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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
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On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

30 juillet 2019 2 30 /07 /juillet /2019 10:36

 

Un spectacle d’Acrostiches et Compagnie (31),  vu le 22 juillet 2019 à 10h10 à l’Espace Alya, dans le cadre du festival Off d’Avignon, du 9 au 23 juillet 2019. Relâches les 10 et 17 juillet.

 

De : Christian Coumin (co-écrit avec les 5 artistes)

Avec : Philippe Copin, Christophe Leseure, Guillaume Montels, Michel Navarro, Kimberly Scully

Mise en scène : Christian Coumin

Genre : Cirque
Public : Tout public
Durée : 1h05

 

La brigade culturelle de l’IME L’Olivier, Foyer La Peyrarde.

La chronique plurielle et populaire, qui illustre plusieurs avis de spectateurs lambda sur un même spectacle, est donc le fruit de cette intervention de brigade.

 

La démarche :

Un accompagnement au spectacle pour favoriser l’accès à la culture et le développement de l’esprit critique.

En amont de ce lundi, Valérie Desbrosse, notre chargée de médiation, a sélectionné ce spectacle et contacté l’équipe pour avoir des informations concrètes sur leur spectacle et expliquer qu’il s’agit d’accompagner un groupe de 7 jeunes déficients intellectuels, avec ou sans troubles associés, ainsi que leurs éducateurs. Ce groupe s’est réuni 2 jours avant la représentation afin d’échanger autour du spectacle vivant, des différents lieux et types de spectacles, et de donner des éléments sur le spectacle prévu (lieu, cirque, musique, bruits brefs de « pétards », …). Le lundi matin le groupe s’est rassemblé, et malgré notre retard, la Compagnie a gentiment attendu l’arrivée de chacun. Heureusement, nous n’étions pas les plus retardataires. Chacun a gardé en mémoire les images du spectacle, ce qu’il en a aimé ou pas, et nous avons échangé à ce sujet le jeudi suivant. Certains jeunes du groupe ont témoigné à travers leurs moyens de communication non verbale (pictogrammes, ...).

Voici ce qui ressort des témoignages:

 

Joli accueil de la part de cette troupe. Un accueil qui a su attendre un peu et accepter le retard d'un petit groupe de jeunes qui s'étaient perdus dans les rues d’Avignon... Attendus à l'entrée du théâtre et guidés comme des V.I.P. Nos jeunes ne l'ont peut-être pas vu, mais ce fut une attention à laquelle je fus sensible. L'ensemble du spectacle est une jolie partition. Acrobatique et  musicale. Humaniste et animale. Poétique et humoriste...On était  chez les vivants. Quelques instants de frayeur au vue de ces têtes qui frôlent les projecteurs du plafond. Quelques instants d'adolescents nostalgiques où l’on se revoit courir à plusieurs derrière la même fille... Peuple du cirque, sourire aux lèvres, malgré les muscles et la concentration que l'on sent ciselés comme de la dentelle. On y voit le travail, derrière ce travail qu'on ne voit pas. Ils étaient plusieurs, mais ils n'étaient qu'un/ et ne faisaient qu’un. Un bel ensemble que je recommande. Germinal

 

J’ai aimé le lieu mais c’était petit et il faisait chaud dehors. J’aime les instruments sur l’affiche mais ils n’étaient pas dans le spectacle. j’ai pas forcément aimé l’affiche on voit pas les vraies personnes. J’ai rigolé beaucoup. J’ai aimé le chien qui roule dans un panier. Il faudrait une deuxième femme pour que ça fasse 2 hommes et 2 femmes, que ça équilibre et c’est plus élégant. C’est joli quand la femme est en hauteur sur les autres artistes, quand elle fait le grand écart, pour moi, ça c’est dur de faire ça, elle est très à l’aise, elle est souple. C’est très joli, c’est impressionnant. Ils ont du talent. Mélanie

 

L’accueil c’était bien mais le lieu trop petit. La musique c’était génial, J’ai aimé le chien et quand le chien il fait de la batterie et quand il est sur la machine qui roule. J’aime pas trop le giropode. J’ai entendu les enfants rigoler. J’ai eu peur du bruit de « pétards » (craies crépitantes ?). Les acrobaties c’est facile ce qu’ils font, c’est pas impressionnant. Amélie

 

Un bon accueil par l’ensemble de l’équipe. J’ai apprécié le spectacle dans son ensemble de par son côté clownesque et circassien, bien que j’ai préféré les artistes dans leur élément qu’est le cirque plutôt que celui du jeu. Le public y applaudit très souvent et est très enthousiaste tout au long. Ce spectacle me paraît encore plus adapté à la rue (ce qu’ils font également), tant pour l’ambiance qu’il doit mettre dans l’espace public avec sa dimension très musicale et visuelle, que pour l’espace qu’il mérite. La batterie centrale est magnifique et la musique en percussion m’a plu bien qu’elle ne m’ait pas semblé assez entraînante pour leur proposition, les instruments en cuivre qu’on peut voir sur l’affiche m’auraient encore plus entrainée. Pour autant, j’ai noté des idées drôles et ingénieuses autour de la musicalité tout au long de la représentation. Le travail autour du Giropode est impressionnant, bravo à ces artistes qui continuent leurs prouesses de cirque (jonglage, musique, acrobaties à plusieurs, …) les deux pieds roulants à toute vitesse. Valérie

 

J’ai pas aimé le lieu car c’était petit, le plafond était trop bas pour faire certaines acrobaties. C’était pas drôle. J’ai aimé le chien. Le chien il n’était pas content de venir j’ai trouvé, c’était pas drôle pour lui, le spectacle c’est pas pour les chiens. Coralie

 

A beaucoup apprécié le chien dans le spectacle, c’était très drôle ainsi que la musique, la batterie, les percussions. Pour autant, elle n’a pas apprécié les acrobaties. Céline

 

J’ai aimé le chien, c’était rigolo. J’ai aimé le moment du vélo. Angéline

 

J’aime le giropode. J’ai aimé l’humour avec les prénoms : Marguarita, César,… Avec la télécommande, il les fait foncer dans le mur. J’ai aimé le chien, c’était rigolo ce Jack Russell. Il est très drôle Octave en blanc. Lucas

 

A aimé la musique, les percussions, quand ils tombent, le jonglage et les acrobaties. A moins aimé la fille sur le vélo et la comédie. Tom

 

C’était la première fois pour moi que je voyais un spectacle autant rythmé et divertissant. Il y en a pour tous les goûts tant bien de l'humour que des prouesses artistiques toutes aussi différentes. La musique n’était cependant pas à mon goût car le rythme n’était pas adapté, selon moi, au spectacle. J’ai plus apprécié leurs acrobaties que les moments de jeu. Ils ont d’ailleurs réellement du talent pour faire des acrobaties les plus impressionnantes les unes que les autres, malgré un lieu pas forcément adapté, qui a peut-être empêché quelques actions. Ce que je retiendrais et qui m'a donné envie d'en parler, c'est l’enchaînement des figures, et celles sur le vélo tout particulièrement. Guillaume

 

Merci à toute l’équipe pour avoir pris le temps d’échanger avec notre intervenante sur notre démarche de médiation culturelle ainsi que d’avoir donné en amont des éléments du spectacle à connaître pour l’expliquer aux jeunes.

Merci également aux échanges après le spectacle et le souvenir des autographes sur vos belles affiches que le groupe a gardées.

Merci à vous les jeunes et les éducateurs. 

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28 juillet 2019 7 28 /07 /juillet /2019 18:54
Crédit photo : LEDROIT-PERRIN

Crédit photo : LEDROIT-PERRIN

Mangez-le si vous voulez

Spectacle du f.o.u.i.c. (75), vu le 21 Juillet à 11h50 au théâtre des Gémeaux dans le cadre d’Avignon OFF 2019. Du 5 au 28 Juillet 2019 (Relâche le 10, 17 et 24 juillet)

Texte : Jean Teulé, adapté par Jean-Christophe Dollé
Mise-en-scène : Clotilde Morgiève et Jean-Christophe Dollé
Interprétation : Jean-Christophe Dollé, Clotilde Morgiève, Julien Derivaz, Mehdi Bourayou, Laurent Guillet ou Noé Dollé
Genre : spectacle électro-rock et culinaire

Tout public à partir de 12 ans
Durée : 1h25


       16 août 1870 à Hautefaye. En une seule journée, Alain de Monéys passe de voisin à Prussien, d'allié à ennemi, de fils de maire à bouc émissaire, de vie à trépas et du bûcher à l'assiette... Préparez-vous à un terrifiante hystérie collective inspirée de faits réels !

        Adapté du roman à succès de Jean Teulé, Mangez-le si vous voulez est un spectacle total mêlant la narration, la musique, la pantomime, les décors amovibles et les odeurs de viande grillée... On en prend plein les yeux, les oreilles et le nez ! Côté jardin, une cuisine toute équipée des années 50 habitée par une ménagère modèle - la merveilleuse Clotilde Morgiève. Tout est rose et blond, ca sent le propre et le kitsch. Côté cour, des outsiders musiciens se sont armés de basse, de batterie et d'adaptateur pour transposer cette foule meurtrière dans la salle. Au centre, nous retrouvons l'excellent Jean-Christophe Dollé dans le rôle du fringant Alain de Monéys.
        Jeune et fringant, oui, mais plus pour longtemps ! Dès le lever de rideau le drame est annoncé, dans les sourires crispés de la ménagère ou dans les exclamations trop guillerettes d'Alain de Monéys. Ce 16 août il fait trop beau, trop chaud et trop routinier pour que les choses se passent normalement à Hautefaye. Nous, la foule, avons besoin de nous déchaîner sur une victime innocente. C'est la purgation de toutes les passions, c'est la grande bacchanale qui précède la honte, c'est la foule qui guérit d'elle-même en sacrifiant son bouc émissaire.
         Mais comment représenter ce spectacle monstrueux sur scène ? Rassurez-vous, ce n'est pas une pièce gore où vous recevrez des giclures de sang au visage. Ici tout est délicieusement suggéré avec une pointe de cynisme et de tabasco. Un grand coup de hachoir dans les tomates, une porte qui claque comme un couperet, des coups dans les cymbales, quelques lumières psychédéliques et vous voici au coeur vicié du drame. C'est la scénographie qui détruit et dévore votre serviteur sans en perdre une miette.
        Je me surprend parfois à m'agripper au fauteuil ou à saliver au fumet de la cuisine. Comme dans une tragédie antique, je suis plongé au coeur de cet enfer et je dois dire que la bestialité est fascinante. Mais est-ce le comportement des agresseurs ou la torture d'Alain qui nous intéresse tant ? Il s'agirait de ne pas répondre trop vite. Le f.o.u.i.c. recrée ici un spectacle qui a déjà eu lieu ; le public a-t-il radicalement changé ? Les braves villageois de la Hautefaye avaient si vite fait d'Alain de Monéys un représentant du Mal... Gardons-nous d'en faire de même avec eux.
         Ce spectacle électro-rock et culinaire fascine et torture. Courez-y, assistez au massacre avec enthousiasme, et mangez-le si vous voulez !
 

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28 juillet 2019 7 28 /07 /juillet /2019 14:00
Qui fuis-je?
Qui fuis-je?

Un spectacle de Matthieu Penchinat (34)  vu le 23 juillet 2019 à 21h au théâtre des brunes, dans le cadre du festival Off d’Avignon, du 9 au 28 juillet 2019.

De et avec : Matthieu Penchinat,

Mise en scène : Gil Lefeuvre

Genre : Stand Up
Public : Tout public à partir de 10 ans
Durée : 1h00

J’avais croisé Matthieu ( qui joue dans « Fourberies » à l’Adresse) pendant le festival et c’était l’occasion de découvrir son seul en scène, qui connaît un joli succès à Paris depuis quelques mois et qui jouait pour trois dates uniques à Avignon. Ce dernier soir, c’est complet aux brunes.

Seul en scène, Mathieu perdu dans ses pensées nous attends sur scène et se présente : il se lance dans le « stand up ». Façon Gad Elmaleh dans les premières secondes (Etait ce fait exprés ? Sinon, y’a peut être un truc à creuser là...) Il veut enfin être lui même et venir parler avec son public, avec nous. Car, il nous le confie, il se laisse trop souvent envahir par ses propres personnages…Il se fait dépasser, submerger, irradier, posséder.

Alors, oui il choisit le stand up pour se présenter en tant que "lui même". Une belle entrée en matière pour parler de lui et nous montrer à voir. Ce gars là, à une silhouette et une allure de danseur tatiesque ( C’est pas pour rien que Philippe Decouflé l’a découvert.) Avec drôlerie et tendresse, alternant silences et débits vocaux impressionnants, mimiques corporelles et jeu théâtral, Poisson marteau et Poisson clown, Matthieu Penchinat nous offre une belle étendue de son art. Et son art est large et riche, varié et imaginatif. Quand il se fait agresser par certains de ses personnages, (comme avec le personnage du sketch d’après ! ), ou quand il se lance dans ses expressions distordus et surprenantes, son imagination vient ouvrir ses portes en grand et j’aime ca.

Nous ne sommes pas dans le spectacle calibré à l’humour calé toutes les 27 secondes. Nous sommes sur une forme d’humour qui peut vous toucher comme vous passer largement au dessus de la tête.

Pour ma part, je suis touché.

 

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27 juillet 2019 6 27 /07 /juillet /2019 20:59
Crédit photo : Pierre Grosbois

Crédit photo : Pierre Grosbois

La dernière bande

Spectacle de la Cie L'Aurore Boréale (75) , vu le 21 Juillet à 21h30 au théâtre des Halles dans le cadre d’Avignon OFF 2019. Du 5 au 28 Juillet 2019 (Relâche le 9, 16 et 23 juillet)
Texte : Samuel Beckett
Mise en scène : Jacques Osinski
Interprétation : Denis Lavant
Genre : clown, théâtre de l'absurde

Tout public à partir de 15 ans
Durée : 1h20


      Lumière sur scène, blanche et crue, éclairant le bureau d'un vieillard pensif. Immobile et silencieux. Courbé et poussiéreux. Pourtant on sait que le corps est tendu et le regard alerte, car c'est Denis Lavant qui se tient sur scène. Le silence fait monter la tension, le public réapprend à être attentif au moindre tremblement. Il hausse les sourcils, la mécanique s'enclenche, le public rit déjà, La dernière bande est lancée.
          Faut-il dire de ce spectacle qu'il est comique ? Cela me semble inexact. Le public rit beaucoup de ce vieil homme imperturbable, mais le spectacle n'est pas drôle à proprement parler. Le rire semble venir de la gestion très particulière du rythme. Un temps. Geste lent. Un temps. Geste rapide. Visage inexpressif. Un temps. Contraction lente de la bouche. Un temps. Les yeux s'écarquillent. Le public s'esclaffe de bon coeur devant le langage ancestral du clown. Son rapport à la banane et sa manière de balancer ses mains évoquent de vieux gags de primate, ce qui fait de lui un personnage primitif avec un rapport au monde simple et décalé. Il porte la marque du déjà-vu, du trop vu peut-être. C'est le clown habituel.
       C'est cette poussière qui donne toute sa force au spectacle, c'est grâce à elle qu'il n'est pas "que" drôle. À la fois hors du temps et abimé par lui, Krapp se replonge encore une fois - peut-être tous les jours ? - dans un passé qui se désagrège. Nous écoutons avec lui des extraits d'un journal intime audio qu'il a tenu à différents âges de sa vie. En plus du travail de jeu sur l'écoute, et du travail sur le son qui est remarquable, j'ai été fasciné par le rapport au temps exploré dans la pièce. Accélérer, mettre sur pause, revenir en arrière. Écouter, encore, pause. Ici le passé peut revenir à l'infini et paraître à chaque fois un peu plus dépassé, un peu plus ancestral, un peu plus hors du temps, comme Krapp.
        Il ne faudrait pas croire que tout l'intérêt du spectacle réside uniquement dans ce jeu complexe des temps et des rythmes. Krapp et son magnétophone nous racontent directement une histoire, celle de l'idéalisme de la jeunesse, de l'amour passé, de la difficulté à se comprendre au présent, au passé ou d'un temps sur l'autre. C'était un très beau moment, drôle et émouvant, qui transmettait à merveille l'atmosphère grise amère des pièces de Beckett. À voir absolument avant la fin du festival !

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27 juillet 2019 6 27 /07 /juillet /2019 00:57
Fourberies
Fourberies

Fourberie(s), de la compagnie d’Henry (81) vu le 22 juillet 2019 à 17h55 à l’Adresse dans le cadre du festival Off d’Avignon, du 9 au 28 juillet 2019.

Auteur : Molière

Mise en scène : Anthony Le Foll

Avec : Matthieu Penchinat, Erwann Valette, Marie Gallot, Anthony Le Foll

Musicien : Aladin Chaboche

Genre : Théâtre
Public : Tout public à partir de 10 ans
Durée : 1h30

Quatre personnages nous accueillent en musique de façon très conviviale alors que nous rentrons dans la salle. Sur le plateau, une scène de 4mX4m , faisant office de podium et décor.

L’un des personnages nous fait une présentation rapide de Monsieur Poquelin et de son œuvre… Ils nous fait un rapide résumé de la trame des Fourberies de Scapin (Octave, fils d’Argante, s’est épris de Hyacinte, jeune fille pauvre et sans pédigrée, qu’il vient d’épouser alors que son père est parti en voyage et qu’il souhaitait le marier avec une autre. Octave craint les réactions de son père et fait appel à Scapin, valet de Léandre, pour l’aider dans cette affaire…) Bref, une des pièces les plus jouées du répertoireVoilà pour le côté pédagogique.

Les comédiens, habillés de façon contemporaine et utilisant des accessoires pour chacun de leurs personnages, se changent à vue et s’amusent ensemble. Ils virevoltent, dansent, chantent, les hommes jouant des femmes et vice versa, comme pour nous perdre dans l’histoire et nous inciter à porter notre attention sur le jeu décalé, burlesque et clownesque. Un musicien en direct vient illustrer et ponctuer habilement les scènes, complétant l’idée de spectacle complet et multiforme.

C’est drôle, et je me suis laissé porter par cette loufoquerie bienvenue.

 

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26 juillet 2019 5 26 /07 /juillet /2019 21:48
Le théâtre ambulant Chopalovitch
Le théâtre ambulant Chopalovitch

Spectacle de «Compagnie Crack» (75) vu le 23 juillet 2019 à 14h15 au Théâtre Tremplin dans le cadre du festival Off d’Avignon, du 05 au 28 juillet 2019.

Auteur : Ljubomir Simovic

Mise en scène : Muriel Michaux

Avec : Amandine Mornet, Raphaël Craplet, Pierre Blanchet, Romain Cavanna, Viviane du Guiny, Agathe Caillette, Vincent Guillerot, Vladimir Mikovic

Genre : Théâtre
Public : Tout public

Durée : 1 h 10

La pièce "Le théâtre ambulant Chopalovitch" explore la confrontation entre l'autoritarisme, la censure, et le théâtre. Comment continuer à faire vivre l'art quand toute activité non autorisée expressément peut devenir subversive ?

J'ai vu plusieurs fois cette pièce dans sa forme la plus orthodoxe. Le théâtre ambulant Chopalovitch souhaite représenter "Les brigands" de Schiller dans un village de Serbie. Les acteurs et le directeur de la compagnie rencontreront tous les blocages, menaces et intimidations dans un pays régi par la terreur nazie. La mise en scène proposée  ne retient pas l'occupation nazie, mais plutôt l'occupation en général d'un pays par une autorité tyrannique. Les personnages ne sont pas vêtus de costumes spécifiques, mais de tenues impersonnelles. Les acteurs sont en tee-shirts noirs alors que les occupants sont vêtus de costumes stricts. Les changements de costume se font sur scène, les acteurs se tournant dos au public en fond de scène pour s'habiller. Cela permet de conserver un espace toujours occupé. Les rapports sont tendus et froids. L'ambiance générale révèle bien l'inquiétude et le malaise. La terreur apparaît régulièrement sous la forme d'un tortionnaire provocateur. Les personnages sont joués avec sobriété. Ils semblent se mettre en veille de temps en temps,  comme pour se rendre invisibles, ne pas "faire de vague". Je n'ai pas retrouvé le côté burlesque et ironique de la pièce qui fait supporter le tragique. C'est probablement un choix, destiné à privilégier le message principal. A certains moments, les personnages en avant-scène se tournent vers le public pendant que l'action se déroule derrière ou à côté d'eux. Leurs regards sont perdus, les yeux absents. Je pense qu'il y avait là la volonté d'exprimer la dépersonnalisation, car l'acteur ne semble ainsi plus incarner qui que ce soit.

L'essentiel de la dramaturgie est présent, mais je dois avouer que je n'ai pas trouvé tout ce que j'attendais de la pièce. C'est probablement un choix artistique. C'est pour moi une version ou adaptation originale qui offre un seul visage, sombre, fidèle à l'essentiel du message de l'auteur.

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26 juillet 2019 5 26 /07 /juillet /2019 18:13
Tristan et Yseult
Tristan et Yseult
Spectacle de « Compagnie Onimagine » (62) vu le 23 juillet 2019 à 18h50 AU VIEUX BALANCIER (Avignon) dans le cadre du festival Off d’Avignon, du 05 au 28 juillet 2019.

Auteur : Anne Thunin

Mise en scène : Anne Thunin

Avec : Anne Thunin, Juliette Leroy, Stéphane Hocquet

Genre : Théâtre classique
Public : Tout public à partir de 6 ans

Durée : 50 min

"Tristan et Yseult" est un mythe littéraire qui fait partie de la mémoire des peuples de l'ouest de l'Europe. Anne Thurin nous entraîne dans ce conte en nous enveloppant de sa voix accompagnée de la musique qui s'élève des instruments moyenâgeux.

L'actrice a adapté l'histoire sous la forme des lais du XIIème siècle. Elle nous livre avec profondeur la passion qui unissait les deux amants. En tenue d'époque, devant son pupitre, l'actrice interprète les différents personnages, sans hésiter à transformer son aspect afin de rendre plus réaliste le récit. Une dizaine d'instruments de musique agrémentent la narration en accompagnant sa voix ou comme intermède musical. Tous les instruments sont des copies d'époque. Nous découvrons ainsi avec ravissement les instruments de musique du Moyen-Age et leurs sonorités. De temps en temps s'élève la douce voix de la chanteuse, qui s'associe parfaitement à l'ambiance créée par le récit. Nous sommes emportés dans un passé qui nous semble à la fois proche et lointain. Les amants, illégitimes, sont guidés par leur passion. Ils affronteront tous les dangers pour se voir et s'aimer, être séparés, puis se retrouver. L'espace scénique est réduit. Ce qui se prête au style du spectacle. Les spectateurs sont proches de l'actrice et des musiciens. L'actrice s'adresse directement au public, en nous regardant, comme si elle se produisait, au Moyen-Age, dans un quelconque château au moment du repas. Le public reste muet du début à la fin, charmé et magnétisé au fil du récit.

Nous avons passé un bon moment suspendu, au-dessus de notre modernité et de notre réalité, pour vivre quelques instants au temps des chansons de geste, des châteaux forts, d'une période de notre histoire riche de légendes, où les passions s'exprimaient avec ferveur. A chacun de profiter de cette aubaine et vivre à son tour, à travers ce spectacle, les amours de Tristan et Yseult.

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26 juillet 2019 5 26 /07 /juillet /2019 17:11
Crédit photo : DR site du parvis d'Avignon

Crédit photo : DR site du parvis d'Avignon

Spectacle du théâtre Amstramgram Genève, vu le 8 Juillet à 17h au Parvis d'Avignon dans le cadre d’Avignon OFF 2019. Du 5 au 16 Juillet 2019 (Relâche le 7, 10, 13 et 14 juillet)

Conception, texte et interprétation : Emmanuelle Destremau, Samuel Gallet, Fabrice Melquiot, David Marchetto, Caroline Gonin
Musique : Eric Linder/polar
Genre : Théâtre tout public, performance Electro rock-band
Durée : 1h


        Le mot "performance" convoque l'idée d'un spectacle créé sur place et pour l'occasion par des artistes-interprètes. On utilise fréquemment l'expression "véritable performance" pour évoquer une prouesse scénique exigeante et remarquable. Ce qu'accomplit tous les jours au Parvis d'Avignon le rock-band des Electronucléistes, c'est une "véritable performance", et pas des moindres : trouver en une journée la matière du texte, l'écrire, le mettre en scène et le jouer en lecture théâtrale le soir même.
      L'idée est audacieuse et la réalisation force le respect. C'est une réussite théâtrale, pas seulement un essai expérimental. Sur un plateau large comme le chemin que la mariée doit parcourir de l'entrée de l'église jusqu'à l'autel (magistralement occupé par Eric Linder à la guitare et au chant), quatre pupitres. Derrière les quatre pupitres, quatre acteurs-auteurs et une myriade de personnages qui jaillissent, s'entrecroisent, occupent l'espace de notre imaginaire.
      Mais où nous emmènent-ils, ces artistes ? Ça dépend du jour ! Trois modèles de spectacle sont proposés : "Fenêtre avec vue", construit autour de la presse du jour-même ; "Mon chef d'oeuvre", issu de la rencontre avec des festivaliers ordinaires et hors du commun, et enfin "Radio souvenirs", une vraie fausse radio libre qui fait la part belle à l'auditeur (toi!).
      J'ai assisté à une représentation (une présentation plutôt) de "Mon chef d'oeuvre". Cinq portraits de festivaliers comme cinq actes d'une grande pièce,  indépendants tout en faisant partie d'un tout indivisible. Ils possèdent chacun leur poésie, leurs rêves, leur façon singulière d'envisager le monde. Loin de se réduire à une série de témoignages, le texte raconte chaque personne dans sa complexité. Ce sont des dialogues rapportés, des scènes de film, des chansons, des premiers jets de nouveaux textes. Je suis surpris de voir foisonner autant de directions différentes. Le spectacle est vif et dynamique, il s'est créé dans l'urgence mais l'urgence n'est plus sur scène. Ici, dans cette église, tout jaillit avec calme et respect.
        Je me sens curieusement apaisé par le spectacle, et ce n'est pas seulement grâce aux tonalités suaves d'Emmanuelle Destremau ou aux lumières douces et bleues. Ces artistes approchent un rapport à l'autre dénué de voyeurisme ou de glorification. Ce n'est pas non plus un regard condescendant posé sur l'ordinaire et le banal quotidien, ni le regard du créateur qui serait le seul à pouvoir faire exister ce qu'il évoque. En prenant cette posture simple et bienveillante, les artistes nous invitent à regarder l'autre à côté de nous et à penser "Cette personne est un chef d'oeuvre et un univers", ce qui n'est pas simple. Je recommande vivement cette merveilleuse performance dans laquelle éthique et esthétique se prennent par la main.

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25 juillet 2019 4 25 /07 /juillet /2019 19:29
Le mardi à Monoprix
Le mardi à Monoprix

Spectacle de « Compagnie de l'Inutile » (31) vu le 22 juillet 2019 à 20h45 au théâtre de l'albatros (Avignon) dans le cadre du festival Off d’Avignon, du 05 au 28 juillet 2019, relâche le mardi.

Auteur : Emmanuel Darley

Mise en scène : Eric Vanelle

Avec : Delphine Saint-Raymond, Marc Compozieux

Genre : Théâtre
Public : Tout public à partir de 14 ans

La compagnie de l'Inutile fait partie du collectif "La fabrique toulousaine" qui regroupe 6 compagnies et 22 acteurs(trices), et propose sur Avignon 2019 sept spectacles dont trois spectacles enfants. Avec "Le mardi à Monoprix" nous sommes reçus dans une ambiance feutrée. La sensation de mystère s'impose avec un décor inhabituel, à savoir des tiges verticales parsemées au bout desquelles une lumière ondule légèrement. Cela ressemble à un labyrinthe où tous les chemins sont possibles.

Parmi les chemins de la vie, le personnage de la pièce en a choisi un qui correspondait à son identité, cachée toute son enfance par son apparence physique. Un long moment, une femme, si c'en est une, reste assise sur une chaise, pendant que son double, même habit, même coiffure, reste debout dans la pénombre face au public. Le temps pour nous de bien photographier, ou scanner, l'image qui nous est offerte et qui parle, en silence et presque sans lumière, de la dramaturgie qui va être offerte au public. On pourrait écrire : "Qui parle d'une vérité jetée en pâture à nos regards". C'est un solo à deux. L'un parle par la bouche, l'autre par les mains. L'une est le double de l'autre. Ce solo à deux donne à plusieurs reprises l'occasion d'un jeu d'acteur bien agile. Chaque mardi, avec une régularité sans faille, il… pardon, elle, rend visite à son père, veuf, et passe la journée avec lui, s'occupe de son ménage, ses courses, sa vaisselle. Quand Marie-Pierre s'inquiète de la santé de son père, d'ailleurs peu bavard, lui répond à Jean-Pierre. La scène au Monoprix fut le théâtre d'un jeu de cache-cache. Les sentiments ont été enfouis, il faut creuser profond et longtemps, puis creuser à nouveau car la terre retombe, pour tenter de les dégager. Ce n'est pas un fils comme les autres. Le père ne l'accepte pas, veut ignorer la réalité. Marie… Jean-Pierre assume son état, sa personnalité, sans honte, habitué aux regards de l'incompréhension. L'atmosphère créée par la pénombre et la sobriété de la scénographie cultivent l'intimité, la recherche forcenée du contact. La fin arrive soudainement comme une mauvaise surprise. Je dois avouer qu'elle me semble surfaite, car un évènement vient s'ajouter comme si on y accolait une autre histoire pour faire une fin. Je me demande alors, pourquoi faire une fin ?

En regardant ce spectacle, tout un chacun pourra apprécier comme on peut traiter de sujets délicats, concernant l'identité. Le double jeu des acteurs a un côté jubilatoire (j'utilise rarement ce mot car trop galvaudé et "vendeur"), l'un disert, l'autre traductrice muette. L'histoire est racontée avec justesse et le jeu des acteurs est surprenant d'habileté, de complicité.

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25 juillet 2019 4 25 /07 /juillet /2019 11:46
Jouliks
Jouliks

Spectacle de «Cie Et Plus Si Affinités» (92) vu le 22 juillet 2019 à 16h45 au Théâtre des Lucioles (Avignon) dans le cadre du festival Off d’Avignon, du 05 au 28 juillet 2019 sauf le mardi.

Auteur : Marie-Christine Lê-Huu

Mise en scène Clémence CARAYOL

Avec : Bérengère DAUTUN, Eva DUMONT, France RENARD, Jean-Hugues COURTASSOL, Alain FABRE, Aurélien GOUAS

Genre : Théâtre
Public : Tout public à partir de 12 ans

Durée : 1 h 20

Une cabane, une enfant de sept ans éveillée et délurée, une mère qui s'est volontairement isolée, qui s'était perdue, qui était perdue.

Sur scène, le décor est constitué de panneaux de bois qui au début constituent la cabane, et sont déplacés en fonction des scènes. Il y a beaucoup de vêtements et objets du quotidien sur le sol. La petite n'aime pas s'habiller en fille. Elle a l'allure "sauvage" et espiègle. Elle commence le récit de la vie de sa famille. Observatrice de tout ce qui bouge et qui parle, parfois cachée pour mieux entendre, elle deviendra aussi actrice d'une tragédie. L'amour est le lien qui unit ces êtres qui semblent dériver, s'éviter, ou s'unir. Les silences s'écoutent avec tendresse, mais sous la pression d'une ambiance lourde qui règne sur l'espace du plateau. Les mots sont parfois soufflés à l'oreille. D'où viennent-ils tous ? Les grands-parents se sont décidés à venir voir leur fille, après sept ans d'absence, pour s'apercevoir qu'ils ne la connaissaient pas vraiment. Sauvée du ruisseau, cette dernière a choisi l'isolement. Les rapports sont charnels, sauf la grand-mère qui déverse un flot de phrases et formules bien pensantes. Les personnages s'échangent les secrets de leur intimité dans un presque silence sur lequel flottent les mots et les regards. Cela plait plus ou moins à la petite. Jalousie, sûrement. Après une tentative de déstabilisation, elle fera le geste sordide qui mettra fin à cet épisode de sa vie.

Pendant tout le spectacle, nous sommes guidés par la narration et les commentaires de Jouliks. Vous serez fascinés par la clairvoyance de l'enfant autour de laquelle se meuvent les amours de sa vie, comme des pantins manipulés, sans maîtrise de leur destin.

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