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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

10 mai 2022 2 10 /05 /mai /2022 13:46
Inkarnè
Inkarnè

Représentation d’Inkarnè le dimanche 8 mai à la Chapelle des Miracles, rue de la Velouterie, à Avignon (84) par la compagnie Deraïdenz (84).

 

Compagnie : Deraïdenz Vaucluse 84

Interprétation : Marion Gassin

Mise en scène : Léa Guillec

Construction marionnettes et composition : Baptiste Zsilina

Scénographie-costume : Barbara Fougnon et Salvatorè Pascapé

Assistés par : Sarah Rieu

Photo : Serge Gutwirth

Création : Mai 2021.

Lieux visés : Chapelles, Châteaux, Ruines

Public : à partir de 7 ans

Durée : 55 minutes

 

Ici, le spectateur est chouchouté. Tout d'abord les Deraïdenz, connaissant la configuration du lieu, t'invitent à utiliser les commodités (j'aime bien ce nom vieillot, ça va bien avec la chapelle) avant si besoin, car pendant le spectacle ce lieu n'est plus accessible. Ensuite, chaque personne est priée de s'installer confortablement pour avoir une bonne visibilité et ne pas se tortiller pendant le spectacle pour y voir mieux. Un petit conseil : les grands derrière, les petits devant. Une fois assis le plus confortablement possible, on attend le début, les yeux rivés sur la scène recouverte de tissus rouges. Je ne trahis rien, on le voit sur l'affiche.

 

C'est la deuxième fois que je vais assister à ce spectacle. Il a évolué depuis l'an dernier. Cette fois-ci j'ai vraiment été attentive à la musique, à la lumière et aux murs.

Marion Gassin, l'interprète, entre gracieusement en dansant... Elle va avoir comme partenaire sa marionnette à son effigie grandeur réelle.

Le reste relève de la magie des Deraïdenz et du lieu, aujourd'hui, la chapelle des miracles.

La beauté de ce monument m'a frappée, c'est une scène à l'état brut. Aucun accessoire de lumière ou autre spot, barres d'éclairages, rien ne vient polluer le regard au plafond. Les quelques éclairages sont nichés dans des endroits invisibles par le spectateur.

La chapelle est un écrin pur pour la danseuse et son double. Elle est vêtue d'un justaucorps couleur chair et d'un tutu de la même couleur. Son corps est peint aux couleurs « pierres des murs » de la chapelle.

La musique et tout ce qui relève du son participe activement à la création de l'émotion primale. J'ai été attentive à toutes les musiques, j'ai entendu des graves de contrebasse, du clavecin, du vent, des oiseaux. J'ai aussi reconnu quelques notes de musique d'inspiration tsigane et même grecque. Ce spectacle est intemporel et éternel. Il vient du plus profond des âges et peut se vivre à l'instant ou dans mille ans. L'affiche, rien qu'elle, me bouleverse et me donne un sentiment d'enveloppement, de matrice protectrice, de douceur de l'en-delà (pas de l'au-delà). Chaleur humaine, maternelle, enveloppante, sororité, gémellité, sont des mots qui naissent dans mon souvenir de cette représentation.

J'ai encore, aujourd'hui, participé à un évènement unique, car chaque représentation a son public et ne peut être revécue à l'identique. Tout ça pour dire que je pourrais y retourner encore et encore et que l'émotion serait toujours différente.

Je ne cesse de le dire, cette compagnie a du génie, ils méritent un triomphe à chaque représentation.

Deraïdenz c'est un univers à part, un pays de rêve et de fascination.

 

Natacha Régnier-Ledieu

 

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9 mai 2022 1 09 /05 /mai /2022 09:52
Contagion
Contagion

Spectacle donné à Vesc (26) le Samedi 26 mars 2022 au domaine de Damian dans le cadre de la saison culturelle.

 

Genre : Théâtre Contemporain

Auteur : François Bégaudeau

Metteur en scène : Pierre Hugo Proriol

Avec : Franck Regnier, Gwennaël Mélé, Colin Demonsais (artistes issus de la Scène sur Saône)

Affiche : Maël Martial

Vidéo : Le Pixel Mort

Création lumières et scénographie : Jonathan Argem

Public : Adultes et adolescents dès 10 ans.

Durée : 1H30

 

« Je reçois l'image, je tombe dessus, dis-je pour m'amender, mais c'est elle qui me tombe dessus ». Les attentats nous interrogent sur la manière d’en parler, sur le rôle d’internet, sur le rôle des enseignants… Comment vivre ensemble dans un climat de peur, de suspicion, comment pouvoir en discuter ?

 

Cette pièce questionne notre environnement, ses mots, ses maux, ses concepts. En trois tableaux qui composent le spectacle, une joute verbale s'instaure entre deux acteurs, deux générations : un échange masculin entre un jeune adulte et l'autre en âge d'être son parent.

Sur une scène dépouillée sont disposés des panneaux verticaux décorées d'affiches colorées, un bureau et un écran de télévision.  Durant la pièce, le jeu des acteurs se trouve ponctué par un zapping d'informations télévisuelles plutôt stressantes. Les joutes verbales des comédiens ainsi rythmées suggèrent parfaitement un état de terreur et d'effroi (ce qui ne peut évidemment qu'égarer, que brouiller notre esprit).

C’est un spectacle adapté aux jeunes générations avec une mise en scène moderne, qui permet aux adolescents de découvrir un théâtre contemporain, dépoussiéré. Un spectacle vraiment vivant qui interpelle sur des questions on ne peut plus actuelles. Le contenu du propos amène le public à une réflexion et à des interrogations quasi philosophiques quant à l'être humain face au monde actuel, aux prises avec une réalité universellement complexe et violente.

J'ai été ravie de découvrir cette œuvre théâtrale habilement mise en scène et accessible à un large public et très actuelle. 

 

Lydie-Gisèle Brogi

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7 mai 2022 6 07 /05 /mai /2022 20:23
Gazon Maudit
Gazon Maudit

Première vue le vendredi 6 mai 2022 au théâtre du roi René à Avignon à 20h

 

Compagnie : Laboratoire de l’Acteur Hélène Zidi (75)

Auteur : Josiane Balasko

Comédiens : Manon Gauthier, Mila Michael, Jordan Topenas, Paul Valy

Mise en scène : Hélène Zidi

Assistant mise en scène :  Arnaud Gimbert

Décor : Jean-Michel Adam

Création lumières : Denis Koransky

Création son : Alain Governatori

Production : Hélène Zidi Productions et B2J Production

Co-adaptation : Josiane Balasko et Telsche Boorman

Durée : 1H20

 

Le décor est planté, nous sommes sur la terrasse d'un jardin derrière une maison.
Une grande toile blanche permet de changer la vue du fond, la couleur du ciel et même de voir à un certain moment une scène dévoilée avec des ombres.
Sur le plateau, une femme en robe rouge, virevoltante, entre et dresse une table avec une nappe, rouge aussi, pour un repas en amoureux. Le rouge témoignant, je suppose, de son désir « caliente » de passer cette soirée avec celui qu'elle aime et attend.
La musique rythme son entrée.

Quand je vais voir ce spectacle, forcément je connais l'histoire. Gazon maudit c’est un film culte.

Les très jeunes ne connaissent peut-être pas. En deux lignes, une femme arrive et va séduire la maîtresse de maison délaissée par un mari volage.

Loli chante en préparant son anniversaire de son mariage avec Laurent. Marijo, débarque, bouteille en plastique vide à la main, pour réclamer de l'eau, pour alimenter les besoins du radiateur de son minibus en panne.

Le mari, Laurent, arrive avec son meilleur ami et collègue de travail Antoine, d'emblée il méprise l'intruse et lui montre bien qu'il désapprouve sa présence. S’ensuit le spectacle que je ne vais pas vous dévoiler.

L'adaptation de Gazon Maudit est une réussite, ce spectacle va cartonner.
La mise en scène est imaginative, les personnages sont justes. Ce n'est pas une pâle copie du film, j'ai vraiment aimé, beaucoup ri mais aussi beaucoup souri, je me suis esclaffée…
Cette représentation était la première, et c'était sans hésitation. Travail bien rodé déjà, mais qui va forcément encore se bonifier.

Courrez voir l'adaptation de Gazon maudit, par Hélène Zidi, c'est une réussite totale.

 

Natacha Régnier-Ledieu

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3 mai 2022 2 03 /05 /mai /2022 10:46
Photo : Julien Truchon

Photo : Julien Truchon

Dalida sur le divan

2ème Représentation de Dalida sur le Divan par La Cie Chansons de Gestes (38) au Théâtre du Verbe Fou à Avignon (84) vu le jeudi 27 avril à 20h15 dans le cadre du Festival Off.

 

Genre : Théâtre music-hall

Compagnie : Cie Chansons de Gestes (38 Isère)

Auteur : Joseph Agostini

Adapté pour la scène par : Joseph Agostini, Lionel Damei et Alain Klingler

Comédiens, chanteurs : Lionel Damei et Alain Klingler

Piano : Daniel Kingler

Regard extérieur et mise en scène : Sophie Lahayville et Christophe Roussel

Direction technique : William Burdet

Durée : 1H10

 

J'entre dans la salle de spectacle du Théâtre du Verbe Fou et je découvre, avant de m'installer, dans l'obscurité un comédien assis à droite sur scène, sur une bergère noire à l'accoudoir argenté, la main cachant à moitié son visage. Il est immobile, on ne ferait presque pas attention à lui. Je ne le sais pas encore mais il va incarner Dalida chez son psy.

 

A gauche de la scène, un piano droit. C'est le comédien Alain Klingler, lui seul, qui s'en servira. Le psy va entrer et le spectacle commence. La mise en scène est sobre et efficace.

Dalida interprétée par Lionel Damei est habillée en redingote verte qui tombe derrière jusqu'au sol, une longue chemise noire en dessous, Lionel interprète Dalida, c'est un homme, il va se confier à son psy, répondre à ses questions, se souvenir, chanter. Le pianiste, qui joue également le psy est vêtu sobrement, chemise blanche, veste noire.

Pour seuls accessoires pour Dalida un boa rose et une paire de boucles d'oreilles, juste utilisés pour une chanson ou deux, j'avoue, je n'ai pas compté.

Dalida/Lionel m'a beaucoup touchée, émue, j'ai ri aussi, j'ai eu les larmes aux yeux durant une chanson "Lucas" évoquant un enfant (puisqu'elle a fait le choix de ne jamais en avoir).

C'est un spectacle qui vaut le déplacement : la salle était pleine, le public captivé. Applaudissements, bravos à gogo, rappel et chants avec le public ont clôturé cette belle soirée.

Le jeu des comédiens est subtil et juste, comme j'aime.

Je conseille vivement.

 

Natacha Régnier-Ledieu

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1 mai 2022 7 01 /05 /mai /2022 19:19
Laissez parler les petits papiers
Laissez parler les petits papiers

Spectacle « Laissez parler les petits papiers », Compagnie Moustache (34), vu le 21 avril 2022 au Théâtre du Carré Rondelet à Montpellier (34).

 

Avec : Marine Monteiro, Philippe Hassler, Stephane Sobecki, Frédéric Revellat et un acteur invité, différent selon les jours et ce soir : Christophe Patri.

Genre : Théâtre d’improvisation

Public : Tout public à partir de 8 ans

Durée : 1H15

 

Le Carré Rondelet se situe dans une des ruelles qui bordent le centre ancien. Dans la file d’attente, dehors, les spectateurs attendent d’entrer. Mais non ! Ça commence déjà dehors avec la distribution de petits papiers sur lesquels nous sommes invités à noter une idée, un mot, une phrase qui nous passe par la tête … les bases de la pièce que nous allons voir.

 

La salle est petite, la cinquantaine de places est largement occupée. Sur fond noir, une guirlande de guinguette, un fil à linge avec des pinces, une petite carriole. Tirage au sort de 15 petits papiers. Les acteurs les affichent sur le fil à linge et les ramasseront tout au long du spectacle pour improviser des scènes sur nos idées, certaines avec une contrainte supplémentaire tirée également au sort.

Et nous y voilà. Embarqués dans des histoires les unes après les autres, sans aucun rapport entre elles, mais toujours si bien interprétées – aussi bien par le texte improvisé que par le langage du corps. Nous changeons d’univers au rythme du fil à linge qui se vide. Suivant les vœux des spectateurs, notre voyage nous mène vers le canard égaré du fermier, devant le bus en retard, autour de la question de la poule et de l’œuf, sur l’idée de faire l’amour comme des singes, à la guerre et bien d’autres situations encore. Sujets drôles ou pas, qu’est-ce que nous avons ri !

Chaque saynète est commencée par un seul acteur, rejoint ensuite par un ou plusieurs autres, selon leur inspiration. Ils se plongent – et nous plongent – à l’instant T dans un décor, puis rebondissent aisément pour en changer. L’alchimie qui règne entre eux est belle. Les univers très différents des acteurs transpirent dans leurs improvisations.

J’ai passé un très bon moment : on y était, dans chaque histoire. A recommander vivement.

 

Maren Scapol

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30 avril 2022 6 30 /04 /avril /2022 16:39
Le Serrement d'Hippocampe
Le Serrement d'Hippocampe

« Le Serrement d’Hippocampe » de la Compagnie Colonel Crucial Club (84) vu le vendredi 29 avril 2022 au Théâtre de la Porte St Michel à Avignon (84) dans le cadre du Printemps du Off, à 20H.

 

Écriture, mise en scène et interprétation : David Levet

Avec le soutien aux accessoires de : La Compagnie Deraïdenz

Genre : Théâtre

Durée : 1H

 

Un spectacle d’une jeune compagnie d’Avignon dont je ne connaissais pas le travail (Egoff, Darwin Factory…) et que j’étais ravi de découvrir sur un sujet sensible et qui me touche particulièrement (ma mère est en unité Alzheimer depuis plusieurs années). Une belle découverte…

 

Attention, je vais « spoiler » le spectacle avec la mention d’un élément important que je ne pouvais pas manquer de raconter ici… Si vous voulez garder un certain effet de surprise, ne lisez pas cette chronique.

 

Sur scène, alors que le public s’installe, le comédien est assis dans la pénombre, à peine éclairé et comme oublié, derrière une table, immobile, les yeux dans le vide.

Une voix off, nous fait le rapport d’intervention des gendarmes après l’interpellation d’un individu assez âgé et visiblement un peu perdu… Alfred Zaïeux.

Sa voix intérieure (voix off) nous explique qu’il a pourtant vu ça arriver, mais qu’il n’a pu rien faire… Alors il va tenter de nous le raconter, de l’intérieur.

Et là, deux mains semblent sortir de derrière le personnage, et comme une évidence, David Levet sort de derrière lui-même, qui était en fait sa marionnette hyper réaliste et vieillie de 20 ans. Habillé à l’identique, l’effet est saisissant !

Il nous raconte alors son basculement, à 67 ans seulement. Comment il en est arrivé là, s’auto-excusant d’oublis répétitifs, laissant les visites des amis s’estomper par l’embarras de la situation ; comment sa femme, Ginger, et lui ont vieillis dans l’amour et le déni, et que partie avant lui, le long effondrement s’en est suivi ; le long enfouissement d’une âme, avec les sens et les émotions chamboulées. Il nous parle de ses filles, qui l’ont accompagné jusqu’au bout de ce monde qui s’effrite, avec des souvenirs qui lui filent entre les doigts comme du sable. Il raconte les services d’aides sociales et leur manque d’empathie, la dépendance absolue à des individus, la maltraitance parfois mais aussi les moments de partage de ce monde parallèle avec des personnes ici ou là.

Il parle des accompagnants et de leurs difficultés, du respect de la personne qu’il est et qu’il a été, et David porte ce beau texte avec simplicité. C’est fluide, sans pathos malgré le sujet brûlant, et la belle mise en scène qui porte l’ensemble en fait un spectacle sensible, à découvrir pour ceux qui souhaitent se rendre compte de ce qui se passe à l’intérieur.

 

Le spectacle est soutenu par la Fédération Vaucluse Alzheimer. Il sera joué sur le festival Off d’Avignon au même théâtre à 12h30.

 

Eric Jalabert

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30 avril 2022 6 30 /04 /avril /2022 16:31
Discours de la servitude volontaire
Discours de la servitude volontaire

« Discours de la servitude volontaire » de la compagnie L’Écho du Soleil (84) vu le vendredi 29 avril 2022 à la Fabrik Théâtre à Avignon (84), en séance scolaire à 9h30

 

Auteur : Étienne de la Boétie

Mise en scène : Christine Eckenschwiller

Avec : Yves Sauton

Genre : Théâtre

Durée : 1h00

 

Une séance devant trois classes d’élèves (1ère, Tle générale, et BTS sciences numériques 2ème année) m’avait semblé une bonne opportunité pour découvrir ce spectacle créé avant la pandémie et qui traite d’un sujet particulièrement d’actualité. Comment des peuples entiers peuvent ils accepter de se soumettre à des tyrans ? Je connaissais ce texte de loin, mais j’ai pu y redécouvrir toute sa clarté, sa modernité… et sa capacité à faire réagir. Le court débat qui a eu lieu après la représentation m’a apporté une expérience post théâtrale très surprenante !

 

Sur scène, Yves Sauton, un peu avachi genre « djeune » dans un fauteuil club, nous fait un petit rappel historique sur ce texte écrit en 1550 par un jeune homme de 19 ans, Étienne de la Boétie et qui s’interroge sur notre rapport à la soumission. Un sujet d’actualité.

Le texte original a été choisi pour ancrer le public dans un langage très littéraire, forcément aussi un peu daté, et qui peut parfois être difficile d’accès. Yves Sauton, le porte pourtant très bien en bouche et c’est lui-même qui a souhaité garder le texte original pour porter l’empreinte de la force de la littérature. Il demande certes une attention soutenue mais offre des parallèles criants avec notre époque, malgré les plus de 400 ans qui nous séparent.

« Faire le choix de la victoire de la liberté sur la domination », « Un tyran n’a de puissance que celle que le peuple veut bien lui donner » ou « Pour être libre, soyez résolus à ne plus servir ». Autant de phrases qui claquent et qui interrogent ce public attentif à ce qu’on lui raconte. Faire le choix entre la liberté et la soumission, s’interroger sur la légitimité de tout pouvoir sur la population, ce sont des questions qui concernent tout le monde, jeunes et vieux.

Le texte dense et percutant est ponctué de quelques pauses pour offrir des respirations bienvenues ; clin d’œil au dictateur Chaplin et à son globe volant, effigie de trois dictateurs emblématiques « éclairés », quelques notes des Beatles, interaction auprès du public...

Le texte est d’une actualité brûlante, on y évoque les amitiés, le choix de la liberté, les peurs qui nous gouvernent, les complots des tyrans et termine sur cette question : « Comment se fait-il que les hommes continuent à soutenir des tyrans ? »  Bonne question.

Écrit aujourd’hui, La Boétie aurait probablement été traité de complotiste.

Dès la fin du spectacle et sans transition, le comédien propose un échange avec les élèves, et le débat commence sur les chapeaux de roue, sur la laïcité qui impose des choix vestimentaires contraires à la liberté des élèves. Et oui, le voile...

Le comédien tente de répondre, mais botte rapidement en touche auprès du corps enseignant. L’un des professeurs est sollicité par les élèves, il se présente comme le référent laïcité au sein des établissements scolaires et nous fait un rappel à la loi, précisant qu’il n’y a aucune relation entre laïcité et religion. Fin des échanges….

J’ai été très surpris de cette conclusion prématurée, puis en discutant avec l’équipe du théâtre, j’apprends que cette personne a rappelé aux trois jeunes femmes voilées qui faisaient partie du groupe, qu’il s’agissait d’une sortie scolaire et que par conséquent le règlement s’appliquait, mais qu’elles pouvaient « choisir de le respecter ou de ne pas le faire et de l'em***** (!) ».  Une explication un peu emmêlée que m’a éructé ce fameux référent laïcité, quand j’ai tenté d’échanger avec lui… J’ai été extrêmement choqué qu’un « référent laïcité » manque tant de self-control et se mette à me hurler dessus au motif que je m’interrogeais sur l’idée d’une laïcité intégriste qu’il me semblait défendre.

Une occasion manquée en tout cas pour discuter avec ces jeunes à qui l’on envoie pour toute réponse la notion d’égalité comme s’ils n’avaient pas conscience qu’elle était très relative.

 

Eric Jalabert

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30 avril 2022 6 30 /04 /avril /2022 16:18
Et demain le ciel
Et demain le ciel

1ère du spectacle porté par la Compagnie Tourneboulé (59), vu à La Garance – Scène Nationale de Cavaillon (84), le mercredi 27 avril 2022 à 19H.

 

 

Mise en scène et écriture : Marie Levavasseur

Dramaturgie et écriture : Mariette Navarro

Collaboration artistique, assistanat à la mise en scène : Gaëlle Moquay

Création vidéo et collectage : Léo Spartacus

Collaboration chorégraphique : Bérénice Legrand

Composition et musique live : Benjamin Collier

Scénographie et costumes : Jane Joyet

Création lumière : Léandre-Garcia Lamolla

Régisseuse plateau : Shana Gillet

Photographie : Laurent Quinkal

Visuel : Jeanne Roualet

Interprètes : Cassandre Benader, Ketheline Bret, Eléa Charmay, Lola Chiappa, Maël Derrien, Maxime Guerin, Yousra Idirat, Luna Meyer, Jeanne Otin, Hajar Ouassim, Antoine Sergent, Youssef Zaaraoui

Avec la complicité de : Charlie Munoz

Genre : Théâtre

Durée : 1H

 

Première d’un spectacle co-construit avec une quinzaine de jeunes gens de 11 à 21 ans, sur la question de la croyance, de l’avenir et autour de leurs questionnements. Un travail de 15 mois commencé en janvier 2021 par la compagnie Tourneboulé (59) en compagnonnage à la Garance depuis 2019 et porté par de nombreuses rencontres, échanges, paroles dites et répétitions et qui termine ainsi son travail. Devant une salle comble, j’étais vraiment très curieux de découvrir le résultat. Ce fut une vraie claque !

 

Le grand plateau nu et blanc de la Garance crache les corps des premiers jeunes comédiens, qui viennent occuper l’espace petit à petit. Nous entendons en voix Off les lieux communs sur les « jeunes » et leur manque d’appétit en l’avenir ou leur paresse. Cassandre dans un long monologue touchant nous explique qu’ils ont, ici, l’occasion de « prendre cette parole qu’on ne me donne pas dans les textes de ceux qui savent écrire pour moi. ».

Et ils la prennent cette parole, et fort bien... montrant cette énergie qui bouillonne en eux, parodiant l’homme politique, portant un regard très critique et juste sur les formules toutes faites, nous mettant le nez dans nos travers de vieux, nos croyances inconditionnelles ou nos propos sans avenir pour l’avenir. Ils hurlent leurs colères ou nous rappellent la parole qui enferme. Ils la chantent même à la guitare (dans une reprise de Dominique A, le courage des oiseaux) ou la danse, en solo et en groupe.

Chacun est son propre personnage, avec sa personnalité et juste qui il Est … Et ça se ressent, c’est ce qui rend l’échange magique.

Le travail de mise en scène et d’accompagnement de Marie Levavasseur et Gaëlle Moquay est remarquable, portant les paroles recueillies, les accompagnant pour les laisser éclore, les mettre en lumière, les laisser s’épanouir et s’envoler sur le grand écran vidéo de fond de scène où volent les oiseaux dans le ciel… J’ai pu les voir grandir et me remplir d’une émotion rarement atteinte, au point de mouiller plusieurs fois mais yeux tant l’émotion est là. La sincérité et la justesse de leur propos m’ont touché dans ma chair. C’est un sujet, LE sujet qui me semble essentiel. Je pense à ma fille et aux immenses possibilités qu’ils ont à imaginer et expérimenter… Il n’y a pas de recette, mais ce qu’il faut garder en tête, c’est de ne pas se laisser enfermer dans ces idées et ces frayeurs qui nous réduisent.

Et comme le dit l’une des comédiennes : « Je m’appelle Lola et je dis merde à la peur ».

Ils ont été ovationnés comme rarement et c’était une de leur belle récompense. Ils ont décidément tout compris ! Laissons les se faire entendre et écoutons les vraiment… Cela sera une grande claque, voire un poing dans la gueule pour certains, mais c’est me semble-t-il, salvateur.

 

Ils feront une lecture de ce spectacle à Avignon, et le joueront à Grenoble et Nancy. Si vous avez envie de les accueillir, faites-le de toute urgence et n'hésitez pas à nous contacter (disponibilités : Toussaint et Février) !

 

Eric Jalabert

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10 avril 2022 7 10 /04 /avril /2022 23:35
28 i mig
28 i mig

Un spectacle produit par La Perla 29 (Barcelone) et vu au Théâtre de la Colline le 8 avril 2022.

Conception et mise en scène : Oriol Broggi

Comédiens : Laura Aubert Blanch, Guillem Balart, Xavier Boada, Màrcia Cistero, Enrico Inaniello, Blai Juanet Sanagustin, Clara Segura Crespo, Montse Vellvehi.

Musique : Joan Garriga, Marià Roch, Marc Serra

Lumières : Pep Barcons

Vidéo : Francesc Isern

Genre : théâtre.

Public : Tout public

Durée : 2H 15

 

Mon ami avait envie d’aller voir « 28 i mig ». C’était l’occasion d’écrire une nouvelle chronique.

Difficile de raconter « 28 i mig ». Le spectacle est une ode à l’art sous toutes ses formes. Sans avoir compté, je suppose que le titre sous-tend 20 tableaux de mises en abyme de scènes cultes du cinéma et du théâtre, depuis « 1900 » de Bertolucci jusqu’à Hamlet en passant par « 6 personnages en quête d’auteur » et tant d’autres avant d’en arriver à l’apothéose, pour le metteur en scène tout au moins, que constitue « 8 et demi » de Fellini.

Dans sa narration, le procédé est toujours un peu le même. Une scène est jouée. Le public trouve la référence tandis que de façon presque synchrone un personnage confirme le souvenir en incarnant un metteur en scène ou un réalisateur insatisfait de ce qui se répète devant lui. Et c’est parti, à coup de citations anthologiques, sur les affres de la création. C’est alors qu’un des comédiens suggère un « imaginons que » et nous passons au tableau suivant.

C’est admirablement joué par neuf comédiens et trois musiciens qui incarnent en quatre langues - catalan, français, italien et anglais surtitrés – une myriade de personnages. La plupart sont musiciens ; certains ont des talents de circassien et même de cavalier.

C’est visuellement impressionnant. L’espace scénique est si profond qu’un cheval, un vrai, peut y exécuter des figures de manège. Des allemandes peuvent à l’occasion resserrer l’ouverture entre l’orchestre (à cour) et un panneau qui dessine un pan de mur (à jardin). Tout comme le cyclo du fond, ce mur sert d’écran pour les projections d’images extraites de films de patrimoine. La lumière est chaude, les accessoires et les costumes pléthoriques. C’est donc une sorte de spectacle total auquel nous sommes conviés pour revisiter des chefs d’œuvre et nous interroger, de conserve avec les personnages de créateurs, sur la place de l’art et la difficulté de créer.

C’est très joli et c’est très professionnel. Mais à titre personnel, je déteste ce genre d'autosatisfaction. Et c’est interminable. Sans compter que je trouve le dispositif bien daté, l’émotion bien rare et le tout totalement artificiel.

« 28 i mig » est un spectacle abouti en son genre, qui a su globalement séduire la salle quand bien même il ne m’a pas plu.

 

Catherine Wolff

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28 mars 2022 1 28 /03 /mars /2022 23:47
Incredibly incroyable 2.0
Incredibly incroyable 2.0

 

 

Un spectacle produit  par le Centquatre-Paris (75) et vu au Théâtre de la Ville/Espace Cardin  le 25 mars 2022.

 

 

 

Ecriture, mise en scène et interprétation : Bertrand Bossard

Vidéo : Laurent Didier, Pierre Carrasco, Hugues Gemignani

Lumières : Jean-Damien Ratel, Olivier Fauvel

Genre : seul en scène

Public : Tout public

Durée : 1H 15

 

C’est sur les conseils d’une amie et en sa compagnie que je suis allée voir « Incredibly incroyable 2.0 »de Bertrand Bossard. Elle l’avait découvert à l’occasion des « visites déguidées » au 104, hilarantes. C’est donc avec un certain enthousiasme que je m’apprêtais, en ces temps difficiles, à passer une soirée divertissante.

 

« Incredibly Incroyable 2.0 » est une reprise d’un spectacle à très grand succès créé en 1998. La presse était alors unanimement élogieuse. Mais on était en 1998 et Bertrand Bossard faisait alors figure de pionner du stand up en France. Mais depuis l’eau a coulé sous les ponts et « incredibly incroyable 2.0 »passe difficilement.

Le spectacle s’ouvre sur une petite vidéo qui explique d’une façon décalée le pourquoi de la reprise. Puis notre homme entre en scène, sur un plateau nu, et se met à parler en anglais. L’emploi de la langue de Shakespeare, joliment dite, constitue l’originalité et la réussite du spectacle. Mais en même temps, ce choix déconcerte. Je m’attendais, et je ne suis pas la seule, qu’en cette langue, Bertrand Bossard se moque gentiment de nos travers franchouillards ou de ceux de nos aimables voisins. Il n’en n’est rien. Bertrand Bossard nous raconte simplement :

-« I am a comedian just in english parce qu’en français, je ne suis pas drôle »

Le problème c’est qu’il ne l’est pas davantage en anglais. Pour ce faire, il eut fallu une trame narrative cohérente, moins de grimace, moins de gesticulation, moins de bruit et du rythme. Alors certes Bertrand Bossard a du métier et ses capacités de bruitage façon beatbox sont impressionnantes. La lumière est joliment traitée. Mais, à défaut de pouvoir suivre une quelconque histoire et de s’attacher à des personnages bien définis, on s’ennuie affreusement. Bertrand Bossard cherche la démesure mais tombe dans la lourdeur. Seul moment  vraiment sympathique le coup de fil à Elisabeth II pour connaitre la disponibilité du yacht de sa Majesté.

 

« Incredibly incroyable 2.0 » met en scène un comédien expérimenté pour lequel on éprouve une certaine gêne tant la gesticulation a du mal à combler la vacuité d’un texte qui se prétend drôle et politique. A la décharge de Bertrand Bossard, je ne suis pas une adepte de stand up. Mais la salle, à l’image de mes amis, n’a pas eu l’air plus convaincue.

 

 

Catherine Wolff

 

 

 

 

 

 

 

 

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