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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
Vous y trouverez l'ensemble des commentaires de nos correspondants sur les spectacles qui ont été vus. Ce service est en ligne en accès libre depuis février 2007.
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Mode d'emploi...

Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

4 août 2021 3 04 /08 /août /2021 13:01
Où es-tu Cacahuète?

Spectacle « Où es-tu Cacahuète ? » de OJI PRODUCTION (34) vu au théâtre BO à 16h, le 11 juillet 2021 dans le cadre du Festival OFF d'Avignon du 9 au 25 juillet.

Interprétation : Maude Le Fur Camensuli, Nolwen Parizot

Mise en scène : Elza Pontonnier

Public :  de 2 à 8 ans

Genre : Spectacle musical

Durée : 50 minutes

Une jeune fille haute en couleurs recherche son petit chat, Cacahuète.
Nous voilà partis durant 50 min dans le grand livre des merveilles, où s'est encore une fois caché le petit chat. Un livre gigantesque et artistiquement incroyable pour les yeux d'un enfant. En tournant les pages, la jeune fille nous emmène dans des univers différents dont les classiques de dessins animés permettent parfois de réunir petits et grands. Une jolie voix, le ton juste, ce  spectacle nous offre aussi plusieurs chansons faites maison qui m'ont ramenée dans l'enfance devant certains Disney.

Le spectacle me semble un peu long eu égard à l'âge du public préconisé, de 2 à 8 ans,  d'autant que le débit d'informations y est assez important. Je dirais que 4 ou 5 ans me paraissent  plus adaptés pour "accrocher" et suivre l'histoire de ce chat "enlivré".

Pour le lieu, c'était ma première dans ce théâtre sis dans un Novotel. Assez étonnant de passer l'accueil de l'hôtel, en passant au-dessus de la piscine des hôtes, pour arriver dans la salle avec une configuration à plat, qui ne me paraît pas la plus adaptée au jeune public,  qui pour certains sont encore dans les bras et trop petits pour voir tout le décor et tout ce qui se passe sur scène.
Heureusement, un espace entre l 'espace scénique et les premières chaises a permis à quelques enfants de se retrouver, tel comme dans un spectacle de rue, et de profiter visuellement de tout ce qu'offrait ce spectacle.

Ce n'est pas le type de spectacle jeune public que je vais voir habituellement, mais j'ai été contente de dépasser un peu mes idées reçues sur les couleurs et les paillettes, qui m'avaient sauté aux yeux dans le teaser.
Malgré un spectacle qui me semble pas forcément pour l’enfant et le parent en même temps (exercice tellement difficile pour les spectacles jeune public), il s’agit d’un spectacle haut en couleurs, dynamique, qui émerveillera, je pense, vos enfants et donnera envie de fredonner quelques nouveaux airs...

Valérie Desbrosse

 

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30 juillet 2021 5 30 /07 /juillet /2021 09:01
Padpanik!!!

Spectacle de la Cie l’Estock Fish (13), vu dans la Cour du Spectateur à Avignon, le 16 juillet 2021 à 10 h 30, dans le cadre du Festival OFF d’Avignon du 10 au 31 juillet.

 

Metteur en scène : Olivier Gaudin

Interprètes : Olivier Gaudin, Lana Paic

Régisseur : Bertrand Roure

Genre : Cirque contemporain

Type de public : à partir de 3 ans

Durée : 45 minutes                    

 

À la Cour du Spectateur, un duo d’artistes circassiens nous présente un spectacle pour les enfants, enchainant les numéros divers et variés en mêlant l’humour et les acrobaties.

Nous sommes installées, ainsi que le jeune public, dans un espace agréable, ouvert, à l’ombre d’un arbre. Devant nous, un décor qui sert de coulisses aux comédiens et une grande boite, avec une silhouette peinte dessus, qui a deux trous pour les yeux et deux trous pour les bras. Sur le côté, le régisseur, qui régit la lumière et la musique devant nos yeux pendant toute la durée du spectacle.

Les comédiens assurent avec humour dans leur art ; ils sont très clownesques, ont beaucoup d’interactions et utilisent un langage qui préfère les onomatopées aux mots et qui crée des scénettes faciles à suivre et divertissantes. Mais l’humour, si dirigé aux plus jeunes, convient aussi aux moins jeunes ; les deux personnages qui évoluent sur scène ont un caractère propre et se complètent, nous emportant dans leur univers et leur histoire.

Pourtant l’humour, dans un spectacle de cirque, ça ne fait bien sûr pas tout : nos deux artistes performent avec aisance et expérience des tours et acrobaties, mêlant jonglage avec divers objets, échasses, et bien d’autres talents. Les différents tours sont incorporés à l'histoire et ne laissent jamais l’impression de sortir de nulle part.

Le régisseur, qui est sur le côté de la scène, n’est pas laissé pour compte : les artistes l’intègrent dans le spectacle en lui adressant parfois quelques mimiques, le prenant à part. Il agrémente la représentation avec des musiques entraînantes et effets visuels que nous avons beaucoup aimés et entraîne le public avec lui.

Padpanik!!! est un spectacle idéal pour divertir vos jeunes enfants, les faire rire et les charmer ; les plus grands ne s’ennuient pas non plus, et rient aussi !

 

Gabriette

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27 juillet 2021 2 27 /07 /juillet /2021 15:56

Spectacle de la compagnie Les Petites choses (34) vu à la cour du spectateur le 27 juillet 2021 à 10 h 45 dans le cadre du Festival OFF d'Avignon. Jusqu’au 31 juillet 2021.   

 

Auteur et interprète : Mathilde Aguirre 

Regard extérieur : Dora Cantero et Josef Hirsh 

Genre : Théâtre de papier 

Public : très jeune public de 1 an à 5 ans 

Durée : 25 minutes 

 

Dernière semaine du festival où l’affluence a considérablement baissée, mais où il reste encore plus de 500 spectacles accessibles, comme ce très joli spectacle pour les tout-petits. J’avais eu la chance de découvrir il y a plus de 10 ans le travail de Mathilde Aguire avec “Marcello, Champion de papier” . C’est avec plaisir que je suis allé découvrir l’évolution de son travail avec cette nouvelle création de 2019. 

Sur scène, un tas de papier. De sa voix douce et légère, mêlant ritournelle et mots posés là, la comédienne nous fait sentir et entendre le papier qu’elle froisse et qu’elle défroisse. Dans une économie de mots, elle fait émerger de cette montagne de papiers la couleur, les sons et les formes avec une extrême douceur : les sons d’une lune-Sanza (un piano à doigts), la famille de nuages et la ribambelle d'oiseaux, les animaux et leur verte prairie, l’océan et ses poissons, et les maisons. Un bestiaire animal poétique et sensible, où les enfants retrouveront des formes familières ou inconnues. 

Tout ou presque est en papier, et l’on a envie de se plonger avec elle dans cet univers de poésie construit de petites choses.

C’est un travail délicat tout à fait adapté aux tout petits qui peut se jouer dans des espaces tout terrain jusqu’à trois fois dans la journée. 

À découvrir encore jusqu’au 31 juillet.

 

Eric Jalabert 

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22 juillet 2021 4 22 /07 /juillet /2021 19:44
Source catalogue du Off 2021

Source catalogue du Off 2021

Spectacle de la Compagnie ELEE (78), vu au Théâtre des Barriques à Avignon, le 19 juillet 2021 à 11 h. Dans le cadre du Festival OFF d'Avignon du 7 au 31 juillet. 

 

Auteur : Carlo Collodi

Mise en scène : Alexandre Tourneur  

Interprète(s) en alternance :  Clotilde Daniault, Charlotte Fabre, Mathilde Puget et Alexandre Tourneur

Costumière :  Anne Ruault

Masques :  Marie Muyard

Genre : Comédie rocambolesque

Public : à partir de 4 ans

Durée : 1 h

 

Pour mon premier spectacle sur cette édition tant attendue du Festival Avignon Off 2021, j’ai choisi un jeune public, plutôt classique, qui relate l’histoire du pantin de bois Pinocchio qui deviendra peut-être un vrai petit garçon, si les enfants le décident…

L’espace scénique de la petite salle des Barriques est largement occupé par une sorte de baraque de foire en bois, dotée de pendillons, prolongée de chaque côté par un genre de « parapet ». Une grosse malle est installée. Les comédiens évoluent dans et autour de cette installation.

Alexandre Tourneur, en Mr Loyal, nous rappelle comment le vieux Gepetto, sculpteur sur bois, a créé une marionnette à partir d’un morceau de bois doué de la parole. N’ayant pas d’enfant, il souhaiterait qu’elle devienne un vrai petit garçon. La fée bleue donne vie à la marionnette, mais lui propose un marché. Pinocchio ne deviendra un vrai petit garçon que s’il s’en montre digne. Malgré les conseils du grillon, Pinocchio n’en fait qu’à sa tête et va affronter bien des situations périlleuses…

Le comédien fait appel à diverses techniques de marionnettes - à fils de différentes tailles, à main, d’ombres -, à l’utilisation de masques et de déguisements, pour incarner tous les personnages autres que Pinocchio (incarné par une jeune fille), de Gepetto à  Stromboli, en passant par la Fée Bleue (bienveillante, mais pas très jolie !). Quelques tours de magie viennent agrémenter ses différentes interventions pour le grand plaisir des nombreux enfants présents !

L’histoire reste fidèle et tous les personnages sont bien présents, même si je me suis interrogée sur le fait que Gepetto puis Pinocchio avaient été avalés par … un requin !

Vérification faite, il s’agissait bien d’une baleine, comme dans mon souvenir… Peut-être une baleine aurait-elle été trop grosse pour le castelet ? 

C'est finalement un agréable spectacle divertissant, mené tambour battant par deux comédiens dynamiques.

 

Cathy de Toledo

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13 juillet 2021 2 13 /07 /juillet /2021 13:07

Spectacle de la compagnie Le Blé en Herbe (69), vu à la Cour du Spectateur à Avignon le 8 juillet 2021 à 10 h (en avant-première). Dans le cadre du Festival OFF d'Avignon du 10 au 31 juillet. 

 

Création et interprétation : Irma Ferron

Genre : Marionnette - Objet

Public : jeune public (1 à 5 ans)

Durée : 35 minutes (2 fois 15 minutes)

 

Deux spectacles sont proposés aux tout petits. Les jours impairs : Le dit du petit frère & Le dit du large. Et les jours pairs : Le dit des bois & Le dit du flocon. 

Pour mon premier spectacle du Festival d’Avignon 2021, je vais assister à l’avant-première de la Compagnie Le blé en Herbe à la Cour du Spectateur, une cour d’école toute proche du Théâtre des Carmes. En ce lieu, les spectacles s’adressent aux enfants principalement. Ce matin là, une vingtaine de pitchouns de 2 à 3 ans de la crèche Persil, quartier voisin de l’école, constituent le public avec leurs accompagnatrices et moi-même.

À notre entrée dans la salle, Irma est agenouillée, vêtue de noir au centre d’un tapis de la même couleur, dans un espace scénique éclairé à minima. Autour d’elle, est éparpillée de la sciure de crayon et des crayons de couleur. Chacune des quatre histoires proposées va évoquer l’aventure des cinq frères : les cinq doigts de la main.

Irma Ferron a une formation de comédienne, marionnettiste et circassienne. Durant des années, elle s’est essayée à ces arts et aujourd’hui choisit de s’adresser aux plus petits avec principalement ses mains, ses doigts, son visage et sa voix. Le tout en délicatesse, veillant à induire lisibilité et sens afin de nourrir et de solliciter l’imaginaire des très jeunes enfants.

Je constate que les enfants présents sont tous et toutes captivés par ce conte coloré. L’actrice rassemble les couleurs, évoque par des mimiques la personnalité de chacun des frangins, parfois ponctue d’une chansonnette et les enfants rient, participent, captés par un visage, des doigts et des couleurs.

Avec des objets simples de tous les jours connus des petits, Irma fait évoluer son récit et le public va de surprise en surprise via des images visuelles à la fois dépouillées, recherchées et dénichées.

D’une beauté créative simple, accessible et d’une immense poésie. Des crayons arbres, un filet de pêche où sont emboitées comme des poupées russes des déchets, Irma nous surprend et captive par son talent les adultes comme les enfants.

Par ce spectacle, je recontacte une paix, une douce magie poétique, rare de nos jours, mais toujours propice à retrouver nos âmes d’enfants endormies.

Merci Irma pour ce travail fin et délicat de recherche destiné aux enfants, pour la qualité de ce spectacle proposé aux plus petits et de se mettre à leur portée avec intelligence, beauté et créativité, et ce, tout simplement !

 

Gisèle-Lydie Brogi

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12 juillet 2021 1 12 /07 /juillet /2021 09:15

 

Spectacle de la compagnie La Volubile (26), vu à l’Isle 80 à Avignon le 10 juillet 2021 à 17 h dans le cadre du Festival OFF d'Avignon du 10 au 31 juillet. 

 

Texte et mise en scène : Adrien Perez

Interprète : Anaïs Jouishomme

Genre : Théâtre

Public : Jeune public à partir de six ans.

Durée : 45 minutes

 

Conte poétique et visuel sur l’enfance.

Une grande tente d’indien plantée sur scène nous attends (prévoir une hauteur minimum de 4,20 quand même), terrain de jeux multiples de la petite fille de 7 ans et demi qui va nous raconter sa vie et ses mysteres.

Cette fillette sans nom, nous fait partager son secret : elle nous présente Georges, son petit frère invisible… Avec lui, elle nous emmène dans son imagination débordante, détourne les objets autour d’elle et décolle dans sa fusée-tente. Elle nous fait partager ses questionnements sur sa maman, le travail, le temps qui passe ou l’attachement. Son récit en continu est porté par de jolis effets de voix, un travail efficace de mime (son tigre est très félin et semble se glisser sur scène) et des surprises ici et là, comme ses percussions corporelles venant rythmer son récit ou ses bâtons à rubans apportant une touche visuelle et circassienne complémentaire.

C’est un kaléidoscope de l’enfance, riche et sensible, où les parents aussi sont passés à la moulinette de ce regard enfantin. Un spectacle pour les petits et leurs questionnements qui a su capter l’attention d’un public très à l’écoute. La chute finale – que je ne dévoilerais qu’à ceux qui le souhaitent -, apporte un élément de dramaturgie complémentaire qui donne un complément d’âme et une dimension supplémentaire à ce joli spectacle.

Laissez-vous tenter…

 

Éric Jalabert 

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10 juillet 2021 6 10 /07 /juillet /2021 16:49

 
Crédit : Philippe Hanula

Spectacle de la compagnie Théâtre du Midi (77), vu à la Fabrik Théâtre à Avignon le 8 juillet 2021 à 16 h 20. Dans le cadre du Festival OFF d'Avignon du 7 au 31 juillet. 


 

Texte, adaptation et mise en scène : Antoine Chalard

Interprétation : Florent Malburet, Antoine Chalard, Caroline Pallarès

Masque : Galina Molotov

Public : Enfants de 8 à 13 ans

Durée : 1 h

 

Un challenge extrêmement délicat que relève ici avec brio Antoine Chalard du Théâtre du midi. Parents, grands-parents d'enfants, courrez assister à cette représentation exceptionnelle de théâtre destinée aux enfants ! Quelle prodigieuse réussite que cette adaptation proposée à la Fabrik Théâtre en cette édition 2021 du Festival OFF d'Avignon.
 
Aujourd'hui plus que jamais après ces longs mois sans vous, acteurs, qui nous enchantent du "vivant", il n'est plus que jamais essentiel de conduire nos plus jeunes au théâtre, au spectacle vivant. Il dépeint, comme seul cet art sait le faire, notre humanité dans tous ses recoins beaux et sombres. Merci à Antoine et à l'ensemble de la Compagnie du Midi d'avoir œuvré si finement pour révéler aux enfants de manière élégante, sensible, intelligente et respectueuse, John Merrick, l'homme éléphant. Une prouesse pertinente d'adaptation, une ode à la différence d'une qualité et d'une sensibilité rare.

 

La pièce est vraiment conçue pour les enfants afin de leur conter, grâce à la magie du Théâtre, l'histoire de la vie de John Merrick (Elephant man). Fidèle à l'histoire originelle, l'œuvre proposée ici est habillement adoucie par une présence musicale fluide et douce, au piano essentiellement. Par rapport au film de David Lynch, la différence physique de John est atténuée et se limite à une tête difforme, et aucune déformation des mains et du corps. L’éclairage est doux, délicat. Les costumes d'époque sont soignés et parfaits. Sur le plateau, le décor sobre se limite à un fauteuil voltaire, un voilage qui permet un arrière-plan scénique. Le tout évite la lourdeur, et reste léger et délicat.

Ici, l'histoire se décline en conte. Elephant man, John, est introduit finement, avec grande délicatesse et les scènes sont ponctuées de silence avec quelques notes de piano attendrissantes et apaisantes. Là, il n'y aura pas d'insistance sur le pathos ni la cruauté de Madame Kytes, ni l'exploitation de cet être humain en animal de foire. Les faits sont évoqués sans insistance. Les non-dits, plus que des mots, ont leur place, ils laissent place à la découverte de la sensibilité et l'intelligence de cet être humain malmené.

 

Ainsi la rencontre avec le Docteur Treves et l'entrée de John en son hôpital révèlent à tous qui est John Merrick. Sous la protection du Docteur, peu à peu, il parle, s'exprime, s'ouvre progressivement aux autres. Il reprend confiance en lui, se fie aux autres, notamment à l'infirmière Madame Motherhead (interprétée par Caroline Pallarès) fort hostile lors de son arrivée au sein de l'établissement. John a repris confiance progressivement en son entourage. 

Ainsi, le Docteur va lui proposer de rencontrer peu à peu dans sa chambre l'élite londonienne dont une admiratrice. Alors que John lui l'ignore, il s'agit de la princesse Alexandra du palais royal de Londres. Plusieurs visites, et très vite, ces deux là deviennent amis. Lorsque lors d'une de ses visites, Alexandra lui offre un phonographe, ils dansent sur l'air de "un jour mon prince viendra". S’ensuit un tableau magnifique, la jeune femme termine sa visite et, resté seul, John danse seul dans un cercle de lumière.

L'interprétation des trois personnages féminins aux personnalités fortes et opposées sont portées avec le talent de Caroline Pallarès qui est terrible et toute de douceur aussi. D'un spectacle si sensible et juste, on sort touché par la triste et émouvante réalité. Cette proposition théâtrale destinée au jeune public permet un regard bienveillant sur cet être "hors normes". C'est ce que permet, cette précieuse version contée, délicate et superbement construite du début à la fin. Cette forme est parfaitement adaptée aux enfants bien souvent plus tolérants que les adultes à considérer leur prochain avec empathie et amour.   

 
Merci à Antoine Chalard et à son équipe d'avoir créée ce spectacle au service de l'adulte en devenir, porteur d'une intelligence innée et en cours d'acquisition dès le plus jeune âge. Une étape essentielle importante pour les générations à venir et le spectacle vivant de demain. Merci à vous de nous surprendre, de nous émouvoir toujours plus ! Et pour Florent Malburet, excellent, masqué tous les après midi et notamment en cette année 2021, ce fut admirable !  Merci évidemment à tous les niveaux, je compatis, le public aussi, et on vous remercie du fond du cœur pour cette incarnation parfaite de John.

BRAVO !

 
Gisèle-Lydie BROGI
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1 décembre 2020 2 01 /12 /décembre /2020 23:09
touneboule.com

touneboule.com

Les enfants, c'est moi

Un spectacle de la «Cie Tourneboulé» (59) vu au Théâtre Paris-Villette le 1 décembre 2020.

 

 

Mise en scène et écriture : Marie Levavasseur

Comédiens : Amélie Roman et Tim Fromont Placenti

Musique : Tim Fromont Placenti

Marionnette et objets : Julien Aillet

Genre : théâtre d’objets, marionnettes et clown

Public : Jeune public (à partir de 8 ans)

Durée : 1H

 

 

Depuis que mes filles sont grandes, je ne vois plus qu’exceptionnellement du théâtre jeune public. Mais par les temps qui courent, tout est bon à prendre ; en l’occurrence, « les enfants, c’est moi ». Plaisir inouï de retourner au théâtre mais le spectacle ne m’a pas convaincu.

Le théâtre Paris-Villette, établissement public de la Ville de Paris, se spécialise de plus en plus dans le jeune public, à entendre au sens large. Il vient de faire peau neuve et cette restauration n’était pas pour rien dans cette générale, exceptionnelle à plus d’un titres : l’émotion d’être tout simplement là et faire partie de la vingtaine de privilégiés (sur une jauge de 200 places) nous ont rappelé, s’il en était besoin, l’importance vitale du spectacle vivant.

« Les enfants, c’est moi » raconte l’histoire d’une femme-enfant qui devient mère et qui découvre les joies et les affres de la maternité. Le personnage principal, des plus fantasques, est un clown à la voix qui oscille entre voix d’enfant et voix de sorcière.  Il évolue dans un univers de marionnettes et de théâtre d’objets très baroque. A cours, le pupitre musical (clavier, guitare, petites percussions, chant) de Tim Froment-Placenti. A jardin, de beaux arbres modulables en fer forgé. En avant scène, tout un peuple de poupées  et d’objets miniatures qui vont servir au jeu et à la définition de différents espaces scéniques. En fond de scène, trois allemandes et  un autel champêtre et suspendu, dédié à la Vierge, mère de toutes les mères. Des cintres tomberont aussi maints accessoires car notre jeune maman n’est pas encore sortie de la pensée magique.

La manipulation des objets et des marionnettes à tige, les changements de voix, les gobos, le jeu en général sont agréables à regarder. Il y a de très jolies images comme ce landau qui, tel un automate, se déplace seul, s’illumine de l’intérieur et fait entendre une comptine revisitée. Les clins d’œil au répertoire du conte sont légion. Et malheureusement, c’est là que le bât blesse.

A qui ce conte contemporain est-il destiné? Je ne suis pas sûre que les problématiques de la maternité palpitent  les plus jeunes ? Leur montrer que les parents ont des limites, qu’ils sont parfois débordés au point de ne rêver qu’à un pot entre potes me semble tout à fait salutaire. Mais de là à faire de cette mère immature et « qui se sent nulle » une mère qui abandonne me semble infliger une insécurité psychologique inutile aux enfants. Bien sûr, Du « Petit Poucet » à « Hansel à Gretel », ce ne sont pas les histoires d’abandon qui manquent dans les contes. Sauf que le contexte historique était différent. Sauf que n’est pas qui veut les frères Grimm ou Andersen ! Que les enfants aient des ressources à toute épreuve, certes, mais contrairement à ce qui est chanté, ils ne sortent jamais indemnes des « familles en vrac ». Alors, ce conte s’adresserait-il aux adultes? En ce cas, on serait en droit de demander autre chose qu’une voix  pseudo enfantine et une autre musique que des chansons à la Henri Dès.

 

« Les enfants, c’est moi » est un spectacle agréable visuellement. Mais son propos est d’autant plus ambigu que le synopsis n’annonce benoîtement qu’un « conte initiatique aussi drôle que grinçant pour réfléchir ensemble à la relation qui nous lie, parents et enfants ».

 

Catherine Wolff

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22 octobre 2020 4 22 /10 /octobre /2020 17:30
RaConte & Moi
RaConte & Moi

Spectacle de la compagnie Hors Logerie (12) vu au Festival « Les petites formes d'Automne »de Montfavet  le 4 octobre 2020.

 

Texte : Hayma Pauline et Hebrard Nicolas

Mise en scène : Hayma Pauline et Hebrard Nicolas

Interprétation : Hayma Pauline et Hebrard Nicolas

Genre : Entre-sort artistique sous yourte autour du conte illustré

Public : Jeune public et tout public

Durée : 15 min et en accès libre

 

En entrant, je suis surprise de voir comment la compagnie a su transformer cette salle (en raison de la fraîcheur, le spectacle se joue en intérieur) sans identité avec autant de couleurs, de chaleur et de convivialité. Un véritable cocon  où l'on peut feuilleter des ouvrages partout en attendant que le spectacle des deux artistes aux tenues colorées et vintages commence. Voilà, ça débute, en musique, avec instruments mais aussi avec des objets dont les sons nous surprennent. Tous les spectateurs sont captivés. Puis arrive une douce voix féminine qui me donne envie de méditer voire de fermer les yeux pour écouter ce conte. Une musique qui m'embarque, peut-être même un peu trop car il me faut revenir sur l'entre-sort pour écouter attentivement le conte choisi.

Et ce conte c'est « Voyage(s) », illustré par l'artiste elle-même. Un conte aux dessins qui me font eux-mêmes voyager mais surtout un conte autour de tous les aspects du voyages: voyager dans sa tête, voyager autour du monde, voyager en rêvant mais aussi le voyage choisi ou subi. Une véritable déclinaison de définitions du voyage que nous abordons musicalement et tendrement avec nos enfants.

Un entre-sort qui m'ouvre une parenthèse matinale artistique et me donne envie de reparler rapidement de la notion de voyage avec ma fille. Elle repartira donc avec le livre de l'artiste.

En tant que parent, je suis admirative de ce travail artistique qui trouve le juste équilibre d'une proposition pour les parents comme pour les enfants. Et dans le spectacle jeune public, je sais que ça n'est pas évident.

L'accès libre à cet espace ajoute une dimension participative, collective dans laquelle je me retrouve totalement.

Merci pour ce chaleureux moment.

 

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19 octobre 2020 1 19 /10 /octobre /2020 19:27
Le vilain petit canard
Le vilain petit canard

Spectacle  de la compagnie Kronope (84) vu à la Fabrik Théâtre le 16 octobre 2020.

 

Auteur : collectif Kronope

 Mise en scène : Guy Simon

Comédiens : Loïc Beauché,  Anaïs Richetta, Clotilde Durupt

 Genre : Théâtre

Public : Tout public à partir de 6 ans

Durée : 1h

 

A la Fabrik Théâtre, l’accueil se fait toujours côté cour. Petits et grands attendent impatiemment d’être placés, crise sanitaire oblige ….

Le spectacle commence dans une cour d’école. Une petite fille et un petit garçon, un nouveau. Il n’a pas de copains encore. Il se trouve laid. Elle aussi le trouve moche. Et elle ne se gène pas pour le lui dire, l’embêter et le rabaisser ….

L’histoire du vilain petit canard est celle d’une cane qui couve trois œufs dont l’un est très différent et d’où va sortir un caneton lui aussi très différent. Rejeté de tous, moqué, tapé, il est contraint de partir loin de sa famille. Ceux dont il croise le chemin ne l’acceptent pas non plus. Il rencontre le rejet, des dangers, la mort, le froid de l’hiver. Un jour de printemps cependant, il regarde son reflet dans l’eau et découvre qu’il est devenu un magnifique cygne, tellement beau que tout le monde va l’admirer.

La mise en scène est – comme dans toutes les pièces du Kronope – virevoltante, décalée, rythmée à en perdre le souffle. Trois acteurs jouent un nombre infini de rôles ; les personnages sur scène se succèdent et ne se ressemblent pas. Les enchaînements sont parfaits et surprenants. Lumière, sons et mise en scène sont en harmonie totale.

L’histoire se déroule dans une superposition d’ambiances, de plans scéniques, d’univers. On voyage de la cour d’école à un conte du siècle dernier, en passant pas la mare aux canards  et par d’autres mondes totalement imaginaires. Un intermède en rap rythme ces passages.

Avec des éléments de décor très simples, les acteurs créent des lieux tout particuliers. Ainsi, on nage dans l’eau avec le vilain petit canard, alors qu’il n’y a aucune eau sur scène. Des tissus vont servir à créer un univers glacial avant de se transformer en magnifiques ailes de cygne.

Les détails sont succulents : le chat qui fait des étincelles, le chien qui se perd sur scène, les pattes palmées des canards, l’œuf que pond la poule sous nos yeux, la danse aux éventails. Un grand bravo pour les costumes, qui sont tous plus beaux et ingénieux les uns que les autres.

 

Ce conte de Hans Christian Andersen est autobiographique et nous amène à faire des parallèles avec nos propres histoires, nos rencontres avec la nature humaine, quelque soit notre âge.

L’histoire – et son interprétation – nous parle de la différence, qui initialement handicapante, devient finalement  un atout. Elle nous parle de l’acceptation de soi, de l’acceptation par les autres.

Qu’est-ce que les enfants vont en retenir ? La différence et les comportements cruels qu’elle provoque ? La possibilité de devenir soi-même, de s’aimer et d’être aimé par les autres ?

Quoi qu’il en soit, les jeunes spectateurs ont été captivés, même les moins de 6 ans, et ce tout au long de la pièce. La troupe nous a tous embarqués dès les premières minutes.

A consommer sans modération de 6 à 106 ans!

 

 

Maren Scapol

 

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