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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
Vous y trouverez l'ensemble des commentaires de nos correspondants sur les spectacles qui ont été vus. Ce service est en ligne en accès libre depuis février 2007.
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Mode d'emploi...

Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

8 septembre 2020 2 08 /09 /septembre /2020 23:18
lepopulaire.fr

lepopulaire.fr

Les dodos

Un spectacle produit par le P’tit Cirk (29) et vu le 9 septembre 2019 au Monfort.

 

 

Crétion et interprétation : Alice Barraud, Pablo Escobar, Basile Forest, Louison Lelarge, Charly Sanchez

Mise en piste : Sky de Sela,Danielle le Pierrès, Christophe Lelarge

Genre : cirque

Public : tout public (à partir de 6 ans)

Durée : 1H25

 

 

Enfin le retour en salle ! Masquée bien sûr ! Mais le spectacle vivant vaut bien un masque ! Les retrouvailles s’annonçaient festives avec Le P’tit Cirk. Pour ce troisième opus à mon actif, le P’tit Cirk a largement dépassé toutes mes espérances !

 

Impossible de résumer ce petit bijou. Sachez simplement que la guitare en particulier et les autres instruments à cordes en général réservent bien des surprises aux corps. Chez « les Dodos », la guitare est objet circassien à part entière et accessoirement instrument de musique : elle est support d’équilibres, d’acrobaties et de pyramides ; elle fait office de massue pour la jongle ; regroupées, elles dessinent la piste de dressage du cheval et le parquet de la danseuse. Seule concession faite aux agrès plus conventionnels, le portique pour portées aériennes et encore : c’est une très jolie structure en fer forgé dont la mise en place est un poème en soi.

Par le jeu intense, les 5 circassiens (4 jeunes hommes et une jeune femme)  dressent le portrait de figures archétypales : le porteur, géant timide, qui entonne une java acrobatique avec une toute petite Esméralda, les deux jeunes fringants qui ne reculent devant aucun défi et le clown. Mention spéciale à ce grand jeune homme dégingandé qui n’est pas sans ressembler à Guillaume Gallienne et qui dans son phrasé improbable est capable de faire mourir de rire tout le chapiteau par sa couardise, ses jérémiades et ses maladresses.

La musique originale, portée par trois des circassiens, excellents musiciens par ailleurs, est omniprésente. Les numéros techniques sont de haut-vol. Le collectif est roi et celui qui tente de s’en extraire est dûment rattrapé par le groupe. Les transitions sont soignées et le sens du détail participe à la fluidité de l’ensemble.

 

Ca vit, ça sue, ça talque, ça endure, ça joue, ça émotionne. Dans le sens de la proximité à la piste, le P’tit Cirk mérite bien son nom. Mais il est grand ! Il contraste heureusement avec ces grosses productions canadiennes qui à force de formatages pour l’international ont perdu leur âme. Le public ne s’y est pas trompé : comme un seul homme, il s’est levé pour ovationner, longtemps, très longtemps.

Catherine Wolff

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9 août 2020 7 09 /08 /août /2020 22:47
Aniane en scène Hors-Série
Aniane en scène Hors-Série

Festival produit par Aniane en scène Hors-Série (34) et vu à l’ Aniane le 23 aout 2020.

 

« 12 rue de la joie » de la compagnie Mungo

Mise en scène : Philippe Nicolle

Ecriture et mise en scène : Isabelle Bach avec la complicité de Jean Luc Prévot

Jeu : Isabelle Bach.

Décor : Isabelle Bach

Marionnettes : Nadia Espaignet et Isabelle Bach

Durée : 50 Min

Public : Tout public dès 5 ans

Genre : solo clownesque et marionnettes à gaine

 

« Hamlet en 30 minutes » de la compagnie Bruit qui court

Texte : d’après Shakespeare

Mise en scène : Luc Miglietta

Avec Estelle Sabatier, Emmanuel Valeur, Philippe Van Den Bergh et Luc Miglietta

Genre : théâtre de rue

Public : Tout public dès 7 ans

Durée : 1 H

 

« Cirque poussière », fantaisie pour quatre circassiens de la compagnie la Faux Populaire

Interprétation : Julien Candy, Juliette Christmann, Hervé Vaysse et Maéva Bouilly / Regard extérieur : Mickaël Le Guen, Benjamin De Matteïs / Création lumière : Dominique Maréchal, assisté d’Alice Leclerc

Création costumes : Solenne Capmas / Régie technique : Tom Couillerot

Réalisation des agrès et du manège : Romain Giard - FSMS05 / Réglage sonore : Judicaël Brun / Regard technique : Guillaume Quillard et Elza

Genre : Cirque

Public : Tout public dès 7 ans

Durée : 1H20

 

Elle n’a pas baissé les bras, l’équipe municipale d’Aniane ! Et pourtant, c’était osé de maintenir un festival cet été !!!

Ils l’ont fait tout en essayant de ne pas prendre trop de risques, avec une programmation certes plus restreinte que les années précédentes mais pour autant riche et variée. Un week-end hors du contexte anxiogène au cours duquel, même derrière un masque, on rit, on pleure, on vit… Des spectacles en extérieur, dans des lieux magnifiques, des artistes locaux et sur 3 jours, le village s’anime et le charme opère.

Et ce fut donc un hors-série que cette édition 2020, réellement à part.

Aniane en scène c’est : des représentations burlesques, comiques, tragiques, des histoires, du rêve, de la magie…Et un verre de citronnade à 1€ proposé par de minuscules bénévoles au spectateur assoiffé.

Nous avons donc pu découvrir 3 spectacles insolites et différents sur les 11 représentations des 9 compagnies présentes.

 

« 12 RUE DE LA JOIE » de la compagnie Mungo

Le premier ce fut un spectacle de marionnettes d’une artiste de talent Isabelle Bach, qui, avant même le début du spectacle nous a mis dans une euphorie trépidante.

Gigi est une gardienne d’immeuble très occupée mais bien seule. Elle aime son métier, elle aime les gens mais cherche l’amour. Peut-être que les petites annonces dans « Nous deux » pourront l’aider… La représentation est à plusieurs dimensions : Gigi est  tantôt en chair et en os tantôt en marionnette. Les personnages sont minuscules comme leur appartement de cagettes. Ils virevoltent d’étages en étages avec toutes leurs spécificités.

Gigi a bien du travail car en tant que concierge, il faut gérer les humeurs des gens, ainsi que leurs animaux de compagnie, et un incendie… qui l’amènera à une folle histoire d’amour avec un pompier extrêmement …sexy. L’humour est de mise tout au long du spectacle et Isabelle Bach (Gigi) manipule l’art de nous faire travailler les zygomatiques avec brio.

J’ai particulièrement aimé les interactions avec le public, décapantes et joyeuses. Les enfants n’ont qu’à bien se tenir si le deuxième degré n’est pas leur fort. Les anianais ont pu apprécier les références locales  de cette enfant du pays avec le personnage de Filhol, le dernier quincailler à vendre des visses et des bouchons de liège au détail !! La référence à la boucherie Kleber et à l’humour coquin  du boucher est un autre clin d’œil local.

Un excellent moment artistique. Cette femme a du talent, à voir à revoir !!

 

« HAMLET EN 30 MINUTES » de la compagnie Bruit qui court

Hamlet, on connait, du moins le nom… Pour ma part, et je l’avoue, je ne connais que le titre de l’œuvre sacrée de William Shakespeare. A que cela ne tienne !! Je suis au meilleur des endroits pour me cultiver.

Les artistes ont fait le pari de résumer la célèbre tragédie, qui est la plus longue écrite par Shakespeare, en 30min !!! Bon l’heure sur l’horloge qui trône en haut du castelet est régulièrement retardée à la guise de l’interprète.

Alors heureusement que la Cie  Le bruit qui court  m’a aidée à apprendre l’histoire, tout en rire et en talent théâtral.

Les quatre comédiens réadaptent la pièce classique pour la rendre burlesque  et décalée. L’histoire est un drame dont en ne peut s’empêcher de rire.

 

Le roi du Danemark, père d'Hamlet, est mort récemment. L'oncle d'Hamlet, Claudius, a remplacé le roi défunt et a épousé Gertrude, sa veuve. Le spectre du père (un malheureux linge volant) charge Hamlet de venger son meurtre. Il y parvient enfin, mais seulement après que la famille royale a été évincée et que lui-même a été mortellement blessé par Laërte d'un coup d'épée empoisonnée. En résumé, Hamlet décliné par 3 personnages au bonnet de laine, doit venger son père.

Les rôles de Gertrude, Ophélie… ont été interprétés sans nul choix possible par des spectateurs choisis sur le volet et surtout au hasard…

Le brillant comédien et metteur en scène Luc Miglietta, qui est époustouflant dans son jeu d’acteur, nous narre l’histoire d’une manière tellement unique, drôle et sensible, que nous ne pouvons en aucun cas nous ennuyer.

Pour ma part, un des spectacles qui m’a le plus touchée. Magnifique !!

 

« CIRQUE POUSSIÈRE » de la compagnie la Faux Populaire

Nous nous retrouvons autour d’une petite scène tournante avec une jauge limitée. Le spectacle est près, tout près de nous, si près que nous en faisons presque partis.

Le décor et la lumière sont  tendres et bucoliques. Les artistes sont tour à tour clowns, jongleurs, acrobates, musiciens, trapézistes…

Les numéros s’enchainent autour du cirque, de la mise en scène d’objets. Le tout en chansons et en danses.

La représentation est tendre et surprenante. Je me suis permis de détourner l’œil du spectacle pour regarder les petits minois autour de moi, les yeux grands-écarquillés et remplis d’étoiles. Même si la magie n’a pas totalement opéré pour moi, le regard des enfants prouve la grande réussite de ce spectacle.

Laurence MALABAT

 

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8 août 2020 6 08 /08 /août /2020 22:11
Festival "Dans mon jardin"
Festival "Dans mon jardin"

Un festival « Dans mon jardin » produit par l’association des Mordues 87380 Saint-Vitte-sur-Briance le 8 aout 2020.

 

Cie des Mordues : Izabelle - 06 19 94 71 19 desmordues.asso@gmail.com

 
Cie les yeux Grands Fermes : Anne Perbal infos[at]anneperbal.com
 

Cie H : Albin Hedon : 05 53 47 93 12

 

 

Genre du festival : théâtre, conte, cirque, musique...

Public : Tout public

Durée : une journée

 

Programme de la journée: 

11 h - Contes musicaux aux jardins de tes rêves, en partenariat avec la bibliothèque de Saint-Vitte-sur-Briance.

11 h 30 - Spectacle clownesque et musical « The Pépette Show », Mathilde Verger, Cie Des MorduEs.

12 h 30 - Performance dansée, Anne Perbal, Cie les yeux Grands Fermés.

14 h/16 h - Ateliers tout public :

    Atelier d’écriture : Histoires à dormir debout  / Arts créatifs : À faire sourire nos mains

15 h - Spectacle de jonglerie burlesque « La Con’F », Albin Hedon, Cie H.

16 h 30 - Solo clownesque « Ça ne tourne pas trop rond », Anne-Marie Frias.

17 h 30/19 h - Tremplin Spectacle vivant  (musique, lecture, théâtre, danse) : performances  de 5 à 10 minutes avec vote du public à l’applaudimètre. 

20 h – « Chanson à rêver debout » - Mathilde, Cie Des morduEs.

21 h 30 – « Quatuor du coin gnoles », Cie des 4 verres de Les tubes digestes.

 

 

Cet été fut caniculaire et covidculaire!

Le manque :

De plaisir, de partage. 

De rencontres, de concerts, de spectacles. 

La peur :

De l’autre, de mourir.

Se masquer, arrêter de respirer. 

 

Vouloir :

Prendre l’air, le bon, celui de la liberté.

 

Je n’y croyais plus, en cette année particulière. Et oui, il existe encore des endroits en France où les mairies soutiennent les organisateurs qui souhaitent proposer un bol d’air frais autour du spectacle vivant. Ce fut le cas dans cette petite commune de Saint-Vitte-sur-Briance en Haute-Vienne. 

Nous prenons donc la route afin de rencontrer ces deux petits bouts de bonne femme qui portent le festival « Dans mon jardin » à bras-le-cœur.

Le décor bucolique : une ferme, un camping improvisé dans un champ, des fauteuils et  des canapés dispersés, une nature paisible, de la couleur, une scène de fortune, et surtout des gens !!! Des sourires, de la bonne humeur, la vie quoi !! On est accueilli comme des cousins éloignés qu’on n’aurait  pas vus depuis un bail :

- « Allez, prenez-vous un verre !!! Asseyez-vous autour de la grande tablée ».

Nous décidons donc de mettre la main à la pâte pour la fin des préparatifs. Le bénévolat reste toujours tellement riche humainement.

 

Le festival est gratuit ; il n’y a qu’à boire et à manger (bio) pour que les organisateurs rentrent dans leur frais. Les enfants sont aux anges : tout leur est dédié. D’ailleurs, ils sont bien plus nombreux que leurs parents, déjà accoudés au joli bar en palettes.

Le cadre se prête au calme. Pour la fraicheur on reverra ça…

La journée commence par…chercher ma fille qui en fait se trouve assise sur des bottes de paille à écouter un conte. Elle est absorbée. La dame de la bibliothèque vit son histoire et subjugue littéralement le jeune auditoire.

Les spectacles vont s’enchainer toute la journée. 

Mathilde (artiste et membre fondatrice de l’association) nous propose un spectacle de clown « Le pépette show ». Numéro pour enfants dont j’ai apprécié le dynamisme, la couleur, et le coté traditionnel du clown (comique, gag, chute, musique, …..). Elle arrive sur son tricycle, toute de couleurs vêtue et en musique. Le ton est donné, le sourire se dessine sur les visages des petits et des grands. Nous assistons à une représentation clownesque participative. 

 

L’après-midi voit se dérouler de nombreux ateliers animés par des bénévoles. Des ateliers d’arts plastiques, d’abord, à base de matériel de récupération. Les œuvres réalisées ont pu servir à égayer le festival (on ne fabrique pas pour soi mais pour embellir le site). Des ateliers musicaux  ensuite, avec des créations là aussi collectives.

 

En pleine chaleur, Albin de la Cie H nous a présenté son spectacle de jonglerie. Il est un maître-conférencier, jongleur, acrobate et… drôle. Son spectacle est burlesque et participatif. C’est ensuite autour d’Anne-Marie. Son solo clownesque est une réadaptation du magnifique texte de Marc Favreau dit « Sol le clown ». Elle présente donc une conférence géopolitique autour d’un monde…qui ne tourne pas rond. Le personnage, un clown décalé, ingénieux, un peu malingre et fébrile nous explique que ceux d’en-haut se couillonnent pendant que ceux d’en-bas appartiennent au « fier-monde ». Quelle société de « pecno-crates ». Un humour triste qui dérange nos « illusions mondaines » à grands coups de « tombe atomique ». Finesse des mots qui demandent une concentration à toute épreuve.

 

Vient alors le moment du tremplin artistique. Ma fille avec ses 254 nouvelles « meilleures amies » se retrouve devant  la scène pour assister à une prestation de haut vol de rythmiques avec gobelets.

Le festival se termine avec Mathilde, sa guitare et son accordéon. Des textes profonds qui nous appellent au voyage et  des reprises de chansons bien connues de tous. On fredonne, et nous ne pouvons pas empêcher nos gambettes de virevolter en cadence.

 

Je tenais à chroniquer ce petit festival qui, en d’autres temps, serait peut-être passé inaperçu. Mais en ces circonstances, l’audace et la ferveur de cette association, la simplicité même du vivre-ensemble autour d’un évènement culturel m’ont  permis de réaliser combien le spectacle vivant était essentiel. Fasse que ces lieux d’échanges, de partages et de rencontres que sont les scènes survivent, au risque de voir se réaliser les prédictions de Frank Herbert :

« La peur tue l’esprit, la peur est une petite mort. » 

 

Laurence Malabat

 

 

 

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12 février 2020 3 12 /02 /février /2020 18:15
Strach for a fear song
Strach for a fear song

Spectacle produit par la Compagnie « Théâtre d’un Jour » (T1J/ Belgique), vu le 8 février 2020 au Théâtre de la Colonne à Miramas dans le cadre du Festival Les Elancées.

 

 

Auteur et Mise en piste : Patrick Masset

Avec : Chanteuse : Julie Calbete, Circassiens : Airelle Caen en alternance avec Alice Noël, Guillaume Sendron, Denir Dulon

Genre : Cirque contemporain

Public : tout public à partir de 14 ans

Durée : 1H05

 

Au Théâtre de la Colonne, les gradins ont été démontés. A la place se trouve un chapiteau. Ou est-ce une yourte géante ? Blanc à l’extérieur, des bâches noires recouvrent l’intérieur de la structure en bois. La piste est petite, environ 5 mètres de diamètre et entourée de bancs en bois. Des lustres baroques dénotent singulièrement dans cette ambiance.

Les artistes se sont mêlés au public. Une ambiance de proximité se crée immédiatement.

Cirque onirique ou opéra circassien ? Je ne saurais le dire. Nous sommes embarqués dans l’histoire d’une fillette avec ses cauchemars et le cow-boy rouge qui vient la sauver. Les différents tableaux se succèdent, enveloppés par la merveilleuse voix lyrique de la chanteuse qu’accompagne un pianiste sur scène. Voix lyrique, mais chansons du monde qui créent une ambiance originelle.

Performances physiques, acrobaties, masques, une marionnette, maquillage, bruitages, quelques rares paroles, …. tous les accessoires et effets sont parfaitement au service de la pièce.

Les artistes jouent avec les spectateurs. Ils jouent avec nos émotions. C’est puissant. Puissant dans la peur avec les loups, puissant dans la surprise quand les artistes reviennent subitement dans le public, puissant dans la performance artistique pleine de complicité dans les numéros de portée. Les corps se touchent, se séparent, s’imbriquent, virevoltent, sont bringuebalés.

Le public adore, tout le monde est debout pour trois rappels. Pour moi, le seul b-mol est cette teinte d’angoisse d’une bonne partie du spectacle.

 

Prix du meilleur spectacle de cirque, prix de la critique 2018.

 

Maren Scapol

 

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8 février 2020 6 08 /02 /février /2020 00:32
Christophe Raynaud de Lage

Christophe Raynaud de Lage

On n'est pas là pour sucer des glaces

Un spectacle produit par le CNAC (51) et vu à la Villette le 7 février 2020.

 

 

Mise en piste : Galapiat Cirque

Circassiens : Fernando Arevalo Casado, Davide Bonetti, Demain Bucci, Carlo Cerato, Noémi Devaux, Hector Diaz Mallea, Aurora Dini, Darianne Koszinski, Sebastian Krefeld, Marica Marinoni, Ivan Morales Ruiz, Oskar Norin, Pablo Peñailillo Soto, Anton Persson, Maël Thierry, Céline Vaillier

Genre : cirque contemporain

Public : tout public

Durée : 1H30

 

 

Assister à une représentation de la dernière promotion du CNAC, c’est la garantie de prendre un grand bain de jouvence, plein d’énergies, de trouvailles ludiques, d’audaces circassiennes. Distraite, j’ai manqué une première soirée après avoir confondu les horaires. J’ai persévéré pour me rattraper (un grand merci à mon interlocutrice de La Villette). Je n’aurais peut-être pas du !

 

Dans un tel projet, toute la difficulté réside dans le fait de conjuguer le collectif de la promotion et la promotion de chacun des jeunes artistes. En ce sens, la mise en scène a, de mon point de vue, failli. J’ai détesté le collectif. La narration oscille entre une « teuf » déjantée et une répétition de cirque. Soit la piste est vide et on s’ennuie ferme comme dans cette interminable ouverture qui montre un jeune circassien, chaussé de blocs de glace et empêtré dedans. Soit la piste est pleine des 16 jeunes gens -11 hommes et 4 femmes- et on ne voit rien des différentes disciplines. Précisons simplement que ces scènes collectives qui constituent l’essentiel de la soirée sont très axées sur la danse (plutôt hip hop) et donnent la parole à quelques jeunes qui se défendent bien dans ce registre.

C’est dans les rares numéros individuels que le spectacle brille : un duo en roue cyr, époustouflant de poésie ; un dialogue magique entre deux trapézistes volants et deux acrobates de bascule coréenne ; un imaginaire fabuleux en jonglage. Je regrette que l’équipe du Galapiat Cirque, auteur de la mise en piste, ne soit pas partie de cet incroyable jongleur, Carlo Cerato, pour construire sa narration. Les autres circassiens n’en sont assurément pas moins doués. Seulement, à chaque fois qu’ils entament une performance, elle se trouve systématiquement parasiter par une intrusion scénique.

 

A part les quelques moments de grâce mentionnés ci-dessus, auxquels je rajouterais le petit intermède musical entre un violon et un  mini-arrosoir manipulé comme une marionnette, le spectacle n’a pas répondu à mes attentes. J’en avais peut-être trop du reste, entre un bon papier que j’avais lu par ailleurs et mes propres élèves qui ont découvert le spectacle hier soir et qui l’ont aimé. A titre personnel, je n’étais peut-être pas dans les meilleures dispositions aujourd’hui. Je note néanmoins que le public, chaud bouillant au début, l’était déjà beaucoup moins à la fin.

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19 janvier 2020 7 19 /01 /janvier /2020 18:55
Hétérograhpies circassiennes
Hétérograhpies circassiennes

Spectacle produit par le Centre International des Arts en Mouvement (CIAM), la Cie Les Singuliers et la Maison Méditerranéenne des Sciences de l’Homme (CNRS), vu le 17 janvier 2020 au CIAM d’Aix en Provence.

 

Clown, jongleur et auteurs de cirque: Cédric Paga Vincent Berhault

Ethnomusicologue et directeur de recherche au CNRS, IDEMEC : Olivier Tourny

Chercheur au CNRS, IREMAM, politiste et sociologue spécialiste de l’Islam en France : Vincent Geisser

 

Genre : Cirque interdisciplinaire

Public : adolescents, adultes

Durée : 1H15

 

Au CIAM (Centre International des Arts en Mouvement d’Aix-en-Provence, lieu magique pour les adeptes de cirque), nous découvrons deux fruits délicieux d’une collaboration insolite.

Le CIAM construit depuis sa création des ponts entre les arts du cirque et d’autres univers, afin d’enrichir mutuellement les connaissances et les pratiques respectives. Pour cette édition, la collaboration a été réalisée avec des chercheurs du Laboratoire Méditerranéen de Recherche en Sciences Humaines.

Les résultats de la collaboration des deux binômes sont très différents :

L’un porte sur la laïcité, la Laïcité, Madame Laïcité. Nous assistons à une conférence menée par un passionné de son sujet et visiblement aussi de la mise en scène, tant on perçoit son plaisir à être sur scène. Son discours nous rappelle les amphis que nous avons fréquentés. Mais l’ambiance universitaire se trouve interrompue, complétée, agrémentée par les apparitions d’un drôle de personnage. En caleçon, puis costume blanc moulant et ensuite en robe élégante, il accompagne le discours de jongleries, tentatives de collaboration intempestives et séances d’habillage.

L’autre hétérographie nous parle d’ethnomusicologie. Un dialogue s’établit entre un chercheur, plutôt discret et posé et un clown, personnage multiple et naïf. Tantôt drôle, tantôt exubérant, tantôt attendrissant, il questionne le chercheur sur son travail et y prend goût jusqu’à vouloir l’accompagner … Nous ne saurons jamais si ce sera possible, puisque nous découvrons, qu’en réalité, il est dans la tête du chercheur.

Cedric Paga incarne son rôle à merveille, performe par ses qualités d’expression corporelle et vocale.

Une collaboration touchante à la croisée de deux mondes que la société oppose souvent : l’art du cirque et la recherche scientifique. Quand l’ouverture, le désir d’échanger et de créer arrivent sur le devant de la scène, de belles rencontres s’opèrent.

Un spectacle dans lequel la recherche se présente décomplexée, drôle et accessible.

 

 

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