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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
Vous y trouverez l'ensemble des commentaires de nos correspondants sur les spectacles qui ont été vus. Ce service est en ligne en accès libre depuis février 2007.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

23 janvier 2022 7 23 /01 /janvier /2022 10:13
CAR/MEN
CAR/MEN

Spectacle produit par la Cie La feuille d'automne – Les Chicos Mambo (75) et vu au Théâtre Libre le 14 janvier 2022.

Mise en scène : Philippe Lafeuille assisté de Corinne Barbara

Création Vidéo : Do Brunet 

Création Musicale : Antisten

Lumières : Dominique Mabileau assistée d’Armand Coutant

Costumes : Corinne Petitpierre assistée d’Anne Tesson

Avec les danseurs : Antoine Audras, François Auger, Antonin «Tonbee» Cattaruzza, Phanuel Erdmann, Jordan Kindell, Samir M’kirech, Jean-Baptiste Plumeau, Stéphane Vitrano et Antonio Macipe en alternance avec Rémi Torrado

Genre : Danse et chant

Public :  tout public à partir de 10 ans

Durée : 1h20

 

Carmen, opéra tragique de Bizet fut adapté maintes fois avec plus ou moins de talent mais Philippe Lafeuille, lui, l'a modernisé sans pour autant le dénaturer. L'ouvrage se voit revisité par huit danseurs et un chanteur virtuose avec fantaisie, tendresse et surtout dérision...

C'est une vision très personnelle et réjouissante qui m'avait déjà emballée avec la précédente création de Philippe Lafeuille, « TUTU » dans ce même Théâtre libre. Ce Car/Men là, tout en restant  un ballet, multiplie les pas de côté : le respect de l'oeuvre originale de Bizet est, disons, relatif, car il mêle la beauté visuelle à la loufoquerie. Tout commence pourtant à Séville, avec ses robes de flamenco et la musique originale de ce mythique opéra. Mais tout est détourné : les costumes de toréros outrageusement pailletés, les énormes castagnettes placées sur l'entrejambe des 8 danseurs ne constituent que quelques-unes des facéties humoristiques que se permet le chorégraphe. Il faut dire de plus que Carmen est … un homme, bien sûr ! Vrai chanteur lyrique, Rémi Torrado interprètera un Don José et une Carmen avec le même brio. Encore une fois, les Chicos Mambo se jouent des codes de la virilité ; et ne proposent rien qui ne soit beau à voir ni amusant à vivre. Le récit souvent désopilant sera souvent ponctué par des solos émouvants remplis de poésie et sublimés par le talent de ces danseurs hors pair.
Les artistes ont beau jouer de leur féminité, (je n'ai jamais vu des hommes porter aussi bien la robe ou la jupe en tulle!) leur virilité reste néanmoins très affirmée : pour preuve ce magnifique solo de Samir M 'Kirech qui danse de dos, totalement nu. Aucune vulgarité dans cet exercice, marqué par le talent et la grâce...impressionnant de poésie.

La fin du spectacle sera ponctuée par la prestation du chorégraphe himself qui parvient en 2 secondes à « Carméniser » son public : nous nous sommes levés pour une « hola » unanime sur la valse lente de Chostakovitch.
Plaisir et partage, tous différents et tous unis, le message est très, très bien passé...

 

 

Evelyne Karam

 

 

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16 janvier 2022 7 16 /01 /janvier /2022 15:57

Cela faisait quelques années que je n’étais pas allé aux rendez-vous « Région(s) en scène », dispositif de repérage régional du Chaînon.

Pour rappel, le réseau Chaînon, c’est 11 fédérations régionales couvrant tout le territoire national, 305 adhérents de structures de programmation de spectacles, 11 festivals régionaux ainsi que l’édition du festival national « Le chaînon manquant» à Laval (53) pendant 6 jours en septembre de chaque année.

Le principe est simple : il s’agit de proposer dans les 11 fédérations régionales, un plateau d’une quinzaine de spectacles repérés par au moins 3 adhérents du réseau. L’occasion ainsi de les présenter pendant les « région(s) en scène », de les faire découvrir aux autres programmateurs locaux, et de les faire « monter » au festival national du chaînon manquant.

Selon le Chaînon, les 70 spectacles présentés au festival national permettent ensuite de créer une tournée de 800 représentations en moyenne, les plaçant comme le premier diffuseur en France. Bien sûr ces chiffres ne prennent pas encore en cause les deux dernières années de pandémie qui ont largement été préjudiciables aux tournées.

Autre raison de mon intérêt, c’est que jusqu’en 2019, l’ex région Languedoc-Roussillon était la seule à ne pas avoir de fédération régionale. Depuis, le regroupement des régions de 2015 a enfin permis que se structure la fédération Occitanie autour du Réseau Pyramid qui s’occupait déjà de la fédération Midi-Pyrénées-Aquitaine.

Aujourd’hui plus de 15 structures de l’ex Languedoc-Roussillon adhérent à la nouvelle fédération Occitanie. Un signe que les choses avancent ?

Pandémie et mesures sanitaires obligent et pris par un emploi du temps un peu chargé, je n’ai pu assister qu’à 5 spectacles en 2 jours, sans pourvoir prendre le temps commun prévu pour les repas avec les personnes présentes. Dommage, car c’est presque le plus important. Ils auraient pu ainsi éclairer ma lanterne sur la situation actuelle et leurs impressions. Ca sera pour une prochaine fois…

J’ai pu toutefois découvrir 5 spectacles différents, dont vous trouverez- si le temps me le permet-, un retour plus détaillé prochainement en ligne.

Il s'agit de :

L'Ile au tresor - cie 9 The:rmidor (31) : 3 étoiles-  un spectacle jeune public, mêlant théâtre, théâtre d'objets et musique sur le thème des pirates et de l'aventure, porté par un duo comédien/musicien très calé.

La Saga de Grimr - Cie Ensemble Drift (33) : deux étoiles- un BD concert assourdissant, dont le volume sonore bien trop haut, m'a crée des acouphènes mal venus. Dommage!

Quatre petits coins de rien du tout - cie Bachi-Bouzouk Production (46) : 2étoiles - un spectacle très jeune public, basé sur les images et la vidéo à la précision millimétrée. Technique Impressionnante de précision.

Bateau - cie les hommes sensibles (81) : 3 étoiles-  un spectacle jeune public pour adulte, plongeant avec délice dans les doux rêves et délires de l'enfant explorateur. Original et créatif

Les leçons impertinentes par Zou - Cie Le Thyase (31) : 3 Coeurs Une très belle découverte, avec Zou pédagogue de rue, qui nous parle de la place de la femme dans l'art! Du grand art!

 

Prochaines régions en scène juqu’en mars : www.lechainon.fr/regions-en-scenes/

Auvergne Rhône Alpes : 9, 10 et 11 février 2022 dans le Puy-de-Dôme et l’Allier : https://www.lechainon.fr/le-maillon-dederation-regionale-du-chainon/

Paca : 24 et 25 février 2022 dans le Var et les Bouches du Rhône : www.cercledemidi.fr/edition-2022

 

Eric Jalabert

 

 

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10 janvier 2022 1 10 /01 /janvier /2022 23:14
Giovanni Cittadini Cesi pour le théâtre du Rond-Point.

Giovanni Cittadini Cesi pour le théâtre du Rond-Point.

Les gros patinent bien, cabaret de carton

 

 

Un spectacle produit par la compagnie le fils du grand réseau (29) et vu au Théâtre du Rond-Point  le 7 janvier 2022.

 

Création : Olivier Martin-Salvan et Pierre Guillois

Comédiens : Olivier Martin-Salvan et Pierre Guillois

Ingénierie cartons : Charlotte Rodière

Régie plateau: Emilie Poiteaux en alternance avec Elvire Tapie et Colin Plancher

Genre : théâtre et théâtre d’objets

Public : tout public

Durée : 1H20

 

Dix ans que je ne les avais pas vus. La dernière fois, c’était pour « le gros, la vache et le mainate » avec mes collégiens. Souvenir quelque peu cuisant, non que ça leur ait déplu à mes gosses, au contraire, mais quelle pression pour moi que d’oser les amener voir un spectacle si provocateur. Alors, il m’a fallu tout ce temps pour digérer mais quel bonheur !

 

Même si la réalité est sans doute différente, je les imagine bien, Olivier Martin-Salvan et Pierre Guillois jouer en amont de la création tels deux gosses à « on dirait que tu serais un américain paumé au fin fond de l’Islande, maudit par une sirène ». Et à partir de cette situation initiale, dériver dans un road movie aussi tenu dans le synopsis que débridé dans la création.

Un américain donc. On le sait parce qu’il le dit et qu’il est addict au coca lequel tombe systématiquement à l’eau avant consommation. Quelque peu replet, il passe son temps assis, tiré à 4 épingles dans son complet. Il parle un idiome si étrange qu’il en est inintelligible. Pas de panique : son acolyte, grand échalas en maillot de bain, se charge de la traduction façon cinéma muet.

« Il était un petit homme… avec sa maison tout en carton » : la ritournelle est de mise ! Cartons réduits à de simples pancartes pour décoder ; cartons animés pour mimer (le battant d’un pan de carton, c’est parfait pour imiter un phoque à la queue frétillante) ; cartons marionnettes à tige pour parler des migrants qui se noient dans l’indifférence généralisée ; cartons à toutes les échelles pour dessiner des perspectives et des mouvements ; cartons accessoires pour suggérer des coiffes folkloriques et autres éventails ; cartons plus sophistiqués pour installer une échoppe éphémère, une moto, un phare !

Nos Laurel et Hardy, dans cette incroyable économie de moyens, et au-delà de la loufoquerie de l’ensemble qui fonctionne sur le comique de répétition nous servent une tranche de jeu admirable. Car il en faut du talent pour débiter un texte imbitable et des chansons qui ne le sont pas moins avec un aplomb à toute épreuve. Et il en faut un talent pour, quasiment à poil, atteindre ce degré de perfection gestuelle dans le maniement synchrone des cartons sous toutes leurs formes.

 

« Les gros patinent bien, opéra de cartons », est un spectacle intelligent, irrévérencieux, techniquement parfait et tout simplement jubilatoire.

 

 

Catherine Wolff

 

 

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31 décembre 2021 5 31 /12 /décembre /2021 20:00
Photo DR

Spectacle de la Compagnie Le Chêne Noir (84), vu au Chêne Noir à Avignon (84), le dimanche 19 décembre 2021 à 16h.

 

 

Auteur : Julien Gelas

Mise en scène : Gérard Gelas

Comédiens : Alain Leempoel, Didier Brice, Andréa Brusque, David Talbot, Emmanuel Lemire, François brett

Genre : Théâtre

Durée : 1h50

 

 

Une farce politique, provocante et actuelle, que je souhaitais découvrir pour sa création sur le beau plateau du Chêne noir, où le public était présent aux deux tiers pour cette matinée dominicale ensoleillée.

 

Nous voilà au cœur du pouvoir, dans le bureau du président de la

République où l’on découvre dans un décor très théâtral, les échanges entre ce dernier et son premier conseiller sur la façon de gouverner le pays et donc le peuple. Seul ou en écoutant les autres ? Sérieusement ou en jouant ?

Un brin Vaudeville tant ces situations sont improbables, nous apprenons rapidement que la fille du conseiller, Éléonore, sous le pseudo de Miss Balaize est l’une des figures contestatrices les plus radicales du président à travers ses publications en ligne. De plus elle est « pilotée » en sous main par son père, lui même opposant au président, et personne ne doit le savoir…

Et bien sur le président l’apprend et pour cela engage la fille au sein de son cabinet avec un deal : si elle change d’avis sur le président après quelques mois, elle détruit son site et son million de followers. Sinon, elle continuera…

Eléonore apporte un vent de fraîcheur dans le monde bien pensant et patriarcal des hommes du pouvoir, mais on voit bien qu’elle bascule doucement, fait évoluer son jugement et se laisse séduire par les attributs du pouvoir. C’est effectivement l'un des risques du pouvoir.

Nous partagerons ainsi les arcanes de la manipulation politique, les charmes de la corruption et du chantage, les méandres du pouvoir et de l’entre-soi. Les comédiens, notamment Alain Leempoel aux faux airs de Macron, sont tous formidables et portent avec crédibilité leurs personnages, même dans les situations les plus scabreuses (celle entre les deux conseillers restera dans les anales ;-) .

Ils nous distillent de nombreuses pépites macronistes (« ceux qui ne sont rien »,  « traverser la rue pour trouver du travail »,...) font référence aux gilets jaunes, et encore plus prêt de nous, nous rappellent les incohérences des annonces du gouvernement en début de pandémie. Et même au théâtre, cela reste largement en dessous de la réalité !

J’y ai trouvé quelques longueurs- au-delà des longs changements de plateaux qui apportent une respiration à des scènes très denses- et la fin, un peu cousue de fil blanc, était attendue.

Mais il reste un beau plaidoyer sur la place du président et son hyper pouvoir au sein de l’organisation de l’Etat, ouvrant la porte à toutes les manipulations et décisions unilatérales possibles.

J’ai même entendu un spectateur à la fin du spectacle dire «  c’est un peu du Molière ». Un peu exagéré, même en cette année de commémoration, mais une proposition un peu piquante et actuelle... on ne va pas bouder son plaisir.

 

Eric Jalabert

 

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20 décembre 2021 1 20 /12 /décembre /2021 19:34
Le roman de Brassens

 

Spectacle de la Compagnie Freddy and co (75/84), vu à l’Espace 409 à Bédarrides (84), le 29 octobre 2021 à 20h30.

 

Chansons de Georges Brassens

Intérprètes :

Freddy Bitan : chant et guitare

Laurent Astoul : contrebasse

& Choeurs

Genre : concert

Durée : 70 mn

 

 

Un nouveau projet pour le centenaire de la naissance du grand Georges, avec un concert racontant la vie de Brassens à travers ses chansons. La compagnie a été invitée par les amis de Jean Ferrat. Belle idée que je suis allé découvrir dans une salle de spectacle tout à fait honorable, au 409, l’espace culturel de Bédarides,

Sur scène, Freddy à la guitare, accompagné de Laurent Astoul à la contrebasse et de trois choeurs complémentaires, commencent avec « la mauvaise réputation ». Freddy entrecoupe chaque chanson, d'anecdotes ou d'interprétations entre sa vie et les chansons de Brassens pour faire le lien : Sète, Paris, Jeanne...

Le choix du répertoire, avec beaucoup de chansons très connues (il y en a tant, et mes sept années passées à Sète m'ont permis d'en découvrir encore plus l'étendue) mais aussi quelques chansons plus confidentielles, permettent une vraie vue d'ensemble sur cet homme de combat poétique, ancré dans la réalité. Les chœurs - notamment sur les filles de joie- ou l'harmonica qui intervient de façon occasionnelle sur quelques chansons, apportent une vraie particularité à l'ensemble. Ainsi que l'ouverture des « bancs publics » slamée et amenant une touche plus contemporaine à ce récital.

Pourtant, il me semble que la construction et la narration de ce « roman de Brassens » méritent d'être plus développées – tant dans sa présentation que dans son interprétation-  pour en faire un vrai spectacle construit autour de cette histoire formidable de la chanson, de la vie et de l'amour, de l'amitié et de la mort.

Eric Jalabert

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25 novembre 2021 4 25 /11 /novembre /2021 10:14
TUTU
TUTU

Spectacle produit par la Cie La feuille d'automne (75) et vu au Théâtre libre le19 novembre 2021.

 

Conception et chorégraphie : Philippe Lafeuille

Danseurs : David Guasgua M., Julien Mercier, Benoit Peillon, Vincenzo Veneruso en alternance Kevin GIBBS, Marc Behra, Vincent Simon

Genre : Danse

Public : Tout public

Durée : 1h20

 

Tutu : le titre donne le ton ! Six danseurs-comédiens performent en tutu et en ballerines dans un spectacle de danse irrésistible de drôlerie ! Le show musical déjanté « Tutu »mêle la fantaisie, le travestissement, l'émotion, la poésie, la musique classique et le rock n'roll...les Chico Mambos sont de retour à Paris et mettent le feu en une vingtaine de tableaux tous aussi drôles ou poétiques. Des danseurs en tutus capables de performances sur pointes pour une adaptation plutôt déjantée du « Lac de Cygnes », une reprise « chaude »de « Dirty Dancing » hilarante : les Chico Mambos revisitent les grands standards du ballet et les genres d'expression corporelle, en parodiant la danse classique et ses codes un peu étriqués.

Leur drôlerie est communicative : on rit souvent, surpris par le détournement des costumes (les canards ébouriffés en ouverture du spectacle donneront le ton) ou la multitude de perruques multicolores. L'émotion est aussi bien transmise par un solo magistralement interprété car la dérision côtoyant l'exigence, ce spectacle est autant un divertissement qu'une performance.

Le spectacle terminé, le chorégraphe Philippe Lafeuille vient vérifier que nous avons bien tous été "Tutufiés" avec une persuasion pour le moins bluffante ! (en moins d'une minute la salle entière lève les bras et chante à l'unisson...). Un spectacle frais et revigorant, performant et joyeux.

Evelyne Karam

 

 

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31 octobre 2021 7 31 /10 /octobre /2021 14:56

 

Spectacle de la Compagnie Un euro ne fait pas le printemps (38), vu au Festival des petites formes de Montfavet (84), le 16 octobre 2021 à 15h30.

Texte et interprétation : Heiko Buchholz

Genre : Théâtre décalé en déambulation

Durée : 45 mn

Une compagnie iséroise bien barrée, que je voulais voir depuis longtemps et que j’ai pu découvrir avec plaisir pour cette seconde édition d’Automne, du festival des petites formes, partenaire de VivantMag. Un week-end toujours très agréable, permettant de découvrir des entre-sorts ou des formes courtes.

Mr Martin, de l'agence de voyage "Safari Ici" nous accueille dans son costume gris étriqué, pour participer à ce fameux safari permettant d'aller à la découverte des autochtones présents tout autour de nous : il nous offre ainsi un regard sur l'humain comme une espèce inconnue.

Après un premier briefing préparatoire pour cette plongée in situ -et la distribution du matériel promotionnel nécessaire pour l'excursion-  nous voilà partis pour une ballade de 30 mn, où chaque rencontre est l'occasion d'une distorsion du quotidien. Les maisons, les voitures, les magasins sont autant d'occasions de porter un regard critique et drôle sur notre société et son fonctionnement. Heicko Buchholtz, auteur et comédien, avec son petit accent teuton et son sérieux de bout en bout, nous offre un regard sur l'autre, teinté d'observations sociologiques, d'interprétations décalées et de sciences approximatives pour dépeindre et mieux connaître comment cette espèce si particulière, et faite de contradictions si flagrantes, se comporte, se nourrit et se reproduit.

Un vrai régal entre surréalisme et clichés. A découvrir et faire partager largement.

 

Eric Jalabert

 

 

 

 

 

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30 septembre 2021 4 30 /09 /septembre /2021 15:17
Festival Label Rue, Rodilhan (30)

Cette année le Festival Label Rue fêtait son 10ème anniversaire de présence à Rodilhan. Porté par l’association EUREK’ART qui soutient la création pour l’espace public et les projets de territoire depuis 25 ans, ce festival représente un temps fort :

deux jours de spectacles dans cette petite bourgade du Gard, une quinzaine de compagnies professionnelles des arts de la rue, des spectacles gratuits, un village d’entresorts en caravanes, des Food trucks et buvettes avec produits locaux.

Cela fait plusieurs années que j’y viens en famille, l’ambiance y est toujours chaleureuse et familiale, les spectacles de qualité, avec une grande variété de propositions, bref une date de rentrée à marquer d’une croix dans votre agenda !

Festival Label Rue, Rodilhan (30)

Chimères

Par La Compagnie  Mesdemoiselles(49)

 

Artistes acrobates : Laure  Bancillon, Claire Nouteau, Anna Von Grunigen

Artiste musicien : Colin Bosio

Genre : Cirque

Public : tout public

Durée : 35 minutes

 

 

Chimères est un spectacle mêlant cirque, musique et danse. Les acrobates de cirque (corde volante, corde lisse, contorsion) nous offrent leurs prouesses, tout en déséquilibre, suspension, désarticulation.

Tantôt seules, tantôt entremêlées comme pour se soutenir….ou rendre l’équilibre encore plus instable ?

Elles ont cette fois décidé de ne pas résister à d’autres sirènes et de s’essayer au chant et à la musique, comme un rêve d’enfant, ou une prise de risque supplémentaire ? Accompagnées par un musicien en live elles n’hésitent pas à mélanger les genres ce qui pourra plaire ou ennuyer.

Pour ma part j’ai accepté l’invitation à rêver.

 

 

Festival Label Rue, Rodilhan (30)
Festival Label Rue, Rodilhan (30)

Made_in

Par La Compagnie  Subliminati Corporation (31)

 

Auteurs : Mikel Ayala, Ilaria Senter

Interprètes : Mikel Ayala, Ilaria Senter

Mise en scène : Virginie Baes

Genre : Cirque/Théâtre

Public : tout public à partir de 8 ans

Durée : 1H

 

 

Le propos se passe devant une maison, lors d’un déménagement :  l’occasion rêvée pour se replonger dans ses souvenirs d’enfance. Les deux adultes en présence vont reconvoquer leurs jeux, comptines, objets, photos et promener les spectateurs entre  ces deux univers. Chacun est invité à regarder à partir de ce qu’il a été ou de ce qu’il deviendra. Double lecture, donc, à hauteur d’enfant ou d’adulte.

La pièce mêle l’utilisation d’un mât chinois, du jonglage (massues et hula-hoop), la manipulation inventive d'objets et de matériaux divers (cartons, papiers, fumées…), la projection, le chant, la musique. On sent que les  acteurs-créateurs se sont laissé porter par leurs rêves d’enfants.

Un curieux désordre naît de tout cela. Un désordre poétique qui, tels les souvenirs qui nous ne nous arrivent jamais dans l’ordre et sont toujours réinventés, joue davantage sur l’émotion que sur la démonstration.

Les conditions de jeu n’étaient pas idéales : pas vraiment une maison, vent qui déstabilisait les marionnettes en carton, mais malgré tout j’ai aimé ce voyage au pays de l’enfance, mes propres souvenirs ont accepté la proposition.

Ce spectacle se joue tant en salle qu’en extérieur et doit donc sûrement varier en fonction des contextes.

 

 

http://www.ciegerardgerard.fr/images/144782828_3464849513642264_7755561943774906604_o.jpg

Johnny, un poème

Par Les Compagnies Gérard Gérard (66) et Rhapsodies Nomades (34)

 

Porteurs du projet, jeu, écriture, mise en scène : Alexandre Moisecot et Chloé Desfachelle

Pilote de la pelleteuse et jeu : Arnaud Mignon,

Genre : théâtre de rue

Public : tout public à partir de 6 ans

Durée : 1H15

 

 

Un spectacle sur Johnny dans un festival de théâtre de rue, on ne s’y attend pas vraiment. Le public n’est donc pas forcément acquis car si on aime le théâtre, osera-t-on (s’) avouer qu’on aime Johnny ?

Alors on y va pour voir, pour sourire et puis la promesse d’un spectacle avec une pelleteuse comme personnage à part entière ça donne quand même envie d’avoir envie !

Et je serai bluffée : quelle énergie !

En même temps c’est normal quand on se rêve Johnny autant y aller jusqu’au bout et allumer le feu. L’arrivée sur scène se fera dans une pelle hydraulique « parce que ça se loue partout, parce qu’un hélico c’est surfait et qu’une Harley c’est trop cher » et le reste y sera aussi : la voix puissante, la musique qui prend au ventre…

Mais  il y aura de la contradiction car nous ne sommes pas tous fans de Johnny.

Alexandre, dans Johnny, il y est tombé quand il était petit et il restera toujours le lien indéfectible avec son père. Quant à Chloé, elle a plutôt grandi avec Barbara ; Johnny c’est vraiment ringard.

Alors ils vont se répondre, s’invectiver pendant 1h15.  Leurs échanges seront ponctués du discours-hommage d’Emmanuel Macron, de citations de Victor Hugo ou de Virginie Despentes, d’une interview de Lucchini, d’une lettre de Laura Smet et même d’une séquence de l’école des fans.

Parce qu’ils ont tout lu sur Johnny, parce que tout ce qui est raconté est vrai, ou fait partie de la légende (ce qui revient au même !), parce que la voix d’Alexandre porte à merveille les morceaux choisis, alors oui ça fonctionne.

Un dernier mot sur la pelle hydraulique, sûrement un pari fou ou un rêve de gosse. Mais elle est devenue un personnage à part entière, comme une immense marionnette dont la puissance donnera parfois le frisson, pari gagné !

Alors parce qu’on a tous quelque chose à voir avec Johnny, parce qu’on a tous quelque chose à en dire, on se laisse prendre au jeu, et je n’étais vraiment pas la seule !

 

 

    

https://files.gandi.ws/gandi81466/image/affichebdm2013lourde.jpg

La beauté du monde, témoignage du 3ème type

Par La Compagnie Qualité Street, Lorient (56)

 

 

Comédien : Gildas Puget

Genre : Théâtre

Public : tout public à partir de 10 ans

Durée : 50 minutes

 

Il est 21h, j’ai déjà vu plusieurs spectacles dans ce très sympathique Festival Label Rue, j’hésite même à rester car j’en ai déjà plein les yeux mais l’ambiance m’invite à ce petit « effort ». Je ne serai pas déçue car me voici embarquée dans l’univers surréaliste de cet illuminé de la protection de la planète.

 

Un texte ciselé, des expressions et  mimiques impressionnantes. Il y a à la fois du Jim Carrey et du Raymond Devos dans ce personnage fantasque. Nous sommes dans le monde de l’absurde, dans un imaginaire totalement débridé et qui malgré tout nous amène à réfléchir sur ce que nous voulons pour l’avenir de notre planète et donc le nôtre. Les aventures rocambolesques de Mickaël Robinet, à la fois  drôles  et pathétiques, nous transmettent avec intelligence un message puissant et un final où chacun est interpelé.

Un vrai régal, à diffuser sans modération !

 

 

Festival Label Rue, Rodilhan (30)
Festival Label Rue, Rodilhan (30)

L’objetarium

Par La Sphère Oblik (34)

 

Direction artistique, construction et jeu : Sidonie Morin & Johan Schipper

Genre : Théâtre d’objets en caravane

Public : tout public à partir de 10 ans

Durée : 20 minutes (en continu)

Jauge : 5 personnes

 

 

Les caravanes sont devenues un incontournable des festivals.  Elles fleurissent sur les terrains et rivalisent tant dans leur décorum que dans l’originalité de leurs propositions.

Mais pour moi c’est toujours avec plaisir et curiosité que je pénètre dans cet espace restreint et clos, me sentant à chaque fois privilégiée car bien souvent des spectateurs qui n’ont pas réservé restent dehors avec leur frustration !

Là encore la découverte est surprenante, poétique, magique. De vieux objets qui reprennent vie grâce à l’imagination et à l’habilité des créateurs. Une femme, telle un horloger équipé de sa lampe/loupe frontale prend minutieusement soin de cet oiseau de fer et de plastique. Dans les vitrines et sur les étagères, trônent de drôles de créatures. Il faut se retourner avec délicatesse, sans se gêner les uns les autres, pour admirer ce « fer-volant », cette « brosse-araignée », ou se laisser émouvoir par ces « objets en voie de disparition » (cassettes audio et autres objets à la fois si proches et si lointains).

Nous participerons délicatement à l’enterrement d’un vieil appareil photo et assisterons à l’envol d’une théière…Je ressors les yeux papillonnant de mes souvenirs d’enfance !

Un beau moment surréaliste et onirique.

 

 

Festival Label Rue, Rodilhan (30)

GASTON (Grande Assemblée Spectaculaire des Troubadours de l’Orchestre Narratif)

 

Par La Compagnie  Fatras (30)

 

Genre : Musical

Public : tout public, à partir de 8 ans

Durée : 1H15

 

En quelques mots : si vous souhaitez donner de la pêche à une soirée, un festival ou tout autre évènement, alors n’hésitez pas.

Un concentré d’énergie, de bons musiciens, du partage, Gaston nous invite à un voyage autour du monde : chaque musicien et donc chaque instrument nous convie dans son univers…

En ce dimanche soir, un moment de clôture du festival vraiment réussie, je repars avec de la fête plein la tête.

 

 

Marie-Pierre HUSSON

 

 

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28 septembre 2021 2 28 /09 /septembre /2021 00:12
Olympicorama, l'escrime
Olympicorama, l'escrime

 

Un spectacle produit par la Compagnie Vertical Détour (93) vu le 27 septembre 2021  à la Villette.

 

Texte : Frédéric Ferrer

Comédiens : Frédéric Ferrer

Genre : Conférence gesticulée

Public : tout public

Durée : officiellement 1H30 (mais 2H ce soir)

 

 

Grâce à Frédéric Ferrer et à son projet un peu fou de présenter, en vue des JO de 2024, 4 disciplines olympiques par saison théâtrale (une date unique à chaque fois) jusqu’au début de l’évènement sportif, je vais finir par devenir une pro du sport…..en salle ! Après le 100m, le marathon  et le handball (chroniqués), Frédéric Ferrer nous invite ce soir à découvrir l’escrime.

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-Le dispositif de base est le même, le décor itou. A cour, un pupitre avec ordinateur pour la conférence gesticulée. A jardin, un coin interviewe pour l’accueil, en seconde partie, d’un sportif de haut niveau, spécialiste de la discipline. En fond de scène, un écran.

- Sonorisé, Frédéric Ferrer entreprend sa conférence. Contrairement aux précédentes soirées notre homme fait l’impasse sur la présentation globale du projet. Parce que «l’escrime est aussi vaste qu’un continent ; c’est un continent », mieux vaut aller droit au but. Enfin façon de parler et c’est tant mieux car là réside la performance théâtrale.

 

-En 50 minutes et avec un débit de paroles ahurissant, Frédéric Ferrer nous explique pourquoi la France -et depuis Laura Flessel, les outremers - est particulièrement performante dans une discipline plurielle (sabre, fleuret et épée mais aussi escrime olympique, escrime artistique, escrime ancienne et historique) qui use exclusivement du français. On apprend l’origine probable du sport (la fameuse séquence de l’australopithèque) sa codification, sous forme de duel ordalique par le roi burgonde Gondebrard, sa portée frondeuse sous l’ancien régime, et sa démocratisation sous forme de duel d’honneur à l’époque moderne. Chacune des étapes est l’occasion d’entrer plus avant dans les subtilités techniques de ce qui deviendra un sport.

 

Voilà pour le côté docte. Mais Frédéric Ferrer est un vulgarisateur hors pair et un homme de théâtre. La partie scientifique est donc accompagnée de tout un dispositif : le fameux powerpoint d’abord sans lequel notre professeur tournesol ne saurait étayer sa démonstration ! Chaque propos est illustré de façon obsessionnelle au cas où, par exemple, nous ne saurions à quoi ressemble l’Afrique ou le château de Saint-Germain-en-Laye. Quel rapport avec l’escrime ? C’est ce à quoi à répondent les innombrables digressions.

-Les digressions sont le deuxième procédé théâtral. Plus drôles les unes que les autres, elles ne sont jamais gratuites mais permettent au contraire d’approfondir de façon ludique le sujet. Frédéric Ferrer convoque donc, entre autres, Dark Vador, Henri II, la famille Dumas sur quatre générations, Sarah Bernhardt et même Gaston Deferre et Le Pen père. Je vous laisse le loisir de chercher le rapport des uns et des autres avec l’arme blanche.

-Nul doute pour les invités de ce soir : Florence Léguy, maître d’armes et conseillère en escrime artistique au théâtre et au cinéma ; Peter Yohan, multi-médaillé au sabre handisport. Ils sont intarissables sur leur discipline et nous aide, par une leçon et une démonstration de combat en direct, à comprendre les règles propres à chacune des armes.

 

-Grâce à Fréderic Ferrer et à ses invités, j’apprivoise peu à peu un domaine qui m’est totalement étranger, le sport. A chaque fois, Frédéric Ferrer montre une passion inouïe et contagieuse. J’ai particulièrement apprécié, ce soir, l’ouverture au handisport qui mérite tant d’être enfin médiatisé.

 

Catherine Wolff

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26 septembre 2021 7 26 /09 /septembre /2021 22:57
N'ouvrez jamais votre porte à un inconnu
N'ouvrez jamais votre porte à un inconnu

Un spectacle produit par la compagnie les enclumés (71) et au détour de la fête de Fontenay-sous-Bois le 25 septembre 2021.

 

Genre : marionnette

Public : tout public

Durée : 3x50 secondes

 

Chronique impromptue pour un spectacle qui ne l’est pas moins ! C’était fête et vide-grenier à Fontenay-sous-Bois. Au détour de la Halle Roublot, un dispositif minuscule-le théâtre miniature du cyclope à trois roues, vante un spectacle de 50 secondes. Une merveille.

 

Une pancarte patinée à l’ancienne  propose le programme. 3 spectacles à l’affiche : « l’inconnu », « l’inconnu pour mieux vous plaire » et « l’inconnu de la mort qui tue ». A coté, sur un vieux socle de machine à coudre, deux petits caissons juchés l’un sur l’autre et percé d’un judas. Un écriteau rappelle la consigne « n’ouvrez jamais votre porte à un inconnu ».Derrière, sur un marche pied, le manipulateur avec un casque. Devant, on colle son œil au judas, on chausse le casque et que le spectacle commence.

J’ai choisi « l’inconnu pour mieux vous plaire ». A travers le judas, un palier en perspective avec trois portes dessinées. Un petit loup déguisé en grand-mère, simple silhouette de papier  actionné par une tige, se précipite vers mon judas et entreprend avec force imagination et bruitages de me convaincre de lui ouvrir la porte. Je n’en dis pas plus : c’est poétique, drôle et magique.

A adopter par toutes les mairies désireuses de réussir leur fête municipale !

 

 

Catherine Wolff

 

 

 

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