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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
Vous y trouverez l'ensemble des commentaires de nos correspondants sur les spectacles qui ont été vus. Ce service est en ligne en accès libre depuis février 2007.
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Découvrez sur le site www.vivantmag.fr, le catalogue des spectacles repérés... et l'ensemble des services de l'Association d'Aide à la Diffusion Interrégionale du Spectacle Vivant, l'AdAdiff.
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Mode d'emploi...

Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

23 janvier 2022 7 23 /01 /janvier /2022 10:13
CAR/MEN
CAR/MEN

Spectacle produit par la Cie La feuille d'automne – Les Chicos Mambo (75) et vu au Théâtre Libre le 14 janvier 2022.

Mise en scène : Philippe Lafeuille assisté de Corinne Barbara

Création Vidéo : Do Brunet 

Création Musicale : Antisten

Lumières : Dominique Mabileau assistée d’Armand Coutant

Costumes : Corinne Petitpierre assistée d’Anne Tesson

Avec les danseurs : Antoine Audras, François Auger, Antonin «Tonbee» Cattaruzza, Phanuel Erdmann, Jordan Kindell, Samir M’kirech, Jean-Baptiste Plumeau, Stéphane Vitrano et Antonio Macipe en alternance avec Rémi Torrado

Genre : Danse et chant

Public :  tout public à partir de 10 ans

Durée : 1h20

 

Carmen, opéra tragique de Bizet fut adapté maintes fois avec plus ou moins de talent mais Philippe Lafeuille, lui, l'a modernisé sans pour autant le dénaturer. L'ouvrage se voit revisité par huit danseurs et un chanteur virtuose avec fantaisie, tendresse et surtout dérision...

C'est une vision très personnelle et réjouissante qui m'avait déjà emballée avec la précédente création de Philippe Lafeuille, « TUTU » dans ce même Théâtre libre. Ce Car/Men là, tout en restant  un ballet, multiplie les pas de côté : le respect de l'oeuvre originale de Bizet est, disons, relatif, car il mêle la beauté visuelle à la loufoquerie. Tout commence pourtant à Séville, avec ses robes de flamenco et la musique originale de ce mythique opéra. Mais tout est détourné : les costumes de toréros outrageusement pailletés, les énormes castagnettes placées sur l'entrejambe des 8 danseurs ne constituent que quelques-unes des facéties humoristiques que se permet le chorégraphe. Il faut dire de plus que Carmen est … un homme, bien sûr ! Vrai chanteur lyrique, Rémi Torrado interprètera un Don José et une Carmen avec le même brio. Encore une fois, les Chicos Mambo se jouent des codes de la virilité ; et ne proposent rien qui ne soit beau à voir ni amusant à vivre. Le récit souvent désopilant sera souvent ponctué par des solos émouvants remplis de poésie et sublimés par le talent de ces danseurs hors pair.
Les artistes ont beau jouer de leur féminité, (je n'ai jamais vu des hommes porter aussi bien la robe ou la jupe en tulle!) leur virilité reste néanmoins très affirmée : pour preuve ce magnifique solo de Samir M 'Kirech qui danse de dos, totalement nu. Aucune vulgarité dans cet exercice, marqué par le talent et la grâce...impressionnant de poésie.

La fin du spectacle sera ponctuée par la prestation du chorégraphe himself qui parvient en 2 secondes à « Carméniser » son public : nous nous sommes levés pour une « hola » unanime sur la valse lente de Chostakovitch.
Plaisir et partage, tous différents et tous unis, le message est très, très bien passé...

 

 

Evelyne Karam

 

 

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15 décembre 2021 3 15 /12 /décembre /2021 16:00
Non-crédité sur le site de la comédie de Caen

Non-crédité sur le site de la comédie de Caen

Visions d'Eskandar

 

Un spectacle produit par le collectif Eskandar (14) vu le 10 juillet 2021 au 11 à Avignon dans le cadre du festival OFF (84).

 

Texte et mise en scène : Samuel Gallet

Interprètes : Caroline Gonin, Jean-Christophe Laurier, Pierre Morice, Aëla Gourvennec et Mathieu Gouli

Musique : Mathieu Goulin et Aëla Gourvennec

Lumière : Adèle Grépinet

Genre : théâtre

Public : adulte à partir de 10 ans

Durée : 1H05

 

 

Plateau noir, lumière bleue, acteurs pâles, tension palpable. Cinq interprètes, trois micros, un violoncelle. Pas de révolution scénographique : ici, les projecteurs font feu sur le texte. Une langue particulièrement sur-articulée jonchée de mots jetés crachés proférés qui rythment cassent et relancent les phrases en tous sens en faisant fi d'une ponctuation habilement remplacée par les coups portés aux cordes du violoncelle. Une langue qui ne cligne pas des yeux.


C'est qu'il ne s'agit pas d'hésiter : aujourd'hui est jour de mort. Mickel, architecte utopiste dans un siècle cynique, sombre au fond de la piscine par temps de canicule. Everybody, caissière érotomane de ladite piscine (comme tout le monde), laisse aller sa tempe au réconfort du revolver. D'autres voix se mêlent aux leurs. La ville est remplie de celles des Érinyes d'un soir, amantes jalouses, antifascistes. Tous sont prêts à en découdre. Seuls quelques uns savent coudre.

Moment de bascule. On était au bord de... et soudain on se retrouve de l'autre côté. La seconde partie de la pièce fait se rencontrer les personnages dans le monde onirique d'Eskandar. Bon. Course-poursuite, cavalcade, cauchemars sur pattes, souvenirs reconstitués. Bon. Des négatifs jonchent le sol, souvenirs en creux d'une vie dans laquelle Mickel et Everybody se seraient connus. Bon. Dans cet entre-monde où tout devrait être fluide et mouvementé, je ressens comme un flottement, une inertie. Où allons-nous comme ça ? Comme un surplace sur l'autoroute devant les robes de l'hôpital dans lequel les corps de Mickel et Everybody attendent leurs âmes. Comme une succession d'éveils et de révélations qui n'en seraient pas vraiment. Peut-être faut-il avoir vu les deux autres volets de la trilogie pour faire de ces dessins d'enfants des tests de Rorschach ? Ou peut-être qu'au contraire j'ai trop tenté de comprendre le texte, au lieu de me laisser porter par la musique dont il n'était sans doute que la ponctuation...

J'aurai aimé voir, vraiment boire cette piscine et ces visions d'Eskandar. Les sourires qui sortaient de la salle m'ont dit que j'étais bien le seul à ne pas avoir été embarqué dans la catabase, et c'est à grand regret.

Mathieu Flamens

 

 

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5 décembre 2021 7 05 /12 /décembre /2021 21:25
La Villette.

La Villette.

Age of rage

Un spectacle produit par  l’internationaal Theater Amsterdam vu le 1 décembre 2021 à la Grande Halle de la Villette.

 

Texte : d’après Euripide et Eschyle

Mise en scène : Ivo Von Hove

Chorégraphie : Wim Vanderkeybus

Scénographie et Lumières : Jan Versweyveld

Musique : Eric Sleichim

Comédiens : Achraf Koutet, Aus Greidanus jr., Chris Nietvelt, Gijs Scholten van Aschat, Hans Kesting, Hélène Devos, Ilke Paddenburg, Janni Goslinga, Jesse Mensah, Maarten Heijmans, Majd Mardo, Maria Kraakman, Birgit Boer.

Danseuses : Bai Li Wiegmans, Flory Curescu, Emma Hanekroot

Musiciens : Bl !ndman, Hannes Niewlaet, Yves Goemaere, Ward Deketelaere

Genre : Théâtre, danse et musique

Public : adulte

Durée : 4 H

 

 

« Age of rage » avait doublement retenu mon attention dans la programmation de la Villette : l’histoire des Atrides monté par Ivo Von Hove que je croyais, à tord, issu du TG-Stan laissait présager une belle aventure théâtrale. Mon ressenti est plus mitigé mais il est sujet à caution dans la mesure où il ne porte que sur la première partie.

 

Ivo Von Hove a réalisé un montage de six pièces d’Euripide et d’une d’Eschyle. En quatre heures, il synthétise l’histoire, la retranscrit surtout du point de vue des femmes et en facilite l’intelligence par la projection récurrente de la généalogie.

A l’ambition narrative répond l’ambition scénographique. C’est une très grosse machine : quinze comédiens-danseurs, quatre musiciens, un plateau immense que sépare en deux dans la longueur une cloison en métal ajouré qui dissocie l’extérieur de l’intérieur et fait office de support pour les projections. En avant-scène, on compte encore deux tours ainsi que les cintres, également mis à contribution. A ces éléments fixes, s’ajoutent force lumières, fumigènes, braseros et sang. Le ton de la fureur est donné.

Le spectacle abonde en belles trouvailles : c’est d’abord le bruit lancinant du sang qui coule, c’est l’ironie de 3 meuleuses qui servent à aiguiser les couteaux des sacrifices. C’est aussi la bitte d’amarrage de la première scène qui symbolise, à elle seule, l’armada en partance pour Troie mais qui devient, dans ce but, autel sacrificiel d’Iphigénie. Une fois immolée, l’image de la comédienne qui danse en robe rouge dans l’Ether est projetée. Et l’image se démultiplie à mesure que les enfants des héros, grecs ou troyens, sont sacrifiés. C’est encore cette image de Tantale qui traverse le plateau en rappelant sa malédiction, à contre-jour et dans un nuage de fumée. C’est enfin ces chorégraphies sauvages qui ponctuent les différents épisodes.

Mais à titre personnel, j’ai du mal avec ce type de grosses machineries. Elles sont plastiquement superbes mais tendent à écraser le jeu. Et à part la comédienne qui interprète Hécube, l’émotion n’est pas au rendez-vous. A décharge du projet, c’est peut-être un problème de langue. En principe, j’évite les spectacles sur-titrés. En l’occurrence, ma confusion sur le parcours d’Ivo Von Hove m’avait induite en erreur. Pis, le sur-titrage est ici si mal placé et la police si petite qu’on s’épuise à lire. L’effort était tel que la migraine est venue et que j’ai quitté les lieux à l’entracte.

 

La première partie d’« Age of rage » est spectaculaire au sens littéral. C’est plaisant mais ce n’est pas uniquement cela que je viens chercher au théâtre.

 

 

 

 

 Catherine Wolff

 

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2 août 2021 1 02 /08 /août /2021 10:30
Requiem pour Pessoa

Spectacle de la compagnie Ars Poetica (34) vu au théâtre de la Carreterie lors du festival d’Avignon OFF, entre le 7 et le 30 juillet 2021, à 16h20

Auteur : Fernado Pessoa

Metteur en scène : Benjamin Perez

Interprètes : Benjamin Perez, Theodora Carla

Genre : spectacle poétique et musical

Public : tout public

Durée : 1 h

“Nous vivons tous, ici-bas, à bord d’un navire parti d’un port que nous ne connaissons pas, et voguant vers un autre port que nous ignorons. Nous devons avoir les uns envers les autres une amabilité de voyage.” Fernando Pessoa

Il arrive à Lisbonne, c’est la première fois qu’il rencontre cette ville et les parfums qui s’y respirent, il déambule dans les rues, mime les trajets qu’il fait en tramway, s’installe au bureau d’un petit hôtel. Mais qui ça ? Pessoa ? Non, un voyageur, rien qu’un voyageur, grand, une barbe fine, des petites lunettes, il ressemble quand même beaucoup à Pessoa… Mais non, non, un voyageur ne doit rien chercher, rien chercher de particulier pour trouver quelque chose, quelque chose d’autre, d’introuvable, d’inespéré. Un violon fait son apparition entre deux considérations poétiques, la langue portugaise s’entremêle au français qui nous est si familier, et peu à peu, les deux comédiens immobiles sur les planches anciennes de ce théâtre exigu nous emmènent autre part, avec eux.

Avec eux ? Avec Pessoa aussi ? Mais oui, bien-sûr que c’est un spectacle sur Pessoa, bien-sûr que le voyageur ne poursuit pas son seul voyage mais bien quelqu’un. C’est juste que je ne voulais pas le dire trop vite, ce nom de Pessoa qui veut dire “personne”, ce nom qui ne se cache même pas mais qu’on peine à trouver, Pessoa est par-ci, par-là, omniprésent sur les étagères de la bibliothèque à Cour, et sur les traits portugais du comédien et dans sa bouche époustouflée.

On rencontre ce qui entoure le poète, sa mère, ses livres, mais aussi ce qui fait que le poète est poète, ses mots. Ses poèmes sont récités par cœur, les yeux comme fermés, alors on peut fermer les yeux, le violon nous berce tendrement ou nous réveille en augmentant le tempo, le voyageur souffle dans nos cheveux les rêveries couchées en phrases de ce frère lui aussi égaré, lunatique, phrases dont les échos parlent aux déambulations qui nous promènent. On voyage dans Pessoa, et pourtant comme pour Lisbonne, à part quelques détails, quelques sons, quelques danses, tout nous reste profondément étranger... De toute façon, même lorsqu’on est pays, ville ou Pessoa, on n’en finit jamais d’essayer de se trouver, de se connaître. “Je ne change pas, je me visite moi-même, comme un pays perpétuellement inconnu.”

En compagnie de ces deux artistes, vous voyagerez, pas d’un point à un autre mais d’ici à là-bas, et lorsque vous reviendrez de là-bas votre ici ne vous dira plus rien. Il faudra s'avancer un peu pour l'écouter.

 

Célia Jaillet

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31 juillet 2021 6 31 /07 /juillet /2021 21:33

 

Spectacle de la compagnie Prisma Teatro (75), vu dans la Salle carrée de la Condition des Soies à Avignon, le 29 juillet 2021 à 16h30, dans le cadre du Festival OFF d’Avignon du 10 au 31 juillet.

Auteur : D’après Aristophane

Metteur en scène : Carlo Bosso

Interprètes : Anthony Bechtatou, Giacomo Bisceglie, Valentin Draghi, Estelle Gaglio-Mastorakis, Clément Joubert, Zelia Pelacani, Valerio Zaina

Genre : Théâtre musical

Type de public : Tout public

Durée : 1h15

Deux êtres humains, à la recherche d’un endroit sans crise et sans corruption, décident de fonder avec l’aide de l’ancien roi de Thrace transformé en huppe une ville dans les nuages, Coucouland, la cité des oiseaux.

Les Oiseaux est une pièce d’Aristophane que je ne connaissais pas et que j’ai découverte avec intérêt dans ce spectacle. L’auteur y parle de son époque, des malheurs qu’il observe à Athènes et qui régissent le monde des hommes. Pourtant, ce ne sont plus tout à fait les mêmes problèmes qui persistent aujourd’hui, d’où l’intérêt et le choix de Carlo Bosso d’adapter et de moderniser la pièce. Ici, les hommes fuient la pandémie, la crise, le terrorisme etc. Le langage aussi est mis au goût du jour, les deux personnages principaux Pisthetairos et Evelpidès deviennent Troupeau et Utopie, la ville Coucou-les-Nuées devient Coucouland, etc.

Le décor est très simple, le metteur en scène a simplement choisi d’installer un rideau blanc en fond de scène, qui permet les entrées et sorties des personnages, en plus des portes situées sur les côtés de la salle. La mise en scène repose notamment sur les costumes, qui sont très colorés, et le dynamisme des comédiens. C’est presque une comédie musicale que nous avons devant nos yeux ; la plupart des mouvements sont chorégraphiés, évoquant très bien les oiseaux et leur donnant une belle fluidité céleste. Ceux-ci performent aussi une danse sur la musique du Lac des Cygnes de Tchaïkowski, qui m’a beaucoup émue. Quant aux chansons, ce sont souvent des chansons modernes mais intégrées à l’histoire, comme Envole Moi ou Volare.

Cette mise en scène est portée par des comédiens qui sont tous très bons, dynamiques et qui nous présentent différents personnages tous plus atypiques les uns que les autres, qu’ils interprètent à merveille, nous faisant rire, parfois aux éclats. Certains personnages récitent beaucoup de dialogues en chœur, ce qui n’est pas tâche facile, et leurs intonations s’accordent parfaitement, créant presque une musique parlée que j’ai fortement appréciée.

La compagnie Prisma Teatro dépoussière cette comédie antique grecque et en tire un spectacle de qualité, nous faisant passer à travers une ribambelle d’émotions et nous emportant dans son univers unique. À voir !

Juliette Lartillot-Auteuil

 

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27 juillet 2021 2 27 /07 /juillet /2021 15:14
Source catalogue off 2021

Source catalogue off 2021

Spectacle d’Antoine Payen, alias Tonycello, produit par Le Terrier Productions (59), vu au Théâtre l’Arrache Cœur, le 21 juillet 2021 à 11 h 30. Dans le cadre du Festival OFF d'Avignon du 7 au 31 juillet.

 

 Interprète : Antoine Payen

Mise en scène : Marie Liagne

Création lumières/régie : Vincent Masschelein

Régie son et lumières :  Michaël Bouey

Regard sur le conte : Rachid Bouali et Dominique Langlais

Genre : Solo burlesque et musical  

Public : à partir de 7 ans

Durée : 1 h 05

 

Évidemment, le titre ne peut que susciter la curiosité. Et comme j’aime beaucoup les spectacles humoristiques ET musicaux, je décide d’aller faire connaissance avec Tonycello, personnage créé par Antoine Payen, qui n’est pas tout à fait nouveau venu dans le monde de la musique, ni d’ailleurs à Avignon (Off 2013). Diplômé d’état de violoncelle, agrégé de musique, fondateur du quatuor Winston, intervenant dans des écoles de musique, et membre de l’orchestre de l’opéra théâtre de Limoges où il a créé « Violoncelle ou grosse guitare ? » qui a obtenu le P’tit Molière du meilleur spectacle musical en 2013 : plutôt pas mal !  Il crée la Migration des Tortues en 2017.

 

Aujourd’hui, après un parcours solo dans la chanson, Tonycello a décidé de tout faire pour accéder à son rêve, faire partie d’un orchestre ! Pour l’heure, c’est sa maman qui plaide sa cause, en voix off. Elle écrit au chef d’orchestre pour lui demander de prendre son fils, ne serait-ce qu’en stage, ça ferait vraiment plaisir à toute la famille. 

Mais il ne suffit pas de vouloir. Beaucoup de candidats et peu de postes. Comment arriver à sortir du lot ? Il n’y a guère que les concours pour départager les candidats. Tonycello entreprend donc de candidater dans les villes voisines de son domicile. À force de persévérance, après avoir affronté plusieurs jurys, il finit par intégrer l’orchestre d’une petite ville de province.

C’est le moment, à grand renfort de multiples facéties, de nous expliquer le fonctionnement et les codes, qu’il va lui-même découvrir, qui régissent une telle institution. Géographiquement, dans un orchestre, les musiciens ne sont pas placés au hasard, et sont regroupés par instruments, ou pupitres, face au chef et en rangs d’ordre. Tonycello, dans un premier temps, sera seulement stagiaire (c’était bien ce que maman voulait !), avec de plus la lourde charge de tourner les pages des partitions, aux côtés d’un violoncelliste en titre. Mais il va tomber sous le charme d’une belle hautboïste, placée dans sa ligne de mire, ce qui sera on ne peut plus néfaste à sa concentration ! Il sera également amené à se produire dans l’orchestre d’opéra, relégué avec ses collègues dans la fosse située au-dessous du niveau de la scène. Espace généralement sous-dimensionné pour de trop nombreux musiciens devenus ainsi « invisibles ». Là aussi, vous allez en apprendre de belles sur la « construction » d’un opéra...

Ce spectacle intelligent, gentiment didactique, qui dévoile une part de l’envers du décor, se joue sous la baguette du personnage farfelu qu’est Tonycello. Affublé d’un kilt à carreaux – c’est franchement pas l’idéal pour jouer du violoncelle, mais il a tout prévu (avec tout de même chemise blanche, gilet et cravate). Les gambettes à l’air, sans chaussures, mais avec de belles chaussettes jaunes. Cheveux hirsutes à la Beethoven, cet émule de Mr Bean - avec un petit air de François Morel - qui accumule les bévues en cascade, nous entraîne dans son univers pendant plus d’une heure.  Après ça, vous ne regarderez plus les musiciens d’orchestre et les chanteurs d’opéra de la même façon. La musique est évidemment présente tout au long du spectacle, en fond sonore, et avec quelques interventions directes (trop peu nombreuses) sous l’archet de Tonycello, qui sait parfaitement faire semblant de mal jouer !

Ce qui est sûr, c’est que Tonycello ne fera pas carrière, car il s’avère « qu’il n’a pas le profil ». Il ne sait pas « jouer collectif », ce qui est un réel problème dans une équipe. 

Antoine Payen semble lui réussir sa carrière de musicien d’orchestre. Peut-être aussi grâce à l’espace de liberté que lui apporte son personnage ! 

 

Cathy de Toledo

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26 juillet 2021 1 26 /07 /juillet /2021 15:55
Mr. Moon

Spectacle de la Compagnie Moon cabaret (Pays-Bas), vu au Hangar de la Scierie, le 23 juillet 2021 à 19 h 45, dans le cadre du Festival OFF d’Avignon du 7 au 31 juillet.

 

Mise en scène : Eva Schumacher

Interprètes : Laurien Schreuder, Osito Moro Von Ropi, Nora Tinholt, Joséphine Terme, Cynthia Martinez, Alan Gunga Purves, Arno Bakker, Alberto Pérez, Charly Porcelaine

Genre : Pluridisciplinaire

Type de public : Tout public

Durée : 55 minutes

 

Sur la scène du Hangar de la Scierie, neuf artistes nous entraînent dans leur monde étrange, mêlant à merveille la musique, le chant, la danse pour un voyage fascinant.

Avant même le commencement du spectacle, pendant que nous sommes dehors, un joueur de tuba nous accueille et nous fait patienter en jouant un morceau. Alors que nous entrons dans le hangar, nous rencontrons sur notre chemin un percussionniste qui nous suit du regard ; nous pénétrons dans la salle et les artistes, perchés sur le décor, assis, nous observent (certains engagent quelques gestes pour mettre le public à l’aise). Ils arborent un maquillage particulier, qui annonce déjà l’univers dans lequel nous venons de nous engouffrer.

Il est d’abord un peu difficile de rentrer dans le spectacle, car l’on ne sait jamais trop quand les numéros commencent (les comédiens discutent ensemble, semblent parfois confus, et tout cela donne une impression de non-préparation sans doute assumée), mais tous les numéros valent l’attente.

Ces numéros sont variés. Il y a du chant : une grande femme juchée sur de hauts talons (qui amplifient l’impression d’une géante) entre, et une sensation de rêve commence à flotter ; elle chante avec une voix et une technique opératique et nous emporte. Mr. Moon, lui aussi possédant une belle voix (il me semble de baryton), lui succède. Il y a entre eux un numéro de scie musicale, mais également par la suite un numéro de danse entre deux femmes et des peluches de lunes blanche et noire, qu’elles enfilent à tour de rôle sur la tête, ou un petit numéro de contorsionniste. Tous les numéros sont réalisés sur de la musique jouée par les artistes en live, qui maîtrisent plusieurs instruments (entre autres deux trombones, deux guitaristes, un tuba, des percussions, une clarinette).

Mr. Moon est un spectacle très onirique ; le thème de la nuit revient à plusieurs reprises, notamment dans le nom du spectacle et la danse entre les deux lunes. On ressort de la salle en ayant l’impression d’avoir rêvé ; je pense que pour pleinement apprécier la beauté de leur art, il ne faut pas essayer de le comprendre, il faut le vivre.

 

Juliette Lartillot-Auteuil

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25 juillet 2021 7 25 /07 /juillet /2021 18:00
Source Catalogue Off 2021

Source Catalogue Off 2021

Spectacle de la Cie Les Swingirls (38), vu au Théâtre l’Arrache Cœur, le 21 juillet 2021 à 15 h 30, dans le cadre du Festival OFF d'Avignon,  du 7 au 28 juillet. 

 

Écriture/compositions/arrangements : Les Swingirls

Mise en scène : Carlo Boso, Alain Bertrand, Elisabeth Buxhoeveden

Interprètes : Marianne Girard/JEAN, Marion Rybaka/BECKY, Violaine Soulier/MARY

Régie son : Frédéric Finand

Régie lumière : Daniel Felice

Genre : Spectacle Musical    

Public : tout public

Durée :1 h 15

 

Après la Migration des Tortues, je reviens à l’Arrache Cœur faire connaissance cette fois-ci avec un trio de nanas qui m’ont l’air bien pêchues, dont c’est le deuxième spectacle musical. Salle comble, même avec l’entrée en vigueur ce jour du pass sanitaire. 

La première chanson donne d’emblée le ton : « À deux, c’est bien, à trois, c’est mieux ». Évidemment les paroles à double sens laissent à penser que nous allons entendre d’autres textes du même acabit… voire pire !

Ces trois jolies filles dynamiques enchaînent reprises déjantées et compositions personnelles tout aussi déjantées. Elles sont multi-instrumentistes talentueuses toutes trois : Jean aux guitares, banjo, mandoline, chant, Becky aux claviers, accordéon, claviers, chant et Mary à la batterie, violon, percussions, ukulélé, chant et passent aisément d’un instrument à l’autre. L’espace scénique semble un peu étroit pour leur énergie débordante, et l’on peut imaginer qu’elles pourraient être encore plus surVOLtées sur un plateau plus à leur mesure.  

Bien plus qu’un concert, leur prestation est un véritable spectacle, agrémenté d’histoires, d’anecdotes, de chants a cappella, de mises en scène des reprises (bel hommage à Prince et à ses excentricités sur scène) et compositions, dont les paroles sont parfois un peu hard, mais aussi très drôles. Malgré l’humour, des sujets sérieux sont évoqués, comme les violences conjugales, « je prends mes cliques, et je te laisse tes claques ».

Pas de temps mort, un spectacle ficelé, une belle présence scénique, et un look étudié, avec des tenues en noir et rouge, robe, pantalons, ou short et boots pour Jean (super avec les cheveux blancs coiffés en pétard). Le public répond volontiers à leurs sollicitations pour chanter en chœur, et très enthousiaste, il en redemande, mais malheureusement à Avignon, les rappels ne peuvent guère durer…

 

Cathy de Toledo

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25 juillet 2021 7 25 /07 /juillet /2021 10:30

Spectacle produit par Le Bijou (31), vu à l’Arrache-Cœur le 22 juillet 2021 à 17 h 30 dans le cadre du Festival OFF d'Avignon. Jusqu’au 24 juillet uniquement.

Mise en scène : Matthieu Mailhé

Auteur et Interprète(s) : Matthieu Mailhé, Gaspard Moison

Genre : spectacle musical

Public : Tout Public à partir de 10 ans

Durée : 1 h 05

 

Un spectacle de reprises musicales avec un duo de faussaires qui écrivent de fausses-vraies chansons. Un travail de falsification très pointu qui permet de sortir des habituelles reprises ou imitations.

Accueilli par une bande son qui n’en finit pas de disserter de façon très délirante et quelque peu moqueuse sur le gel et les gestes barrières, le duo maquillé façon Rapetou m’a beaucoup amusé.

Le propos est simple : ils réécrivent et composent les chansons de grands artistes français (Brel, Renaud, Montand, Brassens, Aznavour… mais aussi Philippe Katerine, M ou Akhenaton) en reprenant les thèmes, les rythmes et tout le champ lexical de ces stars de la chanson. Mathieu Mailhé est également un bon imitateur et cela vient compléter leur dispositif au point que l’on pourrait s’y tromper.

Ils font participer un public encore assez présent dans la salle après le 21 juillet, entrecoupant leurs chansons de commentaires sur l’intérêt d’écouter les paroles et de jeux. C’est rythmé, original et bon enfant tout en étant un peu piquant.

Une bonne façon de présenter un aperçu de la chanson française, avec ses tics et ses caricatures et de découvrir le travail d’imitation dont je ne suis pourtant pas forcément adepte.

La belle complicité existant entre les deux comparses apporte la bonne énergie nécessaire à ce type d’exercice.

Un spectacle à découvrir pour renouveler le genre ! 

La faussaire ne se joue plus sur Avignon, mais Mathieu Mailhé joue jusqu’à la fin du festival avec The Band from New York (chroniqué ici)

 

Éric Jalabert

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24 juillet 2021 6 24 /07 /juillet /2021 13:19
Une vie sur mesure
Une vie sur mesure

Spectacle de la Compagnie Scènes plurielles (31), vu au théâtre des Gémeaux le vendredi 23 juillet à 10 h. Dans le cadre du Festival Off d'Avignon du 7 au 31 juillet 2021.

 

Mise en scène : Stéphane Battle

Interprétation : Pierre Martin

Genre : Théâtre musical

Durée : 1 h 20

Public :  à partir de 7 ans

 

Adrien Lepage, enfant, n'était déjà pas conforme, pas aux normes : jouer au foot, draguer les filles, se bagarrer, avoir des copains, travailler à l'école... Des devoirs très abstraits pour ce garçon qui n'a qu'une idée en tête : taper.

En rythme. Sur son corps, sur des fûts, et sur une batterie lorsque ses parents accepteront (enfin) de lui en offrir une, au prix de nombreux sacrifices qu'Adrien aura fait pour l'obtenir. Est-il doué pour l'instrument, ce presque autiste qui vit dans son monde imaginaire et musical ? Nourri des disques de sa grand-mère oubliés dans une malle, il se formera en dilettante et atteindra des sommets de virtuosité.

Ce musicien-acteur nous présente un one-man show époustouflant de perfection, agrémenté d'un texte souvent très drôle et vraiment bien écrit. Aucune fausse note dans ce spectacle qui donne envie de se trémousser sur son siège tant la batterie est prodigieuse sous les doigts d'Adrien. Une puissance de partage et d'émotion rarement atteinte. L'artiste, d'une vingtaine d'années, est beau de naïveté et de talent. Il nous présente un concentré d'humanité, fort de sa différence, et traversera les aléas de sa vie avec un optimisme indestructible. Même entravé, même sans batterie, il continuera de frapper en rythme, sa vie n'étant que percussion et mélodie...

Excellent spectacle, une pépite à ne pas rater.

 

Evelyne Karam

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