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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

17 avril 2021 6 17 /04 /avril /2021 09:50
Albatros
Albatros

Spectacle du collectif « Or Normes » (86),  vu au Théâtre de Nîmes le 15 avril 2021. Présentation réservée aux professionnels

 

Texte : Fabrice Melquiot

Mise en scène : Christelle Derré

Comédiens : Bertrand Farge/Eric Bergeonneau, Stéphane Godefroy, Camille Leriche, Anatole Decouvoux Du Buysson, des pigeons.

Genre : Théâtre tout public

Public : tout public à partir de 9 ans

Durée : 1H20

 

 

Je me sens à nouveau privilégiée d’entrer dans un théâtre et de quitter mon quotidien pour me laisser entraîner dans l’univers qui va m’être proposé. C’est le matin, la salle est presque vide puisque seuls les professionnels sont invités, mais dès le lever de rideau, je plonge !

 

 

Le décor est magique : des écrans rigides et transparents, sur plusieurs niveaux,  vont permettre tout au long du spectacle de projeter les univers graphiques des différentes scènes : immeubles, affiches publicitaires comme dans nos villes,  intérieurs des maisons, jardins, étangs, animaux….

L’univers sonore est aussi très présent et accompagnera les protagonistes, le récit et les émotions que nous allons vivre.

Tite Pièce et Casper, les deux héros d’Albatros, sont deux enfants de la rue. Ils ne se sentent bien ni dans leur famille, ni à l’école. Alors assis sur les trois marches d’un immeuble, ils observent les voitures noires et parient sur les costumes noirs qui en sortent : gangster, star ou homme politique ?

Puis l’histoire se construit autour des rencontres que vont faire les deux protagonistes. Notamment Casper qui va faire surgir le « Génie de l’huile de coude », génie de fin du monde puisqu’annonciateur d’un déluge et qui va intimer à Casper de sauver sur une barque sept personnes, pas une de plus.

Casper doit donc trouver sept grands hommes qui pourront perpétuer l’espèce, mais alors qui : des basketteurs ? Des scientifiques ? Ou bien son père et la mère de Tite Pièce qu’ils aiment malgré la violence qu’ils leur infligent ?

Et si tout le monde méritait d’être sauvé, parce qu’on est tous un jour quelqu’un de bien ? N’est-il pas finalement impossible de choisir ?

L’écriture  est finement ciselée, chaque phrase est une réplique que l’on voudrait retenir pour sa profondeur, sa justesse ou sa drôlerie.

L’univers surréaliste apporté par la dilatation des espaces et du temps, par les irruptions de personnages et de situations burlesques et cartoonesques très réussies, ne laisse aucun moment de vide au spectateur.

Les personnages sont attachants, émouvants avec  leurs faiblesses… et leurs forces qui se révéleront au gré des rencontres.

Pour moi, le tour de force se trouve dans d’intenses moments où le rire se mêle aux larmes. Texte, mise en scène, décors, costumes, musique se renforcent mutuellement pour amener ce bouillonnement d’émotions que je viens chercher au théâtre.

Les thèmes abordés sont forts : la violence des parents, la mort, la solitude, l’abandon, la misère, l’alcool, la futilité de la vie…

Bien sûr l’espoir est présent et le traitement burlesque aide à supporter.

Mais au bout du compte Tite Pièce se retrouve seule et ses larmes nous emportent, la violence faite aux enfants n’est pas édulcorée. La souffrance de Tite Pièce nous arrive en pleine face notamment par sa propension à se frapper la tête quand elle est triste et cela arrive plus d’une fois.

Je me suis donc questionnée sur l’âge minimum annoncé. L’auteur et la metteuse en scène font bien sûr le pari de l’intelligence des enfants, sur leur capacité à se questionner, à chercher des réponses et à  trouver les ressources en eux-mêmes pour y répondre, mais ce spectacle doit être accompagné par les adultes. Ils doivent se sentir prêts à répondre aux questions qui ne manqueront pas à la sortie de la salle par un échange avec les acteurs/metteuse en scène, les enseignants ou simplement parents/enfants.

Le collectif propose aussi de nombreux ateliers en amont.

Il ne faut pas hésiter à les contacter pour en parler avec eux, le spectacle a déjà été joué plusieurs fois et le retour d’expérience est donc intéressant avant de programmer.

 

Marie-Pierre HUSSON

 

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22 février 2021 1 22 /02 /février /2021 21:57

 

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 Spectacle de la compagnie « Petit Déj» (13) vu le 25 octobre 2020 à 19h00 à L’Atypik Théâtre , dans le cadre de la première édition d’Indépendance(s), à l’occasion de la semaine d’art en Avignon.

 

Auteur : Michel Ycardent et Odile Husson

Comédiens : Michel Ycardent et Odile Husson

Musique : Gilbert Bécaud

Genre : Chanson 
Public : Tout public à partir de 14 ans 
Durée : 1H

 

Dans le cadre de la semaine de l’Art d’Avignon, j’avais promis d’aller voir un duo de chansons que j’avais rencontré via le net pendant le confinement. Curieuse idée de reprendre du Gilbert Becaud. Je me suis laissé tenter et j’ai assisté à un petit spectacle très humain.

Dans une salle quasiment vide (nous étions trois… pas facile pour eux), j’ai pu redécouvrir la version concoctée par Petit Déj du Monsieur 100.000 volts de la chanson. Sur scène, Michel Ycardent, au chant, à la guitare et au Yukulélé, accompagné d’Odile Husson, au piano et au chant, nous ont présenté un petit spectacle très touchant.

Mêlant grand tubes (« Mé qué mé qué », « Et maintenant, Nathalie »…) et chansons moins connues du répertoire, j’y ai trouvé un couple très complice, qui ne cherche pas à imiter, mais à jouer avec leurs personnages, lui plutôt rentre-dedans, façon poète bonimenteur ; elle effacée mais sans se faire oublier. A eux deux, ils nous transmettent de jolies émotions et jouent de leurs voix aux tessitures différentes : parfois grave et rocailleuse, parfois claire et volant dans les aiguës. Ils commentent et jouent avec ces textes multiples, joyeux, légers et forts (l’actualité toujours présente à travers la figure du bouc-émissaire du « gitan qui rie tout le temps » m'a particulièrement touchée). L'ensemble est porté par un swing musical simple et efficace qu’ils réinterprètent avec une belle énergie.

Un joli moment passé.

 

Eric Jalabert

 

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15 février 2021 1 15 /02 /février /2021 19:46
Le Puits
Le Puits

Spectacle de la Compagnie les Acolytes (31) vu au Théâtre la Colonne à Miramas en avant-première dans le cadre des rencontres professionnelles du festival les Elancées, le 13 février.

 

Ecriture et Mise en scène : Julien Scholl

Dramaturgie : Julien Scholl, Laurent Ziserman et Anne Vaglio

Jeu : Colline Caen (cadre aérien, comédienne), Nelson Caillard (acrobate), Serge Lazar (cadre aérien, comédien), Florence Peyrard (contorsionniste).

Genre : Cirque

Public : Tout public à partir de 10 ans

Durée : 1h

 

 

« C’est comme la vie : si on accepte notre puits, on arrive à avancer », dit  Julien Scholl.

Le puits, lieu du vide et de la chute, de l’enfermement et de l’envol, de la peur et de l’espoir, de la solitude, mais aussi celui des rencontres.

Un lieu hors du temps et de l’espace. Un mur de cinq mètres de haut aux parois infranchissables. Il fait sombre. Quatre personnages. On ne sait comment ils sont arrivés dans ce lieu symbolique. Ni comment ils vont en sortir. Au fond de ce puits, lieu de prise de conscience de soi et des autres, les acrobates inventent des solutions pour s'échapper, seuls ou à plusieurs.

Entre jeux de lumières et ambiances sonores, les quatre personnages se rencontrent et se séparent, au gré de leur solitude et de leurs rêves. Tous à la recherche d’un autre monde, du chemin de retour vers un chez- soi, ils vont se chercher et s’organiser face à l’espace, face à eux-mêmes, face aux autres.

Quelques rares paroles. Ce sont les corps qui s’expriment à travers les acrobaties et sondent les murailles personnelles et collectives, les rêves, les peurs et  les illusions.

 

Maren Scapol

 

 

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30 septembre 2020 3 30 /09 /septembre /2020 23:20
Olympicorama, le marathon
Olympicorama, le marathon

 

 

Un spectacle produit par la Compagnie Vertical Détour (93) vu le 30 septembre 2020  à la Villette.

 

Texte : Frédéric Ferrer

Comédiens : Frédéric Ferrer

Genre : Conférence gesticulée

Public : tout public

Durée : officiellement 1H30 (mais 2H ce soir)

 

 

J’ai découvert Frédéric Ferrer un peu par hasard dans l’excellent « borderline(s) investigation # 1 » (chroniqué). En vue des JO de 2024, il a conçu un projet inédit par sa forme, son propos et sa fréquence de représentation : Olympicorama. Il s’agit, au cours d’une saison de théâtrale, de présenter 4 disciplines olympiques ; une par date. En 2019, j’ai assisté et chroniqué « le 100m ». Au programme de ce soir, comme une allégorie du projet et/ou du théâtre par temps de covid, le marathon.

 

-Le dispositif de base est le même, le décor itou. A cour, un pupitre avec ordinateur pour la conférence gesticulée. A jardin, un coin interviewe pour l’accueil, en seconde partie, d’un athlète émérite de la discipline. En fond de scène, un écran.

- Sonorisé, Frédéric Ferrer entreprend sa conférence, entre érudition époustouflante et pieds de nez systématiques pour faire rire ou pour dénoncer le revers de la médaille. Ici, la misogynie persistante depuis Pierre de Coubertin : si les femmes peuvent concourir au marathon depuis 1984, elles sont toujours interdites de course de 5000m et 10000m. Les digressions ne sont jamais gratuites et c’est par ce procédé que l’on apprend ce qu’est un lièvre au marathon !  En prime, nous avons le droit à l’image d’un lièvre à l’écran car, notre savant, un peu fou et savamment confus, se doit d’alléguer  chacun de ses propos par l’image, jusqu’à l’absurde. Mais l’écran comme le verbe sont aussi sources d’émotions, comme ces images d’archives qui montrent  l’arrivée des marathoniens.nes ou bien l’histoire de Louis Spyridon, premier tenant du titre olympique.

L’invité du soir n’est pas en reste, côté émotion et humour : Roland Vuillemenot.  Sénior de plus de 70 ans, arrivé un peu par hasard et sur le tard au marathon et à l’ultra-fond, pluri-médaillé dans ces disciplines et toujours à concourir aux 100 km voir aux 24H, il raconte ses courses, sa discipline de vie, sa persévérance. Que d’humilité, que d’entêtement aussi, quelle belle leçon de vie, enfin.

 

 

-Après les 100 m, je m’étais promis de revenir combler mes lacunes dans le domaine sportif. Comme plus de la moitié de la salle ce soir, j’ai tenu ma promesse et  je ne le regrette en rien. Le sport en salle ( !), avec Frédéric Ferrer, c’est bon pour la santé !

 

 

Catherine Wolff

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23 septembre 2020 3 23 /09 /septembre /2020 12:25

 

 

I Killed the Monster

Spectacle de la compagnie du Roi Zizo (56) vu le 20 septembre au théâtre Mouffetard (75)

 

De et avec : Gildwen Peronno

Genre : théâtre d’objets

Public : Tout public à partir de 9 ans

Durée : 27 minutes

 

 

 

Dans le cadre du festival Scènes ouvertes à l'insolite, le Théâtre Mouffetard et le Théâtre aux Mains Nues proposaient plusieurs parcours permettant de découvrir des "artistes émergents et des créateurs audacieux", représentant de la nouvelle génération de marionnettistes. Le parcours que je suis allée voir au Théâtre Mouffetard se composait d'une adaptation pour marionnettes de « l'Ambigu » de Roland Topor et d'une création de théâtre d'objets, « I killed the Monster », très librement inspiré par le chanteur compositeur Daniel Johnston. 

 

J'avais choisi ce parcours pour découvrir la petite pièce de Gildwen Peronno. La référence à Daniel Johnston n'était pas étrangère à mon choix, tout comme la technique du théâtre d'objets, qui m'intriguait.

Le comédien apparait derrière un grand bureau sur lequel il fera jouer ses objets, éclairé par un abat-jour imposant qui viendra rythmer les tensions du récit. L'histoire, la voici : dans un petit village des Ardennes, Daniel, un jeune homme "peu adapté", se voit proposer par un laboratoire de tester un nouveau médicament. Daniel ne respecte pas les doses et tout dérape… on bascule du côté des faits divers… 

Comme son auteur l'indique, cette petite pièce très enlevée reste dans la série B, donc dans une certaine légèreté. Les moyens du théâtre d'objets sont simples et modestes, ils rappellent les histoires qu'on se raconte enfant et la pièce peut d'ailleurs être vue à partir de 9 ans. On se régale des trouvailles très judicieuses, telles cette pâte bleue et gluante, qui vient recouvrir les passages à l'acte de Daniel ou encore cette épatante séance au dancing pour trios de paires de chaussures. Le jeu de Gildwen Peronno est vif et généreux. Les musiques utilisées sont issues de films mythiques (horreur, thriller ou étrange) et viennent accompagner avec précision nos émotions. Par son côté minimaliste, le théâtre d'objets suggère plus qu'il ne présente et la mise en scène est en ce sens très réussie. J’ai ri, frissonné et regretté que cette pièce ne dure que 27 minutes. 

 

Ce spectacle est également programmé dans le cadre du Festival jeune public La Grande Echelle qui a lieu les 9, 10, 11 octobre prochain à La Villette (75).

 

Hélène Lambert

 

 

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20 septembre 2020 7 20 /09 /septembre /2020 21:23

Ada

Ada
Ada

Spectacle de la compagnie  les filles de Simone  (93) vu le 19 septembre 2020 au Théâtre du Rond-Point.

 

Texte : d’après « Ada ou la beauté du nombre » de Catherine Dufour

Collaboration artistique : Claire Frétel

Interprétation : Tiphaine Gentilleau

Genre : Lecture-performance

Public : Tout public à partir de 14 ans

Durée : 1H environ

 

Il est rare que j’assiste à une lecture. Mais covid aidant, il est fort difficile de réserver une place, les jauges étant extrêmement limitées. Après trois refus, c’est donc tout naturellement que je me suis tournée vers le Théâtre du Rond Point. Pour conjurer une hypothétique baisse de fréquentation, JM Ribes a organisé cet automne un festival de lectures au jardin. Pas de réservation. Juste attendre, donner ses coordonnées pour remonter un éventuel cluster, lavage de main, injonctions sanitaires par haut-parleur et le tour est joué !

Au programme du jour, la compagnie « les filles de Simone » dont je suis une inconditionnelle. Forte de leur notoriété, la jauge était pleine d’une majorité écrasante de femmes, plutôt d’âges mures mais pas que. Un public friand mais retoqué s’est groupé au-delà des grilles de la scène ouverte.

 

En guise de lecture, et sur la base du livre éponyme, Thiphaine Gentilleau  a entrepris de redonner ses lettres de noblesse à Ada Lovelace Byron, mathématicienne de talent, pionnière, à l’âge de 28 ans, en 1843, du premier code informatique et que  le système patriarcal, poussé à son paroxysme sous l’ère victorienne, a allégrement poussée aux oubliettes.

On retrouve dans la lecture ce qui fait le succès du collectif. Une dénonciation en règle du patriarcat et une déconstruction systématique de ses stéréotypes par un humour ravageur et toujours d’actualité. Ainsi, Ada est fille de Lord Byron. Et Tiphaine de nous expliquer que s’il n’est pas question ici de savoir s’il faut séparer l’homme de l’œuvre (car il faudrait des volumes entiers) il est néanmoins sûr que :

-« Si Byron est un poète de génie, en tant qu’homme, c’est un beau connard ».

La lecture est sonorisée. Elle est rythmée par quelques menus objets scéniques dont on connaît par ailleurs les ressorts (le post-il sur le front pour désigner un personnage, un paper-board baladeur, une petite boîte à musique). Le tout est fort enlevé malgré quelques accrocs. Thiphaine assume parfaitement sa nullité en sciences. De mon point de vue, cette incapacité à vulgariser le concept affaiblit un peu le propos et tend à le délayer dans une sorte de catalogue de découvertes.

 

Il n’empêche, à l’heure où la pandémie nous a tous révélés hyper dépendants de l’informatique, c’est tout à l’honneur « des filles de Simone » d’avoir voulu extirper de nos machines la légende masculiniste et de redonner à Ada ce qui revient à Ada.

 

 

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8 septembre 2020 2 08 /09 /septembre /2020 23:18
lepopulaire.fr

lepopulaire.fr

Les dodos

Un spectacle produit par le P’tit Cirk (29) et vu le 9 septembre 2019 au Monfort.

 

 

Crétion et interprétation : Alice Barraud, Pablo Escobar, Basile Forest, Louison Lelarge, Charly Sanchez

Mise en piste : Sky de Sela,Danielle le Pierrès, Christophe Lelarge

Genre : cirque

Public : tout public (à partir de 6 ans)

Durée : 1H25

 

 

Enfin le retour en salle ! Masquée bien sûr ! Mais le spectacle vivant vaut bien un masque ! Les retrouvailles s’annonçaient festives avec Le P’tit Cirk. Pour ce troisième opus à mon actif, le P’tit Cirk a largement dépassé toutes mes espérances !

 

Impossible de résumer ce petit bijou. Sachez simplement que la guitare en particulier et les autres instruments à cordes en général réservent bien des surprises aux corps. Chez « les Dodos », la guitare est objet circassien à part entière et accessoirement instrument de musique : elle est support d’équilibres, d’acrobaties et de pyramides ; elle fait office de massue pour la jongle ; regroupées, elles dessinent la piste de dressage du cheval et le parquet de la danseuse. Seule concession faite aux agrès plus conventionnels, le portique pour portées aériennes et encore : c’est une très jolie structure en fer forgé dont la mise en place est un poème en soi.

Par le jeu intense, les 5 circassiens (4 jeunes hommes et une jeune femme)  dressent le portrait de figures archétypales : le porteur, géant timide, qui entonne une java acrobatique avec une toute petite Esméralda, les deux jeunes fringants qui ne reculent devant aucun défi et le clown. Mention spéciale à ce grand jeune homme dégingandé qui n’est pas sans ressembler à Guillaume Gallienne et qui dans son phrasé improbable est capable de faire mourir de rire tout le chapiteau par sa couardise, ses jérémiades et ses maladresses.

La musique originale, portée par trois des circassiens, excellents musiciens par ailleurs, est omniprésente. Les numéros techniques sont de haut-vol. Le collectif est roi et celui qui tente de s’en extraire est dûment rattrapé par le groupe. Les transitions sont soignées et le sens du détail participe à la fluidité de l’ensemble.

 

Ca vit, ça sue, ça talque, ça endure, ça joue, ça émotionne. Dans le sens de la proximité à la piste, le P’tit Cirk mérite bien son nom. Mais il est grand ! Il contraste heureusement avec ces grosses productions canadiennes qui à force de formatages pour l’international ont perdu leur âme. Le public ne s’y est pas trompé : comme un seul homme, il s’est levé pour ovationner, longtemps, très longtemps.

Catherine Wolff

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9 août 2020 7 09 /08 /août /2020 22:47
Aniane en scène Hors-Série
Aniane en scène Hors-Série

Festival produit par Aniane en scène Hors-Série (34) et vu à l’ Aniane le 23 aout 2020.

 

« 12 rue de la joie » de la compagnie Mungo

Mise en scène : Philippe Nicolle

Ecriture et mise en scène : Isabelle Bach avec la complicité de Jean Luc Prévot

Jeu : Isabelle Bach.

Décor : Isabelle Bach

Marionnettes : Nadia Espaignet et Isabelle Bach

Durée : 50 Min

Public : Tout public dès 5 ans

Genre : solo clownesque et marionnettes à gaine

 

« Hamlet en 30 minutes » de la compagnie Bruit qui court

Texte : d’après Shakespeare

Mise en scène : Luc Miglietta

Avec Estelle Sabatier, Emmanuel Valeur, Philippe Van Den Bergh et Luc Miglietta

Genre : théâtre de rue

Public : Tout public dès 7 ans

Durée : 1 H

 

« Cirque poussière », fantaisie pour quatre circassiens de la compagnie la Faux Populaire

Interprétation : Julien Candy, Juliette Christmann, Hervé Vaysse et Maéva Bouilly / Regard extérieur : Mickaël Le Guen, Benjamin De Matteïs / Création lumière : Dominique Maréchal, assisté d’Alice Leclerc

Création costumes : Solenne Capmas / Régie technique : Tom Couillerot

Réalisation des agrès et du manège : Romain Giard - FSMS05 / Réglage sonore : Judicaël Brun / Regard technique : Guillaume Quillard et Elza

Genre : Cirque

Public : Tout public dès 7 ans

Durée : 1H20

 

Elle n’a pas baissé les bras, l’équipe municipale d’Aniane ! Et pourtant, c’était osé de maintenir un festival cet été !!!

Ils l’ont fait tout en essayant de ne pas prendre trop de risques, avec une programmation certes plus restreinte que les années précédentes mais pour autant riche et variée. Un week-end hors du contexte anxiogène au cours duquel, même derrière un masque, on rit, on pleure, on vit… Des spectacles en extérieur, dans des lieux magnifiques, des artistes locaux et sur 3 jours, le village s’anime et le charme opère.

Et ce fut donc un hors-série que cette édition 2020, réellement à part.

Aniane en scène c’est : des représentations burlesques, comiques, tragiques, des histoires, du rêve, de la magie…Et un verre de citronnade à 1€ proposé par de minuscules bénévoles au spectateur assoiffé.

Nous avons donc pu découvrir 3 spectacles insolites et différents sur les 11 représentations des 9 compagnies présentes.

 

« 12 RUE DE LA JOIE » de la compagnie Mungo

Le premier ce fut un spectacle de marionnettes d’une artiste de talent Isabelle Bach, qui, avant même le début du spectacle nous a mis dans une euphorie trépidante.

Gigi est une gardienne d’immeuble très occupée mais bien seule. Elle aime son métier, elle aime les gens mais cherche l’amour. Peut-être que les petites annonces dans « Nous deux » pourront l’aider… La représentation est à plusieurs dimensions : Gigi est  tantôt en chair et en os tantôt en marionnette. Les personnages sont minuscules comme leur appartement de cagettes. Ils virevoltent d’étages en étages avec toutes leurs spécificités.

Gigi a bien du travail car en tant que concierge, il faut gérer les humeurs des gens, ainsi que leurs animaux de compagnie, et un incendie… qui l’amènera à une folle histoire d’amour avec un pompier extrêmement …sexy. L’humour est de mise tout au long du spectacle et Isabelle Bach (Gigi) manipule l’art de nous faire travailler les zygomatiques avec brio.

J’ai particulièrement aimé les interactions avec le public, décapantes et joyeuses. Les enfants n’ont qu’à bien se tenir si le deuxième degré n’est pas leur fort. Les anianais ont pu apprécier les références locales  de cette enfant du pays avec le personnage de Filhol, le dernier quincailler à vendre des visses et des bouchons de liège au détail !! La référence à la boucherie Kleber et à l’humour coquin  du boucher est un autre clin d’œil local.

Un excellent moment artistique. Cette femme a du talent, à voir à revoir !!

 

« HAMLET EN 30 MINUTES » de la compagnie Bruit qui court

Hamlet, on connait, du moins le nom… Pour ma part, et je l’avoue, je ne connais que le titre de l’œuvre sacrée de William Shakespeare. A que cela ne tienne !! Je suis au meilleur des endroits pour me cultiver.

Les artistes ont fait le pari de résumer la célèbre tragédie, qui est la plus longue écrite par Shakespeare, en 30min !!! Bon l’heure sur l’horloge qui trône en haut du castelet est régulièrement retardée à la guise de l’interprète.

Alors heureusement que la Cie  Le bruit qui court  m’a aidée à apprendre l’histoire, tout en rire et en talent théâtral.

Les quatre comédiens réadaptent la pièce classique pour la rendre burlesque  et décalée. L’histoire est un drame dont en ne peut s’empêcher de rire.

 

Le roi du Danemark, père d'Hamlet, est mort récemment. L'oncle d'Hamlet, Claudius, a remplacé le roi défunt et a épousé Gertrude, sa veuve. Le spectre du père (un malheureux linge volant) charge Hamlet de venger son meurtre. Il y parvient enfin, mais seulement après que la famille royale a été évincée et que lui-même a été mortellement blessé par Laërte d'un coup d'épée empoisonnée. En résumé, Hamlet décliné par 3 personnages au bonnet de laine, doit venger son père.

Les rôles de Gertrude, Ophélie… ont été interprétés sans nul choix possible par des spectateurs choisis sur le volet et surtout au hasard…

Le brillant comédien et metteur en scène Luc Miglietta, qui est époustouflant dans son jeu d’acteur, nous narre l’histoire d’une manière tellement unique, drôle et sensible, que nous ne pouvons en aucun cas nous ennuyer.

Pour ma part, un des spectacles qui m’a le plus touchée. Magnifique !!

 

« CIRQUE POUSSIÈRE » de la compagnie la Faux Populaire

Nous nous retrouvons autour d’une petite scène tournante avec une jauge limitée. Le spectacle est près, tout près de nous, si près que nous en faisons presque partis.

Le décor et la lumière sont  tendres et bucoliques. Les artistes sont tour à tour clowns, jongleurs, acrobates, musiciens, trapézistes…

Les numéros s’enchainent autour du cirque, de la mise en scène d’objets. Le tout en chansons et en danses.

La représentation est tendre et surprenante. Je me suis permis de détourner l’œil du spectacle pour regarder les petits minois autour de moi, les yeux grands-écarquillés et remplis d’étoiles. Même si la magie n’a pas totalement opéré pour moi, le regard des enfants prouve la grande réussite de ce spectacle.

Laurence MALABAT

 

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8 août 2020 6 08 /08 /août /2020 22:11
Festival "Dans mon jardin"
Festival "Dans mon jardin"

Un festival « Dans mon jardin » produit par l’association des Mordues 87380 Saint-Vitte-sur-Briance le 8 aout 2020.

 

Cie des Mordues : Izabelle - 06 19 94 71 19 desmordues.asso@gmail.com

 
Cie les yeux Grands Fermes : Anne Perbal infos[at]anneperbal.com
 

Cie H : Albin Hedon : 05 53 47 93 12

 

 

Genre du festival : théâtre, conte, cirque, musique...

Public : Tout public

Durée : une journée

 

Programme de la journée: 

11 h - Contes musicaux aux jardins de tes rêves, en partenariat avec la bibliothèque de Saint-Vitte-sur-Briance.

11 h 30 - Spectacle clownesque et musical « The Pépette Show », Mathilde Verger, Cie Des MorduEs.

12 h 30 - Performance dansée, Anne Perbal, Cie les yeux Grands Fermés.

14 h/16 h - Ateliers tout public :

    Atelier d’écriture : Histoires à dormir debout  / Arts créatifs : À faire sourire nos mains

15 h - Spectacle de jonglerie burlesque « La Con’F », Albin Hedon, Cie H.

16 h 30 - Solo clownesque « Ça ne tourne pas trop rond », Anne-Marie Frias.

17 h 30/19 h - Tremplin Spectacle vivant  (musique, lecture, théâtre, danse) : performances  de 5 à 10 minutes avec vote du public à l’applaudimètre. 

20 h – « Chanson à rêver debout » - Mathilde, Cie Des morduEs.

21 h 30 – « Quatuor du coin gnoles », Cie des 4 verres de Les tubes digestes.

 

 

Cet été fut caniculaire et covidculaire!

Le manque :

De plaisir, de partage. 

De rencontres, de concerts, de spectacles. 

La peur :

De l’autre, de mourir.

Se masquer, arrêter de respirer. 

 

Vouloir :

Prendre l’air, le bon, celui de la liberté.

 

Je n’y croyais plus, en cette année particulière. Et oui, il existe encore des endroits en France où les mairies soutiennent les organisateurs qui souhaitent proposer un bol d’air frais autour du spectacle vivant. Ce fut le cas dans cette petite commune de Saint-Vitte-sur-Briance en Haute-Vienne. 

Nous prenons donc la route afin de rencontrer ces deux petits bouts de bonne femme qui portent le festival « Dans mon jardin » à bras-le-cœur.

Le décor bucolique : une ferme, un camping improvisé dans un champ, des fauteuils et  des canapés dispersés, une nature paisible, de la couleur, une scène de fortune, et surtout des gens !!! Des sourires, de la bonne humeur, la vie quoi !! On est accueilli comme des cousins éloignés qu’on n’aurait  pas vus depuis un bail :

- « Allez, prenez-vous un verre !!! Asseyez-vous autour de la grande tablée ».

Nous décidons donc de mettre la main à la pâte pour la fin des préparatifs. Le bénévolat reste toujours tellement riche humainement.

 

Le festival est gratuit ; il n’y a qu’à boire et à manger (bio) pour que les organisateurs rentrent dans leur frais. Les enfants sont aux anges : tout leur est dédié. D’ailleurs, ils sont bien plus nombreux que leurs parents, déjà accoudés au joli bar en palettes.

Le cadre se prête au calme. Pour la fraicheur on reverra ça…

La journée commence par…chercher ma fille qui en fait se trouve assise sur des bottes de paille à écouter un conte. Elle est absorbée. La dame de la bibliothèque vit son histoire et subjugue littéralement le jeune auditoire.

Les spectacles vont s’enchainer toute la journée. 

Mathilde (artiste et membre fondatrice de l’association) nous propose un spectacle de clown « Le pépette show ». Numéro pour enfants dont j’ai apprécié le dynamisme, la couleur, et le coté traditionnel du clown (comique, gag, chute, musique, …..). Elle arrive sur son tricycle, toute de couleurs vêtue et en musique. Le ton est donné, le sourire se dessine sur les visages des petits et des grands. Nous assistons à une représentation clownesque participative. 

 

L’après-midi voit se dérouler de nombreux ateliers animés par des bénévoles. Des ateliers d’arts plastiques, d’abord, à base de matériel de récupération. Les œuvres réalisées ont pu servir à égayer le festival (on ne fabrique pas pour soi mais pour embellir le site). Des ateliers musicaux  ensuite, avec des créations là aussi collectives.

 

En pleine chaleur, Albin de la Cie H nous a présenté son spectacle de jonglerie. Il est un maître-conférencier, jongleur, acrobate et… drôle. Son spectacle est burlesque et participatif. C’est ensuite autour d’Anne-Marie. Son solo clownesque est une réadaptation du magnifique texte de Marc Favreau dit « Sol le clown ». Elle présente donc une conférence géopolitique autour d’un monde…qui ne tourne pas rond. Le personnage, un clown décalé, ingénieux, un peu malingre et fébrile nous explique que ceux d’en-haut se couillonnent pendant que ceux d’en-bas appartiennent au « fier-monde ». Quelle société de « pecno-crates ». Un humour triste qui dérange nos « illusions mondaines » à grands coups de « tombe atomique ». Finesse des mots qui demandent une concentration à toute épreuve.

 

Vient alors le moment du tremplin artistique. Ma fille avec ses 254 nouvelles « meilleures amies » se retrouve devant  la scène pour assister à une prestation de haut vol de rythmiques avec gobelets.

Le festival se termine avec Mathilde, sa guitare et son accordéon. Des textes profonds qui nous appellent au voyage et  des reprises de chansons bien connues de tous. On fredonne, et nous ne pouvons pas empêcher nos gambettes de virevolter en cadence.

 

Je tenais à chroniquer ce petit festival qui, en d’autres temps, serait peut-être passé inaperçu. Mais en ces circonstances, l’audace et la ferveur de cette association, la simplicité même du vivre-ensemble autour d’un évènement culturel m’ont  permis de réaliser combien le spectacle vivant était essentiel. Fasse que ces lieux d’échanges, de partages et de rencontres que sont les scènes survivent, au risque de voir se réaliser les prédictions de Frank Herbert :

« La peur tue l’esprit, la peur est une petite mort. » 

 

Laurence Malabat

 

 

 

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15 juillet 2020 3 15 /07 /juillet /2020 22:56
Christophe Raynaud De Lage

Christophe Raynaud De Lage

A bien y réfléchir, et puisque vous soulevez la question, il faudra quand même trouver un titre un peu plus percutant ou La sortie de Résidence

Un spectacle produit par la Cie des 26 000 couverts (21) et vu à la Garance le 14 février 2020.

 

 

Mise en scène : Philippe Nicolle

Texte : Ecriture collective sous la direction de Philippe Nicolle avec la participation de Gabor Rassov

Interprètes : Kamel Abdessadok, Christophe Arnulf, Aymeric Descharrières, Servane Deschamps, Sébastien Chabane, Olivier Dureuil, Anne-Gaëlle Jourdain, Erwan Laurent, Michel Mugnier ou Hervé Dilé, Florence Nicolle, Philippe Nicolle ou Gabor Rassov, Laurence Rossignol

Durée : 1h45

Genre : Théâtre de rue en salle

 

“On m’arnaque.”, je pense dès le début du spectacle, que l’on me présente comme une balbutiante sortie de résidence dont il faudrait excuser les ratés. “Je suis sûr qu’on m’arnaque.” Et j’adore qu’on m’arnaque. Ne vous laissez pas tromper par leurs airs de gaffeurs amateurs, les 26 000 couverts sont de véritables virtuoses du comique.

 

Il s’agit avant tout d’un spectacle sur la mort au théâtre - non, il aurait dû s’agir d’un spectacle sur la mort au théâtre, s’il n’y avait pas eu quelques couacs ou problèmes techniques ou décès sur le chemin. C’est la première, l’affaire est sérieuse, on ne rit plus. Qu’importent les embûches, les 26 000 couverts sont en roue libre, bien décidés à trouver mille parades pour dévaler la pente de la catastrophe. L’engagement des comédiens dans chaque proposition est total. Toute tentative ne sera abandonnée que lorsque le ratage sera un succès phénoménal. “Essayer. Rater. Essayer encore. Rater encore. Rater mieux.”, dit Beckett. Il s’agit bien de tout rater. Rien ne doit tenir debout, ou bien c’est un pur hasard et les comédiens sont les premiers à s’en étonner. Dans ce jeu de massacre, les 26 000 parviennent à rater avec virtuosité, ce qui les rend invincibles puisque l’échec devient une réussite et la réussite reste couronnée de nos rires. Le théâtre tout entier est brûlé par les deux bouts pour ce grand feu d’artifice : spectaculaire, ombres chinoises, chanson pédagogique, opérette, lecture théâtralisée… Tous les genres et les esthétiques sont passés à la moulinette au plateau, dans une gestion du rythme affolante de vivacité. Soudain un nouvel accident vient interrompre la représentation, le public est en déroute, “Nous aussi!” s’écrient les comédiens. 

 

“Mais est-ce que ça fait partie du spectacle ?” se demande-t-on à chaque instant. Aucune importance, tant est remarquable leur sagacité à faire feu de tout bois, que l’accident soit réel ou prévu. Et puis si nous allons au théâtre, c’est sans doute parce que nous avons plutôt besoin de surprise et d’inattendu que de réel. Avec les 26 000 couverts, nous sommes en quelque sorte en sécurité car le rire provoqué par le spectacle est toujours émerveillé, plutôt poétique que cynique, dans une dérision constante qui n’humilie jamais. Bien sûr, nous sommes parfois à la frontière de l’angoisse (n’est-ce pas dangereux ? Faut-il s’inquiéter ? Suis-je le dindon de la farce si je m’inquiète alors que je suis au théâtre et que tout est pour de faux ?) mais le malaise est toujours habilement dosé pour n’être jamais insidieux. Finalement ce n’est peut-être pas tant la mort que le pire qui pourrait être le motif central de la pièce, le malaise d’un accident toujours possible mais jamais prévisible dont il est possible de rire, encore et encore, jusqu’à faire pousser des ailes à la gravité.  

 

A bien y réfléchir, je vous conseille d’aller vous faire fendre la poire par les 26 000 couverts au moins pour la surprise de tous les effets et procédés que je ne saurai évoquer sans les gâcher. Au moins pour la superbe interprétation écocitoyenne de la chanson du Hérisson et du Lapin. 

 

 

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