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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
Vous y trouverez l'ensemble des commentaires de nos correspondants sur les spectacles qui ont été vus. Ce service est en ligne en accès libre depuis février 2007.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

19 juillet 2015 7 19 /07 /juillet /2015 11:33
Le Petit Chaperon UF
Le Petit Chaperon UF

Spectacle de la Compagnie Théâtre H (91), vu au Festival d’Avignon, à 10h15, Espace Roseau, jusqu’au 26 juillet

De Jean Claude Grumberg

Interprètes : Valentine Leyser, Guillaume Pannetier

Mise en scène : Clarisse Brunelet

Genre : Théâtre

Public : Tout public à partir de 8 ans

Durée : 55 min

Création 2015

C’est le loup qui raconte, ou plus précisément le Caporal Wolf… Alors qu’il était affecté à la surveillance des parcs, jardins et forêts, il croise le chemin d’une fillette de village insouciante et gaie, vêtue de rouge, qui traverse le bois pour se rendre chez sa grand-mère et lui porter à manger. Très vite il lui demande ses papiers sur lesquels est portée la mention U… Il lui apprend qu’elle est donc UF, et que les UFS n’ont pas le droit de porter du rouge, mais obligation de porter du jaune. Qu’ils n’ont pas le droit de manger ce qu’ils veulent mais seulement ce qui leur est autorisé, pas le droit de travailler, pas le droit d’aller où ils veulent, bref, à peine le droit d’exister, et encore… Il lui assène au passage quelques lieux communs répandus sur les nombreuses tares attribuées aux UFS.

Pour les adultes, au moins au-dessus de la cinquantaine, la tentative d’extermination des juifs par les nazis au cours de la guerre de 39/45 n’est pas une « histoire » inconnue. Mais pour les jeunes de moins de 25 ans, cela semble bien loin, voire « étranger », pour certains même sans fondement. Ainsi pour aider à véhiculer le message, la compagnie Théâtre H a-t-elle choisi de confier les rôles du Chaperon et du caporal Wolf à deux très jeunes comédiens de 18 et 19 ans.

Guillaume Pannetier, très largement servi par son physique, grand, mince, blond, les mâchoires carrées, incarne parfaitement le type « aryen ». Il est à l’aise dans son rôle, s’approprie un accent allemand qui sied pour débiter des phrases hachées (dans le style télégraphique faisant abstraction d’articles et mots inutiles du rôle écrit par Grumberg), ponctuées de « Rapapapapa... Tututtut... Ttssstt... » bien plus inquiétants et évocateurs des penchants du loup que « pas si vite, attention, etc. ». Valentine Leyser paraît moins à l’aise, mais sa jeunesse est aussi le reflet de la fraîcheur et de la naïveté du personnage. Toutefois, le spectacle est encore très récent, c’est son premier rôle, et il faut lui laisser le temps de prendre de l’assurance au fil des représentations.

La mise en scène soignée de Clarisse Brunelet s’appuie sur un décor fait de planches dressées figurant les arbres de la forêt, qui tombent les uns après les autres, jusqu’à ne laisser debout que la porte de la grand-mère devenue clandestine dans ce texte, et celle du marchand de tabac qui l’aide à se cacher. Les éclairages en biais donnent l’effet de la lumière diffuse à travers branches dans les sous-bois, aux heures sombres du soir. Ce côté sombre est accentué par le choix de costumes de teintes foncées avec seulement quelques tâches colorées, le manteau rouge et le châle jaune du chaperon, et le brassard rouge portant un masque de loup stylisé du caporal Wolf… Seuls quelques intermèdes musicaux teintés de musique klezmer apportent douceur ou nostalgie. Heureusement la scène finale voit la rébellion de la fillette, qui veut cesser ce « jeu » et revenir à la vraie histoire du Petit Chaperon Rouge…

La transposition de l’histoire originale à cette période de l’Histoire nécessite pour le jeune public un accompagnement et/ou une préparation en amont. Ce spectacle paraît ainsi tout indiqué pour un public scolaire.

A noter que le spectacle est annoncé pour une durée de 1h10, alors qu’il ne dure pas tout à fait 1h, ce qui est suffisant en termes de concentration pour le jeune public.

Cathy de Toledo

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19 juillet 2015 7 19 /07 /juillet /2015 11:33
Caché dans son buisson de lavande, Cyrano sentait bon la lessive
Caché dans son buisson de lavande, Cyrano sentait bon la lessive

Spectacle de la Compagnie Hecho en casa (64) / Taï Marc Le Thanh et Rébecca Dautremer, vu au Festival d’Avignon, à 12h25, Les Lucioles, jusqu’au 26 juillet

Inspiré de "Cyrano de Bergerac" d’Edmond Rostand

Interprètes : Sophie Kastelnik, Anaïs Sindera, Viviana Souza

Metteur en scène : Hervé Estebeteguy
Genre : Théât
re

Public : Tout public à partir de 6 ans

Durée : 55 min

Ce titre, très drôle, est à lui seul tout un programme ! Derrière se cache la transposition de l’œuvre de Rostand dans le Japon médiéval, ne conservant du roman que ce qui en constitue le moteur, l’amour de Cyrano pour sa cousine Roxane. Complexé par son nez, il n’ose déclarer sa flamme. Roxane, elle, n’a d’yeux que pour Christian de Neuvillette, aussi bête et naïf que beau, cadet du Roi qui vient de rejoindre la Compagnie de Cyrano, devenue ici compagnie de samouraïs. Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, Cyrano met ses talents de poète au service d’un Christian peu doué pour toucher la sensible et raffinée jeune femme. Ses écrits, prêtés à Christian, lui permettent d’exprimer ses propres sentiments.

Trois femmes chantant une balade japonaise, apparaissent en fond de scène derrière un immense écran dépoli, qui uniformise l’éclairage. Elles se rejoignent autour d’une table roulante en bois, supportant un jardin japonais avec fontaine et plantations miniatures. Elles entreprennent de nous conter l’histoire de Cyrano, comparé à un arbre nain, et Roxane symbolisée par un grand pavot rouge protégé par une serre de verre.

Dans des costumes inspirés du Kabubi, des masques du théâtre Nô, s’inspirant de la gestuelle des danseurs Buto, les trois comédiennes se glissent tour à tour dans la peau de Cyrano, Christian, Roxane, de Guiche le rival de Christian. Elles nous entraînent dans les scènes principales du roman. Même si les mots ne sont pas tous ceux de Rostand, et si des clins d’œil humoristiques se sont glissés dans le texte, l’essentiel se déroule sous nos yeux. L’aveu à Cyrano de leur attirance mutuelle par Roxane et par Christian, la célèbre tirade du nez, la scène mythique du balcon, le départ à la guerre et la mort de Christian au champ de bataille, le moment où Roxane comprend enfin que les poèmes qui touchaient profondément son cœur étaient de Cyrano, lui ouvrant les yeux sur ses propres sentiments.

La scénographie ingénieuse utilise des structures de bois modulables. Un pan de mur végétal par lequel les comédiennes entrent en scène, se transforme pour accueillir les noces de Roxane et Christian, interrompues par le départ à la guerre. Le jardin, lieu paisible de détente et de jeu, planté de fleurs, se transforme alors de manière inattendue en champ de bataille. Complétant ce décor magique, les costumes inspirés des tenues samouraïs, les danses, les masques, les parfums et odeurs diffusés dans la salle, l’accompagnement musical japonisant et les bruitages, les nombreux détails raffinés, ombrelles, lampions, bonsaïs, tout concourt à nous transporter au cœur du Japon. C’est un véritable dépaysement, et l’on reste émerveillé.

Les trois comédiennes sont magnifiques. Le jeu est fluide, sans temps mort, la gestuelle précise. Elles font de ce spectacle un moment privilégié de grâce et de poésie, propre à enchanter les grands et les petits. Alors faites-vous plaisir et emmenez vos enfants découvrir Cyrano dans son buisson de lavande !

Cathy de Toledo

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19 juillet 2015 7 19 /07 /juillet /2015 11:20
Western Solo ou de la difficulté de rester malhonnête

Spectacle de la Compagnie MaGma (75), vu le 16 juillet 2015 à 21h, au Tri Postal (sortie de création), dans le cadre des Ateliers d'écriture de Chroniques Culturelles, Multiples et Populaires

D’après des textes de O‘Henry

Interprète : le facteur Boyaire

Genre : Seul en scène

Public : Tout public à partir de 10 ans

Durée : 45 min

Jawad :

Dans la cour de ce lieu emblématique de la vie associative avignonnaise, boissons rafraîchissantes à disposition autour d'une table basse en OSB et de fauteuils en palettes recyclées (tout à fait confortables), peu de public au rendez-vous pour cette toute première représentation.

L’acteur nous conte deux courtes nouvelles de 20 minutes environ tirées des écrits de O’Henry. Dans un far west en mutation, des histoires de charlatans, de bonimenteurs, pleines de facéties et se jouant du retournement de situation comme de la morale subjective.

Le texte très littéraire, le seul en scène, l’absence de mise en scène autre que le jeu de l’acteur me réclament une attention soutenue pour profiter pleinement du récit. Pour autant l’effet comique se révèle par le texte, bien maîtrisé par l’acteur.

Les prochaines représentations auront lieu au Code Bar, les 17, 18 et 19 juillet à 16h, un café intramuros, ce qui je pense devrait apporter un certain côté "brèves de saloon" se prêtant bien au format.

Eric :

Un spectacle en rodage, présenté au Tri Postal d’Avignon en plein air, devant une poignée de personnes, dont plusieurs usagers de l’accueil d’urgence, confortablement installés sur le nouveau salon-cuisine réalisé lors du dernier Tri Possible de juillet.

Le personnage, habillé en cow boy urbain, nous raconte les histoires du tout début du XXe siècle aux Etats-Unis, à l’époque du "tout est possible". Il nous raconte sa vie aux multiples métiers, notamment celle d’un vendeur de médecine miracle, un escroc poète patenté, empêché de pratiquer sa médecine puisque le docteur de la ville est le cousin du shérif. L’entre soi déjà présent ! Son dense récit nous entraîne dans ces contrées lointaines de l’Ouest américain, et telle une fable nous offre un retournement de situation que je ne vous conterai pas. Pour sa seconde histoire, notre personnage, toujours tenté par l’embrouille facile, nous entraîne sur les traces de l'arroseur arrosé.

Cette idée de mêler l’esprit de La Fontaine aux personnes rudes de l’Amérique profonde fonctionne bien, et cette phase de rodage me semble intéressante pour asseoir davantage le personnage dans son rôle de roublard sympathique. Une première sortie réussie dans ce lieu expérimental qu’est le Tri Postal.

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19 juillet 2015 7 19 /07 /juillet /2015 10:15
Le maître et le chanteur
Le maître et le chanteur

Spectacle de la Compagnie Soleluna(69), vu au Théâtre des remparts, à 17h50, le 16 juillet 2015, à voir du 4 au 26 juillet dans le cadre du Off 2015

Auteur : Michel Heim

Interprétation : Giorgio Carpintieri (le maître), François Tantot (l’élève), Nelly Lachise (piano)

Genre : Comédie tragique et musicale

Public : Tout public à partir de 12 ans

Durée : 70 min

Devant une salle quasi complète, un homme pas tout jeune et ventripotent s’installe dans un salon intérieur en bazar : fauteuils agonisants, bouteilles d’alcool gisant ici et là, vieux journaux épars sur le sol… On sent une immense solitude qu’il occupe comme il peut.

Nous allons suivre une heure durant, l’échange entre un Maestro, auréolé d’une gloire passée, et de son jeune élève venu préparer une audition pour le rôle de MacBeth. Un maître imbu de sa personne, tyrannique, outrageux dont on imagine aisément une descente aux enfers. L’occasion d’alterner des échanges et des questionnements sur le monde de l’art, sur les routes du succès, sur l’intériorité des interprètes, mais aussi d’entendre des propos choquants et provocateurs, ironiques (?), notamment sur la confrérie des pédérastes qui a pris l’opéra en main… Le tout entrecoupé d’airs d’opéra, chantés en direct et avec brio, et accompagnés au piano.

Du coup, ce mélange de genre (on a compris, le maestro est un vieux nostalgique aigri) m’a laissé interrogatif.

"L’opéra est l’art de l’outrance, de l’artifice […] mais c’est la sincérité qui est le plus important! " Ces propos du Maestro illustrent peut-être le ton donné au spectacle.

Mêlant technique d’opéra, lieux communs et causticité, oscillant entre humour, dénonciation, réalisme et provocation, ce spectacle reste pourtant une belle porte d’entrée pour découvrir l’opéra pour ceux qui ne le connaissent pas. L’interprétation des comédiens est très réussie, et le maître et l’élève portent avec sincérité leur personnage. La fin, un peu outrancière ici encore, ne vous sera pas dévoilée ici.

Un de ces spectacles passerelle qui permet d’ouvrir des horizons, et pourquoi pas donner l’envie d’aller découvrir l’univers décalé et furieux de l’opéra.

Eric Jalabert

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19 juillet 2015 7 19 /07 /juillet /2015 10:11
Flat/grand délit et Cristina
Flat/grand délit et Cristina

Spectacle de la Compagnie Yann Lheureux (34), vu au Théâtre de l’Oulle, à 10 h 15, le 16 juillet 2015, à voir du 6 au 26 juillet (relâche le 22 juillet) dans le cadre du Off 2015

Conception et chorégraphie : Yann Lheureux

Interprètes : Vincent Warin et Cristina Hall

Genre : Danse

Public : Tout public

Durées : 27 min et 30 min

Deux petites formes successives, des spectacles passerelles, permettant d’ouvrir des portes vers des formes d’arts vivants multiples.

Le premier est tiré d’un triptyque sur les pratiques urbaines, suivi d’un autre autour du Flamenco, tiré également d’un triptyque.

Flat/grand délit :

Sur le plateau, un corps désarticulé sur un BMX, ces vélos acrobatiques tout terrain permettant toutes les extravagances.

L’image est belle et je sens, dans ce corps en mouvement sur un objet lui-même en mouvement, la vie, les questionnements, la rage…

J’y ai vu le tourment adolescent, l’incertitude du cheminement. Hésitant parfois, accélérant soudain sur ce petit engin nerveux, Vincent Warin, champion de France et vice-champion du monde de la discipline, s’émancipe de la technique pour nous offrir un vrai poème urbain.

La musique, lancinante au début, contribue à cette idée de malaise latent d’une jeunesse qui se cherche. L’apport sonore, un micro suspendu d’un côté du plateau – la touche personnelle du chorégraphe Yann Lheureux qui aime associer le son au mouvement –, m’a laissé interrogatif. Quelques mots scandés au micro nous font imaginer l’intemporalité de ce statut d’adolescent qui perdure dans le temps : "j’ai 31 ans… j’ai 16 ans… j’ai 7 ans…"

J’ai apprécié particulièrement ces images fortes, créées autour de la machine et de l’homme, permettant d’accrocher un public pas forcément ouvert à la danse. C’est ce que j’appelle un spectacle passerelle.

Eric Jalabert

Flat/grand délit et Cristina
Flat/grand délit et Cristina

Cristina :

Une femme, danseuse de Flamenco, vient nous faire partager cette énergie sauvage et contenue, que j’ai forcément associée à la première partie, alors qu’elle en est indépendante.

Cette multitude d’images, que je n’associais pas toujours entre elles, m’a laissé un peu décontenancé. Cristina Hall pond des petits œufs avec sa bouche, crache des pop-corns tout autour d’elle, sort une soufflerie phallique pour disperser le tout sur le plateau.

Il s’agit en fait de retracer le parcours de la danseuse américaine vivant à Séville, que j’ai découvert après coup dans le dossier de présentation.

Même si le sens m’échappe un peu, il me restera de belles images de cette performance, comme cette robe cocon que la danseuse remonte pour se couvrir sa tête. Un spectacle original, mais dans lequel je n’ai pas pu forcément rentrer tant les séquences sont multiples.

L’idée d’associer ces deux extraits reste pour autant une idée intéressante, sur cette image homme/femme aux questionnements et aux visions différentes.

A vous de vous faire une idée jusqu’au 26 juillet.

Eric Jalabert

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16 juillet 2015 4 16 /07 /juillet /2015 19:51
Yvette Horner et l'odeur du mouton
Yvette Horner et l'odeur du mouton

Spectacle de la Compagnie La Grave et Burlesque Equipée du Cycliste (25), vu au Chapeau d’ébène Théâtre, à 10h le 14 juillet, dans le cadre du Off 2015, à voir du 4 au 26 juillet (relâche le 21 juillet)

Mise en scène: Corinne Bastat

Texte et Interprétation : Mohamed Guellati

Genre : Théâtre

Public : Tout public

Durée :70 min

Sur le plateau, des palettes éparses et un homme, Mahmoud, en cabas jaune nous attend. Voix off alors qu’il joue, tel un enfant, sur ce chantier désolé. Il vient se confier, nous parler, poussé par cet enfant qui l’habite au plus profond de lui.

Il est enceint. Enceint de son frère jumeau qui semble le baigner dans une nostalgie douloureuse, faisant ainsi revenir à la mémoire des souvenirs familiers… Alors, sans vraiment pouvoir se retenir, il nous parle de son enfance, faite de la multitude des cultures, dans les années 60 où tout le monde baignait dans ce liquide amniotique qu’est la France. Pourtant, il se retrouvait écartelé entre deux continents, lors de ses vacances de chaque côté de la Méditerranée. Mais ils partageaient, en France, les mêmes expériences quotidiennes, faites de télévision, de cinéma, de musique, de confrontations, de laïcité et de religion… Et puis, enlevant son cabas jaune, Mahmoud devient Habib, son frère, qui nous révèle que Mahmoud, en réalité s’appelle Marc, et qu’il est bien Français.

Les questions de l’identité, des racines, de la culture, sont ici traitées avec délicatesse. A travers une histoire en partie autobiographique, Mohamed Guellati, seul sur scène et évitant le stand up, nous propose du théâtre qui fait sens, groupant forme, fond et rythme. Mêlant moments dansés, joués ou racontés, il parle de la république des mélanges. De cette république, disparue aujourd’hui, où l’étiquetage était moins présent qu’aujourd’hui. Tous se retrouvaient autour du Rock, d’Hollywood ou même d’Yvette Horner. Sans angélisme et sans dénonciation, il nous rappelle ce que nous avons perdu, à l’image des ruines de ce HLM sur lesquelles il revient, et qui pourtant se transforme encore.

Il nous dit en filigrane que la vie est multiple, que nous sommes plusieurs en nous-même. Que ce sont nos différences et nos mélanges qui nous construisent, dès lors que nous avons une véritable culture commune, un socle de connaissance partagée qui ne nous enferme pas dans une identité unique et monolithique, comme on veut nous la présenter aujourd’hui.

Alors, oui, avec un sens du rythme remarquable, Mohamed Guellati vient nous raconter une histoire, une part de la grande Histoire, nous offrant des images poétiques et drôles, sans nous dire quoi penser, sans nous imposer sa vision. Chacun peut venir y trouver de quoi alimenter sa réflexion.

A découvrir, même à un horaire matinal pendant le festival.

Eric Jalabert

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16 juillet 2015 4 16 /07 /juillet /2015 19:49
Séverine Moralès sans portes

Spectacle de la Compagnie Art'Scènic (78), vu le 9 juillet 2015 dans le cadre des Ateliers de Chroniques Culturelles.

Présent sur le Off 2015, du 4 au 26 juillet à 15h15 à l’Atelier Florentin

Direction artistique : DUSSauze

Interprétation : Séverine Moralès

Genre : Seule en scène

Public : Tout public

Durée : 1 h

Cette chronique a été réalisée par Jean-Philippe Marco, pendant les Ateliers de chroniques culturelles, réalisés du 8 au 10 juillet avec Flavia Perez et Vivantmag dans le cadre des expériences du Tri Postal

15h15 précises, Séverine Moralès apparaît seule en scène, et je me dis en la voyant qu’elle n’a pas forcément un physique pour faire rire : elle jeune, jolie, et blonde. Sentiment vite effacé, je vais m’apercevoir qu’elle détient un pouvoir comique bien réel lorsqu’elle nous présente, à travers une palette de mimes très réussie, les divers personnages d’un groupe de parole. Des individus hauts en couleur ; des phobiques, une nymphomane, un autre sous l’emprise du syndrome de Gilles De La Tourette ou encore un patient possédé par ses tocs. Bienvenue dans l’univers déjanté de Séverine Moralès…

Le personnage central est une jeune femme qui a la phobie des portes et qui subit la quasi-totalité des effets secondaires de son antidépresseur. Les saynètes s’enchaînent avec fluidité, malgré un début de spectacle légèrement poussif. Mais très vite, la comédienne va faire preuve d’une énergie débordante et d’un talent d’humoriste incontestable, qui font rire les spectateurs aux éclats. Passant d’un personnage à l’autre avec aisance, notre artiste se déchaîne pour notre plus grand plaisir. Ame sensible s’abstenir, Séverine Moralès n’a pas froid aux yeux, provocant quelques rires gênés. Sans jamais atteindre la vulgarité, elle nous emmène vers des sujets pas toujours faciles à aborder. Le rythme est soutenu, les vannes réussies, même si quelques-unes d’entre elles sont parfois un peu attendues. Les mimes sont une franche rigolade, dont une scène quelque peu improbable : l’imitation d’un cunnilingus !

Etonnant et décapant, ce spectacle m’a incontestablement séduit. J’ai ri de bon cœur à cet humour bien « torché ». Séverine Moralès ose et c’est une réussite. En contact permanent avec le public, qu’elle n’hésite pas à mettre à contribution, la jeune femme s’emporte et nous emmène avec elle dans sa folie. Elle prend plaisir à nous faire rire et après un tonnerre d’applaudissements, elle revient sur scène nous offrir une dernière imitation. La salle est définitivement conquise.

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16 juillet 2015 4 16 /07 /juillet /2015 19:30

Spectacle du Collectif Zone Libre, Avignon Off 2015, vu le jeudi 9 juillet, à 11h50, au théâtre de l'Oulle

Chorégraphes: Cathy Testa et Marc Thiriet

Danseuses : Lucie Blain, Flavie Hennion, Cathy Testa

Création musicale : Guillaume Feyler

Création lumière : Sanglar

Genre : Danse contemporaine

Public : Adultes et adolescents

Durée : 60 minutes

Cette chronique a été réalisée par Carole Nowak, pendant les Ateliers de chroniques culturelles, réalisés du 8 au 10 juillet avec Flavia Perez et Vivantmag dans le cadre des expériences du Tri Postal

Noir, dessins de lumière où les formes sont sculptées dans le blanc marbre lisse qui nous suggère la préhistoire du corps.

Un temps gymnasé, un autre rampé et le dernier statué.

Trois langages de corps nus, anonymes et différents. Appel à nos corps et leurs souffrances. Malgré la beauté exhibée la tension tragique nous ramène à nous-mêmes : seuls face aux corps, esquissés à peine dévoilés par les caresses de la musique, les tendresses de la lumière et les respects de l'obscurité.

L'expérience est intime et personnelle, interrogative et introspective.

Autre chronique de ce spectacle : http://vivantmag.over-blog.com/2015/07/le-secret-de-la-petite-chambre.html

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14 juillet 2015 2 14 /07 /juillet /2015 16:41
Jeanne et Marguerite
Jeanne et Marguerite

Présent sur le Off 2015, Spectacle de la compagnie Françoise Cadol (92), vu au Buffon Théâtre, Avignon, le 12/07/2015

Auteur : Valérie Péronnet

Mise en scène : Christophe Luthringer

Interprétation : Françoise Cadol

Genre : Théâtre

Public : Tout public à partir de 14 ans

Durée : 1h05

"Jeanne et Marguerite" est un spectacle intimiste qui nous présente deux tranches de vie de femmes. Un siècle les sépare mais l’expérience de l’attente trompée par les mots les réunit. Françoise Cadol qui les incarne tour à tour laisse entendre une troublante émotion.

Le dispositif scénique, des plus simples, nous invite à l’écoute. Avant l’extinction des lumières, on voit en arrière-plan une femme fouiller dans une bibliothèque et constituer sur son bureau un dossier. On saura donc d’entrée de jeu qu’il est question, dans ce spectacle, de mots. Les lumières s’éteignent, la comédienne s’assoit à une petite table parisienne en avant-scène, le récit peut commencer.

Françoise Cadol va alterner les deux rôles, celui de Jeanne et celui de Marguerite. Sous une lumière chaude, elle est Marguerite ou Guita, toute jeune adolescente et qui rencontre son grand amour, Eugène, à la plage, un été 1907. C’est l’éveil du désir dans une société très normée où il faudra 6 ans aux jeunes tourtereaux avant de pouvoir convoler en noces. Entre temps et alors qu’Eugène est étudiant à Zurich, ils s’écrivent, d’abord des cartes postales puis enfin des lettres cachetées. Fançoise Cadol interprète, radieuse, lumineuse et enfantine cet amour naissant.

Sous une lumière froide d’ordinateur, nous entendons l’histoire de Jeanne, notre contemporaine. Sur un site de rencontres, elle entre en relation avec un homme dont on ne sera que le surnom ; celui qu’elle lui donnera par dépit, James, comme James Bond. Jeanne correspond la nuit avant d’entrer dans la nuit même d’une histoire destructrice. De lumineuse quand elle joue Marguerite, Françoise Cadol, sans autre transition que le changement de lumière, devient ténébreuse et amoureuse aussi passionnée qu’éplorée. Elle écrit pour interpeller l’amant mais surtout pour survivre à ses disparitions.

Ces deux récits amoureux que la vie et l’Histoire vont étrangement réunir sont accompagnés de trouvailles de mise en scène des plus heureuses. La voix off de James, aussi sensuelle de désir qu’odieuse de déni ; le petit écran de cinéma qui se déploie sous la table de la récitante et qui montre un film muet que Marguerite et Eugène seraient allés voir à Zurich ; une marinière qui sert de "doudou" à Jeanne quand James est manifestement reparti et qui, pliée avec art, suggère les jumelles de Marguerite et Eugène.

Le spectacle "Jeanne et Marguerite" est un bijou de subtilité. La comédienne est tellement convaincante dans les deux rôles que j’ai fini par croire qu’elle jouait une histoire personnelle. Françoise Cadol nous apprend après les ovations que c’est l’histoire de l’auteur. Elle est une comédienne si époustouflante de justesse qu’elle s’en approprie les moindres respirations.

Catherine Wolff

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14 juillet 2015 2 14 /07 /juillet /2015 16:19
Europeana, une brève histoire du XXeme siècle
Europeana, une brève histoire du XXeme siècle

Présent sur le Off 2015, Spectacle de la Cie Théâtre Apatride (26), vu au Théâtre des Lilas, Avignon, le 11/07/2015

Mise en scène : Sabine Zordan

Interprétation : Philippe Séclé

Texte : Patrik Ourednik

Genre : Théâtre

Public : Tout public à partir de 14 ans

Durée : 1h15

En qualité de prof d’Histoire, j’ai eu envie d’aller voir ce spectacle pour y apporter un double regard, historique et théâtral. Sur les deux plans, c’est un cuisant échec.

Je vais d’abord tenter de positiver un peu. Le petit décor de salle de classe version IIIe République est mignon mais semble installer un regard nostalgique en contradiction avec le siècle de barbarie qui nous est raconté. Dans cette reconstitution assez fidèle, le comédien Philippe Séclé sans qu’on sache vraiment qui il interprète (un instituteur, un soldat, un révolté ?) sait imiter à merveille les voix et les accents, donnant un peu, de la sorte, quelque réalité à un spectacle qui n’en n’a pas.

Car outre les bizarreries déjà mentionnées, le spectacle manque de cohérence et d’un point de vue historique et d’un point de vue théâtral. On passe sans cesse de l’anecdote à la grande Histoire, sans aucune chronologie et avec des associations d’idées parfois douteuses (du savon constitué avec les cadavres de la Shoah à l’invention de la Barbie !). Historiquement, on relève aussi quelques bévues pour le moins gênantes pour un spectacle qui se veut historique. Les camps d’extermination sont appelés camp de concentration et on aimerait bien expliquer à la metteur en scène, comme on s’échine à le faire auprès des élèves, la terrifiante différence.

Car oui, il y a bien une metteur en scène et c’est bien cela qui m’a le plus étonnée à l’issu de ce spectacle ! On attend d’une mise en scène qu’elle donne de la cohérence, du sens, un fil directeur pour comprendre les enjeux proposés par un texte. Ici, il n’en n’est rien. Le seul choix assumé par la metteur en scène, avec laquelle je me suis entretenue, c’est de restituer fidèlement la parole de l’auteur du roman éponyme. C’est un choix, en effet, mais si minimaliste qu’en fait et lieu du chaos revendiqué, on nage en plein capharnaüm ! Ainsi, pour faire comprendre le chaos du XXe siècle, notre comédien farfouille dans un landau plein d’accessoires qui n’ont d’autre justification que d’être pris et balancés au sol, bruyamment ! Si au moins ces accessoires servaient au jeu. A part deux paires de godasses, deux Barbies, un arrosoir vidé de son eau jusqu’à plus soif et une peluche, il n’en n’est rien. Et pour ces quelques accessoires dignes de manipulation, l’utilisation qui en est faite est à peine esquissée. Alors, le spectateur, dépité, regarde le comédien s’agiter tout seul, tenter d’interpeller le spectateur sans que ce choix, là non plus, ne soit assumé. On s’ennuie et on enrage devant tant d’amateurisme.

Le projet de raconter brièvement l’Histoire du XXe siècle était un projet ambitieux. Il achoppe totalement par l’absence de mise en scène et de propos. La metteur en scène nous confiait que le spectacle marchait très bien auprès des lycéens. Personnellement, au risque d’embrouiller encore un peu plus mes élèves, c’est un spectacle que je ne choisirais surtout pas dans ce cadre !

Catherine Wolff

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