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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

20 mars 2022 7 20 /03 /mars /2022 23:48
groupe Zède

groupe Zède

Três

 

 

Un spectacle produit par le groupe Zède(51) et vu au Théâtre du Monfort dans le cadre du festival (des)illusions  le 18 mars 2022.

 

 

 

Conception et mise en scène: Antonin Bailles, Leonardo Ferreira et Joana Nicioli

Circassien : Antonin Bailles, Leonardo Ferreira et Joana Nicioli

Lumières : Anne-Sophie Mage

Genre : Cirque

Public : Tout public

Durée : 1H

 

Le Monfort propose depuis plusieurs années le Festival (Des)Illusions qui bouscule les frontières et offre de nouvelles passerelles entre le cirque, le théâtre et la danse. C’est l’occasion de découvrir des formes assez courtes avec des artistes confirmés ou au prélude de leurs carrières. Les conditions sanitaires m’ayant rattrapée, je n’ai pu assister qu’à l’un des deux spectacles prévus, le dénommé « Três ».

 

Dans l’offre riche et variée du festival, j’avais retenu « Três » pour le mât chinois, agrès que j’affectionne entre tous. Les deux premiers tableaux sont sidérants de beauté. Trois circassiens, deux hommes et une femme, torse nu, évoluent en amas organique au pied du mât. Dans une lumière rouge et en silence, les corps s’entremêlent dans le souci manifeste d’attraper la chose pour y monter. C’est très sensuel. Le second tableau n’est pas en reste. Sous une lumière froide cette fois, l’un des hommes entreprend une danse sur le mât. En symétrie, Madame suit la même chorégraphie sur son porteur, transformé en mât vivant. Voilà donc qui me laissait augurer du spectacle rêvé.

 Malheureusement, « Três », contrairement à ce que pouvait laisser imaginer le début, n’a d’autre fil narratif qu’une juxtaposition de tableaux, sans lien les uns avec les autres. L’un est  carrément incongru tant l’esthétique  grand guignolesque rompt totalement le ton sans qu’on en comprenne la finalité. La musique est criarde et ce que les circassiens gagnent en force, ils le perdent en grâce. Or à mon sens, la grâce est l’essence même du mât chinois. C’était cet agrès là que j’étais venue voir et j’ai finalement découvert en la personne de Léonardo Duarte Ferreira un extraordinaire acrobate-contorsionniste dont le corps massif ne laissait pas deviner à priori une telle souplesse.

 

 

Le festival (des)illusions est un festival original pour les amoureux du cirque. Je suis contente de l’avoir enfin honoré même si le spectacle vu, « Três », n’a pas répondu à toutes mes attentes.

 

 

Catherine Wolff

 

 

 

 

 

 

 

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20 mars 2022 7 20 /03 /mars /2022 22:16
2B Company

2B Company

Phèdre!

 

 

Un spectacle produit par 2B Company (Suisse) et vu au Théâtre de la Bastille le 16 mars 2022.

 

Texte : François Gremaud d’après Jean Racine

Conception et mise en scène: François Gremaud

Comédien : Romain Daroles

Genre : Conférence gesticulée, théâtre.

Public : Tout public

Durée : 1H 45

 

J’avais découvert F. Grémaud avec l’inénarrable « Conférence de Choses ». C’est donc avec enthousiasme que je suis allée voir « Phèdre ! » avec mon ami. Le spectacle a été à la hauteur de mes espérances et plus encore.

 

On retrouve dans « Phèdre ! » quelques incoutournables du travail de Grémaud : le temps minuté, la banale table de conférence, l’érudition, le seul en scène, la conférence gesticulée. Mais dans un louable effort de  renouvellement, « Phèdre ! » est  bien plus qu’une conférence gesticulée. C’est du théâtre, du théâtre dans le théâtre et une réflexivité sur le travail de comédien : bref, une triple mise en abyme.

Sous couvert de présenter le livre de François Grémaud « Phèdre ! », il s’agit de jouer ce texte qui est tant un résumé  de l’original de Racine, avec force citations, qu’une brillante analyse de texte. C’est à la fois d’une grande érudition et d’une grande loufoquerie ; c’est à la fois comique et tragique.

Le spectacle procède d’une incroyable économie de moyens. Le plateau nu est seulement habillé de la table déjà mentionnée et d’une moquette beige baignant dans une chaude lumière. Pour le reste, « il faut s’imaginer. On est au théâtre. On est là pour ça ». Pour seuls et uniques accessoires et costumes, le livre. Pour seul et unique comédien, le fabuleux Romain Daroles. Il campe tous les personnages. Il donne à chacun son identité par la voix et la position du livre. La confidente Oenone  a la gouaille d’une mégère du Midi tandis que Phèdre porte le livre sur la tête en guise de couronne et que Thésée semble avoir quelques connivences avec Rambo. Nulle vulgarité mais un procédé en marabout et bouts de ficelle. Une idée en appelant une autre, les calembours fusent : Thésée appelle un Taisez-vous et Jean Racine est le « j’en racine » un certain génie. Celui qui sait ménager ses effets et qui place le vers où tout bascule à la 827 ème place sur une pièce qui comporte en tout 1654 alexandrins.

A mesure que le livre et la tragédie avancent, Romain Daroles se métamorphose. D’abord grand échalas un peu benêt à l’image supposée de son auditoire qu’il interpelle volontiers, il finit par incarner chacun de ses personnages comme le ferait un très grand tragédien. La diction est parfaite, les silences admirablement amenés et l’émotion à son comble. A l’aune de cette performance, on pourrait croire qu’une partie du jeu est improvisée. Je ne veux vous spolier la fin. Sachez simplement que vous aurez l’occasion d’appréhender  le métier de  comédien dans son essence même.

 

« Phèdre ! » est un spectacle d’une grande intelligence, drôle, enlevé et pourtant minimaliste. C’est le meilleur cours de littérature auquel je n’aie jamais assisté. D’ailleurs, les lycéens présents dans la salle, avaient  l’air d’en penser tout autant. Fasse seulement que je puisse y ramener mes filles.

 

 

Catherine Wolff

 

 

 

 

 

 

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28 février 2022 1 28 /02 /février /2022 15:44
Petit Boulot pour vieux clown
Petit Boulot pour vieux clown

Spectacle produit par la compagnie Serge Barbuscia (84) et vu au théâtre du Balcon à Avignon le samedi 26 février 2021.

Création : Matei Visniec

Mise en scène : Virginie Lemoine

Interprétation : Serge Barbuscia, Richard Martin, Pierre Forest

Genre : Théâtre

Public : Tout public

Durée : 1h15

Trois vieux clowns patientent pour tenter d'obtenir une ultime représentation : un poste de « Vieux clown » dans un cirque dont on ne saura rien de plus qu'une annonce postée dans un journal. Dire qu'ils sont « has been » est une évidence, leurs costumes sont si miteux, leur maquillage si osé, leur posture si chancelante qu'on se demande bien ce qu'ils pourraient avoir à nous offrir encore dans le registre du rire et de la facétie.

Nos trois compères se connaissent bien : ils ont travaillé ensemble, il y a bien longtemps, dans le même cirque. Ils se congratulent, émotionnés par ces retrouvailles bien inopportunes : elles deviendront instantanément sources de conflits puisqu'un seul clown pourra prétendre à ce petit boulot. Qui, de ces trois décrépis, pourrait décrocher cet ultime cachet ? Suspense haletant s'il en est, car malgré leur indéfectible amitié et leurs souvenirs communs (mais bien lointains car ils sont vraiment en fin de carrière...) ils ne se feront pas de cadeau pour vivre encore une fois sur la piste.

A la fois attendrissants et pathétiques, cyniques et sans vergogne, espiègles et sacrés loustics, ces trois-là sont capables de tout pour espérer postuler à cet emploi de « Vieux clown » et si possible passer en premier à l'audition.

Niccolo, le lunaire, aura bien du mal à asseoir son talent face à Filippo le féroce et Peppino le facétieux...Toutes les vacheries seront bonnes à dire entre ces « vieux » épouvantails, aussi virulents dans leurs propos qu'empreints par la désillusion d'une carrière qui a touché à sa fin il y a bien longtemps.

Touchants petits soldats des temps modernes, broyés par le système et par le temps qui passe, ils n'ont pas capitulé. Il leur reste assez d'énergie pour s'invectiver et tenter de faire croire (aux autres et à eux-mêmes) qu'ils sont toujours « le meilleur ». Ça parle haut et fort, Niccolo avec emphase, Filippo avec cynisme et méchanceté, Peppino avec une assurance bien installée.

Mais les trois sont sympathiques, campés sur leurs certitudes. En dépit d'une fin de carrière misérable, on entrevoit une vie tout entière dédiée au chapiteau. Ces saltimbanques ont vécu, vivent et mourront Clowns...

Le texte foisonnant de Matei Visniec, très bien écrit, l'interprétation magistrale de trois grands comédiens (Serge Barbuscia -Directeur du théâtre du Balcon d'Avignon), Richard Martin (directeur du théâtre Le Toursky de Marseille),  Pierre Forest (Molière du second rôle en 2017 pour Edmond) et la mise en scène de qualité font de ce spectacle un moment réjouissant.

Après quelques représentations en février, le « tour de chauffe » s'est terminé avec une salle pleine, mais vous ne devriez pas rater ce bijou qui est programmé au théâtre du Balcon au prochain Festival d'Avignon !

 

Evelyne Karam

 

 

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21 février 2022 1 21 /02 /février /2022 00:21
Nouveau Théâtre de Montreuil

Nouveau Théâtre de Montreuil

Ma, Aïda

 

 

Un spectacle produit par la Compagnie L’Immédiat (75) et vu au Nouveau Théâtre de Montreuil le 18 février 2022.

Création (Chorégraphie, scénographie, lumière, son) : Camille Boitel et Sève Bernard

Interprétation : Camille Boitel, Sève Bernard, Tokiko Ihara, Jun Aoki

Invité spécial (musique) :  Nahuel Menendez

Construction décor et effets scéniques : Atelier de la Maison de la Culture de Bourges ; Mok, et l’ensemble de la compagnie.

Régie plateau : Christophe Velay, Audrey Carrot, Arnaud Dauga, et Kenzo Bernard

Genre : cirque, théâtre d’objets.

Public : Tout public

Durée : 1H

 

Toujours une envie de cirque. Tiens, Camille Boitel à Montreuil. Ça faisait bien longtemps depuis l’inénarrable « Homme de Hus » et le moins aimé « L’Immédiat ». Et bien, ni une, ni deux,  partons découvrir « Ma Aïda ».Pour mon plus grand bonheur.

Un homme, une femme ; une possible rencontre. Ils devraient donc être deux mais c’est sans compter  sur les deux autres comédiens qui font office tantôt d’adjuvants, d’arbitres,  de musiciens (guitare, bandonéon, orgue à bouche) et de maîtres du temps.

Un décor apparemment dépouillé et calme mais qui de fait est diaboliquement animé par 6 à 10 manipulateurs.

Reprenons ! Un homme et une femme veulent se rencontrer. C’est irrépressible. Mais la matière du dispositif, autonome tel un troisième personnage, voue systématiquement le désir à l’échec.

 

Camille Boitel et Sèvre Bernard créent dans « Ma, Aïda » une poétique de l’effondrement. Tels des messagers divins, les accessoires tombent des cintres, dessinent un espace de jeu admirablement éclairé, offrent une opportunité amoureuse  interprétée dans une gestuelle au cordeau puis patatrac, le décor fait des siennes et le tableau sombre sous la scène.  Par l’enchaînement des rencontres avortées, « Ma Aïda » donne à voir, tel ce pendrillon à effets kaléidoscopiques, la fragmentation de la relation.

Toutes les situations sont abordées et sont l’occasion d’un bel hommage à l’artisanat du spectacle et du cinéma. C’est  tantôt ce tulle qui restitue une scène de cinéma muet avec son générique loufoque écrit à la main, ou bien tantôt ce clin d’œil à « Psychose » d’Hitchcock quand le lieu de la rencontre est une baignoire. C’est aussi ce ballet de rideaux de scène qui cadre la rencontre de telle sorte qu’elle n’advienne jamais. C’est encore cette scène du bouquet jouée en théâtre d’ombres balinais.  Et tant d’autres !

Riche en références, le spectacle ne se réduit pourtant pas à un catalogue de citations ou à un spectacle d’objets. Il est profondément incarné et dense en émotions. Drôle souvent comme dans la scène du banc où Madame, tel un pantin, prend des poses suggestives ; burlesque dans cette vaine lutte avec le décor lequel finit en miettes ; poignant enfin comme dans cette scène qui n’est pas sans évoquer Chaplin : notre couple d’amoureux avance dans la vie juste accompagné par la lumière focalisée sur leur main et le témoignage de personnes âgées se remémorant  leurs amours d’antant.

 

« Ma, Aïda » est une performance artistique dans tous les sens du terme. Il réussit là où « Zugzwang »  (un des derniers spectacles chroniqués et qui n’est pas sans rapport) avait échoué : construire une énorme machinerie mais au service d’une histoire sans parole, du jeu et de l’émotion. Un grand spectacle.

Catherine Wolff

 

 

 

 

 

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25 janvier 2022 2 25 /01 /janvier /2022 00:24
Zugzwang
Zugzwang

 

 

Un spectacle produit par le Galactik Ensemble (75) et vu au Théâtre du Monfort le 22 janvier 2022.

 

Création : collective

Comédiens : Mosi Espinoza, Mathieu Bleton, Karim Messaoudi, Cyril Pernot, Jonas Julliand

Conception décor : Mathilde Bourgon

Genre : Tout public

Public : adulte

Durée : 1H

 

 

J’avais envie d’aller voir du cirque. Et puis le titre « Zugzwang » était rigolo et mon allemand approximatif me laisser imaginer une histoire de train. Autant pour moi dans les deux cas. « Zugzwang » est un terme propre aux échecs et en guise de cirque, « Zugzwang » s’apparente plutôt à du théâtre d’objets.

 

Le personnage principal, c’est précisément le décor. Le spectacle s’ouvre sur une cabane faite de bric et de broc qui une fois écroulée laisse apparaître une deuxième maison plus imposante et faite comme la première de palettes assemblées. A jardin, une tour toboggan joliment ouvragée. Celle-là a la gentillesse de rester fixe tandis que les deux autres ont leur vie propre. La première est comme hantée. Les objets s’y meuvent tout seuls tandis que les cloisons vacillent peu à peu sous les assauts d’un tremblement irrépressible généré par un service à thé. La seconde est un espace vide, ouvert sur deux côtés et qui se déplacent en autonomie sur tout le plateau. Elle finit par s’immobiliser, la bougresse, mais c’est sans compter  sur les trésors que recèle l’intérieur de ses murs et qui réserve bien des surprises.

Ils sont 5 jeunes hommes, 6 en comptant le régisseur plateau, à essayer de faire avec ce monde changeant et instable où les gobelets s’auto-propulsent et les habits s’enfument. Dali est convoqué par une voix off pour souligner la dimension surréaliste du dispositif. Il faut dire que cette créativité débridée est aussi absurde que drôle.  Mais elle tourne quelque peu à vide. Le spectacle se réduit trop à une juxtaposition de très bonnes idées. Il lui manque des corps. J’aurais aimé que des gestes, tout juste ébauchés, soient développés. Ainsi de ces gobelets qui voltigent, pourquoi ne pas faire un numéro de jongle ? Et tout est à l’avenant, chorégraphies comprises. Au final, la machinerie prend toute la place et écrase le rêve.

 

« Zugzwang » est un spectacle truffé de qualités mais à mon sens inachevé. Il se veut burlesque à la manière de Buster Keaton mais il lui manque, pour rivaliser, une vraie lutte avec la matière. Ici la matière gagne parce que le corps déclare forfait. C’est dommage.

 

 

Catherine Wolff

 

 

 

 

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24 janvier 2022 1 24 /01 /janvier /2022 19:25
Source site Zickoccitanie

Source site Zickoccitanie

Swunky Long legs

Prestation du quatuor Funky (34) présentée au Jazz club de Montpellier, Maison des rapatriés, quartier Mas Drevon, Montpellier,  en octobre 2021

 

Guitares : Arthur Anelli et Symon Savignoni

Clavier : Michel Crosio

Chant : Emily Przeniczka

Genre : concert  

Public : Tout public à partir de 10 ans

Durée : 1 h 15

 

 

Contraintes sanitaires liées au Covid obligent, le JCM s’est adapté et a proposé pour la soirée d’ouverture de la saison 2021/2022, un repas concert en jauge limitée, formule  qui devrait perdurer pour chaque soirée mensuelle, jusqu’à ce que la situation sanitaire  se rétablisse. Cette formule présente l’avantage d’être assis, ce qui s’avérait parfois difficile par le passé dans cette salle sous-dimensionnée, eu égard au succès des soirées proposées.

 

Le groupe de Pézenas Swunky Long Legs se produit ce soir en quatuor,  associant 2 guitares, piano, voix et propose un répertoire assez éclectique  alliant Swing, Funk, manouche, et reprises de quelques chansons du répertoire français comme « Les Feuilles Mortes », « J’attendrai », ou encore « La vie en rose »…
La chanteuse développe une énergie très communicative qui a galvanisé un public très à l’écoute, comme toujours au Jazz Club de Montpellier, certes un peu bridé dans son envie de danser en ces temps de distanciation sociale !

Emily navigue avec bonheur d’un style musical à l’autre, de plus en plus en forme au fur et à mesure qu’on avance dans la soirée, nous offrant lors du deuxième set un excellent pot-pourri de plusieurs titres, et terminant sa prestation par une chanson en langue russe. Une bien belle voix, puissante, parfois rauque, aux intonations variées, qui lui permet d’aborder avec succès un répertoire souvent  réservé aux chanteuses blacks.

La qualité de la sonorisation, parfaitement dosée, dans une salle polyvalente qui n’est pas dédiée aux prestations musicales, a permis aux musiciens présents au plateau d’exprimer pleinement leurs talents. Ils sont tous excellents, même si j’ai été particulièrement sensible au jeu de Symon Savignoni, magnifique guitariste manouche, un registre que j’apprécie toujours autant !

Une soirée d’ouverture très réussie, avec près de 150 personnes que les bénévoles du JCM ont pris en charge pour le service à table… pendant que les spectateurs parmi lesquels de très nombreux habitués  profitaient eux pleinement de leur soirée, heureux de se retrouver enfin pour savourer un grand moment de bonne musique… !

 

 

Cathy de Toledo

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24 janvier 2022 1 24 /01 /janvier /2022 19:19
source site Cie Bruitquicourt

source site Cie Bruitquicourt

Othello et le monstre aux yeux verts

Spectacle produit par la Cie Bruitquicourt (34) vu en séance scolaire au théâtre La Vista La chapelle à Montpellier, octobre 2021

 

Texte : d’après Othello de Shakespeare

Comédien : Avec Estelle Sabatier, Jérémi Proietti, Jean Yann Verton, Luc Miglietta, Florian Brinker (guitare)

Genre : théâtre

Public : Tout public à partir de 10 ans

Durée : 1H10  

 

La compagnie Bruitquicourt continue d’explorer l’oeuvre de Shakespeare, auteur cher à Luc Miglietta, dans l’objectif de « faire du drôle avec du pas drôle » !!  Il s’agit aujourd’hui de la troisième représentation publique de cette adaptation d’Othello, une histoire en effet pas franchement « drôle », et le spectacle est déjà très prometteur…

 

En préambule, Luc présente les quatre principaux personnages qu’il a retenus de cette pièce qui en compte une douzaine. Othello, le Maure, général vénitien ; Desdémone, sa jeune épouse, qui a bravé l’avis de son père pour épouser Othello, bien plus âgé qu’elle ; Casio fidèle lieutenant d’Othello et enfin Iago, son tout aussi « fidèle » porte- enseigne, en réalité le principal personnage de la pièce. L’intrigue peut alors commencer…

Scène quasi nue, pas de décor, très peu de matériel,  seulement quelques chaises qui seront déplacées au gré des scènes … Costumes sobres, contemporains, d’inspiration vaguement militaire. Desdémone tout de blanc vêtue, ne lâche pas un mouchoir blanc - accessoire qui aura une importance majeure dans l’intrigue - incarne à n’en pas douter la pureté. Les éclairages crus accompagnent efficacement une mise en scène dépouillée.

On apprend bien vite que Iago éprouve un profond ressentiment à l’égard d’Othello qui a nommé Casio lieutenant alors qu’il estime, lui, que ce poste devait lui revenir en récompense de sa fidélité. Tout au long de la pièce il n’a de cesse de discréditer Casio aux yeux d’Othello, faisant croire à ce dernier que Desdémone et Casio ont une relation amoureuse. Il s’emploie à alimenter la jalousie maladive d’Othello, faisant semblant d’apporter son aide à chacun des protagonistes, qu’il manipule habilement pour arriver à ses fins et se venger de tout le monde…

Luc Miglietta campe un parfait Iago machiavélique à souhait, servi par les mimiques faciales que ses talents de mime lui permettent, et même s’il force parfois le trait, le but est de démontrer qu’il ne faut pas se fier aux apparences et que les gens ne sont pas aussi « honnêtes »  qu’ils veulent bien le faire croire.

Un guitariste positionné en fond de scène, assisté d’un looper, assure un accompagnement musical live qui apporte l’intensité dramatique à cette histoire traitée ici de manière plutôt burlesque, mais qui n’en reste pas moins un drame avec une fin tragique et qui cesse faute de combattants … !!

Les collégiens et lycéens présents sont restés très attentifs et il semble que cette adaptation peu protocolaire de la pièce ait été propre à éveiller de l’intérêt pour un auteur que les jeunes pourraient juger quelque peu « poussiéreux » !

 

Cathy de Toledo

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23 janvier 2022 7 23 /01 /janvier /2022 10:13
CAR/MEN
CAR/MEN

Spectacle produit par la Cie La feuille d'automne – Les Chicos Mambo (75) et vu au Théâtre Libre le 14 janvier 2022.

Mise en scène : Philippe Lafeuille assisté de Corinne Barbara

Création Vidéo : Do Brunet 

Création Musicale : Antisten

Lumières : Dominique Mabileau assistée d’Armand Coutant

Costumes : Corinne Petitpierre assistée d’Anne Tesson

Avec les danseurs : Antoine Audras, François Auger, Antonin «Tonbee» Cattaruzza, Phanuel Erdmann, Jordan Kindell, Samir M’kirech, Jean-Baptiste Plumeau, Stéphane Vitrano et Antonio Macipe en alternance avec Rémi Torrado

Genre : Danse et chant

Public :  tout public à partir de 10 ans

Durée : 1h20

 

Carmen, opéra tragique de Bizet fut adapté maintes fois avec plus ou moins de talent mais Philippe Lafeuille, lui, l'a modernisé sans pour autant le dénaturer. L'ouvrage se voit revisité par huit danseurs et un chanteur virtuose avec fantaisie, tendresse et surtout dérision...

C'est une vision très personnelle et réjouissante qui m'avait déjà emballée avec la précédente création de Philippe Lafeuille, « TUTU » dans ce même Théâtre libre. Ce Car/Men là, tout en restant  un ballet, multiplie les pas de côté : le respect de l'oeuvre originale de Bizet est, disons, relatif, car il mêle la beauté visuelle à la loufoquerie. Tout commence pourtant à Séville, avec ses robes de flamenco et la musique originale de ce mythique opéra. Mais tout est détourné : les costumes de toréros outrageusement pailletés, les énormes castagnettes placées sur l'entrejambe des 8 danseurs ne constituent que quelques-unes des facéties humoristiques que se permet le chorégraphe. Il faut dire de plus que Carmen est … un homme, bien sûr ! Vrai chanteur lyrique, Rémi Torrado interprètera un Don José et une Carmen avec le même brio. Encore une fois, les Chicos Mambo se jouent des codes de la virilité ; et ne proposent rien qui ne soit beau à voir ni amusant à vivre. Le récit souvent désopilant sera souvent ponctué par des solos émouvants remplis de poésie et sublimés par le talent de ces danseurs hors pair.
Les artistes ont beau jouer de leur féminité, (je n'ai jamais vu des hommes porter aussi bien la robe ou la jupe en tulle!) leur virilité reste néanmoins très affirmée : pour preuve ce magnifique solo de Samir M 'Kirech qui danse de dos, totalement nu. Aucune vulgarité dans cet exercice, marqué par le talent et la grâce...impressionnant de poésie.

La fin du spectacle sera ponctuée par la prestation du chorégraphe himself qui parvient en 2 secondes à « Carméniser » son public : nous nous sommes levés pour une « hola » unanime sur la valse lente de Chostakovitch.
Plaisir et partage, tous différents et tous unis, le message est très, très bien passé...

 

 

Evelyne Karam

 

 

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16 janvier 2022 7 16 /01 /janvier /2022 15:57

Cela faisait quelques années que je n’étais pas allé aux rendez-vous « Région(s) en scène », dispositif de repérage régional du Chaînon.

Pour rappel, le réseau Chaînon, c’est 11 fédérations régionales couvrant tout le territoire national, 305 adhérents de structures de programmation de spectacles, 11 festivals régionaux ainsi que l’édition du festival national « Le chaînon manquant» à Laval (53) pendant 6 jours en septembre de chaque année.

Le principe est simple : il s’agit de proposer dans les 11 fédérations régionales, un plateau d’une quinzaine de spectacles repérés par au moins 3 adhérents du réseau. L’occasion ainsi de les présenter pendant les « région(s) en scène », de les faire découvrir aux autres programmateurs locaux, et de les faire « monter » au festival national du chaînon manquant.

Selon le Chaînon, les 70 spectacles présentés au festival national permettent ensuite de créer une tournée de 800 représentations en moyenne, les plaçant comme le premier diffuseur en France. Bien sûr ces chiffres ne prennent pas encore en cause les deux dernières années de pandémie qui ont largement été préjudiciables aux tournées.

Autre raison de mon intérêt, c’est que jusqu’en 2019, l’ex région Languedoc-Roussillon était la seule à ne pas avoir de fédération régionale. Depuis, le regroupement des régions de 2015 a enfin permis que se structure la fédération Occitanie autour du Réseau Pyramid qui s’occupait déjà de la fédération Midi-Pyrénées-Aquitaine.

Aujourd’hui plus de 15 structures de l’ex Languedoc-Roussillon adhérent à la nouvelle fédération Occitanie. Un signe que les choses avancent ?

Pandémie et mesures sanitaires obligent et pris par un emploi du temps un peu chargé, je n’ai pu assister qu’à 5 spectacles en 2 jours, sans pourvoir prendre le temps commun prévu pour les repas avec les personnes présentes. Dommage, car c’est presque le plus important. Ils auraient pu ainsi éclairer ma lanterne sur la situation actuelle et leurs impressions. Ca sera pour une prochaine fois…

J’ai pu toutefois découvrir 5 spectacles différents, dont vous trouverez- si le temps me le permet-, un retour plus détaillé prochainement en ligne.

Il s'agit de :

L'Ile au tresor - cie 9 The:rmidor (31) : 3 étoiles-  un spectacle jeune public, mêlant théâtre, théâtre d'objets et musique sur le thème des pirates et de l'aventure, porté par un duo comédien/musicien très calé.

La Saga de Grimr - Cie Ensemble Drift (33) : deux étoiles- un BD concert assourdissant, dont le volume sonore bien trop haut, m'a crée des acouphènes mal venus. Dommage!

Quatre petits coins de rien du tout - cie Bachi-Bouzouk Production (46) : 2étoiles - un spectacle très jeune public, basé sur les images et la vidéo à la précision millimétrée. Technique Impressionnante de précision.

Bateau - cie les hommes sensibles (81) : 3 étoiles-  un spectacle jeune public pour adulte, plongeant avec délice dans les doux rêves et délires de l'enfant explorateur. Original et créatif

Les leçons impertinentes par Zou - Cie Le Thyase (31) : 3 Coeurs Une très belle découverte, avec Zou pédagogue de rue, qui nous parle de la place de la femme dans l'art! Du grand art!

 

Prochaines régions en scène juqu’en mars : www.lechainon.fr/regions-en-scenes/

Auvergne Rhône Alpes : 9, 10 et 11 février 2022 dans le Puy-de-Dôme et l’Allier : https://www.lechainon.fr/le-maillon-dederation-regionale-du-chainon/

Paca : 24 et 25 février 2022 dans le Var et les Bouches du Rhône : www.cercledemidi.fr/edition-2022

 

Eric Jalabert

 

 

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10 janvier 2022 1 10 /01 /janvier /2022 23:14
Giovanni Cittadini Cesi pour le théâtre du Rond-Point.

Giovanni Cittadini Cesi pour le théâtre du Rond-Point.

Les gros patinent bien, cabaret de carton

 

 

Un spectacle produit par la compagnie le fils du grand réseau (29) et vu au Théâtre du Rond-Point  le 7 janvier 2022.

 

Création : Olivier Martin-Salvan et Pierre Guillois

Comédiens : Olivier Martin-Salvan et Pierre Guillois

Ingénierie cartons : Charlotte Rodière

Régie plateau: Emilie Poiteaux en alternance avec Elvire Tapie et Colin Plancher

Genre : théâtre et théâtre d’objets

Public : tout public

Durée : 1H20

 

Dix ans que je ne les avais pas vus. La dernière fois, c’était pour « le gros, la vache et le mainate » avec mes collégiens. Souvenir quelque peu cuisant, non que ça leur ait déplu à mes gosses, au contraire, mais quelle pression pour moi que d’oser les amener voir un spectacle si provocateur. Alors, il m’a fallu tout ce temps pour digérer mais quel bonheur !

 

Même si la réalité est sans doute différente, je les imagine bien, Olivier Martin-Salvan et Pierre Guillois jouer en amont de la création tels deux gosses à « on dirait que tu serais un américain paumé au fin fond de l’Islande, maudit par une sirène ». Et à partir de cette situation initiale, dériver dans un road movie aussi tenu dans le synopsis que débridé dans la création.

Un américain donc. On le sait parce qu’il le dit et qu’il est addict au coca lequel tombe systématiquement à l’eau avant consommation. Quelque peu replet, il passe son temps assis, tiré à 4 épingles dans son complet. Il parle un idiome si étrange qu’il en est inintelligible. Pas de panique : son acolyte, grand échalas en maillot de bain, se charge de la traduction façon cinéma muet.

« Il était un petit homme… avec sa maison tout en carton » : la ritournelle est de mise ! Cartons réduits à de simples pancartes pour décoder ; cartons animés pour mimer (le battant d’un pan de carton, c’est parfait pour imiter un phoque à la queue frétillante) ; cartons marionnettes à tige pour parler des migrants qui se noient dans l’indifférence généralisée ; cartons à toutes les échelles pour dessiner des perspectives et des mouvements ; cartons accessoires pour suggérer des coiffes folkloriques et autres éventails ; cartons plus sophistiqués pour installer une échoppe éphémère, une moto, un phare !

Nos Laurel et Hardy, dans cette incroyable économie de moyens, et au-delà de la loufoquerie de l’ensemble qui fonctionne sur le comique de répétition nous servent une tranche de jeu admirable. Car il en faut du talent pour débiter un texte imbitable et des chansons qui ne le sont pas moins avec un aplomb à toute épreuve. Et il en faut un talent pour, quasiment à poil, atteindre ce degré de perfection gestuelle dans le maniement synchrone des cartons sous toutes leurs formes.

 

« Les gros patinent bien, opéra de cartons », est un spectacle intelligent, irrévérencieux, techniquement parfait et tout simplement jubilatoire.

 

 

Catherine Wolff

 

 

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