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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
Vous y trouverez l'ensemble des commentaires de nos correspondants sur les spectacles qui ont été vus. Ce service est en ligne en accès libre depuis février 2007.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

20 juillet 2021 2 20 /07 /juillet /2021 10:25
Affiche de la 75e édition du Festival d'Avignon © Festival d'Avignon

Atelier Pôle Emploi : Tiers-lieux culturels – Rencontre Professionnelle dans le cadre du Festival d'Avignon -Cloître Saint-Louis - Avignon (84000) – Vendredi 9 juillet 2021 (14 h 30)

 

Intervenants : Magali Blain responsable pôle ressource Arsud, Sarah Boggs cogérante de l’Akwaba, Caroline Bonheur responsable Fabrique Formation Arsud, Marion Folliasson gérante et responsable du bonheur de la société coopérative L'Éveilleur, Florence Levasseur chargée de mission Terres de Vaucluse, référente de l’incubateur social Camina, Marie-Christine Peyrol responsable antenne Vaucluse France Active PACA, Stéphane Soler directeur de l’Association A.V.E.C. la Gare de Coustelet, et animé par Corinne Le Duc conseillère en évolution professionnelle Pôle emploi Culture Spectacle Vaucluse.

 

Le terme de « tiers-lieu culturel » est large et regroupe une multitude de possibilités de création pour les porteurs de ce type de projet. En France, on dénombre plus de 2000 tiers-lieux culturels, dont 800 hors de la métropole. Dans la région PACA, ce chiffre s’élève à plus de 130 lieux dont plus d’une vingtaine sont exclusivement culturels (résidence d’artistes, espace de diffusion…). En prenant l’exemple de notre région, le maillage de ces lieux est diffus. Le Port des Créateurs à Toulon ou la Fruitière Numérique à Lourmarin en sont des paradigmes. Il y a une concentration certaine au niveau des métropoles d’Aix-Marseille, Toulon et Nice. Ces lieux ne sont pas toujours des lieux physiques. Ils peuvent être itinérants ou éphémères.

Il n’existe pas une définition d’un tiers-lieu, chaque espace s’identifie de manière unique. Il y a tout de même des éléments communs à ces lieux : l’ancrage territorial et numérique, la communauté artistique, le modèle économique suivi… Le tiers-lieu se conçoit comme un processus démocratique aussi bien au niveau de la prise de décision que de la vie quotidienne au sein de cet espace de création.

Ce type de lieu n’est en revanche pas un label d’État. Les tiers-lieux sont vu comme des « fabriques de territoire », des « lieux structurants » ou des « créateurs de réseaux ».

Cette conférence aura été l’occasion de présenter l’exemple d’un tiers-lieu réussit : l’Akwaba. Situé à Châteauneuf-de-Gadagne (Vaucluse), ce lieu se qualifie de société culturelle coopérative. Ce sont les sociétaires qui ont les actions de la coopérative et qui portent les projets culturels. L’objectif commun de l’Akwaba est de mutualiser ses ressources pour former un lieu où la coopération entre créateurs et artistes soit le maître mot et où la diversité règne. Ce tiers-lieu est à but non lucratif, mais les bénéfices sont réalisés dans la mutualisation de moyens. L’Akwaba est une S.A.R.L et non pas une association. Elle est donc fiscalisée et a des contrats aidés. La cogérante de ce lieu, Sarah Boggs, explique en revanche qu’il existe certains obstacles liés à ce type de statut administratif et peut-être un manque de reconnaissance institutionnel. Pour illustrer son propos, elle évoque les aides de la région SUD qui sont certes disponibles pour des lieux comme l’Akwaba mais qui ne sont pas toujours adaptées aux subtilités juridiques de ces lieux (n’étant pas une association). En effet, elle rappelle qu’un tiers-lieu n’est pas un label étatique, ce qui explique surement ces difficultés administratives. La société aujourd’hui recense plus de particuliers que de sociétaires avec des projets forts.

ISTS © ISTS

Ensuite, l’Atelier se poursuit avec la présentation de la société coopérative « L’Éveilleur » (située en Avignon). La société ne se revendique pas le titre de tiers-lieu, mais celui d’écolieu artistique. Pourquoi avoir choisi ce mode de fonctionnement ? Tout simplement pour axer son mode de fonctionnement sur une construction collective et plus démocratique des projets. Les associés de la société sont aussi salariés, ceci expliquant la qualification juridique en S.C.O.O.P.. De nouveau, le débat se porte sur la demande d’aides publiques et les difficultés certaines pour les obtenir face un système administratif n’étant pas toujours adapté aux statuts spéciaux de ces lieux.

L’Atelier se poursuit avec l’intervention d’une jeune comédienne. Elle évoque les délicatesses pour les jeunes comédiens de trouver une compagnie ou un lieu pour exercer son métier. Elle évoque cette relation intéressante entre les « artistes » (tenants de tiers-lieu culturel) et les Artistes (comédiens, compagnies). Cette coopération évoquée par la comédienne est l’objectif premier de ces lieux. Ces espaces sont faits pour les artistes et par les artistes. Chacun à sa part à apporter dans ces lieux. L’Akwaba évoque notamment les résidences pour artistes qu’elle propose ainsi que les spectacles que ce lieu a la possibilité de produire.

L’Atelier se poursuit par la présentation de multiples formations sur les tiers-lieux (notamment proposés par la Fabrique Formation Arsud). Elles proposent une immersion dans les lieux le matin, suivi d’un temps de formation l’après-midi sur les fondements d’un tiers-lieu, les outils de planification et de programmation, l’élaboration d’un processus de mise en place d’un tiers-lieu… L’objectif de ces formations n’est pas axé seulement sur un aspect financier et budgétaire des tiers-lieux. La culture est une part essentielle de ces formations. Également, des formations certifiantes sur le pilotage d’un tiers-lieu sont proposées.

Pour conclure, l’Atelier se termine par un récapitulatif sur ce qu’est un tiers-lieu. C’est avant tout une économie sociale et solidaire. Un tiers-lieu est un projet collectif qui a pour but de fédérer, créer du lien avec les habitants et générer une véritable dynamique humaine. Trois types d’intérêt sont représentés :

L’intérêt général : que va changer un tiers-lieu dans la vie d’une collectivité ?

L’intérêt collectif : qu’elle est l’importance de décider ensemble ?

L’intérêt individuel : quel est le rôle de l’artiste ? Comment l’utiliser ? Comment alimente-t-il le tiers-lieu par le biais de son art ?

Avant d’être un lieu, le tiers-lieu culturel est un processus permettant la (re)découverte du travail et de la prise de décision, ensemble.

 

Chadé AMINOU

Retrouvez ici l'article du Catazine Vivant Mag 2018 sur les tiers-lieux culturels dans le cadre de l'activation de l'ancien Tri Postal d'Avignon auquel l'Adadiff-Casi a participé activement. 

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15 juin 2021 2 15 /06 /juin /2021 22:30
Points communs

Points communs

Olympicorama, le handball

 

Un spectacle produit par la Compagnie Vertical Détour (93) vu le 14 juin 2021  à la Villette.

 

Texte : Frédéric Ferrer

Comédiens : Frédéric Ferrer

Genre : Conférence gesticulée

Public : tout public

Durée : officiellement 1H30 (mais 2H ce soir)

 

 

Et de trois ! 3 sur 5 : pas mal pour une non-adepte revendiquée du sport mais qui peu à peu convertit ses amis à cette extraordinaire discipline. Et finalement grâce au Covid, je vais finir par participer à l’intégrale. Mais de quoi s’agit-il, diantre ? D’ « Olympicorama » de Frédéric Ferrer et de son projet un peu fou de présenter en vue des JO de 2024, 4 disciplines olympiques par saison théâtrale (une date unique à chaque fois) jusqu’au début de l’évènement sportif. Après « le 100m » et le « marathon » (chroniqués), Frédéric Ferrer nous invite ce soir à découvrir les subtilités du handball.

 

-Le dispositif de base est le même, le décor itou. A cour, un pupitre avec ordinateur pour la conférence gesticulée. A jardin, un coin interviewe pour l’accueil, en seconde partie, d’un sportif de haut niveau, spécialiste de la discipline. En fond de scène, un écran.

- Sonorisé, Frédéric Ferrer entreprend sa conférence. La crise sanitaire ayant fortement perturbé le planning du projet, il commence par rappeler aux néophytes (une moitié de salle) le cadre de sa démarche. Un historique de l’Olympisme annonce la couleur. « L’Olympisme comme miroir du monde », cette jolie formule pourrait être la marque de fabrique de Frédéric Ferrer : une alliance magique d’érudition, de pensées sur le monde et d’absurde.

En 45 minutes chrono, Frédéric Ferrer nous raconte la genèse du handball, sa compromission avec le nazisme, ses règles revisitées pour en tourner la page, sa complexité. Voilà pour le côté docte. Mais Frédéric Ferrer est un vulgarisateur hors pair et un homme de théâtre. La partie scientifique est donc « enrobée » de tout un dispositif : le fameux powerpoint d’abord sans lequel notre professeur tournesol ne saurait étayer sa démonstration ! Chaque propos est illustré de façon obsessionnelle au cas où, par exemple, nous ne saurions à quoi ressemble un chat ou une vache. Tiens d’ailleurs, le saviez-vous : « un ballon, c’est un chat dans une vache ». Je vous laisse résoudre l’énigme démêlée par Frédéric Ferrer au gré d’une de ses innombrables digressions.

Les digressions sont le deuxième procédé théâtral. Plus drôles les unes que les autres, elles ne sont jamais gratuites mais permettent au contraire de faire le tour de la question jusque dans ses ramifications les plus politiquement incorrectes. C’est ainsi que Pierre de Coubertin en prend sérieusement pour son grade : à défaut de concurrent, Monsieur s’est auto-médaillé d’or dans la catégorie littérature, sous pseudo allemand (en 1912), et par la plume négrière de sa femme. Bonjour l’esprit olympique !

Il n’en n’est pas de même pour les invités du soir, Bertrand Gille et Laurent Meunier, au palmarès impressionnant. Très posés et très pédagogues, ils explicitent, images d’archives à l’appui, les subtilités d’un sport de feinte que je n’aurais jamais imaginé si stratégique. Frédéric Ferrer se prête courageusement au jeu en qualité de goal ; on rit de bonne grâce à ses dépens mais la démonstration est imparable.

 

-Après les 100 m et le marathon, je m’étais promis de revenir combler mes lacunes dans le domaine sportif. Une fois encore, le spectacle était à la hauteur de mes attentes. Mieux, mes amis m’ont décerné les lauriers du meilleur choix de spectacle. Le sport en salle ( !), avec Frédéric Ferrer, c’est facile !

 

Catherine Wolff

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30 septembre 2020 3 30 /09 /septembre /2020 23:20
Olympicorama, le marathon
Olympicorama, le marathon

 

 

Un spectacle produit par la Compagnie Vertical Détour (93) vu le 30 septembre 2020  à la Villette.

 

Texte : Frédéric Ferrer

Comédiens : Frédéric Ferrer

Genre : Conférence gesticulée

Public : tout public

Durée : officiellement 1H30 (mais 2H ce soir)

 

 

J’ai découvert Frédéric Ferrer un peu par hasard dans l’excellent « borderline(s) investigation # 1 » (chroniqué). En vue des JO de 2024, il a conçu un projet inédit par sa forme, son propos et sa fréquence de représentation : Olympicorama. Il s’agit, au cours d’une saison de théâtrale, de présenter 4 disciplines olympiques ; une par date. En 2019, j’ai assisté et chroniqué « le 100m ». Au programme de ce soir, comme une allégorie du projet et/ou du théâtre par temps de covid, le marathon.

 

-Le dispositif de base est le même, le décor itou. A cour, un pupitre avec ordinateur pour la conférence gesticulée. A jardin, un coin interviewe pour l’accueil, en seconde partie, d’un athlète émérite de la discipline. En fond de scène, un écran.

- Sonorisé, Frédéric Ferrer entreprend sa conférence, entre érudition époustouflante et pieds de nez systématiques pour faire rire ou pour dénoncer le revers de la médaille. Ici, la misogynie persistante depuis Pierre de Coubertin : si les femmes peuvent concourir au marathon depuis 1984, elles sont toujours interdites de course de 5000m et 10000m. Les digressions ne sont jamais gratuites et c’est par ce procédé que l’on apprend ce qu’est un lièvre au marathon !  En prime, nous avons le droit à l’image d’un lièvre à l’écran car, notre savant, un peu fou et savamment confus, se doit d’alléguer  chacun de ses propos par l’image, jusqu’à l’absurde. Mais l’écran comme le verbe sont aussi sources d’émotions, comme ces images d’archives qui montrent  l’arrivée des marathoniens.nes ou bien l’histoire de Louis Spyridon, premier tenant du titre olympique.

L’invité du soir n’est pas en reste, côté émotion et humour : Roland Vuillemenot.  Sénior de plus de 70 ans, arrivé un peu par hasard et sur le tard au marathon et à l’ultra-fond, pluri-médaillé dans ces disciplines et toujours à concourir aux 100 km voir aux 24H, il raconte ses courses, sa discipline de vie, sa persévérance. Que d’humilité, que d’entêtement aussi, quelle belle leçon de vie, enfin.

 

 

-Après les 100 m, je m’étais promis de revenir combler mes lacunes dans le domaine sportif. Comme plus de la moitié de la salle ce soir, j’ai tenu ma promesse et  je ne le regrette en rien. Le sport en salle ( !), avec Frédéric Ferrer, c’est bon pour la santé !

 

 

Catherine Wolff

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8 mars 2020 7 08 /03 /mars /2020 23:55
Toute l'histoire de la peinture
Toute l'histoire de la peinture

Présent au Festival OFF 2021, au Théâtre La Condition des Soies du 6 au 23 juillet à 16h30.

 

Spectacle vu au Théâtre de l’Atelier le 7 mars 2020

 

Auteur : Hector OBALK

Mise en scène : Hector OBALK

Comédiens : Hector OBALK

Musiciens : Raphaël PERRAUD au violoncelle, en alternance avec Florent CARRIÈRE

Avec Pablo SCHATZMAN au violon, en alternance avec You-Jung HAN  

Genre : entre conférence et stand up

Public : Tout public

Durée : 2h

 

Hector Obalk  est un critique d'art habitué des scènes et du petit écran. Il a notamment réalisé une série d'initiation à la peinture, « Grand Art », diffusée en 2018 sur Arte. 

Le format présenté au théâtre de l'atelier est à mi-chemin entre la conférence et le stand up. Hector Obalk est le plus souvent seul sur la scène. Derrière lui, sur un écran géant, est projetée une sélection de quelques 300 tableaux retraçant l'histoire de la peinture du 13ème siècle aux années 1960. Durant les deux heures du spectacle, nous nous arrêterons sur une vingtaine de tableaux. Certains arrêts seront conclus par un voyage à l'intérieur même du tableau, en musique, avec des extraits de Bach ou de Haydn joués sur scène par un violoncelliste et/ou une violoniste.

Qu'est ce que la peinture ? Qu'est ce qu'un bon tableau ? Que peut-on regarder ? Qu'il y a-t-il à voir que justement nous n'avions pas vu ? Hector Obalk s'amuse d'un détail, dit tout haut ce que nous n'osons parfois même pas formuler en dedans, trop révérencieux que nous sommes face au "grand art". Ses avis sont tranchés, passionnés, parfois iconoclastes, l'intention est pédagogique sans être trop technique. Le parti pris est assumé, le plus souvent argumenté. Balayer toute l'histoire de la peinture en 2 heures et 20 tableaux n'est évidemment pas un objectif réaliste… D'autres tableaux seront d'ailleurs choisis pour les spectacles du mois d'avril. La partie "stand-up" est volontiers provocatrice et fonctionne bien pour la majorité du public qui rit et applaudit avec entrain. Elle vise aussi à désamorcer à l'avance d'éventuelles critiques, ce qui peut être agaçant… 

On peut ressortir frustré d'être allé si vite. On peut être dérangé par des énoncés taillés à la serpe ou encore par le sort réservé à l'art contemporain. Je suis ressortie avec une furieuse envie d'aller au musée, regarder d'un oeil nouveau des périodes, des détails, chercher "l'épaisseur de l'air" dans le petit cadre d'une toile…

 

Le spectacle est réputé tout public. Il comprend des passages assez ludiques et l'approche n'est pas trop conceptuelle. Il faudrait vérifier auprès du jeune public, mais je me suis demandée si les nombreux apartés pour adultes permettaient d'atteindre une réelle polyvalence.

 

Hélène Lambert

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2 mars 2020 1 02 /03 /mars /2020 00:34
Archive AFP

Archive AFP

Conférence de Sylvain Tesson

Une conférence de Sylvain Tesson animée par Julien Gelas au théâtre du Chêne Noir (84) vue le 5 décembre 2019.

Intervenant : Sylvain Tesson
Genre : Conférence
Public : Adulte
Durée : 1H10


Une table, deux chaises et de l'eau semblent suffire à son confort. L'essentiel pour aller droit au but, mais personne ne s'y trompera : derrière le regard espiègle et le sourire en coin se masse une somme d'aventures considérables. Ainsi c'est lui, l'écrivain aventurier, le « wanderer », le « stégophile » ? Quelle présence ! Mi-capitaine mi-brigand, Sylvain Tesson a l'art et la manière d'éveiller l'attention de son auditoire en un clin d'oeil.

Et nous voilà embarqués parmi les steppes. Munier, comme il l'appelle - le photographe Vincent Munier - sera notre guide dans l'expédition. Il faudra échapper aux morsures des loups, des ours et du froid, et traquer, traquer sans relâche la panthère des neiges réputée disparue. La langue de Sylvain Tesson possède une vivacité rare. Nul besoin de texte, le souvenir suffit pour convoquer le Tibet sur scène. Voilà un brillant orateur qui sait orchestrer les sourires, les rires et les silences.

Car Sylvain Tesson sait se taire. Être à l'affût. On ne trouve pas la panthère, c'est elle qui vient. L'attendre, sortir du monde et se fondre dans la neige. Se réduire à un regard. Une contemplation qui ne peut exister qu'au présent, qu'à l'éternité. La seule promesse tenue par le monde est celle de l'instant. Dans cette découverte perpétuelle - n'est-ce pas cela être écrivain ? - ce qui apparaît ne se limite pas à ce qui est attendu. Cette panthère, cette femme, cette mère : le « totem des êtres disparus » pour reprendre ses mots. Son regard se perd dans le public. Quelle reine peut-il encore y voir ? L'écrivain a beau se réclamer de n'être qu'un « tesson », qu'un débris, tout son corps incarne le sacré.

Un conteur, certes, mais aussi un excellent penseur. L'adage veut que le sage soit celui qui ait vécu ; il se vérifie avec Sylvain Tesson. Ses réflexions se nourrissent de ses récits, et vice-versa. Sylvain Tesson se place d'ores et déjà dans la constellation des grands écrivains voyageurs, aux côtés de Pierre Loti ou Frison-Roche.

 

Mathieu Flamens

 

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7 février 2020 5 07 /02 /février /2020 13:58
La convivialité - La faute de l'orthographe
La convivialité - La faute de l'orthographe

Un spectacle produit par la Cie Chantal & Bernadette (Belgique) ​vu au théâtre des Halles à Avignon le 6 février 2020

 

Textes : Arnaud Hoedt et Jérôme Piron

Mise en scène : Dominique Bréda, Arnaud Pirault et Clément Thirion

Comédiens : Arnaud Hoedt et Jérôme Piron

Genre : Tout public, à partir de 8 ans

Durée : 1 heure

 

 « On juge votre orthographe mais on ne juge pratiquement jamais l’orthographe elle-même… » L’introduction à cette  conférence-spectacle pop et iconoclaste interpelle ! Et ce sont Arnaud Hoedt et Jérôme Piron, anciens profs de français, qui vont donc nous éclairer sur les absurdités de l’orthographe  française ! Ils nous révèlent (si nous ne le savions déjà…) que notre norme orthographique est souvent arbitraire, reposant sur des règles pour le moins…nébuleuses. Ces deux belges captivants  nous proposent un spectacle vraiment drôle, on rit tout en apprenant : pourquoi un « s » à groseilles quand elles sont en confiture et pas de « s » lorsqu’elles sont en gelée ? Réponse de nos « profs » : la présence du « s » dépend du temps de cuisson …

Spectacle érudit, drôle, qui titille les méninges, « La Convivialité ou la faute de l'orthographe » fait du bien  et remet en cause nos certitudes  sur  l’enseignement de notre langue. Je ne dévoilerais pas le texte de la dictée que nous ont fait rédiger nos deux  conférenciers en début de spectacle. Elle est l’essence même de la réflexion : traduire le son par le signe, libre de toute morale, serait-ce la conclusion ?

On rit beaucoup, stupéfaits face à des absurdités qualifiées de « subtilités » par une Académie qui révèle une vraie ressource comique. Courez voir ce spectacle !

 

 

 

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19 janvier 2020 7 19 /01 /janvier /2020 18:55
Hétérograhpies circassiennes
Hétérograhpies circassiennes

Spectacle produit par le Centre International des Arts en Mouvement (CIAM), la Cie Les Singuliers et la Maison Méditerranéenne des Sciences de l’Homme (CNRS), vu le 17 janvier 2020 au CIAM d’Aix en Provence.

 

Clown, jongleur et auteurs de cirque: Cédric Paga Vincent Berhault

Ethnomusicologue et directeur de recherche au CNRS, IDEMEC : Olivier Tourny

Chercheur au CNRS, IREMAM, politiste et sociologue spécialiste de l’Islam en France : Vincent Geisser

 

Genre : Cirque interdisciplinaire

Public : adolescents, adultes

Durée : 1H15

 

Au CIAM (Centre International des Arts en Mouvement d’Aix-en-Provence, lieu magique pour les adeptes de cirque), nous découvrons deux fruits délicieux d’une collaboration insolite.

Le CIAM construit depuis sa création des ponts entre les arts du cirque et d’autres univers, afin d’enrichir mutuellement les connaissances et les pratiques respectives. Pour cette édition, la collaboration a été réalisée avec des chercheurs du Laboratoire Méditerranéen de Recherche en Sciences Humaines.

Les résultats de la collaboration des deux binômes sont très différents :

L’un porte sur la laïcité, la Laïcité, Madame Laïcité. Nous assistons à une conférence menée par un passionné de son sujet et visiblement aussi de la mise en scène, tant on perçoit son plaisir à être sur scène. Son discours nous rappelle les amphis que nous avons fréquentés. Mais l’ambiance universitaire se trouve interrompue, complétée, agrémentée par les apparitions d’un drôle de personnage. En caleçon, puis costume blanc moulant et ensuite en robe élégante, il accompagne le discours de jongleries, tentatives de collaboration intempestives et séances d’habillage.

L’autre hétérographie nous parle d’ethnomusicologie. Un dialogue s’établit entre un chercheur, plutôt discret et posé et un clown, personnage multiple et naïf. Tantôt drôle, tantôt exubérant, tantôt attendrissant, il questionne le chercheur sur son travail et y prend goût jusqu’à vouloir l’accompagner … Nous ne saurons jamais si ce sera possible, puisque nous découvrons, qu’en réalité, il est dans la tête du chercheur.

Cedric Paga incarne son rôle à merveille, performe par ses qualités d’expression corporelle et vocale.

Une collaboration touchante à la croisée de deux mondes que la société oppose souvent : l’art du cirque et la recherche scientifique. Quand l’ouverture, le désir d’échanger et de créer arrivent sur le devant de la scène, de belles rencontres s’opèrent.

Un spectacle dans lequel la recherche se présente décomplexée, drôle et accessible.

 

 

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17 novembre 2019 7 17 /11 /novembre /2019 11:00
Tout va trop vite ? Alors… ralentissez !
http://www.ateliers-du-spectacle.org/

http://www.ateliers-du-spectacle.org/

Un spectacle produit par Les ateliers du spectacle (groupe N+1), vu le 16 novembre 2019 au 3bis, lieu d’arts contemporains à Aix en Provence.

 

Conférence spectaculaire créée par le Groupe N+1, Ateliers du Spectacle et deux chercheurs – praticiens de l’Université Aix-Marseille (C. Tardif et B. Gepner).

Avec : Carole Tardif, Bruno Gepner, Mickaël Chouquet

Mise en Scène : Balthazar Daninos

Public : Adulte

Durée : 1H-1H30

 

Nous avons rendez-vous à l’Hôpital Psychiatrique Montperrin. Complètement inattendu, au milieu d’un hôpital du XVIIe siècle avec ses pavillons et ses allées, se trouve un lieu d’art contemporain.

« Tout va trop vite ? Alors… ralentissez ! » est une conférence spectaculaire sur l’autisme, une forme extrême, intense et paradoxale d’être au monde.

Une conférence à deux voix et demie, deux chercheurs praticiens et un acteur, qui rend accessible une thématique trop peu abordée.

 

« Pour moi, le temps semble s’écouler rapidement, ou en d’autres termes, aux yeux d’une personne non autiste, je parais vivre au ralenti. » Hans Van Dalen

 

Le spectacle à peine commencé, tout va déjà trop vite, un métronome nous impose le rythme : difficile de sélectionner l’information, difficile de rester attentif, on est rapidement dépassé. Stop.

Tout reprend au début. A une vitesse « normale ». A une vitesse qui nous est adaptée, qui nous permet de suivre.  Mais finalement, à quelle vitesse va le monde dans la tête d’un autiste ?

La mise en scène est originale : s’y mêlent jeu d’acteurs et projections d’enregistrements sur un écran puzzle mobile et mouvant. Apports scientifiques, témoignages de recherches et anecdotes se succèdent. C’est au son du violon de Bruno Gepner que cet impromptu scientifique suit son cours.

En fin de spectacle, une discussion s’installe entre le public, les deux chercheurs et le comédien.

 

Le groupe N+1 a su rendre sensible le champ d’investigation des chercheurs grâce à leur intervention joyeusement décalée. Cette conférence s’inscrit dans la série des « Impromptus scientifiques ».

Spectacle sensoriel, intelligent, pédagogique, informatif et drôle. A consommer sans modération, particulièrement par les publics concernés par le sujet (professionnels et familles), mais pas que !!!

 

 

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6 novembre 2019 3 06 /11 /novembre /2019 01:17
Olympicorama
Olympicorama

 

 

Un spectacle produit par la Compagnie Vertical Detour (93 Montreuil) vu le 04 novembre 2019 à la Villette  (Paris XIX°)

 

Texte : Frédéric Ferrer

Comédiens : Frédéric Ferrer

Genre : Conférence gesticulée

Public : tout public

Durée : officiellement 1H30 (mais 2H ce soir)

 

 

J’ai découvert Frédéric Ferrer un peu par hasard dans l’excellent « borderline(s) investigation # 1 » (chroniqué). C’est donc tout naturellement que je me suis démenée pour voir ce nouvel opus ; démenée car « Olympicorama » est programmé sur 4 dates uniques dispatchées dans l’année.

 

« Olympicorama » se propose, dans l’optique des JO de 2024, de présenter une discipline olympique par spectacle. Il y aura donc 4 conférences par saison et ce jusqu’au début de l’évènement sportif. J’ai assisté à la dernière conférence de la seconde saison et qui portait sur la reine des épreuves : le 100 m. Forte de ma précédente expérience, je pensais entendre une satire en règle. J’ai découvert un sport et reçu une superbe leçon d’humanité.

 

Dans sa forme et son propos, « Olympicorama » est à la fois proche du précédent spectacle et totalement inédit. Le plateau est nu et cette fois, le restera. Il est juste habillé, à cour, d’un pupitre avec ordinateur, d’un écran en fond de scène et d’un coin interviewe à jardin. Frédéric Ferrer, est seul en scène pour 45 minutes chrono. Sonorisé, il se poste derrière le pupitre et entame sa conférence gesticulée. Il est docte tel l’ancien prof de géo qu’il a été : le plan est annoncé (mais aussitôt démenti), les termes sont définis de sorte que nous ayons tous, en jargon prof, « un socle commun de connaissances » et la géo ne peut s’empêcher de s’immiscer là où on ne l’attendait pas….Il est d’une érudition époustouflante et le powerpoint, omniprésent sous forme de diapos ou de retransmissions d’épreuves sportives, finit par nous prouver qu’il ne nous mène pas en bateau : ainsi le tir au cerf courant est bien une discipline olympique disparue ! Car Frédéric Ferrer sait, plus qu’aucun autre, accorder la rigueur scientifique et le rire. Ainsi, chacun sait que la vitesse de pointe d’un être humain, tout Usain Bolt qu’il soit, est toute relative par rapport au règne animal. La salle s’attendait à la sempiternelle comparaison avec le guépard. Mais quand en guise de félin un charmant minou roux apparait à l’écran, assurément victorieux d’Usain Bolt (44,72 km/h) avec ses 50 km/h, c’est l’éclat de rire généralisé. Et tout est l’avenant. De digressions en digressions loufoques, on comprend que rien n’est gratuit et qu’il s’agit pour Frédéric Ferrer tantôt de faire découvrir cette discipline admirable, tantôt de faire surgir l’envers du décor. Ainsi, Frédéric Ferrer entreprend de déconstruire les stéréotypes et si les jamaïcains sont les rois de cette épreuve, c’est au même titre que les Français en ce qui concerne la pétanque : tout est question de culture ! Frédéric Ferrer dénonce aussi à travers la figure emblématique d’Avery Brundage, à la tête du sport américain en 1936 puis président du CIO, l’assujettissement du sport au politique et aux considérations morales contestables. C’est à lui que l’on doit les certificats de féminité toujours en vigueur aujourd’hui. Le terrain est prêt pour la seconde partie !

La seconde partie est une conférence-débat avec des invités, experts de la discipline. Ce soir Frédéric Ferrer a convié Christine Aaron, championne du monde de relai et détentrice depuis 1998 du record d’Europe du 100m et Pierre-Jean Vazel, dernier entraîneur de Christine Aaron et inlassable détracteur des certificats de féminité et autres aberrations liées au genre. Nous ne sommes plus dans le spectacle mais dans un moment d’échanges authentique et de grande qualité.

 

Avec « Olympicorama », Frédéric Ferrer entreprend un véritable marathon théâtral. Le projet est inouï, le propos est d’une grande intelligence, la forme est drôle. Il va sans dire qu’à l’instar de plus de la moitié de la salle ce soir, je reviendrais, d’ici 2024, m’ouvrir à cet univers qui m’est pourtant totalement étranger, le sport.

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12 juillet 2019 5 12 /07 /juillet /2019 23:13
La modification des organes génitaux chez les poissons du Lac de Thoune
La modification des organes génitaux chez les poissons du Lac de Thoune

Spectacle  «La modification des organes génitaux chez les poissons du lac » produit par L'Organisation (59) et vu le 12 juillet à 11h00 au Théâtre du Parvis dans le cadre d’Avignon OFF 2019. Du 5 au 16 juillet 2019 (relâche le 10).

 

Texte : Emmanuelle Destremau

Interprète : Elodi Segui

Metteur en scène : Elodi Segui

Genre : Conférence spectacle 

Public : Tout public (à partir de 15 ans)

Durée : 45 min

C'est l'histoire d'un lac très profond qui renferme en son sein notre Histoire commune, nos déjections. Anita Egbert-Ecke, une scientifique motivée se fait la porte-parole des corégones du Lac de Thoune. Un  lac pollué par des résidus de pilules contraceptives, de traces chimiques de dynamites et d'armes de guerres enfouies.
Le titre est long, scientifique et peut repousser certain.es. Comme une amie, que j'incite à venir. Elle change vite d'avis, plonge dans ce spectacle et se surprend à rire et à s'identifier à cette conférencière.  
Le spectacle me plaît aussi. La conférence est bien construite et animée par une comédienne de talent et ses questionnements font parfois écho aux miens. Oui, les espèces vivantes sont aussi touchées que nous par les substances chimiques que nous créons. Oui, celles-ci ont aussi un système endocrinien. Non, on ne peut pas enfouir tout dans un lac, en espérant que cela disparaîtra.
Je ressens le lien qui unit le lac à Anita et cela me donne envie d'approfondir mes recherches sur le Lac de Thoune. Chez moi, je fais quelques recherches et tombe sur une étude  faite par l'OAN (Office de l'Agriculture et de la Nature). Anita montre notre inhérence à la nature et parvient à relier le monde professionnel, personnel et naturel. Elle nous fait nous rendre compte qu'il n'est pas uniquement question des corégones ou de résidus de dynamites mais que c'est un tout : l'écosystème du lac est notre écosystème intérieur.
Je ne peux que vous conseiller de franchir la porte du majestueux Parvis et de vous laisser emporter par cette conférence qui vous portera vers la connaissance.
Lien de l'étude :  https://www.vol.be.ch/vol/fr/index/natur/fischerei/projekte/thunerseefelchen.html
 
Anouk F.
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