Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Profil

  • www.vivantmag.fr
  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr

Bienvenue

Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
Vous y trouverez l'ensemble des commentaires de nos correspondants sur les spectacles qui ont été vus. Ce service est en ligne en accès libre depuis février 2007.
Si vous souhaitez prendre contact avec l'une des compagnies présentées, adressez nous un mail à blog@vivantmag.fr, nous vous adresserons rapidement leur coordonnées.
Découvrez sur le site www.vivantmag.fr, le catalogue des spectacles repérés... et l'ensemble des services de l'Association d'Aide à la Diffusion Interrégionale du Spectacle Vivant, l'AdAdiff.
Le Catalogue Vivant 2013/2014 des Spectacles repérés est disponible...
> Commande en ligne sur le site.

Rechercher

Mode d'emploi...

Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

22 décembre 2017 5 22 /12 /décembre /2017 11:33
Bosch Dreams

 

Un spectacle produit par la compagnie les 7 doigts de la main (Québec), vu le 9 décembre 2017 à l’espace chapiteau de la Villette.

Mise en scène : Samuel Tétréault
Texte : Samuel Tétréault, Martin Tulinius, Simon Boberg
Interprétation :  Vladimir Amigo, Héloïse Bourgeois, Sunniva Byvard, Evelyne Lamontagne, Mathias Umearus, Rémy Ouellet, Mathias Reymo

Genre : Cirque
Public : Tout public
Durée : 1h30

C’est si triste une compagnie qui tombe de son piédestal. C’est ce qui vient de nous arriver, à mes filles et à moi, avec  la compagnie circassienne canadienne des 7 doigts de la main qui présentait à Paris  "Bosch Dreams".
"Bosch Dreams" est un hommage au peintre Hieronymus Bosch dont on fête cette année le 500e anniversaire de la mort. Le spectacle est une variation autour de son œuvre majeure, "Le Jardin des délices". Quelle splendide idée, propre au plus beau délire circassien.


Ils sont sept sur scènes assistés de quatre techniciens. Il n’en faut pas moins, de techniciens, pour manipuler un dispositif scénique qui relève plus du cinéma que du spectacle vivant. Un double système de cyclo permet la projection de l’œuvre, en grand, en détail et même en animation. L’espace est comme démultiplié et les circassiens, comme par magie, s’inscrivent et évoluent au cœur même des tableaux. Ceux-ci s’enchaînent à mesure que notre Monsieur Loyal, métamorphosé pour l’occasion en professeur d’Histoire de l’art, nous prodigue sa conférence.
Les numéros illustrent un détail du tableau ou sont une mise en espace d’une autre œuvre du maître. Ils reposent sur quelques agrès – jongle, équilibre sur cannes, roue cyr, trapèze ballant, mât chinois, acrobaties. Ils sont d’une maîtrises absolue. Ils sont entrecoupés d’intermèdes variés : soit un morceau de conférence, soit la relation de notre conférencier à sa petite fille qui semble vivre intérieurement l’œuvre sur laquelle travaille son papa, soit une scène vaguement moyenâgeuse où les comédiens évoluent masqués comme dans "Le Jardin des délices".


Ces dernières scènes constituent le premier hiatus. Elles se voudraient mystérieuses. Elles sont simplement lentes et ennuyeuses. Car il y a un sérieux problème de rythme dans ce spectacle. Il s’explique sans doute par la nécessité d’installer les agrès. Alors, on comble le temps par des scènes de piètre intérêt narratif ou par des projections qui s’étirent sérieusement en longueur. Nous avons pensé maintes fois partir, seulement retenues par l’attente du numéro.
Je croyais naïvement que c’en était fini, dans le cirque contemporain, de cette mise en valeur du numéro individuel. Ils sont tous parfaits, du reste, mais tellement saturés d’images et de musique qu’on ne ressent plus rien. Et c’est bien là le principal reproche que je ferais au spectacle. Trop d’effets spéciaux en tuent l’essence même. Peut-on d’ailleurs encore parler de spectacle vivant  quand le narrateur s’adresse au public en play-back ; quand le rapport au corps, à la chair sont à ce point oblitérés par un virtuel envahissant? Finalement seules les trois dernières scènes, plus collectives, plus délirantes, parviennent à trouver un équilibre entre le vivant et le virtuel et sauvent  la donne.


Le spectacle est une réussite esthétique indéniable qui donne bien à voir l’intégralité de l’œuvre de Hieronymus Bosch. Mais cette nouvelle mode qui consiste à transformer le plateau en salle de projection (c’est le deuxième spectacle de la sorte que je vois en deux mois) tend à faire disparaître l’humain de son domaine, le spectacle vivant. The show must go on mais, désormais, ce sera sans moi.

Catherine Wolff

Partager cet article

Repost0
22 novembre 2017 3 22 /11 /novembre /2017 11:27
We are creatures of the wind. Cabaret chaotique de Verdi à Freddy Mercury

Spectacle des Mélodivines (75), vu à la salle Balavoine de Villefontaine (38), le 10/11/2017.

 

De : les Mélodivines

Mise en scène : Sol Espeche

Chorégraphie : Jean-Marc Hoolbecq 

Avec : Céline Madrènes, Margaux Toqué, Lucile Komitès et Delphine Dussaux au piano

 

Genre : Chansons

Public : Tout public

Durée : 1h20 env.

Création 2015

 

Le cabaret chaotique rassemble deux sopranos, Céline Madrènes et Margaux Toqué, et une mezzo, Lucile Komitès. Ces trois créatures, aux tempéraments bien marqués, ambitionnent de nous faire découvrir, ou redécouvrir, chacune à sa façon, l’art lyrique ponctué d’autres instants musicaux beaucoup plus contemporains. Elles évoluent sur scène, tantôt en solo, tantôt en trio, pour nous guider en toute décontraction sur le terrain du lyrisme. Force est de constater qu’elles réussissent à mobiliser l’attention du public du début à la fin, en le guidant avec beaucoup d’humour, sur des vagues musicales réjouissantes. 

Avec elles, chacune dans son style, on s’envole allègrement de Verdi à Dalida en passant par Mozart, et on en redemande ! A noter qu’entre une chanteuse enceinte, qui saute sur scène à nous faire craindre à chaque envolée vocale un accouchement (mais qui heureusement n’aura pas lieu ce soir-là !), une autre qui se bourre de médication sous inhalateur pour conserver sa voix à tout prix, et la troisième qui recadre régulièrement le trio en tentant de recentrer l’attention du public sur son unique personne, cette initiation musicale s’orchestre avec beaucoup d’humour et de savoir-faire ! 
Que dire de la pianiste (Delphine Dussaux) qui les accompagne ? Si elle manque délibérément de fantaisie, elle fait preuve de beaucoup de patience pour faire face à autant de cahot musicalement ordonné. Son flegme gagne bien sûr la pleine adhésion du public qui rit de bon cœur de ses parenthèses critiques, et bien souvent de mauvaise foi.

Bref toutes les quatre ont un talent fou, qui ne mérite qu’à être plus largement connu ! A Villefontaine, la salle était comble et ce cabaret chaotique a connu un très vif succès, bien mérité ! Un spectacle à solliciter sans hésitation, d’autant que la mise en scène et le décor s’adaptent à toute taille de scène.

Isabelle Mombellet

Partager cet article

Repost0
9 novembre 2017 4 09 /11 /novembre /2017 18:43
En quête du corps - polar chorégraphique et burlesque pour trio sur talons hauts !

 

 

Spectacle de la Cie Comme tes pieds (73), vu le 6/10/2017, dans le cadre de la seconde édition du Salon du livre policier "Octobre Noir", à la Salle Balavoine de Villefontaine (38).

 

Ecriture, chorégraphie et mise en scène : Alexandra Ducros, Emilie Sivi Volck

Interprétation : Alexandra Ducros, Annette Labry, Emilie Sivi Volck

 

Genre du spectacle : Danse, Théâtre

Public : Enfants (à partir de 8 ans) et adultes

Durée : 1h15

Création 2013

 

Dans le cadre du Festival du polar, la mairie de Villefontaine a offert à ses habitants une intrigue chorégraphique mêlant danse et théâtre, au mariage parfaitement assumé, le tout dans une atmosphère des années 1930.

La disparition mystérieuse d’une star du cinéma entraîne trois enquêtrices à mener des recherches et à interroger trois suspectes ayant côtoyé la victime. Mais ce cercle d’interrogatoires ne suffit pas et cette enquête les conduit à voir plus large et à solliciter une partie du public, assimilée à des suspects, et qui se prête bien volontiers au jeu.

Ce travail d’investigation loufoque se traduit sur scène par des moments dansés, mimés, mais pas que ! Savant dosage de danse et de burlesque sur un espace scénique qui évolue au fil du temps, simplement et efficacement. Une orchestration qui surprend, charme, prête à sourire, à rire aussi, bref, le public a largement salué cette prestation humoristique et techniquement très bien maîtrisée. Le côté "loufoque" aurait même pu être encore poussé encore un peu plus loin…

A voir sans hésitation.

Isabelle Mombellet​​​​​​​

Partager cet article

Repost0
11 octobre 2017 3 11 /10 /octobre /2017 15:29
Le corps utopique ou il faut tuer le chien!

 

www.preocoupe-nikolaus.com

Spectacle de la compagnie Pré-O-Coupé (94) vu le 19 septembre 2017 au Nouveau Théâtre de Montreuil (93).


Mise en scène : Christian Lucas (sur une idée de Nikolaus Holz)
Interprétation :  Medhi Azéma, Pierre Byland, Ode Rosset, Nikolaus

Genre : Cirque
Public : Tout public
Durée : 1h30

 

Ce que j’aime dans un spectacle, et dans les arts en général, c’est qu’il me parle de lui-même, sans le truchement d’un dossier de presse. Ce n’est malheureusement pas le cas, malgré des critiques dithyrambiques, du spectacle "Le corps utopique ou il faut tuer le chien!" de Nikolaus Holz.

Ils sont quatre sur scène. Officiellement, nous devons assister à leur conférence dont le sujet, nous rapporte le dossier de presse, porte sur la sécurité. On découvre donc chacun des protagonistes à son arrivée : la secrétaire qui s’évertue à dresser la table de circonstance ; un colonel, psychorigide comme il se doit, mais à l’allure dégingandée à la De Gaulle ; Robi, un punk à chien, enfantin et provocateur ; le vieux Durand, à priori rasoir et passablement sénile. D’emblée, entre l’hystérie de la secrétaire, l’abime social qui sépare le colonel et le punk et un improbable parpaing cassé au premier plan, on se doute bien que la conférence va partir en vrille. Bientôt, de la sage salle de conférence ne reste qu’un chantier dont les tours de théâtre constituent l’échafaudage d’où tombent divers matériaux et où voltigent, en se cherchant noise, nos personnages.

Le spectacle ne manque pas de qualités. Les gags "tarte à la crème", en début de spectacle, font hurler de rire les jeunes spectateurs et pas que. Le comique de répétition, à commencer par l’injonction "bien!" avec un "i" très appuyé suivi d’un blabla inaudible du vieux Durand, souligne toute la vanité des grands raouts. La souplesse féline de Robi le punk (Medhi Azéma) est admirable dans les acrobaties et très convaincante dans l’imitation du chien ou du chimpanzé. Le duo qui réunit Nikolaus à la jongle et Ode Rosset au cadre/fil est époustouflant de beauté. Enfin, les digressions pataphysiques et pianistiques de Durand (Pierre Byland) sont un régal d’intelligence et d’absurde.

Alors quoi!

Le spectacle manque cruellement de rythme et de cohérence. Les personnages gesticulent beaucoup sans beaucoup y croire. Enfermés dans des stéréotypes éculés, ils peinent d’autant plus à convaincre. Les numéros à proprement circassiens sont finalement réduits à la portion congrue et pas toujours réussis (le mât chinois, la jongle à plusieurs grosses balles rouges... qui tombent et qui retombent!). La bande son, à fond, et le décor qui s’effondre font mine de combler un propos somme toute exsangue. Je me suis ennuyée ferme! J’ai donc cherché à mieux comprendre et je n’ai trouvé qu’un titre ronflant et une note d’intention tout aussi prétentieuse. Le discours sur le cirque y est convenu et je déplore qu’il m’ait fallu le lire plutôt que de le voir. De même pour la question de la transmission de l’art du cirque entre trois générations et que Nikolaus nous explique à l’issue des applaudissements.

"Le corps utopique ou il faut tuer le chien" est un spectacle inégal. Il recèle de grands moments, mais faute de cohérence, il s’étire en longueur et ne parvient pas, par lui-même à transmettre le propos qu’il s’était donné de nous faire passer. C’est dommage!

Catherine Wolff

Partager cet article

Repost0
21 septembre 2017 4 21 /09 /septembre /2017 16:41
Les Frères Jacquard

Spectacle de la Compagnie Les Frères Jacquard (30), vu le 23 août au Festival d'Aurillac 2017, cour Paul Doumer, à 19h45 (du 23 au 26 août).

 

De: Les Frères Jacquard

Avec: Les Frères Jacquard

 

Genre: Spectacle qui fait la jonction entre arts de rue, concert, humour, musique, improvisation et show à l'américaine

Public: Tout public

Durée:1h

 

Jamais deux sans trois. Aujourd’hui c’est la 3ème fois que je vois Les Frères Jacquard, j’ai d’ailleurs hésité à y retourner vu les nombreux spectacles proposés sur ce festival d’art de rue. Heureusement que j’y suis retournée ! En salle comme dans la rue, ces trois-là assurent ! Encore un merveilleux moment passé et toujours aussi surprise par leur talent et leurs nouvelles propositions musicales hautes en couleur et en humour. Les Frères Jacquard, ce sont trois excellents musiciens spécialistes autoproclamés de reprisage de tubes ayant pour mission de remettre de l'ordre dans la chanson populaire (site des Frères Jacquard).

 

Et à chaque fois, je sens cette passion musicale et leur capacité à revisiter sans cesse des tubes. Les voilà partis ! Un air musical connu, rock, funk ou autre, on se laisse embarquer dès les premières notes et on se laisse surprendre par le texte, tout aussi connu mais provenant d’un autre tube. Leurs textes farfelus sur les musiques de tubes comme "Funky town" ou "Get down it" des Kool and the Gang ont encore agréablement séduit le public et fait chanter et danser ceux qui les apprécient tant, comme moi. Et cette imagination est sans fin lorsque je découvre de nouveaux morceaux sur des airs de Cabrel, un texte de Johnny ou quand le public en folie se met à danser la Queuleuleu! Il me faudra d'ailleurs quelques secondes, parfois, avant de repérer quel tube est revisité à ce moment-là. Et c'est là toute la surprise et tout le spectacle proposé.

 

Des reprisages toujours plus surprenants et saisissants ! Du funk, du rock, du groove à ne plus en finir ! Qu'on aime ou pas le tube choisi et revisité à la façon Jacquard, on ne peut que succomber et se laisser aller à (re)découvrir nos chers tubes des années 80 à aujourd'hui ! Et grâce à eux on redécouvre des grands textes entendus et réentendus auxquels on ne prête plus attention. Certains textes tristes ou plus sombres nous font rire et chanter sur un air énergique, festif et complètement décalé. Volontairement, je ne détaillerai pas plus de deux morceaux qu'ils proposent, il faut se laisser tenter et surprendre par ce merveilleux moment.

D'ailleurs, ce soir-là, le public est bel et bien conquis dès les premiers morceaux. Des chants, des rires, des pas de danse, des applaudissements, tout y est. Leur groove est décoiffant, leur énergie est débordante et tellement contagieuse ! 

 

Des reprises et des parodies, j’en ai vu et entendu mais un spectacle comme celui-là, jamais. Inventifs, créatifs, musiciens, chanteurs, comédiens, ces trois déjantés ont plus d’une corde à leur arc et ne manquent pas de les partager avec le public.

Leur caravane et leur tenue au look des années 60 viennent donner le ton au spectacle et le style burlesque proposé. C’était la 1ère représentation que je voyais avec leur caravane, et ça envoie ! Cette décoration et cette scénographie ajoutent encore du piment à cette sauce musicale maîtrisée et bien déjantée !

Le style un peu plus rock que les spectacles précédents est venu me surprendre encore. Avec eux on est certain que le ridicule ne tue pas et qu’il fait même beaucoup de bien.

A voir sans modération lorsqu’on aime la musique, le spectacle de rue, les show décalés, les textes, le burlesque, le déjanté, chanter ou danser ! J'y retournerai encore et encore c'est sûr !

 

Valérie Desbrosse

Partager cet article

Repost0
17 septembre 2017 7 17 /09 /septembre /2017 14:28
Parents modèles

 

Toizemoi parents modeles

Spectacle de la compagnie Toizémoi (94), vu le 16/09/2017 à 20h, Acte 2 Théâtre (Lyon 9e).

De et avec: Alain Chapuis, Marie Blanche
Mise en scène: Philipe Riot

Genre: Théâtre
Public: Tout Public
Durée: 1h30
Nouvelle création lancée à la Comédie Odéon de Lyon

Toizémoi réapparaît à Lyon avec "Parents modèles" où Marie Blanche et Alain Chapuis marient de nouveau leur belle complicité pour interpréter les péripéties d’un couple qui emménage dans un nouvel appartement, avec leurs 3 enfants. Mais cet appartement, beaucoup plus grand que celui qu’ils avaient réservé, ne leur est pas destiné ! S’apercevant de leur erreur, ils vont néanmoins investir pleinement les lieux… Vont ensuite surgir de nombreux personnages, de tous âges et de toutes origines… dans une ronde endiablée de mésaventures où la vidéo joue pleinement son rôle !

La soirée passe très vite dans cette ambiance où s’enchaînent des sujets d’actualité, parfois sensibles, traités avec humour et dérision : adolescence, vieillesse, politique, sexisme, etc. Le public (se) reconnaît et adore ! Une écriture tonique, servie par un jeu d’acteurs très complices, qui changent de peau et de styles tout en maintenant le rythme.

Coté technique, cette pièce peut parfaitement conquérir de petites scènes, même si un certain recul est nécessaire pour que les effets de la vidéo puissent s’y intégrer parfaitement. 
Décors simples et efficaces, mobilier minimaliste mais surprenant d’élasticité…

A voir sur Lyon jusqu’au 24 septembre 2017.

Isabelle Mombellet

Partager cet article

Repost0
7 septembre 2017 4 07 /09 /septembre /2017 18:38
100 mg Matin Midi et Çoir

Spectacle de la Compagnie Le Midi Moins Cinq (30), vu le 25 août, au Festival d’Aurillac 2017, à 12h00 au Terrain Marmiers (du 23 au 26 août).

 

De: Olivier Bracco et Marc Sollogoub

Interprétation: Olivier Bracco et Marc Sollogoub

 

Genre: Conférence Poélitique

Public: Tout public à partir de 8 ans

Durée: 50 minutes

 

Comment un grain a changé l’humanité.

Deux comédiens viennent nous parler du café et de son histoire. A partir de cette graine, ils nous parlent d’histoire mais aussi d’économie et de politique. L’interaction avec le public est présente dès le départ et permettra à chacun de réfléchir à notre comportement tantôt individuel tantôt plus collectif et solidaire. La forme proposée est au-delà d’un spectacle théâtral puisqu’elle est décrite comme une conférence poétique. Cela m’a fait penser au mariage de la conférence gesticulée et du théâtre d’objets.


Qu’on apprécie le café ou non, il est intéressant de voir comment des sujets complexes et bien souvent traités par des experts peuvent être accessibles à tous. L’économie, l’histoire, la politique et nos comportementaux sociaux sont très vulgarisés à travers cette formule. On nous parle d’une manière subtile de sujets qui nous concernent ; les colonisations, le transport des graines de café, le partage de la richesse, les inégalités, les ventes, les négociations, les importations, les propriétaires et les paysans… Le processus économique qui tourne autour du café représente bien notre société et son fonctionnement économique global. Le rapport à l’argent, à la concurrence, la compétitivité, la productivité, y est abordé avec justesse à travers l’histoire d’une des boissons les plus convoitées de notre société. Ce sujet est, en effet, un moyen original pour parler de nous, de notre société et nos comportements.

 

La mise en scène est jolie, le décor est charmant et bien utilisé tout au long du spectacle. Le spectacle est riche d’informations, d’idées et d’inventivité bien qu’il m’ait manqué une certaine spontanéité dans le jeu des deux comédiens. Ce versant reste à creuser encore pour donner peut-être davantage de naturel et de dynamisme à ce spectacle somme toute réussi. 
Je pense que la formule proposée dans ce spectacle peut être utilisée au-delà du théâtre et apporter à un jeune public l’information de manière subtile et pédagogique comme la Compagnie l’amène. J’imagine bien ce spectacle en école (collège et lycée) mais aussi dans des conférences, des colloques ou autres manifestations autour de sujets sociétaux. En effet, ces espaces temps poétiques, théâtraux et riches d’informations dynamiseraient certains cours de lycéens et certaines conférences parfois trop théoriques à mon goût.

 

Je ressors avec le sourire et le sentiment que la journée commence très bien avec ce premier spectacle.  

 

Valérie Desbrosse

Partager cet article

Repost0
31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 22:58
Nez pour s’aimer

 

Photo Anne Wengernez

Spectacle de la Compagnie Les pêcheurs de rêves (67), vu le dimanche 30 juillet à 17h au Kabarouf dans le cadre du festival Off d'Avignon 2017.

 

Ecriture : Florence et Vincent Duschmitt, Jean-Louis Cordier
Interprètes : Florence et Vincent Duschmitt

 

Genre : Clown et cirque
Public : Tout public en famille
Durée : 1h10

 

Sous un grand chapiteau qui appartient à la compagnie, me voilà parti pour le dernier spectacle de l’édition 2017. Un spectacle de cirque sur la très plaisante île de la Barthelasse.

Nos deux personnages arrivent pour engager un combat titanesque de clowns. Un début assez classique qui met quelque temps à se mettre en place, mais qui très rapidement nous laisse découvrir deux très beaux personnages sensibles et très attachants, nous retraçant leur histoire d’amour.

 

Sur un plateau rond orné d’un mât chinois et sans un mot ou presque, ils se rencontrent dans une gestuelle et avec des mimiques de combattants se jaugeant avant le premier impact. Puis, vient le temps de la séduction et des premières émotions. Enfin, la vie en commun et l’expérimentation de la découverte du monde de l’autre, et c’est bien ce qui fait la richesse du couple… Chacun y trouvera écho à sa propre histoire dans ce conte moderne et original.

Au-delà de l’excellent jeu de comédiens, le spectacle nous offre un foisonnement d’idées et de trouvailles, reposant sur une grande maîtrise technique : mât chinois, équilibre avec des bouteilles, jeux avec des planches en bois, cuisine en direct et tango. Le dispositif scénique, à la fois simple et efficace, offre des rebondissements réjouissants et nous évite de tomber dans une routine qui peut fréquemment habiter ce type de propositions. 

 

Ce couple de clowns, tant à la ville que sur scène, a su trouver une façon de nous raconter l’amour, mêlant tendresse, poésie, incompréhension, rudesse et combats incessants. Ce spectacle très généreux, nous offre toutes les facettes possibles du spectacle vivant, mêlant à la fois sens, jeux de comédiens, visuels, émotions et technique. C’est un hymne à l’amour, à l’imagination et à la création, à découvrir sans hésiter pour vos programmations à venir.

Bravo et merci pour ce moment intemporel.

 

Eric Jalabert

Partager cet article

Repost0
31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 16:36
Opéra Panique
Site Compagnie

Site Compagnie

Spectacle de la Compagnie l’Ours à Plumes, vu le 17 juillet 2017, AVIGNON OFF 2017, théâtre Pixel à 17h.

De : Alejandro Jodorowsky
Interprétation : Ida Vincent, Aline Barré, Tullio Cipriano, Cécile Feuillet, Johan Proust

Genre : Théâtre
Public : Tout public à partir de 7 ans
Durée : 1h10

Je dois avouer que, bien que le nom d’Alejandro Jodorowsky ne me fut pas inconnu, je ne connaissais rien de l’œuvre de cet artiste franco-chilien né en 1929, œuvre extrêmement dense puisqu’il est à la fois, romancier, poète, scénariste de BD, réalisateur, auteur de théâtre, acteur, et même icône de la génération Flower Power après son film "La Montagne Sacrée" (1973) ! D’abord clown et marionnettiste, il a suivi à Paris les enseignements du mime Marceau dans les années 1950. Après avoir rejoint un temps le mouvement surréaliste, il s’en désolidarise en 1962 et fonde le mouvement Panique avec R. Topor et F. Arrabal. Bref, pas vraiment n’importe qui… Je suis donc arrivée en "spectateur lambda" à la représentation de l’"Opéra Panique" proposée par la compagnie l’Ours à Plumes.

Le public est accueilli par disons un maître de cérémonie, en l’occurrence Ida Vincent, qui a également assuré la mise en scène, habillée à la façon de Sherlock Holmes. Elle assure le placement des spectateurs, et ça dure longtemps car nous attendons les retardataires... Enfin, quand tout le monde est installé (avec 15 minutes de retard sur l’horaire affiché), notre Sherlock propose des petits saucissons qu’elle lance aux personnes intéressées… C’est ensuite une hôtesse de l’air qui nous souhaite un bon voyage, en nous promettant cependant pas mal de turbulences. Le ton est donné, et je commence à me demander où j’ai mis les pieds !

Notre meneuse de jeu intervient de loin en loin pour introduire une saynète ou l’autre, livrer un commentaire, une précision. Une douzaine de tableaux, peut-être plus, se succèdent, mettant en scène par exemple un soldat devant obéir à trois généraux, deux optimistes, puis deux pessimistes, des irascibles, en fait des situations plus loufoques les unes que les autres... Au milieu de ces tableaux, dont l’ordre pourrait être interverti tant ils ne semblent n’avoir aucun lien entre eux sinon celui de mettre en scène des êtres humains, avec leurs travers, leur vacuité, leurs contradictions, nous avons droit à une sorte de pause. Un goûter surréaliste, les cinq comédiens alignés face au public et devant ingurgiter qui une banane, qui une carotte, qui un flan (sans cuillère !!), ou autre (tous aliments distribués par le maître de cérémonie, et cela dure un temps infini avant que tous aient terminé !).

Si  j’avais eu connaissance du texte, peut-être aurais-je été moins déstabilisée par cette écriture totalement absurde, même si elle ne livre au fond qu’une caricature de notre société. Mais le spectateur ordinaire bien souvent ne connait pas le texte… En tout cas, il est probable que la chaleur intense qui régnait dans la salle (un spectateur a demandé si la clim fonctionnait) a un peu rendu amorphe le public qui ne m’a pas semblé très réactif. Cela m’a en tout cas profondément gênée. Pour ce qui est des comédiens, qui supportaient de plus les costumes et les éclairages, ils étaient trempés de sueur de la tête aux pieds, et je me dois de saluer leurs performances tant musicales que théâtrales dans ces conditions difficiles, et ce même si je n’ai pas vraiment adhéré…
A réserver, de mon point de vue, à un public averti, au moins un peu !

Cathy de Toledo

Partager cet article

Repost0
31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 14:37
Déshabillez Mots, nouvelle collection

Spectacle de "Acte 2" (75) en coproduction avec RSC, vu le 30 juillet, Avignon OFF 2017, à 14h30 au théâtre du Petit Louvre. Du 6 au 30 juillet.

Interprètes : Flor Lurienne, Léonore Chaix
Metteur en scène : Marina Tomé
 

Genre: Théâtre, strip texte
Public: Tout public, à partir de 12 ans
Durée: 1h15

 

"Allo ? J’suis sortie du dictionnaire et j’suis complètement perdue !"

Les premiers invités de la langue française font leur apparition dans l’émission Déshabillez Mots. Les deux comédiennes alternent avec aisance le rôle de l’animatrice et celui du "mot" ou de la "ponctuation" invités tour à tour sur le plateau. L'interview de ces derniers permet de les faire parler de leurs fonctions, leurs émotions, leurs ras-le-bol, leur (in)utilité parfois, leurs conflits avec d’autres mots et/ou d'autres ponctuations.

 

Ainsi l’exigence est appelée sur le plateau et se retrouve rapidement en difficulté pour faire entendre ses demandes face à l’animatrice. La sérendipité (que Word ne connaît pas), soit "celle qui a eu c’qu'elle a voulu mais pas voulu c’qu'elle a eu" (texte de la pièce), parlera intimement de ses parents chance et erreur. D’autres invités seront eux aussi interrogés, décortiqués, écoutés, tels que la politesse, l’inconstance, le lâcher prise... Entre quelques mots interviewés, les trois points de suspension débarquent pour évoquer leur problématique de "flou" constant tandis que le tréma, lui, explique ses altercations et divergences avec ses confrères les accents graves et aigus. D’ailleurs, à bien y réfléchir, dans "tréma" on ne trouve pas l’accent tréma. Le quipropos viendra défendre qu’il existe tant bien que mal en précisant tout ça avec des arguments toujours plus délirants.

 

Malgré un texte intéressant, une mise en scène plutôt efficace, je ne suis pas complètement conquise par cette représentation. J’apprécie sans réellement être très embarquée dans cette émission de strip texte. Le concept me plaît par son sujet, son texte et sa mise en scène innovante mais il me semble que, avec plus de subtilité, d’humour et un humour plus osé, cela m’aurait convaincue davantage. Les jeux de mots avec notre chère belle langue de Molière peuvent être encore approfondis selon moi, ils apporteraient un "peps" qui m’a parfois légèrement manqué.

 

Pour autant, le texte est plutôt fin, les deux comédiennes organisent bien leur mise en scène au fil de la pièce. J'apprécie en apprendre davantage sur la langue française tout en riant de ces complexités régulières. Le décor est minimaliste (quelques tabourets colorés et des luminaires) et met en valeur le jeu des deux artistes. Une belle performance théâtrale que je ne peux nier et qui pourrait être plus explosive à mon sens. Je précise tout de même que suis allée à la dernière représentation du festival Off 2017 et que je suis sortie avec une envie de développer encore et encore mon vocabulaire.

 

Valérie Desbrosse 

Partager cet article

Repost0