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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
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On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

11 juillet 2018 3 11 /07 /juillet /2018 10:30
Chocolat piment
Chocolat piment

Une production de la Compagnie Aurore 

Lieu : Théatre le Cabestan

Dans le cadre du Festival Off d'Avignon, du 6 au 29 juillet, relâche le 19 juillet.

Vu le 10 juillet 2018

Heure de début : 19h25 (1h20)

Genre : Comédie

Distribution : Delphine Goasguen, Claude Laucournet, Rida Rachidi, Laure Reutermann

Mise en scène : Sébastien Bernard

 

Le premier constat que je vais faire est sur la salle du théâtre Le Cabestan : elle est assez grande, et plutôt confortable. Probablement climatisée, nous n'avons pas trop chaud ni trop froid.

 

Lorsque les rideaux bleus s'ouvrent, ils nous laissent sur la première image du spectacle : une jeune femme, assise près d'une petite table qui lit un journal. Le décor évoque une maison familiale, une cuisine plus exactement, assez élaboré il nous fait comprendre tout de suite où se passe l'action, et nous projette dans cet univers chaleureux. Ils évoquent dehors l'hiver et la neige, et on s'incruste dans ce climat.

 

Puis, tour à tour, nous découvrons les personnages un par un : deux sœurs, l'aînée, Stéphanie, étant une éternelle célibataire se mêlant des affaires des autres, agent immobilier assez douée qui réussit à manigancer quelque chose pour son père après avoir découvert un secret sur lui, et la cadette, Caroline, mariée à un homme qui ne pense qu'à son travail et qui ne la voit même plus ; le père, Paul, veuf et grognon qui ne veut pas fêter son anniversaire ; enfin le gendre, Franck, mari de Caroline, qui ne vient chez son beau-père que pour le bon vin et les belles carafes en cristal, et qui passe son temps à régler les problèmes de son entreprise au téléphone, homme égoïste et insupportable.

 

Le propos de la pièce est assez banal, un secret révélé qui provoque des tensions dans la famille, et les personnages manquent légèrement d'originalité : l'auteur leur a créé une personnalité, et les acteurs jouent selon les répliques et n'ont pas vraiment trouvé de piquant à ajouter à leurs personnages. J'ai trouvé très dommage que l'une des actrices, qui joue deux rôles, ait voulu différencier ses deux personnages plus par le physique, en rajoutant pour le deuxième un chapeau, des lunettes, et en changeant de manteau et de chaussures, que par le jeu, où elle aurait pu trouver un sentiment ou un trait de caractère qui différenciait les deux.

 

Le titre est intéressant : "Chocolat piment" est la composition du gâteau d'anniversaire de l'aînée de la pièce, qui est un mélange assez étrange entre un aliment assez doux, qui peut être amer (comme certaines relations entre les personnages), et un aliment piquant (ce que va apporter le secret dans l'histoire). Je trouve que c'est une bonne idée d'avoir dans le titre évoqué ce genre de propos dans la pièce sans trop en dévoiler (en faisant une métaphore avec la nourriture, un titre qui d'ailleurs intrigue le public et l'invite à aller voir la pièce), plutôt que d'avoir mis un titre banal avec par exemple un mauvais jeu de mots, pour appuyer la comédie.

 

Je pense que le plus décevant dans cette pièce, ce fut la fin : dans toute l'histoire, ils évoquent un cinquième personnage, qui est le personnage qui provoque ces tensions. À la fin, ce personnage rend visite au père. Ils auraient pu juste finir sur un coup de klaxon dehors, pour laisser un peu de suspense et d'inconnu sur ce cinquième personnage. Or, ils décident de l'introduire dans la pièce, et de finir sur un dialogue entre le père et elle, qui se finit sur une phrase qui aurait pu avoir de l'effet si elle avait été dite sur un ton plus suggestif. Mais je pense que cette ouverture est de trop, et je trouve ça dommage que cette pièce finisse sur ça.

 

Je ne suis pas très fan de ce genre de pièces : toujours le même propos, les mêmes personnalités, quelques blagues pour enrober le tout. Cette pièce ne sort pas trop de ces clichés, et je trouve ça dommage, mais ça reste bien dans ce style de spectacle. Je pense que, sans un petit grain d'originalité et de folie, une pièce comme ça mérite une étoile.

 

Juliette Lartillot-Auteuil

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9 juillet 2018 1 09 /07 /juillet /2018 17:03
Monsieur Barbara

 

 

Une production : Chansons de gestes

Lieu : Théâtre des Lila’s Avignon

Dans le cadre du festival Off d’Avignon

Distribution : Lionel Damei et Pascale Giraud

 

Durée : 1h10

Genre : Spectacle tous publics

 

Spectacle vu le samedi 7 juillet 2018 au théâtre des Lila’s Avignon.

 

Monsieur Barbara, c’est l’histoire d’un petit garçon qui se prend pour une autre, une femme qui chante. Et elle chante si-haut-si-beau-si-fort, que ça lui donne l’envie de la rejoindre avec ses ailes en chiffons dans le ciel de ses théâtres, et d’y tracer son propre chemin de lumière.

 

Ils sont deux sur scène : Pascale Giraud, musicienne polymorphe (violoncelle, piano, voix) et Lionel Damei, un artiste pluriel et singulier, à la fois acteur, auteur et chanteur. Ce duo nous livre avec une passion dévorante les chansons de Barbara moins « attendues-entendues » et les leurs, ainsi que l’histoire qui les relie, grande, petite, intime, universelle. Ce duo hors normes parvient à nous faire partager son amour pour cette grande dame de la chanson à travers un répertoire peu visité et en même temps il nous emmène ailleurs avec ses propres créations.

 

Lionel Damei et Pascale Giraud nous offrent un sacré beau moment de mots, de musiques et de chansons, avec leurs talents conjugués, beauté des voix, émouvant récit, touches d’humour joliment égrenées, vibrante complicité, énergie flamboyante, silences habités et petits pas de danse, et tant de choses encore qui étonnent et captivent en même temps.

 

« Chaque homme possède une part féminine, la sienne porte un prénom : Barbara »… Lionel Daméi commence ainsi son spectacle Monsieur Barbara comme une promenade musicale autour de la merveilleuse artiste qu’était la dame brune.

 

La première chose qui vous saute aux yeux, ou plutôt aux oreilles tandis que se déroule le récital, c’est la voix incroyable de Lionel Damei, dont les modulations empruntent l’identité vocale de Barbara.

La puissance tout en délicatesse de son interprétation m’a enchantée, tout comme la douceur de la voix de Pascale Giraud qui se mélange avec bonheur à celle de Lionel Damei.

Au piano et au violoncelle, Pascale Giraud apporte une touche solaire à l’ensemble, et je dois avouer que j’ai un peu déploré qu’elle restât en retrait.

 

Le décor était en place, avec ses touches de rouge-orangé rappelant le beau cuivré du violoncelle.

Ce spectacle poétique et rêveur quand il parle d’amour sait aussi s’ancrer dans la réalité des deux dernières décennies du XXe siècle marqué par les années sida.

 

Le talent de Lionel Damei est de vous faire croire que c’est facile de faire ce qu’il fait sur scène, on pourrait l’écouter jusqu’au bout de la nuit, d’ailleurs ça tombe bien, j’ai vraiment eu l’impression qu’il aurait pu continuer à nous livrer ce répertoire merveilleux jusqu’au bout de la nuit !

« Je ne t’attends pas au bout d’une ligne droite, je sais qu’il y aura encore des détours… ».

Alice Masson

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24 juin 2018 7 24 /06 /juin /2018 17:49
Concert de Souvnans

 

Souvnans

Un spectacle vu le vendredi 8 juin 2018 au Darlamifa à Marseille.

Musiciens : Alexandra Satger, Wilda Philippe, Pierre Mougne, Olivier Boyer,  Matthieu Maigre, Wim Welker, Sylvain et Djamel Taouacht
Mise en scène : Alexandra Satger

Genre : Jazz créole et chants spirituels de la Caraïbe
Public : tous publics
Durée : 2h00

Un air doux comme une brise a soufflé ce vendredi 8 juin 2018 dans un Darlamifa rempli à craquer ! Et pour cause : un public très nombreux s'était précipité pour applaudir le talentueux groupe : Souvnans, un voyage en Humanie...

Souvnans, c'est un groupe de huit musiciens chanteurs tous plus incroyables les uns que les autres, à commencer par la "chef" de chœur : Alexandra Satger qui avoue volontiers avoir initié avec ce spectacle LE projet qui correspondait à ses envies. Elle propose les morceaux, s'occupe avec brio de la Direction artistique et des arrangements, tout en apportant sa touche de douceur avec une voix aux tons chauds et profonds.

Sur une scène au riche décor ethnique fait de plumes et d'un mélange de végétal et de minéral, le spectacle commence doucement par un murmure, c'est Alexandra qui chantonne un air a cappella, le silence se fait unanimement dans la salle ! Les musiciens viennent alors la rejoindre peu à peu, soufflant dans des conques. Ils se placent autour d'elle et la suivent dans ce chant qui d'un petit ruisseau devient une rivière. Autour d'Alexandra, des musiciens hors pair, fers de lance dans leurs domaines respectifs comme Wilda Philippe et Pierre Mougne au chant, Olivier Boyer aux percussions et chant, Matthieu Maigre au trombone et chœur, Wim Welker à la guitare et chœur, Sylvain Terminiello à la contrebasse et chœur, et Djamel Taouacht aux percussions et chœur.

Tout au long de ce spectacle atypique, ils déroulent comme un tapis précieux tout un répertoire né de la rencontre d’un quartet de musiciens traditionnels issu de la compagnie Rara Woulib (chants sacrés afro-caribéens, percussions, conques, vaksins…) et d’un quartet de jazz. Entre création et cérémonie, un concert-fête entrainant le public sur le fil d’un voyage passant par Port-au-Prince en Haïti, Santiago de Cuba et La Nouvelle-Orléans.

C'est toute la musique de l'humanité qui est présentée brute à un public conquis dès la première note, proposant un métissage de sonorités comme un voyage sur plusieurs continents. Les instruments classiques côtoient des percussions traditionnelles, des conques, un washboard... Mais l'instrument dont savent se servir avec un talent fou tous les membres de ce groupe hors du commun, c'est sans conteste leur voix. Le mélange de toutes ces voix puissantes et vibrantes donne réellement le frisson. Les musiciens donnent de la voix et du corps, en tapant dans leurs mains, en tapant du pied, avec des chorégraphies minutieusement orchestrées, dans une gestuelle adaptée à chaque morceau. On passe d'un univers à l'autre sans transition, de l'Afrique à l'Amérique du nord, l'Amérique latine, en passant par les Caraïbes. Souvnans tisse ainsi peu à peu avec chaque morceau un patchwork homogène de la musique de l'humanité.

Un spectacle unique qui vous donnera envie de découvrir d'autres cultures.

Alice Masson

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22 juin 2018 5 22 /06 /juin /2018 08:36
Encore raté ! Ciné-Concert-Mécanique

 

Spectacle de la compagnie Dynamogène (30), création 2018, vu place du Chapitre (place publique) à Nîmes, le Vendredi 25 Mai 2018.

De : La compagnie Dynamogène
Avec : Jacques Larguier, Pépé Martinez et Ollivier Lacroze
Acteurs du film : Jacques Larguier, Jean-Marc Rouillan, Noël Godin et une centaine de figurants
Mise en scène : Pierre Pélissier

 

Genre : Théâtre de rue, ciné-concert-mécanique
Public : Tout public, à partir de 8 ans
Durée : 1h10

On arrive pour voir la seconde représentation de la nouvelle création de la compagnie Dynamogène. Une date chez eux, à Nîmes, après avoir testé leur nouvelle création en Allemagne une semaine auparavant. Je connais la compagnie, après les avoir croisés lors de déambulations musicales sur leurs machines dont ils ont le secret.

A peine arrivé, on reconnait la patte de la compagnie puisque nous sommes devant une grande boîte à musique où des grosses caisses et autres toms, cymbales, guitares, cloches, accordéons… sont visibles. Des bancs et lampadaires publics, des escaliers en ferraille, droits comme en colimaçon, bref une magnifique machine prête au jeu, qui se fond très bien dans le décor naturel de cette place.

Ma première question, en attendant que le spectacle commence, se porte sur le titre du spectacle. Pourquoi "Encore Raté !" ? Encore des artistes en manque de confiance qui préfèrent se défendre à travers leur titre ?

Une question vite dissipée d’une part par le spectacle proposé, par le travail de recherche autour de cette machine à musique dans laquelle les trois comédiens peuvent passer,  traverser, et la faire vivre, puis par le message que ce ciné-concert-mécanique nous laisse deviner puis approfondir.

Cette question de l’évolution, de la révolution.

Ce spectacle est un moment musico-burlesque (sans trop l’être) autour du monde ouvrier et de ses luttes, des progrès de l’évolution (notamment des déplacements) pour lesquels la mise en scène chorégraphiée donne une impression de tourner en rond. Par les courts métrages muets, mis en musique par les comédiens en direct, où l’on suit le même personnage, d’abord en moto (qui tombe en panne d’essence), puis en vélo (qui se casse), avant qu’il ne termine en courant.

On suit ce même personnage sur scène, avec deux compères, machinistes enjoués, un brin utopiques, faisant en sorte que chacun garde bien sa place, jusqu’à ce qu’il y en ait un qui fasse pour l’autre, encore le fruit de l’évolution ?!?

Un peu plus d’une heure où chaque spectateur va y aller de ses propres représentations et des ses propres connaissances. Pour exemple, j’ai pu entendre mon voisin de droite, au moment d’un petit épisode mettant en scène de manière dessinée Hitler et Woody Guthrie, dire "il n’a pas pu vendre cela à la DRAC", ou mon voisin de gauche, au moment du court mettant en scène le personnage en  moto, dire "je retrouve le road movie du film Mammuth" de Gustave Kervern et Benoit Delépine. Un moment effectivement presque pathétique pour ce personnage quittant l’usine sans trop savoir où aller…

Une proposition faite aux spectateurs de passer de l’écran au jeu des comédiens, aux déplacements de ces derniers, à la machinerie bien huilée. Bref, un spectacle très bien qui mérite d’être rodé encore mais dont l’essentiel est présent… et qu'il vaut mieux voir que lire.

Un moment partagé avec l’équipe de la compagnie à la fin du spectacle permet de se rapprocher de la machine et d’y voir certains détails.

Thomas Degand

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8 juin 2018 5 08 /06 /juin /2018 21:34

Spectacle de la Cie Noir Titane (34), vu le 17 Déc. 2017, 15h, au théâtre Télémac, Nîmes (30).

Création de Christel Claude, librement inspirée d’œuvres de Jules Verne (1828-1905).
Mise en scène : Christel Claude
Avec : Justine Boulard et Julien Assemat
Création lumière : Lucas Baccini
Création musicale : Skeleton Band

Public : Tous dès 6 ans
Durée : 50 min.
Jauge variable (spectacle autonome et tout terrain)
Sortie de création

Le Professeur Ferguson, scientifique passionné, part en expédition à la recherche d’une méduse phosphorescente. A bord de son sous-marin, il descend au fond de l’océan, poursuivant sa quête obsédante. Catastrophe ! Une passagère clandestine s’est glissée à bord : Jenny, jeune orpheline poussée par le goût de l’aventure. L’insatiable curiosité et les fantaisies de l’enfant agacent Ferguson. On ne plaisante pas avec la science et le pilotage du sous-marin est périlleux. On frôle la catastrophe. Dans ce huis-clos étonnant ces deux personnages contrastés provoquent des situations cocasses. Progressivement le très sérieux professeur perçoit qu’une même solitude et une même curiosité les animent tous deux. Son hostilité première laisse la place à une affection pudique, à de l'entraide et à un émerveillement commun à la découverte de la méduse. La curiosité scientifique et le style de J.Verne sont ici mis au goût du jour avec drôlerie et émotion. Mystères et rebondissements sont au rendez-vous de cet excellent spectacle accompagné par une musique syncopée : à ne pas rater !

Inspirée librement par "20 000 lieues sous les mers", "Cinq semaines en ballon" et "Les Forceurs de blocus", Christel Claude mêle des notions biologiques actuelles aux propos gentiment pontifiants de Ferguson. J’ai apprécié cette adaptation pleine d’humour qui provoque immédiatement l’intérêt. L’extravagance du héros dans sa quête obsessionnelle, la présence de techniques scientifiques, l’inventivité des accessoires, un certain suspense et quelques péripéties bien amenées nous plongent dans l’ambiance de J.Verne. C’est l’aventure, avec panne de moteur, pieuvre géante, peur et solutions rapides à tous les problèmes ! Excellente idée que de "glisser un caillou dans la chaussure du professeur" avec le personnage de Jenny ! Elle apporte du "terre-à-terre", de la fantaisie, bref de l'humanité : elle a faim, elle furète et questionne ! Nous assistons à de savoureux échanges entre ces deux caractères opposés en apparence mais qui se révèlent si proches. Les dialogues et le jeu théâtral font évoluer avec subtilité leur confrontation initiale vers une découverte de l’autre, dans un mélange de drôlerie et de tendresse.

Les deux comédiens sont parfaits dans des rôles assez périlleux. Sérieux et loufoque à la fois, J.Assemat donne progressivement de l'épaisseur à un personnage dont le verbiage (allégé !) et les obsessions scientifiques sont très typées "J.Verne". Seul en scène au début, il se montre absorbé par des manipulations d'engrenages complexes. Un accompagnement musical cadencé souligne sa gestuelle rythmique, son silence et sa concentration. Dès l’irruption de l’enfant, son irritation puis ses changements d’humeur, entre réticence, attendrissements et fatigue, sont drôles et pleins d'à-propos. J.Boulard joue très juste l’insouciance enfantine mâtinée de gravité, le flirt avec le danger, la curiosité, la peur. C’est nuancé, amusant, souvent attendrissant. Un humour subtil sous-tend le spectacle, sans pour autant distancier le jeu des comédiens. Comment dire ? Ils sont tous deux crédibles !

La scénographie est visuelle, rythmée, avec un important jeu de lumières et un décor bien choisi. Bruitages et musique (excellente) accompagnent parfaitement les péripéties. Par exemple, l’accident du sous-marin est particulièrement bien orchestré : c'est un choc violent ! Et même si quelques problèmes techniques ont émaillé cette sortie de création, j’ai été enchantée.

Noir Titane emmène le public dans une visite modernisée originale et pleine d’humour des œuvres de J.Verne. L’adaptation respecte l’esprit d’aventure et de découverte, la curiosité scientifique, la tension dramatique et une certaine extravagance propres à l’auteur. A tout cela s’ajoute une ouverture à l’autre qui donne une profondeur émotionnelle. Excellent moment de théâtre tant pour les jeunes que pour les moins jeunes. Peut-être même que l’on peut en sortant décider de (re-)lire J.Verne !

La compagnie propose diverses formules selon le terrain et la jauge, un dossier pédagogique et la possibilité d'ateliers..

Programmé au Collège de la Salle, Avignon Off 2018

Catherine Polge 

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29 avril 2018 7 29 /04 /avril /2018 17:37

 

 

Spectacle Thomas Laffont Group (13), vu le 18 février 2018 à 17h, au Théâtre des Vents (Avignon, 84).

Avec : Thomas Laffont (basse/compositions), Jules Lapébie (guitare), Franck Lamiot (orgue Hammond), Arthur Billès (batterie)

Genre : Concert/Jazz
Public : Tout public
Durée : 1h30

 

Une salle comble pour cette session de jazz mensuelle qui a su fidéliser un public d’amateurs de musique et de jazz en particulier.

En première partie de ce concert, se sont produits les élèves de l’atelier musical de Loïc Fauche, qui anime des cours au sein du Théâtre des Vents, et qui ont pu nous interpréter plusieurs standards de jazz devant un public bienveillant. L’occasion pour ces musiciens amateurs de se confronter à la scène et de faire partager leurs émotions.

Thomas Laffont, quand à lui, est un jeune bassiste compositeur plein de talent, issu de la scène Marseillaise et son jazz funky avait attiré ma curiosité. Il est lauréat en 2018 de la Pépinière d’artistes, portée par Nomades Kultur, qui a pour objectif de soutenir le développement de la vie musicale locale.


Il nous offre une rythmique puissante et syncopée alternant ligne de basse sophistiquée et plus "pêchue". C’est un mélange de jazz, de rock et de funk et sa maîtrise de la basse, qu’il utilise parfois comme une guitare, est tout à fait surprenante. Ses constructions musicales sont fluides, rythmées, avec de belles envolées et des ruptures de rythme surprenantes. Bref, c’est un jazz riche et généreux, dans lequel il s’accorde de nombreux solos de basse volant dans les aigus, tout en laissant la place à ses musiciens. Il est accompagné d’un batteur particulièrement percutant, d’un guitariste complice et d’un organiste qui mériterait de se lâcher davantage.


Ses compositions personnelles sonnent comme des classiques, qui nous accrochent avec douceur et dont les lignes musicales flottent dans nos têtes. On y sent ses influences musicales (Miles Davis, Erik Truffaz, Snarky Puppy), mais il sait garder un style personnel, original et inventif, qui lui permettra de se faire un nom dans ce microcosme du jazz.
À découvrir sans tarder.

 

Eric Jalabert

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2 avril 2018 1 02 /04 /avril /2018 19:28
Nyctalopes

 

Photographie Yann Masera

Spectacle de la Compagnie Deraïdenz (84), vu le 18 mars 2018, à "Viens Voir ! Lieu de curiosités artistiques" à Tavel (30).

De : Baptiste Zsilina
Avec : Coline Agard, Léa Guillec, Sarah Rieu, Baptiste Zsilina

Genre : Théâtre, marionnettes, masques
Public : Tout public à partir de 10 ans
Durée : Environ 60 min


La jeune compagnie avignonnaise Deraïdenz  est en pleine construction de "Nyctalopes", pièce récemment présentée à l'issue de différentes périodes de résidences - la dernière en date, le 18 mars à "Viens Voir ! Lieu de curiosités artistiques" à Tavel.

 

Cette nouvelle création marque la rencontre du spectateur avec un monde peuplé de créatures et de cauchemars mis en lumière, dans lequel les quatre acteurs partagent la scène avec les marionnettes... une atmosphère surprenante, sombre, mais pas que !
La matière scénique est déjà développée sur une heure environ ; trois parties nous guident à travers une succession de tableaux aux images marquantes et soignées. Le doute s'installe dès la scène d'ouverture : rythme lent, comme une plongée par paliers, dans d'inconnus méandres où l'inconfort côtoie d'hésitants rictus.
Parfois le poétique s'assortit au risible, la traversée offrant un ambitieux mélange des genres et des jeux, sans oublier le rôle actif de la musique - composée pour la pièce - sur nos ressentis de spectateurs.


C'est une tendre cohabitation qui mêle les acteurs et leurs fidèles marionnettes, celles-ci d'ailleurs pensées et entièrement réalisées - ainsi que les masques - par Baptiste Zsilina, auteur du projet et comédien. Tout aussi incarnées que leurs manipulateurs, ces présences impressionnantes sont toutes empreintes d'un beau monstrueux.
Indéniablement, les images s'impriment tout en finesse mais avec force, servies par des subtilités de jeu et d'esthétique, qui vont chercher l'émotion profonde, au-delà du malaise que peuvent provoquer certaines scènes. On passe par ce méandre pour atteindre une profondeur d'image qui parle fort et interroge.

 

En promenades inquiétantes et enveloppantes, parfois pleines d'énergie et de drôleries, l'équilibre est tenu jusqu'au bout pour ne jamais nous lâcher entièrement vers de trop sombres issues, mais offrir d'une main sereine ce qui demeure lumière et apaisement au milieu du noir des cauchemars.
Découvrez "
Nyctalopes" lors de sa première, début juin 2018 sur Avignon ! 


ER

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19 mars 2018 1 19 /03 /mars /2018 19:40
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Spectacle de la Compagnie La liseuse, vu dans le cadre du Festival "Les Hivernales" à Avignon (84), le 1er mars 2018 à 20h30.

 

Conception et mise en scène : Georges Appaix
Texte et chorégraphie : Georges Appaix avec la participation des interprètes
Avec : Melanie Venino, Maria Eugenia Lopez, Carlotta Sagna, Alessandro Bernardeschi, Romain Bertet, Georges Appaix

 

Genre : Danse et théâtre
Public : Tout public
Durée : 1h

 

"Je suis occupée dans mes pensées et libre de le faire"

 

C’est la première fois que je vais voir une représentation aux hivernales. Depuis quelques années que j’habite sur Avignon, j’avais toujours loupé cette période de festival, prise par le temps et par mes a priori sur le domaine de la danse et du contemporain. Et qu’est-ce que ça fait du bien de repousser ses idées reçues pour aller découvrir de plus près un nouveau domaine et apprendre à l’apprécier. L’occasion aussi de découvrir la salle Benoît XII, grande et jolie salle connue du paysage théâtral avignonnais en plein cœur de la charmante rue des Teinturiers.

 

Les premières notes de contrebasse, un écran crypté, un vélo générateur de lumière et les premiers mots qui retentissent, s’adressant à des corps mouvants, dansants. "Tu te sens vivant et pensant quand tu marches ?" Tantôt ce sont les corps qui traduisent les mots / les maux, tantôt ce sont les corps qui amènent à de nouveaux mots. Des mouvements et des danses chorégraphiques, esthétiques et surtout conceptuels. Le spectateur est invité à traduire les mouvements comme il l’entend. Etant novice dans cette proposition contemporaine, je me laisse porter pour y construire mes propres interprétations. "Si je pouvais voir ce qui se passe dans ta tête", "Sentir l’air s’animer", "Ne plus penser à rien", "Être d’accord avec soi-même" et "Admettre d’avoir tort", tels sont les sujets abordés par Mélanie Venino et Alessandro Bernardeschi qui introduisent d’autres questions et de nombreuses danses autour de l’être et de sa complexité intellectuelle et psychique. Nos pensées sont dites, contredites, déconstruites, dansées, décomplexées. Le texte vient se mêler à mes propres pensées.

 

Une mise en scène tout en lumière, en mouvement et en musique. De la contrebasse aux Rolling Stones, en passant par Bashung et au rythme de salsa, le répertoire musical donne une belle énergie au spectacle et m’embarque complètement. Concernant la scénographie : des grands panneaux en fond de scène où l’on voit les corps des 6 interprètes en miroir, des lumières très tamisées, des chaises, une table, un écran, ce vélo générateur de lumière. L’espace scénique reste spacieux et peu encombré, laissant la plus grande place à la pensée et au mouvement.

 

Ce spectacle est pour moi, une invitation poétique à mettre nos pensées en ressentis et à les exprimer par notre corps. A lâcher prise, à transformer ma pensée en mouvement… et ça tombe bien, car tout à l’intérieur de moi il y a justement un petit être qui m’amène à ressentir, à me concentrer sur mon corps, le sien, sans vouloir tout comprendre, tout contrôler et tout intellectualiser. La dernière partie m’invite à aller danser sur scène avec l’ensemble des interprètes, les notes musicales m’emportent, me font "bouger" sur mon siège, petit bout semble danser lui aussi… Un répertoire parfait pour son éveil musical.

Un spectacle qui illustre notre rapport au temps, à l’espace, au corps et à la pensée. Humour, musique, lumière, texte et danse se mêlent et s’entremêlent avec brio sur le plateau. Ma première représentation de l’année, appréciée et savourée avec ce petit être qui, lui aussi, aura bien participé, à sa manière..

 

Valérie Desbrosse

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18 février 2018 7 18 /02 /février /2018 19:19
Atelier 29

 

Un spectacle produit par le CNAC (51) et la Compagnie Les Mains les Pieds la Tête Aussi (69), vu le 3 février 2018 à la Villette.

Mise en scène : Mathurin Bolze
Circassiens : Antonin Bailles, Inbal Ben Haim, Fraser Borwick, Corentin Diana, Leonardo Duarte Ferreira, Anja Eberhart, Tommy Edwin Entresangel Dagour, Joana Nicioli, Noora Petronella Pasanen, Thomas Pavon, Angel Paul Ramos Hernandez, Silvana Sanchirico, Emma Verbeke

Genre : Cirque
Public : Tout public
Durée : 1h30

Avec "Atelier 29", mis en scène par Mathurin Bolze, je viens de renouer avec une tradition trop longtemps abandonnée, à tort : la découverte du spectacle de fin d’études des jeunes circassiens diplômés du CNAC.


"Atelier 29" est un titre qui fait sens : 29 comme la 29e promotion du CNAC, composée de 13 jeunes gens, 6 garçons et 7 filles, fraîchement adoubés du sceau de l’excellence. Atelier car pour relever le défi de l’exercice qui consiste à faire la promotion de la promotion, dans son entité et dans la mise en valeur de chacun, Mathurin Bolze a opté pour une création collective. Outre la partie proprement circassienne, chacun a été partie prenante de la création dans son ensemble. En outre, Mathurin Bolze a convié six étudiants de l’ENSATT à s’emparer de la partie technique : scénographie, son, lumière et costumes.


Le spectacle semble raconter l’histoire d’un pays d’Amérique latine, oscillant entre l’intime et le politique. D’oscillations, il en est question tout du long par le choix de la scénographie. Les 13 jeunes gens évoluent la plupart du temps sur un, deux ou trois plateaux suspendus. Ce sont des planches, plus ou moins ajourées qui montent et qui descendent, qui oscillent ou se balancent, qui dessinent tantôt un intérieur, tantôt les grilles d’une prison. Assorti d’un travail sur la lumière très poussé et d’une ambiance sonore recherchée, ce dispositif scénique, très simple et ingénieux, ouvre des possibles tout à fait inattendus en termes d’espaces mais aussi de jeux circassiens. L’acrobatie règne en maître ainsi que l’aérien représenté dans quasiment toute sa palette : tissu aérien, corde molle, corde volante et sangles. On verra aussi, mais de façon plus fugace, du mât chinois (juché sur les palettes en suspension !), de la roue Cyr et du cycle.

"Atelier 29" donne à voir des tableaux de toute beauté : ainsi ce plateau métamorphosé en intérieur modeste des années 1970 où un couple évolue dans une certaine tension, tandis qu’au tissu aérien une jeune femme enchaîne des figures saccadées ; figures saccadées qu’un couple reprend en portés acrobatiques d’une grande sensualité. Ou encore cette scène qui évoque la dictature : sur un plateau en hauteur inondé de lumière rouge, 4 jeunes femmes tendent les bras à la cinquième qui tente de se défenestrer tandis qu’au sol, dans une lumière blanche et crue, les hommes sont prisonniers d’un cadre qui se referme sur eux comme le feraient les grilles d’une prison. Le tout dans un grand bruit de bottes, crescendo. L’effet est saisissant. Les "numéros individuels" ne sont pas en reste, à commencer par une voltigeuse à vélo qui aime à renverser les rôles et à tenir à distance la gente masculine avec beaucoup d’humour. Si je mets les guillemets aux numéros individuels, c’est qu’ils ne le sont jamais vraiment car ils s’inscrivent dans une narration plus large et que les transitions, en amont et en aval, très soignées, interdisent "le" numéro.

Pour que je sorte totalement emballée, le spectacle aurait gagné à être raccourci d’une bonne demi-heure. Il est un moment où le dispositif devient répétitif pour ne pas dire systématique. L’humour qui imprégnait tout d’abord le spectacle tend à disparaître au profit d’une voix off qui distille une atmosphère "bobo-conceptuelle". Une ambiance à laquelle j’ai bien moins adhéré mais parfaitement assortie aux costumes… Par ailleurs, je trouve que les garçons étaient trop cantonnés à l’acrobatie dansée.
Mis à part ces quelques réserves, "Atelier 29" est une réussite en ce qu’il promeut à merveille la dernière promotion de CNAC. Les images fortes créées par les étudiants de l’ENSATT et Mathurin Bolze magnifient le talent de tous et de chacun.

Catherine Wolff

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19 janvier 2018 5 19 /01 /janvier /2018 18:38
Monsieur de Pourceaugnac

 

Spectacle produit par la Bosse Cie (69), vu à l’Espace George Sand, St Quentin Fallavier (38), le 15/12/2017.

 

De : Molière
Avec : Bruno Miara, Christian Deveze, Karine Revelant, Josiane Vermare et Julien Reneauta
Mise en scène, masques, marionnettes et décor : Michel Laforest

 

Genre : Théâtre
Public : Tout public
Durée : 1h30
Création 2014

 

"Monsieur de Pourceaugnac" est une comédie de Molière qui évoque l’histoire d’un limousin montant à Paris pour épouser Julie, fille d’Oronte. Or celle-ci, en cachette de son père, en aime un autre, Eraste. Ensemble et aidés de Nérine, une entremetteuse, et de Sbrigani, ils vont user de la naïveté de M. de Pourceaugnac et tenter, par tous les moyens, de l’encourager à abandonner l’idée de se marier et l’inciter à retourner chez lui. Peu à peu, ils vont le ridiculiser, le faire passer pour un fou criblé de dettes. Deux femmes vont même aller jusqu’à prétendre qu’elles l’ont déjà épousé !

Monsieur de Pourceaugnac, seul personnage sincère et qui ne cherche à tromper personne, n’en pourra plus de toutes ces histoires, et finira par vouloir rentrer chez lui, loin de toutes ces supercheries urbaines. Une dernière ruse va finalement réussir à faire passer Eraste pour un héros et le conduire à épouser sa dulcinée !

Tous ces imbroglios s’enchaînent, mêlant le vrai et le faux, avec une mise en scène pétillante associant le jeu dynamique de quatre comédiens masqués, des marionnettes grand format et... un travesti ! Ce mariage des genres est une version très divertissante d’une farce musicale évoquant les codes sociaux, le monde des apparences, les illusions propres aux villes par rapport au monde des campagnes, et toutes sortes de préjugés face à ceux qui viennent d’ailleurs… Sujet de pure actualité, non ?

Créée par la Bosse Cie dans le cadre de la friche Lamartine à Lyon et en partie en résidence, elle a déjà été jouée au Chok théâtre à Saint-Etienne et à l’Espace George Sand de Saint-Quentin Fallavier. Elle sera rejouée le 2 février 2018 à Jonage, près de Lyon. A découvrir !

Isabelle Mombellet

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