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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
Vous y trouverez l'ensemble des commentaires de nos correspondants sur les spectacles qui ont été vus. Ce service est en ligne en accès libre depuis février 2007.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 15:44
L'Opération du Saint-Esprit
Source : Lauren Muyumba
Source : Lauren Muyumba

Spectacle de la compagnie Céliandre (06), vu le 11 juillet 2016, au Théâtre du Tremplin dans le cadre du Festival d’Avignon Off


Auteur : Michel Heim
Mise en scène : Catherine Lauverjon
Avec : Dominique Brenot, Sébastien El Fassi, Maxime Farsetti, Olivier Martineau, Serge Millet, Michael Sisowath, Christop
he Ussel


Genre : Comédie
Public : Tout public, à partir de 12 ans
Duré
e : 1h20

Éclats de rire garantis. "L’Opération du Saint Esprit" est un spectacle choc, qui dérange, mais irrésistiblement drôle. Un humour piquant, subversif, qui aurait pu prendre une tournure laborieuse, un ton un peu lourdaud ou de mauvais goût. Pourtant, le jeu des comédiens, les jeux de mots, les dialogues ciselés, le comique de situation et les rebondissements offrent un moment de pure distraction. Les ingrédients d’une comédie sont réunis. Une pièce à prendre avec des pincettes, au dixième degré évidemment.

Dans ce petit théâtre familial où chacun se trouve près de la scène, impossible de passer à côté du jeu extra, et extravagant, de la Vierge Marie. D’ailleurs, est-ce un homme, est-ce une femme ? Le doute plane, surtout que l’affiche annonce "une comédie divinement gay". En tout cas, le personnage provoque des fous rires et apparaît comme le pilier de la pièce, aux côtés des autres comédiens tout aussi bien dans leur rôle.


Le propos clairement anticlérical s’appuie sur des caricatures grotesques, tellement délirantes qu’elles nous ramènent inévitablement à la fiction. Un Jésus efféminé et narcissique, un Saint-Pierre alcoolique qui porte une énorme clé en pendentif, en référence au Vatican, une Vierge Marie on ne peut plus naïve, un ange Gabriel castré, à la voix fluette, amoureux d’elle, un Dieu râleur qui reporte constamment la faute sur le Saint-Esprit, frôle la vulgarité et ne se prive pas de gros mots (un peu plus d’abstinence n’aurait pas fait de mal aux oreilles d’ailleurs).
Le bon Dieu en train de lire le journal "La Croix" ne ressemble en rien au Père miséricordieux décrit dans les livres. À moins qu’il fasse écho au Dieu vengeur de l’Ancien Testament. Pas vraiment, puisque le personnage nonchalant dans son fauteuil n’apparaît pas très actif et semble fuir toute responsabilité. Seul le Saint-Esprit a pris le risque de descendre sur Terre. Mais il y a laissé des plumes et a du plomb dans l’aile. Il va falloir l’opérer, d’où le titre "L’Opération du Saint-Esprit".
Les personnages évoluent dans un décor blanc et sobre, à l’image d’un Paradis désert. Dieu constate qu’il y a même peu de saints et de papes. La Vierge Marie s’ennuie et veut "mettre les voiles" pour aller à la Mecque. Elle s’enthousiasme d’avoir trouvé un job, mais elle sera vite déçue en apprenant par son Fils qu’il s’agit de faire "dame pipi". Et Saint-Pierre rappelle qu’en Arabie Saoudite "c’est aussi le désert".
Sans compter la concurrence avec Satan qui aimerait récupérer davantage de monde en Enfer. Dieu s’interroge alors sur la perte du nombre de fidèles. Est-ce dû à la complexité de la Trinité ? Faut-il interdire les icônes comme en Islam ? Est-ce que parler de paix devient ringard ? Faut-il durcir les commandements et être plus colérique pour attirer des adhérents ? Ou au contraire assouplir les règles ? Saint-Pierre trouve la chasteté trop stricte et pense avoir trouvé la solution pour amener plus de monde au Paradis. Il tente de convaincre le Père d’autoriser les ébats amoureux en dehors de tout objectif de reproduction.

Derrière une légèreté apparente, on trouve un théâtre engagé. Au-delà d’une critique anticléricale, la pièce n’hésite pas à se moquer de la société de manière générale à travers des anachronismes (Jésus qui veut faire un retour sur Terre pour être une star et passer à la télé) et la personnification (Dieu et son Fils se sont rasés la barbe pour être à la mode).
L’humour est graveleux. "Tous des obsédés" comme le dit lui-même le Père. Et les allusions à l’homosexualité sont nombreuses, parfois redondantes : "Colombe", "folle", "tente"… L’auteur, un militant de la cause homosexuelle, s’en donne à cœur joie. Mais ce spectacle complètement déjanté passe comme une lettre à la poste. La magie de l’humour opère et l’on ne s’ennuie pas un instant. On ne devrait pas se sentir froissé quelles que soient nos propres convictions, hormis un moment de dérapage où la croyance devient synonyme de sottise. Est-ce qu’avec l’ironie tout est permis ? La pièce ranime un vieux débat, toujours actuel, sur la frontière parfois étroite entre la liberté d’expression et le blasphème.


Certains parallèles rappellent que le texte date de 2007 (président Sarkozy, pape Benoît XVI…) mais l’auteur ne s’est pas pour autant brûlé les ailes : "L’Opération du Saint Esprit" s’inscrit encore dans l’actualité, notamment avec le sujet brûlant du radicalisme religieux. Mais rappelons que même si la pièce offre de quoi relativiser et aiguiser notre sens critique, on comprend d’office que nous sommes là pour nous divertir, non pas pour réfléchir. Athées et croyants pourront rire de bon cœur. En fait, tous ceux qui prendront la distance nécessaire sans oublier que l'on peut rire de quelqu'un que l'on aime, si la forme n'est pas agressive et le fond intelligent.


Lauren Muyumba

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17 juillet 2016 7 17 /07 /juillet /2016 18:31
Comment? Nous avons les réponses
Source : Cie Garde Fou
Source : Cie Garde Fou

Spectacle de la Cie Garde Fou (75), AVIGNON OFF 2016, Théâtre Au bout là-bas, à 17h du 07 au 30/07 sauf 11, 18, 25

D’après : "Comment voyager avec un saumon?", d’Umberto Eco

Avec : Elise Vigor et Laure Duedal

Mise en scène : Elise Vigor

Genre : Théâtre

Public : Tout public à partir de 15 ans

Durée : 1h10

Umberto Eco n’a pas écrit que des romans "sérieux", au rang desquels "le Nom de la Rose". Il semble avoir commis quelques chroniques savoureuses, sous forme de questions/réponses ou modes d’emploi, publiées en 1992 en Italie, sous le titre "Comment voyager avec un saumon?", traduites en français en 1997 par Myriam Bouzaher. Ses talents d’observateur lui ont inspiré des textes mordants, parfois cyniques, qui ne se privent pas d’égratigner ses semblables. Séduites par le texte, Elise Vigor et Laure Duedal en obtiennent les droits et imaginent d’illustrer treize de ces textes, au fil d’une conférence menée par Marie-Agnès Dupuis, sociologue, chercheuse au CNRS assistée de sa stagiaire, Prune. Sur scène donc, le matériel qui sied à une conférencière, table, documents, verre et bouteille, et l’inévitable paper board. Les deux intervenantes sont vêtues strictement, comme il convient. Pendant que Marie-Agnès Dupuis parle, Prune synthétise les propos sur papier, non sans se faire rabrouer le cas échéant.

En ouverture, un premier mode d’emploi fort à propos nous est servi "Comment ne pas utiliser le téléphone portable ?". En réalité, la démonstration s’articule autour des catégories de personnes qui ont réellement besoin d’utiliser le téléphone portable, pour des raisons professionnelles ou médicales, et celles qui veulent se donner de l’importance. Pour finir, il est évidemment démontré que le téléphone portable n’est pas le symbole de pouvoir que les gens imaginent, loin s’en faut ! Le ton est donné, et le récit suivant "Comment manger en avion?" vaut aussi son pesant de cacahuètes… Le mime délirant qu’en propose Prune détend de plus en plus l’atmosphère. Les sketches s’enchaînent… Et nous apprenons enfin "Comment reconnaître un film porno?" (non, ce n’est pas ce que vous croyez !), les alternatives pour éviter de dire "absolument", etc. "Comment ne pas parler de foot" se révèle un grand moment de théâtre, où beaucoup reconnaîtront du vécu.

Au fil du spectacle, les deux intervenantes se lâchent de plus en plus, s’échauffent, commencent à se dévêtir (non, messieurs, ne rêvez pas !). Les conférencières strictes laissent place à deux furies en délire. Jusqu’au moment où pour éviter le "pétage" de plombs, elles décident de faire une pause, et l’une des deux quitte la salle. J’ai trouvé que cette rupture, qui m’a semblé longue, cassait le rythme. Et pour ma part, j’avoue avoir un peu décroché… Et c’est dommage, car la fin, avec le texte "Comment se préparer sereinement à la mort" (1997) nous propose une méthode des plus intéressantes pour accepter la mort, le plus tard possible évidemment !

Néanmoins, la Compagnie Garde fou nous propose une illustration réussie de ces textes loufoques et drôles, qui laissent la part belle à l’improvisation. Et il en reste encore pas mal à exploiter… A suivre donc.

Cathy de Toledo

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17 juillet 2016 7 17 /07 /juillet /2016 15:41
Les jeux de l'amour et du pouvoir
Les jeux de l'amour et du pouvoir

Spectacle de Bastille Productions (75), AVIGNON OFF 2016, Théâtre de l’Etincelle, 15h30 du 07 au 30/07

Comédie perverse de : Michel Heim

Avec : Alis Guquet, Gaël Dubreuil, Michel Valls, Michel Heim

Mise en scène : Anne Lise Liens

Genre : Théâtre

Public : Tout public à partir de 12 ans

Durée : 1h15

Cette année encore, comment résister au plaisir d’aller voir une pièce de et avec Michel Heim, d’autant plus que celle-ci est inédite en Avignon ? Cette fois-ci, pas de références historiques, pas de costumes, même pas une petite perruque ! Les faits évoqués sont intemporels. Le décor est minimaliste, une table, une chaise, un fauteuil "à géométrie variable".

L’histoire met en scène un compositeur de génie, vieillissant et surtout en mal d’inspiration, auquel le ministre des Arts, Hyppolite d’Angoulême, a réclamé une œuvre qui tarde à venir. Des liens particuliers unissent les deux hommes, dont l’un a été le maître de musique de l’autre dans ses jeunes années, mais aussi son initiateur aux plaisirs de la chair, son amant et protecteur des années plus tard. Il se trouve que le Maestro cherche un remplaçant à son valet qui l’a abandonné pour convoler en justes noces, malgré leurs relations "très privilégiées"… Alors que les deux hommes sont en conversation, une jeune femme vient se présenter, qui bien évidemment ne peut faire l’affaire. Il s’avère qu’elle est la fille de l’intendante du domaine d’Angoulême, où elle se souvient avoir croisé le Maestro, avant qu’il ne soit chassé ainsi qu’Hyppolite quand le Duc a découvert les relations "contre nature" entre le professeur et son élève. Un jeune homme se présente également chez le Maestro, mais qui ne brigue pas la place. C’est un jeune compositeur arrivant de province, admirateur du Maître, qui souhaite lui soumettre une œuvre et bénéficier de ses enseignements… Le Maître voit là le moyen de récupérer les compositions du jeune homme, pour combler son déficit d’inspiration… Et s’il pouvait en même temps arriver à le séduire, ce serait tout bénéfice ! Il lui propose donc la place de valet…

Les jalons sont posés pour un chassé-croisé digne d’un vaudeville, s’appuyant sur des dialogues comme d’habitude en alexandrins, truffés de jeux de mots, de clins d’œil, de références musicales, d’allusions plutôt osées… Oreilles chastes ou prudes s’abstenir, l’écriture de Michel Heim n’est pas pour vous ! Mais pour les autres, dont je suis, laissez-vous aller à savourer ces joutes oratoires au fil desquelles les bassesses sont légion, chacun essayant de mystifier l’autre. Où, derrière la franche rigolade, se cachent aussi de vraies questions. Où l’on apprend qu’un père qui a répudié son fils homosexuel, ne se privait pas de commettre l’adultère à l’occasion. Où la haute société méprise les roturiers (si, si, encore aujourd’hui !). Et l’on se demande jusqu’où peut aller un jeune homme en quête de célébrité, s’il va en particulier céder aux avances du Ministre sous peine de perdre l’amour de la Duchesse qu’il vient de rencontrer? Attention dans ce monde où se confondent amour du pouvoir et pouvoirs de l’amour, où le pouvoir passe facilement des mains des uns aux mains des autres, à ne pas perdre le respect de soi !

C’est un divertissement qu’il faut prendre pour ce qu’il est, léger, mais pas seulement. Les comédiens s’amusent, et nous nous amusons… Avec toujours en filigrane cette capacité de Michel Heim à l’autodérision, et cette faculté à dire, malgré tout, certaines vérités. Au fait, toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé serait totalement fortuite !

Cathy de Toledo

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17 juillet 2016 7 17 /07 /juillet /2016 13:47
Swing Heil
Source : www.lerepublicain.net
Source : www.lerepublicain.net

Spectacle de la Cie la Marguerite (47), AVIGNON OFF 2016, Petit Louvre Van Gogh, 12h30, du 07 au 30/07 sauf le 25

Avec Alexandre Martin Varroy, Marius Pibarot au violon

Mise en Scène Romuald Borys

Genre : Théâtre

Public : Tout public à partir de 12 ans

Durée : 1h15

Vingt ans après, Richard revient à Hambourg. Avant sa destruction, il retourne au Heinze Café où, jeune étudiant de 17 ans, il retrouvait ses copains. Ils dansaient et écoutaient le jazz et le swing américain de Count Basie, Duke Ellington, Benny Goodman, Artie Show. Décembre 1938… C’était le temps des copains, Karl et Joseph, de l’amour, Gretchen, de l’insouciance. Plus pour très longtemps. Tout à leur jeunesse et à leur passion pour cette musique interdite de "dégénérés" noirs et juifs, pas intéressés par la politique, tous voulaient ignorer la peste brune, malgré les mises en garde et les signaux d’alerte de plus en plus évidents.

Leur cri de ralliement "Swing heil", pour pasticher le signal nazi "Sieg heil", leur permettait de sonner la dispersion en cas de descente des troupes de jeunes hitlériens traquant ces rebelles aux cheveux longs, en vêtements débraillés, qui refusaient de se soumettre et de s’enrôler. Pour pouvoir diffuser sous le manteau les disques interdits, ils usaient de subterfuges, fabriquaient des pochettes et inventaient de nouveaux noms de musiciens non "connotés". Richard s’était même fait embaucher quelques heures chez un disquaire pour accéder aux œuvres de ses idoles en libre-service. Il livrait même certains clients... Il s’apercevra à ses dépens qu’il participait à un réseau d’aide aux juifs qui voulaient fuir le pays. Il prendra conscience alors de la gravité de la situation. Les interdictions sont de plus en plus radicales, les cafés musicaux sont fermés par les autorités et il devient évident que l’enrôlement va être obligatoire. Certains du groupe d’amis y voient peut-être un moyen de rester libres, tout en se soumettant, en apparence, et de continuer à vivre leur passion clandestinement. Mais il n’est pas facile de berner le système, de résister à l’endoctrinement, à la surveillance constante, et de faire la part des choses. L’heure des choix viendra, résister ou collaborer, et le destin sera fatal pour beaucoup.

Ce presque seul en scène est porté par un comédien qui incarne tous les personnages et fait montre d’une belle présence scénique. Il est accompagné par cette re-création par un violoniste qui joue des musiques jazz et swing, des airs yiddish. Les moments de musique et de danse sont autant de respirations pour supporter la montée de l’intensité dramatique. Tous deux évoluent dans l’espace abandonné du Heinze Café, où traînent quelques objets, des chaises. Suspendus au plafond, des kakemonos sur lesquels figurent les idoles du jazz de l’époque. D’autres kakemonos sont déroulés au fur et à mesure du spectacle, illustrant la propagande nazi, pour l’enrôlement dans les JH, anti-juive, ou représentant Hitler ou le tristement célèbre drapeau nazi à la croix gammée.

J’ai découvert l’existence de ce mouvement des Swing-Jugend né en Allemagne à l’aube du IIIe Reich, le pendant allemand des Zazous français de l’époque. Mais j’ai surtout découvert un comédien à suivre, qui rend vivante et poignante l’histoire de ces jeunes gens qui "résistaient pour exister" à l’instar de tous ceux aujourd’hui qui osent les mêmes démarches également au péril de leur vie.

Cathy de Toledo

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16 juillet 2016 6 16 /07 /juillet /2016 14:45
Après moi le déluge
Source : compagnie Avec des Géraniums
Source : compagnie Avec des Géraniums

Spectacle de la compagnie Avec des Géraniums (31), vu le 14 juillet 2016 à 17h, à L’ancien Tri Postal d’Avignon, dans le cadre du Festival "Le Tri Fait son Off"

De et avec : Alec Somoza

Genre : Seul en scène

Public : Tout public

Durée : 1 h

Alec, personnage un peu "bédesque", arrive un peu paniqué et speed. Il a rendez-vous avec le guide spirituel pour l’aider à y voir plus clair dans ce monde bien mal fichu et qu’il voudrait bien changer. Avec ses phrases inachevées et syncopées, un peu décousu tant il a à dire, il est tout de suite attachant. Il nous explique son parcours, commencé à la fin de son adolescence avec la communauté rasta, pour acccèder à la transcendance par les plantes. Un vaste programme phytosanitaire, en quelque sorte. Et puis, il nous raconte ses interrogations, ses questionnements, ses expériences en tant qu’animateur socioculturel, ses rencontres… Il est d’ailleurs interrompu régulièrement par une flopée de "maîtres à penser" récurrents et bien réels qu’il a croisés lors de ses différentes quêtes. On y entend ainsi Miguel Benasayag, philosophe tendance libertaire, ou Hervé Kempf, journaliste objecteur de croissance, qui nous présentent ainsi leur vision du monde, leur analyse de la situation… Entre la décroissance, le développement durable ou le capitalisme incontournable ("l'étoffe dont nous sommes fait"), Alec s’y perd un peu dans tout cela, mais nous livre à chaque fois des pistes de réflexion qui ne manquent pas d'intérêt. C’est pour le public l’occasion de découvrir ou redécouvrir des points de vue intéressants autour de ces sujets, que chacun pourra ensuite aller creuser selon son intérêt. C’est aussi l’occasion de montrer la complexité des interactions tout en gardant espoir.

Mais soyez rassurés : c’est drôle aussi ! Alec y dénonce les associations humanitaires qui se paient sur la bête en se payant notre tête, les discours militants parfois un peu limitants, ou la façon d’expliquer à des élèves de terminale comment sauver le monde en triant nos déchets… Même si, en fin de parcours, devant la monstruosité de la tâche à accomplir, Alec "pète un peu les plombs" et, à l’image de beaucoup, imagine qu’il vaut mieux profiter de ce qui nous est donné et se pose en "après moi, le déluge", d’où le titre. Mais ça n’est que pour nous pointer du doigt les méfaits de la manipulation à laquelle tout le monde est soumis. Car il ouvre avant tout les pistes d’une réflexion personnelle et d’un engagement individuel vers le changement.

Ce spectacle créé en début d’année 2016 s’inscrit dans un travail d’éducation populaire, et a trouvé au sein du Tri Postal, lieu alternatif d’Avignon en pleine construction de possibles, un lieu adapté pour ce type de proposition.

A faire découvrir...

Eric Jalabert

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16 juillet 2016 6 16 /07 /juillet /2016 07:43
Le soliloque de Grimm
Le soliloque de Grimm

Spectacle de la Compagnie Fred Saurel, AVIGNON OFF, vu le 13 juillet à 11h30, Théâtre des amants

Comédien : Fred Saurel

Auteur : Bruno George

Metteur en scène : Jean-Philippe Azéma

Assisté de : Camille Fau-Prudhomot

Genre : Théâtre

Public : Tout public

Durée : 1h15

Nouvelle création

Avec "Le soliloque de Grimm", l’auteur Bruno George nous propose une excursion dans la tête d’un SDF. Il vit avec ses souvenirs, ses remords et sa tente Quechua. Ce n’est pas l’aventure au bout du monde mais la mésaventure au bout de la rue, ce n’est pas un explorateur en mal de dépaysement, mais plutôt un expiateur en mal de logement, en mal tout court… Entre rires et larmes, le clochard se raconte, c’est un être humain qui un jour dévisse en pleine ascension sociale. L’alcool est la cause et/ou la conséquence de son mal, il se noie dedans, sans espoir ni retour. C’est touchant, troublant, cette humanité au sol, ployant sous la précarité, cela questionne forcément. J’aime cette écriture bourrée d’humour, de petites phrases bien trouvées qui allègent le propos car il en faut de la douceur et de la dérision pour faire passer l’inhumaine condition, la survivance de cet homme à terre. Le comédien Fred Saurel est magistral, il fait corps avec son personnage, il l’incarne. En fait Fred Saurel ne joue pas Fred Loisel, il l’est ! D’ailleurs, au regard de la similitude du nom du comédien et du nom du personnage, je me demande si l’auteur n’a pas écrit ce personnage pour lui. Le comédien est très fort, tout en finesse, il nous accompagne au seuil de la folie du personnage, insensiblement. La mise en scène de Jean-Philippe Azéma ainsi que la scénographie sont fluides, discrètes et redoutablement efficaces. Il est nécessaire d’aller voir cette pièce joyeuse et désespérée, ne serait-ce que pour modifier un peu son regard sur les gens qui peuplent nos rues. "Le soliloque de Grimm" est une pièce humaniste, sensible et puissante, à voir de toute urgence !

Marie-Madeleine Pons

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15 juillet 2016 5 15 /07 /juillet /2016 16:25
Angélique et l'Oiseau
Source : site Pahaska
Source : site Pahaska

Spectacle en coproduction Cie Créacorsica/Pahaska Productions (34), AVIGNON OFF 2016, vu à 11h40, Espace St Martial, du 06 au 30/07

Chorégraphie : Pat O’Bine

Partition picturale : Jean-Baptiste Cleyet

Danse : Angélique Maunier

Textes dits par : Robin Renucci

Genre : Danse, Poésie, Peinture numérique

Public : Tout public à partir de 3 ans

Durée : 40 min

De grands panneaux blancs installés au fond d’un espace scénique totalement libre, servent de support aux images qui sont le décor dans lequel évolue la danseuse.

Les premiers traits dessinent une maison, d’où Angélique de voiles blancs vêtue, sort pour aller écouter les oiseaux qui chantent dans les bois… Au fil des mots et des images, Angélique croise non pas un, mais de nombreux oiseaux tous différents. En ville des moineaux, à la mer des mouettes, des aigles à la montagne, et bien d’autres. Jusqu’à des perroquets des îles très colorés, des paons magnifiques qui font la roue !

La "partition picturale" de J.B.Cleyet dessinée au fur et à mesure du spectacle, est tout à fait évocatrice et les environnements que nous livre son pinceau sont superbement colorés ou très épurés. Les musiques et les sons collent aux espaces proposés. Outre les chants des oiseaux, on entend des bruits de moteur et de klaxon en ville, des clapotements d’eau à la mer, des avions dans les cieux, et de la musique entraînante dans les pays exotiques…

L’ensemble donne un spectacle fluide, apaisant, joyeux, mais parfois mélancolique… La prestation aérienne de la danseuse, au cœur même des images, est portée par la musique ou par la belle voix off de Robin Renucci qui nous dit de jolis textes courts écrits par René Char, Gérard de Nerval, Maurice Carême, John Keats, André Lemoyne.

Je connaissais le travail de Pat O’Bine, et j’ai retrouvé dans ce spectacle sa capacité à rendre aisé l’accès à un art un peu ésotérique pour beaucoup, dont je fais partie. Et surtout, la chorégraphe produit un vrai spectacle à la fois musical, esthétique et poétique, d’une durée raisonnable, qui a captivé même le plus jeune des spectateurs présents lors de la représentation à laquelle j’ai assisté, qui m’a semblé avoir à peine 2 ans !

Cathy de Toledo

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15 juillet 2016 5 15 /07 /juillet /2016 16:19
La Flûte Enchantée de Monsieur Mozart
La Flûte Enchantée de Monsieur Mozart

Spectacle de la Cie L’opéra en famille (26), AVIGNON OFF 2016, vu à 10h10, Théâtre des Corps Saints, du 06 au 30/07

Mise en scène : Isabelle Fallot

Chant : Isabelle Fallot Billier, Géraldine Casey, Caroline Champy Tursun, Pascal Marin, Vincent Billier

Piano : Christophe Petit

Narration : Pierre Flory

Genre : Opéra

Public : Tout public à partir de 5 ans

Durée : 1h15

Avant tout, je me permets de rappeler le livret. Le prince Tamino a promis à la Reine de la Nuit de délivrer sa fille Pamina, dont il est tombé amoureux à la seule vue de son portrait. Elle est retenue prisonnière par le mage Sarastro, sous la garde de Monostatos. Aidé de Papageno l’oiseleur, le prince va devoir affronter des épreuves au terme desquelles il obtiendra la main de Pamina. Et Papageno rencontrera une Papagena selon ses vœux ! Pendant que la Reine de la Nuit et ses dames, finalement les méchantes de l’histoire, seront vouées aux enfers.

La mise en scène s’appuie sur un décor minimaliste, pendrillons et paravents noirs, complétés de trois cubes lumineux qui seront banc, lit, siège, etc., selon les besoins. Le narrateur et le pianiste sont installés chacun d’un côté de l’espace scénique. Seulement cinq interprètes se partagent onze rôles. Leurs costumes sont contemporains pour la plupart, petites robes noires et perruques violettes pour un look déjanté des dames de la Reine, tenues blanches pour les amoureux Tamino et Pamina, grandes capes et coiffes stylisées (qui m’ont irrésistiblement rappelé Star Trek) pour la Reine de la Nuit et Sarastro. Seul Tamino arbore un costume champêtre qui m’a semblé parfaitement correspondre à son métier d’oiseleur. Isabelle Fallot a conservé, malgré quelques coupures, la majeure partie des airs et scènes de l’opéra, dont l’intégralité est en français. Le narrateur est là pour livrer quelques précisions indispensables. Il assure en outre certains bruitages et accompagnements à la flûte.

Toutefois, le choix de présenter Tamino comme un être couard casse un peu le mythe du prince chevaleresque. J’ai d’ailleurs trouvé que l’interprète ne semblait pas du tout à l’aise… De tous les personnages, le plus convaincant est de mon point de vue Papageno, remarquablement interprété par Vincent Billier, tant par la voix que par le jeu. La proposition de la compagnie est néanmoins intéressante car elle met l’opéra à la portée du plus grand nombre et en particulier du jeune public, bien que l’âge préconisé de 5 ans me paraisse trop jeune, eu égard à la durée et au fait que précisément les choix de mise en scène "théâtralisent" l’œuvre laissant peu de place au merveilleux.

J’ai toutefois été surprise par la modification finale… mais c’était avant d’avoir lu le dossier de presse ! Mais peut-on dire dès lors que l’on respecte l’œuvre ? Quoi qu’il en soit, c’est dans l’ordre des choses que les méchants soient punis, et le jeune public en particulier le comprend bien.

Cathy de Toledo

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14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 15:57
Le Dernier des Hommes de Murnau
Source: site de la compagnie
Source: site de la compagnie

Spectacle de la Cie Cartoun Sardines (13), AVIGNON OFF 2016, théâtre des Lucioles, 12h10, du 07 au 30/07

Film muet "revisité "

Adaptation, acteur, bruiteur : Patrick Ponce

Compositeur, musicien : Pierre Marcon

Acteur, musicien, bruiteur, régie lumière : Stéphane Gamblin

Genre :

Public : Tout public à partir de 11 ans

Durée : 1h25

Après "Faust", la compagnie Cartoun Sardines a choisi de revisiter avec dialogues, bruitages et musiques, un autre film de Murnau, "le Dernier des Hommes". Ce dernier des hommes est le portier de l’hôtel Atlantic, rétrogradé pour cause de vieillesse au rang de "monsieur pipi". La livrée qui lui attirait admiration et respect dans son quartier, lui est arrachée. Il vit cela comme une humiliation et le soir venu il récupère en secret sa livrée avant de rentrer chez lui. Mais une commère, qui a assisté à sa déchéance, a informé ses voisins… Il est anéanti par les moqueries, noie son chagrin dans l’alcool et se réfugie dans les toilettes de l’hôtel où le veilleur de nuit le découvre prostré…

La Compagnie nous propose d’assister au tournage du film en 1924, par le truchement d’un journaliste qui, sur le plateau, suit la réalisation et l’enregistrement "live". Quelques interruptions de prise de vue permettent au réalisateur de livrer précisions et commentaires. Les comédiens ont revêtu des costumes d’époque, et avec les éclairages sépia, l’ambiance générale de l’époque est bien rendue. Et l’on assiste ébahis à la re-réalisation du film. Car il est rapidement impossible de dissocier le jeu, les bruitages, les paroles prononcées en direct par les comédiens du Cartoun, des images muettes projetées sur l’écran. Et il m’apparaît comme une évidence que les mots que j’ai entendus sur le plateau sont bien ceux que les acteurs du film ont prononcés lors du tournage en 1924. La compagnie réussit à intégrer subtilement la deuxième version de la scène finale que Murnau a tournée. A tel point que j’ai presque eu un doute sur la véracité des faits !

Il semble que le Cartoun propose ainsi une voie inverse à celle très utilisée actuellement d’intégrer des productions numériques dans des prestations théâtrales. En cela, elle fait revivre des images presque centenaires, leur conférant une jeunesse et une fraîcheur incroyables, dans le respect de l’œuvre originelle.

Une prestation de qualité, propre à intéresser un public à la fois cinéphile et théâtreux, dans lequel je me reconnais, comme bien d’autres.

Cathy de Toledo

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14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 15:54
The Band from New York
Source : site de la compagnie
Source : site de la compagnie

Spectacle de la Cie Les Zazous du bijou (31), AVIGNON OFF 2016, Atypik Théâtre à 16h35, du 07 au 30/07, Jours impairs

Avec : Matthieu Mailhé et Thibaut Deblach

Genre : Théâtre musical

Public : Tous à partir de 6 ans

Durée : 1h

Le Band est réduit à un seul chanteur à l’arrivée à Paris (?!) n’ayant pu faire suivre faute de moyens financiers, chanteuses du chœur, musiciens, et même les éléphants qui accompagnent son show aux States... Aussi, la structure d’accueil lui a-t-elle alloué un pianiste, Bruno, qui fait ce qu’il peut pour remplacer le Band, affublé d’une perruque à la demande du chanteur. De surcroît Bruno est contraint de traduire tout ce que dit la vedette qui ne parle pas français.

Finalement, "the Band" se lance dans son tour de chant, avec lumières, fumigènes, etc., émaillé d’interruptions burlesques, qui ne sont pas sans rapport avec la vie des chanteurs (Brel, Gainsbourg, Sardou, Cloclo) dont The Band interprète les tubes avec grand talent. Quelques imitations très réussies (J. Birkin, F. Mercury) et quelques prouesses acoustiques comme jouer de la guitare, mais sans guitare, complètent l’irrésistible prestation du showman, dont le succès dépend en partie de son faire-valoir Bruno.

Ce sympathique duo nous sert un divertissement sans prétention, agrémenté de nombreux clins d’œil, qui ne peuvent néanmoins, à mon avis, intéresser les enfants de 6 ans, qui par ailleurs ne connaissent pas grand-chose du répertoire musical évoqué. De fait, il ne me semble pas avoir vu beaucoup d’enfants dans la salle, au demeurant comble… probablement même un peu trop !

Cathy de Toledo

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