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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
Vous y trouverez l'ensemble des commentaires de nos correspondants sur les spectacles qui ont été vus. Ce service est en ligne en accès libre depuis février 2007.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

30 septembre 2021 4 30 /09 /septembre /2021 15:17
Festival Label Rue, Rodilhan (30)

Cette année le Festival Label Rue fêtait son 10ème anniversaire de présence à Rodilhan. Porté par l’association EUREK’ART qui soutient la création pour l’espace public et les projets de territoire depuis 25 ans, ce festival représente un temps fort :

deux jours de spectacles dans cette petite bourgade du Gard, une quinzaine de compagnies professionnelles des arts de la rue, des spectacles gratuits, un village d’entresorts en caravanes, des Food trucks et buvettes avec produits locaux.

Cela fait plusieurs années que j’y viens en famille, l’ambiance y est toujours chaleureuse et familiale, les spectacles de qualité, avec une grande variété de propositions, bref une date de rentrée à marquer d’une croix dans votre agenda !

Festival Label Rue, Rodilhan (30)

Chimères

Par La Compagnie  Mesdemoiselles(49)

 

Artistes acrobates : Laure  Bancillon, Claire Nouteau, Anna Von Grunigen

Artiste musicien : Colin Bosio

Genre : Cirque

Public : tout public

Durée : 35 minutes

 

 

Chimères est un spectacle mêlant cirque, musique et danse. Les acrobates de cirque (corde volante, corde lisse, contorsion) nous offrent leurs prouesses, tout en déséquilibre, suspension, désarticulation.

Tantôt seules, tantôt entremêlées comme pour se soutenir….ou rendre l’équilibre encore plus instable ?

Elles ont cette fois décidé de ne pas résister à d’autres sirènes et de s’essayer au chant et à la musique, comme un rêve d’enfant, ou une prise de risque supplémentaire ? Accompagnées par un musicien en live elles n’hésitent pas à mélanger les genres ce qui pourra plaire ou ennuyer.

Pour ma part j’ai accepté l’invitation à rêver.

 

 

Festival Label Rue, Rodilhan (30)
Festival Label Rue, Rodilhan (30)

Made_in

Par La Compagnie  Subliminati Corporation (31)

 

Auteurs : Mikel Ayala, Ilaria Senter

Interprètes : Mikel Ayala, Ilaria Senter

Mise en scène : Virginie Baes

Genre : Cirque/Théâtre

Public : tout public à partir de 8 ans

Durée : 1H

 

 

Le propos se passe devant une maison, lors d’un déménagement :  l’occasion rêvée pour se replonger dans ses souvenirs d’enfance. Les deux adultes en présence vont reconvoquer leurs jeux, comptines, objets, photos et promener les spectateurs entre  ces deux univers. Chacun est invité à regarder à partir de ce qu’il a été ou de ce qu’il deviendra. Double lecture, donc, à hauteur d’enfant ou d’adulte.

La pièce mêle l’utilisation d’un mât chinois, du jonglage (massues et hula-hoop), la manipulation inventive d'objets et de matériaux divers (cartons, papiers, fumées…), la projection, le chant, la musique. On sent que les  acteurs-créateurs se sont laissé porter par leurs rêves d’enfants.

Un curieux désordre naît de tout cela. Un désordre poétique qui, tels les souvenirs qui nous ne nous arrivent jamais dans l’ordre et sont toujours réinventés, joue davantage sur l’émotion que sur la démonstration.

Les conditions de jeu n’étaient pas idéales : pas vraiment une maison, vent qui déstabilisait les marionnettes en carton, mais malgré tout j’ai aimé ce voyage au pays de l’enfance, mes propres souvenirs ont accepté la proposition.

Ce spectacle se joue tant en salle qu’en extérieur et doit donc sûrement varier en fonction des contextes.

 

 

http://www.ciegerardgerard.fr/images/144782828_3464849513642264_7755561943774906604_o.jpg

Johnny, un poème

Par Les Compagnies Gérard Gérard (66) et Rhapsodies Nomades (34)

 

Porteurs du projet, jeu, écriture, mise en scène : Alexandre Moisecot et Chloé Desfachelle

Pilote de la pelleteuse et jeu : Arnaud Mignon,

Genre : théâtre de rue

Public : tout public à partir de 6 ans

Durée : 1H15

 

 

Un spectacle sur Johnny dans un festival de théâtre de rue, on ne s’y attend pas vraiment. Le public n’est donc pas forcément acquis car si on aime le théâtre, osera-t-on (s’) avouer qu’on aime Johnny ?

Alors on y va pour voir, pour sourire et puis la promesse d’un spectacle avec une pelleteuse comme personnage à part entière ça donne quand même envie d’avoir envie !

Et je serai bluffée : quelle énergie !

En même temps c’est normal quand on se rêve Johnny autant y aller jusqu’au bout et allumer le feu. L’arrivée sur scène se fera dans une pelle hydraulique « parce que ça se loue partout, parce qu’un hélico c’est surfait et qu’une Harley c’est trop cher » et le reste y sera aussi : la voix puissante, la musique qui prend au ventre…

Mais  il y aura de la contradiction car nous ne sommes pas tous fans de Johnny.

Alexandre, dans Johnny, il y est tombé quand il était petit et il restera toujours le lien indéfectible avec son père. Quant à Chloé, elle a plutôt grandi avec Barbara ; Johnny c’est vraiment ringard.

Alors ils vont se répondre, s’invectiver pendant 1h15.  Leurs échanges seront ponctués du discours-hommage d’Emmanuel Macron, de citations de Victor Hugo ou de Virginie Despentes, d’une interview de Lucchini, d’une lettre de Laura Smet et même d’une séquence de l’école des fans.

Parce qu’ils ont tout lu sur Johnny, parce que tout ce qui est raconté est vrai, ou fait partie de la légende (ce qui revient au même !), parce que la voix d’Alexandre porte à merveille les morceaux choisis, alors oui ça fonctionne.

Un dernier mot sur la pelle hydraulique, sûrement un pari fou ou un rêve de gosse. Mais elle est devenue un personnage à part entière, comme une immense marionnette dont la puissance donnera parfois le frisson, pari gagné !

Alors parce qu’on a tous quelque chose à voir avec Johnny, parce qu’on a tous quelque chose à en dire, on se laisse prendre au jeu, et je n’étais vraiment pas la seule !

 

 

    

https://files.gandi.ws/gandi81466/image/affichebdm2013lourde.jpg

La beauté du monde, témoignage du 3ème type

Par La Compagnie Qualité Street, Lorient (56)

 

 

Comédien : Gildas Puget

Genre : Théâtre

Public : tout public à partir de 10 ans

Durée : 50 minutes

 

Il est 21h, j’ai déjà vu plusieurs spectacles dans ce très sympathique Festival Label Rue, j’hésite même à rester car j’en ai déjà plein les yeux mais l’ambiance m’invite à ce petit « effort ». Je ne serai pas déçue car me voici embarquée dans l’univers surréaliste de cet illuminé de la protection de la planète.

 

Un texte ciselé, des expressions et  mimiques impressionnantes. Il y a à la fois du Jim Carrey et du Raymond Devos dans ce personnage fantasque. Nous sommes dans le monde de l’absurde, dans un imaginaire totalement débridé et qui malgré tout nous amène à réfléchir sur ce que nous voulons pour l’avenir de notre planète et donc le nôtre. Les aventures rocambolesques de Mickaël Robinet, à la fois  drôles  et pathétiques, nous transmettent avec intelligence un message puissant et un final où chacun est interpelé.

Un vrai régal, à diffuser sans modération !

 

 

Festival Label Rue, Rodilhan (30)
Festival Label Rue, Rodilhan (30)

L’objetarium

Par La Sphère Oblik (34)

 

Direction artistique, construction et jeu : Sidonie Morin & Johan Schipper

Genre : Théâtre d’objets en caravane

Public : tout public à partir de 10 ans

Durée : 20 minutes (en continu)

Jauge : 5 personnes

 

 

Les caravanes sont devenues un incontournable des festivals.  Elles fleurissent sur les terrains et rivalisent tant dans leur décorum que dans l’originalité de leurs propositions.

Mais pour moi c’est toujours avec plaisir et curiosité que je pénètre dans cet espace restreint et clos, me sentant à chaque fois privilégiée car bien souvent des spectateurs qui n’ont pas réservé restent dehors avec leur frustration !

Là encore la découverte est surprenante, poétique, magique. De vieux objets qui reprennent vie grâce à l’imagination et à l’habilité des créateurs. Une femme, telle un horloger équipé de sa lampe/loupe frontale prend minutieusement soin de cet oiseau de fer et de plastique. Dans les vitrines et sur les étagères, trônent de drôles de créatures. Il faut se retourner avec délicatesse, sans se gêner les uns les autres, pour admirer ce « fer-volant », cette « brosse-araignée », ou se laisser émouvoir par ces « objets en voie de disparition » (cassettes audio et autres objets à la fois si proches et si lointains).

Nous participerons délicatement à l’enterrement d’un vieil appareil photo et assisterons à l’envol d’une théière…Je ressors les yeux papillonnant de mes souvenirs d’enfance !

Un beau moment surréaliste et onirique.

 

 

Festival Label Rue, Rodilhan (30)

GASTON (Grande Assemblée Spectaculaire des Troubadours de l’Orchestre Narratif)

 

Par La Compagnie  Fatras (30)

 

Genre : Musical

Public : tout public, à partir de 8 ans

Durée : 1H15

 

En quelques mots : si vous souhaitez donner de la pêche à une soirée, un festival ou tout autre évènement, alors n’hésitez pas.

Un concentré d’énergie, de bons musiciens, du partage, Gaston nous invite à un voyage autour du monde : chaque musicien et donc chaque instrument nous convie dans son univers…

En ce dimanche soir, un moment de clôture du festival vraiment réussie, je repars avec de la fête plein la tête.

 

 

Marie-Pierre HUSSON

 

 

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28 septembre 2021 2 28 /09 /septembre /2021 00:12
Olympicorama, l'escrime
Olympicorama, l'escrime

 

Un spectacle produit par la Compagnie Vertical Détour (93) vu le 27 septembre 2021  à la Villette.

 

Texte : Frédéric Ferrer

Comédiens : Frédéric Ferrer

Genre : Conférence gesticulée

Public : tout public

Durée : officiellement 1H30 (mais 2H ce soir)

 

 

Grâce à Frédéric Ferrer et à son projet un peu fou de présenter, en vue des JO de 2024, 4 disciplines olympiques par saison théâtrale (une date unique à chaque fois) jusqu’au début de l’évènement sportif, je vais finir par devenir une pro du sport…..en salle ! Après le 100m, le marathon  et le handball (chroniqués), Frédéric Ferrer nous invite ce soir à découvrir l’escrime.

.

-Le dispositif de base est le même, le décor itou. A cour, un pupitre avec ordinateur pour la conférence gesticulée. A jardin, un coin interviewe pour l’accueil, en seconde partie, d’un sportif de haut niveau, spécialiste de la discipline. En fond de scène, un écran.

- Sonorisé, Frédéric Ferrer entreprend sa conférence. Contrairement aux précédentes soirées notre homme fait l’impasse sur la présentation globale du projet. Parce que «l’escrime est aussi vaste qu’un continent ; c’est un continent », mieux vaut aller droit au but. Enfin façon de parler et c’est tant mieux car là réside la performance théâtrale.

 

-En 50 minutes et avec un débit de paroles ahurissant, Frédéric Ferrer nous explique pourquoi la France -et depuis Laura Flessel, les outremers - est particulièrement performante dans une discipline plurielle (sabre, fleuret et épée mais aussi escrime olympique, escrime artistique, escrime ancienne et historique) qui use exclusivement du français. On apprend l’origine probable du sport (la fameuse séquence de l’australopithèque) sa codification, sous forme de duel ordalique par le roi burgonde Gondebrard, sa portée frondeuse sous l’ancien régime, et sa démocratisation sous forme de duel d’honneur à l’époque moderne. Chacune des étapes est l’occasion d’entrer plus avant dans les subtilités techniques de ce qui deviendra un sport.

 

Voilà pour le côté docte. Mais Frédéric Ferrer est un vulgarisateur hors pair et un homme de théâtre. La partie scientifique est donc accompagnée de tout un dispositif : le fameux powerpoint d’abord sans lequel notre professeur tournesol ne saurait étayer sa démonstration ! Chaque propos est illustré de façon obsessionnelle au cas où, par exemple, nous ne saurions à quoi ressemble l’Afrique ou le château de Saint-Germain-en-Laye. Quel rapport avec l’escrime ? C’est ce à quoi à répondent les innombrables digressions.

-Les digressions sont le deuxième procédé théâtral. Plus drôles les unes que les autres, elles ne sont jamais gratuites mais permettent au contraire d’approfondir de façon ludique le sujet. Frédéric Ferrer convoque donc, entre autres, Dark Vador, Henri II, la famille Dumas sur quatre générations, Sarah Bernhardt et même Gaston Deferre et Le Pen père. Je vous laisse le loisir de chercher le rapport des uns et des autres avec l’arme blanche.

-Nul doute pour les invités de ce soir : Florence Léguy, maître d’armes et conseillère en escrime artistique au théâtre et au cinéma ; Peter Yohan, multi-médaillé au sabre handisport. Ils sont intarissables sur leur discipline et nous aide, par une leçon et une démonstration de combat en direct, à comprendre les règles propres à chacune des armes.

 

-Grâce à Fréderic Ferrer et à ses invités, j’apprivoise peu à peu un domaine qui m’est totalement étranger, le sport. A chaque fois, Frédéric Ferrer montre une passion inouïe et contagieuse. J’ai particulièrement apprécié, ce soir, l’ouverture au handisport qui mérite tant d’être enfin médiatisé.

 

Catherine Wolff

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26 septembre 2021 7 26 /09 /septembre /2021 22:57
N'ouvrez jamais votre porte à un inconnu
N'ouvrez jamais votre porte à un inconnu

Un spectacle produit par la compagnie les enclumés (71) et au détour de la fête de Fontenay-sous-Bois le 25 septembre 2021.

 

Genre : marionnette

Public : tout public

Durée : 3x50 secondes

 

Chronique impromptue pour un spectacle qui ne l’est pas moins ! C’était fête et vide-grenier à Fontenay-sous-Bois. Au détour de la Halle Roublot, un dispositif minuscule-le théâtre miniature du cyclope à trois roues, vante un spectacle de 50 secondes. Une merveille.

 

Une pancarte patinée à l’ancienne  propose le programme. 3 spectacles à l’affiche : « l’inconnu », « l’inconnu pour mieux vous plaire » et « l’inconnu de la mort qui tue ». A coté, sur un vieux socle de machine à coudre, deux petits caissons juchés l’un sur l’autre et percé d’un judas. Un écriteau rappelle la consigne « n’ouvrez jamais votre porte à un inconnu ».Derrière, sur un marche pied, le manipulateur avec un casque. Devant, on colle son œil au judas, on chausse le casque et que le spectacle commence.

J’ai choisi « l’inconnu pour mieux vous plaire ». A travers le judas, un palier en perspective avec trois portes dessinées. Un petit loup déguisé en grand-mère, simple silhouette de papier  actionné par une tige, se précipite vers mon judas et entreprend avec force imagination et bruitages de me convaincre de lui ouvrir la porte. Je n’en dis pas plus : c’est poétique, drôle et magique.

A adopter par toutes les mairies désireuses de réussir leur fête municipale !

 

 

Catherine Wolff

 

 

 

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22 septembre 2021 3 22 /09 /septembre /2021 15:23
La chienne de ma vie
La chienne de ma vie

 

Un spectacle créé par A.L.R.I.C production (75) et vu au théâtre-cabaret « Les rendez-vous d'ailleurs » le jeudi 16 septembre 2021.

 

Mise en scène : Elodie Chanut

Interprétation : Aladin Reibel

Public : tout public à partir de 10 ans

Durée :  : 1h20

L'auteur, Claude Duneton, a grandi dans l'enfer de l'enfance paysanne de l'entre-deux guerres. L'eau du puits gelée en hiver, les bêtes à surveiller et des parents pour le moins rugueux ont appris à cet enfant unique à éviter les coups de sa mère, excédée par nature et méchante par habitude. Le père, lui, est marqué par la guerre de 14 et n'a aucune autorité sur sa femme, son unique enfant ou cette chienne, Rita, qui « ne sert à rien » ; la mère quant à elle est persuadée que l'enfant « finira mal » et que « les maisons de correction ne sont pas faites pour les chiens ». L'enfant et la chienne Rita avec son comportement atypique formeront ce binôme (deux bouches inutiles à nourrir) qui n'a qu'un but : éviter les coups et supporter leur chienne de vie...L'auteur rend un sensible hommage à cette chienne, cette sœur qu'il n'a pas eu.

Le comédien Aladin Rebeil, seul en scène, ne joue pas Claude Duneton, il EST l'auteur tant sa verve et son humour acide sont parfaitement déclamés. La rudesse du propos n'est pas dénuée d'humour et l'on rit beaucoup, car il donne vie à ce texte jubilatoire de patois, de sautes d'humeur truculentes et de mots d'esprits. Cette enfance niée dans un monde rural où on ne fait pas dans le sentiment, où les insultes fusent trop facilement, où il grandit à la « va que j'te pousse » avec l'eau du puits qui gèle en hiver, Aladin Rebeil nous la retrace avec émotion et un grand talent. Il est accompagné en musique par l'accordéoniste Michel Glasko qui apporte une touche de nostalgie bien amenée à ce spectacle de qualité. A ne pas rater.

Evelyne Karam

 

 

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19 septembre 2021 7 19 /09 /septembre /2021 22:27
le parisien étudiant

le parisien étudiant

Résiste

 

 

Un spectacle produit par la Compagnie Les filles du renard pâle (51) et vu au Théâtre du fil de l’eau (Pantin) le 17 septembre 2021.

 

Création collective sous la direction de Johanne Humblet

Circassienne : Johanne Humblet

Chant : Virginie Frémaux

Genre : cirque

Public : tout public

Durée : 50 minutes

 

En signe d’ouverture, la soirée inaugurale du Théâtre du fil de l’eau se tenait en plein air, au bord du canal. Des années que je n’étais pas venue et les lieux ont bien changé ! De presque sordides, les quais ont été réaménagés en une fort jolie promenade. C’est dans cet écrin qu’environ 400 personnes ont pu assister au spectacle et que d’autres, exclus de facto par le pass sanitaire, ont néanmoins pu suivre « Résiste » de l’autre côté des barrières.

 

« Résiste » par son dispositif scénique se donnait à voir de près… ou de plus loin : un portique pour fildefériste d’une hauteur peu commune. Le fil est à hauteur variable et souvent incliné. Au pied du pilier, à cour, une petite scène.

En haut, la circassienne exploite toutes les possibilités de son agrès. Du fil classique, un peu ; du trapèze fixe parfois ; un mélange de fil et de mât chinois le plus souvent. A l’aide de cette grande tige et à la faveur de l’inclinaison du fil, elle semble parfois avancer en luttant contre les éléments. J’ai particulièrement aimé les équilibres sur la tête et les mouvements de pendule créés grâce au mât.

Tandis qu’elle évolue dans les airs, sa comparse l’accompagne de ses chants envoutants sur une bande son pré-enregistrée ou au luth électrique. La sono est très forte. Les fumigènes blancs et violets sur une lumière orangée créent des images fortes.

 

« Résiste »est moins un spectacle qu’une performance. La trame narrative est tenue et le rapport au titre n’est pas des plus évidents. Le démarrage est par ailleurs un peu lent et la prestation aurait gagné à éviter quelques poncifs  (Détacher ses cheveux, ôter un manteau fort encombrant pour montrer qu’on est une femme libérée !).  Néanmoins, « Résiste » est une performance plaisante pour annoncer haut et fort la réouverture du théâtre.

 

Catherine Wolff

 

 

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17 août 2021 2 17 /08 /août /2021 10:51
Incandescences
Incandescences

Incandescences

Spectacle de la compagnie Ahmed Madani (93) vu au Théâtre des Halles lors du festival d’Avignon OFF, entre le 7 et le 28 juillet 2021, à 11h.

 

 

Texte et mise en scène : Ahmed Madani

Interprètes : Aboubacar CAMARA, Ibrahima DIOP, Virgil LECLAIRE, Marie NTOTCHO, Julie PLAISIR, Philippe QUY, Merbouha RAHMANI, Jordan REZGUI, Izabela ZAK

Genre : Théâtre contemporain

Public : Tout public

Durée : 1H20

 

 

A la fin du spectacle, après les applaudissements et les bouquets de fleurs portant le sourire jusqu’aux larmes, Ahmed Madani remercie tous ceux qui lui ont fait confiance et lui ont permis de mener à bout ce projet, parce qu’au début, il ne savait pas vraiment de quoi parler. Il savait seulement qu’il voulait donner la parole à ceux qu’on n’entend pas souvent, pas assez, les jeunes des quartiers. Il en a rencontrés et recueilli leurs témoignages pour composer un texte souvent intime, poignant et drôle.

Porté sur le plateau par neuf interprètes, le texte nous parle d’amour, de sexualité, d’héritage, de religion, d’amitié, mais surtout d’amour. De l’amour qui les a fait naître, de l’amour qu’ils recherchent (« s’il y a une fille dans la salle qui serait intéressée par moi elle peut me contacter à ce numéro 0646… »), de l’amour qu’ils ressentent, partagent ou ne pas partagent pas, et de tout ce qui entoure et prépare cet amour (« bonjour madame, c’est quand la première fois que vous vous êtes masturbée ? », « je peux danser avec toi ? », « tu m’aimes ? »)

 

L’oralité du texte permet aux comédiens d’adopter un ton très naturel, décontracté, sans que les corps ne se relâchent ; ils se tiennent et dansent en groupe, par couples ou non, au devant de la scène ou dans ses marges pour donner du rythme aux transitions. Il n’en manque jamais, du rythme. Outre les chorégraphies et les chants d’une justesse saisissante, tout un jeu de pantomime se déploie, souvent avec subtilité lorsqu’il s’agit d’abattre les tabous sur les manières de faire l’amour (voilà comment papa-maman m’ont fait) mais avec un peu de lourdeur lorsqu’un comédien se laisse entraîner par son personnage de religieux (répétition en long, en large et en travers d’une prière) : les autres comédiens sortent de leur rôle pour le faire sortir du sien, et moi je n’aime pas trop cette sorte de comique qui brise le théâtre parce que nous aussi on doit sortir de leur histoire pour faire semblant de rire.

 

Mais il y a tant de belles trouvailles scénographiques qu’on pardonne aisément ces quelques facilités comiques : très belle scène dans laquelle une myriade de téléphones portables éclaire les visages de ces amoureux transis, torturés par la distance et qui font un téléphone arabe dont le volume augmente, se disperse avant de se transformer en cacophonie. Superbe trouvaille aussi que ces cartons cadrés par le bord de la vidéo dans lesquels les comédiens en proie à quelque chose sont repliés. En proie à quoi ? Au doute, à la peur, à l’espoir ? En proie à quelque chose qui pourrait être un regard, une question, une indécence ou une incandescence qui aveuglerait tout en offrant le pouvoir d’éclairer.

 

Célia Jaillet

 

 

 

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6 août 2021 5 06 /08 /août /2021 13:40

Spectacle de la Cie De Facto (CH) vu au théâtre du Centre le 21 juillet à 13.20 h dans le cadre du Festival d’Avignon Off, du 7 au 30 juillet, sauf le 19

Auteur : Finegan Kruckemeyer

Traduction et Mise en scène : Nathalie Sandoz

Interprète : Frank Michaux

Concept : Andy Packer

Scénographie : Neda Loncarevic & Stanislas Delarue

Musique : Cédric Liardet

Lumière : Matthias Mermod

Vidéo : Nicolas Meyer

Costumes : Elise Vuitel
Genre : théâtre contemporain

Durée : 55 minutes

Public :  tout public à partir de 6 ans

Doublement primée, meilleure pièce et meilleur auteur jeune public, The Tragical Life Of Cheeseboy de l’auteur australien Finegan Kruckemeyer a été jouée à travers le monde, comme beaucoup d’autres œuvres de cet auteur prolifique. Séduite par cette histoire, Nathalie Sandoz en a fait la traduction en français et l’adaptation scénique. C’est ici une première mondiale en français.

Tout l’espace scénique est occupé par une machine bizarre, en panne semble-t-il.  Un homme, qui rappelle par son style les « aventuriers de l’arche perdue », s’affaire sur des plans pour tenter de réparer son engin destiné à voler. La compagnie De Facto s’est clairement inspirée du monde de Jules Verne et des engins volants qu’il a imaginés pour faire voyager ses héros, mais aussi du courant steampunk, « univers qui met en scène une technologie qui utilise la vapeur comme source d’énergie et adopte un air rétro reflet de la révolution industrielle du XIXème siècle ». Le résultat offre en tous cas un décor en bois magnifique, une machine pleine de roues dentées, de voiles, dotée d’une proue qui situe l’engin entre bateau et avion, et agrémentée d’un siège de pilote qui tient du vélo couché. Bref, un décor qui invite immédiatement au rêve.

Mr Brown réalise d’un coup qu’il y a plein d’enfants qui le regardent… Il propose, si toutefois ils sont prêts à s’émerveiller, de leur raconter une histoire.  Celle de Cheeseboy, petit garçon fait de fromage, qui vit avec ses parents faits de fromage, dans un maison en fromage, sur un planète en fromage,  ! Ce n’est vraiment pas commun, et quelle drôle d’idée, surtout quand on n’aime pas le fromage, ce qui est mon cas ! Mais une idée qui m’a tout de même rappelé le Petit Prince de st Exupéry, qui vivait aussi sur une minuscule planète, mais lui n’avait pas de famille…

Cheeseboy s’endort un jour dans sa petite barque rouge amarrée à sa planète. Pendant son sommeil, une météorite transforme la planète en fondue ! Cheeseboy part à la dérive dans les airs et se retrouve sur la planète Terre, au milieu d’une étendue bleue inconnue… Que s’est-il passé, où est-il, où sont ses parents ? Le vent le pousse vers le rivage où, après quelques jours à faire des châteaux de sable, qui disparaissent régulièrement ce qui est très agaçant,  il est recueilli par un couple de tziganes, astronome et astrologue, guidés par leur quête de compréhension de l’univers. Ils vont aider Cheeseboy à rechercher ses parents.

Frank Michaud est doté d’une belle voix qu’il sait moduler pour animer son récit et mobiliser son public, se parlant autant à lui-même qu’à l’auditoire. Il met en scène le périple de Cheeseboy, en utilisant tout ce qui lui tombe sous la main, pour fabriquer les éléments du récit, personnages et objets, quand il ne joue pas lui-même certains personnages. Il est largement assisté par un beau travail de la lumière et des fumigènes, qui accentuent le fantastique du récit, et par des projections animées sur une grande lune/écran, retraçant « l’accident » et la disparition des parents, lorsque la lune révèle à Cheeseboy ce qu’il s’est passé… Parmi de nombreux moments de poésie, j’ai retenu celui où Mr Brown dépose l’un après l’autre  sur un élément de sa machine de minuscules bateaux lumineux qui forment une petite guirlande qui avance, avance… Comme Cheeseboy, petit garçon courageux et attendrissant, qui va aller de l’avant maintenant qu’il ne peut compter que sur lui-même.

Le spectacle propose sept chansons originales, que Frank Michaud interprète en live en s’accompagnant à la guitare ou au ukulélé.  La qualité du travail est indéniable, la scénographie est recherchée, et le texte est porté par un comédien qui sait mettre à profit ses multiples talents pour tenir son auditoire en haleine.

J’ai cependant trouvé quelques longueurs et craint que les enfants ne décrochent, s’agissant d’un texte fourni qui demande de la concentration, particulièrement à 6 ans et pendant  près d’une heure.  Mais manifestement, pas mal d’entre eux semblaient connaître l’histoire et ont manifesté leur enthousiasme à la fin du spectacle.

Un joli spectacle à voir en famille.

 

 

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4 août 2021 3 04 /08 /août /2021 17:50
Huitième jour

Spectacle  de la LA MOB À SISYPHE (31) vu à Occitanie fait son cirque en Avignon à 16h30, dans le cadre du Festival OFF d'Avignon du 18 au 25 juillet (relâche le 22 juillet).

Interprétation : Idriss ROCA, Cochise LE BERRE, Raphaël MILLAND

Création Lumière : Louise Bouchicot

Regard extérieur : Benjamin DE MATTEIS, Dominique HABOUZIT

Public : à partir de 5 ans

Genre : Cirque contemporain

Durée : 1h

Dans le cadre des Chroniques plurielles et populaires, un groupe de personnes malentendantes et sourdes est venu voir le spectacle ce jour. Une personne sur les trois communique avec la langue des signes. L'objectif étant de favoriser l'accès des spectacles pour tous avec ou sans interprètes langue des signes en priorisant les spectacles visuels. Sur ce plan, le spectacle était complètement adapté.

Brigade constituée de: Cristian, Taïbé et Leo, Susana, Camille et Valérie

Cristian a aimé le spectacle et notamment cette scène du comédien avec ses pouces : une technique qui l’a surpris. L’artiste est venu après le spectacle échanger avec nous et lui remontrer cette scène.

Taïbé : j’ai beaucoup aimé, très visuel. Leo, mon fils, moins. Moins adapté pour lui, plus pour les plus grands. Leo a 4 ans 1/2.

Susana a aimé aussi le spectacle.

Camille : Déjà très intriguée par le teaser vidéo, le spectacle a fini de me convaincre. Un humour silencieux, ou presque, j’y vois, du coup un humour universel. Par moment un peu décontenancée au cours du spectacle, mais finalement, tout était plutôt millimétré, de chaque seconde de silence à chaque chute. Un petit bémol sur les objets utilisés qui sont pour certains très petits et donc moins faciles à identifier quand on est loin dans les gradins.

Valérie : Un spectacle qui m’interpelle. Un de ces spectacles qui, avec le teaser, me semble un peu trop conceptuel à mon goût. Je sors en me disant que je suis heureuse que celui-ci ait été choisi par le groupe de personnes que nous accompagnons car il m’ouvre à des perspectives vers lesquelles je ne vais pas naturellement. Un travail autour du cirque mais pas vraiment, autour de l’absurde mais pas que, autour de la chute beaucoup, et autour de l’ennui aussi surtout. Ce silence, aucune parole, lenteur d’actions, l’attente. Au début, je me dis « ça va être trop lent, trop long pour moi », et puis les 3 circassiens m’embarquent dans cette parenthèse silencieuse qui finalement me fait beaucoup de bien dans cette période de flux d’informations quotidiennes, de bruits en permanence …  Des choix musicaux que j’ai beaucoup appréciés, qui apportent juste une légère dynamique à ce travail autour de l’ennui et du « raté ».  C’est quoi raté ? c’est quoi l’échec ? ... C'est aussi un spectacle. Peut-être plus à partir de 8 ou 10 ans que 5 ans comme annoncé, notamment par le retour de l'enfant présent dans notre groupe.

Avis commun : très chaud dans la salle, on faisait l’effet éventail avec notre ticket de spectacle. Nous demandons pourquoi pas climatisé, on nous répond que la clim est à fond et qu’il fait quand même 38 degrés dans la salle. Des ventilateurs seraient presque plus appropriés dans les gradins ?

Accessibilité aux personnes sourdes: Quelques scènes sur le devant du plateau qui nous ont été moins visibles par rapport à l'endroit où nous étions placés ainsi que pour les personnes sourdes ayant besoin de visuels tout comme la lumière tamisée qui a moins permis aux personnes de voir les mimiques des visages.

Nous avons été accueillis très chaleureusement par la médiatrice culturelle du lieu qui nous avait prévu un temps d'échanges avec la compagnie après le spectacle. Les artistes étaient ravis d'avoir un retour sur l'accessibilité de leur spectacle pour les personnes sourdes. Merci à eux et merci au lieu.

 

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4 août 2021 3 04 /08 /août /2021 13:14
PADPANICK !!!

Dans le cadre des Chroniques plurielles et populaires, un groupe de personnes malentendantes et sourdes est venu voir le spectacle ce jour. La majorité des personnes communiquent avec la langue des signes et ont eu un regard notamment sur l'accessibilité du spectacle par rapport à la surdité.

Spectacle  de la Compagnie L'Estock Fish (13) vu à la Cour du Spectateur à 10h30, dans le cadre du Festival OFF d'Avignon du 10 au 24 juillet (relâches les 11 et 18 juillet).

Interprétation : Olivier Gaudin, Lana Paic

Mise en scène : Olivier Gaudin

Public : à partir de 3 ans

Genre : Cirque contemporain

Durée : 45 minutes

Edmond : Au début, quand il y a que le Monsieur, j’ai pas trop compris où il voulait en venir. Quand la femme est arrivée, j’ai mieux compris le spectacle, ça change tout, l’humour se créé d’un coup. J’ai beaucoup aimé la musique Jazzy, c’est mon style. Une musique douce, pas agressive avec mes appareils auditifs. Le lieu est sympa, ombragé, bien organisé, on est espacé. Plus difficile pour se comprendre à midi quand il y a plus de monde et des groupes d’enfants qui arrivent car les bruits s’accentuent. Les boîtes en bois sont jolies et bien pensées.

Denise : Le lieu du spectacle est accueillant et sympa car ça fait très familial. Le spectacle est adapté aux enfants et aux adultes même sourds car il y a très peu de paroles et c’est très visuel. Je n’ai pas pu voir ce que la personne qui gère la musique sur le bord disait aux comédiens sur scène. On a vu le comédien louper une scène et il aurait pu improviser à ce moment-là pour que ce soit plus drôle, tel un clown qui nous montre qu’il fait des erreurs exprès.   Pour la musique, j’entendais un peu. L’emplacement était agréable car il y avait de l’ombre avec des arbres.

Philippe et Marisa : On a aimé le spectacle, très comique. Les chutes sont drôles et les accessoires sont bien trouvés. Très beaux jonglages. Assise un peu dure sur les bancs en bois. Pas d’interprète en langue des signes mais spectacle très visuel donc on a pu comprendre et apprécier. Seulement la personne à la musique où on ne peut pas comprendre ce qu’il dit.  Lieu du spectacle très agréable, joli et avec de l’ombre. On a aimé la participation des enfants à la fin du spectacle, ça fait de l’interaction avec le public.

Taïbé et son fils : Un spectacle très drôle dans un cadre très joli. Spectacle accessible car visuel. J’ai tout compris grâce aux mimiques du visage des comédiens. Un joli moment passé avec mon fils qui était ravi et a beaucoup aimé le spectacle aussi.

Valérie et Béatrice: un lieu agréable et très accueillant. Le spectacle très visuel a pu être accessible aux personnes que nous avons accompagnées. Quelques interludes de textes avec la personne qui gère le son du spectacle ont pu être plus difficiles d'accès pour les personnes sourdes bien que la compréhension globale n'en ait pas été trop altérée. Une sortie au festival qui a ravi les personnes présentes ainsi que les plus jeunes de 5 ans.

Les avis sur la notation ont divergé et n'ont pu mener à une note commune, nous avons donc fait le choix de laisser les retours de chacun au plus près de leur ressenti sans y ajouter d'étoiles (entre deux et trois étoiles étaient proposées par les participants).

Nous remercions les artistes pour le temps d'échanges proposé à la fin du spectacle ainsi que toute l'équipe du lieu et sa directrice qui nous ont accueillis très chaleureusement. 

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3 août 2021 2 03 /08 /août /2021 16:46
source Catalogue Off 2021

source Catalogue Off 2021

Spectacle de la compagnie Paradoxes (25) vu au théâtre Girasole,  le 23 juillet 2021 à 15.50 h, dans le cadre du Festival OFF d'Avignon,  du 7 au 31 juillet sauf lundi

Auteur Matt Hartley

Mise en scène : Paméla Ravassard
Traduction : Séverine Magois
Interprètes : Emilie Aubertot, Karina Beuthe Orr, Sébastien Desjours, Stefan Godin, Garlan Le Martelot, Benjamin Penamaria, Emilie Piponnier.

Scénographie : Benjamin Porée

Lumières, assistant m.e.s. : Cyril Manetta

Scénographie : Benjamin Porée

Costumes : Hanna Sjödin

Musique : AkorplakX

Collaboration : Henri Dalem
Genre théâtre contemporain  

Public  tout public à partir de 12 ans

Durée 1.35 h  

Appréciation coup de coeur

La présentation du spectacle fait référence à Ken Loach pour définir l’écriture de Matt Hartley… Ce qui a éveillé ma curiosité, car j’aime beaucoup ce genre de cinéma réaliste qui met en scène une certaine misère sociale, mais qui n’est cependant  jamais exempt d’humour « so british » !  Je clôture donc mon séjour au Festival Off, en allant voir cette histoire de deux frères, Pete et Rich, que tout semble opposer. L’aîné sort de prison et souhaite retrouver sa fille de 15 ans qu’il ne connaît pas. Le cadet veut comprendre pourquoi il a tellement peur de devenir père…

Le plateau est éclairé par des rangs de néon posés au sol et accrochés aux cintres. Lumières blanchâtres, crues, qui délimitent au centre un espace sombre. Musique rock, ça démarre fort.  Rich installé dans un fauteuil est absorbé dans un jeu vidéo. A la porte apparaît Pete. Après presque 10 ans d’incarcération, il regagne la maison familiale, désormais occupée par Rich, leur mère étant partie vivre ailleurs. La reprise de contact est difficile, la rancœur toujours présente. Le crime n’est pas pardonné et Pete reste un paria…

Obsédé par sa volonté de retrouver sa fille, et pour obtenir des informations, Pete tente de renouer le contact avec Franck leur beau-père, qu’il n’a jamais accepté et  qui a pourtant fait de son mieux pour s’occuper de leur famille après que le père violent les ait abandonnés. Il est désormais séparé de la mère, et on comprend que Pete n’est pas tout à fait étranger à cette rupture… L’accueil n’est pas cordial et Franck  lui suggère de laisser sa fille tranquille…   Parallèlement, Rich souhaite renouer avec sa petite amie, Lucy, qu’il regrette d’avoir abandonnée alors qu’elle était enceinte, et qui a avorté. Il essaye de plaider sa cause auprès de la mère de Lucy, mais il se montre violent à son encontre.  Lucy finira cependant par accepter de le revoir… Mais plus tard, peut-être.  

A force de persévérance Pete finit par savoir où se trouve sa fille. Il parcourt les 65 miles qui séparent Hull de Sheffield, où Jenny vit désormais chez ses grands parents qui l’ont adoptée. Le grand-père lui livre des informations rassurantes, et il comprend que pour le bien de son enfant, il faut qu’il accepte de s’effacer …

Cette sombre histoire met en scène des êtres que l’on sent en proie à une sourde colère. Ils connaissent des conditions de vie difficiles, et semblent malgré eux reproduire les schémas familiaux où la violence est dominante, et l’incapacité à exprimer des sentiments positifs flagrante. Le problème de la filiation et du déterminisme est ainsi clairement évoqué. Est il possible d’échapper à cette spirale ?

La mise en scène de Pamela Ravassard, qui m’a d’abord surprise, s’avère finalement précise et recherchée. Elle souligne l’intensité dramatique palpable en permanence, au moyen d’éclairages blancs et froids, assortis d’un accompagnement musical rythmé savamment choisi. Des projections de « zebras » lumineux, qui se reflètent sur des paravents noirs réfléchissants mobiles - déplacés à vue lors du changement de scène – accentuent l’ambiance électrique.  Comme dans un triste ballet, les personnages se croisent, se cherchent, s’affrontent, tentent de communiquer, dans cet espace en demi-teinte, incarnés par sept comédiens talentueux et très inspirés,  qui rendent attachants ces êtres déchirés qui font ce qu’ils peuvent pour se sortir sans trop de casse de  leurs difficultés

La puissance émotionnelle que se dégage du spectacle est telle que pendant 1 h 30 on n’entend aucun bruit dans le théâtre, tant le public est concentré. Conquis, il offre à la troupe un ovation debout à la fin de la représentation.

 

 

 

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