Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Profil

  • www.vivantmag.fr
  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr

Bienvenue

Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
Vous y trouverez l'ensemble des commentaires de nos correspondants sur les spectacles qui ont été vus. Ce service est en ligne en accès libre depuis février 2007.
Si vous souhaitez prendre contact avec l'une des compagnies présentées, adressez nous un mail à blog@vivantmag.fr, nous vous adresserons rapidement leur coordonnées.
Découvrez sur le site www.vivantmag.fr, le catalogue des spectacles repérés... et l'ensemble des services de l'Association d'Aide à la Diffusion Interrégionale du Spectacle Vivant, l'AdAdiff.
Le Catalogue Vivant 2013/2014 des Spectacles repérés est disponible...
> Commande en ligne sur le site.

Rechercher

Mode d'emploi...

Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

22 juillet 2019 1 22 /07 /juillet /2019 22:41
MOMS !
MOMS !

Spectacle de « Compagnie Le Théâtre du Passeur » (33) vu le 22 juillet à 12h00 au Théâtre des Lucioles dans le cadre d’Avignon Off 2019. Du 05 au 28 juillet 2019.

 

Texte : L. Carson, J. Daum, A. Kelly, R. Nichols, B. Pollard, D. Williams

Mise en scène : Armand Eloi, David Eguren

Comédiens : Armand Eloi, David Eguren

Genre : Théâtre
Public : Tout public à partir de 10/15 ans

Durée : 1H25

 

C’est un spectacle sur des histoires de femmes, de mères. La vie pendant et après avoir donné… la vie. Il y a bien un « avant », et un « après ». On vit sa jeunesse à 100 à l’heure, on rit, on joue, et puis un jour « patatras », c’est l’amour, le vrai, celui qui laisse des traces, qui fait d’une gamine/ado, un être tellement différent.

Le décor est inexistant, sauf six bandes de tissus pendantes en fond de scène. Une femme accouche à grands cris, onomatopées, et gesticulations. C’est pour de faux, mais très réaliste. Après avoir vu un spectacle sur l’utérus, me voici devant cinq femmes qui évoquent de manière très vivante les joies et déboires de la naissance, puis de la vie de maman. On retiendra surtout les aspects plutôt contraignants, plus que la joie permanente d’être à l’origine de ces petites vies tellement dépendantes de la maman. L’illustration est complète, de la grossesse aux premiers pas de l’enfant. Pour un homme, c’est bien le moment de vraiment prendre conscience de la vie de sa compagne, dont nous ne sommes habituellement qu’observateurs. Pour les jeunes filles, ce sera un enseignement riche qu’elles n’oublieront sûrement pas. Quant aux femmes qui ont vécu cette période, elles en rient aujourd’hui dans cette salle de spectacle, à la fois grâce au jeu très habile des actrices, mais je sens qu’elles rient également de leurs propres souvenirs, tellement semblables à ce qui se passe en ce moment sur scène. Toutes les étapes de la vie de maman sont représentées avec humour, mais aussi avec une certaine distanciation dans la mise en scène et le jeu d’acteur, sans toutefois omettre les détails qui donnent la touche de réalisme, de vécu. Ce qui ressort de cette « épopée », de cette aventure digne de celles d’Indiana Jones, version domestique, c’est une force immense déployée par des êtres d’apparence si frêles. La force de la volonté, de la responsabilité, de toute l’énergie déployée pour parfois simplement faire avaler une cuillérée pour maman, puis une autre pour papa, puis encore une autre (si ça passe).

Ce qu’on appelle la maison, ce n’est pas seulement celle qui nous protège des intempéries. Venez voir la vraie maison, celle d’où la vie s’envole, l’origine du monde, lovée au fond d’un tendre abdomen. Si vous pensiez tout savoir sur la vie familiale, vous en apprendrez dix fois plus, dans une ambiance dynamique, quelques chansons, cinq fées qui virevoltent et transforment par magie, un quotidien tellement ordinaire, en grands évènements tellement ordinaires.

 

Partager cet article
Repost0
20 juillet 2019 6 20 /07 /juillet /2019 22:29
Sun 7 Café
Sun 7 Café

Spectacle de la compagnie ZAD (69) vu le 18 juillet à 21h25 à L’Adresse dans le cadre d’Avignon OFF 2019. Du 9 au 28 juillet.

 

 

Auteur et mise en scène : David Conrad

Comédiens : Enji Julien, Thibault Deloche, Rodolphe Paulet, Aurélien Serre

Genre : Théâtre
Public : Tout public à partir de 12 ans
Durée : 1H30

 

 

Sur le plateau, pendant que le public s’installe, un homme attend dans un décor de bar un peu miteux, en regardant avec intérêt un match de boxe. C’est Eddy, le gars de la sécurité, un peu taciturne notamment avec Tom, le DJ embauché depuis peu.

 

On comprends petit à petit qu’on est dans un bar en situation financière plus que catastrophique, tenu par Marie, et dont les histoires parallèles restent bien mystérieuses : un psychotique à endormir les bœufs découvert sous le comptoir, un pistolet caché sous le bar, un ancien videur disparu, probablement butté, et qui avait descendu un autre videur qui ne voulait pas le laisser rentrer dans un autre bar, les « beaux draps » (les clients friqués) tant attendus et fantasmés, et enfin l’un des gars, Bébert, probablement indic. Bref, ça n’arrête pas de dérouler un fil narratif auquel on a du mal à s’attacher.

C’est du théâtre réaliste et certaines scènes sont très touchantes et basculent dans le drame social quand Eddy fait état de son enfance et de ses souvenirs où se mêlent un père violent, un environnement difficile et un parcours semé d’embûches.

Chaque personnage est très marqué. Normal, ce sont des archétypes de la condition humaine. Malheureusement, la simplicité de l’histoire qui se perd pourtant dans moult détails inexpliqués (qui a fait les petits fours?) et l’inégalité de jeu des comédiens font qu’il m’a été difficile de croire à ce que l’on me racontait et d'avoir beaucoup de compassion pour ces personnages présentés pourtant avec beaucoup d'humanité.

 

C’est une création et je suis certain que certains réajustements pourront être faits pour donner à ce spectacle toute la force qu’il mérite.

 

 

 

Partager cet article
Repost0
17 juillet 2019 3 17 /07 /juillet /2019 09:53
Tête de cerf
Tête de cerf

Spectacle de la «Compagnie Katapult» (44) vu le 15 juillet 2019 à 15h30 à Théâtre du Centre dans le cadre du festival d’Avignon OFF 2019. Du 05 au 28 juillet 2019.

 

Auteur : Virginie Janelas

Mise en scène : Virginie Janelas

Avec : Julia Cela, Garance Félix, Virginie Portier

Genre : Théâtre
Public : Public ado/adulte

Durée : 1H10

 

 

Comment évoquer et illustrer par le jeu théâtral, ce qu'on ne voit pas, ce dont on ne parle pas sinon comme un secret (de Polichinelle) ? L'origine du monde, passage obligatoire pour l'homo sapiens de base, mais pas seulement, est entourée d'une aura de mystères, de joies et de souffrances.

 

 

Trois jeunes femmes sur scène, accompagnées d’un tableau noir mobile et d'une bassine d'eau. « Tête de cerf » ; non, nous ne sommes pas perdus dans une forêt profonde peuplée de ces cervidés ruminant quelques jeunes pousses. Mais ce qu'ils ont sur la tête ressemble bien à un organe caché au cœur d'un ventre où l'on cultive une espèce qui nous est familière. Donc, si j'ai bien compris, la femme fait partie de l'espèce sapiens, genre homo, famille hominidés. Et l'homme ? C'est pareil… mais c'est différent. Il est juste à côté. La compagnie Katapult a créé ce spectacle à partir d'expériences de femmes. Les trois jeunes suisses jouent tour à tour le vécu des femmes aux différentes étapes de la manifestation de cet organe à tête de cerf. On en apprend beaucoup, à la fois d'un point de vue du fonctionnement de l'organisme, que des ressentis et conséquences pour celle qui porte en elle l'avenir de l'espèce humaine. Tout est présenté avec une certaine distanciation, de l'humour, mais aussi un profond réalisme. Elles réussissent à nous faire connaître ou reconnaître les hauts et les bas, les joies et les douleurs de la vie de femme. La vie est rythmée par cet organe qui a ses règles et ses exigences. Je comprends bien que si c'est une force, c'est aussi une faiblesse, une responsabilité. La force est celle d'avoir le pouvoir de donner la vie, la faiblesse se vérifie chaque mois et la responsabilité relève de la survie de l'espèce humaine. C'est tout une Histoire (avec un h majuscule) qui m'éclate à la figure à travers les mots de l'auteur autant que par le jeu délicat mais bien posé des actrices. Une histoire qui dure depuis la nuit des temps et ne doit pas s'arrêter. On en sort ébranlé, satisfait d'avoir un instant vécu ce qui est toujours si caché et restera inconnu pour un homme.

 

Venez vivre ou revivre, un instant, les fondements de la nature féminine. Les hommes en apprennent autant que les femmes qui peuvent y trouver un exutoire et les jeunes adolescentes, un apprentissage sur leur vie future.

 

Partager cet article
Repost0
13 juillet 2019 6 13 /07 /juillet /2019 10:03
Programme off 2019

Programme off 2019

Restons Poly (création 2019)

Spectacle de laCie de la Griotte (69) vu le 9 juillet à 16H45 au Collège de la Salle dans le cadre du Avignon Off 2019. Du 5 au 14 juillet.

 

 

Auteur : Bruno Chapelle et Camille Saféris

Comédiens : Pascale Michaud, Marie-Aline Thomassin, Bruno Chapelle, Camille Saféris,

Genre : théâtre (vaudeville moderne)

Public : tout public à partir de 12 ans

Durée : 1 h 20

 

 

Inspirée par le retour en force de la mode du polyamour, mouvement né dans les années 1920 en révolte contre « l’amour bourgeois » et en faveur de la liberté individuelle de chacun au sein du couple, sans notion de tromperie, Clotilde propose à son mari Jean Daniel de s’adonner à cette nouvelle pratique, qu’elle vient de découvrir  dans un article de Grazia.  

Elle ignore évidemment que son époux la trompe allègrement avec toutes les auteures que sa maison d’édition publie… !

Mais Tristan, leur secrétaire majordome, pense qu’il s’agit là d’un stratagème de Clotilde pour divorcer aux torts de son époux, afin d’hériter seule de sa vieille tante. S’ensuivent quiproquos et chassés croisés dans la plus pure tradition du théâtre de boulevard.

Quelques longueurs m’ont semblé nuire à la fluidité. J’attendais un rythme plus « enlevé » pour un tel spectacle… Mais il s’agit d’une création et les acteurs cherchent encore leurs marques. Laissons donc le temps de la maturation !

Quant au décor, les auteurs ont précisé que le dispositif était allégé compte tenu des contraintes d’Avignon. Pour ma part j’ai trouvé le décor tout à fait suffisant, mais il est vrai que le boulevard s’accompagne bien souvent de décors conséquents !

 

Dans l’ensemble, on passe un bon moment de détente et c’est au fond ce que l’on vient chercher dans un tel spectacle.

Cependant je recommanderais aux parents de ne pas emmener leurs jeunes enfants. Cette thématique ne semble pas propre à les intéresser, et quelques scènes évocatrices pourraient être difficiles à expliquer… Inutile de les initier trop tôt au polyamour !  Une fillette de 4 ou 5 ans se trouvait pourtant dans l’assistance…

 

 

Partager cet article
Repost0
11 juillet 2019 4 11 /07 /juillet /2019 16:53
J'aurais Tellement Aimé

 

Spectacle produit par «Filomène et compagnie» (34 Hérault) vu le 8 juillet 2019 à 19h10 au Théâtre des Barriques dans le cadre du festival Off d’Avignon, du 05 au 28 juillet 2019. Relâche 9-16-23 juillet.

 

Texte : May Laporte

Mise en scène : May Laporte

Comédiens : Emilie Chevrier

Genre : Théâtre
Public : Tout public à partir de 8 ans

Durée : 1 H

 

 

Pour commencer, tout est noir, et le restera un bon moment. Les spectateurs entrent dans le noir et trouvent leur place à tâtons. Un moment suspendu, dans le silence et le noir... Une porte grince et on entend un personnage qui entre, en passant par la salle et demandant son chemin aux spectateurs assis.

 

 

Voilà pour  l'entrée en matière. Puis la lumière fut. Et l'on découvre Juliette, 32 ans, bibliothécaire, définitivement célibataire car n'ayant pas trouvé le prince charmant ; alors à quoi bon...Amoureuse des livres, elle ne les lit pas, elle ne les goûte pas, elle les dévore. Mais qui est-elle ?

Le décor est simple mais traduit bien son environnement de rayons, de livres, de mystères et d'aventures. En fait de livres, il n'y en a qu'un seul d'important... C'est le sien. Arrivé à la bibliothèque en même temps qu'elle, il n'attend que d'être lu. Pour son malheur, ou son bonheur. Elle doit accepter la réalité qui n'en n'est d'ailleurs pas une, sauf à la créer elle-même.

A ce moment, je pense à Atreyu, le héros de « L'histoire sans fin », et plus particulièrement au moment où il s'aperçoit que la fin du livre dépend de lui. « J’aurais tellement aimé » m’évoque aussi la pièce de Pirandello « Six personnages en quête d'auteur » et ses personnages qui errent à la recherche d'un théâtre pour jouer éternellement leur vie. Juliette, quant à elle, adore certes les livres, mais elle rêve surtout de les écrire. Cela tombe bien car c'est bien de cela dont il s’agit. De simple personnage, elle devient auteur de sa propre vie.

L'interprétation très vivante et passionnée du personnage de Juliette par l'actrice nous fait vivre son angoisse, puis ses doutes et enfin son espoir comme si nous-mêmes étions confrontés au même mystère. Elle nous renvoie notre image, figée par un auteur que nous ne connaissons pas, avec le sentiment qu'il ne tient qu'à nous de devenir enfin auteur de notre vie.

 

Pour la forme du spectacle J'ai vécu une agréable ascension vers le mystère, suivie d'une révélation inattendue, puis d'une fin pleine de détermination et d'espoir.

Gilbert CORDIER

 

 

Partager cet article
Repost0
9 juillet 2019 2 09 /07 /juillet /2019 17:08
Cabaret Burlesque
Cabaret Burlesque

Un spectacle de la Compagnie du Burlesque Klub (75 Paris) vu le 8 juillet à 21H55  au Rouge Gorge dans le cadre du Festival Off d'Avignon 2019, du 5 au 28 juillet

 

Mise en scène : Valentina del Pearls

Comédiens : Rosabelle Selavy, Séléné du Styx, Soa de Muse, Sucre d'Orge, Valentina del Pearls, Wanda de Lullabies

Stage-Kitten : Farah Paupiette

Durée : 1h15

Genre : Spectacle musical
Public : À partir de 13 ans

 

Si vous ne comprenez pas le terme "effeuillage" et ses sous-entendus, vous allez probablement être surpris ; c'est ce qui nous est arrivé. Nous sommes donc allées voir ce spectacle en toute innocence mais avec une grande curiosité. Nous avons eu la surprise de découvrir un spectacle de strip-tease (nous avions contacté le théâtre pour nous informer de la teneur de la pièce mais nous n'avons reçu que des réponses évasives).

 

Ainsi a commencé notre aventure avec le Cabaret Burlesque. Le fil conducteur du show était l'histoire d'une fusée et des créatures étranges qu'elle rencontre au fil de ses péripéties dans un univers inspiré des récits de Jules Verne ; nous avons donc pu faire la rencontre de sirènes, de monstres aquatiques et autres déesses intergalactiques intervenant graduellement dans l'atypique. Plus l'adrénaline et l’originalité augmentaient, plus le public manifestait son enthousiasme. Parfois, les numéros pouvaient même se rapprocher de numéro de danse intense (notamment celui du seul artiste masculin de la pièce qui nous a assez impressionnées).

Vêtus de costumes extravagants et pleins de paillettes, les artistes étaient sublimés par des jeux de lumière synchrones à la musique. Les fumées nous laissaient percevoir une ambiance mystérieuse. Cette atmosphère nous a plongées dans des émotions variées, de la peur à la surprise en passant par le ravissement. 

 

Néanmoins nous avons constaté trop de similitudes entre certaines chorégraphies. Par ailleurs, certains mouvements au sol sont peu visibles depuis les rangs du public. Enfin, contrairement aux recommandations de l’équipe, il est évident pour nous que l'âge minimum requis pour voir ce spectacle est celui de la majorité sexuelle. 

 

Pour conclure, ce spectacle fut pour nous divertissant mais le format nous a surpris. Avis aux curieux !

 

 

Partager cet article
Repost0
9 juillet 2019 2 09 /07 /juillet /2019 08:45
Demain la nuit

 

Spectacle de « la compagnie du petit matin » (31) vu le 06 juillet 2019 à 16h30 à l’Albatros Théâtre (Avignon) dans le cadre du festival Off d’Avignon, du 05 au 28 juillet 2019 à 16h30. (jours pairs - relâche les 10 et 24 juillet)

 

 

Texte : Matei Visniec

Mise en scène : Bruno Abadie

Comédien : Bruno Abadie

Création lumière : Antoine Dermaut

Création musicale : Rébeca Feron

Genre : Seul en scène -Théâtre
Public : Tout public à partir de 14 ans
Durée : 60 mn

 

 

C’est mon premier spectacle du Off 2019 et j’ai été attiré par la belle affiche du spectacle (Marc Etiève) et par l’auteur dont j’ai vu plusieurs pièces avec un plaisir que je laisse souvent infuser.

 

 

Dans le noir complet, une voix nous parle. L’homme qui se dessine devant nous veut nous raconter les dernières années de sa vie. Une vie bien étrange.

La lumière, magistrale, est faite de petites touches très réussies, donnant un côté très impressionniste à la mise en scène. Le personnage se souvient : il était réparateur de machines pour enterrer les morts à la chaîne, les ramasseuses-enterreuses, des soldats morts au front. Quel front ? Peu importe finalement, il y en a tant ! Puis vient la rencontre avec un cheval blanc, collé à lui comme une ombre, et que je vois en symbole de liberté. Un autre tableau le montre seul dans une ville désertée par tous, le laissant seul face à une solitude existentielle. Il nous parle alors du temps où il recueillait les derniers mots des morts, restés coincés dans leur gorge sans avoir pu s’exprimer. L’ambiance tant visuelle que musicale, le regard et la présence scénique du comédien sont remarquables et portent parfaitement le propos.

Tirés de plusieurs textes extraits du recueil « l’Homme poubelle » de Matei Visniec, Bruno Abadie incarne avec brio un nouveau personnage composite et inédit et nous interroge, à travers cette écriture absurde et surréaliste propre à l’auteur, sur les questions de liberté, de résignation et d’adaptabilité notamment. Mais la liste pourrait être longue puisqu’elle peut englober tous les questionnements autour de la vie et du vivre ensemble. Viesniec a écrit ces textes afin qu’ils puissent être joués et assemblés au bon vouloir de chacun. Je trouve la démarche généreuse et extraordinaire. Bravo Monsieur Viesniec !

 

 

C’est le second spectacle de la compagnie autour du même recueil (cf Le silence du miroir) et Bruno Abadie, dont on sent l’amour du théâtre et du spectacle - et de l’auteur -  a su m’emmener dans cet univers si étrange et particulier de l’un des auteurs vivants les plus joué dans le festival. Merci !

A découvrir

 

 

 

 

  •  

Partager cet article
Repost0
8 juillet 2019 1 08 /07 /juillet /2019 14:08
Être là
Être là

Spectacle de la Compagnie A Vrai dire (60) vu le 5 juillet 2019 à 16H30 au Théâtre Présence Pasteur (Avignon) pour le Off d’Avignon, du 5 au 28 juillet. Relâches les 9,16 et 23.

 

Texte : Vincent Ecrepont.

Mise en scène : Vincent Ecrepont.

Comédiens: Céline Bellanger-Véronic Joly et Sylvain Savard

Genre : Théâtre adulte

Public : Tout public à partir de 16 ans.

Durée : 1H 20

 

Ce titre m’a interpellée parmi la multitude des affiches qui égaient les murs d’Avignon en ce moment. Une affiche en noir et blanc qui aurait pu passer inaperçue parmi les fresques multicolores : 2 mots « Etre là » et le regard d’un vieil homme qui me fixait et qui m’invitait à y aller.

 

Alors, j’ai « été là » ! J’y ai découvert « la » famille, ses tourments, ses questionnements, ses doutes et ses « reculades »perpétuelles. Parce qu’on ne sait pas y dire les choses essentielles dans la famille. J’ai assisté à du théâtre dans ce qu’il a de tellement vivant surtout quand il parle de la mort et de la disparition des aînés, du vieillissement ou de la perte de la mémoire.

Tout ceci, Vincent Ecrepont le place bien au devant de la scène du haut de sa grande sensibilité et questionne le spectateur dans ce qu’il y a chez lui de plus intime voire d’indicible. Il tire les ficelles tout en finesse et élégance. La force des mots est là. Elle accompagne avec brio le jeu des 3 comédiens, 2 femmes et un homme. Ils incarnent tour à tour des situations familiales distinctes et parfois « jouent »  aussi à jouer des rôles différents. Un peu finalement comme nous le faisons toujours dans la vraie vie ! Resterons-nous toujours les enfants de nos parents ? La question reste posée.

Mais en aucun cas la pièce n’engendre de pathos ; parfois même un sourire s’esquisse dans le public lorsque les acteurs abordent la perte de la mémoire. Un léger trouble s’installe mais il est vite dissipé par la dynamique sans faille des comédiens qui virevoltent sur le plateau, construisent et déconstruisent le décor à vue.

La mise en scène est juste : millimétrée et éclairée sobrement comme pour mieux illuminer la réflexion du spectateur qui, quand il quitte la représentation, s’interroge forcément sur son rapport personnel à ses proches. Être plus humain avec eux, peut-être… ! Et pour chacun d’entre nous qui sommes parents, nous nous demandons si nous faisons « bien ». Si le fait d’être là suffit…Ou s’il faudrait faire autrement, différemment. Avec nos frères, nos sœurs aussi, bref avec notre famille .

En tout cas « Être là » est présent à 16H30 à Présence Pasteur. Soyez-y.

 

 

Partager cet article
Repost0
8 juillet 2019 1 08 /07 /juillet /2019 13:35
Les couteaux dans le dos
Les couteaux dans le dos

Spectacle vu le Dimanche 7 juillet au Théâtre Le Petit Louvre - Programmé au festival d’Avignon du 5 au 28 juillet 2019 à 16H25.

Nominé aux Molières 2010 dans la catégorie auteur francophone de l’année

 

Texte : Pierre Notte

Mise en scène : Pierre Notte

Comédiens : Muriel Gaudin-Caroline Marchetti-Kim Schwarch-Amandine Sroussi et Paola Valentin

Durée : 1h20

 

 

Marie fuit..... Elle fuit sa famille toxique et le monde sans vraiment savoir pourquoi. Elle côtoie la mort mais aussi un petit gardien de phare auprès duquel elle semble s’apaiser et se rasséréner. Et si c’était l‘amour ? Mais Marie est trop seule pour l’appréhender et savoir si c’est vraiment ça l’amour. Alors, elle fuit encore. Vers les fjords glacés ou Stockholm.

Comble de l’horreur : elle ne veut surtout pas qu’on la touche. Que personne ne la touche… ! Pourtant, elle se coupe régulièrement les mains avec un couteau parce que « le seul ennemi, c’est soi ».

 

Les 5 comédiennes exécutent à merveille diverses scénettes aux allures philosophico-éthiques et incarnent avec brio la force du verbe et de la pensée de l’auteur. Elles sont belles, investies. Elles chantent parfois. Remarquablement. Leurs gestes, par moment saccadés, ne sont pas sans rappeler des attitudes corporelles autistiques. Cette gestuelle renforce la dimension contemporaine de la pièce dans son écriture et sa mise en scène. Et puis, il y a ce « rien » qui revient souvent. Comme si la vie ce n’était rien, tout simplement. L’idée des « rapports » est récurrente aussi :

     - « Il n’y a aucun rapport ! »

     - « J’aime pas les rapports ! »

Et des pensées très « nottiennes » qui soulèvent la réflexion, même longtemps après :

     - « On peut se faire petit ou simplement l’être ».

     - « L’enfant quand il a disparu est plus envahissant que quand il était là ».

 

Le spectateur ne sort pas indemne des pièces de Pierre Notte. De celle-là tout particulièrement. Il conservera d’elle l’idée d’une fable parfois cruelle, où l’humour noir est bien présent et distille avec profondeur l’idée d’une certaine vérité. Celle qui se cache sous l’humus par exemple.

 

 

Partager cet article
Repost0
1 juillet 2019 1 01 /07 /juillet /2019 22:38
Les secret d'un gainage efficace
www.loeildolivier.fr

www.loeildolivier.fr

Présent sur le Off d'Avignon 2019

Un spectacle produit par la Compagnie les Filles de Simone (93 Bagnolet) vu le 2 février 2019 au Théâtre du Rond-Point  (Paris VIII°)

Mise en scène : collective

Comédiens : Thiphaine Gentillau, Cécile Guérin, Claire Méchin, Chloé Olivères, Géraldine Roguez

Genre : théâtre

Public : adulte

Durée : 1H30.

Il y a quatre ans, je découvrais avec ravissement la compagnie « les filles de Simone » et leur mémorable « c’est (un peu) compliqué d’être à l’origine du monde ». C’est donc avec enthousiasme que je suis allée, avec ma cadette, découvrir leur nouvel opus « les secrets d’un gainage efficace » : nous n’avons pas été déçues !

« Les secrets d’un gainage efficace » s’inscrit dans la continuité du précédent spectacle: un féminisme militant transmis par le prisme d’un humour décapant. Les spectateurs sont invités à suivre les réunions du groupe « corps » qui se donne pour objectif la rédaction d’un livre sur le corps des femmes et la sexualité féminine vus par les principales intéressées ; le dernier opus du genre, « notre corps, nous-mêmes » datant de 1977. En fait de livre, ce sera donc le spectacle ; les différents tableaux opérant comme autant de chapitres. Tout y passe, sans tabou ni vulgarité : les complexes comme construction patriarcale ou commerciale, le mythe de la rupture de l’hymen, le vagin, le clitoris, les poils, les règles, le cunnilingus, la femme dans l’espace public mais aussi le viol et la transmission (difficile) mère/fille.

Pour aborder ces sujets qui restent délicats (un comble, précisément !), le spectacle déborde de prouesses. Pour commencer, la scénographie est réduite à sa plus simple expression : une table de réunion, un tableau noir et un panneau d’affichage qui fait office, à l’occasion, de paravent pour se changer. Pour compenser cette économie de moyens, c’est parfois toute la salle qui sert d’espace de jeu, les spectateurs étant alors les membres de l’association qui assistent tantôt à une AG, tantôt à une conférence. La lumière, chaude et franche, unit l’ensemble. Pour ouvrir encore l’espace, les comédiennes font appel à l’imaginaire. Nous sommes ainsi conviées à la désopilante mais fort instructive visite muséale du vagin.

Pour que le message passe, il faut un texte à la hauteur. Outre les bons mots intrinsèques de la pièce – à la nouvelle venue dans l’asso, les copines lancent au sujet de la structure un rassurant « bon, ce ne sera pas la confrérie des mamelles »- le texte est extrêmement sourcé. Ainsi, sous le couvert d’une interviewe, nous prenons connaissance des travaux d’Anne Cholet sur la place (confisquée) de la femme dans l’espace public. Ce décryptage de nos us et coutumes se poursuit par la déconstruction systématique de la pensée patriarcale. Les conciliabules entre Freud, un père d’Eglise et Sartre, à hurler de rire, n’en sont pas moins référencés.

Pour emporter l’adhésion, il y a enfin le jeu époustouflant des 5 comédiennes dans une mise en scène toute en ruptures de rythmes et en décalages. Thiphaine Gentilleau et Chloé Olivères étaient déjà de la partie dans la précédente pièce ainsi que Claire Frétel, alors metteur en scène. On les retrouve ici accompagnées des non moins excellentes Cécile Guérin et Géraldine Roguez. Elles ont l’énergie débordante et l’audace de leurs propos. Ainsi, lorsque la cellulite est démasquée comme procédé patriarcal de contrôle, elles entonnent en cœur la danse de la cellulite : qui tortille son sein, qui trémousse des fesses, qui fait frétiller son ventre ! Il faut aussi oser porter des postiches de poils d’aisselle bien noirs pendant l’interviewe d’Anne Cholet. L’attention du public se volatilise vers l’horrible attribut ! Elles n’hésitent pas non plus à chanter, un peu comme sous la douche, des tubs détournés. « Il jouait du piano debout » devient un hymne au clitoris, droit, long de 11 centimètres et qui n’a rien à envier au pénis. Cette parole heureusement décomplexée sait aussi se faire grave ; les discussions sur la sexualité féminine pouvant faire ressurgir des traumatismes. Ces moments de confidences sont d’une rare intensité émotionnelle. Dans ce registre, le récit d’un épisode boulimique, qu’une fille dédie à sa mère, est poignant.

« Les secrets d’un gainage efficace » est un spectacle d’une grande intelligence. Sous le couvert du rire, il dit la persistance d’une société patriarcale dont les diktats atteignent le coeur même de l'intimité des femmes. C’est un spectacle qui devrait être vu par tous les lycéens : ma cadette me confirme en effet que les bouquins de SVT persistent à représenter l’appareil génital masculin in extenso alors que celui des femmes est réduit à sa plus simple expression, une béance sans même un clito. En attendant, la salle, plutôt âgée mais mixte, était en délire, à commencer par notre voisine de rang, Anne Hidalgo en personne!

Catherine Wolff

Partager cet article
Repost0