Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Profil

  • www.vivantmag.fr
  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr

Bienvenue

Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
Vous y trouverez l'ensemble des commentaires de nos correspondants sur les spectacles qui ont été vus. Ce service est en ligne en accès libre depuis février 2007.
Si vous souhaitez prendre contact avec l'une des compagnies présentées, adressez nous un mail à blog@vivantmag.fr, nous vous adresserons rapidement leur coordonnées.
Découvrez sur le site www.vivantmag.fr, le catalogue des spectacles repérés... et l'ensemble des services de l'Association d'Aide à la Diffusion Interrégionale du Spectacle Vivant, l'AdAdiff.
Le Catalogue Vivant 2013/2014 des Spectacles repérés est disponible...
> Commande en ligne sur le site.

Rechercher

Mode d'emploi...

Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

6 août 2021 5 06 /08 /août /2021 13:40

Spectacle de la Cie De Facto (CH) vu au théâtre du Centre le 21 juillet à 13.20 h dans le cadre du Festival d’Avignon Off, du 7 au 30 juillet, sauf le 19

Auteur : Finegan Kruckemeyer

Traduction et Mise en scène : Nathalie Sandoz

Interprète : Frank Michaux

Concept : Andy Packer

Scénographie : Neda Loncarevic & Stanislas Delarue

Musique : Cédric Liardet

Lumière : Matthias Mermod

Vidéo : Nicolas Meyer

Costumes : Elise Vuitel
Genre : théâtre contemporain

Durée : 55 minutes

Public :  tout public à partir de 6 ans

Doublement primée, meilleure pièce et meilleur auteur jeune public, The Tragical Life Of Cheeseboy de l’auteur australien Finegan Kruckemeyer a été jouée à travers le monde, comme beaucoup d’autres œuvres de cet auteur prolifique. Séduite par cette histoire, Nathalie Sandoz en a fait la traduction en français et l’adaptation scénique. C’est ici une première mondiale en français.

Tout l’espace scénique est occupé par une machine bizarre, en panne semble-t-il.  Un homme, qui rappelle par son style les « aventuriers de l’arche perdue », s’affaire sur des plans pour tenter de réparer son engin destiné à voler. La compagnie De Facto s’est clairement inspirée du monde de Jules Verne et des engins volants qu’il a imaginés pour faire voyager ses héros, mais aussi du courant steampunk, « univers qui met en scène une technologie qui utilise la vapeur comme source d’énergie et adopte un air rétro reflet de la révolution industrielle du XIXème siècle ». Le résultat offre en tous cas un décor en bois magnifique, une machine pleine de roues dentées, de voiles, dotée d’une proue qui situe l’engin entre bateau et avion, et agrémentée d’un siège de pilote qui tient du vélo couché. Bref, un décor qui invite immédiatement au rêve.

Mr Brown réalise d’un coup qu’il y a plein d’enfants qui le regardent… Il propose, si toutefois ils sont prêts à s’émerveiller, de leur raconter une histoire.  Celle de Cheeseboy, petit garçon fait de fromage, qui vit avec ses parents faits de fromage, dans un maison en fromage, sur un planète en fromage,  ! Ce n’est vraiment pas commun, et quelle drôle d’idée, surtout quand on n’aime pas le fromage, ce qui est mon cas ! Mais une idée qui m’a tout de même rappelé le Petit Prince de st Exupéry, qui vivait aussi sur une minuscule planète, mais lui n’avait pas de famille…

Cheeseboy s’endort un jour dans sa petite barque rouge amarrée à sa planète. Pendant son sommeil, une météorite transforme la planète en fondue ! Cheeseboy part à la dérive dans les airs et se retrouve sur la planète Terre, au milieu d’une étendue bleue inconnue… Que s’est-il passé, où est-il, où sont ses parents ? Le vent le pousse vers le rivage où, après quelques jours à faire des châteaux de sable, qui disparaissent régulièrement ce qui est très agaçant,  il est recueilli par un couple de tziganes, astronome et astrologue, guidés par leur quête de compréhension de l’univers. Ils vont aider Cheeseboy à rechercher ses parents.

Frank Michaud est doté d’une belle voix qu’il sait moduler pour animer son récit et mobiliser son public, se parlant autant à lui-même qu’à l’auditoire. Il met en scène le périple de Cheeseboy, en utilisant tout ce qui lui tombe sous la main, pour fabriquer les éléments du récit, personnages et objets, quand il ne joue pas lui-même certains personnages. Il est largement assisté par un beau travail de la lumière et des fumigènes, qui accentuent le fantastique du récit, et par des projections animées sur une grande lune/écran, retraçant « l’accident » et la disparition des parents, lorsque la lune révèle à Cheeseboy ce qu’il s’est passé… Parmi de nombreux moments de poésie, j’ai retenu celui où Mr Brown dépose l’un après l’autre  sur un élément de sa machine de minuscules bateaux lumineux qui forment une petite guirlande qui avance, avance… Comme Cheeseboy, petit garçon courageux et attendrissant, qui va aller de l’avant maintenant qu’il ne peut compter que sur lui-même.

Le spectacle propose sept chansons originales, que Frank Michaud interprète en live en s’accompagnant à la guitare ou au ukulélé.  La qualité du travail est indéniable, la scénographie est recherchée, et le texte est porté par un comédien qui sait mettre à profit ses multiples talents pour tenir son auditoire en haleine.

J’ai cependant trouvé quelques longueurs et craint que les enfants ne décrochent, s’agissant d’un texte fourni qui demande de la concentration, particulièrement à 6 ans et pendant  près d’une heure.  Mais manifestement, pas mal d’entre eux semblaient connaître l’histoire et ont manifesté leur enthousiasme à la fin du spectacle.

Un joli spectacle à voir en famille.

 

 

Partager cet article
Repost0
4 août 2021 3 04 /08 /août /2021 17:50
Huitième jour

Spectacle  de la LA MOB À SISYPHE (31) vu à Occitanie fait son cirque en Avignon à 16h30, dans le cadre du Festival OFF d'Avignon du 18 au 25 juillet (relâche le 22 juillet).

Interprétation : Idriss ROCA, Cochise LE BERRE, Raphaël MILLAND

Création Lumière : Louise Bouchicot

Regard extérieur : Benjamin DE MATTEIS, Dominique HABOUZIT

Public : à partir de 5 ans

Genre : Cirque contemporain

Durée : 1h

Dans le cadre des Chroniques plurielles et populaires, un groupe de personnes malentendantes et sourdes est venu voir le spectacle ce jour. Une personne sur les trois communique avec la langue des signes. L'objectif étant de favoriser l'accès des spectacles pour tous avec ou sans interprètes langue des signes en priorisant les spectacles visuels. Sur ce plan, le spectacle était complètement adapté.

Brigade constituée de: Cristian, Taïbé et Leo, Susana, Camille et Valérie

Cristian a aimé le spectacle et notamment cette scène du comédien avec ses pouces : une technique qui l’a surpris. L’artiste est venu après le spectacle échanger avec nous et lui remontrer cette scène.

Taïbé : j’ai beaucoup aimé, très visuel. Leo, mon fils, moins. Moins adapté pour lui, plus pour les plus grands. Leo a 4 ans 1/2.

Susana a aimé aussi le spectacle.

Camille : Déjà très intriguée par le teaser vidéo, le spectacle a fini de me convaincre. Un humour silencieux, ou presque, j’y vois, du coup un humour universel. Par moment un peu décontenancée au cours du spectacle, mais finalement, tout était plutôt millimétré, de chaque seconde de silence à chaque chute. Un petit bémol sur les objets utilisés qui sont pour certains très petits et donc moins faciles à identifier quand on est loin dans les gradins.

Valérie : Un spectacle qui m’interpelle. Un de ces spectacles qui, avec le teaser, me semble un peu trop conceptuel à mon goût. Je sors en me disant que je suis heureuse que celui-ci ait été choisi par le groupe de personnes que nous accompagnons car il m’ouvre à des perspectives vers lesquelles je ne vais pas naturellement. Un travail autour du cirque mais pas vraiment, autour de l’absurde mais pas que, autour de la chute beaucoup, et autour de l’ennui aussi surtout. Ce silence, aucune parole, lenteur d’actions, l’attente. Au début, je me dis « ça va être trop lent, trop long pour moi », et puis les 3 circassiens m’embarquent dans cette parenthèse silencieuse qui finalement me fait beaucoup de bien dans cette période de flux d’informations quotidiennes, de bruits en permanence …  Des choix musicaux que j’ai beaucoup appréciés, qui apportent juste une légère dynamique à ce travail autour de l’ennui et du « raté ».  C’est quoi raté ? c’est quoi l’échec ? ... C'est aussi un spectacle. Peut-être plus à partir de 8 ou 10 ans que 5 ans comme annoncé, notamment par le retour de l'enfant présent dans notre groupe.

Avis commun : très chaud dans la salle, on faisait l’effet éventail avec notre ticket de spectacle. Nous demandons pourquoi pas climatisé, on nous répond que la clim est à fond et qu’il fait quand même 38 degrés dans la salle. Des ventilateurs seraient presque plus appropriés dans les gradins ?

Accessibilité aux personnes sourdes: Quelques scènes sur le devant du plateau qui nous ont été moins visibles par rapport à l'endroit où nous étions placés ainsi que pour les personnes sourdes ayant besoin de visuels tout comme la lumière tamisée qui a moins permis aux personnes de voir les mimiques des visages.

Nous avons été accueillis très chaleureusement par la médiatrice culturelle du lieu qui nous avait prévu un temps d'échanges avec la compagnie après le spectacle. Les artistes étaient ravis d'avoir un retour sur l'accessibilité de leur spectacle pour les personnes sourdes. Merci à eux et merci au lieu.

 

Partager cet article
Repost0
4 août 2021 3 04 /08 /août /2021 13:14
PADPANICK !!!

Dans le cadre des Chroniques plurielles et populaires, un groupe de personnes malentendantes et sourdes est venu voir le spectacle ce jour. La majorité des personnes communiquent avec la langue des signes et ont eu un regard notamment sur l'accessibilité du spectacle par rapport à la surdité.

Spectacle  de la Compagnie L'Estock Fish (13) vu à la Cour du Spectateur à 10h30, dans le cadre du Festival OFF d'Avignon du 10 au 24 juillet (relâches les 11 et 18 juillet).

Interprétation : Olivier Gaudin, Lana Paic

Mise en scène : Olivier Gaudin

Public : à partir de 3 ans

Genre : Cirque contemporain

Durée : 45 minutes

Edmond : Au début, quand il y a que le Monsieur, j’ai pas trop compris où il voulait en venir. Quand la femme est arrivée, j’ai mieux compris le spectacle, ça change tout, l’humour se créé d’un coup. J’ai beaucoup aimé la musique Jazzy, c’est mon style. Une musique douce, pas agressive avec mes appareils auditifs. Le lieu est sympa, ombragé, bien organisé, on est espacé. Plus difficile pour se comprendre à midi quand il y a plus de monde et des groupes d’enfants qui arrivent car les bruits s’accentuent. Les boîtes en bois sont jolies et bien pensées.

Denise : Le lieu du spectacle est accueillant et sympa car ça fait très familial. Le spectacle est adapté aux enfants et aux adultes même sourds car il y a très peu de paroles et c’est très visuel. Je n’ai pas pu voir ce que la personne qui gère la musique sur le bord disait aux comédiens sur scène. On a vu le comédien louper une scène et il aurait pu improviser à ce moment-là pour que ce soit plus drôle, tel un clown qui nous montre qu’il fait des erreurs exprès.   Pour la musique, j’entendais un peu. L’emplacement était agréable car il y avait de l’ombre avec des arbres.

Philippe et Marisa : On a aimé le spectacle, très comique. Les chutes sont drôles et les accessoires sont bien trouvés. Très beaux jonglages. Assise un peu dure sur les bancs en bois. Pas d’interprète en langue des signes mais spectacle très visuel donc on a pu comprendre et apprécier. Seulement la personne à la musique où on ne peut pas comprendre ce qu’il dit.  Lieu du spectacle très agréable, joli et avec de l’ombre. On a aimé la participation des enfants à la fin du spectacle, ça fait de l’interaction avec le public.

Taïbé et son fils : Un spectacle très drôle dans un cadre très joli. Spectacle accessible car visuel. J’ai tout compris grâce aux mimiques du visage des comédiens. Un joli moment passé avec mon fils qui était ravi et a beaucoup aimé le spectacle aussi.

Valérie et Béatrice: un lieu agréable et très accueillant. Le spectacle très visuel a pu être accessible aux personnes que nous avons accompagnées. Quelques interludes de textes avec la personne qui gère le son du spectacle ont pu être plus difficiles d'accès pour les personnes sourdes bien que la compréhension globale n'en ait pas été trop altérée. Une sortie au festival qui a ravi les personnes présentes ainsi que les plus jeunes de 5 ans.

Les avis sur la notation ont divergé et n'ont pu mener à une note commune, nous avons donc fait le choix de laisser les retours de chacun au plus près de leur ressenti sans y ajouter d'étoiles (entre deux et trois étoiles étaient proposées par les participants).

Nous remercions les artistes pour le temps d'échanges proposé à la fin du spectacle ainsi que toute l'équipe du lieu et sa directrice qui nous ont accueillis très chaleureusement. 

Partager cet article
Repost0
3 août 2021 2 03 /08 /août /2021 16:46
source Catalogue Off 2021

source Catalogue Off 2021

Spectacle de la compagnie Paradoxes (25) vu au théâtre Girasole,  le 23 juillet 2021 à 15.50 h, dans le cadre du Festival OFF d'Avignon,  du 7 au 31 juillet sauf lundi

Auteur Matt Hartley

Mise en scène : Paméla Ravassard
Traduction : Séverine Magois
Interprètes : Emilie Aubertot, Karina Beuthe Orr, Sébastien Desjours, Stefan Godin, Garlan Le Martelot, Benjamin Penamaria, Emilie Piponnier.

Scénographie : Benjamin Porée

Lumières, assistant m.e.s. : Cyril Manetta

Scénographie : Benjamin Porée

Costumes : Hanna Sjödin

Musique : AkorplakX

Collaboration : Henri Dalem
Genre théâtre contemporain  

Public  tout public à partir de 12 ans

Durée 1.35 h  

Appréciation coup de coeur

La présentation du spectacle fait référence à Ken Loach pour définir l’écriture de Matt Hartley… Ce qui a éveillé ma curiosité, car j’aime beaucoup ce genre de cinéma réaliste qui met en scène une certaine misère sociale, mais qui n’est cependant  jamais exempt d’humour « so british » !  Je clôture donc mon séjour au Festival Off, en allant voir cette histoire de deux frères, Pete et Rich, que tout semble opposer. L’aîné sort de prison et souhaite retrouver sa fille de 15 ans qu’il ne connaît pas. Le cadet veut comprendre pourquoi il a tellement peur de devenir père…

Le plateau est éclairé par des rangs de néon posés au sol et accrochés aux cintres. Lumières blanchâtres, crues, qui délimitent au centre un espace sombre. Musique rock, ça démarre fort.  Rich installé dans un fauteuil est absorbé dans un jeu vidéo. A la porte apparaît Pete. Après presque 10 ans d’incarcération, il regagne la maison familiale, désormais occupée par Rich, leur mère étant partie vivre ailleurs. La reprise de contact est difficile, la rancœur toujours présente. Le crime n’est pas pardonné et Pete reste un paria…

Obsédé par sa volonté de retrouver sa fille, et pour obtenir des informations, Pete tente de renouer le contact avec Franck leur beau-père, qu’il n’a jamais accepté et  qui a pourtant fait de son mieux pour s’occuper de leur famille après que le père violent les ait abandonnés. Il est désormais séparé de la mère, et on comprend que Pete n’est pas tout à fait étranger à cette rupture… L’accueil n’est pas cordial et Franck  lui suggère de laisser sa fille tranquille…   Parallèlement, Rich souhaite renouer avec sa petite amie, Lucy, qu’il regrette d’avoir abandonnée alors qu’elle était enceinte, et qui a avorté. Il essaye de plaider sa cause auprès de la mère de Lucy, mais il se montre violent à son encontre.  Lucy finira cependant par accepter de le revoir… Mais plus tard, peut-être.  

A force de persévérance Pete finit par savoir où se trouve sa fille. Il parcourt les 65 miles qui séparent Hull de Sheffield, où Jenny vit désormais chez ses grands parents qui l’ont adoptée. Le grand-père lui livre des informations rassurantes, et il comprend que pour le bien de son enfant, il faut qu’il accepte de s’effacer …

Cette sombre histoire met en scène des êtres que l’on sent en proie à une sourde colère. Ils connaissent des conditions de vie difficiles, et semblent malgré eux reproduire les schémas familiaux où la violence est dominante, et l’incapacité à exprimer des sentiments positifs flagrante. Le problème de la filiation et du déterminisme est ainsi clairement évoqué. Est il possible d’échapper à cette spirale ?

La mise en scène de Pamela Ravassard, qui m’a d’abord surprise, s’avère finalement précise et recherchée. Elle souligne l’intensité dramatique palpable en permanence, au moyen d’éclairages blancs et froids, assortis d’un accompagnement musical rythmé savamment choisi. Des projections de « zebras » lumineux, qui se reflètent sur des paravents noirs réfléchissants mobiles - déplacés à vue lors du changement de scène – accentuent l’ambiance électrique.  Comme dans un triste ballet, les personnages se croisent, se cherchent, s’affrontent, tentent de communiquer, dans cet espace en demi-teinte, incarnés par sept comédiens talentueux et très inspirés,  qui rendent attachants ces êtres déchirés qui font ce qu’ils peuvent pour se sortir sans trop de casse de  leurs difficultés

La puissance émotionnelle que se dégage du spectacle est telle que pendant 1 h 30 on n’entend aucun bruit dans le théâtre, tant le public est concentré. Conquis, il offre à la troupe un ovation debout à la fin de la représentation.

 

 

 

Partager cet article
Repost0
3 août 2021 2 03 /08 /août /2021 15:47
L'homme qui dormait sous mon lit

Spectacle de la Cie Scène et Public (75) Vu au Théâtre des halles lors du festival d’Avignon OFF, entre le 7 et le 30 juillet 2021, à 21h30

Durée : 1H20

Public : Dès 12 ans

Genre : Théâtre contemporain

Texte et mise en scène : Pierre Notte

Interprètes : Muriel Gaudin, Silvie Laguna, Clyde Yeguete

Quand vous étiez petits, il y avait un monstre sous votre lit et maintenant que vous êtes grands c’est un migrant. Poli, conciliant mais terriblement encombrant, là, toujours là à essayer de s’asseoir sur la chaise qui trône au milieu du plateau et qui vous appartient. C’est votre place, votre espace, mais lui n’en a pas ? Fallait pas fuir à la première fissure, regarde il y en a une dans le mur et moi je reste. Lui aussi doit rester, sinon bye bye les allocations. Il faudra accepter de lui faire du thé et de se faire corriger ses fautes de syntaxe, il fera pousser à votre insu des plants de tomates sous votre lit, oui “les gens qui voyagent ça n’a pas de terre mais ça fout de la terre partout”. Bref il faudra le surveiller sauf quand il s’apprêtera à sauter par la fenêtre parce qu’on reçoit une prime de l’Etat si notre migrant se fout en l’air tout seul comme un grand. Mais attention il va en foutre de partout et puis “abîmer mes pensées à hésiter encore entre le dedans et le dehors”, oui c’est très compliqué, je peux vous dire que ça fait passer l’envie d’en accueillir un chez vous.

 

Heureusement pour adoucir les deux fauves, car il y a bien deux fauves, le migrant n’est pas misérable mais drôle et intelligent, une modératrice ouvertement comédienne (Muriel) fait son entrée et leur propose une série d’exercices assez extrêmes (attouchements, mise à nu) qui ajoutent au cynisme ambiant de la pièce une rigolote touche d’absurde. Entre la terre dans le thé, les faux-meurtres, les faux-suicides et les chaises musicales sans musique, nous rions et entre nos dents se posent sur leurs chaises quelques questions : qui est le migrant de qui ? comment accueillir ? trouver sa place ? pourquoi on fuit ? est-ce qu’on peut aimer ce qui ne nous ressemble pas ? est-ce que Pierre Notte va nous répondre ? que peut le théâtre devant la morale et la politique ? Pas grand chose, alors autant se mettre sous le lit mais surtout ne pas s’endormir : si on ne peut pas répondre, on peut toujours faire gargouiller son ventre.

 

La pièce bien campée sur son parquet, “le seul qui craque tout seul”, elle regorge d’images, de métaphores, de danses et de jeux de mots : tout s’agite, même pas besoin du séisme qui surgit pour être remué, on est déjà “trop secoués pour sentir une secousse” tant et si bien que le quatrième mur finit par tomber sans même qu’on se sente épiés : pour autant, sommes nous à la bonne place ? J’ai espionné Pierre Notte à la sortie qui a murmuré je cite : “j’ai monté cette pièce parce que j’avais honte” mais subtilité suprême, cette honte reste tapie sous une nappe de poésie et d’humour, s’oublie derrière l’élégance et la complexité des personnages, donc pas un coup monté, cette pièce mais délicieuse pièce-montée, vous pouvez donc monter le son de la non-leçon !

 

Célia Jaillet

Partager cet article
Repost0
2 août 2021 1 02 /08 /août /2021 17:25
Source catalogue Off 2021

Source catalogue Off 2021

Spectacle de la compagnie Nomades (02) vu le 23 juillet 2021 à 13 h 55 au théâtre Buffon,  dans le cadre du Festival d’Avignon Off, du 7 au 28 juillet, sauf lundi

Auteur et Mise en scène Jean-Bernard Philippot

Interprètes Pauline Vincent (flûte traversière), Raphaël Jothy (clarinette), Pauline Nadoulek, Daniel Violette, Jean-Bernard Philippot (percussions)

Lumières et vidéo Maxime Aubert

Vidéo Sébastien Sidaner

Décor et marionnettes en art végétal Jean Marc Chamblay

Costumes Marion Prouvost

Genre : théâtre contemporain, marionnettes, arts numériques

Durée 40 min

Public tout public à partir de 5 ans

La très jolie affiche du spectacle a attiré mon attention… Je cherche à voir des spectacles orientés jeune public, et celui-ci annonce l’association théâtre, marionnettes, et arts numériques. C’est tout à fait dans l’air du temps, et ce devrait être pas mal…  Cette année, il y a moins de spectacles jeune public (environ 30 %), mais beaucoup de créations, dont cette « Petite Fleur qui voulait voler »…

Nous nous installons et attendons quelques minutes que le public, très limité puisque nous sommes une dizaine seulement dans la salle, s’étoffe un peu… Les effets délétères du pass sanitaire ?? 

Je mets à profit ce temps pour admirer le décor, vraiment très beau, plutôt fourni, réalisé avec des matières végétales, osier, bambou, papier végétal, bois. Un musicien est installé à cour, légèrement masqué par des éléments du décor. A jardin, une cabane et un jardinet….  Au centre, une grosse boule blanche, sur laquelle est projeté le globe terrestre, au début du spectacle qui commence agréablement au son de la clarinette…

Le jeune garçon (et clarinettiste)  rejoint ensuite son grand père près de la cabane pour jardiner avec lui. Je trouve d’emblée le ton du grand-père très « doctoral » …  Le jeune garçon emporte un panier de graines de fleurs, et une graine tombe malencontreusement  du panier au milieu d’un pré, après qu’il ait trébuché sur un obstacle. Elle germe et grandit jusqu’à devenir une jolie fleur qui s’éveille à la vie au cœur de la grande boule blanche, qui symbolise la graine, ou le bulbe. Son développement  accompagné musicalement à la flûte traversière, et visuellement par des projections vidéo très colorées, évoquant la peinture de Monet ou Van Gogh, aux dires de la compagnie,  sur l’ensemble du décor. L’effet est assez réussi. 

La pauvre fleur est un peu perdue dans un environnement inconnu, ses frères et sœurs sont plantés ensemble dans le jardin du grand-père. Mais courageusement, elle fait de son mieux pour s’adapter et commence à communiquer avec  tout ce qui l’entoure, plantes et insectes, tous réalisés en osier tressé.. Dont deux grandes sauterelles magnifiques, qui curieusement, s’expriment avec un accent « petit nègre » .  (désolée, mais je ne vois pas d’autre mot à utiliser !),  ce que j’ai trouvé de mauvais goût et vraiment contre-productif, eu égard aux messages que veut véhiculer le spectacle.

Cette histoire de petite fleur aurait pu se suffire à elle-même, mais pour appuyer le propos, l’auteur a choisi de mettre en scène une jeune fille, Maumachi (Abeille en bangladais.. !) dont la famille réfugiée « climatique »,  arrivée sur un petit bateau, vient de s’installer tout à côté de chez le jeune garçon..

Il semble qu’il s’agissait de faire le parallèle entre les deux histoires, celle de la petite fleur et celle de  la jeune immigrée. Etait-ce utile ? A la limite, ce pourrait être l’objet d’un autre récit…  Car cela fait beaucoup, de thématiques qui s’entrechoquent,  les migrations, le déracinement, les cultures du monde, le voyage, les différences, le réchauffement climatique…. Dans un spectacle de 40 minutes, avec 4 comédiens et 1  musicien sur scène.  

Et j’ai trouvé que c’était vraiment dommage… Tous les ingrédients pour faire un beau spectacle sont présents, décor recherché, musique en direct, utilisation de différentes techniques de jeu, belle création lumières…. Et finalement, beaucoup de bavardages, d’explications, trop, qui cassent le rythme, occultent terriblement la poésie. Cela tourne au cours magistral purement didactique. N’oublions pas que le spectacle est préconisé à partir de 5 ans… Le grand père m’est apparu assez détestable, et en tous cas, inapte à captiver les (ses ?)  petits enfants !

A vouloir faire passer trop de messages, on finit par n’en faire passer aucun…

 

 

Partager cet article
Repost0
2 août 2021 1 02 /08 /août /2021 16:43
Sans effort

Spectacle de la Cie Snaut (CH) vu au Théâtre du train bleu lors du festival d’Avignon OFF, entre le 7 et le 26 juillet 2021, à 22h05

Durée : 1H15

Public : Dès 14 ans

Genre : Théâtre contemporain

Auteurs : Tiphanie Bovay-Klameth, Joël Maillard, Marie Ripoll

Mise en scène : Joël Maillard

Interprètes : Joël Maillard et Marie Ripoll

J’entendais de partout “Sans effort c’est très fort, c’est à voir dans une vie” alors comme j’en ai une de vie, à remplir d’autres vies sur accoudoirs, je me suis dit moi aussi je veux parler aux autres de “Sans effort”, mais avant d’aller poser mon oreille bouche cousue sur un siège j’ai voulu voir un peu de quoi ça parlait mais bouche cousue aussi j’ai pas pu lire grand chose à part que ce spectacle on pouvait le lire nulle part, qu’il n’avait pas été écrit, que c’était une contrainte qu’ils s’étaient mis, les artistes, sur le coup ça me fait penser à l’Oulipo moi, je me dis chouette, ça a l’air rigolo, j’y vais, j’y suis allée et rigolo ça l’a été.

Dans le dossier de presse que seuls les journalistes ils ont droit de le lire, Joël Maillard a mis qu’il peut pas, je cite, “décrire, ni présenter les personnages, ni détailler sa fable ou sa forme, ni évoquer ce René R crédité d’absence au générique”, et juste après, paragraphe en-dessous “heureusement, des journalistes l’ont fait à ma place”. Et là je me suis rendu compte de la sacrée responsabilité que j’avais, moi comme journaliste : l’espérance de vie de mon compte-rendu elle est plus grande que celle du spectacle, alors pas de bêtise, va falloir être au plus près de lui, mais sans non plus dire trop fidèlement ce qu’il y a dedans, déjà que j’ai attrapé des phrases toutes entières dans mon carnet, première bêtise, c’est mal parti.

Mais pour eux aussi c’est mal parti, au début, René le comédien en chef il est parti, cinq jours avant la première, et sa femme aussi elle est partie mais dans son dernier souffle elle a eu le temps de lui souffler, à René, tout un poème long comme une épopée que les deux comédiens sur scène ils vont nous répéter, épaules contre épaules pour s’épauler et sauter dans les trous de mémoire de l’autre quand il en tombe un ou alors pour s’écarter, lever l’ancre, le bras, donner chacun de leur côté mais bien en choeur la version qu’ils préfèrent, avec métaphores, synonymes et détails singuliers, et c’est beau de voir deux paroles symétriques se défaire l’une de l’autre sans qu’on en perde une seule parce que nos oreilles sont deux donc elles peuvent tout attraper. Tintamarre parfaitement harmonieux ça oui, entre ses fugues, ses variations, ses refrains, tout ça sur fond de percussions endiablées, mais aussi patatrac, de baguettes cassées, de cordes fendues, eh oui la bêtise chez ces frénétiques indolents fait partie du jeu tant et si bien qu’au premier rang un spectateur s’est mis à rêver de Beyrouth à voix haute, bêtise ? Non, non, si le poème n’arrête pas de scander “écoute, écoute bien” c’est que toutes les voix peuvent y être accueillies et de lui-même Jacques Rancière a fini par taire son “Beyrouth, Beyrouth partage du sensible...”

Mais le poème il parle de quoi ? D’une île, de barques qu’on pousse du pied, de racines joyeusement hallucinatoires qui poussent entre leurs pieds et leur font des pieds de nez au moment de disparaître, de stylos qu’on enterre, d’histoires qui se transmettent en rythme et en musique, de générations qui se succèdent, de vieux qui meurent contre les troncs et dont on mange les entrailles pour retrouver une mémoire première, une écriture figée, la racine, le tronc, comme le bâillement menace toujours la bouche qui voit à travers les âges et derrière les eaux le monde qu’on peut étaler au-delà de ce qu’il montre. C’est confus ? Sans doute un peu, c’est que sont brassés beaucoup de vers et que s’enchaînent tant d’années dans l’île où peu à peu les primitifs deviennent les captifs, mais finalement, je crois que la question que soulève ce spectacle, mais attention, ce n’est que celle que j’y ai lu, et lu sans rien lire, donc bon, et puis il y en a certainement beaucoup d’autres ou alors il y en a aucune, de questions, mais bon que ce spectacle soit problème ou solution, qu’il demande “pour ou contre l’écriture ?” ou déclare “nous avons une bonne mémoire” finalement ce qui compte ce n’est pas le conte mais qu’il y soit.

Célia Jaillet

 

 

Partager cet article
Repost0
2 août 2021 1 02 /08 /août /2021 14:57
Rachel, danser avec nos morts

Spectacle de la Cie By collectif (31) Vu au 11 Gilgamesh lors du festival d’Avignon OFF, entre le 7 et le 29 juillet 2021, à 13h10

Durée : 1H30

Public : Tout public

Genre : Théâtre contemporain

Ecriture et mise en scène : Delphine Bentolila

Interprètes : L. Barbier, D. Bentolila, S. Brel, N. Dandine, J. Kpéré, A. du Rivau, L. Roy, J. Sabatié-Ancora

Le mariage de Rachel va être célébré, toute la famille se réunit dans la grande maison pour s’occuper des préparatifs, mais à mesure qu’approche l’instant du grand bonheur amoureux, des cris remplacent les murmures enthousiastes. “Hannah, arrête s’il te plaît, c’est mon mariage” mais non, Hannah ne s’arrête pas, par des cris, des lumières, des douleurs, des pardons, elle en a trop au bord des lèvres, faut tout laisser tomber, sinon c’est elle qui tombe du bord, comme la dernière fois où son frère est venu la chercher dans une mer agitée, pour y trouver la mort. Des cris, ils en ont tous à se jeter au visage les uns des autres : les parents ont perdu leur fils et leur fille puisqu’Hannah a été internée et Rachel, leur dernière, n’existe qu’à moitié, entre deux douleurs qui n’arrêtent pas de crever la surface en s’y reflétant. 

Mais on ne crie pas, il ne faut pas crier, pas de vague, c’est le mariage de Rachel, on chuchote plutôt ses cris, ses chagrins, ses doutes, ses regrets au mort. Le frère au visage si mélancolique flotte avec sa planche de surf entre les tables en robes blanches, bouts d’écume endeuillés, tables en dessous desquelles on se cache à ses côtés pour rire un peu, s’enlacer ou lire un destin rassurant dans les cartes. Il y a même du rire et de jolis numéros entre les rides de leurs rancunes. Mais il faut bien que quelqu’un déchire la lenteur et délie les langues pour qu’on puisse enlever les draps cadavériques qui recouvrent les tables, arrêter ce flot ininterrompu d’images océaniques qui s’y projettent, que se fasse un pas pour que cesse le silence absurde qui se prétend dialogue ; apprendre à dialoguer avec des absences qu’on regarde droit dans les yeux et danser sans oublier qu’on danse. 

Rachel donne son titre à la pièce alors qu’elle y est en filigrane parce que c’est elle qui danse, qui absout la famille et la réconcilie dans un geste simple, élégant, abandonné. Son égoïsme devient salutaire : elle veut juste être heureuse et toute sa famille apprend à savourer ce bonheur avec elle sans le grignoter.

Célia Jaillet

 

 


 

Partager cet article
Repost0
2 août 2021 1 02 /08 /août /2021 10:30
Requiem pour Pessoa

Spectacle de la compagnie Ars Poetica (34) vu au théâtre de la Carreterie lors du festival d’Avignon OFF, entre le 7 et le 30 juillet 2021, à 16h20

Auteur : Fernado Pessoa

Metteur en scène : Benjamin Perez

Interprètes : Benjamin Perez, Theodora Carla

Genre : spectacle poétique et musical

Public : tout public

Durée : 1 h

“Nous vivons tous, ici-bas, à bord d’un navire parti d’un port que nous ne connaissons pas, et voguant vers un autre port que nous ignorons. Nous devons avoir les uns envers les autres une amabilité de voyage.” Fernando Pessoa

Il arrive à Lisbonne, c’est la première fois qu’il rencontre cette ville et les parfums qui s’y respirent, il déambule dans les rues, mime les trajets qu’il fait en tramway, s’installe au bureau d’un petit hôtel. Mais qui ça ? Pessoa ? Non, un voyageur, rien qu’un voyageur, grand, une barbe fine, des petites lunettes, il ressemble quand même beaucoup à Pessoa… Mais non, non, un voyageur ne doit rien chercher, rien chercher de particulier pour trouver quelque chose, quelque chose d’autre, d’introuvable, d’inespéré. Un violon fait son apparition entre deux considérations poétiques, la langue portugaise s’entremêle au français qui nous est si familier, et peu à peu, les deux comédiens immobiles sur les planches anciennes de ce théâtre exigu nous emmènent autre part, avec eux.

Avec eux ? Avec Pessoa aussi ? Mais oui, bien-sûr que c’est un spectacle sur Pessoa, bien-sûr que le voyageur ne poursuit pas son seul voyage mais bien quelqu’un. C’est juste que je ne voulais pas le dire trop vite, ce nom de Pessoa qui veut dire “personne”, ce nom qui ne se cache même pas mais qu’on peine à trouver, Pessoa est par-ci, par-là, omniprésent sur les étagères de la bibliothèque à Cour, et sur les traits portugais du comédien et dans sa bouche époustouflée.

On rencontre ce qui entoure le poète, sa mère, ses livres, mais aussi ce qui fait que le poète est poète, ses mots. Ses poèmes sont récités par cœur, les yeux comme fermés, alors on peut fermer les yeux, le violon nous berce tendrement ou nous réveille en augmentant le tempo, le voyageur souffle dans nos cheveux les rêveries couchées en phrases de ce frère lui aussi égaré, lunatique, phrases dont les échos parlent aux déambulations qui nous promènent. On voyage dans Pessoa, et pourtant comme pour Lisbonne, à part quelques détails, quelques sons, quelques danses, tout nous reste profondément étranger... De toute façon, même lorsqu’on est pays, ville ou Pessoa, on n’en finit jamais d’essayer de se trouver, de se connaître. “Je ne change pas, je me visite moi-même, comme un pays perpétuellement inconnu.”

En compagnie de ces deux artistes, vous voyagerez, pas d’un point à un autre mais d’ici à là-bas, et lorsque vous reviendrez de là-bas votre ici ne vous dira plus rien. Il faudra s'avancer un peu pour l'écouter.

 

Célia Jaillet

Partager cet article
Repost0
1 août 2021 7 01 /08 /août /2021 15:48
source Catalogue Off 2021

source Catalogue Off 2021

Spectacle de la compagnie du Kairos (75) vu à la Manufacture Intra-Muros, le 23 juillet 2021 à 10h40 dans le cadre du festival Off d'Avignon.

Texte et Mise en scène David Lescot

Interprètes  Suzanne Aubert, Charlotte Corman, Théodora Marcadé, Elise Marie, Caroline Menon Bertheux, Camille Roy, Marion Verstraeten (en alternance)

Scénographie François Gautier Lafaye

Assistante à la mise en scène Faustine Noguès

Costumes Suzanne Aubert

Lumières Guillaume Rolland

Genre théâtre   

Public  tout public à partir de 8 ans

Durée 50 min 

Un jeune garçon fait face à ses angoisses à son entrée en 6ème. Il espèrait retrouver ses copains de CM2, histoire de ne pas se sentir perdu, mais le voilà propulsé dans une classe où il ne connaît personne, alors que tous les anciens du CM2 sont en 6ème C ! Et avec ça il va devoir se familiariser avec les codes qui régissent la vie au collège… C’est pas gagné !

Trois comédiennes jouent sur le plateau les six protagonistes de cette histoire, indifféremment garçons ou filles, en utilisant quelques accessoires – casquette, sweat à capuche, lunettes, perruques, pour les différencier.

La comédienne qui ce jour-là incarne le récitant est tout à fait crédible dans son rôle de jeune garçon bon élève de 11 ans, qui fait son entrée au collège pas très rassuré. Autant que les autres comédiennes, elle a su adopter l’habillement, le vocabulaire et la gestuelle, d’ailleurs bien observés, des ados.

Egaré donc dans la 6ème D, notre héros fait connaissance avec Basile, son voisin de table, qui semble être le neuneu de la classe,  avec son air ahuri, ses grosses lunettes et sa capuche remontée sur la tête. D’emblée, Basile souhaite savoir s’il est « populaire ». Il ne s’est jamais posé cette question et ne sait même pas ce que cela peut signifier ! Il comprend bien vite qu’il est franchement largué, et la rencontre avec Clarence le leader « populaire » de la classe, ne lui laisse plus aucun doute… Clarence fait en sorte qu’il soit élu délégué, et dans la foulée lui colle son ex-copine Marguerite dans les bras.  Bref il décide et organise pour lui, comme pour toute la classe, sans demander l’avis de qui que ce soit .… Les garçons « populaires » ne candidatent jamais aux postes de délégués, c’est la place des « bolosses », sur lesquels ils font pression ensuite.  Et notre héros a le profil  qui convient... Il n’est pas dans le coup, ,ne connaît rien à la musique que les jeunes écoutent, n’a pas les chaussures à la mode, et même pas de téléphone portable ! D’ailleurs, Clarence lui impose  de s’en procurer un au plus vite, il doit pouvoir lui transmettre ses directives à tout moment. Sinon…

Le pauvre garçon ne sait comment se sortir de cette situation. Et contre toute attente, c’est sa petite sœur, qui elle rentre à la maternelle, qui va l’aider à y voir clair, car elle, elle a déjà pigé les codes ! Décidemment, il n’y a plus d’enfants…. !

La scénographie est organisée autour d’une sorte de grande estrade de bois, équipée de trappes et d’éléments modulables qui se déplient et se transforment en tables, bancs, et peuvent ainsi figurer des lieux différents. Les comédiennes évoluent dans et autour de cette structure, qu’elles  manipulent à vue, et d’où émergent parfois les protagonistes, tels des pantins d’une boite, en particulier la petite sœur, qui déclenche l’hilarité à chacune de ses apparitions. Il faut dire qu’elle est particulièrement impayable avec ses couettes et ses chouchous, et sa façon de parler bébé, mais néanmoins très avertie... Belle réussite que ce personnage très comique. La mise en scène sobre, les jeux de lumière réduits à l’indispensable, font que l’on se concentre pleinement sur le jeu., et permettent en outre une parfaite adaptabilité du spectacle à tous types de lieux.

Le texte, précis et drôle, n’occulte pas cependant les souffrances auxquelles sont confrontés les collégiens, dont les parents n’ont même pas conscience, car bien souvent, leurs enfants ne parlent pas de leurs difficultés d’intégration au groupe, pas plus que des brimades et du racket. Ils se sentent bien trop nuls…  

Heureusement l’histoire de notre héros se termine bien. David Lescot a certainement voulu rester positif et léger, le propos n’étant pas ici d’aborder les problématiques du collège,  mais plus  simplement de démystifier le passage de l’école primaire au secondaire, quand on redevient « petit », alors qu’on était « grand » au CM2.

Voilà finalement un spectacle qui réjouira jeunes et moins jeunes, peut-être même plus encore les aînés, auxquels il rappelle « le bon temps », même si le monde des ados n’a plus grand-chose à voir avec celui qu’ils ont connu !

 

 

 

Partager cet article
Repost0