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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
Vous y trouverez l'ensemble des commentaires de nos correspondants sur les spectacles qui ont été vus. Ce service est en ligne en accès libre depuis février 2007.
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Découvrez sur le site www.vivantmag.fr, le catalogue des spectacles repérés... et l'ensemble des services de l'Association d'Aide à la Diffusion Interrégionale du Spectacle Vivant, l'AdAdiff.
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Mode d'emploi...

Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

22 septembre 2019 7 22 /09 /septembre /2019 21:36
Filipe Ferreira

Filipe Ferreira

Un spectacle produit par le TG Stan (Belgique) et le Teatro Nacional D. Maria II (Portugal) et vu le 20 septembre 2019 au Théâtre de la Bastille (Paris XI°)

Texte : Tiago Rodrigues librement inspiré de Tolstoï

Mise en scène : Tiago Rodrigues et le TG Stan

Comédiens : Isabel Abreu, Pedro Gil, Jolente de Keersmaeker, Franck Vercruyssen

Genre : théâtre  

Public : adulte

Durée : 1H40

Je fréquente le Théâtre de la Bastille depuis des lustres. C’est le fief parisien du TG Stan dont je suis le travail depuis non moins longtemps. Tiago Rodrigues que j’ai découvert l’an passé avec un mémorable « Bovary » y a également élu domicile. C’est la première fois que je chronique au théâtre de la Bastille. Et quelle première fois puisque the « way she dies » réunit tout ce beau monde !

« The way she dies » est la triple mise en abyme d’Anna Karénine. Autrement dit, « The way she dies » raconte la façon dont le livre de Tolstoï s’immisce comme élément perturbateur de deux couples : un couple néerlandais d’aujourd’hui ; un couple portugais des années 60 dont la femme, sous l’emprise même de l’héroïne, est la mère du monsieur du premier couple. Exposé ainsi, voilà qui paraît fort compliqué. Or c’est précisément là que réside tout l’art de Tiago Rodrigues et du TG Stan conjugués.

En quatre actes rythmés par des airs de jazz et dans un perpétuel va-et-vient entre le livre et la réalité de deux couples,  entre le présent et le passé, on assiste en français, néerlandais et portugais, à la quête de l’amour comme quête de l’Absolu. Une véritable autopsie du sentiment amoureux dans un naturel confondant !

Car Tiago Rodriguès et le TG Stan ont ceci en commun de mettre le jeu de l’acteur au centre du spectacle. Et quels acteurs ! Le décor est très épuré. En hauteur, une vague verrière avec 4 lampadaires suggère la gare de toutes les rencontres et du drame final ; à cour et en fond de scène, une sorte de cuisine pour évoquer cette normalité que fuit notre (nos) héroïne(s) et qui, théâtralement, comme de coutume au TG Stan, fait office de loge pour les changements à vue ; à jardin, une drôle de machine en bois qui crachera en une sublime image la neige de l’âme slave.

C’est l’autre marque de fabrique des deux structures : malgré le drame, l’humour est omniprésent. Par exemple, la scène où la femme du couple néerlandais susurre à l’oreille de son amant sa théorie…..  sur l’oreille comme  révélatrice du sentiment amoureux est à mourir de rire.

« The way she dies » est un spectacle d’une grande complexité narrative et pourtant d’une grande simplicité. Les voix qui s’égrènent de par les âges, les expériences, les points de vue de chacun des protagonistes se réunissent à la fin pour raconter d’une seule voix, mais en chant choral, « The way she dies ». A ne pas manquer.

 

 

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15 septembre 2019 7 15 /09 /septembre /2019 21:22
La fin de l'homme rouge
La fin de l'homme rouge

Un spectacle produit par la Criée, Théâtre National de Marseille(13) et vu le 14 septembre 2019 au Théâtre des Bouffes du Nord (Paris X°)

Texte : d’après Svletania Alexievich

Mise en scène et adaptation : Emmanuel Mérieu

Comédiens et musiciens : Stéphane Balmino, Evelyne Didi, Xavier Gallais, Anouk Grinberg, Jérôme Kircher, Maud Wyler, André Wilms et la voix de Catherine Hiegel

Genre : théâtre  

Public : adulte

Durée : 1H50

Je ne suis pas férue d’adaptation. Mais d’emblée, il m’a semblé que « La fin de l’homme rouge » de Svletana Alexievitch pouvait fort bien s’y prêter. C’est donc plein d’attentes que je suis allée aux Bouffes du Nord pour inaugurer une saison théâtrale prometteuse.

Prix Nobel de littérature en 2015, Svletana Alexievitch a parcouru l’ex-empire soviétique et enregistré des centaines de témoignages pour faire entendre la voix des témoins brisés de l’époque soviétique, voix de ceux qui ont cru qu’un jour « ceux qui ne sont rien deviendraient tout » et sont aujourd’hui, dans le capitalisme sauvagement triomphant, orphelins d’une utopie.

Les voix surgissent d’un champ de ruine. En avant-scène, des lattes de bois et une carcasse de voiture sont ensevelies sous des monceaux de sable. Sur la scène de béton brut jonchent un fatras indéfini et un micro. Fenêtres sales et taguées à jardin, allemande brun-kaki au mur décrépi et qui fera office d’écran de projection complètent l’ensemble. Mais à part l’allemande et le micro, le décor est totalement accessoire et surligne, à mon sens, inutilement, les témoignages.

Six témoignages ont été sélectionnés dont un est extrait, sauf erreur de ma part, d’un autre ouvrage de Svletana Alexievitch, « la Supplication, Tchernobyl, chronique du monde après l’apocalypse ». Les comédiens montent tour à tour sur scène, souvent depuis la salle, se campent devant le micro et entonnent leur récit. Impossible de rester indifférent devant ces tranches de vie élevées dans la foi « du sacrifice héroïque » et qui ont du apprendre  ce qu’était « l’homme qu’on extrait de l’homme jusqu’à la dernière goutte ». Les récits sont en eux-mêmes, comme dans le livre, insoutenables. L’intensité émotionnelle de trois comédiens –Anouk Grinberg, Jérôme Kircher et Xavier Gallais- nous fait appréhender l’indicible. La prestation de ces deux derniers est magnifiée par leur visage projeté en gros plan tandis qu’ils racontent. Les trois autres récits demandent encore à être rodés au risque de laisser la musique d’arrière-fond devenir franchement envahissante : les petits problèmes techniques qui ont retardé la représentation de vingt minutes sont peut-être à l’origine de maints accrocs et d’une moindre incarnation.

Il fallait relever le défi de sélectionner six témoignages parmi les centaines qui composent le livre de Svletana Alexievitch pour les porter sur scène. Le pari est si encourageant que j’aimerais volontiers en entendre d’autres.

 

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27 juillet 2019 6 27 /07 /juillet /2019 16:13
Programme OFF 2019

Programme OFF 2019

Je vole... et le reste je le dirai aux ombres

Photo : Stéphane Sayeb

Spectacle du f.o.u.i.c (75), vu le 21 Juillet à 10h au théâtre des Gémeaux dans le cadre d’Avignon OFF 2019. Du 5 au 28 Juillet 2019 (Relâche le 10, 17 et 24 juillet)

Texte : Jean-Christophe Dollé
Mise-en-scène : Clotilde Morgiève et Jean-Christophe Dollé assistés de Leïla Moguez
Interprétation : Jean-Christophe Dollé, Julien Derivaz, Clotilde Morgiève et les voix de Félicien Juttner et Nina Cauchard
Genre : Drame
Tout public à partir de 12 ans
Durée : 1h25


       Je vole... et le reste je le dirai aux ombres. Le titre est sombre et l'affiche angoissante. Sur scène, une cabine téléphonique poussiéreuse devant une sorte d'aquarium à taille humaine. Autant d'indices pour un spectacle oppressant, un peu lourd peut-être pour entamer la journée. Détrompez-vous, cette pièce est loin d'être un inerte mur des lamentations !
     Du mouvement dans les corps et du rythme dans les voix pour faire du plateau l'espace des possibles de la mémoire. Des personnages rejouent des scènes de la vie de Richard D. pour tenter de comprendre. Qui est Richard D. ? Qu'a-t'il fait ? Pourquoi avoir agi ainsi ? À quel endroit le mal naît-il ? Comment l'appréhender, l'approcher, le comprendre ? Peut-on le combattre en soi ? Nous croisons le chemin de sa mère, de son professeur de théâtre, d'un inconnu rencontré sur un banc, un jeune du lycée où il est surveillant... Trois personnages reconstituent ces souvenirs dans une affolante course contre la montre, car tout ne dure qu'un instant. L'urgence est latente : nous n'avons droit qu'à une seule seconde de vol et à 1h25 ensemble dans la salle pour tenter de répondre à ces questions.
       L'esthétique présentée est singulière. Ici, les effets spéciaux sont mis au service de la présence en creux de Richard D., sans spectacularisation. Présent uniquement par sa voix, on le voit envoyer valser des objets en l'air lors de ses crises névralgiques. Le temps se suspend, le visage se déforme, les sons s'allongent et s'aggravent... Ce travail est onirique, il est fait de la matière du rêve et du cauchemar. Les images se confondent entre elles et les espoirs doivent jouer des coudes pour se faire une place dans le public.
        Il faut évoquer l'excellence du jeu de Clotilde Morgiève, co-metteuse en scène du spectacle, dont les variations de jeu sont éminemment crédibles. Julien Derivaz et Jean-Christophe Dollé sont eux aussi de très bons comédiens, qui construisent leurs personnages avec vigueur et précision sans caricature. Ce réalisme psychologique nous aide à faire un vrai pas vers Richard D. pour tolérer l'idée - si terrifiante soit-elle - que ce meurtrier n'a d'extraordinaire que son désir absolu de bien.
      Un spectacle moral et esthétique qui bouleverse sans désespérer, à voir absolument !

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26 juillet 2019 5 26 /07 /juillet /2019 15:40
L'augmentation
L'augmentation

Spectacle de « Compagnie des Perspectives » (33) vu le 23 juillet 2019 à 17h30 à La Factory Tomasidans le cadre du festival Off d’Avignon, du 05 au 28 juillet 2019.

Auteur : Georges Perec

Mise en scène : Bruno Dairou

Avec : Antoine Laudet, Antoine Robinet

Genre : Théâtre
Public : Tout public

Durée : 1 h 

Il s'agit d'un mode d'emploi très détaillé sur la manière de demander une augmentation à son chef de service. Tous les cas de figure sont évoqués et ré-évoqués pour que rien ne soit laissé au hasard.

Deux personnages dans une tenue de bureau s'adressent à nous. Ils envisagent toutes les possibilités et les différentes situations qui se présentent à l'employé de bureau, s'il tente l'aventure semble-t-il, de rencontrer son chef de service pour lui demander une augmentation. L'effet comique sans cesse renouvelé repose sur la répétition. Mais nous avançons tout de même sur ce chemin semé d'obstacles, de voies sans issue, de rencontres avortées. Petit à petit sous nous rapprochons de la porte du bureau du chef de service. Deux possibilités se présentent à chaque étape. Il est là ou il n'est pas là, il reçoit l'employé ou il ne le reçoit pas,  il accède à sa demande ou il n'y accède pas. Dans ce dernier cas, il faut recommencer plus tard. Et puis il y a les solutions d'attente telle celle qu'offre la possibilité d'attendre dans le bureau d'à côté… ou pas, d'y être reçu… ou pas, de passer par tous les bureaux de l'entreprise. Nous nous laissons porter par le flux de paroles avec lequel les personnages nous font arpenter les couloirs de l'entreprise d'un bureau à l'autre, puis retour à la case départ sans toucher l'augmentation. Le parcours du combattant nous semble bien peu de choses en comparaison. Je pense à "Exercices de style" de Raymond Queneau. Dans cette pièce,l'auteur conte et rabâche toujours la même histoire mais de multiples manières différentes. Dans "l'augmentation", l'histoire ne se termine jamais car la requête n'aboutit pas. La performance des acteurs est à couper le souffle. Ils jonglent avec les mots, à vive allure, et semblent parler d'une même voix à l'égal de deux jongleurs qui se passent les massues.

De deux choses l'une : soit vous allez voir le spectacle, soit vous n'y allez pas. Si vous allez voir le spectacle, de deux choses l'une : soit il y a de la place, soit il n'y en a pas. S'il n'y en a pas, soit vous abandonnez, soit vous persistez… et vous aurez raison.

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22 juillet 2019 1 22 /07 /juillet /2019 22:41
MOMS !
MOMS !

Spectacle de « Compagnie Le Théâtre du Passeur » (33) vu le 22 juillet à 12h00 au Théâtre des Lucioles dans le cadre d’Avignon Off 2019. Du 05 au 28 juillet 2019.

 

Texte : L. Carson, J. Daum, A. Kelly, R. Nichols, B. Pollard, D. Williams

Mise en scène : Armand Eloi, David Eguren

Comédiens : Armand Eloi, David Eguren

Genre : Théâtre
Public : Tout public à partir de 10/15 ans

Durée : 1H25

 

C’est un spectacle sur des histoires de femmes, de mères. La vie pendant et après avoir donné… la vie. Il y a bien un « avant », et un « après ». On vit sa jeunesse à 100 à l’heure, on rit, on joue, et puis un jour « patatras », c’est l’amour, le vrai, celui qui laisse des traces, qui fait d’une gamine/ado, un être tellement différent.

Le décor est inexistant, sauf six bandes de tissus pendantes en fond de scène. Une femme accouche à grands cris, onomatopées, et gesticulations. C’est pour de faux, mais très réaliste. Après avoir vu un spectacle sur l’utérus, me voici devant cinq femmes qui évoquent de manière très vivante les joies et déboires de la naissance, puis de la vie de maman. On retiendra surtout les aspects plutôt contraignants, plus que la joie permanente d’être à l’origine de ces petites vies tellement dépendantes de la maman. L’illustration est complète, de la grossesse aux premiers pas de l’enfant. Pour un homme, c’est bien le moment de vraiment prendre conscience de la vie de sa compagne, dont nous ne sommes habituellement qu’observateurs. Pour les jeunes filles, ce sera un enseignement riche qu’elles n’oublieront sûrement pas. Quant aux femmes qui ont vécu cette période, elles en rient aujourd’hui dans cette salle de spectacle, à la fois grâce au jeu très habile des actrices, mais je sens qu’elles rient également de leurs propres souvenirs, tellement semblables à ce qui se passe en ce moment sur scène. Toutes les étapes de la vie de maman sont représentées avec humour, mais aussi avec une certaine distanciation dans la mise en scène et le jeu d’acteur, sans toutefois omettre les détails qui donnent la touche de réalisme, de vécu. Ce qui ressort de cette « épopée », de cette aventure digne de celles d’Indiana Jones, version domestique, c’est une force immense déployée par des êtres d’apparence si frêles. La force de la volonté, de la responsabilité, de toute l’énergie déployée pour parfois simplement faire avaler une cuillérée pour maman, puis une autre pour papa, puis encore une autre (si ça passe).

Ce qu’on appelle la maison, ce n’est pas seulement celle qui nous protège des intempéries. Venez voir la vraie maison, celle d’où la vie s’envole, l’origine du monde, lovée au fond d’un tendre abdomen. Si vous pensiez tout savoir sur la vie familiale, vous en apprendrez dix fois plus, dans une ambiance dynamique, quelques chansons, cinq fées qui virevoltent et transforment par magie, un quotidien tellement ordinaire, en grands évènements tellement ordinaires.

 

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20 juillet 2019 6 20 /07 /juillet /2019 22:29
Sun 7 Café
Sun 7 Café

Spectacle de la compagnie ZAD (69) vu le 18 juillet à 21h25 à L’Adresse dans le cadre d’Avignon OFF 2019. Du 9 au 28 juillet.

 

 

Auteur et mise en scène : David Conrad

Comédiens : Enji Julien, Thibault Deloche, Rodolphe Paulet, Aurélien Serre

Genre : Théâtre
Public : Tout public à partir de 12 ans
Durée : 1H30

 

 

Sur le plateau, pendant que le public s’installe, un homme attend dans un décor de bar un peu miteux, en regardant avec intérêt un match de boxe. C’est Eddy, le gars de la sécurité, un peu taciturne notamment avec Tom, le DJ embauché depuis peu.

 

On comprends petit à petit qu’on est dans un bar en situation financière plus que catastrophique, tenu par Marie, et dont les histoires parallèles restent bien mystérieuses : un psychotique à endormir les bœufs découvert sous le comptoir, un pistolet caché sous le bar, un ancien videur disparu, probablement butté, et qui avait descendu un autre videur qui ne voulait pas le laisser rentrer dans un autre bar, les « beaux draps » (les clients friqués) tant attendus et fantasmés, et enfin l’un des gars, Bébert, probablement indic. Bref, ça n’arrête pas de dérouler un fil narratif auquel on a du mal à s’attacher.

C’est du théâtre réaliste et certaines scènes sont très touchantes et basculent dans le drame social quand Eddy fait état de son enfance et de ses souvenirs où se mêlent un père violent, un environnement difficile et un parcours semé d’embûches.

Chaque personnage est très marqué. Normal, ce sont des archétypes de la condition humaine. Malheureusement, la simplicité de l’histoire qui se perd pourtant dans moult détails inexpliqués (qui a fait les petits fours?) et l’inégalité de jeu des comédiens font qu’il m’a été difficile de croire à ce que l’on me racontait et d'avoir beaucoup de compassion pour ces personnages présentés pourtant avec beaucoup d'humanité.

 

C’est une création et je suis certain que certains réajustements pourront être faits pour donner à ce spectacle toute la force qu’il mérite.

 

 

 

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17 juillet 2019 3 17 /07 /juillet /2019 09:53
Tête de cerf
Tête de cerf

Spectacle de la «Compagnie Katapult» (44) vu le 15 juillet 2019 à 15h30 à Théâtre du Centre dans le cadre du festival d’Avignon OFF 2019. Du 05 au 28 juillet 2019.

 

Auteur : Virginie Janelas

Mise en scène : Virginie Janelas

Avec : Julia Cela, Garance Félix, Virginie Portier

Genre : Théâtre
Public : Public ado/adulte

Durée : 1H10

 

 

Comment évoquer et illustrer par le jeu théâtral, ce qu'on ne voit pas, ce dont on ne parle pas sinon comme un secret (de Polichinelle) ? L'origine du monde, passage obligatoire pour l'homo sapiens de base, mais pas seulement, est entourée d'une aura de mystères, de joies et de souffrances.

 

 

Trois jeunes femmes sur scène, accompagnées d’un tableau noir mobile et d'une bassine d'eau. « Tête de cerf » ; non, nous ne sommes pas perdus dans une forêt profonde peuplée de ces cervidés ruminant quelques jeunes pousses. Mais ce qu'ils ont sur la tête ressemble bien à un organe caché au cœur d'un ventre où l'on cultive une espèce qui nous est familière. Donc, si j'ai bien compris, la femme fait partie de l'espèce sapiens, genre homo, famille hominidés. Et l'homme ? C'est pareil… mais c'est différent. Il est juste à côté. La compagnie Katapult a créé ce spectacle à partir d'expériences de femmes. Les trois jeunes suisses jouent tour à tour le vécu des femmes aux différentes étapes de la manifestation de cet organe à tête de cerf. On en apprend beaucoup, à la fois d'un point de vue du fonctionnement de l'organisme, que des ressentis et conséquences pour celle qui porte en elle l'avenir de l'espèce humaine. Tout est présenté avec une certaine distanciation, de l'humour, mais aussi un profond réalisme. Elles réussissent à nous faire connaître ou reconnaître les hauts et les bas, les joies et les douleurs de la vie de femme. La vie est rythmée par cet organe qui a ses règles et ses exigences. Je comprends bien que si c'est une force, c'est aussi une faiblesse, une responsabilité. La force est celle d'avoir le pouvoir de donner la vie, la faiblesse se vérifie chaque mois et la responsabilité relève de la survie de l'espèce humaine. C'est tout une Histoire (avec un h majuscule) qui m'éclate à la figure à travers les mots de l'auteur autant que par le jeu délicat mais bien posé des actrices. Une histoire qui dure depuis la nuit des temps et ne doit pas s'arrêter. On en sort ébranlé, satisfait d'avoir un instant vécu ce qui est toujours si caché et restera inconnu pour un homme.

 

Venez vivre ou revivre, un instant, les fondements de la nature féminine. Les hommes en apprennent autant que les femmes qui peuvent y trouver un exutoire et les jeunes adolescentes, un apprentissage sur leur vie future.

 

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13 juillet 2019 6 13 /07 /juillet /2019 10:03
Programme off 2019

Programme off 2019

Restons Poly (création 2019)

Spectacle de laCie de la Griotte (69) vu le 9 juillet à 16H45 au Collège de la Salle dans le cadre du Avignon Off 2019. Du 5 au 14 juillet.

 

 

Auteur : Bruno Chapelle et Camille Saféris

Comédiens : Pascale Michaud, Marie-Aline Thomassin, Bruno Chapelle, Camille Saféris,

Genre : théâtre (vaudeville moderne)

Public : tout public à partir de 12 ans

Durée : 1 h 20

 

 

Inspirée par le retour en force de la mode du polyamour, mouvement né dans les années 1920 en révolte contre « l’amour bourgeois » et en faveur de la liberté individuelle de chacun au sein du couple, sans notion de tromperie, Clotilde propose à son mari Jean Daniel de s’adonner à cette nouvelle pratique, qu’elle vient de découvrir  dans un article de Grazia.  

Elle ignore évidemment que son époux la trompe allègrement avec toutes les auteures que sa maison d’édition publie… !

Mais Tristan, leur secrétaire majordome, pense qu’il s’agit là d’un stratagème de Clotilde pour divorcer aux torts de son époux, afin d’hériter seule de sa vieille tante. S’ensuivent quiproquos et chassés croisés dans la plus pure tradition du théâtre de boulevard.

Quelques longueurs m’ont semblé nuire à la fluidité. J’attendais un rythme plus « enlevé » pour un tel spectacle… Mais il s’agit d’une création et les acteurs cherchent encore leurs marques. Laissons donc le temps de la maturation !

Quant au décor, les auteurs ont précisé que le dispositif était allégé compte tenu des contraintes d’Avignon. Pour ma part j’ai trouvé le décor tout à fait suffisant, mais il est vrai que le boulevard s’accompagne bien souvent de décors conséquents !

 

Dans l’ensemble, on passe un bon moment de détente et c’est au fond ce que l’on vient chercher dans un tel spectacle.

Cependant je recommanderais aux parents de ne pas emmener leurs jeunes enfants. Cette thématique ne semble pas propre à les intéresser, et quelques scènes évocatrices pourraient être difficiles à expliquer… Inutile de les initier trop tôt au polyamour !  Une fillette de 4 ou 5 ans se trouvait pourtant dans l’assistance…

 

 

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11 juillet 2019 4 11 /07 /juillet /2019 16:53
J'aurais Tellement Aimé

 

Spectacle produit par «Filomène et compagnie» (34 Hérault) vu le 8 juillet 2019 à 19h10 au Théâtre des Barriques dans le cadre du festival Off d’Avignon, du 05 au 28 juillet 2019. Relâche 9-16-23 juillet.

 

Texte : May Laporte

Mise en scène : May Laporte

Comédiens : Emilie Chevrier

Genre : Théâtre
Public : Tout public à partir de 8 ans

Durée : 1 H

 

 

Pour commencer, tout est noir, et le restera un bon moment. Les spectateurs entrent dans le noir et trouvent leur place à tâtons. Un moment suspendu, dans le silence et le noir... Une porte grince et on entend un personnage qui entre, en passant par la salle et demandant son chemin aux spectateurs assis.

 

 

Voilà pour  l'entrée en matière. Puis la lumière fut. Et l'on découvre Juliette, 32 ans, bibliothécaire, définitivement célibataire car n'ayant pas trouvé le prince charmant ; alors à quoi bon...Amoureuse des livres, elle ne les lit pas, elle ne les goûte pas, elle les dévore. Mais qui est-elle ?

Le décor est simple mais traduit bien son environnement de rayons, de livres, de mystères et d'aventures. En fait de livres, il n'y en a qu'un seul d'important... C'est le sien. Arrivé à la bibliothèque en même temps qu'elle, il n'attend que d'être lu. Pour son malheur, ou son bonheur. Elle doit accepter la réalité qui n'en n'est d'ailleurs pas une, sauf à la créer elle-même.

A ce moment, je pense à Atreyu, le héros de « L'histoire sans fin », et plus particulièrement au moment où il s'aperçoit que la fin du livre dépend de lui. « J’aurais tellement aimé » m’évoque aussi la pièce de Pirandello « Six personnages en quête d'auteur » et ses personnages qui errent à la recherche d'un théâtre pour jouer éternellement leur vie. Juliette, quant à elle, adore certes les livres, mais elle rêve surtout de les écrire. Cela tombe bien car c'est bien de cela dont il s’agit. De simple personnage, elle devient auteur de sa propre vie.

L'interprétation très vivante et passionnée du personnage de Juliette par l'actrice nous fait vivre son angoisse, puis ses doutes et enfin son espoir comme si nous-mêmes étions confrontés au même mystère. Elle nous renvoie notre image, figée par un auteur que nous ne connaissons pas, avec le sentiment qu'il ne tient qu'à nous de devenir enfin auteur de notre vie.

 

Pour la forme du spectacle J'ai vécu une agréable ascension vers le mystère, suivie d'une révélation inattendue, puis d'une fin pleine de détermination et d'espoir.

Gilbert CORDIER

 

 

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9 juillet 2019 2 09 /07 /juillet /2019 17:08
Cabaret Burlesque
Cabaret Burlesque

Un spectacle de la Compagnie du Burlesque Klub (75 Paris) vu le 8 juillet à 21H55  au Rouge Gorge dans le cadre du Festival Off d'Avignon 2019, du 5 au 28 juillet

 

Mise en scène : Valentina del Pearls

Comédiens : Rosabelle Selavy, Séléné du Styx, Soa de Muse, Sucre d'Orge, Valentina del Pearls, Wanda de Lullabies

Stage-Kitten : Farah Paupiette

Durée : 1h15

Genre : Spectacle musical
Public : À partir de 13 ans

 

Si vous ne comprenez pas le terme "effeuillage" et ses sous-entendus, vous allez probablement être surpris ; c'est ce qui nous est arrivé. Nous sommes donc allées voir ce spectacle en toute innocence mais avec une grande curiosité. Nous avons eu la surprise de découvrir un spectacle de strip-tease (nous avions contacté le théâtre pour nous informer de la teneur de la pièce mais nous n'avons reçu que des réponses évasives).

 

Ainsi a commencé notre aventure avec le Cabaret Burlesque. Le fil conducteur du show était l'histoire d'une fusée et des créatures étranges qu'elle rencontre au fil de ses péripéties dans un univers inspiré des récits de Jules Verne ; nous avons donc pu faire la rencontre de sirènes, de monstres aquatiques et autres déesses intergalactiques intervenant graduellement dans l'atypique. Plus l'adrénaline et l’originalité augmentaient, plus le public manifestait son enthousiasme. Parfois, les numéros pouvaient même se rapprocher de numéro de danse intense (notamment celui du seul artiste masculin de la pièce qui nous a assez impressionnées).

Vêtus de costumes extravagants et pleins de paillettes, les artistes étaient sublimés par des jeux de lumière synchrones à la musique. Les fumées nous laissaient percevoir une ambiance mystérieuse. Cette atmosphère nous a plongées dans des émotions variées, de la peur à la surprise en passant par le ravissement. 

 

Néanmoins nous avons constaté trop de similitudes entre certaines chorégraphies. Par ailleurs, certains mouvements au sol sont peu visibles depuis les rangs du public. Enfin, contrairement aux recommandations de l’équipe, il est évident pour nous que l'âge minimum requis pour voir ce spectacle est celui de la majorité sexuelle. 

 

Pour conclure, ce spectacle fut pour nous divertissant mais le format nous a surpris. Avis aux curieux !

 

 

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