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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
Vous y trouverez l'ensemble des commentaires de nos correspondants sur les spectacles qui ont été vus. Ce service est en ligne en accès libre depuis février 2007.
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Découvrez sur le site www.vivantmag.fr, le catalogue des spectacles repérés... et l'ensemble des services de l'Association d'Aide à la Diffusion Interrégionale du Spectacle Vivant, l'AdAdiff.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

9 mai 2016 1 09 /05 /mai /2016 20:46
La Mer
Source : Compagnie Chaotik
Source : Compagnie Chaotik

Spectacle de la Compagnie Chaotik Théâtre (34), vu le 26 avril 2016, en séance centre aéré, au théâtre la Vista, Montpellier (34). Sortie de résidence, première représentation publique.

Texte et mise en scène : Olivier Labiche

Jeu : Benoit Saladino/Julien Assemat en alternance, Olivier Labiche

Genre : Théâtre

Public : Jeune public à partir de 3 ans

Durée : 50 min

Création 2016

L’ambiance maritime est évoquée avec des bruits de vagues, accompagnés d’une musique douce. Installés d’un côté du plateau, trois musiciens jouent et chantent en direct. Un tissu léger couvre le sol, agité par une soufflerie… Les vagues clapotent sous un tout petit bateau arrondi, une vraie "coquille de noix" !

Sur l’écran en fond de scène est projetée l’image d’une côte escarpée, qui s’éloigne pour disparaître à l’horizon, au fur et à mesure que le bateau gagne la haute mer. L’impression de mouvement est encore accentuée par l’agitation du jeune garçon sur le bateau "culbuto". Il monte au mât, défait la voile, tire des bords, tout en commentant ses actions à l’attention de son fidèle compagnon de voyage, sa poupée Mario… La succession des jours et des nuits est bien rendue par une belle gestion de la lumière, dans un halo feutré. La rencontre avec des animaux, oiseaux, baleines, bancs de poissons, est évoquée avec poésie par des projections sur l’écran et sur le tissu des vagues.

Mais le voyage initiatique qu’a entrepris le jeune garçon n’est pas de tout repos ! Après avoir été frôlé par un gros paquebot, après avoir affronté la tempête qui déchire la voile et le mal de mer, et alors que la nourriture et l’eau viennent à manquer, le garçon cède à la fatigue et s’endort... La poupée Mario prend alors vie pour devenir un vrai compagnon en chair et en os, et une aide précieuse pour terminer le voyage sains et saufs !

C’est un joli spectacle, porté par une scénographie efficace qui rend bien compte de l’étendue et des mouvements de la mer, en utilisant à bon escient projections de dessins et d’images. Le jeune public est embarqué à la découverte du vaste monde dans le sillage de ce petit garçon épris de liberté. Il ose braver l’inconnu et les éléments, va ainsi gagner en autonomie et devenir grand… Très attentifs, les enfants ont bien suivi l’histoire, réagi à l’apparition des animaux marins, sans être impressionnés le moins du monde par les mésaventures qu’affronte le jeune garçon !

Malgré quelques soucis techniques et de légères imperfections pour cette toute première représentation, "La Mer" est un spectacle prometteur destiné plutôt à un public de classes maternelles... A suivre !

Cathy de Toledo

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29 avril 2016 5 29 /04 /avril /2016 18:01
Rose
Rose

pectacle de la Cie Le Mouton Carré (69), vu le Mercredi 6 avril 2016, à 18h30, au Théâtre du Chai du Terral, Saint Jean de Védas (34)

D'après le roman de Colas Gutman (2009)

Mise en scène : Nathalie Baussand

Scénographie et création de marionnettes : Bénédicte Gougeon

Création musicale et univers sonore : Romain Baranger

Création Lumière : Jordan Lachèvre

Genre : Théâtre d'habits sur fil musical

Public : à partir de 7 ans

Durée : 1h15

Création 2015

Prix du Jury Coup de Pouce 2012, Festival Au Bonheur des Mômes

Rose est une petite fille qui déménage dans une nouvelle ville, elle change d’école, de professeur, de copains et découvre sa nouvelle vie. Petit bémol, Rose a un défaut de langage et parle comme une "tartinouille" quand sa langue se "croche-patte". Elle aurait pu se replier sur elle-même, mais elle a fait le choix d’aller vers les autres, et d’assumer sa différence.

Bénédicte Gougeon campe parfaitement cette enfant et, dans une mise en scène très originale, occupe totalement l’espace. Romain Baranger lui donne la réplique, en musique, en bruitages et en dialogue. Les deux acteurs donnent vie à différents objets qu’ils transforment en une multitude de personnages. L’actrice virevolte d’une personne à l’autre en mimant chaque attitude avec grâce et dextérité : les professeurs sont des lampadaires, la mère une ventouse mouvante. Elle anime les habits d’une étonnante garde-robe, donnant vie à de nombreux personnages suspendus à deux fils à linge, tendus sur scène, servant de support à tout ce beau monde. Une grande place est accordée à la lumière. Elle crée des ambiances tantôt festives, tantôt chaleureuses, et délimite de nouveaux espaces. Les intrigues et les amitiés se nouent autour de la cour d’école et de l’épicerie du quartier.

Cette pièce, joyeuse, est destinée à un jeune public, mais les adultes, grâce au rythme soutenu et à une mise en scène ingénieuse, peuvent y retrouver également leur âme d’enfant. La pièce porte un message de tolérance et d’amitié. C’est un spectacle où les enfants et les parents partagent les mêmes émotions.

Richard Gineste

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22 février 2016 1 22 /02 /février /2016 21:27
Léou Doudou ?
Léou Doudou ?

Présent sur le Off 2016

Spectacle de la Cie Théâtrale Francophone (34), vu le 23 Déc. 2015, 10h30, au théâtre Pierre Tabard, Montpellier (34)

Texte et mise en scène : Damiane Goudet

Assistante : Axelle Abéla

Interprète : Lili Sagit

Costumes et accessoires : Mira Belle Gille

Genre : Théâtre

Public : Enfants de 6 mois à 5 ans

Durée : 30 min

Création 2011

Dans un spectacle tout en fantaisie et en couleurs, une petite fille, Nina (L. Sagit), s'amuse. Elle s'imagine allant dormir chez sa grand-mère. Très affairée par ses bagages, elle déballe sa valise, joue, mime le repas, mais au moment de se coucher, plus de doudou ! Un joyeux désordre règne dans la chambre. Comment chercher ? Avec l'aide de ses marionnettes, Nina va retrouver Doudou en rangeant soigneusement ses affaires. Exclamations, onomatopées, jeux sur les mots, manipulations d'objets déplacés, cachés, redécouverts, pantomimes et mimiques, captent l'attention des petits, sur un rythme tranquille.

La simplicité caractérise ce spectacle qui avance tranquillement en suivant le fil du jeu et des rêves d'une petite fille. Décor sobre, couleurs aux dominantes rouge et vert. L'histoire démarre avec des éléments très simples : quelques cailloux colorés, une petite valise, un cercle imaginaire tracé sur le sol (le lieu de l'imaginaire), un fil tiré et enroulé par-ci par-là, une ombre sur le fond de scène et quelques sons. Et voilà que Nina emmène les spectateurs dans de petites aventures à la portée des tout-petits, illustrées d'onomatopées et de phrases et rimes simples où se glisse un peu de vocabulaire plus soutenu. Très affairée mais sans sortir de son cercle "de jeu", L. Sagit extrait des objets de sa valise, comme autant de surprises. Elle les personnifie, mime, met du suspense dans certains gestes ou certains mots, comme font les enfants dans leurs jeux. Les jeunes spectateurs se montrent très attentifs dès le début, puis ils réagissent, répètent les mots, s'exclament ou rient. Je ne sais pas si la leçon sur le rangement de la chambre est reçue cinq sur cinq (!), mais ce spectacle enjoué et plein de douceur passe manifestement très bien auprès des tout-petits. Réussi !

Attractif, "Léou Doudou?" incite les petits à fixer leur attention sur des visuels simples, à jouer sur des sons et à découvrir l'univers des mots sur un mode ludique. A conseiller pour les petits accompagnés et aux collectivités d'enfants d'âge préscolaire. La compagnie propose un dossier pédagogique.
Le spectacle est adaptable à une grande variété de lieux et ne demande pas de mise en œuvre technique.

Catherine Polge

Autres spectacles de la Cie sur le blog : Hansel et Gretel

Pelagia, Titam C moi, Vanille la Chenille, Lune et l'accordéon, l'Enfant qui regardait les étoiles, La Mort de Don Juan, Antigone

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20 février 2016 6 20 /02 /février /2016 20:23
Tout pareil!
Tout pareil!

Spectacle de la Cie Pic et Colegram (34), vu le 30 Sept. 2015, 16h, Théâtre de la Vista, Montpellier (34)

Conception et interprétation :
Sarah Hassler (chant, guitare, percussions et flûte traversière)
Marou Thin (chant, accordéon, percussions et flûte traversière)
Textes et musiques: Sarah Hassler et Marou Thin

Genre : spectacle musical et gestuel

Public : enfants de 18 mois à 5 ans

Durée : 30 minutes

Jauge maxi : 50 (ou 80 en scolaire)

Création 2015 : Première

Connue pour son orientation vers l'éveil des jeunes enfants au spectacle vivant et à la musique, Pic et Colegram propose ici une création sur le thème de l'imitation et de la construction de l'identité. Sur scène, trois caisses empilées. En arrière, surgissent deux têtes, puis deux bras, des doigts qui bougent, mais combien de mains ? Quand S.Hassler et M.Thin, sortent de leur cachette, quelle surprise ! Elles sont presque identiques : même coiffure, même costume, et elles s’amusent à faire "tout pareil"…ou parfois pas du tout pareil, pour se singulariser. Les deux artistes construisent un espace ludique et poétique, en créant de nombreuses surprises visuelles et sonores. Elles jouent sur les formes et les volumes avec jeux de doigts et pantomimes. Comptines, onomatopées, chansons, mélodies et sonorités musicales diversifiées se succèdent sur un rythme harmonieux, adapté aux jeunes enfants.

J’ai été séduite par les nombreuses qualités scéniques et musicales de ce spectacle tout neuf. Le décor simplissime est astucieux et les éclairages bien pensés. A l'aide de quelques caisses, S.Hassler et M.Thin créent des espaces à géométrie variable propres à susciter la curiosité et l'étonnement. Leur duo est très amusant, avec de belles pantomimes nettes, précises et amusantes. J’ai apprécié l'humour, omniprésent et à la portée des enfants, ainsi par exemple lorsqu’elles s’interpellent ou quand elles dessinent du doigt un escargot qui devient le tranquille fil conducteur du spectacle. Quant à la qualité musicale et vocale de ces deux artistes, elle  n'est plus à démontrer. Elles créent un paysage sonore en perpétuelle évolution, source d’émerveillement où les enfants peuvent retrouver des sonorités familières, tout comme en découvrir de nouvelles. Les jeunes spectateurs ont tout de suite été captivés et ont participé, malgré un peu d'agitation liée au dépassement de la jauge. Une réussite.

Ce spectacle déborde de sensibilité artistique et d’une joie communicative. Il initie les jeunes enfants à l’observation et à l’écoute sensible, tout en les rassurant sur leur recherche d’identité dans une confrontation ludique à l’altérité. Je ne saurais que recommander "Tout Pareil" pour les petits accompagnés de leurs parents ou en collectivité. Les adultes seront également séduits par la qualité esthétique. La compagnie donne des indications précieuses pour l’accueil du spectacle (locaux, jauge, etc.) et propose une version autonome pour les salles non équipées.

Catherine Polge

(photo de la compagnie)

Autre spectacle de la compagnie sur le blog : "Zouibap"

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20 février 2016 6 20 /02 /février /2016 20:21
Le petit chat magicien
Le petit chat magicien

Spectacle de la Cie ONG DAM (34), vu le 27 Oct. 2015, 10h30, au théâtre Carré Rondelet, Montpellier (34)

Création et interprétation : Jasmine Dziadon

Genre : Théâtre

Public : Enfants de 2 à 6 ans

Durée : 35 min

Création 2015 (il s'agit d'une des premières représentations)

"C’est l’histoire d’un chat qui parcourt tout seul la Terre entière…" Ainsi commence ce conte qui se poursuit en voix off. J.Dziadon seule en scène, joue le quotidien d’un chat errant. A l'aide de pantomimes, de magie, de marionnettes, de jonglage, de comptines et de musique, elle incarne avec tendresse les difficultés vécues par ce petit sans-abri : la peur, la faim, les rencontres… La tristesse affleure bien sûr, mais le spectacle échappe à la mélancolie car ce chat est malin, tendre et drôle et toujours ouvert aux aventures, au jeu, à l’amitié et au rêve. Après une évocation de "la petite marchande d'allumettes" d'Andersen, le conte finit sur une note optimiste. Porté par une belle histoire ce spectacle très vivant et plein de suspense incarne des émotions que les jeunes spectateurs éprouvent parfois confusément et peut susciter chez eux empathie et réflexion.

En décor un échafaudage. En fond de scène une intéressante toile peinte (de J.Dziadon) : la rue et ses dangers, du point de vue original d’un chat, au ras du macadam. L’ambiance s'affiche d'emblée à la fois réaliste, poétique et humoristique. Vêtue de la tête aux pieds d'un collant noir, J.Dziadon se glisse dans la peau d’un chat avec une aisance dans la pantomime qui laisse présumer d’une vie antérieure toute féline ! Son beau texte s'articule harmonieusement avec les nombreuses scènes musicales, de magie, de jonglage, etc. qui donnent beaucoup de dynamisme à l'ensemble. Et quelle diversité de talents ! Le fil narratif tient le spectateur en haleine, car la triste vie de ce chat est pleine de rebondissements. Il n'y a cependant pas à redouter des torrents de larmes chez les jeunes spectateurs car J.Dziadon joue sur plusieurs registres : tragique, comique et même onirique comme dans la belle scène de rencontre entre le chat et la "petite marchande d’allumettes". Ce personnage de chat a d’emblée été adopté par les jeunes spectateurs qui ont beaucoup participé (réflexions "oh le pauvre !", rires). Ce petit animal fait preuve de lucidité devant les obstacles, d’ingéniosité dans le désir de survie, d’une grande joie de vivre malgré les difficultés, et d’une belle richesse de sentiments : tout cela ne peut qu’aider les jeunes spectateurs dans leur perception de la complexité de la vie. J'ai senti tout au long du spectacle un grand respect de l'enfant de la part de l'artiste.

Ce spectacle très attrayant, plein de qualités artistiques et de poésie, est à recommander à tous les enfants qui rêveront ensuite longtemps des aventures du chat magicien. Les adultes apprécieront également.

Se joue aussi en extérieur.

Catherine Polge

Autres spectacles de la compagnie sur le blog: "Cubeo et Bouliette" et "La Femme perplexe"

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22 septembre 2015 2 22 /09 /septembre /2015 20:04
Histoire en bois
Histoire en bois

Spectacle de la Cie Moustache (34), vu au théâtre Plume, Montpellier (34) le 20 Mai 2015, 16h.

Ecriture et mise en scène : Philppe Hassler

Jeu : Marine Montero, David Descouts

Musique : Sarah Amiel Hassler

Décors : construction en Kapla.

Genre : Théâtre, objets

Public : à partir de 4 ans

Durée : 40 min

Création 2015


Ce petit théâtre rassemble une trentaine de spectateurs dont une bonne moitié d'enfants, pour une des premières représentations de ce spectacle. L'histoire commence comme un conte. Chargé d'édifier le château de l'A-peu-près, Alban s'absorbe dans une magnifique construction en Kapla* sous les directives de la reine. Tâche ardue car non seulement cette reine au caractère détestable le contrarie sans cesse, mais dans ce royaume les mesures se font à la louche... D'ailleurs, dans ce monde loufoque et approximatif, même le langage passe par des "à peu près" ! La construction avance, émaillée de jeux de pouvoir et de retournements de situations avec de véritables gags. Ce conte offre de palpitantes aventures avec cheval blanc, musique et valse, puis déraille en dispute, bagarre et course-poursuite au milieu du public. Sur un autre registre, ce spectacle illustre l'apprentissage de la vie par le jeu, avec la rencontre de deux mondes imaginaires où princesse et bâtisseur se cherchent, se disputent et finissent par s'associer.

L'interprétation est excellente. M. Montero, vêtue style "Neuilly-Passy" est très drôle dans son rôle de capricieuse insupportable, et alterne cruauté et séduction avec aisance. De son côté D. Descouts, en tenue de chantier, joue avec nuances, autant en participant aux rêves de sa reine qu'en la faisant tomber de son piédestal. Leurs dialogues savoureux sont enrichis d'approximations verbales, d'onomatopées et de bruits de bouche, et prennent souvent une tournure poétique. Sa Majesté profère même quelques injures enfantines fleuries. Ces écarts de langage habituellement fustigés par les adultes ont nettement réjoui les jeunes spectateurs ! J'ai noté avec intérêt l'évolution du personnage de la reine. Petite fille qui teste son pouvoir sur un compagnon de jeu, elle en touche les limites lorsque celui-ci se révolte ouvertement. Avec finesse l'intrigue la fait choir de ses rêves de princesse autoritaire et elle tombe dans la réalité d'un jeu dont le partenaire entend faire respecter les règles. Belle illustration d'activités collectives chez les enfants, où une première phase d'exploration des limites débouche sur une dispute avant d'aboutir à une vraie collaboration. Sans oublier l'attitude d'une enfant qui teste ses capacités de séduction ! Bravo pour ce spectacle qui était tout jeune lorsque je l'ai vu, mais déjà très riche. Le temps ne peut que lui permettre de prendre une belle maturité. Les jeunes spectateurs ont montré leur intérêt, ri et bien participé.

Créative, poétique, dynamique et intelligente cette "Histoire en bois" parle aux jeunes publics. Point de départ original, le superbe château en Kapla les emmène dans une aventure imaginaire pleine d'action, où la musique et les mots les feront rêver. Les adultes peuvent se laisser séduire et apprécier les observations fines et leurs implications pédagogiques. Spectacle parfait pour des collectivités d'enfants et bien sûr aussi à découvrir en famille avec de jeunes enfants.

* Kapla : KAbouter PLAnkjes (néerlandais), ou "planchettes de Lutin" en pin. Toutes identiques, elles peuvent être positionnées sans points d'accroches, pour réaliser des constructions de caractère éphémère.

Catherine Polge

Autres spectacles de la Cie Moustache sur le blog Vivantmag :

"Deux amis"

"Le But d'une vie"

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31 juillet 2015 5 31 /07 /juillet /2015 20:02
Voyage au centre de la terre
Voyage au centre de la terre

Spectacle de la compagnie du Théâtre du Pont Tournant (33), vu le 24 juillet à 11h, au Théâtre Notre Dame, Avignon OFF

Adaptation et mise en scène de l'oeuvre de Jules Verne : Stéphane Alvarez et Olivier Sir John
Avec : Jean Bédouret, Thierry Rémi, Olivier Sir John
Scénographie, Gravures et Musique : Olivier Sir John
Costumes : Anne Ve
rgeron

Genre : Théâtre-Ciné 3D

Public : Tout public

Durée : 1h15

C'est dans la chapelle du Théâtre Notre Dame que nous assistons au "Ciné-spectacle" en lunettes 3D. Pour tout vous dire, je ne suis pas fan des mélanges ciné-animation théâtre, ni du texte de Jules Verne. Ce n'était donc pas gagné. Mais finalement, au fur et à mesure, je me suis adaptée, et j'ai trouvé à la fois astucieux et audacieux de projeter les gravures du dessinateur Edouard Riou en guise de décor, et de rendre vivant ce chef-d’œuvre.

Les acteurs investissent la scène dans un rythme assez soutenu, il s'agit de faire vivre une histoire dense, de maintenir l'intérêt du public et le suspense. J'aurais personnellement apprécié un peu plus d'émotions, un jeu peut-être plus sensible, nous permettant d'approcher la flamme qui anime de véritables aventuriers. Mais nous sommes bien au théâtre, et chaque représentation est différente. Nous arrivons au terme de ce marathon, il est donc courant de ressentir une faiblesse de ce petit quelque chose qui nous fait vibrer au théâtre.

Manuelle Molinas

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31 juillet 2015 5 31 /07 /juillet /2015 14:15
Petit-Bleu et Petit-Jaune

Spectacle du Théâtre de la Vallée, Avignon OFF, 9h45, Collège de la Salle, vu le 22/07/2015

De : Léo Lionni

Interprètes : Charlotte Plasse (en alternance avec Charlotte Schumann), Bruno Bianchi

Musique : Bruno Bianchi

Mise en scène : Gerold Schumann

Lumières : Uwe Backhaus

Genre : Spectacle musical

Public : Jeune public à partir de 3 ans

Durée: 30 min

Adaptation du grand classique (1959) de la littérature enfantine, « Petit-Bleu et Petit-Jaune » reste un bijou pour enfants, particulier et unique, de référence. Cet ouvrage aborde poétiquement les thèmes de l'amitié, de la différence, du racisme, de l'exclusion et de la tolérance.

Petit-Bleu et Petit-Jaune sont de très bons amis. Ils aiment jouer à cache-cache avec leurs amis; mais lorsqu'ils s'embrassent ils deviennent tout verts. Leurs parents vont-ils les reconnaître ?

Dans cette adaptation du Théâtre de la Vallée, une conteuse-chanteuse accompagnée d'un homme orchestre. Un piano, des cloches, des instruments, des objets sonores divers et variés. Bruno Bianchi est le percussionniste bruiteur. La comédienne chanteuse soprano conte en chantant façon opéra et Bruno, homme-orchestre, l'accompagne. Leur talent de musiciens séduit les adultes présents peut-être, cependant à aucun moment je n'ai perçu une communication quelconque entre la comédienne et les jeunes enfants présents.

Surélevés à un mètre de la scène, plusieurs bouquets de tiges métalliques. L'histoire est chantée, et pour représenter les protagonistes de l'histoire, de petits morceaux de contreplaqué de couleur bleu, jaune, orange et vert. Au fil de l'histoire, la comédienne nous présente « Petit-Bleu », un morceau bleu, bien minuscule qui n'apparaît pas bleu du tout… Les éclairages ne contribuant pas à améliorer cet état de fait. Ces morceaux seront un à un accrochés aux tiges suspendues mais, même une fois sur leur support, ils s'avèrent être petits et à même d'être confondus car la couleur des uns et des autres ne ressort pas du tout! Dommage, l'idée est bonne, esthétique, mais elle ne permet pas l'accroche que l'on aurait pu espérer pour cette belle histoire.

Grand dommage que la mise en scène n'ait point pris en compte la dimension couleur essentielle au bijou que constitue ce magnifique livre pour enfants. Les enfants présents n'ont pas été totalement perdus grâce aux fantaisies musicales, à la variété de provenance des sons et des bruitages. En ce qui me concerne j'ai vraiment déploré que la mise en spectacle d'un si beau livre à propos des couleurs ne les privilégie pas plus : avec des « Petit-Bleu et Jaune » et autres personnages du récit moins petits, mieux éclairés; même si l'ensemble au final perdait en beauté et esthétisme.

Les créations à destination du jeune public devraient vérifier à la création et lors des premières représentations que le public « enfant » participe, et qu'au fil du spectacle une réelle communication se joue avec le jeune public présent, ce qui n'a pas été le cas ce matin-là.

Fins observateurs des enfants, par ailleurs ! La « promo » d'offrir un ballon bleu ou jaune et le bouquet de ballons colorés croisé dans les rues d'Avignon ont néanmoins bien assuré la communication. Lisez cette belle histoire, offrez ce beau livre et peut-être pouvons nous espérer une future adaptation faisant la part belle aux enfants et aux couleurs. Puisqu'il s'agit avant tout d'une histoire pour enfants avec couleurs et mélanges! N'est-ce pas ?

Lydie-Gisèle Brogi

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25 juillet 2015 6 25 /07 /juillet /2015 09:56
Une chenille dans le cœur
Une chenille dans le cœur

Spectacle de la Compagnie Troupuscule Théâtre (66), vu à l’Espace Alya, Festival d’Avignon 2015

Auteur : Stéphane Jaubertie

Interprètes : Caroline Stella, Paul Tilmont, Thomas Matalou, Benjamin Civil

Mise en scène : Mariana Lézin

Genre : Théâtre jeune public

Public : à partir de 7 ans

Durée : 1h

La fable initiatique que nous propose Stéphane Jaubertie (jeune auteur jeune public et vivant) est celle d’une chenille exceptionnelle qui ne peut devenir papillon. En tout cas pas toute seule. Et pas sans amour ou ami. L’histoire que peuvent connaître les « abimés de la vie », les « pas normaux » en somme, à travers leurs dissemblances physiques ou mentales, mal acceptées, mal aimées, montrées du doigt souvent, par le monde des enfants mais aussi par celui des adultes évidemment, pénétrés des accidents de parcours qui les ont menés jusqu’ici.
Un monde où l’on attend de l’autre qu’il nous comprenne, et où il n’est pas toujours facile de croiser la compassion, l’abnégation. Finalement un monde qui ressemble peut-être bien au nôtre.

Une jeune fille née sans colonne vertébrale ne peut grandir que si elle trouve un corset taillé dans un arbre. Celui-ci doit impérativement être plus grand que l’arbre qui a servi à tailler celui qu’elle porte depuis des années. Sans nouvel arbre elle ne pourra plus grandir. Elle ne pourra plus respirer.
Le problème évidemment, c’est que le paysage a été transformé en désert. Tous les arbres de toutes les forêts du monde ont été coupés par un bûcheron abandonné, anxieux, et solitaire.
Sauf un arbre. Un seul.
Parce que ce dernier arbre, il ne veut pas le couper.

Mariana Lézin invite le public à se projeter dans un univers féérique imaginaire, bien loin des génies et des fées, où l’intelligence, précieuse pour séduire et convaincre, et l’émotion, brûlante dans le cœur des personnages, mènent la danse, déclenchant tour à tour des vagues d’inquiétudes ou d’espérances, d’incompréhension et de désillusion, de rejet ou d’amour, de colères et d’espoirs violents, menant parfois à la mort.

« La compagnie Troupuscule Théâtre, basée depuis 10 ans à Perpignan parle "de la vie au théâtre et du théâtre dans la vie". Au-delà des spectacles proposés pour tous les publics, Troupuscule Théâtre intervient en milieu scolaire et fait de la transmission un de ses enjeux moteurs. Parce qu'elle est irremplaçable pour ouvrir les esprits, les rendre plus tolérants et aussi les distraire, la culture est une source de progrès social nécessaire à l'affirmation des personnalités. » (Extrait du site internet de la Compagnie).

Sur le plan de la scénographie, le plateau est presque nu. L’arbre convoité occupe un écran vidéo en fond de scène. Un bel et grand arbre feuillu, aux couleurs fantastiques, qui grandit et dont les feuilles bougent tout au long du spectacle. Le texte de Stéphane Jaubertie nous permet d’en apprendre l’histoire, ainsi que la raison de sa survie : sous cet arbre sont enterrés la mère et les souvenirs du bûcheron maudit.
Quelques cubes lumineux s’ouvrent ici et là ou servent aux comédiens à prendre de la hauteur. C’est léger. Dans cet univers imaginaire qu’on n’avait jusque-là pourtant pas trop de mal à se construire, j’ai trouvé dommage que la scénographie ait été aussi avare, et que l’appui sur la vidéo n’ait pas été plus exploré. L’idée de la cabane m’a toutefois surprise, mais je ne vous dirai pas à quel point le désir de la petite et le mien ont été comblés.

Allez-y voir !

Danielle Krupa / Allez Zou !

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20 juillet 2015 1 20 /07 /juillet /2015 12:55
Princesses en carton
Princesses en carton

Spectacle de la Compagnie Alma (66), vu le 15 juillet 2015, à l'Ecole du spectateur, à 10h15, à voir du 7 au 26 juillet dans le cadre du Off 2015

De et avec : Claire Olivier, Cécile Guerin, Muriel Sapinho

Genre : Théâtre dansé

Public : Jeune public à partir de 5 ans

Durée : 40 min

Dans le beau chapiteau du Bazar Forain, le public s’installe doucement. Le régisseur n’a pas terminé de mettre en place le décor, et vient terminer en toute hâte en amenant sous le bras, chacune des trois filles, raides comme des mannequins. Telles des poupées musicales, elles font un petit ballet charmant alors que commence la musique et que la voix off nous dit (de mémoire) : « Un roi voulait avoir trois garçons.. il a eu trois filles… »

Une sorte de générique ingénieux, drôle et visuel, nous montrant que les princesses/filles ne sont pas uniquement des images bien figées, mais qu’elles sont aussi vivantes et multiples que les autres. Un spectacle sur le genre avec un début très bien huilé.

Alors qu’elle démarre sur les chapeaux de roue, l’histoire ensuite poursuit un rythme plus classique. On voit les princesses bien proprettes se chamailler comme tous les enfants, chacune avec son caractère bien trempé, et finalement s’unir pour aller secourir leur père enlevé par des ennemis. L’occasion pour elles de montrer leur courage, leur débrouillardise et leur générosité en allant récupérer dans des contrés insolites les ingrédients d’une recette magique.

Mêlant théâtre et danse, utilisant avec ingéniosité accessoires et décors, ces trois princesses pleines d’énergie nous proposent un spectacle joyeux, visuel et plein d’humour. De chouettes images, comme le bal ou la traversée de la mer, permettent de montrer tout le potentiel évocateur du théâtre.

Cette toute nouvelle création méritera pourtant de s’affiner pour garder tout du long les qualités des premières minutes du spectacle, alliant précision, originalité et sens.

Un projet certes ambitieux, mais les comédiennes qui portent ce spectacle débordent d’une vitalité et d’une bonne humeur communicative qui leur permettront de le faire mûrir avec le temps.

Eric Jalabert

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