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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
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Décevant
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Pas mal...
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On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

21 septembre 2017 4 21 /09 /septembre /2017 16:41
Les Frères Jacquard

Spectacle de la Compagnie Les Frères Jacquard (30), vu le 23 août au Festival d'Aurillac 2017, cour Paul Doumer, à 19h45 (du 23 au 26 août).

 

De: Les Frères Jacquard

Avec: Les Frères Jacquard

 

Genre: Spectacle qui fait la jonction entre arts de rue, concert, humour, musique, improvisation et show à l'américaine

Public: Tout public

Durée:1h

 

Jamais deux sans trois. Aujourd’hui c’est la 3ème fois que je vois Les Frères Jacquard, j’ai d’ailleurs hésité à y retourner vu les nombreux spectacles proposés sur ce festival d’art de rue. Heureusement que j’y suis retournée ! En salle comme dans la rue, ces trois-là assurent ! Encore un merveilleux moment passé et toujours aussi surprise par leur talent et leurs nouvelles propositions musicales hautes en couleur et en humour. Les Frères Jacquard, ce sont trois excellents musiciens spécialistes autoproclamés de reprisage de tubes ayant pour mission de remettre de l'ordre dans la chanson populaire (site des Frères Jacquard).

 

Et à chaque fois, je sens cette passion musicale et leur capacité à revisiter sans cesse des tubes. Les voilà partis ! Un air musical connu, rock, funk ou autre, on se laisse embarquer dès les premières notes et on se laisse surprendre par le texte, tout aussi connu mais provenant d’un autre tube. Leurs textes farfelus sur les musiques de tubes comme "Funky town" ou "Get down it" des Kool and the Gang ont encore agréablement séduit le public et fait chanter et danser ceux qui les apprécient tant, comme moi. Et cette imagination est sans fin lorsque je découvre de nouveaux morceaux sur des airs de Cabrel, un texte de Johnny ou quand le public en folie se met à danser la Queuleuleu! Il me faudra d'ailleurs quelques secondes, parfois, avant de repérer quel tube est revisité à ce moment-là. Et c'est là toute la surprise et tout le spectacle proposé.

 

Des reprisages toujours plus surprenants et saisissants ! Du funk, du rock, du groove à ne plus en finir ! Qu'on aime ou pas le tube choisi et revisité à la façon Jacquard, on ne peut que succomber et se laisser aller à (re)découvrir nos chers tubes des années 80 à aujourd'hui ! Et grâce à eux on redécouvre des grands textes entendus et réentendus auxquels on ne prête plus attention. Certains textes tristes ou plus sombres nous font rire et chanter sur un air énergique, festif et complètement décalé. Volontairement, je ne détaillerai pas plus de deux morceaux qu'ils proposent, il faut se laisser tenter et surprendre par ce merveilleux moment.

D'ailleurs, ce soir-là, le public est bel et bien conquis dès les premiers morceaux. Des chants, des rires, des pas de danse, des applaudissements, tout y est. Leur groove est décoiffant, leur énergie est débordante et tellement contagieuse ! 

 

Des reprises et des parodies, j’en ai vu et entendu mais un spectacle comme celui-là, jamais. Inventifs, créatifs, musiciens, chanteurs, comédiens, ces trois déjantés ont plus d’une corde à leur arc et ne manquent pas de les partager avec le public.

Leur caravane et leur tenue au look des années 60 viennent donner le ton au spectacle et le style burlesque proposé. C’était la 1ère représentation que je voyais avec leur caravane, et ça envoie ! Cette décoration et cette scénographie ajoutent encore du piment à cette sauce musicale maîtrisée et bien déjantée !

Le style un peu plus rock que les spectacles précédents est venu me surprendre encore. Avec eux on est certain que le ridicule ne tue pas et qu’il fait même beaucoup de bien.

A voir sans modération lorsqu’on aime la musique, le spectacle de rue, les show décalés, les textes, le burlesque, le déjanté, chanter ou danser ! J'y retournerai encore et encore c'est sûr !

 

Valérie Desbrosse

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17 septembre 2017 7 17 /09 /septembre /2017 14:28
Parents modèles

 

Toizemoi parents modeles

Spectacle de la compagnie Toizémoi (94), vu le 16/09/2017 à 20h, Acte 2 Théâtre (Lyon 9e).

De et avec: Alain Chapuis, Marie Blanche
Mise en scène: Philipe Riot

Genre: Théâtre
Public: Tout Public
Durée: 1h30
Nouvelle création lancée à la Comédie Odéon de Lyon

Toizémoi réapparaît à Lyon avec "Parents modèles" où Marie Blanche et Alain Chapuis marient de nouveau leur belle complicité pour interpréter les péripéties d’un couple qui emménage dans un nouvel appartement, avec leurs 3 enfants. Mais cet appartement, beaucoup plus grand que celui qu’ils avaient réservé, ne leur est pas destiné ! S’apercevant de leur erreur, ils vont néanmoins investir pleinement les lieux… Vont ensuite surgir de nombreux personnages, de tous âges et de toutes origines… dans une ronde endiablée de mésaventures où la vidéo joue pleinement son rôle !

La soirée passe très vite dans cette ambiance où s’enchaînent des sujets d’actualité, parfois sensibles, traités avec humour et dérision : adolescence, vieillesse, politique, sexisme, etc. Le public (se) reconnaît et adore ! Une écriture tonique, servie par un jeu d’acteurs très complices, qui changent de peau et de styles tout en maintenant le rythme.

Coté technique, cette pièce peut parfaitement conquérir de petites scènes, même si un certain recul est nécessaire pour que les effets de la vidéo puissent s’y intégrer parfaitement. 
Décors simples et efficaces, mobilier minimaliste mais surprenant d’élasticité…

A voir sur Lyon jusqu’au 24 septembre 2017.

Isabelle Mombellet

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7 septembre 2017 4 07 /09 /septembre /2017 18:38
100 mg Matin Midi et Çoir

Spectacle de la Compagnie Le Midi Moins Cinq (30), vu le 25 août, au Festival d’Aurillac 2017, à 12h00 au Terrain Marmiers (du 23 au 26 août).

 

De: Olivier Bracco et Marc Sollogoub

Interprétation: Olivier Bracco et Marc Sollogoub

 

Genre: Conférence Poélitique

Public: Tout public à partir de 8 ans

Durée: 50 minutes

 

Comment un grain a changé l’humanité.

Deux comédiens viennent nous parler du café et de son histoire. A partir de cette graine, ils nous parlent d’histoire mais aussi d’économie et de politique. L’interaction avec le public est présente dès le départ et permettra à chacun de réfléchir à notre comportement tantôt individuel tantôt plus collectif et solidaire. La forme proposée est au-delà d’un spectacle théâtral puisqu’elle est décrite comme une conférence poétique. Cela m’a fait penser au mariage de la conférence gesticulée et du théâtre d’objets.


Qu’on apprécie le café ou non, il est intéressant de voir comment des sujets complexes et bien souvent traités par des experts peuvent être accessibles à tous. L’économie, l’histoire, la politique et nos comportementaux sociaux sont très vulgarisés à travers cette formule. On nous parle d’une manière subtile de sujets qui nous concernent ; les colonisations, le transport des graines de café, le partage de la richesse, les inégalités, les ventes, les négociations, les importations, les propriétaires et les paysans… Le processus économique qui tourne autour du café représente bien notre société et son fonctionnement économique global. Le rapport à l’argent, à la concurrence, la compétitivité, la productivité, y est abordé avec justesse à travers l’histoire d’une des boissons les plus convoitées de notre société. Ce sujet est, en effet, un moyen original pour parler de nous, de notre société et nos comportements.

 

La mise en scène est jolie, le décor est charmant et bien utilisé tout au long du spectacle. Le spectacle est riche d’informations, d’idées et d’inventivité bien qu’il m’ait manqué une certaine spontanéité dans le jeu des deux comédiens. Ce versant reste à creuser encore pour donner peut-être davantage de naturel et de dynamisme à ce spectacle somme toute réussi. 
Je pense que la formule proposée dans ce spectacle peut être utilisée au-delà du théâtre et apporter à un jeune public l’information de manière subtile et pédagogique comme la Compagnie l’amène. J’imagine bien ce spectacle en école (collège et lycée) mais aussi dans des conférences, des colloques ou autres manifestations autour de sujets sociétaux. En effet, ces espaces temps poétiques, théâtraux et riches d’informations dynamiseraient certains cours de lycéens et certaines conférences parfois trop théoriques à mon goût.

 

Je ressors avec le sourire et le sentiment que la journée commence très bien avec ce premier spectacle.  

 

Valérie Desbrosse

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6 septembre 2017 3 06 /09 /septembre /2017 08:47
Ami(s)

 

Spectacle de la Compagnie Déjà, Utopium Productions (72), vu le 23 août au Festival d'Aurillac 2017, à 14h30 dans la Cour de Noailles (du 23 au 26 août).

 

De: Antoine Meunier et Sébastian Lazennec
Metteur en scène: Sébastian Lazennec
Avec: Antoine Meunier

 

Genre: Théâtre. Interrogation canine et manipulation d'objets
Public: Tout public à partir de 10 ans
Durée: 1h10

 

On m'a conseillé ce spectacle et heureusement car l'affiche ne me parlait pas trop. Parfois il vaut mieux suivre le bouche-à-oreille pour découvrir des petites pépites du théâtre de rue. Lorsque j’arrive dans la cour, la pièce a commencé depuis un peu plus de 5 minutes. Je mets donc 5 à 10 minutes à entrer dedans et quelle surprise. La performance théâtrale et l’écriture de ce spectacle m’embarquent très vite dans l’histoire et avec beaucoup de plaisir.

 

A travers Walter le chien, souvent nommé comme "le meilleur ami de l’homme", on nous parle des relations humaines et surtout de l’amitié. Je suis agréablement surprise par la performance du comédien qui nous embarque dans cette histoire simple et très bien traitée. Je suis très attentive à ce chien qui veut nous faire comprendre que nos relations humaines, qu’il s’agisse du couple ou des relations amicales, sont parfois teintées d’isolement, d’hypocrisie, de colère, de confiance, d’infidélités, de fêtes, d’écoute mais aussi d’incompréhension. Une sorte de complexité quotidienne aux contradictions régulières. Walter prend donc de la distance avec "son humain" comme il le nommera (son maître) pour évoquer ce qui l’amène à s’isoler depuis un certain moment. Il nous fera part de ce qu’il ressent lui aussi de son côté, l’isolement et l’ennui n’appartiennent pas qu’à l’homme.

Le temps qui passe, nos obligations ainsi que la présence prépondérante de l’écran dans notre vie sont les thèmes de fond que nous pourront suivre du début à la fin de la performance. Une description originale de nos comportements sociaux à travers le théâtre d’objets. Inutile d’en dire plus sur le contenu de la pièce, elle demande à être vue.

 

Concernant la mise en scène, je peux dire qu’elle est simple et pourtant originale et très bien pensée. Ce sont nos propres déchets qui permettront à nous, spectateurs, de suivre les différents personnages hauts en couleur. J’ai apprécié l’utilisation de ces objets au cours de l’histoire, toute en finesse et bien menée puisque malgré plusieurs personnages, je ne me m’y suis pas perdue une seconde. Une scène m’a d’autant plus surprise par l’usage original de la musique et des objets. Il fallait y penser. 

 

Beaucoup d’humour et de tendresse dans cette écriture. Et puis il faut le dire, le comédien a du chien ! C’est une certitude. Alors malgré la chaleur et le soleil qui frappe, je peux dire que j’ai passé un très bon moment grâce à la Cie Déjà. Merci.

Allez-y !

 

Valérie Desbrosse

 

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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 22:58
Nez pour s’aimer

 

Photo Anne Wengernez

Spectacle de la Compagnie Les pêcheurs de rêves (67), vu le dimanche 30 juillet à 17h au Kabarouf dans le cadre du festival Off d'Avignon 2017.

 

Ecriture : Florence et Vincent Duschmitt, Jean-Louis Cordier
Interprètes : Florence et Vincent Duschmitt

 

Genre : Clown et cirque
Public : Tout public en famille
Durée : 1h10

 

Sous un grand chapiteau qui appartient à la compagnie, me voilà parti pour le dernier spectacle de l’édition 2017. Un spectacle de cirque sur la très plaisante île de la Barthelasse.

Nos deux personnages arrivent pour engager un combat titanesque de clowns. Un début assez classique qui met quelque temps à se mettre en place, mais qui très rapidement nous laisse découvrir deux très beaux personnages sensibles et très attachants, nous retraçant leur histoire d’amour.

 

Sur un plateau rond orné d’un mât chinois et sans un mot ou presque, ils se rencontrent dans une gestuelle et avec des mimiques de combattants se jaugeant avant le premier impact. Puis, vient le temps de la séduction et des premières émotions. Enfin, la vie en commun et l’expérimentation de la découverte du monde de l’autre, et c’est bien ce qui fait la richesse du couple… Chacun y trouvera écho à sa propre histoire dans ce conte moderne et original.

Au-delà de l’excellent jeu de comédiens, le spectacle nous offre un foisonnement d’idées et de trouvailles, reposant sur une grande maîtrise technique : mât chinois, équilibre avec des bouteilles, jeux avec des planches en bois, cuisine en direct et tango. Le dispositif scénique, à la fois simple et efficace, offre des rebondissements réjouissants et nous évite de tomber dans une routine qui peut fréquemment habiter ce type de propositions. 

 

Ce couple de clowns, tant à la ville que sur scène, a su trouver une façon de nous raconter l’amour, mêlant tendresse, poésie, incompréhension, rudesse et combats incessants. Ce spectacle très généreux, nous offre toutes les facettes possibles du spectacle vivant, mêlant à la fois sens, jeux de comédiens, visuels, émotions et technique. C’est un hymne à l’amour, à l’imagination et à la création, à découvrir sans hésiter pour vos programmations à venir.

Bravo et merci pour ce moment intemporel.

 

Eric Jalabert

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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 16:36
Opéra Panique
Site Compagnie

Site Compagnie

Spectacle de la Compagnie l’Ours à Plumes, vu le 17 juillet 2017, AVIGNON OFF 2017, théâtre Pixel à 17h.

De : Alejandro Jodorowsky
Interprétation : Ida Vincent, Aline Barré, Tullio Cipriano, Cécile Feuillet, Johan Proust

Genre : Théâtre
Public : Tout public à partir de 7 ans
Durée : 1h10

Je dois avouer que, bien que le nom d’Alejandro Jodorowsky ne me fut pas inconnu, je ne connaissais rien de l’œuvre de cet artiste franco-chilien né en 1929, œuvre extrêmement dense puisqu’il est à la fois, romancier, poète, scénariste de BD, réalisateur, auteur de théâtre, acteur, et même icône de la génération Flower Power après son film "La Montagne Sacrée" (1973) ! D’abord clown et marionnettiste, il a suivi à Paris les enseignements du mime Marceau dans les années 1950. Après avoir rejoint un temps le mouvement surréaliste, il s’en désolidarise en 1962 et fonde le mouvement Panique avec R. Topor et F. Arrabal. Bref, pas vraiment n’importe qui… Je suis donc arrivée en "spectateur lambda" à la représentation de l’"Opéra Panique" proposée par la compagnie l’Ours à Plumes.

Le public est accueilli par disons un maître de cérémonie, en l’occurrence Ida Vincent, qui a également assuré la mise en scène, habillée à la façon de Sherlock Holmes. Elle assure le placement des spectateurs, et ça dure longtemps car nous attendons les retardataires... Enfin, quand tout le monde est installé (avec 15 minutes de retard sur l’horaire affiché), notre Sherlock propose des petits saucissons qu’elle lance aux personnes intéressées… C’est ensuite une hôtesse de l’air qui nous souhaite un bon voyage, en nous promettant cependant pas mal de turbulences. Le ton est donné, et je commence à me demander où j’ai mis les pieds !

Notre meneuse de jeu intervient de loin en loin pour introduire une saynète ou l’autre, livrer un commentaire, une précision. Une douzaine de tableaux, peut-être plus, se succèdent, mettant en scène par exemple un soldat devant obéir à trois généraux, deux optimistes, puis deux pessimistes, des irascibles, en fait des situations plus loufoques les unes que les autres... Au milieu de ces tableaux, dont l’ordre pourrait être interverti tant ils ne semblent n’avoir aucun lien entre eux sinon celui de mettre en scène des êtres humains, avec leurs travers, leur vacuité, leurs contradictions, nous avons droit à une sorte de pause. Un goûter surréaliste, les cinq comédiens alignés face au public et devant ingurgiter qui une banane, qui une carotte, qui un flan (sans cuillère !!), ou autre (tous aliments distribués par le maître de cérémonie, et cela dure un temps infini avant que tous aient terminé !).

Si  j’avais eu connaissance du texte, peut-être aurais-je été moins déstabilisée par cette écriture totalement absurde, même si elle ne livre au fond qu’une caricature de notre société. Mais le spectateur ordinaire bien souvent ne connait pas le texte… En tout cas, il est probable que la chaleur intense qui régnait dans la salle (un spectateur a demandé si la clim fonctionnait) a un peu rendu amorphe le public qui ne m’a pas semblé très réactif. Cela m’a en tout cas profondément gênée. Pour ce qui est des comédiens, qui supportaient de plus les costumes et les éclairages, ils étaient trempés de sueur de la tête aux pieds, et je me dois de saluer leurs performances tant musicales que théâtrales dans ces conditions difficiles, et ce même si je n’ai pas vraiment adhéré…
A réserver, de mon point de vue, à un public averti, au moins un peu !

Cathy de Toledo

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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 14:37
Déshabillez Mots, nouvelle collection

Spectacle de "Acte 2" (75) en coproduction avec RSC, vu le 30 juillet, Avignon OFF 2017, à 14h30 au théâtre du Petit Louvre. Du 6 au 30 juillet.

Interprètes : Flor Lurienne, Léonore Chaix
Metteur en scène : Marina Tomé
 

Genre: Théâtre, strip texte
Public: Tout public, à partir de 12 ans
Durée: 1h15

 

"Allo ? J’suis sortie du dictionnaire et j’suis complètement perdue !"

Les premiers invités de la langue française font leur apparition dans l’émission Déshabillez Mots. Les deux comédiennes alternent avec aisance le rôle de l’animatrice et celui du "mot" ou de la "ponctuation" invités tour à tour sur le plateau. L'interview de ces derniers permet de les faire parler de leurs fonctions, leurs émotions, leurs ras-le-bol, leur (in)utilité parfois, leurs conflits avec d’autres mots et/ou d'autres ponctuations.

 

Ainsi l’exigence est appelée sur le plateau et se retrouve rapidement en difficulté pour faire entendre ses demandes face à l’animatrice. La sérendipité (que Word ne connaît pas), soit "celle qui a eu c’qu'elle a voulu mais pas voulu c’qu'elle a eu" (texte de la pièce), parlera intimement de ses parents chance et erreur. D’autres invités seront eux aussi interrogés, décortiqués, écoutés, tels que la politesse, l’inconstance, le lâcher prise... Entre quelques mots interviewés, les trois points de suspension débarquent pour évoquer leur problématique de "flou" constant tandis que le tréma, lui, explique ses altercations et divergences avec ses confrères les accents graves et aigus. D’ailleurs, à bien y réfléchir, dans "tréma" on ne trouve pas l’accent tréma. Le quipropos viendra défendre qu’il existe tant bien que mal en précisant tout ça avec des arguments toujours plus délirants.

 

Malgré un texte intéressant, une mise en scène plutôt efficace, je ne suis pas complètement conquise par cette représentation. J’apprécie sans réellement être très embarquée dans cette émission de strip texte. Le concept me plaît par son sujet, son texte et sa mise en scène innovante mais il me semble que, avec plus de subtilité, d’humour et un humour plus osé, cela m’aurait convaincue davantage. Les jeux de mots avec notre chère belle langue de Molière peuvent être encore approfondis selon moi, ils apporteraient un "peps" qui m’a parfois légèrement manqué.

 

Pour autant, le texte est plutôt fin, les deux comédiennes organisent bien leur mise en scène au fil de la pièce. J'apprécie en apprendre davantage sur la langue française tout en riant de ces complexités régulières. Le décor est minimaliste (quelques tabourets colorés et des luminaires) et met en valeur le jeu des deux artistes. Une belle performance théâtrale que je ne peux nier et qui pourrait être plus explosive à mon sens. Je précise tout de même que suis allée à la dernière représentation du festival Off 2017 et que je suis sortie avec une envie de développer encore et encore mon vocabulaire.

 

Valérie Desbrosse 

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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 14:22
Garden-Party

 

Spectacle de Quartier libre productions (92), coproduction: Compagnie n°8 (75), vu le 29 juillet à 16h55 au théâtre de l'Oulle, Festival Avignon OFF 2017, du 7 au 30 juillet 2017.

Interprètes: Benjamin Bernard, Stefania Brannetti, Grégory Corre, Carole Fages, Matthieu Lemeunier, Hélène Risterucci, Frédéric Ruiz, Charlotte Saliou
Mise en scène: Alexandre Pavlata

Genre: Théâtre, humour
Public: Tout public, à partir de 8 ans
Durée: 1h

Une 1ère comédienne qui arrive à l’avant du plateau en s’esclaffant devant tant d’invités qui ont répondu présents. Et tous ces invités, c'est nous, le public. Son rire m'est déjà très communicatif alors que d’autres personnages débarquent, aussi bourgeois, colorés, drôles et farfelus les uns que les autres. La bourgeoisie est donc là, la garden-party peut être lancée ! Champaaaaagne !

C’est parti pour 1h de folie avec ces 9 comédiens complètement déjantés !

Je comprends rapidement la parodie de l’aristocratie, les clichés, qui, selon moi, ne sont pas nommés "clichés" par hasard. On nous dresse un tableau réaliste et bien décalé à la fois de la bourgeoisie et de ses diverses activités. Ainsi, la chasse aux gibiers, le champagne qui coule à flot, le réceptionniste qui devient ramasseur de balle au tennis, le gaspillage des petits canapés gourmands et dispendieux, la sortie difficile et forcée des courses en supermarché... Et tant d’autres activités éloignées et déconnectées d’une autre réalité, celle du "petit peuple".

 

Mais jusqu’où iront-ils dans l’enchaînement d’actions abracadabrantesques ?

Du début à la fin c’est la tenue incorrecte exigée qui nous fait nous esclaffer. Je pense que, pour ce type de spectacle, l’humour second degré est très conseillé. Pour ma part, je me suis laissée embarquer (seulement 1 ou 2 scènes que j’ai pu trouver trop longues) dans cet univers burlesque et décalé aux effets spéciaux complètement décapants et décoiffants ! C’est le cas de le dire. Une comédienne se retrouvera à quelques mètres au-dessus du public, un autre tentera de vaincre une tempête de neige…

 

La mise en scène fonctionne bien avec ce grand nombre de comédiens. Certaines scènes proposent notamment un tableau où le spectateur est sollicité à différents endroits où se déroulent des actions toujours plus hilarantes les unes que les autres. 
Bien qu'en salle cela fonctionne, je sais qu'il s'agit d'une compagnie de théâtre de rue et j'imagine mieux cette formule de spectacle en extérieur. Cela pourrait se dérouler dans un parc public par exemple afin qu'on puisse s'immerger totalement dans cette Garden-Party. J’ai pu lire, après coup, que la Compagnie le proposait sous cette forme. Je pense que dans ce contexte, la formule prend place davantage comme un cocktail explosif !

Humour second degré ? Humour décalé ? Venez vite à cette Garden-Party !

 

Valérie Desbrosse

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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 14:21
Miles Davis ou le coucou de Montreux
Source : Article La Depêche.fr du 11.08.2017

Source : Article La Depêche.fr du 11.08.2017

Spectacle de IMA Productions (66), vu le 19 juillet 2017, AVIGNON OFF 2017, Théâtre Porte St Michel à 17h.

De : Henning Mankell
Avec : Michel Bordes

Genre : Théâtre musical
Public : Tout public à  partir de 10-12 ans
Durée : 1h

Pendant que le public s’installe, Steinar s’essaie à la trompette… Son récit commence avec l’évocation de la mort, qui l’a bouleversé, de Miles Davis, le 28 septembre 1991, par une belle journée d’automne…  
Il nous raconte comment, grâce à son ami Stan Age (lui qui n’aimait pas le jazz !), devenu par hasard  chauffeur attitré de Miles Davis pour ses déplacements en Europe, il lui a été donné de serrer la main du grand trompettiste à l’issue du concert mythique de 1986 au Festival de Montreux. Ce qui changea totalement sa vie. Il a été ébloui par le musicien, en particulier par son interprétation du Concerto d’Aranjuez.

A travers ses propres souvenirs et ceux de Stan Age, alimentés par les confidences du musicien, il explique comment Miles Davis s’est peut-être "vengé" dans sa musique des humiliations qu’il subissait en tant que Noir dans l’Amérique des années 1950, comment il a mis son énergie et sa fougue au service de la création musicale. Comment il a aimé l’Europe plus tolérante où il a été bien accueilli, comment il a été éperdument amoureux de Juliette Gréco, et pourquoi il renonça à l’emmener aux USA, où les mariages mixtes étaient interdits. 
Steinar s’est alors  acheté une trompette, a collectionné des objets ayant appartenu à Miles, comme le phare gauche de sa Volvo, s’est intéressé de près à la musique de Miles, la façon dont il composait et jouait. Bref, il est devenu un fan absolu… Jusqu’à trouver des liens entre le big-bang et la possible naissance de l’univers en si bémol majeur, et la musique de Miles dont c’était la tonalité de prédilection. 

Michel Bordes évolue dans un décor simple, figurant l’atelier d’une casse auto. Son accent marqué du sud-ouest, d’abord un peu dérangeant, allié à son jeu dépourvu d’artifices, apporte finalement plus de véracité à son personnage, individu pas compliqué, que la musique aide à exprimer ses émotions. Ce monologue écrit par l’auteur suédois Henning Mankell, est un hommage à Miles Davis, mais aussi un hymne au jazz, à la musique qui peut porter l’individu, quel qu’il soit, l’aider à vivre, le faire rêver, lui permettre de communiquer au sein d’une "communauté" comme, probablement, toute autre passion peut le faire…  
De fait, mieux vaut être un public passionné, de jazz de préférence, mais pas exclusivement, pour comprendre et pour suivre ce seul en scène d’une heure qui peut laisser les individus hermétiques au sujet sur le bord du chemin…
Ce spectacle trouve naturellement sa place dans tout lieu ou toute manifestation dédiés à la musique, cave, bar, festival comme à Marciac où il a rencontré un beau succès. Seul regret de ma part, qu’on n’ait pas eu droit à plus d’extraits musicaux pour apprécier les talents de saxophoniste de Michel Bordes, à côté de ses talents de comédien.

Cathy de Toledo

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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 14:21
L'enseignement de l'ignorance

 

Spectacle de la Compagnie DDCM (84), coréalisation Pandora (84) , vu au Festival Avignon OFF 2017, à 12h30 au Pandora, du 6 au 30 juillet 2017.

 

Auteur: Jean-Claude Michéa et Seb Lanz

Interprètes : Héléna Vautrin, Fred Guittet, Seb Lanz

Musique et mise en scène: Seb Lanz

 

Genre: Théâtre (citoyen)

Public: Tout public, à partir de 12 ans

Durée: 50 min

 

Les premières notes du pianiste sonnent et les premières lignes s’inscrivent sur le grand rétroprojecteur au fond du plateau. Le public est alors plongé dans le sujet de "l’enseignement de l’ignorance". "On constate de façon évidente le progrès de l’ignorance, à la fois comme défaut de savoir structuré, de capacité théorique élémentaire, et comme manque de sens critique, de jugement moral autonome. Or l’ignorance des élèves ne constitue pas un dysfonctionnement, mais est un élément nécessaire et une condition du développement de nos sociétés modernes" (Florent Julien, Collectif Racine).

 

De nombreuses références comme Orwell, Smith et Nietzsche mettent en exergue la pensée de l’auteur. Ces références nous plongent dans le passé (similaire parfois au présent) et les deux comédiens qui entrent sur scène nous ramènent à l’instant T. Dans un premier temps je ne vois pas forcément le lien entre la gestuelle des deux comédiens sur le texte et le piano qui l’accompagne. Je commence à sortir de la lecture car cette période de projection me semble légèrement trop longue pour rester concentrée et attentive. Et finalement, ne serait-ce pas là un des sujets abordés par l’auteur ; l’évolution de l’attention de l’homme à travers l’évolution de la société et ses multiples sollicitations quotidiennes. Nous enseigner l’ignorance reviendrait en quelque sorte à nous formater ou déformater, ce qui influerait sur notre capacité d’attention, de critique et de jugement.

Lorsque le pianiste se met à lire, je prends alors un peu de répit et je reste "connectée" à ces diverses sollicitations choisies dans la mise en scène (musique, vidéo, théâtre, lecture). De nombreux sujets sont abordés tels que la production, la surproduction, la consommation, la surconsommation, le travail, le numérique…

On y parlera également des grandes institutions (des grands puissants) telles que le FMI, l’OCDE, le G8 et leurs enjeux et impacts sur notre société. Ce sera le Tittytainment qui sera approfondi et décortiqué pour que l’on comprenne tout son sens. Ce terme a été inventé par Brzezinski formé à partir des mots tit (sein en argot américain) et entertainment (divertissement). Le "sein" fait plutôt référence à l’effet soporifique de l’allaitement maternel sur le bébé. "Le concept est un cocktail d’aliments et de divertissement qui endormirait la masse. C’est un totalitarisme des temps modernes" (Source, lesoirdalgerie.com).

 

Je pense qu’il s’agit d’une représentation où le spectateur doit être suffisamment disponible et attentif pour voir, comprendre et apprécier la pièce jusqu’aux derniers mots. Cependant, le choix de mise en scène est très moderne, les musiques y apportent une "touche" plus dynamique après plusieurs lectures, le théâtre vient alterner et équilibrer aussi les propos, parfois assez soutenus, de l’ouvrage. Le piano nous offre une touche plus poétique et musicale tout au long de la représentation.

Cette pièce doit parler à la jeunesse que nous sommes et j’apprends à la fin qu’elle est proposée dans des lycées, dans des IUT. Cela me semble très pertinent comme outil de débat, même dans des colloques et des conférences. Bien entendu, en salle, ça fonctionne très bien.

Une très belle performance réalisée, moderne, dynamique et très constructive intellectuellement. Merci.

 

Valérie Desbrosse

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Published by www.vivantmag.fr - dans Spectacle Tout public
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