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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
Vous y trouverez l'ensemble des commentaires de nos correspondants sur les spectacles qui ont été vus. Ce service est en ligne en accès libre depuis février 2007.
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Mode d'emploi...

Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

19 février 2020 3 19 /02 /février /2020 16:58
Monsieur O
Monsieur O

Spectacle produit par la Compagnie Volubile (07) vu le 15 février 2020 à 11h à l’Espace Robert Hossein de Grans dans le cadre du Festival Les Elancées.

 

Auteur : Sylvain Julien

Mise en scène : Fleur Sulmont

Comédien : Sylvain Julien

Genre : Clown

Public : tout public à partir de 5 ans

Durée : 30 minutes

 

Le spectacle se déroule sur le parvis de la salle. Les enfants s’assoient par terre, les adultes sur des bancs ou restent debout.

Monsieur O entre en scène, tout de bleu vêtu. Des cerceaux rouges sont posés au fond.

Monsieur O parle aux enfants, les traite comme des compagnons, interagit avec eux. Les numéros s’enchaînent : danse, expression corporelle, performances, humour, poésie, un peu de magie, interaction avec le public, dérision, … et l’ensemble tout en délicatesse.

Malgré la mauvaise visibilité liée au lieu, tous - petits et grands - sont captés. Les enfants réagissent beaucoup. On rit. Nous avons passé un bon moment. Comme dit Monsieur O :

  • « ça ne sert à rien, ça fait juste du bien ! ».

Clin d’œil du lieu : le spectacle se déroule sous les insignes de la République qui font joliment écho aux couleurs du spectacle.

 

Maren Scapol

 

 

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12 février 2020 3 12 /02 /février /2020 18:15
Strach for a fear song
Strach for a fear song

Spectacle produit par la Compagnie « Théâtre d’un Jour » (T1J/ Belgique), vu le 8 février 2020 au Théâtre de la Colonne à Miramas dans le cadre du Festival Les Elancées.

 

 

Auteur et Mise en piste : Patrick Masset

Avec : Chanteuse : Julie Calbete, Circassiens : Airelle Caen en alternance avec Alice Noël, Guillaume Sendron, Denir Dulon

Genre : Cirque contemporain

Public : tout public à partir de 14 ans

Durée : 1H05

 

Au Théâtre de la Colonne, les gradins ont été démontés. A la place se trouve un chapiteau. Ou est-ce une yourte géante ? Blanc à l’extérieur, des bâches noires recouvrent l’intérieur de la structure en bois. La piste est petite, environ 5 mètres de diamètre et entourée de bancs en bois. Des lustres baroques dénotent singulièrement dans cette ambiance.

Les artistes se sont mêlés au public. Une ambiance de proximité se crée immédiatement.

Cirque onirique ou opéra circassien ? Je ne saurais le dire. Nous sommes embarqués dans l’histoire d’une fillette avec ses cauchemars et le cow-boy rouge qui vient la sauver. Les différents tableaux se succèdent, enveloppés par la merveilleuse voix lyrique de la chanteuse qu’accompagne un pianiste sur scène. Voix lyrique, mais chansons du monde qui créent une ambiance originelle.

Performances physiques, acrobaties, masques, une marionnette, maquillage, bruitages, quelques rares paroles, …. tous les accessoires et effets sont parfaitement au service de la pièce.

Les artistes jouent avec les spectateurs. Ils jouent avec nos émotions. C’est puissant. Puissant dans la peur avec les loups, puissant dans la surprise quand les artistes reviennent subitement dans le public, puissant dans la performance artistique pleine de complicité dans les numéros de portée. Les corps se touchent, se séparent, s’imbriquent, virevoltent, sont bringuebalés.

Le public adore, tout le monde est debout pour trois rappels. Pour moi, le seul b-mol est cette teinte d’angoisse d’une bonne partie du spectacle.

 

Prix du meilleur spectacle de cirque, prix de la critique 2018.

 

Maren Scapol

 

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11 février 2020 2 11 /02 /février /2020 22:29
"l'oeil de la maison des journalistes"

"l'oeil de la maison des journalistes"

Crocodiles

Un spectacle produit par la compagnie Barbès 35 (89) et vu au nouveau théâtre de Montreuil  le 11 février 2020.

 

 

Texte : Fabio Géda

Mise en scène : Cendre Chassanne, Carole Guittat

Comédien : Rémi Fortin

Genre : Théâtre

Public : tout public à partir de 9 ans

Durée : 55 minutes

 

Que de nouveautés pour moi avec « Crocodiles » : les retrouvailles avec le théâtre jeune public que je n’avais pas fréquenté depuis que mes filles en avaient passé l’âge ; la découverte de la jolie annexe du Nouveau Théâtre de Montreuil ; une représentation en matinée ce qui n’est guère dans mes habitudes. Que ne ferait-on pour l’Adadiff ! De fait, « Crocodiles » en valaient vraiment la peine !

 

« Crocodiles » raconte l’histoire authentique d’Einat, jeune migrant isolé par la force de son statut d’afghan de l’ethnie Hazara et menacé à ce titre d’être réduit en esclavage par les Talibans et les Pachtounes. A 10 ans, sa mère le fait passer clandestinement au Pakistan puis le laisse accomplir le terrible périple qui nous est compté et qui le mènera en Italie auprès d’une famille d’accueil.

Sans occulter la dureté de la réalité, les mots sont accessibles et à hauteur d’enfant. Les crocodiles qui donnent le titre au spectacle sont précisément ceux qu’un jeune compagnon d’infortune d’Einat appréhende de rencontrer lors de la Grande traversée. Et la poésie s’immisce dans le regard toujours émerveillé de l’enfant malgré et contre la survie.

La mise en scène, par son économie de moyens, respecte à merveille ces qualités. Le comédien évolue dans une travée centrale qu’encadrent deux volées de gradins disposées en frontal. Au-dessus de chacun, un écran permet de voir les noms des pays traversés, d’Est en Ouest, telle une carte. Ils sont aussi le support de projection d’images de paysages ou de scènes de rue captées aux 4 coins du monde. Pour compléter le dispositif, il y a également deux petits praticables comme autant de petits promontoires pour voir où l’on est et une couverture de survie dont je tairais l’usage mais qui est du plus bel effet.

Le comédien, Rémi Fortin, par son aspect juvénile et gracile campe un jeune Einat des plus crédibles. Son phrasé est tantôt doux et imagé, tantôt fiévreux et inquiet.

 

« Crocodiles » est un superbe spectacle, engagé, pédagogique, poétique et théâtral. Personnellement, je souhaiterais pouvoir le montrer à mes élèves de 4°qui étudient, en géo, les migrations.

Catherine Wolff

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8 février 2020 6 08 /02 /février /2020 00:32
Christophe Raynaud de Lage

Christophe Raynaud de Lage

On n'est pas là pour sucer des glaces

Un spectacle produit par le CNAC (51) et vu à la Villette le 7 février 2020.

 

 

Mise en piste : Galapiat Cirque

Circassiens : Fernando Arevalo Casado, Davide Bonetti, Demain Bucci, Carlo Cerato, Noémi Devaux, Hector Diaz Mallea, Aurora Dini, Darianne Koszinski, Sebastian Krefeld, Marica Marinoni, Ivan Morales Ruiz, Oskar Norin, Pablo Peñailillo Soto, Anton Persson, Maël Thierry, Céline Vaillier

Genre : cirque contemporain

Public : tout public

Durée : 1H30

 

 

Assister à une représentation de la dernière promotion du CNAC, c’est la garantie de prendre un grand bain de jouvence, plein d’énergies, de trouvailles ludiques, d’audaces circassiennes. Distraite, j’ai manqué une première soirée après avoir confondu les horaires. J’ai persévéré pour me rattraper (un grand merci à mon interlocutrice de La Villette). Je n’aurais peut-être pas du !

 

Dans un tel projet, toute la difficulté réside dans le fait de conjuguer le collectif de la promotion et la promotion de chacun des jeunes artistes. En ce sens, la mise en scène a, de mon point de vue, failli. J’ai détesté le collectif. La narration oscille entre une « teuf » déjantée et une répétition de cirque. Soit la piste est vide et on s’ennuie ferme comme dans cette interminable ouverture qui montre un jeune circassien, chaussé de blocs de glace et empêtré dedans. Soit la piste est pleine des 16 jeunes gens -11 hommes et 4 femmes- et on ne voit rien des différentes disciplines. Précisons simplement que ces scènes collectives qui constituent l’essentiel de la soirée sont très axées sur la danse (plutôt hip hop) et donnent la parole à quelques jeunes qui se défendent bien dans ce registre.

C’est dans les rares numéros individuels que le spectacle brille : un duo en roue cyr, époustouflant de poésie ; un dialogue magique entre deux trapézistes volants et deux acrobates de bascule coréenne ; un imaginaire fabuleux en jonglage. Je regrette que l’équipe du Galapiat Cirque, auteur de la mise en piste, ne soit pas partie de cet incroyable jongleur, Carlo Cerato, pour construire sa narration. Les autres circassiens n’en sont assurément pas moins doués. Seulement, à chaque fois qu’ils entament une performance, elle se trouve systématiquement parasiter par une intrusion scénique.

 

A part les quelques moments de grâce mentionnés ci-dessus, auxquels je rajouterais le petit intermède musical entre un violon et un  mini-arrosoir manipulé comme une marionnette, le spectacle n’a pas répondu à mes attentes. J’en avais peut-être trop du reste, entre un bon papier que j’avais lu par ailleurs et mes propres élèves qui ont découvert le spectacle hier soir et qui l’ont aimé. A titre personnel, je n’étais peut-être pas dans les meilleures dispositions aujourd’hui. Je note néanmoins que le public, chaud bouillant au début, l’était déjà beaucoup moins à la fin.

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7 février 2020 5 07 /02 /février /2020 13:58
La convivialité - La faute de l'orthographe
La convivialité - La faute de l'orthographe

Un spectacle produit par la Cie Chantal & Bernadette (Belgique) ​vu au théâtre des Halles à Avignon le 6 février 2020

 

Textes : Arnaud Hoedt et Jérôme Piron

Mise en scène : Dominique Bréda, Arnaud Pirault et Clément Thirion

Comédiens : Arnaud Hoedt et Jérôme Piron

Genre : Tout public, à partir de 8 ans

Durée : 1 heure

 

 « On juge votre orthographe mais on ne juge pratiquement jamais l’orthographe elle-même… » L’introduction à cette  conférence-spectacle pop et iconoclaste interpelle ! Et ce sont Arnaud Hoedt et Jérôme Piron, anciens profs de français, qui vont donc nous éclairer sur les absurdités de l’orthographe  française ! Ils nous révèlent (si nous ne le savions déjà…) que notre norme orthographique est souvent arbitraire, reposant sur des règles pour le moins…nébuleuses. Ces deux belges captivants  nous proposent un spectacle vraiment drôle, on rit tout en apprenant : pourquoi un « s » à groseilles quand elles sont en confiture et pas de « s » lorsqu’elles sont en gelée ? Réponse de nos « profs » : la présence du « s » dépend du temps de cuisson …

Spectacle érudit, drôle, qui titille les méninges, « La Convivialité ou la faute de l'orthographe » fait du bien  et remet en cause nos certitudes  sur  l’enseignement de notre langue. Je ne dévoilerais pas le texte de la dictée que nous ont fait rédiger nos deux  conférenciers en début de spectacle. Elle est l’essence même de la réflexion : traduire le son par le signe, libre de toute morale, serait-ce la conclusion ?

On rit beaucoup, stupéfaits face à des absurdités qualifiées de « subtilités » par une Académie qui révèle une vraie ressource comique. Courez voir ce spectacle !

 

 

 

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5 février 2020 3 05 /02 /février /2020 09:52
De quoi hier sera fait
De quoi hier sera fait

Spectacle produit par la Compagnie // Interstices (34) et vu au Théâtre des 13 vents à Montpellier, le 21 janvier 2020.

 

Mise en scène : Marie Lamachère       

D'après un texte de : Barbara Métais Chastanier                 

Comédiens : M. Hallouin, E. Hériteau, J. Maignan, M. Muzammal Hossain Soheb, L. Riffault, D. Valero , R. Zaatour                                  

Genre : Contemporain                                                                               

Public : Tout public                                                                                     

Durée : 2h20

 

 

La pièce est une aventure Anarchico-écolo-collapsolo-sociale dans laquelle un melting-pot de comédien-ne-s répondent à nos problèmes sociétaux à leur façon.

 

Les comédien-ne-s parlent des langues différentes (bangla, occitan, français, arabe, québécois) et ce faisant, nous comprennons leur singularité et culture. Ce melting-pot de personnages arrive à représenter une micro-société inclusive. Leur avis sur le monde divergent avant de trouver un terrain d'entente : la vie communautaire.  

 

 

La scénographie est fournie et les supports visuels/sonores sont nombreux et pourtant peu utilisés à mon goût. Le "nid de roseaux" : une grande installation en fond de scène aurait mérité d'être plus mise en valeur. A contrario la projection (de vidéos, blogs etc.) est un peu envahissante à mon goût et ne sert pas toujours le propos. Par exemple la vidéo "éco-anxiété" est noyé dans d'autres discours et perd en importance alors qu'elle mériterait une réelle discussion.

 

J'ai aimé qu'on me parle de l'abandon des villes, du privilège blanc, d'écologie prise en compte, de relation avec les autres... Cependant, il m'a plutôt semblé avoir affaire à une fiction qu'à notre possible futur et cela m'a questionné : vais-je donc au théâtre pour voir la réalité, pour rêver, pour cet entre-deux ? Ce qui est sûr c'est que cette pièce mène au débat : Allez-y en groupe !

 

A.F

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29 janvier 2020 3 29 /01 /janvier /2020 23:17
Photo: Victor Tonelli

Photo: Victor Tonelli

Dépôt de Bilan, de la compagnie « La gueule ouverte » (69) vu le 25 janvier 2020 à 20h30 aux « Trois soleils » . Première Sortie de résidence portée par le lieu.

 

Un spectacle de et avec Geoffrey Rouge-Carrassat

Collaboration artistique : Emmanuel Besnault

Création lumière : Emma Schler

Genre : Théâtre
Public : Tout public à partir de 14 ans
Durée : 1h00

Dans une salle comble, je suis venu découvrir le travail de ce jeune homme talentueux dont nous avions pu suivre les deux premiers spectacles « conseil de classe » et « Roi du silence » qui ont remporté un franc succès en 2018 et 2019 sur le Off d’Avignon. Après les thèmes de la jeunesse et de l’éducation puis celui des relations intimes, il nous propose celui de la « valeur » travail.

Sur le plateau avec un amas de tréteaux et de mannequins, un homme nous raconte sa vie et son rapport au travail. Il travaille trop mais il aime ça. Il nous parle avec un débit et une diction parfaite de cette vie qu’il s’est choisie, employé de bureau puis patron, qui s’investit toujours plus, dans un secteur d’activité qui n’est pas précisé mais qui laisse à chacun le loisir de se projeter ou d’imaginer.

Car cette confession intime, à la fois très caricaturale et très réaliste, dépeint un personnage qui souffre, soumis à toutes les pressions extérieures et qui s’est réfugié dans la performance, dans le « toujours plus » du monde du travail, dans cette réelle addiction, pour fuir d’autres réalités moins simples pour lui, car plus humaines : sa femme, ses enfants, les relations aux autres, le regard des autres…

La mise en scène est sobre et efficace, reposant sur la manipulation des objets sur scène, marque de fabrique de la compagnie. Le texte est dense mais limpide, drôle et incisif. Il nous confie que « M’amusez ne m’amuse pas » et qu’il organise des « Barbecues de convivialité » pour que ses employés soient heureux car un salarié heureux est plus performant. Sans rentrer dans une analyse politique néo-libérale de la « valeur » travail, il met en avant l’intime qui fait qu’un homme simple se transforme en bourreau de travail.

Heureusement, une interview entendue de Pierre Soulages (l’homme du noir lumineux, sûrement pas un hasard...), l’amène à une prise de conscience salutaire sur sa façon de voir la vie. Peut-être est ce là justement la valeur de l’art ?

Une première pleine de promesse pour ce spectacle qui vient clore une trilogie informelle autour de l’humain. Notez bien ce nom, Geoffrey Rouge-Carrassat, artiste multi-formes et généreux, qui semble transformer en or tout ce qu’il touche et qui aime sûrement beaucoup son travail.

 

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27 janvier 2020 1 27 /01 /janvier /2020 14:54
It Dansa
It Dansa

Spectacle produit par le Trait d’Union (16) et  vu à Avignon, à l'Opéra Confluence, le 26 janvier 2020.

 

Chorégraphie : Catherine Allard

Genre : danse contemporaine

Danseurs : Beth Andrews, Ange Clementine, Albert Carol, Marc Comellas, Leonardi Farina, Aleix Labara, Ioar Labat Bernio, VenetiaJia Yee Lim, Alexander Lopez, Jaume Luque, Berta Marti, Gaizka Morales, Elisabet Morera Julia Razquin, Nora Svendsgard, Ursula Urgelès. Apprentis Gloria Garcia et Yamil Ortiz.

Public : tout public

Durée : 1h50  entractes compris.

 

« It dansa » est une compagnie  composée de  jeunes danseurs internationaux et qui s’inscrit dans le cursus d’études post-universitaires de l’Institut del Teatre de Barcelone. Catherine Allard dirige la compagnie depuis 1997. Les spectacles, conçus avec une extrême exigence et une  grande qualité artistique, sont défendus avec talent, fougue et impertinence par tous ces jeunes interprètes.

 

Quatre tableaux sont présentés et deux ont particulièrement retenu mon attention. Le premier, « Kaash » d’Akram Khan, est rythmé par des tambours entêtants et la sublime synchronisation des danseurs en sarouels noirs, au style primitif et puissant dans une chorégraphie parfaite ; celle-ci illustre le désir du chorégraphe de construire des ponts entre danse contemporaine et danse kathak indienne.

Le second, « In memoriam », est une pépite signée Sidi Larki Cherkaoui. Ce sont 10 minutes de perfection. Trois danseurs explorent avec un très grand talent le thème de l’attraction-répulsion. Ils sont accompagnés par la polyphonie corse d’A.Filetta.

 

Ce spectacle, dans son ensemble, m’a offert un moment de danse contemporaine inoubliable.

 

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27 janvier 2020 1 27 /01 /janvier /2020 12:00
Et si vous y croyez assez, peut-être il y aura un poney
Et si vous y croyez assez, peut-être il y aura un poney

Spectacle produit par le Détachement International du Muerto Coco c/o Lo Bol (13) et vu au Théâtre des Halles à Avignon le vendredi 24 janvier.

 

Mise en scène : Maxime Potard

Comédiens : Raphaëlle Bouvier et Roman Gigoi-Gary

Genre : théâtre

Durée : 1 h

Public : tout public

 

Ces deux là nous parlent de magie mais avec une écriture personnelle et décalée, une voix amplifiée et des extensions électroniques spectaculaires qui témoignent des questions de nos « magiciens » d’un soir sur les conventions théâtrales. Ils nous feront découvrir un univers bien à eux avec du slam rempli d’humour, des blagues potaches, passant du grand sérieux à la fantaisie pure. Nous sommes happés dans leur filet poétique : c’est un moment jubilatoire de gouaille, de magie, de lecture bourrée de poésie, gai et très léger. Dans un univers surréaliste, drôle, voire perché, le duo nous réserve quelques tours et pas mal de surprises. 

Nous n’avons pas vu le poney, mais le lapin y était…

 

 

 

 

 

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12 janvier 2020 7 12 /01 /janvier /2020 23:27
Amandine Nandrin

Amandine Nandrin

En chemin

Un spectacle produit par Cie SIC.12, La «S» Grand Atelier (B) (13) et vu au Théâtre des Halles le 22 novembre 2019.


Conception et mise en scène : Gustavo Giacosa

Comédiens : Kostia Botkine, Fausto Ferraiuolo, Gustavo Giacosa, Akira Inumaru, Philippe Marien et Francesca Zaccaria
Durée : 1h05
Genre : Théâtre tout public

Se mettre en chemin, être en chemin, être un chemin, aller vers, aller contre, s'avancer, avancer. L'oeuvre de Gustavo Giacosa place le destin à la croisée de l'individu et du mouvement dans une succession de tableaux oniriques, un voyage vers la pureté.

Ce n'est pas vraiment l'histoire d'un pingouin rejeté par une famille de pingouins et ce n'est pas non plus l'histoire d'un humain rejeté par une famille d'humains qui met un masque de pingouin pour trouver une famille de pingouins. Ce n'est pas vraiment dans sa tête et ce n'est pas vraiment pour de vrai. Rien n'est vraiment définitif, tout est en route - dans l'esprit du spectateur comme dans celui du personnage principal. Ne pas immerger le public dans une intrigue définie, c'est donner libre cours à toutes les possibilités poétiques de la scène. Qu'y a-t-il au plateau ? De la danse, du piano, de la pantomime, des tissus, des formes et du mouvement. L'apparition de la vierge fait suite au pool dance, le pingouin ne parvient pas à s'intégrer dans un repas de famille mais rencontre une tortue. Les langues se mêlent, les face-à-face émerveillent. « En Chemin » est une collection de moments humbles et justes dans leurs intentions.

La mise en route n'est cependant ni naïve ni gratuite. Le jaillissement répond à l'urgence de dire, de partir, de rejoindre. Le combat n'est pas gagné d'avance : il faut tenter de trouver le lieu ou l'état où l'on a le droit d'être soi-même, il faut donc aussi se trouver soi-même et faire le pari d'un accord possible. L'individu est en manque d'identité, d'altérité, et ce manque appelle nécessairement une réponse. Les cauchemars affluent, dissipés par des lumières inattendues, une main sur une épaule ou un regard profondément adressé. Le chemin n'est pas une fuite mais la difficile progression d'un personnage vers nous. Comment rester indifférent face à l'espoir d'harmonie ? À notre tour de nous mettre en route vers celui qui cherche une place à nos côtés, et par là-même de nous changer, de nous étendre.

Quoi de plus politique qu'un spectacle qui nous désarme face à l'Autre, et nous prépare à l'accueillir ? Ce théâtre agit humblement, loin d'une complaisance prétendument politisée vouée à ne pas dépasser la simple revendication. J'avoue avoir eu quelques à priori à ce sujet. Certains comédiens sont en effet en situation de handicap. J'avais peur d'assister à un spectacle « concept » où ces comédiens auraient été instrumentalisés, réduits à leur handicap. Je suis heureux d'avoir été détrompé. Les comédiens sont tous présents en tant que tel et au même titre. Leur travail se nourrit d'expériences et d'attentes singulières, sans hiérarchisation. Et quoi de plus universel que cette question, précisément, de la différence et de la singularité ?

Un très beau bord de scène a suivi la représentation. La rencontre entre le public et les artistes était d'un naturel confondant, dans un respect et une reconnaissance très pure de l'autre et de son travail. Le spectacle n'y était pas pour rien... Je le conseille à tous ceux qui espèrent la beauté d'un regard sincère qui confirme : « tu as le droit de jouir du sentiment d'exister ».

 

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