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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
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Pas mal...
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On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 13:10

thalr_aries-et-scorpio_le-barillet.jpgSpectacle de la compagnie "Thalr" et de la compagnie "Ariès et Scorpio", vu le jeudi 14 Février 2013 au théâtre La Vista (Montpellier).

 

Auteur : Jean-Pierre PELAEZ

Mise en scène : Philippe GOUDARD

 Jeu : Nathalie ROBERT, Gérard MASCOT

 

1h15

Public ado & adulte

Genre : comédie, satire sociale

 

vivant-3-toiles-4.jpg

En entrant dans la salle nous tombons sur un plateau nu, ou presque. Je me dis "mince, qu'est-ce que ça va être" et "pourvu que je ne me fasse pas trop chier...". Puis les comédiens font leur apparition. Le jeu est bon, le texte aussi et il peut être interprété par le spectateur de milles façons. Je me dis "Ouf..." puis "Chouette !". Au final, peut-être est-ce aussi bien que la scénographie s'efface un peu.

 

Ce spectacle, annoncé comme une satire sociale, décline le thème du revolver dans une multitude de mini-scénettes avec, comme trame de fond, une haine envers un "autre" qui semble aussi détestable que flou. Des phrases si impersonnelles (et maintes fois entendues) comme "Ya plus rien qui va", "On nous manipule", "Ils ne font rien" ou "C'était mieux avant" m'ont rappelé ces nombreuses soirées où l'esprit critique de chacun est si peu stimulé. Une brève discussion avec le metteur en scène à la sortie du spectacle m'a confirmé que c'était bien de misère sociale dont on parlait ici. Cette misère qui conduit à l'ignorance (ou est-ce l'inverse ?) et amène "les gens" à toujours accuser "un autre", totalement impersonnel mais symbole d'un pouvoir insaisissable et omniprésent. Cependant le message m'a paru certaines fois un peu trop simpliste, comme par exemple ce répondeur du Pôle Emploi qui s'enclenche au début et à la fin du spectacle et semble pousser, par sa "faute", les protagonistes à la violence puis vers une fin funeste. Mais quelle faute ? Le chômage ? L'assistanat ? Ou, plus largement, l'indifférence des institutions qui vous réifie ? Trop facile. La misère sociale me parait multiforme et ne saurait être réduite à si peu de facteurs. Cette vision un peu hautaine m'a d'ailleurs laissé un léger gout amer en rentrant chez moi.

 

En lisant le recueil de l'auteur (acheté sur place le soir de la représentation) je me suis rendu compte que, malgré les nombreux textes faisant allusion à ce pouvoir impersonnel et grand coupable des temps modernes, d'autres n'en parlaient tout simplement pas et traitaient de sujets bien différents (comme, par exemple, une inépuisable et formidable réflexion sur l'art contemporain), et ce de mille façons (baroque, philosophique, épistolaire...). J'aurais aimé que cette diversité de fonds et de formes soit plus exploitée (à l'image de cette scène hilarante sur la méthode peu orthodoxe d'un prêtre pour amener de nouveaux fidèles dans sa paroisse). Elle aurait apporté plus de corps à cette réflexion sur l'ignorance et la violence des Hommes. Toutefois, j'ai été largement surpris et interpellé par cet humour et cette vivacité qui traversent tout le spectacle, et j'ai littéralement été emporté par deux comédiens pleins d'assurance et d'énergie. Pour tout cela, bravo.

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12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 12:32

compagnie-des-lumas_les-bonnes.jpegAdaptation du texte de Jean Genet (version de 1947) par la Compagnie des Lumas, programmée hors les murs par l’Amphithéâtre de Pont de Claix (38) aux Ateliers Marianne. En effet, le metteur en scène souhaitait que cette proposition prenne corps dans un espace de travail réel, et différent d'une scène de théâtre. Nous y étions le vendredi 17 janvier 2013.

 

- Texte : Jean Genet (version de 1947)
- Conception et mise en scène : Eric Massé
- Avec : Cécile Bournay (Claire), Marie-Laure Crochant (Solange), Camille Rutherford (Madame, en vidéo)
- Collaboration à la mise en scène : Julie Binot
- Collaboration à la dramaturgie : Catherine Ailloud-Nicolas
- Scénographie : Yvan Robin
- Création vidéo : Thomas Rathier
- Création lumières : Jérémie Papin
- Création costumes : Laura Garnier
- Régie générale et son : Arnaud Olivier
- Sound designers : Aranaud Olivier et Yi-Ping Yang
- Composition musicale : Yi-Ping Yang

 

Public : adultes et ados
Durée : 1h environ

Création 2012

VIVANT2-toiles-3.jpg 

Ce soir-là, le jeu nous a conduits successivement dans deux espaces. Tout d'abord celui où les deux sœurs mettent en place une cérémonie malsaine où dépendance(s), imbrications et confusion(s) s’interpénètrent, où leur quotidien, leurs frustrations et leurs dérives montent en épingle sur une sorte d’autel sacrificiel. Ensuite celui qui pourrait représenter la "réalité", avec les relations à Madame et la projection de sa disparition, par le truchement d’actions engagées par les comédienne et la non matérialité de la patronne (vidéo sur écran TV). 

 

Dans le premier, on est peut-être dans la chambre des bonnes, ou dans un endroit de la maison qu’elles investissent temporairement en l’absence de leurs patrons. Sommes-nous témoins, spectateurs, complices ou observateurs ? L’un, l’autre ? Tout à la fois ? Cela rappelle les greniers d’enfance où les gosses s’emparent de bouts de choses pour maquiller et transformer le réel. En même temps, il y a cette manière grossière et grotesque de se farder les lèvres qui donne une couleur sexuée-sexuelle à la scène. Elles sont deux, elles sont une, indi-visible(s), à entonner la comptine maladive : "l’assassinat est un chose inénarrable".

 

Dans le second, il nous est proposé des frottements entre le vrai, le fantasmé, ce qui se passe et ce qui se dit dans le champ et hors-champ... ce qui induit une confusion également. Pouvons-nous savoir, à ce moment-là, ce qui se déroule vraiment, ce que les bonnes entendent vraiment, ce dont elles sont les instigatrices ? Pas sûr. Si nous cherchons ici un miroir, nous en trouverons un plutôt déformant.

 

Finalement, dans l’un comme dans l’autre, le gothique, la grandiloquence et le clownesque sont de mise, à l'image de cette liqueur de mort d’abord destinée à Madame mais avalée par l’une des soeurs. Nous sommes sortis en nous demandant qui en fin de compte mourrait... pris que nous étions entre un texte, un fait divers et un traitement scénique !

 

Autre spectacle de la compagnie, commenté sur ce blog

Autre spectacle de la compagnie, commenté sur ce blog

Autre adaptation du même texte par la compagnie Alexandre Berdat, commentée sur ce blog


L'amphithéâtre du Pont de Claix, c'est par ici

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 11:57

atelier-theatreelles_tu-vois-cque-jveux-dire.jpgSpectacle de la compagnie "Atelier Théâtr’Elles", vu le 17 Février 2013 à 17h30 à l’Espace La Jetée (Montpellier).


Pièce originale de Maïssa Bey, inspirée d'un fait divers et traduite de l’algérien par Tahar Hadri.

Mise en scène : Jocelyne Carmichael

Interprétation : Abel Divol et Pierre-Luc Scotto

Video : Renaud Dupré


Public adultes et adolescents

Durée : 40 min + discussion avec le public

Genre : Théâtre

 

VIVANT-3-COEURS-5.jpg

La compagnie Atelier Theatr'Elles fait la promotion de créations théâtrales féminines. 


Obscurité. Soudain, occupant le fond de scène, apparaît en video un mouvement continu de containers qui défilent. Ces images, en blanc/gris/noir, diffusent une lumière blafarde et évoquent une ambiance portuaire glauque. C'est le seul élément de décor. La scène est obscure et vide. Deux jeunes hommes, vêtus de sombre, marchent prudemment en longeant ces containers. On entend leur souffle et leurs chuchotements. Lorsque, tournés vers nous, ils s'arrêtent au milieu de la scène, nous pouvons entendre leur conversation.

Dans ce grand port d’Algérie, ils guettent le passeur à qui ils ont confié leurs économies. Bientôt passagers clandestins sur un cargo (car « même pour l’enfer il faut un visa »), ils en ignorent la destination. Farid (P.L. Scotto) s'en inquiète, mais pour Kamel (A. Divol) "l'essentiel, c'est d'y aller"... car ici, aucun avenir pour eux. Et ailleurs ? Ailleurs, pour Farid, ça ressemble au paradis... mais il regrettera sa mère et avoue sa peur. Il a besoin d'être poussé pour partir. Kamel, lui, veut effacer les mots "peur", "chance" et "espoir" mais ressent la nécessité d'emmener son copain avec lui. Lorsqu’enfin ils aperçoivent le passeur, Kamel entraîne Farid et lui lance : « Les voilà  les portes du paradis ! ». Les deux hommes s'élancent vers nous et se figent dans un mouvement d’envol.

Obscurité. Une voix off nous apprend que Kamel et Farid ont été stoppés net dans leur envol... c'était en 2002. Ils sont morts noyés, jetés d'un cargo par-dessus bord.  Un troisième clandestin a survécu à la mer et a parlé, fournissant à Maïssa Bey de la matière pour cette pièce.

 

Abel Divol et Pierre-Luc Scotto semblent habités par une tension prudente, allant à leur rendez-vous avec des glissements furtifs, des immobilisations soudaines, dans un véritable art du geste. Leurs voix assourdies tentent de maîtriser des émotions qui parfois leurs échappent en colères ou plaintes. Par moments c'est comme si, dépassant leurs personnages, ils nous montraient tous les autres migrants.

En 2011, sous le titre "Au péril de leur vie", deux comédiens algériens se sont joints à eux pour interpréter cette pièce, chacun jouant dans sa langue. La profondeur de leur jeu, disent-ils, en a été enrichie.

 

Ce spectacle nous fait palper le silence, la nuit, l’attente. Le temps s'écoule au rythme des containers qui passent lentement, avec des inscriptions qui évoquent l'ailleurs rêvé des clandestins. La blancheur diffusée par l’écran révèle les acteurs comme en négatif. Si un bout de ciel se montre, il est vite caché par d’autres chargements. Lorsque la lune se lève, l'éclairage jaune pâle réchauffe légèrement l'ambiance et les personnages sont moins fantômatiques. Quelques bruits inquiétants, au loin : aboiements, sirènes, cliquetis. On salue le travail de Renaud Dupré à la video et la mise en scène de Jocelyne Carmichaël.

La représentation est toujours suivie d’une discussion, ce que nous avons apprécié car à l'émotion s'ajoutent des interrogations. L'énergie vitale de ces jeunes "haragas" (c.a.d. "qui brûlent" les papiers) poussés à migrer malgré les risques est peu médiatisée. Leurs illusions nous questionnent. Autant de problématiques qui alimenteraient un débat fructueux avec un public de collégiens ou de lycéens.

 

On sort profondément remué par ce spectacle fascinant et accessible à tous. A voir absolument, autant pour la thématique que pour la mise en scène et le jeu des comédiens.

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13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 11:38

gilgamesh_le-livre-de-damas-et-des-propheties.jpgSpectacle de la compagnie Gilgamesh (Avignon - 84) vu le jeudi 29 novembre 2012 à l’Heure Bleue (St Martin d’Hères - 38), dans le cadre du Festival International de Théâtre Action. 

 

Auteur : Saadallah Wannous
Metteur en scène : Fida Mohissen
Assistant : Gersende Michel
Musique originale : Michel Thouseau
Chorégraphie : Alain Louafi
Maquillage et accessoires : Colette Kramer
Avec : David Ayala, Ramzi Choukair, Khadija et Madhi, Malik Faraoun, Stéphane Godefroy, Corinne Jaber, Benoit Lahoz, Bruce Myers et Michel Touseau

 

Public adultes et adolescents

Durée : 2h30

Création 2012  vivant-3-toiles-4.jpg

 

Cette pièce, découpée en actes annoncés, décline les composantes de deux faces en miroir ; deux sociétés avec leurs différences, leurs refus, leurs carcans, leurs déviances, leurs violences, leurs revendications et leurs (troublantes) ressemblances... Deux histoires où se jouent le rapport à la mère, à la femme, et la place et le rôle de l’homme : décidé, assumé ou subi. Aujourd’hui, avec des incursions du passé. Forces et faiblesses croisées, inattendues, imposées, dégradantes ou destructurantes, difficiles à assumer ou faussement intégrées pour être rassurantes. Une pièce qui se déroule (toujours) sous les regards : les nôtres, en tant que spectateurs, et ceux des comédiens-témoins qu’on pourrait aisément imaginer être des délateurs, des espions... en somme, des faux-passants. Une pièce où, pour parvenir à "dépasser l'horizon", la mise sur le divan est placée au centre de l’indispensable et de l’incontournable, non seulement pour les individus, mais plus largement pour les sociétés en raison de leurs dysfonctionnements.

 

 Si rien n’est clairement dit des lieux où se trouvent les protagonistes et où se déroulent les actions, il s’agit de la Syrie (dixit le titre) et de l’état d’Israël. En ce qui concerne la Syrie, on pourrait aussi imaginer que ce soit dans un autre pays arabe, dans des périodes de bouleversements, de quête d’identité(s), de remaniement et d’exercice des pouvoirs, d’emprise religieuse... Une des forces du texte réside dans le fait qu’il ouvre des perspectives au spectateur et le laisse y projeter ses propres images, ses éléments géo-politiques et sociaux, pouvant parfois même s’élargir à d’autres régimes et contrées du monde.

 

La durée annoncée du spectacle pouvait nous faire craindre des longueurs, une perte de rythme sur le long cours, et un décrochage de notre part. Cependant, force est de constater qu’elle ne nous a pas pesé et que nous avons même accroché de bout en bout ! De même, le propos aurait pu verser dans le didactisme et le manichéisme... mais ce qui est dit, montré et décrit est bien loin de se limiter à n’être que d’une seule couleur ! La mise en scène se révèle assez efficace, avec un investissement et une recomposition du plateau, des comédien(nes) qui endossent des rôles à deux visages, un éclairage précis qui accompagne le propos. Un moment fort et intense, basé sur un travail exigeant, qui nous a fait découvrir un auteur et une compagnie à suivre.

 

L'Heure Bleue, c'est par ici : http://www.ville-st-martin-dheres.fr/heure_bleue.html

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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 16:40

locus-solus_femme-non-reeducable-2.jpg

Spectacle de la plateforme Locus Solus qui présente un mémorendum sur la journaliste Anna Politkovskaïa, assassinée en 2006 ; vu le mardi 23 Octobre 2012 sur le plateau de l’Espace Aragon de Villard-Bonnot (38). 

 

- Texte de Stephano Massini
- Traduction de Pietro Pizzuti
- Mise en scène de Thierry Bordereau
- Avec Réjane Bajard, Thierry Vennesson et Marijke Bedleem
- Scénographie de Chloé Dumas et Julie Boilot
- Costumes de Cathy Ray
- Lumière et régie générale par Philippe Roy

 

Public : à partir de 13-14 ans
Durée : 1h05  

VIVANT2-toiles-3.jpg

Intéressante manière que voilà de traiter les personnages, et plus particulièrement celui de la journaliste : deux comédiennes sur scène qui tantôt se succèdent, tantôt jouent en même temps. Une femme, plusieurs facettes. Une femme qui (se) cherche dans les méandres sournois et obscurs de deux pays qui s’affrontent, tyrannisent et propagandent. A l'inverse, un seul comédien pour incarner les différents hommes de l’histoire, soit russes, soit tchétchènes, soit aux commandes du pouvoir, soit en révolte, manipulés ou manipulateurs, mais toujours assassins.

 

Comme cadre, des espaces d’enquête(s) où les choses se disent et se révèlent par les mots (entendus, écrits ou tus), des images sur les écrans et des ombres qui opèrent dans l’ombre. Enquêtes, témoignages obsédants, sur "une terre avec des corps mais personne dedans"... Témoin mais aussi coupable lorsqu'Anna dit "Moi aussi j’ai tué à cause des mots qui ont été dits". "Prendre position, c’est faire preuve d’intelligence". 

 

Un théâtre qui n’est pas forcément immédiat et évident. Un théâtre qui confronte les témoignages sur l’Histoire. Un théâtre de mémoire sur des évènements, qui offre une scène à des réalités, questionne le spectateur et éveille sa conscience. Un type de théâtre qui peut servir de point de départ à des réflexions et à des interrogations, notamment pour les jeunes, en éveillant et stimulant des rapports avec l’actualité et l’information, bon moyen pour creuser les éléments reçus, voire aller en chercher d’autres moins immédiats.

 

L'espace Aragon, c'est par ici : http://www.espace-aragon.net

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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 16:31

malampia_la-jeune-fille-et-la-mort.jpgSpectacle de la compagnie Malampia, vu au Kawa Théâtre (Montpellier) le 2 Décembre 2012 à 17h.

 

D'après la pièce d'Ariel Dorfman (Chili). 

Mise en scène et scénographie : Bernard Cenzi

Direction d’acteurs : Christelle Decuq

Distribution : Sylviane Beaumer (Paulina), Bernard Cenzi (Dr Roberto Miranda), Daniel Gonzalez (Gerardo)

Chorégraphie et danse : Claire Chastaing

Musique : Franz Schubert, Armand Amar et Max Richter

Régie lumière et son : Benjamin Bousquet

 

Genre : théâtre

Public : adultes

Durée : 1h40

Création 2012 

 

vivant-3-toiles-4.jpgNous sommes dans un pays d’amérique latine en pleine transition démocratique. Après une terrible dictature, Gerardo, avocat, est pressenti par le nouveau gouvernement pour présider une commission d’enquête sur les crimes « irréparables », c'est à dire suivis de mort. Un soir, il invite chez lui le Dr Roberto Miranda. Aussitôt, sa femme Paulina pense reconnaître dans la voix du docteur celle d’un de ses tortionnaires qui, 15 ans auparavant, la tortura et la viola au son de « la jeune fille et la mort » de Schubert. Survivante, elle a tout de même subi des dégâts irréparables... Toujours en proie à ses traumatismes, elle essaie d’entraîner Gerardo avec elle pour arracher la vérité au Dr Miranda dans un jugement improvisé. Ce texte puissant est interprété ici dans une mise en scène complexe alliant jeu théâtral, danse, musique et lumières.

 

Sylviane Beaumer campe une femme marquée par ses souffrances. En colère contre l’aveuglement de son mari (ou bien complètement folle) elle séquestre Miranda, le menace de mort et veut obtenir de lui confession et repentir. Bernard Cenzi incarne les revirements tortueux du Dr Miranda, prêt à tout pour se tirer de ce guêpier. Est-il un innocent victimisé comme il le prétend, ou un ancien bourreau essayant d'échapper à la rage de sa victime ? Daniel Gonzalez, le mari, alterne distanciation (dérangeante par moments) et engagement inquiet : participera-t-il à cette commission d'enquête, quitte à abandonner sa femme aux horreurs d'un passé toujours vivant ? Ou risquera-t-il de compromettre l'avenir démocratique en faisant justice lui-même ? Violence, pièges, trahisons et inversions de rôles alimentent ce huis-clos infernal.

 

Le jeu corporel des comédiens accentue la complexité des liens qui se font et se défont entre les personnages, et soutient la force du texte : économie de mouvements avec des périodes d'immobilité en suspens, gestes précis, regards tendus par l'écoute et les émotions... Des émotions que Claire Chastaing, danseuse, incarne tout au long de la pièce : entre les scènes, elle aide le spectateur à intégrer cette tragédie en évoluant magnifiquement sur des thèmes musicaux pathétiques. Pendant  l’action, elle s’insinue entre les acteurs, invisible pour eux. Dansant assez lentement, elle est parfois effondrée et tordue au sol, repliée sur la douleur ou tendue comme dans un cri... ou tout simplement dans l'écoute.

La musique est, selon l'intention de l'auteur, une trame importante du spectacle. « La jeune fille et la mort » de Schubert accompagne le traumatisme de Paulina : la mise en scène en a associé plusieurs extraits à des bruitages. Le choix d'ajouter « Ouverture » d’Armand Amar et « Sarajevo » de Max Richter, souligne la montée du drame puis les pleurs, les cris, le vacarme de la violence avec les béances qu'elle laisse derrière elle. L' éclairage (par Benjamin Bousquet) m'est apparu en véritable acteur de ce drame : obscurité et jeux avec la pénombre, montée en puissance de couleurs chaudes et quelques cadrages violents. Le décor, assez coloré, est  réduit pendant toute la pièce à un divan, une commode, une table mise pour deux et une desserte. Simplifié, il cède la place au jeu théâtral.  

 

Le public, qui a rempli la salle ce jour là, a manifesté son adhésion alors que la dimension tragique de cette pièce tranchait avec le répertoire humoristique habituel du Kawa théâtre. Dommage que l’élocution de certains acteurs ait parfois été gênée, la salle de spectacle n’ayant  pas été assez chauffée. A vrai dire, les spectateurs n'avaient pas très chaud non plus…

 

En conclusion, j’ai été conquise par ce spectacle très complet du point de vue scénique, et qui suscite des émotions profondes. La gravité du texte est respectée, mais sans "plomber" l'atmosphère. En effet, les spectateurs sont pris dans une dynamique : tenus en haleine du début à la fin de la pièce ils sont pris, en outre, dans l'ambiguïté des situations ; ce qui laisse une certaine liberté d'interprétation. On sort de là avec de nombreuses interrogations, toujours loin des évidences : confessions et mémoire, blessures inguérissables et oubli, repentir et pardon, courage et lâcheté, réparation et démocratie, etc. Un spectacle à voir, et qui ouvre des débats susceptibles de passionner des publics très divers.

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14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 14:56

Triptyk-Theatre_anthracite-un-portrait-de-la-joconde.jpgSpectacle du Triptyk Théâtre vu à Saint-Gilles (30) dans le cadre du festival « Complètement Berges ».

 

Public : à partir de 15 ans

 

Avec : Denise BARREIROS

Mise en scène et écriture : Denis LANOY

Scénographie : Stella BIAGGINI, Denis LANOY

Costume : Sarah BAVARIN

Lumières : Philippe CATALANO

 

VIVANT2-toiles-3.jpg

Bienvenue au musée du Louvre et, plus précisément, devant le tableau le plus regardé du musée... mais ici on ne se bouscule pas. Les appareils photos ne crépitent pas, et on va prendre son temps. On va prendre le temps de regarder ce portrait si mystérieux, et prendre le temps de mieux le comprendre. 

Mona Lisa va nous parler pendant une heure et nous raconter l’histoire d’une œuvre et de son maître, des fils qui se tissent entre eux. Ces fils invisibles qui créent le trouble et donne au tableau, peint sur commande, cette surprenante intensité  qui crée l’Oeuvre. L’histoire est contée à partir de carnets d’histoire de l’art et de nombreuses notes laissées par le Maître.

 

La Joconde nous parle de sa relation au peintre, mais aussi de l’époque, des techniques picturales, de l’esthétique.

Il s’agit, au-delà de l’histoire du tableau, de parler au sens large de la question de la création. Le texte est dense, la diction est posée et lente, la performance de la comédienne est évidente. L’attention du spectateur peut parfois se perdre dans les méandres de cette prose poétique, et son esprit peut divaguer, mais Mona Lisa nous rappelle à elle en s’offrant quelques libertés de mouvements. Elle se déplace un peu dans ce tableau en taille réelle, et les jeux de lumière qui éclairent plus ou moins le paysage du fond, les plis de la robe et le visage, rendent le tableau un peu vivant. La comédienne ne ressemble pas à Mona Lisa mais, par moments, on perçoit un mimétisme frappant entre les deux femmes. Et nous la regardons pendant une heure... elle qui n’a jamais pu voir son image peinte parce que Léonard de Vinci craignait qu’après l’avoir vu, elle ne soit plus naïve et fasse en sorte d’influencer le peintre.

 

Un aperçu du spectacle : http://www.youtube.com/watch?v=Z9tiVN5b_yU

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27 septembre 2012 4 27 /09 /septembre /2012 08:34

desuete_plus-rien-ne-bouge.jpgSpectacle de la compagnie Désuète, vu lors de l'édition 2012 du festival d'Aurillac.

 

Interprétation : Aurélie Galibourg

Mise en scène : Aurélie Galibourg et Emily Barbelin

 

Genre : danse macabre

Public : adulte

Durée : 30 minutes

 

 

vivant-3-toiles-4.jpgC’est dans une impasse sombre, sous un ciel noir et menaçant (comme souvent a Aurillac) que nous avons eu l’occasion de découvrir cette pièce de danse-marionnette. Cependant, nous nous sommes rapidement aperçus que ces conditions étaient idéales pour s’immerger pleinement dans l'univers du spectacle.

 

Ce qui nous est présenté ici est, en fait, une histoire d’amour aussi tendre que macabre, dans un univers pesant où la parole n’est pas nécessaire pour faire passer les émotions et où les mouvements du corps prennent toute leur place. Le spectacle met en scène deux personnages. L’un est vivant (Aurélie Galibourg), l’autre est un squelette emmené par l’actrice. La gestuelle et la danse des deux personnages rythment le spectacle qui se situe constamment à la frontière entre la vie et la mort, l’amour et le deuil. La veuve refuse en fait d’accepter la mort de son amour, et tente de le ramener à la vie en rendant mobile cette dépouille. Elle parviendra à la faire revivre dans son esprit, et à la faire bouger si précisément qu’elle paraîtra vivante même à nous, spectateurs de cette étrange danse, tantôt aux rythmes rock, tantôt aux rythmes tango. La sensualité et la tendresse qu’éprouve notre veuve pour cet amant perdu traverse tout le spectacle. Pour le spectateur, le squelette est parfois fascinant, souvent repoussant mais, pour notre danseuse, il est surtout érotique... en témoignent les étreintes amoureuses particulièrement réalistes. Comme toutes les bonnes choses ont une fin (et les spectacles aussi !), la veuve devra finalement accepter la mort de son amour, et perdra la capacité de le faire bouger. C’est donc finalement avec un squelette complètement désarticulé et incontrôlable que se termine la pièce.

 

Un spectacle fascinant, annoncé à partir de 7ans mais qui est, selon nous, plutôt réservé à un public adulte et avertit. Souhaitons-lui (leurs ?) de trouver ce public qui n’est pas forcément en majorité sur les différents festivals.

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26 juillet 2012 4 26 /07 /juillet /2012 13:20

freres-brothers_nous-iront-tous-a-capella.jpgSpectacle des Frères Brothers, vu au théatre Monte Charge (tous les jours à 12h10) lors du festival Off d'Avignon 2012. 

 

Interprète(s) : Jean-Christophe Charnay, Vincent Charnay, Frédéric Charles, Bertrand Antigny 
Création son : Frédéric Foulquier
Création lumière : Cédric Queau

 

durée : 1h10

Public : adulte et ados

 

VIVANT2-toiles-3.jpgAprès le succès du spectacle "J'suis bien", ces formidables artistes ont créé de nouvelles chansons qu'ils nous présentent dans ce spectacle capellistico-humoristique.

 

Ces  passionnés du travail vocal originaires de la région bordelaise sont aussi d'excellents comédiens et humoristes, désireux de partager leur humour avec le public. Ils interprètent leur spectacle avec toujours le même talent et le même professionnalisme, et nous embarquent pour un cocktail détonnant de très belles voix, d'humour et de textes toujours d'actualité (comme cette chanson sur le GPS et les fous du tuning).

 

On applaudit généreusement ces dignes représentants de la chanson humoristique, déjà consacrés par de nombreuses scènes. Bravo et merci pour le bonheur qu'ils déclenchent dès le premier morceau. Les spectateurs sont tout de suite conquis et ne voient pas le temps passer, c'est si bien fait ! 

 

Un "spectacle détente" au travail musical créatif, théâtral et léger mais d'une très grande qualité !

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24 juillet 2012 2 24 /07 /juillet /2012 09:50

Spectacle de la compagnie Dynamythe, vu au théâtre de l'Esperluette lors du festival Off d'Avignon 2012. Conçu à partir des textes d'Aristophane, de Louise Labé, de Shakespeare, d'Hugo et à partir de textes originaux.

 

Interprète(s) : Sandra Leclercq
Lumières : Félix Bataillou
Mise en scène : Cyril Boccara, Sandra Leclercq
Asst. artistique : Baptiste Mongis
Costumes : Anaïs Altot  

 

Durée : 1h15

Public adulte

 

VIVANT-3-COEURS-5.jpg"Libérez les mâles" MLFM. Vous les avez surement croisés si vous êtes passés par Avignon... ils sont remarquables, et pas seulement pour leurs T-shirts !!

 

Au théatre, là, j'ai eu le bonheur d'entrer dans un univers vraiment atypique. Nous sommes en 3012, depuis 1000 ans les femmes dominent l'humanité. "Vous êtes en Mammocratie"... et si le mâle était l'égal de la femme ? Et si les femmes n'avaient pas toujours dominé les hommes ? Pour faire plus simple et résumer, nous dirions : Où en est-on aujourd'hui de la place de l'homme et de la femme ? Dès notre arrivée, nous sommes accueillis par groupe et par sexe, puis conduits vers une exposition dans la rue voisine où nous pénétrons dans un sas... mais je ne vais pas tout vous dévoiler, ce serait dommage !

  

Chapeau bas pour la mise en scène et pour toute cette jeune équipe très prometteuse : acceuil des spectateurs, animation, son, graphisme et costumes... La comédienne Sandra Leclercq excelle en jeune chercheuse dynamique et très résistante, déclamant d'un bout à l'autre du spectacle Aristophane aussi bien qu'Hugo, et passant talentueusement d'un univers temporel à l'autre... félicitations. Elle mène son public, l'interpelle, l'interroge, l'invite à s'exprimer.

 

Un spectacle décoiffant, hors normes ! C'est frais, jeune, créatif et insolite... ça désaltère ! Le spectateur est manipulé, interpellé, et part pour un original voyage dans le temps. Bravo à tous !

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