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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
Vous y trouverez l'ensemble des commentaires de nos correspondants sur les spectacles qui ont été vus. Ce service est en ligne en accès libre depuis février 2007.
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Découvrez sur le site www.vivantmag.fr, le catalogue des spectacles repérés... et l'ensemble des services de l'Association d'Aide à la Diffusion Interrégionale du Spectacle Vivant, l'AdAdiff.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

7 mai 2015 4 07 /05 /mai /2015 09:18
The Sunset Limited
The Sunset Limited

Spectacle de l'association Je Pars à Zart (34), vu à l'Outil Théâtre, Montpellier (34), le 22 Mars 2015, 19h

D'après une pièce de Cormac McCarthy (2006)

Traduction: Gérôme Ferchaud

Mise en scène: Théo Le Perron

Avec : Gérôme Ferchaud et Jean-Yann Verton

Lumières: Nils Doucet

Genre: Théâtre

Public: Adultes et adolescents

Durée: 1h30

Création 2015

Cette pièce très sombre de C. McCarthy n’a jamais été publiée en Français. Je Pars à Zart donne ici une première traduction.

Black, le Noir, vient d’empêcher White, le Blanc, de se jeter sous un train et l’a emmené chez lui. Black a été maltraité par la vie. Il vient de sortir de prison et veut aider White à retrouver, comme lui, du sens à la vie grâce à la religion. White, professeur aisé, vit dans un autre univers. Nihiliste et désespéré, il ne voit d’autre issue que la mort. L’un parle de l’amour de Dieu, l’autre refuse la main tendue et veut absolument réussir son geste. Leur conversation sur le sens de l'existence se fait à mots très durs et tourne à l'affrontement. Quelques instants de complicité n’effacent pas leur incompréhension mutuelle: deux mondes s’affrontent en noir et blanc. La pièce s'achève sur une ambiguïté autorisant le spectateur à donner sa propre conclusion.

Nous sommes chez Black (J.Y. Verton). Le décor évoque un grand dénuement et White (G.Ferchaud) se montre choqué par cette misère. Tout oppose les deux hommes et l'intrigue joue de ces contrastes en noir et blanc jusqu'à la provocation, que les comédiens expriment avec un jeu sobre mais intense. La bonne volonté de Black se heurte aux refus de White (G. Ferchaud) dans une véritable chorégraphie qui rappelle un combat de boxe: observations, échanges vifs qui claquent, esquives, réactions violentes. L’espace lui-même semble en tension et je ressens l'épaisseur de l'atmosphère. J’ai apprécié l'évolution du jeu au fil de l’action. Un premier affrontement, et l'on perçoit une incommunicabilité radicale. Les mouvements, la voix, les colères de Black, c'est toute l'assurance et l'enthousiasme du nouveau converti. A l'opposé White reste d'abord légèrement en retrait, mais tout chez lui montre qu'il en veut à son sauveteur. Et brusquement au milieu de la discussion, un repas, étonnant armistice, introduit un peu de banalité dans leurs relations ainsi qu'un peu d'espoir chez moi! mais brutalement White change: sa voix enfle et claque et, dans une longue explosion de colère, tout son corps hurle le désespoir: il veut mourir. Eprouvant... Très paradoxalement White m'a donné l'impression de vivre enfin: sans doute est-ce un effet du jeu de G.Ferchaud. Black de son côté abandonne ses prêches et semble physiquement concentré sur une très ancienne fureur, peut-être celle de l'ancien Black, avant la découverte de Dieu. Bravo à tous les deux! Bien mené, profond et émouvant, ce très bon spectacle laisse des traces.

J'étais un peu secouée (et je n'étais visiblement pas la seule) après avoir assisté à un tel combat! Ce spectacle est si fort qu'il peut longtemps vous coller à la peau, mais il n'est pas déprimant. Porteur de sens, il pousse à la réflexion et la dureté des dialogues s’inscrit dans un certain nombre de réalités psychologiques et sociales qui dépassent le contexte américain. Le rythme constamment soutenu crée un réel suspense. C'est du beau théâtre, à voir absolument, mais pas avec des enfants, bien sûr.

N.B.: Le Sunset Limited est un train joignant la Floride à la Californie, en passant par le sud des USA.

Catherine Polge

Autre spectacle de la compagnie publié sur le blog Vivantmag

http://vivantmag.over-blog.com/article-music-hall-118690925.html

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9 avril 2015 4 09 /04 /avril /2015 10:47
Histoires d'hommes
Histoires d'hommes

Spectacle de la compagnie Belle Pagaille, vu à La Laiterie des Beaux Arts, le 7 avril 2015

De : Xavier Durringer

Mise en scène : Jean-Michel Boch

Avec : Charo Beltran, Capucine Mandeau, Marie Simoneau

Genre : Théâtre

Public : Adulte

Durée : 45 minutes

 

Dans un bar, une serveuse se met à parler fort, à invectiver un client, elle envoie valdinguer son plateau et va au comptoir demander un "gin'to".

La mise en scène est plantée, ce sera la proximité, l'intimité des trois comédiennes au cœur du public, comme dans la vie. Dans la réalité on peut vivre cette situation, être pris à partie dans l'histoire de la vie des gens, dans les détails crus et même sordides de leurs anecdotes, de leurs péripéties, de leurs désespoirs. Et c'est là que certains se sentent gênés voire outrés d'être pris pour témoins de leurs situations, de leurs expériences du machisme, du sexisme et même de la violence conjugale. Car si l'on est au théâtre et même si la scène est cette fois dans la salle, le public est au centre de ce plaidoyer sur l'amour. Ce sentiment qui peut côtoyer la détresse et le dégoût, mais qu'on espère toujours revenir plus fort, plus exaltant.

Ces trois femmes, font passer les émotions contradictoires d'un claquement de doigts, alternant les tristesses et les euphories en quelques secondes. Comme dans la vie, mais une vie accélérée, échevelée, exagérée de tous les excès qui peuvent pousser à l'hystérie aussi bien qu'à la déprime, à l'hilarité comme à l'effondrement. On rit beaucoup, on est saisi par la dureté des situations, des dominations, des abominations dont sont capables les hommes envers des femmes qu'ils méprisent parfois, jusqu'à ce qu'elles se révoltent et crient leur besoin de liberté et d'indépendance. Et là apparaît comme une évidence la force du genre féminin sans qui l'homme ne serait rien.

Daniourk

(photo: Jean Marie Faucillon)

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24 novembre 2014 1 24 /11 /novembre /2014 10:43

le-don-de-louise.jpgSpectacle en co-production de la "Compagnie des petits bâtons" (38) et de la "Compagnie Zazie 7" (26), vu à Crest (26), à la Chapelle des Cordeliers.

 

Ecriture et mise en scène: Hélène Van Der Stichele

 Comédiennes: Hélène Gaud, Sophie Brulé.


VIVANT2-toiles-3Genre: Comédie dramatique et gastronomique

Public: Grands enfants et adultes

Durée: Environ une heure

 

C'est dans le coeur médiéval de Crest que j'ai pu assister à la représentation du "Don de Louise" ;  la petite chapelle des Cordeliers s'est avérée un écrin scénique parfaitement adapté à ce spectacle.


L'écriture et la mise en scène de ce "Don de Louise" proposent une reprise réécrite du très célèbre "Festin de Babette" de Karen Blixen, en situant les protagonistes de ce spectacle chez la fille d'un pasteur cévenol.

L'action se déroule dans la demeure de Philippa, fille de feu le pasteur local, à Chamborigaud dans les Cévennes. C'est dans ce village, haut lieu du protestantisme cévenol, de la révolte des Camisards, que se réfugie Louise, pétroleuse recherchée après la répression de la Commune de Paris. Plus précisement, la pièce se joue dans l'office-cuisine. Sobre et efficace est la mise en scène : une table centrale derrière laquelle défileront au fil du spectacle hachoir, herbes, couverts, verres, plats. Une ancienne brouette de bois recouverte  amènera avec elle les mets rares et coûteux à même de permettre "le Don de Louise".


Ce parti pris de réécriture d'Hélène Van Der Stichele, situe notre ancienne "chef" du café anglais parisien, exilée en Cévennes. L'éclairage sur les évènements historiques sera l'occasion d'évoquer la Commune de Paris, Hugo, tout en préservant la ligne de l'écrit originel : citation au fil du texte de quelques préceptes du protestantisme. Hélène Gaud excelle dans une Philippa "coincée" par des règles religieuses strictes : simplicité, nourriture ascétique, sobriété.

Cette réécriture fort habile est également l'occasion pour Louise (Hélène Gaud) d'évoquer et de citer à plusieurs reprises Victor Hugo, extraits de "l'art d'être grand père", d'évoquer la Commune de Paris, les pétroleuses, les barricades. Et de citer en chantonnant le très célèbre Gavroche: "Je suis tombé par terre... la faute à Rousseau". Louise, femme passionnée, évoque sa montée sur les barricades en chantant "les princes maudits ont affamé les pauvres... donnez-moi l'occasion de me surpasser". "Victor Hugo est mort, nous sommes tous orphelins."  


Finesse, subtilité du jeu de ces deux comédiennes notamment lorsqu'elles découvrent la saveur du fruit de la grenade (fruit de paradis), ou dégustent au cours du festin "Amontillo ou Clos Vougeot". Au fil du sourire de l'actrice Hélène Gaud, nous suivons la réalisation de Louise, cette "cuisinière émérite" au fil de l'élaboration passionnée de ses oeuvres culinaires. Les deux actrices constituent un duo magistral dans leur aptitude à se compléter, à se renvoyer ce texte et à l'habiter au mieux, servies ici par un cadre scénique porteur (une sobre chapelle).

Ce spectacle  est parfait pour évoquer la Commune, Victor Hugo, l'art de la table. Il convient à tous les publics dès 12 ans et peut être envisagé accompagné pour les scolaires. Cette représentation se propose également d'être jouée en appartement, il suffit pour cela d'une pièce spacieuse.

 

Lydie-Gisèle Brogi

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5 août 2014 2 05 /08 /août /2014 13:47

Sic-k-.jpgSpectacle d'Alexis Armengol - Cie Théâtre à cru, vu le 20 juillet 2014 à Avignon, La Manufacture.

 

Interprètes : Alexis Armengol, Rémi Cassabé, Claudine Baschet.

 

VIVANT2-toiles-3Genre : théâtre

Durée : 1h15

Public : à partir de 16 ans

 

 

Depuis toujours, ce n'est pas à Alexis Armengol qu'il faut demander des réponses. Le metteur en scène du dynamique Théâtre à Cru leur préfère mille fois les questions, le doute, la mise en débat. Sic(k) est une nouvelle preuve de ce fait : en nous demandant de réfléchir au problème de l'addiction (à l'alcool, à la drogue, au tabac), il se place lui-même de notre côté, celui du candide, celui qui ne sait pas. Posture intéressante, puisque cet étrange spectacle va ainsi nous amener face à nous-mêmes par mille voies différentes.

Pourquoi est-on alcoolique ? Pourquoi aime-t-on cet état second provoqué par l'alcool ? L'alcool est-il systématiquement associé à la fête ? Ou au contraire à la dépression ? Ou faut-il y chercher quelque chose de philosophique ? De psychologique ? De sociologique ? De politique ? De poétique ? Sur un plateau chargé de toutes les possibilités (des objets aussi divers qu'un tabouret en forme de crâne, une tente-cabine transparente, une guitare électrique, un livre de Deleuze, un foie gonflable géant et bien sûr des bouteilles), Armengol orchestre une série d'impulsions qui toutes questionnent notre rapport à l'ivresse. Série de témoignages d'anonymes enregistrés dans un sample endiablé, réflexions de penseurs, témoignages directs (les trois comédiens sont à la fois les témoins et les Monsieur Loyal de ce désordre soigneusement rangé), extraits de films, tous les angles y sont, et toutes les émotions : c'est tour à tour joyeux et gentiment anar, quand sont évoqués l'anti-conformisme de l'ivresse et son aspect festif, et très sombre, quand on parle brusquement de cauchemars, de déprime, d'impossibilité d'être soi, de dépendance. Le talent du spectacle étant de mêler tout ça en un seul flot, musical, littéraire, cinématographique, sonore, sérieux et anodin à la fois. Un collage pop qui soulève de nombreuses questions. C'est John Cassavetes qui servira de référence au spectacle, c'est dire la part de farce et d'amertume cachée là-dedans.

Exercice de style, donc, que ce spectacle traverse sur le fil, avec ce que ça comporte de chutes et de moments d'éclat. Sur la longueur, Sic(k) est inégal, parfois lassant ou redondant, parfois même légèrement poseur : la posture rock'n roll y est un peu crâneuse, manque de sincérité, étrangement déréalisée par cette sorte de "non-jeu" des acteurs, une distance souvent dommageable à l'intérêt de ce qui est dit. On a le droit de rester complètement en-dehors de ce dispositif complexe, cérébral, parfois même glauque et volontairement morbide. Mais on peut aussi adhérer à ce faisceau de sens qui nous arrivent de tous les côtés, et trouver dans ces témoignages un troublant écho à notre propre histoire. Un spectacle aussi rebelle que son sujet, qui dresse son mystère et son originalité comme un étendard ; un spectacle jeune qui s'interroge sur la jeunesse ; un spectacle unique et "debordien"... qui donne envie d'en boire un petit dernier.

 

Danielle Krupa / www.allez-zou.fr

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26 juillet 2014 6 26 /07 /juillet /2014 18:35

Maitre FendardSpectacle de la compagnie « Le nom du Titre » (dept 81) vu le samedi 26 juillet 2014 à 17h10, place de l’Hôtel de Ville, dans le cadre du festival Off de Chalon dans la Rue.

 

Interprétation : Fred Tousch, Laurent Mollat

Ecriture : Fred Tousch et François Rollin

Mise en scène : François Rollin

 

VIVANT2-toiles-3

Genre : Farce juridique

Durée : 1h15

Jauge : 600 pers.

A partir de 7 ans

Création 2013

 
 

La famille Bellemare s’est fait subtiliser son château de sable. Ou plutôt, la mer a englouti ledit château pendant le sommeil de cette famille française somme toute tout ce qu’il y a de plus moyen (en même temps, avec un nom pareil…). Mais Maître Fendard, auquel la famille s’est adressée pour résoudre l’affaire, ne peut leur annoncer sa déduction comme ça car « il ne faut jamais dire la vérité à son client mais ce qu’il veut entendre » ! Ainsi, Maître Fendard s’emballe-t-il dans des envolées lyriques formidables, emmenées par un langage technique exceptionnel, des mimiques incroyables, un ton unique… pour une parodie aussi réaliste qu’exagérée (sic) des avocats d’affaires, et une critique au vitriol du « tout-juridique » et de la place qu’il prend dans nos vies. Petit bémol qui n’en est pas des moindres, le spectacle étant construit en crescendo, on se demande un peu ce qu’on fait là au début, surtout lorsque Maître Fendard nous narre en prélude la célèbre affaire de l’antilope à une corne et de ses voisines les autruches…

 

Cependant, une fois que l’on a passé cette (longue) anecdote, et que l’on a avalé une bonne demi-heure de vanité juridique brodée de latin, l’intervention de Ménardot (le greffier, accessoirement musicien) offre un bol d’air salutaire et ouvre la voie à l’énonciation des hilarantes hypothèses alternatives concernant ce mystérieux enlèvement. S’enchaîne ensuite une inénarrable audience où le Maître jongle fabuleusement avec son écharpe, malmène la « barre » (de bâteau), accuse la lune et… se lance dans un solo de guitare électrique !

 

Et là s’est arrêté le spectacle sous une foudroyante averse, mais ce n’était pas sans avoir résisté ! Le public lui-même s’est senti une âme rock n’ roll en acclamant sous un torrent de gouttes cette star incongrue de la musique.

Personne n’a pu néanmoins assister à la fin, et je me suis abrité dans un bar pour me réchauffer avec une bière en partageant la table avec une vieille dame chalonnaise fort sympathique. Mais ça, c’est une autre histoire…

 

François Polge

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24 juillet 2014 4 24 /07 /juillet /2014 14:18

la-lune-des-pauvres.jpgSpectacle de la Compagnie "Le Quintet plus" (66), Avignon, Théatre du Tremplin.

 

Tragédie baroque de Jean-Pierre Simeon

Mise en scène: Nicole Costa

Création lumière:Mathieu Havart

Musique: l'accordéon de Richard Galliano

Comédiens: Hélène Lencou, Elisabeth Casas, Fabien Marquet, Louis-Marie Martin.

 

 

VIVANT2-toiles-3Genre: théâtre

Public: adultes

Durée:  1h15

 

 

Pinaille rouspète, il est obnubilé par la gestion du quotidien, Vrogne lit Shakespeare et rêve de mer, il refait le monde. Deux êtres en errance, compagnons de jeux restés adolescents, deux êtres en galère. Le décor est sobre, deux bancs de bois; une comédienne narrratrice est omniprésente. La musique du texte est toute en vibrations scintillantes de poésie, et rehaussée par l'accordéon de Richard Galliano, qui fait vivre la fougue de l'enfance, la rengaine du temps qui passe. Dans cette pièce poétique aux tableaux réalistes, l'ambiance créée par la musique adoucit, allège le propos: jeux d'enfants, survie quotidienne, bruits de la ville, ressac des vagues...

 

A partir de l'oeuvre de Jean-Pierre Siméon, l'écriture se décline en vibrations: de poésie, d'émotions palpables, de lieux. Ce texte a une musique particulière faite de monologues au bord de l'abîme, de dialogues et de plages de language cru. La pièce ondule entre le temps suspendu de l'enfance où ils s'amusent, et l'errance où des sentiments d'amitié, d'amour, d'espérance se nouent. Ceux-là n'ont guère qu'eux mêmes, la route et la chaleur de l'autre.

L'arrivée d'une femme, Angela, va troubler définitivement l'équilibre précaire que ces deux-là parvenaient à maintenir. Troublant leur complicité quotidienne, cette femme troublante et égarée, trouble leur complicité. Avec elle arrivent plus de douceur et de noirceur. Sauront-ils en réchapper?


Un beau texte fait de réalité et de poésie et interprété avec talent. Notre monde actuel génère de l'exclusion, la misère est omniprésente et il est important de le dénoncer. L'adaptation de ce texte poétique nous le rappelle, merci pour cela à la compagnie "Le Quintet plus". 


Lydie-Gisèle Brogi

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19 juillet 2014 6 19 /07 /juillet /2014 10:21

et-l-humain-alors.jpgSpectacle de la "Compagnie Meulien" (30) et de la Cie "Le Temps de Dire" (84), Avignon Off, Maison de la parole, 19h15.

 

Textes choisis par l'artiste Bernard Meulien parmi l'oeuvre de Fernand Deligny.

 

VIVANT-3-COEURS-5


 

 

 

C'est un grand bonheur de retrouver sur scène l'homme de théâtre Bernard Meulien. Par son talent, il  a contribué, sur scène en Avignon puis en de nombreux lieux, à faire mieux connaître les textes de Gaston Couté, Tristan Corbières, Jean Rictus. 

 

En ce Festival 2014, Bernard Meulien nous revient avec l'itinéraire de vie d'un homme au coeur ouvert à l'autre quel qu'il soit, il nous invite à la découverte de la vie et de l'oeuvre de Fernand Deligny. C'est le témoignage d'un homme éducateur, écrivain, poète combatif qui engagera sa vie pleinement auprès des "fous", des autistes, des délinquants. Rebelle, peu décidé dès sa jeunesse à faire ce qu'on lui dit pour coller à l'ordre social, Deligny se démènera sans cesse face aux institutions et aux idées reçues. Homme de terrain, il a laissé une oeuvre trop méconnue (roman, nouvelles, journal d'éducateur, films dont "Le moindre geste").

 

L'acteur Bernard Meulien vit à Monoblet (village gardois au pied des Cévennes) et c'est là que démarre le spectacle, plus précisément à Graniès (hameau de Monoblet), là où l'auteur âgé vivait et où il décède en 1996. Une remontée du temps qu'il commence devant sa fenêtre, en évoquant : l'enfance, la guerre, l'asile psychiatrique. Réceptif à la sensibilité extrême de ces êtres que l'on maintient "à l'écart", Deligny s'insurge: "Est-ce cela notre vie? [...] Rimbaud, Van Gogh, vous dont le déséquilibre a laissé une trace gigantesque. Dites-leur : l'homme est affaire d'imagination créatrice et non référence à des lois".

Deligny est une référence par ses écrits ("Graine de crapule"), et il est aussi l'initiateur, dès 1950, de "la grande cordée", un système avant-gardiste pour l'époque, qui consiste à sortir le jeune délinquant de son milieu naturel, de son environnement souvent négatif, et à lui faire vivre un apprentissage à travers des rencontres avec des artisans et des familles prêts à jouer le jeu.

Deligny frondeur n’aime pas les méthodes coercitives. Il sait que l’épanouissement du jeune se fait par la stimulation de ses capacités, de son imagination, de sa créativité. Dans ses pratiques avant-gardistes en tant qu’instituteur spécialisé, il a plutôt montré des aptitudes à la révolte qu’à la marche au pas: "J'en veux énormément au cancer capitaliste qui va atteindre le coeur, il est certain que cela va encore tuer un moment dans la cité, et demain?" Vivre et penser au plus près de l'humain, tel fut le projet de vie de Deligny.

 

Personnellement, je méconnaissais cet auteur, cette vie riche nourrie de l'attention à l'autre. Un énorme remerciement au travail accompli par Bernard Meulien: s'imprégner de l'oeuvre intégrale de Deligny, en extraire  l'essentiel et nous le restituer à nous, public.

Servi par ton talent, ton professionnalisme largement alimenté de tes tripes, de ton coeur, de l'humanité qui est la tienne, tu vis et tu penses au plus près de l'humain et tu nous transmets ainsi l'essentiel.

Un coup de coeur pour ce spectacle sensible et engagé. 

 

Lydie-Gisèle Brogi

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19 juillet 2014 6 19 /07 /juillet /2014 09:05
akumulus_pendus.pngVu le 18 juillet 2014 au C.H.R.S Croix Rouge, lors du festival Avignon Off.
Spectacle de la compagnie Kumulus, Barthélemy Bompard et Nadège Prugnard. 

Interprètes : Eric Blouet, Barthélemy Bompard, Thérèse Bosc, Céline Damiron, Nicolas Quilliard
 Technique : Djamel Djerboua
 Son : Ugo Walter

vivant-3-toiles-4Genre : Théâtre punk, scènes violentes, réalistes, romantiques
Public : Peut heurter la sensibilité des plus jeunes
Durée : 45 minutes


Démarrer le festival d'Avignon en choisissant « Les Pendus », texte de Nadège Prugnard, mis en scène par Barthélémy Bompard, c'est forcément vouloir immédiatement un coup de poing dans les oreilles et dans le ventre, un coup de poing dans les yeux, d'expressionisme et de réalité crus.

4 potences. 4 pendus. 2 bourreaux. Le public.

Le gars Bompard est inspiré par le travail du peintre néerlandais Jérôme Bosch (auteur du  Jardin des délices), et par Alain Platel, le chorégraphe et metteur en scène belge (obsédé par l’idée du neuf). La scène (4 gibets) nous plonge dans une réalité à fleur de peau, dont on ne connaît pourtant pas l’expérience. Ca a l'air si vrai que, dans un instant, on s’en doute,  nous verrons mourir 4 personnes, devant notre « caméra des yeux ».
Une mort publique et théâtrale.
Du statut d’intermittent ? Ça pourrait. Le metteur en scène le rappelle en début de spectacle. Dans son costume de bourreau.

Sans le public, pas de montée à l’échafaud.  

Dans une scénographie simple et efficace, les 4 condamnés à mort et leurs bourreaux vont dévoiler au public une expérience complètement unique de la mort : les paniques qui précèdent, la dernière microseconde où le sol se dérobe, les halètements qui suivent, et les cris qui renaissent du néant,  quand les 4 âmes, cœurs, corps lourds de pendus continuent de gueuler leur soif de liberté au monde, encore, après la mort.

L’incompréhension, la peur, la panique de la mort et du néant ; la honte, la sentence brutale par un système méprisable et injuste ;  le rêve, la plongée dans le vide, le frisson, les interrogations « J’me sens vide », «  je tombe ». Les mots, les flots de mots qui vous submergent pendant cette fraction de seconde, où l’on cherche à comprendre, à lutter, où l’on voit des milliers de choses que l’on veut dire, décrire, qui ne finissent jamais tant qu’on n’est pas mort, tant qu’on a la liberté de continuer à parler, comme des choses encore à dire, qui viennent, dans le désordre, par convulsion, comme des flash, des bouts de phrases et de vies qui survivent dans la panique de pas savoir ce qu’il faut dire, dans la panique de pas pouvoir tout dire, de perdre tout, sa dignité, sa liberté, ses rêves, ses idéaux, comme un réveil soudain parce qu’on sait qu’on va mourir, des « bourre ta gueule mort frappe crie », […] des « fucking bullshit » . Ça percute, ça slamme, ça éructe, ça ne finit jamais de dire.
C’est provocateur, c’est brutal, c’est violent.
Et pourtant c’est romantique.
La liberté et le punk chez Nadège Prugnard c’est sacré. Mais l’amour aussi.
Et ça doit se faire lentement, avec du rouge, même après la mort, parce que ça doit rester immortel. Et ça doit se faire comme un cri à la liberté. Corps raidis mais libres de parler.

On découvre peu à peu l’histoire de ces 4 déclassés, de ces 4 laissés pour compte, 4 poings tendus, corps attachés et raidis qui dansent et valsent en s’égosillant dans le vide longtemps, lentement, pendant et après leur mort. Les comédiens sont suspendus ainsi pendant presque tout le spectacle, attachés pieds et poings, suspendus dans le vide. Et l’on apprend tour à tour…l’intellectuel, le manifeste du suicidé, l’émigrée musulmane sans papier, brimée par les institutions sociales et politiques, par les hommes, par les français ; la femme, artiste, violée, dépossédée, dominée ; le punk à chien, qui casse les règles qui « fait chier tout le monde », mais à qui on n’a pas donné sa chance, rébellion, « Pogo Pogo Pogo » ! Le cri, la violence ; la liberté qui menace de partir, et toujours, les mots, les mots, qui ne finissent jamais de dire et qui ne veulent pas mourir : « et cette putain d’âme qui ne veut pas s’envoler » !

Entre Pussy Riot pour le côté Punk Rock Révolté et Charles Baudelaire pour son hymne au romantisme symbolique, la langue Bompard/Prugnard est née. Interprétée par des comédiens intenses, habités.

"Pogo pogo pogo !!"  

Ce spectacle a été joué à Avignon dans une cour, en plein soleil, sous un immense et magnifique marronnier en fleurs. (Le spectacle peut aussi être joué en rue devant un mur en béton gris), et en plus, pendant le spectacle, on vous offre même des cravates et des glaces…

Danielle Krupa / www.allez-zou.fr

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1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 18:38

Macassar Théâtre (34)

Vu au Théâtre Le Célimène à 22 h dans le cadre du festival Off d’Avignon 2012

A été présenté, en amont, pendant 3 semaines au Théâtre du Carré Rondelet (Montpellier - 34).

Présent sur le Off 2013 et 2014.

 

D’après le recueil de nouvelles « Getting even » de Woody Allen

Version scénique Olivier Labiche et Jacques Rebouillat

Avec : Hélène Poulain, Jean-Michel Boch, Jacques Rebouillat, Michel Robin

 


vivant-3-toiles-4.jpgThéâtre

Tout public

Durée : 1h10 mn

 

 

 

Dans une salle d’autant plus bondée que les sièges très rapprochés permettent à peine de faire tenir ses jambes (rentabilité oblige... nous sommes à Avignon), j’allais découvrir ce spectacle qui fait parler de lui. Il est tiré d’un livre de nouvelles de Woody Allen paru en 1973, précision importante car celles-ci sont autonomes et indépendantes, comme le sont les quatres scènes qui nous sont présentées. Ceci, me semble t-il, pourrait être davantage précisé au départ, pour une meilleure compréhension.

 

En fait de culture, on y traite avec légèreté et humour des sujets de prédilection du maître : la psychanalyse, le cinéma, la mort, la religion,… et, bien sûr, le sexe. La compagnie a choisi un univers théâtral cinématographique, avec voix off, musique jazzy et écran inclus sur le plateau, accompagné d’effets sonores et visuels intervenant parfois comme un gimmick.

C’est surtout à partir du 3eme tableau, quand la Mort vient chercher un candidat récalcitrant qui se retrouve à jouer sa survie aux cartes, que le spectacle prend toute sa dimension et s’envole. On est dans le dérisoire existentiel propre à l’auteur... Les comédiens, tous excellents, s’en donnent à cœur joie et portent avec un réel plaisir ce texte incisif, drôle et mordant. L’esprit de Woody Allen est bien là... et avec le dernier tableau, premier polar métaphysique du célèbre New-yorkais, on jubile : Kaiser, le privé bogartien, pressé par une jeune femme en perdition, nous entraîne dans un polar dont exceptionnellement je ne vous dévoilerais pas l’intrigue, mais qui est à la hauteur de nos espérances !

 

Drôle, surprenant, original, non dénué de bon sens… tout ce qui fait le talent du grand cinéaste est ici réuni. Rien n’a d’importance, finalement, et même les effets décalés sur le plateau (notamment la séquence dans le lit, donnant un côté « café de la gare ») renforcent cette idée là, chère au maître. C’est un spectacle rythmé qui nous plonge dans l’univers visuel et intellectuel de son auteur. Un plaisir dont on aurait tort de se priver !

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1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 13:24

Odyssee-moustache.jpgSpectacle d'Ali Bougheraba, vu au Théâtre du chêne noir, dans le cadre du festival d'Avignon Off. 


Interprétation : Ali Bougheraba

Regard extérieur : Marc Pistolesi
Régie : Yvan Bonnin

 

 

VIVANT-3-COEURS-5Musique : Greg Cosenza et Anne Moratta

Genre : seul en scène

Nouvelle création

 

 

 

Scène nue, éclairages sobres, le nouveau spectacle d’Ali Bougheraba s’annonce ambitieux par sa simplicité. Point d’artifice pour colmater les brèches d’un texte, point d’effets spéciaux pour tenir l’attention du public ; l’homme est seul en scène, dans un costume de ville tout ce qu’il y a de plus banal. Dans ces conditions, seul la qualité d’un texte et le jeu de l’acteur tiennent le public. Se déploie alors le talent de l’artiste.

Les armes dAli Bougheraba sont l’humour, la tendresse et la pertinence du propos. Il les utilise tour à tour avec la ruse d’un auteur et les astuces d’un acteur chevronné. En recherche de modèle, il dresse des portraits de nouveaux pères : désopilant et désarmant. Le public rit de bon cœur face au questionnement sur la paternité en mutation. C’est touchant et ce n’est que le début ! Les questions naïves de sa petite fille de 4 ans sont de beaux prétextes pour donner son opinion sur  des thématiques très délicates en ce moment (l’homosexualité, le racisme, l’abandon des personnes âgées, etc) mais aussi sur des peurs plus personnelles… L’acteur nous fait rire, l’auteur nous fait réfléchir et c’est tout en douceur.

Je ne connaissais pas Ali Bougheraba, mais je n’hésiterai pas aller voir d’autres spectacles de lui car, au delà de sa prestation dans "L’odyssée de la moustache",  il impose un style personnel, un rythme tranquille, un ton naturel et, surtout,  il me semble que c’est sa sincérité qui tisse le fil de ce spectacle tendre et touchant.

 

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