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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
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les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

22 octobre 2018 1 22 /10 /octobre /2018 18:03
Autrefois j'avais un pays

 

Spectacle produit par La Compagnie de la Divine Comédie (76, Rouen) vu le 19 octobre 2018 au théâtre de l’Opprimé (Paris 12e).

Mise en scène : Jean-Christophe Blondel
Texte : Alain
Comédiens : Muhanad Aljaramani (musique), Constance Gay, Imer Kuttlovci, Andrea Nistor, Nicolas Vial

Genre : Théâtre
Public : Adulte
Durée : 1h50

Quand je ne sais où aller voir un spectacle susceptible de me plaire, souvent, la solution réside en un petit tour au Théâtre de l’Opprimé. A l’image du nom de la structure, la programmation privilégie des spectacles engagés, de qualité. « Autrefois, j’avais un pays » ne déroge pas à la règle bien que j’aie eu maille à partir avec le texte.

Décidément, Alain me poursuivra toute ma vie. Lycéenne puis étudiante en prépa littéraire, il y a fort, fort longtemps, pas un sujet de disserte n’échappait à la petite maxime d’Alain. Et si ce n’était pas lui, c’était donc son frère, Valéry ou Malraux. Résultat des courses, j’ai pris en horreur ces trois auteurs et le spectacle vu ce soir n’a fait que confirmer ce rejet.

Depuis cette lointaine époque de mes études, Alain est tombé en désuétude. Heureux qui comme les élèves de prépa n’ont plus à se tordre les méninges pour essayer de comprendre sa pseudo pensée ! Centenaire de la Grande Guerre oblige, et compagnie normande tout comme l’auteur, on comprend aisément ce qui a pu pousser la compagnie de la Divine Comédie à faire sortir Alain de son purgatoire. « Autrefois j’avais un pays » est donc un montage des textes et des lettres que l’auteur, âgé de 46 ans, a écrit au front pour la génération sacrifiée de ses élèves. Bel engagement de sa personne, assurément. Mais, tout en considérant le contexte pour le moins pénible de l’écriture, les textes sont confus et diffusent une certaine incohérence à tout le spectacle. La Divine Comédie a néanmoins su compenser cette faiblesse par une mise en scène intelligente et convaincante.

Ils sont quatre comédiens, deux femmes et deux hommes, ainsi qu’un musicien à faire vivre toute une panoplie de personnages. Ils se divisent en deux catégories : les embusqués de l’arrière ;  les poilus du front. Les premiers sont réduits à des archétypes tandis que les seconds sont doués d’une certaine psychologie. Dans cette catégorie, on trouve bien sûr l’auteur. Il apparaît tantôt jeune sous les traits d’un comédien, tantôt âgé (comme signe de textes postérieurs ?) par l’intermédiaire d’une voix off. Les changements de personnage sont indiqués par trois signes : la projection de la fonction de l’archétype au mur (la préfète, le premier ministre, le recruteur…), un détail vestimentaire (pantalon à galons pour le premier ministre, débardeur kaki pour les soldats, breloques pour le roi…) et/ou un accessoire (bureau qui descend des cintres pour les dirigeants, micro pour la harangueuse, etc.). A cette dichotomie des personnages, répond un étagement de l’espace.

Il n’y a pas de plateau à proprement parler à l’Opprimé. La chape de béton qui fait office d’espace scénique porte un praticable incliné recouvert d’un parquet de gymnase. En haut auront donc lieu des affrontements d'opérette : un match de lutte chorégraphié entre deux balayeurs embusqués, le bavardage cynique des gens de pouvoir, la crédulité crasse des vieux restés à l’arrière. En dessous et en avant-scène, c’est la vraie vie, en l’occurrence, le front. Entre les pieds métalliques du praticable, des lits de camp ont été fixés. Augmentée de quelques bruitages et d’éclairages, cette construction reconstitue avec une belle illusion l’atmosphère de la tranchée. Dans la précarité de la survie, la parole est libre, authentique, et condamne sans ambages ceux du dessus. Pour passer d’un univers à l’autre, les comédiens font tourner le plateau comme s’il s’agissait de la roue de la fortune, comme si le simple hasard avait procédé à la distribution des rôles. Parfois ceux du dessous tentent une incursion chez les Maîtres. En vain, sauf lorsque la bohémienne, mère célibataire d’un bébé, crache au visage d’une mère endeuillée son ambition d’élever son fils selon la loi des mères afin de rompre définitivement avec tout ce que le deuil de l’autre incarne : l’honneur, la patrie, le sacrifice des fils. C’est une scène très émouvante à l’instar du grand monologue d’Alain dans la tranchée. J’ai par ailleurs beaucoup aimé les accompagnements musicaux - oud, percussions et mélopées - qui rythment le texte et l’ouvrent sur un autre contexte. Le spectacle commence avec le oud et se referme avec, tel un conte venu d’ailleurs, contemporain et cruel. Les accents assez prononcés de deux comédiens - venus d’horizons plus lointains - participent aussi de ce message résolument pacifiste et universel.

Malgré un texte intrinsèquement médiocre et un montage difficile de ce matériau, « J’avais un pays autrefois » est un beau spectacle. Les trouvailles scénographiques sont d’une grande efficacité pour montrer ce que le texte échoue à dire. Les comédiens et le musicien portent l’ensemble avec générosité et engagement.

Catherine Wolff

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19 octobre 2018 5 19 /10 /octobre /2018 19:35
La Cantate à trois voix

 

dossier de presse

Un spectacle produit par Le Toucan Théâtre (Paris 14e), 21-22 Production (Paris 17e) et AgoraMusika (Paris 17e), vu le 13 octobre 2018 au Théâtre de l’Epée de Bois-Cartoucherie (Paris 12e).

Mise en scène : Tarik Benouarka
Texte : Paul Claudel
Comédiens : Danièle Meyrieux, Pauline Moingeon Valles, Mélodie Le Blay

Genre : Théâtre
Public : Adulte
Durée : 1h15

La médiocrité de la saison proposée dans les salles que j’ai coutume de fréquenter génère une telle frustration que je me jette avec frénésie sur les annonces reçues par l’Adadiff. C’est ainsi que j’ai eu la drôle d’idée d’aller voir « La Cantate à trois voix ».

Drôle d’idée pour ne pas dire idée totalement masochiste : à part « l’Annonce faite à Marie », je n’ai jamais rien compris à Claudel et Claudel m’ennuie. J’ai eu envie de me frotter à lui pour voir s’il m’était toujours imperméable : affirmatif !

Il faut sans doute saluer le courage de ces trois comédiennes (+ une musicienne) à vouloir défendre ce texte, à mon sens indéfendable. Certes le verbe est beau mais bourré de métaphores compassées : la femme est port, la femme est lune, la femme est rose. D’ailleurs, au cas où le spectateur n’aurait pas entendu que « ce n’est pas la rose mais son essence qui est éternelle », une odeur d’encens à la rose inonde littéralement le studio de l’épée de bois.  Ecœurant. A l’instar du sens du texte, d’une misogynie confondante.

C’est donc l’histoire de trois femmes dans leur rapport à l’être aimé. Elles n'existent que par et pour l'homme, comparé, excusez du peu, tantôt au Rhin, tantôt au soleil, tantôt à Jupiter. Elles incarnent les trois âges de la vie : Laeta est le printemps ou la jeune fiancée ; Fausta est entre deux âges, été et automne tout à la fois, mais surtout délaissée ; Beata, alias l’hiver, est veuve. La jeune fiancée attend, impatiente, que son prince charmant vienne la cueillir ; Fausta ressasse à l’envi la trahison de celui dont « elle a [été] la gardienne, le port » ; Beata prodigue ses conseils. Au cas où le sens échappe, la couleur des costumes (blanche, vermillon et carmin) nous rappelle le statut de chacune. Idée louable mais qui tourne au ridicule tant les robes de princesses moyenâgeuses sont d’une laide théâtralité.

En fait, tout est à l’avenant et l’enfer est pavé de bonnes intentions : en l’occurrence, aider le spectateur, par divers signes, à surpasser la difficulté d’un texte aride pour mieux y entrer. Le problème c’est que les adjuvants envahissent tout et finissent par noyer l’ensemble. Si le plateau est vide hormis un petit praticable en forme de rocher, il est rapidement saturé par la musique, omniprésente et insupportable. Si elle avait été réduite à l’épure du violoncelle, je pense que cela aurait été fort plaisant. Mais notre violoncelliste joue, comme dans le métro, sur une bande son. L’effet est déplorable. L’apothéose dans le genre, c’est « l’air de l’hiver » de Purcell dans un arrangement à l’orgue synthétique augmenté du violoncelle ! Béata, l’aïeule qui parle à ce moment-là, vous l’aurez compris, poursuit vaillamment sa tirade. Quel courage, décidément !

C’est d’ailleurs dans le jeu des actrices que la qualité du spectacle réside véritablement. Elles portent toutes les trois le texte avec un vrai professionnalisme. La diction est parfaite. Elles disent à merveille donc mais elles ne jouent pas forcément. Avec Fausta (Pauline Moingeon Valles), j’ai décroché. Le style déclamatoire de Danièle Meyrieux m’a horripilée. Est-ce en vertu d’un rôle plus lumineux que Mélody Le Blay est parvenue à camper un vrai personnage ? Sa jeune fiancée est une femme-enfant, pleine de grâce et d’espérance. Et comme le rôle occupe une large part du texte, on passe en sa compagnie un très bon moment. Le début est bien beau aussi : les trois comédiennes entonnent en chorale à trois voix l’ode au soir naissant et c’est sublime.

« La Cantate à trois voix » me laisse donc une impression fort mitigée. Le verbe est poétique mais s’obstine à dessiner une femme objet. La mise en scène se veut pédagogique mais s’avère terriblement lourde. Le jeu est techniquement bon mais trop souvent désincarné.

Cathy Wolff

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18 octobre 2018 4 18 /10 /octobre /2018 19:31
Paradoxal
Paradoxal

Une production de la Cie Le Cri de l'Armoire

Vu le 11 octobre 2018 au Théâtre 13 / Seine (est représenté au Théâtre de Belleville du 3 au 30 novembre 2018).

 

Directeur artistique, créateur et interprète : Marien Tillet

Scénographie : Samuel Poncet

 

Genre : Thriller scientifique

Public : À partir de 13 ans
Heure de début : 20h (21h15 au Théâtre de Belleville) (durée 1h20)

 

J'ai tout d'abord été attirée par le sujet que le spectacle traite; pendant une heure vingt, un homme seul en scène nous parle des rêves. Nous suivons l'histoire d'une jeune femme, Maryline, jeune rêveuse lucide qui décide de participer à une expérience scientifique visant à étudier le comportement de plusieurs rêveurs lucides et de voir si ces rêveurs peuvent se rencontrer dans leurs rêves. Or, plus l'histoire avance, plus elle devient floue; des événements viennent perturber l'expérience, et le fil qui faisait avancer l'histoire se casse. Le spectateur finit par être perdu, confus, et se retrouve à la place de Maryline: il ne peut plus distinguer le rêve de la réalité. 

 

Le côté thriller ressort extrêmement bien; certaines scènes sont tellement angoissantes que le spectateur a l'impression d'être dans un cauchemar. De plus, l'ambiance inquiétante est créée en live. Les petits sons (des bouteilles qui glissent sur une table) sont beaucoup amplifiés et se mélangent, créant un désordre sonore total et oppressant; de plus, l'interprète (qui joue très bien par ailleurs) transforme une chansonnette pour enfants (Dans sa maison un grand cerf) en ritournelle sinistre. 

 

Pourtant, s'il excelle dans ce genre, il fait également usage d'autres; et il saupoudre parfois l'angoisse d'humour et de magie. Quelquefois, la transition entre une scène tendue et une scène humoristique est très brutale, ce qui apporte encore plus la confusion pour le spectateur. Mais ce qui désoriente le plus, ce sont des petits détails, des disparitions ou des apparitions inattendues et inexplicables, ce qui renforce l'impression de rêve.

 

Pour conclure, je dirais que "Paradoxal" est plus une expérience qu'un spectacle; le comédien nous fait passer du rire à l'angoisse et l'incompréhension, et nous fait vivre un rêve dont il est le maître. Pour moi, c'est un gros coup de cœur.

 

Juliette Lartillot-Auteuil

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14 octobre 2018 7 14 /10 /octobre /2018 15:17
F(l)ammes

 

Spectacle produit par Madani compagnie (La Nef, 93 Pantin) vu le 9 octobre 2018 au TQI-la manufacture des œillets (94, Ivry).

Mise en scène : Ahmed Madani
Texte : Aiat Fayez

Comédiens : Anissa Aou, Chirine Boussaha, Laurène Dulymbois, Dana Fiaque, Yasmina Ghemzi, Maurine Ilahiri, Anissa Kaki, Nina Muntu, Haby N’Diaye, Inès Zahoré

Genre : Théâtre
Public : Adulte
Durée : 1h40

C’est ma première chronique pour le TQI-la manufacture des œillets et je suis contente de faire découvrir ce lieu que j’aime tant et dont je suis paradoxalement une vieille habituée. Il faut dire que jusqu’à présent, le théâtre m’invitait sous mon statut de prof. Cette fois, les dates ne convenaient pas. Or je voulais vraiment découvrir "F(l)ammes". Aussi ai-je sorti la casquette Adadiff-Vivantmag. Il me faut en retour combattre ma flemme et écrire. Mais le TQI-la manufacture des œillets et le spectacle d’Ahmed Madani le valent bien !

Avant donc de parler du spectacle je voudrais rendre hommage à la structure. Le TQI siégeait il y a deux ans encore au théâtre Antoine Vitez. Depuis, si le théâtre existe toujours mais sous statut municipal, le TQI est devenu CDN et a emménagé à la manufacture des œillets, ancienne bâtisse industrielle très joliment restaurée. Ce petit historique est important car le TQI est l’un des rares théâtres à être resté fidèle à son éponyme, Antoine Vitez : les spectacles sont exigeants et populaires ; l’équipe mène une vraie politique d’ouverture au(x) public(s). C’est ici que j’ai découvert des metteurs en scène qui comptent aujourd’hui parmi mes préférés comme Jean Bellorini ou Yann-Joël Collin. Le spectacle d’Ahmed Madani que j’ai vu ce soir n’atteint pas ces sommets mais c’est un spectacle important dans son propos et très plaisant à regarder.

 

Elles sont 10 jeunes femmes sur scène. Elles s’emparent du plateau, d’abord tour à tour puis collectivement, pour raconter dans leur singularité ce qui malheureusement, s’apparente à une expérience commune dans la France d’aujourd’hui : comment être une femme libre quand précisément on est française mais femme, issue des quartiers populaires et fille d’immigrés ou simplement colorée. Toutes sont comédiennes amateurs mais savent raconter avec brio, émotion et humour les grandeurs et misères que leur valent leurs différences.

Le dispositif scénique est réduit à sa plus simple expression. Sur le sol, un périmètre blanc dessine l’espace du témoignage puis du jeu collectif. En avant-scène, un micro. En fond de scène, 10 chaises et un cyclo. Chaque entrée sur scène s’accompagne d’une vidéo qui montre la jeune femme soit dans la nature, soit dansante, soit en gros plan. Un chant, entonné par la précédente comédienne accueille la nouvelle. A partir du quatrième récit,  les scènes collectives ponctuent les récits singuliers. On s’embrouille sur la couleur de peau qui passe le mieux, sur ces fichus cheveux qui rendent nécessaire le détour par Château-Rouge en quête du produit miracle (ça, c’était doublement pour ma pomme, vu ma tignasse et mon adresse !). Mais on danse aussi, on mime les gestes de la grand-mère d’Anissa en train de confectionner la mahjouba ; on chorégraphie les passes de karaté que Chirine, ceinture noire, nous apprend pour nous défendre d’un éventuel violeur ! Tout feu, tout flamme, et la salle de fondre d’émotion devant des récits parfois poignants, notamment ceux des relations aux pères (Inès, Chirine). Et la salle de hurler de rire devant tant de situations cocasses, racontées avec un humour décapant. Voir Anissa, jeune femme voilée de 28 ans, mère de 5 enfants, jouer la façon dont elle a été réduite, à l’école primaire, en privée, à faire le poney pour être copine avec Marie-machin vaut son pesant d’or. Et la métaphore qu’elle file sur Ulysse et Pénélope pour raconter le partage des tâches dans le couple est juste fantastique.

J’ai donc, à l’instar de la salle, très jeune, été emballée par la pièce. Je regrette seulement quelques longueurs sur la fin ainsi qu’un enchaînement discutable des dernières scènes. Pourquoi, alors que les spectateurs avaient vu dans une chorégraphie sauvage le final de la pièce, placer un récit très dur (mais nécessaire) sur l’excision pour mieux le clore par une nouvelle chorégraphie? Résilience, tel est peut-être le message mais théâtralement, ce montage diffuse plutôt de la maladresse.

 

"F(l)ammes" est un spectacle engagé et combien nécessaire par les temps qui courent. Ne serait-ce qu’au théâtre, sur scène comme dans la salle, voir et entendre enfin la diversité, c’est juste salutaire. Point de pathos, point de manichéisme. C’est au contraire une vision complexe de la société et de ses blocages qui se dessinent à travers ces parcours. La générosité du jeu, l’authenticité de l’expérience, la variété des talents mis en œuvre par ces jeunes femmes sont assurément les armes les plus efficaces pour revendiquer l’égalité.

Catherine Wolff

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29 septembre 2018 6 29 /09 /septembre /2018 17:06
Une maison de poupée
Marco Zavagno

Un spectacle produit par La Brèche (Paris 10e) vu le 18 septembre 2018 au Montfort (Paris 15e).

Mise en scène : Lorraine de Sagazan
Comédiens : Lucrèce Carmignac, Romain Cottard, Jeanne Favre, Antonin Meyer Esquerré, Benjamin Tholozan

Genre : Théâtre
Public : Adulte
Durée : 1h40

La saison a enfin repris et, pour Vivantmag, c’est par le Montfort qu’elle commence. Ce qui a motivé mon choix ? Aïe : je vais me faire taper sur les doigts par notre grande féministe, Lorraine de Sagazan ! Mais son nom m’évoquait un grand artiste plasticien et performer, Olivier de Sagazan. Est-ce papa ? J’ai googlisé, a posteriori, en vain. Mais naïvement, je me disais que si elle était réellement enfant de la balle, le spectacle risquait de valoir sacrément le coup. Et puis il y a "Une maison de poupée" qui fait partie de mes pièces préférées. La déception a été à la hauteur de l’attente, abyssale.

Pourtant le postulat de base est vraiment intéressant. "Une maison de poupée" a maintenant un siècle et demi. Pour ma part, le féminisme de la pièce est toujours d’actualité. Mais je peux tout à fait entendre qu’on veuille la confronter à notre contemporanéité. Le spectacle commence par une lecture du texte façon italienne. Au bout de 5 minutes, Torvald adresse un "ça va" goguenard au public. Foin des livres et c’est parti pour une adaptation libre d'"Une maison de poupée" où les rôles sont inversés : c’est Nora qui occupe un poste à responsabilités et qui fait bouillir la marmite ; Torvald est homme au foyer. C’est de lui dont le docteur Rank est secrètement amoureux. Dans cette configuration désormais presque banale, Lorraine de Sagazan et les cinq comédiens en scène interrogent, au-delà des apparences, les invariants du rapport homme/femme dans le couple et dans la société.

Je  cautionne totalement la démarche. Je regrette amèrement la forme. C’est bien joli de vouloir faire du Tg Stan mais n’est pas le Tg Stan qui veut. Et ça tombe mal pour Lorraine de Sagazan : quelques jours avant, j’avais été voir "Infidèles" de ladite compagnie. Je ne l’ai pas chroniqué car le théâtre de la Bastille s’obstine à ne pas vouloir inviter Vivantmag. Mais j’ai eu tout le loisir d’observer une fois encore la parfaite maîtrise de leur art : une adaptation d’un (ou de plusieurs) texte d’auteur, un plateau nu avec quelques ustensiles du quotidien, une équipe resserrée qui se change à vue, une jauge plutôt intimiste pour un huis-clos d’autant plus cruel que le naturel du jeu est sidérant, un public sommé de prendre position et au final une sorte d’ambivalence entre le texte et la réalité de ce qui est joué. Eh bien c’est tout pareil chez Lorraine de Sagazan ! Du moins cela se voudrait être tout pareil. Outre que ce n’est pas très joli de copier, tout sonne faux, à part, peut-être, le dispositif scénique. L’adaptation est si mauvaise qu’on a du mal à suivre (et pourtant, je connais fort bien l’original) ; le texte tourne franchement au galimatias lorsque, à la fin du spectacle, il est projeté au mur tel le reflet des sentiments que la pauvre Nora, prostrée, n’est plus en état de dire. Vous l’aurez compris, le jeu est à l’avenant : ça éructe sans cesse, ça mange les mots, ça écorche le verbe, ça débite sans ressenti, ça gesticule. Seule note positive dans cet énorme gâchis : la scène de la danse admirablement mise en lumière par Claire Gondrexon.

L’intention de départ était belle. Sa réalisation est prétentieuse et fait penser à un projet de fin d’études. Le prétexte de "la première" ne saurait excuser un spectacle qui pèche totalement dans la forme. Des spectateurs sont partis (que j’eusse aimé !) ; d’autres, interrogés à la sortie, ont souffert en silence mais je dois avouer que l’ensemble de la salle n’était pas aussi hostile que peut l’être ma chronique. A mon sens, "Une maison de poupée" mise en scène par Lorraine de Sagazan est un massacre d’Ibsen et qui ne sert en rien la cause des femmes.

Catherine Wolff

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31 juillet 2018 2 31 /07 /juillet /2018 10:26
Anima - Hommage à Jean Cocteau

 

Spectacle de la Cie Magali Lesueur (06), vu le 16 juillet 2018, Festival Avignon OFF, La Factory/Théâtre de l'Oulle.

 

Chorégraphe et interprète : Magali Lesueur
Voix : Isabelle Carré  
Création musicale : Jonathan Guyonnet (violon) et Clément Maléo (arrangements)
Création lumière : Jean-Sébastien Marty


Genre : Danse, Poésie (poèmes Clair-Obscur de Jean Cocteau)
Public : Adulte
Durée : 40 min

La danse au service de la poésie. La voix au service du mouvement. À travers la chorégraphie de Magali Lesueur, mêlant rigueur et sensualité, la porte s’ouvre vers le rêve, duquel naît la création. Le spectacle « Anima » porte bien son nom : ce qui « anime » l’artiste. Son âme qui donne à l’art toutes ses nuances, sa complexité, son impertinence et sa puissance. Comme l’œuvre de Jean Cocteau. Une force empreinte de douceur, à l’image de la voix limpide et féminine de la comédienne Isabelle Carré.

Le sommeil et l’inconscient, sources de l’imagination selon Jean Cocteau. La danse de Magali Lesueur et la lecture sur scène d’Isabelle Carré donnent du relief au texte du poète, avec délicatesse et élégance. On admire la clarté de la gestuelle, qui se détache parfaitement sur la toile en arrière-plan, autour de jeux d’ombres et de lumière. Les mouvements qui se dessinent sous nos yeux, se juxtaposent avec grâce aux tableaux de Jean Cocteau projetés sur l’unique morceau de tissu. Derrière le voile apparaît parfois la silhouette de la lectrice Isabelle Carré, quand celle-ci n’est pas installée à une table en bois à droite de la scène, ou en train de s’avancer pour nous susurrer les mots du poète. De temps à autre, la voix de Jean Cocteau lui-même résonne dans la salle. Des bribes d’interview. On découvre alors l’envers du décor : ses pensées et son interrogation sur le processus de création. Le lâcher-prise fait partie des ingrédients magiques qui font apparaître le « moi » intérieur, sous différents prismes, dévoilant une face cachée, enfouie en nous-même… Se débarrasser du superflu, de tout ce qui nous encombre en termes de pensées et de préjugés, pour ne garder que l’essentiel, ce qui nous anime au plus profond. Ce laisser-aller donne la matière à l’artiste. Un art qui s’exprime sous toutes ses formes : la danse, à travers sa fluidité et sa forme paradoxalement totalement maîtrisée, tout en retenue ; la musique, qui accompagne les gestes de la danseuse ; le tempo des mots qui ressemblent à un instrument ; les dessins de Cocteau dans lesquels Magali Lesueur « se fond d’une façon extraordinaire », comme le souligne Isabelle Carré.

Poète, réalisateur, potier, dessinateur… Cette effervescence d’arts multiples a interpellé Magali Lesueur. Ce spectacle qui entremêle la danse et la poésie, la musique et la voix, est aussi l’occasion de découvrir d’autres facettes, parfois moins connues, de Jean Cocteau. La présence des tableaux rend hommage à ses talents de dessinateur. La mise en avant des dessins rappelle les fresques représentées sur la façade de Santo Sospir à Saint-Jean-Cap-Ferrat. En 1950, l’artiste a entièrement « tatoué » les murs de cette villa où il a vécu à la fin de sa vie. La chorégraphe révèle l’attraction ressentie pour ce lieu : « C’est le point de départ. Comme si j’y avais rencontré l’âme de Cocteau, dès que je suis entrée dans la villa. D’où le choix du titre Anima ». La présence de tissu sur scène fait écho au musée Cocteau de Menton, commune azuréenne très appréciée par le poète dont est originaire Magali Lesueur. Au début du spectacle, un voile recouvre le corps de la danseuse, comme une carapace dont elle va lentement se défaire pour dévoiler les profondeurs de son âme et la mettre en lumière. Un spectacle onirique. Une atmosphère surréaliste, à l’instar de Jean Cocteau dont l’œuvre appartient à ce mouvement artistique. Un plongeon dans l’univers de l’artiste, fruit d’une immense admiration.

Création originale et sobre à la fois, à l’image de la simplicité des vêtements de couleur unie portés par les protagonistes (lectrice en blanc, danseuse en noir). Riche de toutes les formes artistiques qu’elle explore, comme pour en extraire le suc : nous amener loin de ce plateau de théâtre, plus près de nos rêves et de notre inconscient. Nous faire découvrir l’ailleurs, en nous faisant voyager en dehors de nous-même et au-dedans. Un moment d’évasion et d’introspection. Serait-ce antinomique ? Peut-être. Mais c’est ici toute la complexité de l’art et ses paradoxes qui semblent être « décortiqués », un peu comme la gestuelle très appuyée de la danseuse avec ses mains. L’énergie circule jusqu’au bout des doigts, les phalanges gesticulent, le poignet se tord, comme le jeu des ombres chinoises, laissant libre cours à notre imagination. Là encore il faut connaître l’artiste au-delà de ses talents de poète : clin d’œil au film « Orphée » où Cocteau utilise les jeux d’ombres. Une passerelle qui nous mène à son premier long-métrage « Le sang d’un poète » où le réalisateur magnifie les mains avec une caméra braquée sur elles. On y retrouve des thèmes chers à Cocteau qui ont été source d’inspiration pour la chorégraphe : les corps et le miroir-porte qui symbolise le passage vers une autre réalité.

Deux femmes qui font une déclaration d’amour à l’artiste Cocteau. L’une avec sa voix. L’autre avec son corps. Toutes deux alliées, en osmose, en symbiose, en art et en amitié. Le processus de création, Isabelle Carré le connaît bien en tant que comédienne mais aussi en tant qu’écrivaine. D’ailleurs, son premier livre publié récemment s’intitule « Les rêveurs ». Adolescente, elle a découvert le texte « La Voix humaine » de Cocteau et a toujours rêvé de le jouer. Magali Lesueur, qu’elle a rencontrée sur un tournage, baigne également dans le milieu cinématographique. Isabelle Carré n’a pas hésité une seconde à participer au projet. Elle apprécie le style de sa partenaire qui, malgré une formation classique, s’est ouverte à différents types de danse dans lesquels elle va puiser son inspiration. « J’aime beaucoup la danse contemporaine vraiment dansée, comme elle le fait », décrypte Isabelle Carré. Dans cette chorégraphie, Magali Lesueur n’emprunte pas tant au langage théâtral, en multipliant surtout les références au travail cinématographique de Jean Cocteau. « La danse, c’est vraiment quelque chose qui me plaît de partager sur scène avec Magali, car mon rêve à 14 ans était d’être danseuse », raconte Isabelle Carré. La voix et la présence de l’actrice accompagnent les pas lents et souples de la danseuse, ses mouvements de bras et de mains, amples et précis. Descente au sol, lever de jambes, tête qui prend appui sur le plateau pour se courber en arrière et regarder le public à l’envers, yeux dans les yeux… Les spectateurs semblent captivés, assis sur les estrades de cette salle moderne de La Factory/Théâtre de L’Oulle (scène permanente d'Avignon nichée à l’arrière d’un restaurant). L’effet enchanteur agit, presque comme en hypnose. On serait prêt à s’endormir là, maintenant, preuve que l’invitation à la rêverie fonctionne. « Il y a un effet réparateur qui est assez exceptionnel dans le rêve. Toutes les frustrations de ce qu’on n’a pas pu accomplir dans la journée, on les accomplit grâce aux rêves », fait remarquer Isabelle Carré. « Ce spectacle parle de l’inspiration. Cocteau le dit très bien dans ses poèmes : les rêves sont peut-être ceux qui parlent le mieux de nous. Et pour les artistes, c’est une source d’inspiration infinie. » 

Lauren Muyumba

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27 juillet 2018 5 27 /07 /juillet /2018 13:53
L'Idiot
L'Idiot

Une production de la Compagnie Thomas le Douarec

Lieu : Condition des Soies

Dans le cadre du Festival Off d'Avignon, du 6 au 29 juillet

Vu le 25 juillet 2018

 

D'après le roman éponyme de Fiodor Dostoïevski

Interprètes : Stanislas Siwiorek, Thomas le Douarec ou Gilles Nicoleau, Bruno Paviot, Daniel-Jean Colloredo, Fabrice Scott, Marie Lenoir, Marie Oppert, Solenn Mariani, Caroline et Caroline Devismes

Mise en scène : Thomas le Douarec

 

Heure de début : 21h15 (2h15)

Genre : Théâtre

Public : Adultes

 

Ayant déjà vu un spectacle de la même troupe plus tôt dans le Festival, je suis allée voir "l'Idiot" pour la compagnie que je savais très professionnelle et sans plus de connaissances du roman ou de l'auteur que ce qui en était dit dans le résumé du programme Off. J'ai pu découvrir grâce à cette pièce les personnages fascinants de Dostoïevski et leur personnalité touchante.

 

J'ai trouvé le personnage du Prince Mychkine absolument sublime, tout comme son comédien : un être absolument pur et naïf qui se retrouve dans notre monde corrompu et qui devient "l'Idiot" pour les autres personnages. L'interprète ne sortait jamais de son rôle même lorsque l'attention du spectateur était portée sur un autre bout de la scène, et la personnalité douce et délicate du prince ressortait parfaitement. Bien sûr, tous les comédiens étaient excellents et rendaient la pièce vivante, mais celui-là m'a particulièrement touchée.

 

La mise en scène est simple, mais efficace : deux estrades sur les côtés et quelques cubes noirs au centre qui peuvent être déplacés selon les scènes. Chaque lieu s'adaptait et, pour signifier l'extérieur, un patron était placé sur le projecteur, ce qui nous montrait les ombres des arbres sur les murs. Les costumes étaient également magnifiques et très nombreux car quelques comédiens interprétaient plusieurs personnages et devaient par conséquent porter des habits différents pour chaque rôle.

 

Cette pièce est à ne pas manquer. Chaque personnage est une pièce d'un puzzle très bien réussi qui nous fait rire et pleurer. L'interprétation est magnifique, et l'on ressort de la salle bouleversé. C'est un grand coup de cœur pour ma part !

 

Juliette Lartillot-Auteuil

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27 juillet 2018 5 27 /07 /juillet /2018 13:40
L'Île de Tulipatan
Image transmise par la Compagnie

Image transmise par la Compagnie

Une production de DreamDust Production

Lieu : Théâtre des Corps-Saints

Dans le cadre du Festival Off d'Avignon, du 6 au 29 juillet, relâche les 10,17,24 juillet

Vu le 25 juillet 2018

 

Musique de Jacques Offenbach, livret de Henri Chivot et Alfred Duru.

Interprètes : Delphine Huet, Nicolas Bercet, Alexis Meriaux, Hervé Roibin, Dorothée Thivet

Mise en scène : Guillaume Nozach

Chorégraphie : Delphine Huet

 

Heure de début : 16h05 (1h15 mn)

Genre : Théâtre Musical

Public : Adultes

 

Le propos de la pièce est déjà très fascinant : une femme nommée Hermosa, qui est en fait un homme, tombe amoureuse d'Alexis, fils unique du duc qui dirige l'Île de Tulipatan, qui est en fait une femme. Dans l'histoire, les genres sont inversés jusqu'à ce que les deux apprennent leur vraie identité. La femme se voit obligée de faire la cour pour séduire l'homme, de lui demander sa main puisque c'est ce qui se fait dans la société. Cette opérette évoque également la place des femmes dans la politique, puisque Alexis est seule héritière de son père, et par conséquent elle seule peut lui succéder dans le règne de l'Île.

 

Offenbach, avec l'aide des deux librettistes, a créé avec sa musique un univers délirant, et les comédiens le représentent très bien. Ils s'éclatent sur scène et leurs personnages sont totalement loufoques ; de plus, ils sont également de très bons chanteurs. Avec cette pièce, ils nous offrent un bon moment de rire et de musique (aidés de la pianiste et de la violoncelliste qui sont également très douées), et on en ressort fasciné.

 

Les costumes sont également très intéressants, puisque les alliances de mariage sont représentées par des colliers avec un coquillage (l'histoire se passant sur une île), et les deux comédiens qui jouent presque un personnage du genre opposé sont très peu maquillés, ce qui nous montre bien qu'ils n'ont pas le genre qu'ils prétendent avoir tout en le jouant très bien (par exemple, le garçon ne porte qu'une robe pour faire croire que c'est une femme, pourtant il a quelques manières qui montrent qu'il a été élevé comme telle).

 

Je pense que pour passer un bon moment et s'éclater, cette pièce est un spectacle à ne pas manquer, et je lui donne avec plaisir trois étoiles.

 

Juliette Lartillot-Auteuil

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25 juillet 2018 3 25 /07 /juillet /2018 09:58
Avant que j'oublie

 

Spectacle de la Cie un et deux (84)
Vu le 21/07/2018 dans le cadre du Festival Avignon Off, à la Maison IV du Chiffre à 14h30.

De : Vanessa Van Durme

Avec : Marie-Hélène Goudet

Mise en scène : Violette Campo 

 

Genre : Théâtre

Public : Adulte

Durée : 1h05

Création 2017

 

Cette pièce offre un face-à-face poignant entre une femme âgée, en maison de retraite et atteinte de la maladie d’Alzheimer, et sa fille venue la visiter, comme chaque dimanche, quand il ne pleut pas… Ce moment partagé entre ces deux femmes, jouées par une seule comédienne, nous met face à une maladie que tout un chacun peut rencontrer sur sa route, d’une façon ou d’une autre. Moments de vie où resurgissent souvenirs d’enfance, évocation d’un fils pour l’une (frère pour l’autre), aujourd’hui absent, d'un mari (un père), disparu… Des relations mère-fille, pas toujours faciles, bref autant d’émotions qui ne peuvent que nous interpeller, plus ou moins profondément, en fonction de chacun.

Cette pièce, au décor minimaliste, nous met face à des réalités simples mais aussi tellement complexes. Pas facile de voir sa mère se perdre dans ses souvenirs, perdre ses souvenirs. Elle qui était si forte, si énergique, si sûre d’elle… parfois si autoritaire… devient tellement fragile.

La comédienne Marie -Hélène Goudet nous conduit, à travers un jeu subtil et efficace ponctué d’un zeste humour, sur des pentes délicates de l’amour filial, face à l’évolution d’une maladie qui efface irréversiblement le souvenir de ses plus proches...

Beaucoup d’émotions sur scène autour d’une pièce à découvrir avec une comédienne qui incarne deux personnages avec efficacité et subtilité !

Isabelle Mombellet

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24 juillet 2018 2 24 /07 /juillet /2018 18:12
Le Secret
Le Secret

Une production de la Compagnie Al Andalus Théâtre

Lieu : Théâtre Al Andalus

Dans le cadre du Festival Off d'Avignon, du 6 au 29 juillet, relâche les 9, 16, 23 juillet

Vu le 24 juillet 2018

 

D'après le roman éponyme de Frédéric Lenoir

Interprètes : Sabine Sendra

Mise en scène : Joëlle Richetta

Costumes : Josse

 

Heure de début : 11h30 (1h)

Genre : Théâtre

Public : Adultes

 

Lorsque je suis entrée dans la salle, sa disposition m'a tout de suite frappée : elle semblait avoir été aménagée en théâtre uniquement pour le Festival d'Avignon, et la scène était très petite, ne pouvant sûrement pas accueillir plus d'un comédien sur scène. Nous étions assis sur des chaises qui au bout d'une heure devenaient peu confortables. De plus, la climatisation ne faisait pas un bruit continu, ce qui aurait pu être plus facilement oublié, mais s'arrêtait et recommençait toutes les dix secondes, ce qui ne facilitait pas l'immersion dans l'univers de la pièce.

 

L'histoire en elle-même est assez captivante ; elle dévoile la cupidité et l'amour pour l'argent des hommes en mettant en scène un trésor connu d'un seul personnage, qui ne semble pas avoir la même notion de trésor que les autres. La comédienne, seule en scène, raconte l'histoire du point de vue d'une femme âgée qui l'aurait vécue lorsqu'elle avait cinq ans, mais joue également tous les autres personnages. Prenant différents accents, ports de voix et positions pour chaque personnage, son jeu était excellent ; malgré cela, sa voix très forte et légèrement rugueuse m'agaçait légèrement.

 

La mise en scène était bien pensée : elle n'utilisait pas seulement la scène pour jouer mais également l'allée qui se trouvait dans le public. Sur scène, les murs étaient couverts de peaux d'animaux qui pouvaient évoquer une grotte, et au centre une caisse en bois dans laquelle une bonne partie des accessoires qu'elle utilisait pour ses différents personnages se trouvaient.

 

Pour finir, je dirais que ce spectacle est vraiment bien mis en scène et joué, l'intrigue est intéressante et le suspense est bien géré. Pourtant, quelques détails m'ont empêchée d'apprécier la pièce à sa juste valeur.

 

Juliette Lartillot-Auteuil

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