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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
Vous y trouverez l'ensemble des commentaires de nos correspondants sur les spectacles qui ont été vus. Ce service est en ligne en accès libre depuis février 2007.
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Découvrez sur le site www.vivantmag.fr, le catalogue des spectacles repérés... et l'ensemble des services de l'Association d'Aide à la Diffusion Interrégionale du Spectacle Vivant, l'AdAdiff.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

20 avril 2007 5 20 /04 /avril /2007 11:22

Xavier Mortimer (38), vu le 8 avril à Pézénas (34) dans le cadre du festival Avril des Clowns.

Mimes et magie

Révélation d’Avignon Off en 2006, Xavier Mortimer a réussit à conjuguer magie et poésie.

Son personnage lunaire et son jeu avec les images vidéo enrichissent indéniablement l’univers parfois trop technique de la magie. On y retrouve Marceau et Alice au pays des merveilles, mais cela reste avant tout un spectacle de magie, réglé au millimètre, qui émerveille son public.

Xavier Mortimer a pour vocation de défricher les terres encore vierges de la « nouvelle magie » à l’instar du « nouveau cirque ». En mélangeant les formes et en proposant une construction théâtrale à son spectacle, il permet à la magie de gagner quelques lettres de noblesse. Une direction a poursuivre...

Un spectacle familial par excellence.

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18 avril 2007 3 18 /04 /avril /2007 11:39

La compagnie Mu, présente à l'Heure Bleue de St Martin d'Hères (38), le mercredi 7/02/2007 Comédiens marionnettistes :

-  Christophe Roche
-  Ivan Pommet


Décidément, la compagnie Mu affectionne shakespeare et Nougaro. J'avais déjà eu l'occasion de découvrir plusieurs versants de son travail allant de la formation en solo pour "Petit comme un caillou" ou "Roméo et Juliette, les amants de liège" à un quatuor avec musiciens présents sur la scène pour "Plume d'Ange". Ces approches tout en finesse et en atmosphère ne tenaient parfois qu'à de petis bouts de rien.

Depuis en effet plusieurs années, Ivan Pommet et ses complices oeuvrent pour la marionnette dans sa diversité, son éclectisme et je manque rarement, depuis que j'ai croisé ces routes, une occasion d'y faire un petit bout de chemin. Leurs propositions ne sont pas forcément des plus simples et ne s'adressent pas spéficiquement aux enfants comme certains pourraient encore le penser, imaginant que la marionnette ne peut parler qu'à eux. En effet, ici pour Iago, mais aussi pour des spectacles antérieurs, le texte est au coeur du propos et intéresse à mon sens les adultes et grands enfants. D'ailleurs, il est indiqué pour un public à partir de dix ans.

Un espace scène, avec des pans de bois qui s'inclinent, se rapprochent ou s'éloignent, recomposant l'histoire, ses phases successives, ses territoires imbriqués... Deux comédiens masqués, manipulateurs du récit dont les personnages aux corps de quilles passent entre leurs mains... Le point de vue d'un des protagonistes, Iago, qui va faire naître et grandir la jalousie dans le coeur d'Othello jusqu'à la perdition...

L'entrée dans cet univers n'est pas immédiate : il faut se familiariser avec les personnages, avec cet Iago à double face, avec le petit et le grand, et centrer son regard sur le petit bout de terre que devient la scène. Peut-être qu'une salle telle que celle de l'Heure Bleue ne favorise pas la rapidité de l'amorce, tant pour le spectateur que pour les comédiens et qu'un théâtre plus intime aurait été préférable ? Je me demande aussi si ce n'est pas dû en partie au fait qu'Iago soit joué par deux et non pas un ; sans doute voulu pour ajouter à l'effet du dédoublement et de la manipulation, à l'ambivalence des sentiments du personnage, cela ne facilité probablement pas le repérage et la compréhension immédiats... Peut-être aussi faut-il se laisser perdre et baloter et enfin suivre les méandres de la pensée de l'homme de mains d'Othello... Simples quilles de bois vous êtes, oh comédiens immobiles, et pourtant, voilà que vous prenez vie sous nos yeux, vous qui n'en avez pas ! Vos voix cheminent jusqu'à nos sens pour que femmes et hommes s'animent jusqu'à ce que morts s'en suivent. Un premier volet d'une trilogie qui proposera différents points de vue sur une même histoire.

Une aventure à suivre et une compagnie à découvrir si ce n'est encore fait.

 

Nous avons assisté à d'autres spectacles montés par le Théâtre MU :

> La Métamorphose http://vivantmag.over-blog.com/article-la-metamorphose-49423435.html

> Pierre et le Vieux Loup de Mer http://vivantmag.over-blog.com/article-pierre-et-le-vieux-loup-de-mer-62181362.html

> Coeur de Cuillère http://vivantmag.over-blog.com/article-coeur-de-cuillere-96715637.html

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6 avril 2007 5 06 /04 /avril /2007 19:30
Une lecture proposée par le CREARC dans le cadre de la campagne contre le racisme promue par la ville de Grenoble.
Vendredi 23/03/2007 au Petit Théâtre, 4 rue Pierre Duclot, 38000 Grenoble.
D’après :
-  "Le journal du ghetto" et "Herschele et autres contes" de Janusz Korczac
-  "Le journal du guetto" de Yehoshua Perle
Scénario : Fernand Garnier
Comédiens-lecteurs :
-  Elodie David
-  Romano Garnier
-  Bruno Deldon
-  Fernand Garnier
Tout public à partir de 11 ans.
mèl :

D’un côté de la scène : Fernand Garnier, assis à une table de travail, "interprète" tour à tour deux personnages qui ont vécu et retranscrit la vie du ghetto aux heures sombres de l’Histoire : le premier est le récitant, il décrit le cadre historique des événements. Le second est Janusz Korczac lui-même qui tient son journal. Le ton de ce dernier est intime, tourné vers l’intérieur, vers une pensée, des réflexions sur les évènements et l’étau qui se referme jour après jour.

De l’autre côté de la scène, assis côte à côte : trois comédiens prêtent leurs voix aux personnages de conte de Korczak, mais ce pourrait être tout aussi bien certains de ces enfants qu’il avait sous le regard, ou encore lui-même, peut-être, étant enfant. Un probable mélange de tout ça ? Herschele est le gamin même qui voue une admiration sans borne à son grand frère et qui est plus tard celui qui guide plus petit que soi, déjà ; un gamin qui a soif de vivre et de découvrir, qui a appétit de tout et qui veut comprendre.

Au coeur des nuits dont une sera "la plus silencieuse", des mots se murmurent : "Les enfants sont de plus en plus légers... Il n’en restera plus qu’un souffle...". Il y a aussi ces questions, lancinantes, auxquelles l’homme ne peut se soustraire : " Qu’as-tu fait pour survivre ?" S’il faut montrer aux enfants comment courir, Korczac sait très bien que là où il va les accompagner, ce sera au bout des rails et au bout du bout de cette philosophie qui l’a tenu en éveil toute sa vie.

Bien sûr, au coeur de cette lecture : la communauté juive avec ses rituels, ses croyances. Mais au-delà de ça : la question de l’Humain et du respect de l’autre, dans ce qui fait ses spécificités. Korczac était un Grand Bonhomme qui est allé au bout de ses convictions et n’a pas fait de concessions à ce qu’il croyait vrai. Et les paroles qui nous sont rapportées là nous touchent tant elles sont pleines de sens.

Les textes proposés s’inscrivent parfaitement dans la campagne contre le racisme. Ils mériteraient d’être entendus ailleurs et par d’autres pour ne pas être seulement échos du passé mais force d’espoir et de réflexion(s) pour nous autres. La formule qu’offre la lecture est tout à fait adaptée parce qu’il n’y a pas obligatoirement nécessité à dire avec choix marqué de mise en scène. Si le projet initial prévoyait de mêler mots et gestes au-travers d’une collaboration avec le Ballet Théâtre de Jérusalem, ce qui n’est actuellement pas du tout sûr de déboucher, il serait dommage que ces textes n’aient qu’une courte vie alors que des jeunes pourraient sans conteste bébéficier de leurs enseignements. Dans ce cas-là, les didascalies mentionnées par la comédienne auraient probablement à être écartées ou du moins encore épurées. Et si le ton est à l’intime pour ce qui concerne les propos des deux représentants du guetto, il ne faut malgré tout pas oublier que le son doit porter , même dans le murmure.

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6 avril 2007 5 06 /04 /avril /2007 19:26

Karine Zarka a présenté son nouveau spectacle, avec à ses côtés Emmanuel le Poulichet au piano, à la salle du Belvédère de St Martin d’Uriage (38) le samedi 31/03/2007

Une route s’enfonce doucement dans la montagne et nous voilà arrivés à cette petite salle qui permet l’intime, à St Martin d’Uriage. 80 places, c’est la jauge qui offre une possible rencontre avec les artistes qu’on a tout à côté de soi. L’ambiance du hall d’accueil est feutrée, tout en couleurs chatoyantes diffusées par les belles lampes en arabesques de Gaï du Rivau.

Nous avions déjà croisé Karine Zarka et Emmanuel le Poulichet à St Julien Molin Molette (42) lors d’un stage d’interprétation autour du chant mené par l’équipe de Michèle Bernard ( www.michelebernard.net  ; www.musikalusine.fr ), il y a quelques années de cela. Depuis, la jeune fille a muri et a tracé sa voie, encouragée et guidée par Elisabeth Ponsot, chef de choeur, metteuse en scène, chanteuse et formatrice. Elle cherchait un pianiste : c’est Emmanuel qui a croisé son chemin et l’alchimie de la rencontre humaine et musicale étant au rendez-vous, ces deux-là ont décidé de faire route commune. Karine écrit textes et musiques, la plupart du temps ; il en fait principalement les arrangements. Et comme monter sur scène suppose occuper l’espace et le faire sien, Claudine Lebègue, elle-même chanteuse et interprète, les a accompagnés dans cette aventure.

Des notes enlevées, immédiatement ! Le concert enclenche par le titre phare de l’album : "5 jours sur 7". Karine Zarka met des couleurs sur les mots : du bleu, du jaune, du vert aussi. Elle prend les gens par les oreilles et suit le chien de Mme Mazin qui ressemble à cette Madame Tiou de Michèle Bernard entre joies et peines. Y’a des p’tits mots qui coulent comme le sable entre les doigts du vent, des mots qui déboulent entre tangage et tourne-nombril. Y’a du plaisir, y’a du désir, y’a de la vie, quoi, qu’elle prend à pleines mains et qu’elle éparpille sous nos papilles. Y’a le temps qui passe et qui détricote ce chandail plus tout à fait neuf des fiançailles. Y’a de goût de l’amour qu’on garde au chaud de soi, avec des illusions, parfois, dans des tiroirs trop rangés qu’il faudrait embrouiller. Karine pose des cailloux de Petit Poucet pour que nous la suivions, entre accents jazzy, ton à la Anne Sylvestre parfois, ruptures de rythmes et bascule de registres. Elle a un large panel d’expressions ponctué de respirations-suspensions et les modulations qu’elle propose quand le tohu-bohu s’estompe sont bien le fait d’une femme entre éclats et fragile.

Sur le fil des mots et des histoires chantés, ces deux jeunes artistes portent leur regard sur le monde, un regard à donner dans lequel on se grise. A ne pas réserver aux seuls amis et inconditionnels ! Ce serait vraiment dommage.

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23 mars 2007 5 23 /03 /mars /2007 08:08
La compagnie des 7 famille présente à la bibliothèque de Jarrie (38) le mardi 20/03/2007
Avec :
-  Emmanuèle Amiell, comédienne
-  Michel Ferber, comédien
-  André Giroud, musicien
La compagnie des 7 familles est bien connue sur le territoire grenoblois puisqu’elle intervient :

-  sur des scènes régionales comme l’Amphithéâtre de Pont de Claix avec "Emmène-moi au bout du monde" le 18/01/2007.
-  sur des temps de lecture(s) à voix haute tel que celui qui a eu lieu à la bibliothèque de Jarrie.

La compagnie ne s’appuie habituellement pas sur ce type de répertoire et elle admet qu’il ne lui a pas été aisé de faire ses choix dans l’ensemble des textes possibles. Un challenge en somme lors duquel les trois complices ont croisé leurs voix et cherché à retranscrire ce monde qui ne leur est pas familier. A l’accordéon d’André se sont ajoutés le piano à doigts, appelé aussi Kalimba ou Sanza selon les régions, la guitare mais également un tambour venu d’Istambul, même si tout un chacun sait que la Turquie ne fait pas partie de l’Afrique. Est-ce vraiment important, l’essentiel n’étant pas plutôt dans le voyage suggéré, dans l’approche et la compréhension qu’ont eues les comédiens des écrits transmis par bribes ou sur le temps plus long de la "veillée" d’un des ouvrages ?

A noter quelques maladresses qui gagneraient à être retravaillées, une place à mieux définir pour les interventions musicales qui sont une des composantes non négligeables des 7 familles : sans doute en raison de souci de répertoire à ajuster très peu de temps avant la soirée. En effet, comme le dit Estelle Mondin, directrice de la bibliothèque : "Le choix des textes a été fait par Emmanuèle Amiell mais pas celui des auteurs, je lui avais soumis une liste d’auteurs africains. Il s’agit d’une création puisqu’ils n’avaient jamais travaillé sur ce sujet. Le montage des textes (programme) a été fait par la compagnie."

Le sentiment que le trio n’était pas à l’aise tout du long, mais le moment fut bon et les échanges qui ont suivis la lecture-même, l’intérêt que certain(e)s ont manifesté ensuite pour les livres issus de la littérature africaine montrent bien que la curiosité des lecteurs présents a été aiguisée. Ainsi, " le but de ces soirées est de donner envie de lire aux personnes invitées, surtout, de découvrir des auteurs. Là, la soirée s’inscrivait dans le cadre de l’exposition prêtée par la Bibliothèque Départementale de l’Isère", nous dit Estelle Mondin. De tels moments favorisent les rencontres avec les artistes dans un espace convivial de proximité. Après ces lectures, l’envie de repartir pour un nouveau voyage était bien réelle.

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21 mars 2007 3 21 /03 /mars /2007 08:52
Une soirée pour présenter la nouvelle production du label de Tradsch Miousic Productions, 15 rue Georges Jacquet, 38000 Grenoble
 
Le 9/03/2007 au 145 à Grenoble

Première partie :
Norbert Pignol, bien connu de la scène traditionnelle grenobloise, s’est extrait pour cette soirée de Dédale et Obsession pour prendre le costume du tisseur de musiques. L’accordéon en bandouillière, il entre et sort de scène pour tisser entre les univers des passerelles éphémères. Mais s’il a tendu le fil entre les genres proposés, il a encore chemin à faire pour être meneur de fête. Sa présence manque d’un brin de théâtralité. On sait que si ses doigts courent aisément sur le clavier, et ce depuis longtemps, ses mots restent timides.
Eléments discographiques :
-  2003 : Vapeurs Troublantes
-  2004 : Féline
norbertpignol.mustradem.com

Duo de vielles TARABISCO :
Formation spontanée et originale, les grenoblois de Duo Tarabisco revendiquent une vision moderne de la vielle à roue, qu’ils ne souhaitent pas cantonner à la musique traditionnelle. Baignés dès le départ dans le milieu du Folk, Fabienne Déroche et Emmanuel Flacart se nourrissent de leurs nombreuses expériences scéniques pour composer une musique vivante, puisant dans le jazz, le classique et les musiques du monde.
Ils nous proposent un tarabiscon de gammes en frottés et crissés, dans un temps imaginaire de balade au bord d’un étang par nuit de brumes. Pour qui ne connaît pas l’instrument du diable qu’est la vielle, sachez qu’il faut, pour manier cette coque, ne pas être agité car il est souvent nécessaire de réaccorder la belle qui se joue du musicien et le mène à sa guise ! Elle est coquine, maligne, et lorsqu’elle entre en pâmoison, les cordes frottent et les notes se tordent. C’est la danse chenille qui déroule son fil. Entrez en vibrations !
Norbert s’installe aux côtés des deux vielleux pour fricoter côté musique savante, avec de temps à autre un emprunt aux résonances d’églises qui enflent et s’échappent vers l’abstraction...

Scott Taylor :
Accent américain, lunettes rondes et bonhomie ironique, ScottTaylor allie une parfaite maîtrise de son instrument - l’accordéon - et une créativité débordante. Egalement chanteur, tromboniste et flûtiste (entre autres), ce touche-à-tout installé entre Paris et la Bretagne multiplie les projets personnels et les collaborations, notamment sur scène aux côtés des Têtes Raides de 1993 à 1997. Avec l’atelier Grandélire, fondé à Brest avec le percussionniste Kerfi, il propose un mélange loufoque, savant et festif aux nombreuses trouvailles jubilatoires. Eléments discographiques :
-  2004 : Biscotte
-  2005 : Epave de Pwasson
-  Atelier Grandélire
Il est une sorte d’homme orchestre, double comme l’est sa musique qui a plusieurs entrées non point successives mais en un même temps, comme pour brouiller les cartes. Au coeur de la basse-cour, chant et sifflonade pour gagner la grand route, les deux mains dans les poches, allant vers nulle part. Il se plaît à dérouter l’écoute sage et a torsader le bi en brouillant l’écoute, en brouillant les sons. Il détourne, prend contours, contours de cette rengaine si souvent entendue, si souvent chahutée, en fait une java de hasard aux allures de manège de fin de nuit, quand chacun rentre chez soi et que le vent souffle poussant ceux qui s’attardent... L’orgue tait maintenant ses trompes.
Quand Norbert Pignol se joint à lui, c’est pour un voyage en amplitude de notes qui s’échappent sur la voix qui flirte avec les graves. Comme deux danseurs, ils se surprennent l’un l’autre et enchâssent leurs musiques en houppes lentes et aussi chaloupées.

Delphino :
Seul habitué des murs de ce théâtre qui résonne des paroles et flonflons des Barbarins Fourchus. Comme le démon en boîte, il sort et crache ses mots planqués sur la feuillade posée sur "le grand pupitre fait pour les gros mots".

Deuxième partie :Pusse :
Cette compagnie est basée à St Etienne (42).
Ca commence fort : on est immédiatement propulsés dans un univers trash, avec collants à têtes de mort et son râpeux de la langue allemande. Le rythme et le ton sont donnés. Ca sent le suif, ça sent le souffre ! Le batteur danse et marque le tempo en se flagellant avec un martinet tandis que nous passons de la gravité à la Tom Waits à la musicalité de la voix de la chanteuse lorsqu’elle flirte avec les aigus et que la poésie frissonne sous le masque du chanteur tatoué. On note une présence forte des basses qui vibrent les tympans dans une sorte d’avancée de corbillard entre les allées d’un cimetière. Sont-ce des morts vivants ou des vivants morts ? La musique se désorganise de temps à autre et la voix vibre en scie musicale. C’est étonnant, dérangeant sans doute, grinçant parfois, touchant aussi. Un voyage marqué du sceau d’un groupe qui ne laisse pas indifférent. La réserve qu’on pourrait y mettre : le volume instrumental qui évince parfois les couleurs vocales et les textes. Serait-ce forcément inséparable du style ? A méditer.
Discographie :
-  1998 : Soupir Léger
-  2002 : Madame Silence
-  automne 2007 : sortie de leur nouvel album
pusse666.free.fr

Fallait-il chercher une cohérence dans cette soirée ? Il ne s’agissait pas d’une histoire à un fil mais d’histoires séparées et croisées en un temps.

Les Barbarins Fourchus, Théâtre 145, 145 cours Berriat, 38000 Grenoble Tel : 04 76 49 53 38 Mèl : nicolas@barbarins.com - web : www.barbarins.com www.myspace.com/barbarinsfourchus

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19 mars 2007 1 19 /03 /mars /2007 17:15

Compagnie : Les piétons Vu à Ilotopie (Port Saint-Louis : 13)., 

Le spectacle était présenté dans le cadre d'une fin d'atelier. Il n'est pas encore terminé car la compagnie a encore une résidence de 2 semaines.

Mais déjà la construction très originale du spectacle est apparue : 3 m3 de déchets allant du vieil arrosoir en passant par la bicyclette, le vieux tableau de la grand-mère et le renard empaillé.

5 acteurs, chanteurs, musiciens se saisissent de ces déchets et leur redonnent un sens : tour à tour instruments de musique, vecteurs de communication ils reprennent vie petit à petit ...chacun trouvera une place dans le décor final, SA place , les uns s'appuyant sur les autres dont ils ne peuvent se passer.

Métaphorique et imagé le spectacle est aussi très vivant....textes déclamés, vieilles cartes postales lues, styles musicaux différents ponctuent l'évolution jusqu'à ce que ,oh surprise, tout devienne cohérent.

Le message écologique est illustré mais aussi clairement énoncé sous différente formes dont la poésie n'est pas absente.

Cette première approche donne vraiment envie de voir le résultat final où la mise en scène devrait encore être affinée ainsi que la sonorisation et les performances vocales...à suivre.

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14 mars 2007 3 14 /03 /mars /2007 11:50

Alain Dumas, conteur, invité par le Petit Théâtre, salle des fêtes de St Michel sur Rhône (42), le samedi 10/03/2007, pour l'édition du Printemps du conte. Séance pour tout public à partir de 6 ans. Le choix de la programmation a été fixé par l'équipe du Petit Théâtre.

Déjà vu dans le contexte du Théâtricule de Vienne (Tel/Fax : 04 74 31 75 99 ; Port : 06.09.10.47.13 ; Mèl : theatricule@yahoo.fr), il propose des récits entrés en tradition qui ont cheminé en lui et ont trouvé leur(s) voix.

Un fond de scène noir, un espace intime, voilà donc le lieu du conteur prêt à inviter les histoires à entrer en piste. Alain Dumas est de noir vêtu, sobre, comme s'il était économe de ses gestes et préférait nous conduire dans l'imaginaire par les mots ou leur laisser tout bonnement tracer chemin. Le visage d'Alain Dumas s'anime, ses mains se portent sur le tambour qui chante la mer, l'ocean-drum, et le voyage peut commencer. Il y a cette succession de voies qu'emprunte le diseur : on y danse pour faire reculer la montagne et son ombre ; on survole la terre avec la tortue jusqu'à ce qu'elle pêche par orgueil et sombre dans l'oubli ; on tremble devant le loup qui hurle sa faim mais on se rassure vite lorsque sa force se heurte à l'ingéniosité des animaux convoités qui usent de subterfuges... Tromperie(s), croyance(s)et apparence(s), flatterie(s) et vexation(s) se mêlent sans que les histoires se mélangent entre elles. A chacune son moment. C'est le sens des choses que l'on peut y voir et le fil que l'on suit, pas à pas jusqu'à ce que le raconteur fasse déboucher ses dires sur un récit merveilleux et chevaleresque où la princesse aux prises avec le méchant dragon est enfin délivrée par quatre frères qui ne veulent que parce qu'ils agissent ensemble.

Et Alain Dumas d'en parler en ces termes : "Le conte merveilleux agit à des endroits différents de notre être que les autres contes, il a des fonctions différentes, aussi je le conte toujours en dernier. Nous pourrions dire que mon objectif est de contacter le conte merveilleux dans toute sa splendeur, dans toute sa force, dans toute sa merveille pour qu'il parle au plus profond de soi, sans même le savoir et sans être certain que tout ceci est au rendez-vous..."

Il ne fait pas de grands effets de manches et laisse les contes s'emparer de lui pour mieux les servir. Une approche nuancée et tout en modestie propice à une écoute attentive pour auditoire restreint, où l'uitlisation de l'ocean-drum pourrait encore être plus intégrée, fondue dans la proposition qui est faite, afin qu'il soit comme un prolongement de l'univers de l'artiste. Le vent, ce jour-là, après avoir été très bavard, a chaussé ses bottes de sept lieues pour continuer sa route et entrer dans d'autres oreilles !

Petit Théâtre :

Mèl : TheatreCie@aol.com

Tel : 04 74 87 45 27

www.TourismePilat.com

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7 mars 2007 3 07 /03 /mars /2007 12:59

à l’Amphithéâtre de Pont de Claix

Un spectacle sur le site des ateliers de Marianne :
avec comme lancement des photos-reportage projetées sur écran, issues d’un travail mené par un photographe, Klavdij Sluban
3 scènes, 3 caravanes, 3 brèves de vies, conçues à partir d’écrits d’enquête d’un sociologue, André Peyrache :

    * 1 fils qui a quitté le campement revient voir son père
    * un couple entre pelures d’oignons et préparation de la légion d’honneur du père
    * une grand-mère et sa petite fille avec pour chacune une route dans la tête
Les spectateurs, divisés en 3 sous-groupes, passent d’un espace à l’autre.

La scène qui m’a le plus touchée et que j’ai trouvée fort bien interprétée, c’est celle de "Prestige" de Pauline Sales, mise en scène par Eric Massé. Le balancement, l’hésitation, la recherche de soi dans cet univers des roulottes qui ne roulent plus était fort bien rendu par le sol de mousse sur lequel les deux personnages évoluaient. La proximité des corps et des visages installait et rendait crédible et humaine la relation entre ces deux filles-femmes. Moins convaincue par le dialogue de "Amérique" d’Emmanuelle Marie mis en scène par Louis Bonnet. Je ne sais pas à quoi c’est dû : les expressions employées ? le jeu des acteurs ? Le sujet était pourtant là, mais il manquait l’incarnation, la rencontre réelle. Quant à "Carcan et flèches" de Fabrice Melquiot mis en scène par Gilles Granouillet, le doux-amer du jeu en miroir m’a fait sourire mais je ne me suis pas laissé complètement gagner par ce qui était au coeur du discours, ou du moins en fond : la tristesse, la joie et les petits bonheurs à prendre vite parce que demain...

Bonne idée que celle d’investir un lieu comme les ateliers de Marianne et de faire déplacer les spectateurs. Cependant, si la proximité des scènes faisait qu’on entendait ce qui se passait ailleurs et si la rue et ses bruits-mouvements avaient forcément une incidence sur l’écoute du spectateur, j’ai trouvé dommage que ça ne soit pas utilisé, inséré dans le jeu. Les caravanes de ceux qui vivent sur ces terrains-là ne sont pas des bulles ouatées et leurs minces parois laissent "filtrer" et pénétrer l’extérieur. Alors, pourquoi ne pas en jouer et le faire ressentir ? Les acteurs étaient à mon sens trop centrés sur ce qu’ils jouaient et ne prenaient pas en compte cette dimension pourtant inhérente à la vie des gens dont ils parlaient. Mais peut-être était-ce un parti pris de metteurs en scène...
De même, pourquoi la série de photos projetées s’est-elle faite tout en bloc alors qu’il y avait des moments d’attente entre les scènes et qu’elles auraient pu tourner en boucle et être vues comme quand on passe, sans s’arrêter, aux abords d’un camp... ?
Je pense également que la déambulation n’a pas été assez réfléchie et exploitée, qu’elle aurait pu être davantage intégrée à l’histoire qui nous était donnée à voir

www.amphitheatre-pontdeclaix.com

 
   
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7 mars 2007 3 07 /03 /mars /2007 12:54

A la Guinguette à Fontaine (38)le 20/10/2006

www.scene-en-vie.org

Muriel Roux, comédienne
Benoît Kopniaeff, metteur en scène
Jean-Christophe Crapiz au piano

Une comédienne en scène, qui balaie du regard la salle et passe de table en table, souhaitant un bonsoir. Une manière, je crois, de percevoir un brin de ce que les gens promènent avec eux pour s’en saisir ensuite : qu’il s’agisse d’une oeillade, de l’approche d’un corps, d’un petit tour de danse... Le temps du théâtre s’égrenne déjà sans qu’il en soit encore tout à fait question.

Puis vient le temps de dire, de "se" dire, comme on va à confesse, comme on se dit à soi. Les visages croisés rappellent des gens d’une vie, les moments du sourire ou du coeur qui se pince. Mais de derrière le bar, la comédienne, regard au front, lâche les mots de la guerre, celle qui fut la première du siècle d’avant le XXI, avec combats sanglants alors que sur l’arrière, les femmes tiennent les rennes pour mitraille et canons.

Sur fond de canardage, tandis que roule piano, elle rencontre Landru et échappe de peu aux fumées de ces vies tenues entre ses mains.

On est dedans-dehors, et pris par son regard, la gouaille des mots d’avant, même si ceux-là parfois nous demeurent obscurs. Un temps bien révolu, loin de la niaiserie.

Entre pudeur, amours qu’elle a cherchés, peut-être même trouvés ou auxquels elle a cru, ne serait-ce qu’un temps, et impudeur de soi, elle livre tout à trac.

La musique reste en touches, en minces tranches jouées de loin, comme sont loin aussi, laissés là-bas au pays cul-terreux, ces deux fils oubliés, pas vraiment désirés qui rappellent leur existence au jour même de leur mort, tombés au front de guerre qui n’est plus la première mais a numéro deux.

Dans la salle confinée, il y avait plaisir et gêne bien mêlés, des spectateurs d’un soir en personnes incarnées. Tout un siècle traversé : un petit siècle en somme.

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