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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
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On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

9 juillet 2019 2 09 /07 /juillet /2019 08:45
Demain la nuit

 

Spectacle de « la compagnie du petit matin » (31) vu le 06 juillet 2019 à 16h30 à l’Albatros Théâtre (Avignon) dans le cadre du festival Off d’Avignon, du 05 au 28 juillet 2019 à 16h30. (jours pairs - relâche les 10 et 24 juillet)

 

 

Texte : Matei Visniec

Mise en scène : Bruno Abadie

Comédien : Bruno Abadie

Création lumière : Antoine Dermaut

Création musicale : Rébeca Feron

Genre : Seul en scène -Théâtre
Public : Tout public à partir de 14 ans
Durée : 60 mn

 

 

C’est mon premier spectacle du Off 2019 et j’ai été attiré par la belle affiche du spectacle (Marc Etiève) et par l’auteur dont j’ai vu plusieurs pièces avec un plaisir que je laisse souvent infuser.

 

 

Dans le noir complet, une voix nous parle. L’homme qui se dessine devant nous veut nous raconter les dernières années de sa vie. Une vie bien étrange.

La lumière, magistrale, est faite de petites touches très réussies, donnant un côté très impressionniste à la mise en scène. Le personnage se souvient : il était réparateur de machines pour enterrer les morts à la chaîne, les ramasseuses-enterreuses, des soldats morts au front. Quel front ? Peu importe finalement, il y en a tant ! Puis vient la rencontre avec un cheval blanc, collé à lui comme une ombre, et que je vois en symbole de liberté. Un autre tableau le montre seul dans une ville désertée par tous, le laissant seul face à une solitude existentielle. Il nous parle alors du temps où il recueillait les derniers mots des morts, restés coincés dans leur gorge sans avoir pu s’exprimer. L’ambiance tant visuelle que musicale, le regard et la présence scénique du comédien sont remarquables et portent parfaitement le propos.

Tirés de plusieurs textes extraits du recueil « l’Homme poubelle » de Matei Visniec, Bruno Abadie incarne avec brio un nouveau personnage composite et inédit et nous interroge, à travers cette écriture absurde et surréaliste propre à l’auteur, sur les questions de liberté, de résignation et d’adaptabilité notamment. Mais la liste pourrait être longue puisqu’elle peut englober tous les questionnements autour de la vie et du vivre ensemble. Viesniec a écrit ces textes afin qu’ils puissent être joués et assemblés au bon vouloir de chacun. Je trouve la démarche généreuse et extraordinaire. Bravo Monsieur Viesniec !

 

 

C’est le second spectacle de la compagnie autour du même recueil (cf Le silence du miroir) et Bruno Abadie, dont on sent l’amour du théâtre et du spectacle - et de l’auteur -  a su m’emmener dans cet univers si étrange et particulier de l’un des auteurs vivants les plus joué dans le festival. Merci !

A découvrir

 

 

 

 

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8 juillet 2019 1 08 /07 /juillet /2019 14:08
Être là
Être là

Spectacle de la Compagnie A Vrai dire (60) vu le 5 juillet 2019 à 16H30 au Théâtre Présence Pasteur (Avignon) pour le Off d’Avignon, du 5 au 28 juillet. Relâches les 9,16 et 23.

 

Texte : Vincent Ecrepont.

Mise en scène : Vincent Ecrepont.

Comédiens: Céline Bellanger-Véronic Joly et Sylvain Savard

Genre : Théâtre adulte

Public : Tout public à partir de 16 ans.

Durée : 1H 20

 

Ce titre m’a interpellée parmi la multitude des affiches qui égaient les murs d’Avignon en ce moment. Une affiche en noir et blanc qui aurait pu passer inaperçue parmi les fresques multicolores : 2 mots « Etre là » et le regard d’un vieil homme qui me fixait et qui m’invitait à y aller.

 

Alors, j’ai « été là » ! J’y ai découvert « la » famille, ses tourments, ses questionnements, ses doutes et ses « reculades »perpétuelles. Parce qu’on ne sait pas y dire les choses essentielles dans la famille. J’ai assisté à du théâtre dans ce qu’il a de tellement vivant surtout quand il parle de la mort et de la disparition des aînés, du vieillissement ou de la perte de la mémoire.

Tout ceci, Vincent Ecrepont le place bien au devant de la scène du haut de sa grande sensibilité et questionne le spectateur dans ce qu’il y a chez lui de plus intime voire d’indicible. Il tire les ficelles tout en finesse et élégance. La force des mots est là. Elle accompagne avec brio le jeu des 3 comédiens, 2 femmes et un homme. Ils incarnent tour à tour des situations familiales distinctes et parfois « jouent »  aussi à jouer des rôles différents. Un peu finalement comme nous le faisons toujours dans la vraie vie ! Resterons-nous toujours les enfants de nos parents ? La question reste posée.

Mais en aucun cas la pièce n’engendre de pathos ; parfois même un sourire s’esquisse dans le public lorsque les acteurs abordent la perte de la mémoire. Un léger trouble s’installe mais il est vite dissipé par la dynamique sans faille des comédiens qui virevoltent sur le plateau, construisent et déconstruisent le décor à vue.

La mise en scène est juste : millimétrée et éclairée sobrement comme pour mieux illuminer la réflexion du spectateur qui, quand il quitte la représentation, s’interroge forcément sur son rapport personnel à ses proches. Être plus humain avec eux, peut-être… ! Et pour chacun d’entre nous qui sommes parents, nous nous demandons si nous faisons « bien ». Si le fait d’être là suffit…Ou s’il faudrait faire autrement, différemment. Avec nos frères, nos sœurs aussi, bref avec notre famille .

En tout cas « Être là » est présent à 16H30 à Présence Pasteur. Soyez-y.

 

 

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8 juillet 2019 1 08 /07 /juillet /2019 13:35
Les couteaux dans le dos
Les couteaux dans le dos

Spectacle vu le Dimanche 7 juillet au Théâtre Le Petit Louvre - Programmé au festival d’Avignon du 5 au 28 juillet 2019 à 16H25.

Nominé aux Molières 2010 dans la catégorie auteur francophone de l’année

 

Texte : Pierre Notte

Mise en scène : Pierre Notte

Comédiens : Muriel Gaudin-Caroline Marchetti-Kim Schwarch-Amandine Sroussi et Paola Valentin

Durée : 1h20

 

 

Marie fuit..... Elle fuit sa famille toxique et le monde sans vraiment savoir pourquoi. Elle côtoie la mort mais aussi un petit gardien de phare auprès duquel elle semble s’apaiser et se rasséréner. Et si c’était l‘amour ? Mais Marie est trop seule pour l’appréhender et savoir si c’est vraiment ça l’amour. Alors, elle fuit encore. Vers les fjords glacés ou Stockholm.

Comble de l’horreur : elle ne veut surtout pas qu’on la touche. Que personne ne la touche… ! Pourtant, elle se coupe régulièrement les mains avec un couteau parce que « le seul ennemi, c’est soi ».

 

Les 5 comédiennes exécutent à merveille diverses scénettes aux allures philosophico-éthiques et incarnent avec brio la force du verbe et de la pensée de l’auteur. Elles sont belles, investies. Elles chantent parfois. Remarquablement. Leurs gestes, par moment saccadés, ne sont pas sans rappeler des attitudes corporelles autistiques. Cette gestuelle renforce la dimension contemporaine de la pièce dans son écriture et sa mise en scène. Et puis, il y a ce « rien » qui revient souvent. Comme si la vie ce n’était rien, tout simplement. L’idée des « rapports » est récurrente aussi :

     - « Il n’y a aucun rapport ! »

     - « J’aime pas les rapports ! »

Et des pensées très « nottiennes » qui soulèvent la réflexion, même longtemps après :

     - « On peut se faire petit ou simplement l’être ».

     - « L’enfant quand il a disparu est plus envahissant que quand il était là ».

 

Le spectateur ne sort pas indemne des pièces de Pierre Notte. De celle-là tout particulièrement. Il conservera d’elle l’idée d’une fable parfois cruelle, où l’humour noir est bien présent et distille avec profondeur l’idée d’une certaine vérité. Celle qui se cache sous l’humus par exemple.

 

 

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1 juillet 2019 1 01 /07 /juillet /2019 22:38
Les secret d'un gainage efficace
www.loeildolivier.fr

www.loeildolivier.fr

Présent sur le Off d'Avignon 2019

Un spectacle produit par la Compagnie les Filles de Simone (93 Bagnolet) vu le 2 février 2019 au Théâtre du Rond-Point  (Paris VIII°)

Mise en scène : collective

Comédiens : Thiphaine Gentillau, Cécile Guérin, Claire Méchin, Chloé Olivères, Géraldine Roguez

Genre : théâtre

Public : adulte

Durée : 1H30.

Il y a quatre ans, je découvrais avec ravissement la compagnie « les filles de Simone » et leur mémorable « c’est (un peu) compliqué d’être à l’origine du monde ». C’est donc avec enthousiasme que je suis allée, avec ma cadette, découvrir leur nouvel opus « les secrets d’un gainage efficace » : nous n’avons pas été déçues !

« Les secrets d’un gainage efficace » s’inscrit dans la continuité du précédent spectacle: un féminisme militant transmis par le prisme d’un humour décapant. Les spectateurs sont invités à suivre les réunions du groupe « corps » qui se donne pour objectif la rédaction d’un livre sur le corps des femmes et la sexualité féminine vus par les principales intéressées ; le dernier opus du genre, « notre corps, nous-mêmes » datant de 1977. En fait de livre, ce sera donc le spectacle ; les différents tableaux opérant comme autant de chapitres. Tout y passe, sans tabou ni vulgarité : les complexes comme construction patriarcale ou commerciale, le mythe de la rupture de l’hymen, le vagin, le clitoris, les poils, les règles, le cunnilingus, la femme dans l’espace public mais aussi le viol et la transmission (difficile) mère/fille.

Pour aborder ces sujets qui restent délicats (un comble, précisément !), le spectacle déborde de prouesses. Pour commencer, la scénographie est réduite à sa plus simple expression : une table de réunion, un tableau noir et un panneau d’affichage qui fait office, à l’occasion, de paravent pour se changer. Pour compenser cette économie de moyens, c’est parfois toute la salle qui sert d’espace de jeu, les spectateurs étant alors les membres de l’association qui assistent tantôt à une AG, tantôt à une conférence. La lumière, chaude et franche, unit l’ensemble. Pour ouvrir encore l’espace, les comédiennes font appel à l’imaginaire. Nous sommes ainsi conviées à la désopilante mais fort instructive visite muséale du vagin.

Pour que le message passe, il faut un texte à la hauteur. Outre les bons mots intrinsèques de la pièce – à la nouvelle venue dans l’asso, les copines lancent au sujet de la structure un rassurant « bon, ce ne sera pas la confrérie des mamelles »- le texte est extrêmement sourcé. Ainsi, sous le couvert d’une interviewe, nous prenons connaissance des travaux d’Anne Cholet sur la place (confisquée) de la femme dans l’espace public. Ce décryptage de nos us et coutumes se poursuit par la déconstruction systématique de la pensée patriarcale. Les conciliabules entre Freud, un père d’Eglise et Sartre, à hurler de rire, n’en sont pas moins référencés.

Pour emporter l’adhésion, il y a enfin le jeu époustouflant des 5 comédiennes dans une mise en scène toute en ruptures de rythmes et en décalages. Thiphaine Gentilleau et Chloé Olivères étaient déjà de la partie dans la précédente pièce ainsi que Claire Frétel, alors metteur en scène. On les retrouve ici accompagnées des non moins excellentes Cécile Guérin et Géraldine Roguez. Elles ont l’énergie débordante et l’audace de leurs propos. Ainsi, lorsque la cellulite est démasquée comme procédé patriarcal de contrôle, elles entonnent en cœur la danse de la cellulite : qui tortille son sein, qui trémousse des fesses, qui fait frétiller son ventre ! Il faut aussi oser porter des postiches de poils d’aisselle bien noirs pendant l’interviewe d’Anne Cholet. L’attention du public se volatilise vers l’horrible attribut ! Elles n’hésitent pas non plus à chanter, un peu comme sous la douche, des tubs détournés. « Il jouait du piano debout » devient un hymne au clitoris, droit, long de 11 centimètres et qui n’a rien à envier au pénis. Cette parole heureusement décomplexée sait aussi se faire grave ; les discussions sur la sexualité féminine pouvant faire ressurgir des traumatismes. Ces moments de confidences sont d’une rare intensité émotionnelle. Dans ce registre, le récit d’un épisode boulimique, qu’une fille dédie à sa mère, est poignant.

« Les secrets d’un gainage efficace » est un spectacle d’une grande intelligence. Sous le couvert du rire, il dit la persistance d’une société patriarcale dont les diktats atteignent le coeur même de l'intimité des femmes. C’est un spectacle qui devrait être vu par tous les lycéens : ma cadette me confirme en effet que les bouquins de SVT persistent à représenter l’appareil génital masculin in extenso alors que celui des femmes est réduit à sa plus simple expression, une béance sans même un clito. En attendant, la salle, plutôt âgée mais mixte, était en délire, à commencer par notre voisine de rang, Anne Hidalgo en personne!

Catherine Wolff

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23 juin 2019 7 23 /06 /juin /2019 21:41
L'Accusée Louise Michel
L'Accusée Louise Michel

Spectacle produit par l’Epée de Bois (Paris XII°) vu à l’Epée de bois (Paris XII°) le dimanche 28 Avril

Texte : d’après Louise Michel

Mise en scène : Antonio Diaz Florian

Comédiens : Valérie Durin et Alexandre Palma Salas.

Genre : théâtre

Durée : 1H15

A mon avis, c’est la salle du Théâtre de l’Epée de Bois la plus majestueuse… Celle qui me plaît le plus en tout cas. A chaque fois que je m’y rends, j’éprouve une émotion toute particulière, indescriptible mais bien tangible. C’est  dans cette belle salle que s’est jouée « L’Accusée Louise Michel ».

Venir à l’Epée de Bois, c’est être certain de se laisser prendre par la force des mots, par celle des lieux mais aussi par l’âme si véridique des acteurs de la troupe. Il n’en a pas été autrement avec " L’Accusée Louise Michel" dont la conception a été imaginée à partir des deux procès les plus importants dont Louise Michel fut l’objet : ceux de 1871 et 1883. Le décor est dépouillé à l'extrême : sol en béton brut  et simples estrades en bois brun au centre de la salle pour mieux souligner ce qui va se jouer, l’authenticité et la fougue.

Authenticité et fougue de l’actrice Valérie Durin incarnant Louise Demahis devenue l’année de ses 20 ans la célèbre Louise Michel. Toute de noir vêtue et longs cheveux de jais encadrant un visage anguleux, il émane d'elle un regard perçant et envoûtant. Elle est sincère, efficace et tenace, les deux mains posées sur le rebord du prétoire auquel elle s’accroche, le regard fixe vers l’infini mais ne ratant pas un mot des propos du procureur. Authenticité et fougue de l’acteur interprétant  l’avocat général inventé de toutes pièces pour cette création : Alexandre Palma Salas. Il évoluera subtilement au fil de la pièce quant au regard qu’il portera sur son accusée : d’abord accusateur et excédé, puis subtilement admiratif et enfin peut-être quelque peu épris de Louise. Mais cela n’engage que moi et mon regard de spectatrice ! Il ne « lâchera rien », ce procureur, dans ses accusations : il met en exergue les erreurs commises par Louise et ses compagnons lors de la Commune ; il tente de lui faire admettre son mélange d’utopie et de lutte irrépressible. Il virevolte aux pieds de Louise, parfois étourdi, parfois pernicieux à l’envie.

Cette mise en scène est une réelle réussite à l’instar de la lutte ardente de cette grande dame. Utopique, Louise Michel ? Peut-être…Féministe ? Sans doute ...Visionnaire, certainement ! "Si l’égalité entre les deux sexes était reconnue, ce serait une fameuse brèche dans la bêtise humaine", dira-t-elle. J’aimerais que la pièce soit reprogrammée afin de pouvoir savourer à nouveau la puissance des propos si modernes de Louise Michel mêlés avec ingéniosité et subtilité à ceux d’Antonio Diaz- Florian.

 

 

 

 

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19 mai 2019 7 19 /05 /mai /2019 23:25
Fauves

 

Un spectacle produit par le Théâtre de la Colline (75 Paris) et vu le 13 mai 2019 au Théâtre de la Colline (Paris XIX°)

Mise en scène : Wajdi Mouawad

Texte : Wajdi Mouawad

Comédiens : Ralph Amassou, Lubna Azabal, Jade Fortineau, Hugues Frenette, Julie Julien, Reina Kakydate, Jérôme Kirchner, Norah Krief, Maxime Le Gac-Olanié, Gilles Renaud, Yuriy Zavalnyouk.

Genre : théâtre

Public : adulte

Durée : 4H .

 

Ce joli mois de mai est le mois de la nouvelle proposition théâtrale de Wajdi Mouawad. Inconditionnelle depuis toujours, je suis donc allée découvrir « Fauves ». La scénographie, époustouflante comme de coutume, n’est pas parvenue à combler les faiblesses du récit.

 

Le spectacle s’ouvre sur une dispute conjugale qui se termine en homicide. On découvre bientôt que c’est une scène du film d’Hippolyte, le héros de la pièce. Perdu dans un montage qu’il ne parvient pas à achever, il ne sait pas encore que son film est la métaphore du drame familial et transgénérationnel  qu’il porte en lui. Car comme dans « Incendie », c’est le décès de la mère et le passage obligé chez le notaire qui vont ouvrir la boîte de Pandore des origines. Mais cette fois, le scénario part trop loin et le tragique, à force de rebondissements à outrance, frise le ridicule.

Le spectacle se découpe en deux parties. La première, de 2H35, riche d’une inventivité scénographique inouïe, est celle de l’intensité dramatique. La seconde, celle du surgissement de la vérité, est donnée à voir de façon si frontale et si statique qu’elle révèle toutes les faiblesses de la construction narrative. Je me suis fermement ennuyée, au point de vouloir partir. Certains dans la salle ont franchi le pas.

Le jeu est à l’image de la pièce, inégal. Ils sont 11 comédiens et 5 techniciens plateau  à porter ce spectacle-fleuve. Il faut saluer l’endurance de chacun et en particulier celle de Jérôme Kirchner dans le rôle titre. Lubna Azabal compose une incroyable figure de vieille femme. J’ai particulièrement apprécié la prestation de Reina Kadukate et de Gilles Renaud. Ils forment le couple du film d’Hippolyte et jouent les arrêts sur image et le rembobinage de la pellicule. Ils participent de ce que le spectacle a de meilleur, la scénographie.

Je ne parlerais donc que de la première partie. La scénographie se compose de 9 panneaux à roulettes. Certains sont de simples cloisons de bois, d’autres sont munis de portes, d’autres enfin sont ajourés comme des baies-vitrées. Concrètement, les techniciens les déplacent pour composer différents espaces –la scène du crime, un bar, l’office notarial etc… D’un point de vue dramaturgique, ils donnent à voir, selon leur configuration, différents points de vue. C’est le principe cinématographique du champs/contre-champs et c’est ainsi qu’il nous est donné à voir, plusieurs fois, le crime originel. Plus le drame avance, plus l’agencement des panneaux dessinent une sorte de labyrinthe de la psyché d’Hippolyte. Les flashbacks récurrents, tellement drôles au début dans leur comique de répétition, finissent par révéler le grand désordre intérieur qui s’empare d’Hippolyte à mesure que les révélations s’enchaînent.

 

La première partie de « Fauves » est magistrale. L’intensité est telle qu’elle délie les langues à l’entracte. J’ai rencontré plusieurs spectateurs qui avaient besoin de partager leur expérience, leurs doutes et leurs interrogations. La seconde partie est malheureusement  retombée comme un soufflé.

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22 avril 2019 1 22 /04 /avril /2019 23:40
La Mouette
La Mouette

Spectacle de la Compagnie l’Elan (Paris XI°) vu au Théâtre du Nord-Ouest parisien (Paris IX°) le jeudi 14 Mars.

 

 

Mise en scène : Jean-Luc Jeener

Texte : Anton Tchekhov

Comédiens : Pierre Bès de Berc- Didier Bizet- Laurence Hétier- Yves Jouffroy- Pauline Maudroux- Isabelle Miller- Rémi de Monvel- Selma Noret- Terraz- Rémi Picard- Thomas Sans- et Dominique Vasserot

Genre : Théâtre

Durée : 2H30

 

Venir au Théâtre du Nord-Ouest (TNO) est à chaque fois un réel plaisir. On pénètre dans ce lieu comme dans un temple dédié à l’art théâtral et aux mots qui résonnent. La présence quasi permanente de Jean-Luc Jeener qui revendique depuis toujours un théâtre de l’incarnation et de la vérité psychologique rajoute à ce lieu une âme très sensible et subtile. Qui plus est, le lieu est beau. Par ailleurs, il fête ses 22 ans d’existence cette année ! Et il aurait été l’écrin, autrefois, du temps où il n’était qu’un club, de la rencontre entre Edith Piaf et Marcel Cerdan.

 

Lovés dans des fauteuils sans âge dans l’attente de l’ouverture de la salle, on savoure l’ambiance particulière du lieu en feuilletant négligemment des ouvrages de Jean-Luc, posés ici et là.

Est-il nécessaire de présenter l’intrigue de « la Mouette » ? Cette pièce, tellement nécessaire, est remarquablement interprétée par tous les comédiens sans exception, des plus jeunes aux plus expérimentés.

La comédienne qui interprète le personnage de la mouette ainsi que le régisseur du domaine m’ont particulièrement touchée.

Dès l’ouverture de la salle, on nous prévient qu’en fin de représentation, nous serons appelés à nous rendre dans une autre salle, plus intime. Le lieu s’y prête et il aurait été dommage en effet de ne pas l’exploiter.

On quitte donc une grande salle au décor dépouillé dans laquelle les comédiens virevoltent avec aisance pour se retrouver dans une petite pièce aux allures de boudoir. Le spectateur est tout proche des personnages et cela apporte indéniablement autre chose à la pièce. Un petit escalier qui descend au sous-sol a été choisi par le metteur en scène pour être le lieu où la jeune artiste tourmentée va se donner la mort.

Dès le début de la pièce, le spectateur est confronté aux amours impossibles des personnages. Les comédiens sont beaux et incarnés. Ils nous touchent d’emblée. La part accordée à l’Art, à la Littérature et aux affres de la Création sont les thèmes essentiels qui surgissent à travers la souffrance qu’ils génèrent dans les personnages ; souffrance dont les comédiens savent parfaitement rendre compte :

-« On vit. On meurt. Et entre temps, qu’est-ce qu’on fait … ? » 

-«  Il faut refaire encore ce que l’on aime... ».

La liberté de l’artiste, son statut mais aussi sa place aux premières loges qui le met à la merci du premier porteur de fusil venu sont autant de thèmes défendus par Tchekhov et qui sont subtilement mis en valeur par les comédiens et la mise en scène de Jean-Luc Jeener.

Le texte de Tchekhov est sans coupe. 

On quitte la pièce-boudoir baignés par un ensemble très agréable et les mots de Tchekhov résonnent avec force .On a envie d’y rester.

Moi qui ne peux pas vivre une journée sans un petit « courant d’art » quel qu’il soit, j’ai été gâtée.

Les amoureux de Tchekov doivent y courir et ceux qui le connaissent moins, aussi.

 

 

 

 

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3 avril 2019 3 03 /04 /avril /2019 20:18
Prolongations

Prolongations

L'Exception

Spectacle de la compagnie Mas-Productions (Paris) vu au Théâtre de la Contrescarpe (Paris 5ème) le 16 mars dans le cadre du dispositif «L. A. D » (un livre - une adaptation - un débat).

 

Texte : d’après le roman autobiographique de Ruth Klüger, «Refus de  témoigner».

Mise en scène et adaptation : Jacky Katu

Comédien : Sandra Duca

Genre : adulte

Durée : 1H

 

J’avais déjà vu cette pièce, l’an dernier, au Festival d’Avignon, au Théâtre des Amants, dans des conditions toutes particulières dues à la Finale de la Coupe du monde de football. Le théâtre était tout proche d’une des places les plus populaires de la ville close où les écrans de télévision crépitaient bruyamment. Pourtant rien n’avait entaché ma représentation ni mon écoute. J’avais été en immersion totale 1 H durant, submergée par l’émotion. Mais le retour à la réalité «sportive», envahissante,  avait été bien âpre !  C’est pourquoi, j’ai éprouvé le besoin de revoir ce spectacle.

 

Nous sommes en 39-45. Une petite fille juive de 10 ans, viennoise, est déportée à Auschwitz avec sa mère. Elles parviennent pourtant à s’enfuir six ans plus tard, grâce au caractère indocile et effronté de la fillette et à sa maturité hors du commun.

Le spectateur éprouve avec force les émotions de cette enfant grâce au jeu intense de la comédienne, Sandra Duca, à ses contorsions et à sa tenue de bagnard. Le tout n’est pas sans nous rappeler les peintures de Munch ou les visages squelettiques d’Egon Schiele ou encore la danse bûto. Les moments de silence lors de ces contorsions où la fillette ploie sous la douleur pèsent sur les spectateurs. Sur certains en tout cas. Cela se sent ! Ils dérangent en effet ces instants de silence ; ils interpellent. La douleur dérange toujours !

Le regard que cette romancière peu connue en France porte sur la Shoah revêt un caractère peu commun car il se démarque de tous les témoignages vus et entendus depuis longtemps. Le metteur en scène Jacky Katu y a été, de toute évidence, sensible. C’est le côté brut du récit qui l’a marqué, nous a-t-il dit, lors du débat qui a suivi la représentation. Car il est là, Jacky. Tous les samedis de la programmation. Et on l’attend impatiemment sur le plateau, à la fin de la représentation, aux côtés de Sandra, sa comédienne.

Ne ratez pas cette remarquable pièce qui, pour notre plus grand bonheur, se voit prolongée de trois représentations supplémentaires.

Bravo les artistes.

Bravo….

 

 

 

 

 

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29 mars 2019 5 29 /03 /mars /2019 19:47
Dans les jardins de Carlos et Nestor
Dans les jardins de Carlos et Nestor

Spectacle produit par You know What Prodution (Paris XX°) et vu le 19 mars 2019 au Théâtre de Nesle (Paris VI°)

 

 

Texte : Bertrand Carnebuse

Metteur en scène : Pascal Hintablian

Comédiens : Pascal Hénault, Marc Bertin

Genre : Comédie

Durée : 1h

 

 

Nous étions installées dans une salle plutôt agréable, chauffée, aux bancs confortables. Les murs en pierre de taille nous présentaient une atmosphère différente des salles de théâtre traditionnelles et nous avons  beaucoup apprécié le fait qu'ils sachent transformer, avec leur décor, cet espace atypique et nous faire voyager d'une petite salle en pierres à un vaste jardin fleuri.

 

Même si nous avons senti quelques longueurs au début de la pièce, l'écriture a su se diversifier en nous proposant de nombreuses réflexions sur des sujets philosophiques. Le tout en utilisant un humour burlesque et un vocabulaire botanique très varié. Les deux personnages, complètement opposés, ont surmonté la haine qu'ils auraient dû avoir l'un pour l'autre pour trouver ce qui les unissait et se compléter.

 

Mais l'écriture fine et légère n'est pas la seule chose qui a fait vivre le spectacle. Les comédiens très énergiques et captivants semblaient très complices et nous faisaient voyager à travers l'histoire personnelle de leur personnage et dans l'univers fleuri qui était le leur. La régie était également assez présente avec notamment des variations de lumière, une projection vidéo et de nombreuses interventions musicales ajoutant une touche finale à l'ambiance de la pièce.

 

Malgré un démarrage un peu lent, cette pièce a su nous offrir de belles surprises et nous faire réfléchir tout en nous divertissant à travers des personnages attachants et un humour simple mais efficace : un très bon moment dans les jardins de Carlos et Nestor.

 

 

 

 

 

 

 

 

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10 mars 2019 7 10 /03 /mars /2019 18:39
Prison Possession
Prison Possession

Spectacle «Prison Possession», par l’Entreprise Cie (13) , vu le 8 mars à 20h30 à l’Espace Hossein à Grans (13)

Texte :  François Cervantes

Mise en scène : François Cervantes

Comédiens : François Cervantes

Genre : Théâtre

Public : tout public à partir de 16 ans

Durée : 1h

Un acteur, seul sur scène, immobile pendant une heure, sans décor. Il est dans le noir ; seule sa tête est éclairée.

Le texte nous parle de la rencontre entre deux hommes que l’on a dépouillés de tout. Le premier a grandi dans l’absence des mots. Le second vit en prison, en cellule d’isolement. Des histoires de solitude.

François Cervantes a écrit ce texte très puissant à partir d’une correspondance de deux ans avec des détenus de la prison du Pontet. A partir des lettres qu’il a échangées avec Erik Ferdinand, plusieurs lettres par semaine, jusqu’à créer un lien très fort, privilégié. On y entend la violence carcérale, physique et psychique. On comprend que l’isolement laisse des traces indélébiles.

Une heure d’humanité dans une mise en scène extrêmement sobre qui symbolise l’emprisonnement par le jeu de lumière et l’immobilité de l'acteur.

Maren Scapol

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