mississippi en Louisiane. L'ukulélé m’a également beaucoup plu, là je m’imaginais à Tahiti. J’ai bien ri en écoutant Imbert Imbert chanter ses chansons drôles. J’ai passé une bonne soirée, j’étais un peu déçue au départ mais vers la fin du spectacle tout le monde applaudissait pour faire revenir les deux artistes sur scène. Roseline

C'est avec enthousiasme que j'attendais ce show. Pour tout vous dire, j'ai fait la connaissance de ces deux troubadours dans les coulisses du théâtre où je travaille et j'ai participé au montage son et lumière de ce spectacle. Les rapports humains furent détendus et en toute simplicité. Mathias Imbert le regard franc et doux à la fois est une personne humble de ceux qui ne prennent pas le melon. Quand à son acolyte Stephen Harrison : un extraterrestre so british, drôle, un brin perché, au charisme du rocker des années 50. j'ai passé une après-midi sympathique et pleine de drôlerie en leur compagnie. Les balances se sont déroulées de façon brève, rapide et sans chichi, ils s'adaptent, savent ce qu'ils veulent : des professionnels... Du coup, je n'avais qu'une pâle vision de leur prestation qui n'altéra en rien l'effet de surprise, car enchantement il y a eu. Deux contrebassistes sur scène ça envoie ! De l'archer, du slapping, de la percussion. De temps en temps Stephen posait sa contrebasse pour prendre un banjo. Tout y était pour nous emmener dans une atmosphère proche de celle des Ogres de Barback, des Têtes Raides ou autres Rue Ketanou. Mathias Imbert se distingue par ses textes engagés, sans concession, du cru, du sombre et poétique, tout ça arrosé d'une pointe de vulgarité savoureuse car comment ne pas utiliser d'oxymore pour définir son univers... Une certitude les punks ne sont pas morts ! Je suis sorti heureux de cette rencontre tant pour l'esprit que pour les oreilles. Merci. Ludo

En attendant l’ouverture du théâtre ce jeudi 21 avril, je me suis rendu compte que je ne savais absolument rien sur ce qui m’attendait. Dans le cadre du festival Boby Lapointe, il ne pouvait évidemment pas s’agir d’un requiem, ce qui ce jour-là, aurait été néanmoins bien plus à même de s'accorder à ma disposition mentale et sentimentale. Je venais d’apprendre la mort d’une amie. En entrant au théâtre, j’ai découvert avec bonheur les deux contrebasses, instruments que j’adore, elles somnolaient sur scène en attendant que quelqu’un les réveille… Ce qui finit par arriver au bout d’un moment. C’est un spectacle agréable qui s’est déroulé pour mes oreilles et mes yeux, mélangeant textes puisés dans l’actualité, chômage, racisme, migration, et surtout aussi dans l’amour, l’éternel thème. Malheureusement, je n’ai pas tout compris, car les textes chantés sont toujours un peu plus difficiles pour moi (la langue française n’est pas ma langue maternelle) ; mais je crois avoir compris l’essentiel et j’ai apprécié les textes et la plupart des arrangements musicaux. Les petits sketchs en intermède étaient pleins d’humour et offraient l’occasion au compagnon de scène d’Imbert Imbert, de sortir de son rôle d’accompagnateur et de faire-valoir. Après tout, c’est toujours le chanteur qui a la part belle. Ce que j’ai un peu regretté, même si cela semble superficiel, ce sont leurs tenues de scène. Un peu de couleur et de fantaisie en contrate avec les violoncelles ne feraient pas de mal. Je vais finir avec une phrase qui m’a spécialement touchée ce soir-là : "La vie est belle à en mourir". Je suis sortie de ce concert le cœur un peu plus léger. Merci Imbert Imbert ! Léonie

Après une longue journée, la perspective d'aller voir Imbert Imbert dans le cadre du Printival ne me tentait pas vraiment, et la peur de l'ennui me taraudait au vu de ce que j'en connaissais. Accompagnées de mes acolytes chroniqueurs, je pénétrais dans l'Illustre Théâtre de Pézenas et profitais du retard pour admirer, depuis ma place de choix au premier étage face à la scène, ce monument sublimement restauré. Deux individus entrent sur scène dans le noir et l'éclairage met alors en exergue deux contrebassistes aux looks plutôt... décalés. Décalés de nous, mais aussi entre eux ! On découvre les deux comparses : Stephen Harrison, swinger anglophone aux allures de rocker des années 50 avec toute sa panoplie jean, gomina et westons, et Imber Imber, petit minet au t-shirt à paillettes et pantalon moulant. Tels deux clowns ils lancent une pseudo musique en feignant un combat d'instruments, puis une "bagarre" d'archers en tapant sur l'instrument de l'autre plutôt que sur le leur. Je ne m'attendais pas à cela ! Le thème est donné : c'est celui de l’humour. Les chansons s'enchaînent et encore une fois je suis surprise. Le paradoxe entre la musique et les paroles est aussi flagrant que celui entre la teneur des textes et les arrangements. Un arrangement minimaliste à deux instruments sur des textes riches et recherchés de jeux avec les mots. Plus les paroles sont touchantes et dramatiques, plus le rythme de la musique est entrainant et vice versa. Imbert Imbert évoque avec humour et simplicité la vie, ses joies, ses déboires et notre société actuelle avec tout ce que cela implique. Si la musique ne me plaît pas particulièrement, la performance artistique est excellente ! Une vraie interaction se fait avec le public. Non seulement par le dialogue qu’Imbert Imbert met en place avec le public, mais aussi par les rires ou les protestations que provoquent certaines paroles des chansons. Ou encore à travers les facéties des deux artistes. Alors quand Stephen Harrison rend hommage à Jimi Hendrix en passant son énorme instrument qu’est la contrebasse au dessus de sa tête pour en tirer les cordes avec ses dents tout en finissant dos au plancher de la scène, comment ne pas apprécier ce moment ?! Grâce à cet ensemble de jeux, je ne vois pas passer le temps et si vite (presque trop vite) le show s’arrête après le rappel. Je sors du théâtre remplie de bonne humeur et ravie de ce moment inattendu. Emilie

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2 mai 2016 1 02 /05 /mai /2016 19:08
"De quoi parlez-vous?" chronique plurielle et populaire

Spectacle de la compagnie C'est pas du jeu (75), vu ensemble le 19 mars 2016, à Pézenas, dans le cadre de la programmation culturelle du Théâtre de la Ville

5 pièces de Jean Tardieu : "Finissez vos phrases", "Oswald et Zénaïde", "De quoi s’agit-il?", "Le guichet", "Un mot pour un autre"

Avec : Sophie Accard, Anaïs Merienne, Tchavdar Pentchev et Léonard Prain

Mise en scène : Sophie Accard

Genre : Comédie

Public : Tout public

Durée : 1h15

Chronique plurielle et populaire écrite par : Ludo, Audrey, Laurent, Aimerick, Jacqueline, Didier, Roseline, Léonie et Jean-Luc ; sous la direction de Flavia Perez

C'est dans cet écrin du petit théâtre de Pézenas que j'ai pu admirer ce spectacle fait de cinq petits bijoux. Cinq piécettes délirantes, loufoques, qui s'enchaînent sur une rythmique ferroviaire d'un train de grande ligne avec, en conducteurs du bolide, des comédiens jeunes, dynamiques, parfois illusionnistes ou danseurs. Les textes absurdes et décalés de Jean Tardieu où les mots n'y sont plus à leurs places, sur une mise en scène à la Feydeau, avec des entrées, des sorties, quelques rires et jamais d'ennui. Spectacle frais et léger sans ambition intellectuelle exubérante, ça se croque comme une friandise, un p'tit blanc en terrasse, on en ressort avec la banane... Ludo

Une soirée pleine de rire, de mise en scène, de costumes ! Quatre acteurs jouent différents rôles dans les pièces réparties. Beaucoup de sujets et d’époques sont abordés. De quoi ça parle ? De la vie en général, les acteurs nous promènent entre amours, déception, trahison, avec des questions existentielles où se mêlent des jeux de langage poétique moderne. Les transitions entre les pièces sont parfaitement exécutées grâce à des jeux de danse, de comédie, de musique et de magie. Quelques accessoires auront suffi à meubler toutes les pièces, utilisés judicieusement, déplacés intelligemment. Les acteurs ont su me transporter d’une époque à l’autre, d’un thème à un autre en me faisant rire et en me tenant en haleine. Je ressors du théâtre le sourire aux lèvres, chantonnant les airs musicaux encore présents dans ma tête. J’ai assisté ce soir à un spectacle complet, il ne manquait rien !!!! Audrey

Ils ne sont que quatre, pour nombre de personnages, en cinq courtes pièces. Cela commence par un improbable magicien aux tours pendables, si surannés. Une magie outrée. C'est le fil conducteur, le langage truqué, incompris, ou follement démuselé. Un couple épisodique qui ne dit goutte en ne parlant que de ça, en phrases tronquées. Dans la deuxième pièce, deux tourtereaux sont ramenés par leurs familles dans le droit chemin de leur amour jusqu'à l'autel, singeant ainsi les pièces d'antan, sur un ton moqueur. S'ensuit un autre couple, écouté par un juge exaspéré; Tex Avery et Chaplin rôdent. Place à un voyageur en transit, tendre, dépassé, il cherche des informations, voudrait être bref, mais ses écouteurs comme ses écoutants sont fermés, du guichet jusqu'à l'entendement. Puis la dernière pièce explose en un vaudeville à la langue bien pendue, inventive, argotique, la plus poétique des cinq. Les acteurs sont, tour à tour, selon les pièces, exubérants, mesurés, doutant, toujours expressifs. La drôlerie est bien présente, la loufoquerie chemine, les coups de folie aussi. Plus d'une heure rythmée, bien amenée. Un bon moment. Laurent

A mon arrivée, j’étais très content même si j’ai manqué d’assistance pour trouver le numéro de mon fauteuil. Une fois installé, j’ai trouvé que j’étais bien placé, j’avais bien chaud et le temps m’a semblé passer très vite. C’est certainement grâce au jeu des comédiens et au rythme du spectacle. Le rythme du spectacle était dense avec une bonne interaction avec le public que j’ai entendu beaucoup rigoler. J’ai beaucoup aimé les costumes, par contre, j’ai trouvé que cela manquait de décor, d’accessoire et que l’éclairage était trop simple, triste. J’aurai apprécié qu’il y ait plus d’effets et pourquoi pas de la vidéo. Par dessus tout, j’ai adoré le choix des musiques très dansantes. Au final, à la sortie, j’étais très heureux. Aimerick

En ce dernier soir d’hiver, l’ovoïde et baroque théâtre de Pézenas résonne des décalages verbaux joués, animés, mimés ou dansés par quatre acteurs joyeusement talentueux qui, pour le coup, ne sont, eux, pas décalés du tout. Les acteurs font tout aujourd’hui. Leur palette expressive est donc très large, aussi les mots deviennent moins indispensables, car en fait ils sont moins seuls. Oui, les mots sont moins seuls pour porter les scènes. Ils sont joués, habillés et jonglés tout à la fois par les mimiques, les postures et la juste gestuelle des acteurs qui semblent se régaler de rendre vivantes ces farces imaginées par un Jean Tardieu à l’esprit aussi facétieux qu’aiguisé. Ma soirée fut donc agréable et joyeuse. D’une joie fine et douce. Un regret cependant : les acteurs sont Sophie Accard, Anaïs Merrienne, Tchavdar Pentchev et Léonard Prain ? Deux femmes et deux hommes, certes, mais qui est qui ? Il n’y a pas eu de présentation au moment du salut. Didier

Dans le somptueux petit théâtre à l'italienne de Pézenas, les fauteuils du parterre sont très confortables. La salle est bien chauffée. Pour ces deux raisons, on court le risque de s'y endormir, surtout quand on s'ennuie un peu. J'ai failli m'y endormir ce 19 Mars. Pièces comiques ? J'ai entendu de grands rires dans la salle. Je n'ai pas ri, peut-être un peu souri. Je me suis un peu irritée de la critique de l'administration, trop classique, trop facile, dans "Le guichet". Du jeu sur le langage dans "Un mot pour un autre", qui m'a évoqué la langue des schtroumpfs qui joue sur les mêmes ressorts. Il est vrai que pour cela Tardieu était un précurseur. J'ai failli m'endormir, mais la musique m'a réveillée : des morceaux classiques très connus, exécutés de façon martiale. Le contraste entre cette musique très "classique" et l'univers loufoque de Tardieu est l'une des sources d'humour de ces pièces. Je trouve vieillies les œuvres de cet auteur. Elles sont rajeunies ici par le jeu de quatre magnifiques acteurs, énergiques et pleins de conviction, qui défendent avec passion des textes que le jeu sur le langage rend à mes yeux plutôt arides et artificiels. Rajeunies aussi par le rythme enlevé du spectacle où 5 pièces durent en tout à peine plus d'une heure. Je me suis un peu ennuyée, mais peut-être était-ce moi qui n'avais pas de talent ce soir-là. Jacqueline

A mon entrée au Théâtre, je me demandais ce qui allait arriver. Je me posais beaucoup de questions. C’était la surprise… La pièce en cinq actes allait-elle être drôle ou triste ? Au fur et à mesure que celle-ci se déroulait, je l’ai trouvée comique, drôle et même parfois un peu enfantine car les comédiens se prenaient pour des enfants, ils faisaient les pitres et cela m’a beaucoup fait rire. Enfin quand je suis ressortie du théâtre, tout étonnée de ce spectacle, j’étais de très bonne humeur, satisfaite et heureuse. Je vais en garder un très bon souvenir. Cela m’a même donné envie d’écrire un bref mot de remerciement sur le livre d’or du petit théâtre de la rue Reboul à Pézenas. Roseline

La sensation de chaleur et l’exiguïté relative de ma place se sont vite fait oublier par ce qui se passait sur scène. Après le premier scénario (que je trouvais le plus fort), j’ai vite été enchantée par la mise en scène et le jeu des quatre acteurs. J’ai bien aimé le choix des costumes et leurs couleurs assorties tout au long de la soirée. J’ai apprécié également les accessoires de décor dont la disposition entre chaque plan fut déjà l’objet d’une amusante mise en scène. Les extraits de musique étaient également bien choisis. Le jeu des acteurs, notamment la drôlerie des deux hommes, était jubilatoire. La performance lors de la dernière séquence, c’est-à-dire la mémorisation du texte loufoque, était remarquable. En résumé, j’ai passé une soirée formidable et, en sortant, j’ai vu une expression souriante et heureuse sur tous les visages que j’ai croisés, la même que la mienne sans doute, et ce sourire va encore longtemps persister chaque fois que je penserai à ces paroles de Tardieu : "où le non-sens est roi". Léonie

Le parterre se remplit, le premier balcon de même, les lumières s’éteignent : un déferlement de mouvements et de mots ciselés commence alors. La vivacité, le rythme, la synchronisation du jeu des comédiens m’emportent immédiatement. Aussi, le public manifestera au long du spectacle de nombreux signes d’amusement, voire de joie : on frôle le bonheur ! Au travers des décors minimalistes utilisés avec maestria, costumes intemporels, musiques classiques aux déclinaisons rock et enchaînements des lumières, portent les comédiens dans un jeu souvent emprunté au cirque ou au music-hall. Nous apprenons, par un message transmis dans une dernière touche d’humour qui fera rire public et comédiens, que la compagnie C’est pas du jeu, après avoir joué ce spectacle environ 150 fois, prépare son prochain spectacle "La vie bien qu’elle soit courte" de l’auteur bulgare Stanislav Stratiev : j’espère qu'elle la jouera à Pézenas ! C’est fini… Que le temps a passé vite… Que le souvenir de cette soirée s’éternise ! Jean-Luc

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21 mars 2016 1 21 /03 /mars /2016 19:53
 "Avant l'aube" chronique plurielle et populaire

Film "Avant l'aube" de Raphaël Jacoulot, vu ensemble le 24 février 2016, à Pézenas, dans le cadre de la 54ème édition des "Rencontres Cinématographiques"

Film de : Raphaël Jacoulot

Avec : Jean-Pierre Bacri, Vincent Rottiers, Ludmila Mikaël, Sylvie Testud, Céline Sallette

Sortie le 2 mars 2011

Chronique plurielle et populaire écrite par : Jean-Luc, Odile, Grégory, Isabelle, Corinne, Léonie, Xavier, Jean-Marie, Roseline, Cécile, Emilie, Denis et Didier

Voilà bien qu’on profite à Pézenas du programme des "Rencontres Cinématographiques", rendez-vous annuel, 54ème édition ! Parmi les films britanniques, à l’honneur cette année, se sont glissés les longs-métrages du Français Raphaël Jacoulot, "Barrage" (2006), "Coup de Chaud" (2014) et, donc, "Avant l’aube" (2011).

- A 21h, le réalisateur en personne présente son œuvre ; il reviendra après la projection pour débattre avec le public encore présent. Il nous prévient "ça se passe à la montagne ; vous allez sentir le froid !" Ayant vu "Coup de chaud" l’avant-veille, je n’avais pas alors ressenti la chaleur annoncée par le même Raphaël Jacoulot lors de la présentation du film. "Avant l'aube", c'est annoncé comme un polar ; effectivement, une intrigue se tisse devant mes yeux qui n’arrivent pourtant pas à s’ébahir complètement. Pourtant il y a Jean-Pierre Bacri que j’adore d’habitude, dans un rôle taillé pour lui : directeur de l’hôtel… Mon impression générale est que cela sonne un peu creux, tant au niveau des situations humaines que de l’intrigue en général. Je n’ai rien trouvé de plus que de me dire que ce n’est pas un polar, mais une fable sociologique sans grande conséquence. Jean-Luc

- Une voiture grimpe à travers la montagne par une petite route sinueuse dans un milieu froid et hostile. Neige. Nuit. Mauvaise visibilité. Une musique anxiogène accompagne cette lente montée, laissant présager un danger. A son bord, un jeune homme, joué par Vincent Rottiers, en stage de réinsertion dans un hôtel de luxe d’une bourgade isolée. Alors qu’il est chargé de la réception, il est témoin d’agissements suspects de la part de son patron et du fils de celui-ci. Bacri, le patron, qui incarne ici la fascination et le pouvoir, se montre ambigu puis résolument toxique et Vincent est confronté à un jeu de dupes auquel il ne veut rien comprendre. Les personnages qui les entourent (mère, fils, belle-fille, amie, chargée d’enquête) déversent tour à tour incompréhension, angoisse, peur, dégoût, colère et espoir sur ce duo infernal. Sur fond d’affrontement entre les classes sociales, le monde bourgeois d’en haut, et le monde ouvrier de la vallée, Raphaël Jacoulot nous entraine, avec une maîtrise certaine, dans les bas-fonds de l’âme humaine ! Odile

- Il faisait chaud dans la salle de cinéma, peut-être que cela était dû au suspense du film. C’était un peu long pour moi pour rentrer vraiment dans l’histoire, mais j’ai eu beaucoup d’émotions. La musique a ajouté du piment à l’action. Je me sentais proche du jeune homme, pourtant la fin du film ne m’a pas beaucoup plu. Ces trois petits points de suspension m’ont donné un sentiment plutôt négatif. J’aurai voulu que le film finisse autrement. Grégory

- Adossé à la montagne, un hôtel 4 étoiles est le lieu où se concentre toute la tension entre les personnages. Dès lors va se mettre en place un jeu dangereux et ambigu entre eux, que va retranscrire l'atmosphère enfumée du film. Ces trois hommes fument cigarette sur cigarette. Comme pour mieux se cacher derrière un écran de fumée. Nous, spectateurs, assistons à ce jeu dangereux entre Jacques et Frédéric, à ce mouvement entre sincérité et manipulation, à ces rapports simili filiaux, à ce jeu de dupes qui n'en est pas un. Jusqu'à la fin. Cette fin qui n'est pas une surprise en soi. Je n'ai pas été étonnée et pas déçue de ne pas l'être. Il ne pouvait en aller autrement que cette fin qui porte en elle le gâchis du mal-amour, des abandons à répétition, des ruptures... J'ai adoré le jeu tout en finesse de Bacri, Rottiers et Testud. La force des regards m'a impressionnée. Et je souligne la qualité du scénario qui m'a donné l'impression de suivre des funambules en équilibre sur un fil à la fois tendu et prompt à s'affaisser au moindre pas. Isabelle

- J’ai trouvé que le film avait une bonne durée, ni trop long, ni trop court. Je n’ai pas vraiment cru à l’histoire mais je ne peux pas expliquer pourquoi. Pourtant, je me suis sentie à l’aise et j’ai bien aimé ce film. Je suis heureuse de l’avoir vu. Corinne

- On entre dans ce film en montant avec Frédéric dans sa petite voiture, sur cette route de montagne qui serpente vers l’hôtel, son lieu de stage… Et on en sort en redescendant cette même route à côté de lui dans le fourgon de la gendarmerie. La scène clé du film est le moment où Frédéric (incarné par Vincent Rottiers), ayant compris ce qu’il s’était passé avec le client "Cassany" disparu, s’immisce dans la conversation entre Jacques, son patron, et le policier, et où il prétend avoir congédié cet homme. Cette route sinueuse et dangereuse, est comme un fil conducteur autour de laquelle se tissent les évènements qui racontent cette histoire, bien ficelée et rythmée qui m’a rapidement captivée. Léonie

- J’ai trouvé cela un peu long, un peu angoissant par moments. Pourtant j’ai beaucoup aimé le jeu d’acteur de Vincent Rottiers. C’est le personnage dont je me sentais le plus proche, je croyais à fond en lui. Le film en général m’a bien plu mais ne m’a pas laissé de trace particulière. Xavier

- Un film noir dans un décor blanc… Ambiance sombre et pesante dès les premières images, dont la musique ne fait qu’accentuer ce sentiment, de façon pressante (oppressante)… C’était pour moi un bon début mais le déroulement du film, toujours sur le même ton pesant et monocorde, sans véritable suspense, m’empêchera de rentrer dans l’histoire avec plaisir et intérêt. Durant le déroulement du film, seul le personnage décalé de l’enquêtrice m’amènera une bouffée d’oxygène salutaire. Heureusement, les acteurs tous très talentueux ont su apporter à chacun de leur personnage une justesse et une crédibilité certaines. J’ai toutefois particulièrement apprécié la mise en scène et les dialogues, dans la forme de dualité père/fils entre l’hôtelier et son fils aux rapports détestables, et entre ce même hôtelier et le jeune stagiaire en réinsertion. C’est à l’image du décalage de deux mondes sociaux opposés et qui de façon inexorable renverra chacun à sa place (?!...). Au total, un film d’une grande honnêteté artistique et professionnel, où l’investissement du réalisateur ne fait aucun doute, mais qui me laisse sur ma faim. Jean-Marie

- J’ai trouvé le film très bon. Le paysage était magnifique, surtout l’hôtel qui était très beau. Seul au milieu de la neige dans l’hiver. Pour moi le décor était plus que parfait. Pourtant, je suis arrivée dans la salle de cinéma un peu angoissée mais je suis bien rentrée dans l’histoire. J’y ai cru car les acteurs étaient très bons. Les rapports ambigus entre le patron et son employé, pseudo filial, m’ont mise en tension psychologique. Certaines scènes m’ont stressée et au final cette fin, qui n’en est pas une, m’a laissée un peu frustrée. Mais je garde, malgré tout, en mémoire le joli paysage des montagnes enneigées. Roseline

- J’avais déjà eu l’occasion de voir ce film en 2011 lors de sa sortie, mais ce fut un grand plaisir de me replonger dans l’ambiance montagnarde de cette enquête policière. Lorsque le corps du client disparu est enfin retrouvé, l’inspectrice quelque peu décalée, jouée par Sylvie Testud, va tenter de dénouer l’enquête. Va-t-elle faire éclater la vérité ?… et de quelle vérité s’agit-il ?... Le suspense est pesant, les personnages perfides et intrigants de non-dits et de mensonges, semblent nous entrainer dans cette machination machiavélique mais presque tellement ordinaire (dans le sens de possible, réelle). J’ai, personnellement, beaucoup apprécié revoir ce film. Pour la seconde fois, je l’ai reçu en étant plus attentive aux scènes, à l’intelligence de leurs progressions dans le dénouement, et avec un regard plus affiné sur la compréhension des personnages. J’ai trouvé le jeu des acteurs troublant de sincérité et de crédibilité, et redécouvert une histoire tristement "moderne et actuelle". Le tout est filmé dans un décor naturel magnifique, qui contribue au réalisme de ce scénario. Cécile

- Simple et efficace. Alors que je n’étais vraiment pas en de bonnes dispositions pour assister à cette séance, je me suis rapidement laissé happer par ce thriller psychologique que j’ai trouvé d’une froide justesse. Les longs plans sur des paysages neigeux alliés à des touches de musique augmentent le sentiment de prise au piège et d’oppression que nous inspire un jeu d’acteurs plus que crédibles. Des non-dits lourds de sens et une intrigue lente mais chargée d’émotions nous tiennent en haleine jusqu’au-delà de la dernière phrase… Un film inspiré de faits réels que je recommanderais. Emilie

- Durant le film, je me suis senti bien, à l’aise. Les acteurs étaient bien dans la peau de leurs personnages. Au début, j’étais très optimiste mais en question par rapport au dénouement, je fus très étonné par la fin. J’ai beaucoup aimé le choix des musiques, surtout le rap, et je garde un bon souvenir du film tout entier. Denis

- "Avant l’aube" est une œuvre, un film. C’est aussi un mille-feuille composé d’une couche de drame familial sur fond d’hôtellerie de luxe, d’une couche de social dont l’ascenseur retombe plus vite qu’il ne monte. Ce mille-feuille s’avère enveloppé dans une intrigue tout en contrastes très marqués : froid-chaud, intérieur-extérieur, pauvres-nantis, famille-solitaire, silences-musiques, montée-descente. La compréhension de cette intrigue est davantage suggérée qu’explicite, ce qui lui donne une dimension aussi concrète qu’une épaisse couche de neige avant qu’elle ne fonde, ce à quoi elle ne pouvait échapper, car il est impossible d’échapper à son destin. Même pour la neige. Tôt ou tard elle va fondre. J’ai aimé ce film à tiroirs. Chacun d’entre eux étant bien garni et se trouvant en dessous ou au dessus des autres avec chacun sa place et non une autre. J’ai passé un très agréable moment que le rythme un peu lent de ce film n’a pas terni grâce à l’efficacité assumée de l’ensemble images, paroles et musiques. Didier

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16 juillet 2015 4 16 /07 /juillet /2015 08:33
 Les ateliers d’écriture de chroniques culturelles plurielles et populaires

Pendant le Off 2015 :

C'est dans le cadre du Tri Postal que nous avons expérimenté les ateliers d'écriture de chroniques culturelles proposés par Flavia Perez, chroniqueuse à Vivantmag, mais aussi artiste, auteure et férue de démocratisation culturelle.

Le constat est simple : dans notre société, on n'ose plus donner son avis, laissant ainsi la place à des experts qui nous disent quoi penser. Ceci est d’autant plus vrai pour des individus au parcours de vie tumultueux dont on sait qu'ils ne vont pas souvent ou jamais assister à des spectacles vivants. Ils n’ont pas l’habitude d’être entendus, ni écoutés, et ne considèrent pas leur opinion comme valable tant leur image "qu'on leur renvoie" peut être négative.

Six personnes ont répondu à l’invitation (cinq suivies par l’Association CASI (Collectif d'Acteurs Sociaux Innovants), et une de l’Université Populaire d’Avignon) en souhaitant participer à cet atelier, et sont venues nous rencontrer mercredi 9 juillet au matin au centre de tri. Dans un premier temps, nous avons créé ensemble une grille de lecture subjective pour leur permettre de s'appuyer sur des points structurants :

Suis-je bien assis ? Est-ce que je trouve le temps long ? Est-ce que je suis pris par l'histoire ? Est-ce que j'arrive à croire le comédien quand il joue son rôle ? Description du décor ? Des costumes ? Par la suite, nous avons travaillé sur l'argumentation afin de sortir du sempiternel "J'aime/j'aime pas" et d'étayer les opinions personnelles.

Cela permettait ainsi à chacun de se sentir à l’aise avec son propre jugement. Nous avons rappelé bien sûr qu’il n’existe pas de "vérité unique", de bonne ou mauvaise réponse quand il s'agit de faire part de son avis subjectif sur un spectacle.

Nous avons choisi ensemble trois spectacles, chacun des intervenants s'engageant à accompagner un groupe de deux à trois personnes à la représentation. Nous avions trois théâtres partenaires dans cette aventure : Théâtre de l’Oulle, L’école du spectateur, Atelier Florentin. Ils ont joué le jeu en offrant à notre équipe des invitations presse pour chacun des spectacles retenus. Merci à eux et aux équipes artistiques pour leur participation. Enfin, une règle du jeu était spécifiée, ne pas communiquer entre nous après le spectacle. Deux jours plus tard, nous nous sommes à nouveau réunis au Tri Postal afin de faire une restitution de nos opinions sur les spectacles vus. Certains ont juste répondu au questionnaire, d'autres ont écrit de véritables chroniques.

Cela a été une expérience enrichissante pour nous tous et le résultat fut au-delà de nos espérances.

Pour certains, la découverte du spectacle in vivo, en salle intimiste, proche des comédiens, a été jubilatoire. Le fait d'avoir des invitations presse a changé leurs regards sur eux-mêmes, plus positifs, ils se sont sentis respectés. La véritable surprise pour nous, intervenants, se situe au niveau de la qualité de certaines chroniques. Nous avons découvert de véritables "plumes" dont l'écriture d'un très bon niveau et le regard pertinent nous ont épatés. De quoi nous questionner sur nos propres stéréotypes ! D'ores et déjà, nous avons proposé à deux personnes de continuer l'aventure au sein de notre équipe de chroniqueurs.

Plusieurs artistes sensibilisés par notre travail et présents sur le festival ont spontanément proposé d’offrir des places pour participer à l'expérience de ces chroniques.

Ils ont saisi l'intérêt d'avoir un article contenant plusieurs regards sur leur spectacle car la multiplicité des retours enrichit le lecteur de la chronique, il peut se forger alors une opinion plus riche et nuancée.

Tout le monde est gagnant, les chroniqueurs en herbe, les artistes et en général la démocratie.

Vous découvrirez sur ces liens les chroniques réalisées dans ce cadre…

L'île sans nom (1)

L'île sans nom (2)

Le temps d'une lessive par une négresse italienne

Séverine Moralès sans porte

Le secret de la petite chambre

Le secret de la petite chambre (2)

Merci à l’ensemble des participants, à Thomas de Casi, au Tri Postal pour son accueil et espérons renouveler prochainement cette expérience.

Et si vous êtes tentés, contactez-nous.

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