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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
Vous y trouverez l'ensemble des commentaires de nos correspondants sur les spectacles qui ont été vus. Ce service est en ligne en accès libre depuis février 2007.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

7 octobre 2014 2 07 /10 /octobre /2014 07:23

voisinsSpectacle de la cie L'Awantura, vu le 4 octobre 2014, à Claret. 

 

vivant-3-toiles-4Genre: théâtre

Durée: 1h10

Tout public

Création 2014


Le 4 octobre à Claret, la compagnie présentait sa nouvelle comédie romantique et quasi muette en sortie de résidence de l'association Bouillon Cube. On connaît L'Awantura pour ses spectacles de mime-théâtre, « Mon arbre » ou « A toute berzingue ». Ici en préambule du solo de Ludovic Bourgeois, l'atelier de théâtre amateur local amenait le déménagement de cartons dans une chorégraphie burlesque, suivi d'un conciliabule de rumeurs et chuchotements sur ce personnage inquiétant venant emménager dans l'immeuble : « le binoclard ».

 

« Dans le quotidien de ce personnage, une action aussi simple que de se faire à manger devient un acte héroïque et démesuré. »

Suivent des scènes tout à fait quotidiennes, où pourtant ce petit héros, embarrassé par les événements et les difficultés, trouve les outils de la vie au fond de ses cartons. Il est le témoin muet des histoires sonores de ses voisins, les uns en conflit, d'autres en émoi amoureux, et la voisine du dessus que l'on devine charmante et dont il s'éprend peu à peu.

Là les effets vidéos, sur un décor en transparence, amènent un univers poétique nocturne fait des dessins animés d'un voyage de rêve. L'espace sonore, très fourni, nous guide et renseigne sur l'imaginaire et les fantasmes du personnage solitaire qui, un jour c'est sûr, changera le cours de sa vie par sa volonté et son courage.

 

Ce spectacle inventif emmène bien le spectateur dans l'univers du voisinage et la solitude qu'on peut éprouver en milieu urbain, mais l'envie de vie est là, il suffit de passer le pas.


Daniourk

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6 octobre 2014 1 06 /10 /octobre /2014 22:15

robin-des-bois.jpgSpectacle de la Compagnie du Périscope (31), vu le 12 juillet 2014 à 18h30, au théâtre de l’Albatros, Avignon.


VIVANT-1-toile-2Interprètes : Paulin Brisset, Laurent Deville.

 

Un Robin des Bois alter-mondialiste et revisité. Alléchant…

 

Sur scène, un dispositif scénique fort intéressant avec une forêt de bois morts suspendus à deux tringles à rideaux qui seront tantôt forêt, gardes ou foule. Cette version de Robin des Bois retrace assez fidèlement l’histoire que l’on a tous en tête: petit Jean, le roi Richard, le shérif, Marianne… Tous les personnages y sont présents, portés par un seul comédien, Laurent Deville, qui nous conte l’histoire, du côté des opprimés, des exploités, des indignés. Il est accompagné sur le plateau d’un régisseur, personnage de l’ombre dans son sweat à capuche, qui fait également des silhouettes sur certaines scènes, et fait écho à tous les exclus de la terre.

 

Chacun a sa version de Robin des Bois, mais l’idée de « prendre aux riches pour donner aux pauvres » est celle qui résonne en nous tous. Dans cette version « indignée » de Robin des Bois, le parti pris est de l’ancrer dans notre monde actuel, en faisant référence aux Femen, à la spéculation, au Off et au In (là, il s’agit du tournoi des chevaliers), à tous ceux qui se battent contre la répartition inégale des richesses.

Mais qui est Robin des Bois? Existe-t-il seulement, ou est-ce juste l’idée de justice et de monde meilleur qui est réelle? Le mythe est-il plus fort que la réalité? C’est en tout cas la question qui est posée. Et le mythe doit être énorme, pour lutter contre la violence et la force de la réalité.

 

Porté par une bande son très présente et de nombreuses idées de mise en scène, ce spectacle dispose d’un fort potentiel. Néanmoins, il me semble que la fluidité du propos serait améliorée par une meilleure maîtrise des différents personnages, facilitant une meilleure identification de chacun et permettant ainsi une meilleure compréhension du schéma narratif de l’histoire.

 

S’agissant d’une nouvelle création, nul doute que ce spectacle se bonifiera tant le sujet est porteur, et les nombreuses trouvailles de mise en scène sont un atout et une force pour cette proposition artistique.

 

Eric Jalabert

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5 octobre 2014 7 05 /10 /octobre /2014 10:18

il_se_passe_toujours_quelquechose.JPGSpectacle de la Compagnie Tarantini (09), vu et entendu en juin 2014, à la Péniche Didascalie, à Toulouse.

 

vivant-3-toiles-4

Genre : théâtre clownesque

Public : familial à partir de 2-3 ans

Durée : 40 min

 

C'est dans une  atmosphère de sieste que nous entrons dans la salle : Patate et Hey!, deux clowns-comédiens, féminin et masculin, ronflent et dorment sur scène, c'est "Le jour de mon anniversaire". Doucement ils se réveillent, commencent à jouer, dans leur bulle, espace du possible, avec une grande énergie : des galipettes, des acrobaties, des blagues, des chats perchés, des "jeux pour de vrai". Un mur entre eux et nous. Ils ne nous voient pas, nous si.

 

Ils sont Patate et Hey! Deux clowns acrobates, deux grands gamins lâchés dans un parc imaginaire, espace créatif de notre enfance, qui jouent à "Et si on disait que..."  Le public les suit dans leur théâtre gestuel, les enfants sont ravis, nous sommes tous saisis agréablement par leur histoire qui peut se comprendre à plusieurs niveaux. 

Patate joue du piano et allume la maisonnette, sort une boîte à musique, avec la volonté d'une fine tendresse. La poésie est palpable.

Quand Patate se joue de Hey! (le grand naïf) : " transforme-toi en lion!" "Hey! danse !", il obéit et mime volontiers tous les animaux, répondant aux ordres de son amie clown. Mais l'amitié est en jeu. Patate exagère... au final elle réalise qu'elle peut perdre son ami Hey! par trop de manipulation, et se retrouver seule. 

 

Comme dans "En attendant Godot" de S. Beckett, les deux clowns cherchent la sortie, et le public vit avec eux la quête de l'escapade... sans voir le temps passer. Le scénario de la Compagnie Tarantini, auteure et créatrice de ce spectacle, au titre éloquant et énigmatique comme son histoire, "Le jour de mon anniversaire", est lié à la boucle, au recommencement, aux sorties et aux entrées dans un monde du jeu de l'enfance.

Les émotions collent au plus près du vécu, dans la justesse. C'est en cela que les acteurs sont en adéquation avec le monde de l'enfance : dans la justesse du cœur. A la relecture du spectacle, il se peut qu'ils nous entraînent dans leur rêve...

A découvrir. Seul(e), ou en famille.


Léa Garcia

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28 septembre 2014 7 28 /09 /septembre /2014 15:41

BEAUCOUP DE BRUIT POUR RIEN, de ShakespeareBeaucoup-de-bruit.jpg

Par la Compagnie : LES 26000 COUVERTS


vu le 26 septembre 2014, dans le cadre de la programmation du Théâtre le Sillon, à Clermont l'Hérault (34).


Mise en scène Philippe Péhenn

Dramaturgie, adaptation Judith Feyrner

Avec Karine Abela, Christophe Arnulf, Romain Bélanger, Sébastien Chabane , Servane Deschamp, Sarah Douhaire, Pierre Dumur, Olivier Dureuil, Anne-Gaëlle Jourdain, Florence Nicolle, Philippe Nicolle, Emmanuelle Veïn , Valérie Véril, Jacques Ville
mètre-concept Jacques Livchine
scénographie Anthony Benjram
matière sonore Erich Mayer
chorégraphie Liliane Boucon
direction technique et construction Alexandre Diaz et Michel Mugnier
costumes Camille Perreau / perruques postiches Milo Bodtszaris

 
Genre : irracontable.
Durée : 1h30

Public : Pour les gens qui aiment bien être surpris.

 

vivant-3-toiles-4

 

Beaucoup de bruit pour rien (Much Ado About Nothing en anglais -j’ai appris au passage-) est une comédie de William Shakespeare publiée en 1600.
Moi qui ai mis à peu près 414 ans à m’en rendre compte, je me suis dit qu’une programmation le 26 septembre 2014 au nouveau théâtre Le Sillon (ancien théâtre de Clermont L’Hérault nouvellement devenu intercommunal, et conventionné pour le théâtre dans l’espace public) me donnait justement une heureuse occasion de rattraper mon retard inévitablement coupable.


Fabien Bergès (le directeur) nous annonçait "un spectacle irracontable" ; je ne m’attendais donc pas à moins. Et je n’avais encore jamais vu de spectacle des 26000 couverts, compagnie de théâtre de rue dijonnaise créée en 1995, que vous avez peut-être déjà vue aux festivals d’Avignon, de Chalon dans la rue ou d'Aurillac.
C’est donc avec le regard assurément curieux et dans une candeur absolue digne de Voltaire, que je me glissai, résolue,  (mais sans ma petite laine), dans la peau de spectatrice, au lieu-dit.
 
Fabien Bergès nous avait préparés. Avec le recul je m’en souviens, « ça va être la surprise »…
Alors à celles et ceux qui voudraient lire la suite, je dois vous prévenir : Je vais vous gâcher le spectacle, vous m’en voudrez à vie.
Vous n’aurez ni le plaisir, ni la surprise de découvrir par vous-même … quel dommage…
Allez quoi, vous voulez savoir ? Vraiment ? Dis ?!

Ne lisez pas la suite…

Non, même pas cette phrase-là. Je vous le redis : NE LISEZ PAS LA SUITE !
Beaucoup de bruit pour rien est un spectacle dont il NE FAUT PAS parler.
...

Bon.

On est entre nous. Les autres sont partis et la compagnie des 26000 couverts ne lira de toute façon jamais cet article, (ils sont trop connus, c’est certain). Nous sommes entre celles et ceux qui ne pourront pas aller voir le spectacle ou la compagnie je comprends bien. « Ce soir-là, c’est pas le bon soir », tout ça…
Beaucoup de bruit pour rien de Shakespeare, est –le plus gros succès des 26000 couverts à ce jour (presque 300 représentations)- et il est en tournée souvent, alors bon… je nous vous mets pas la pression, mais au cas où, renseignez-vous, quand même).

Non ? Vous êtes sûrs ?...
Alors bon quoi, je vous raconte ? Tant pis ?
Erf, bon… allons.

Pour ne pas faire de mystères plus longtemps, la surprise je vous la donne en 1000 : c’est que, ben,… on n’a pas le droit de raconter le spectacle justement, parce que c’est une surprise. Justement.

C’est bien hein ?

Allez je vous raconte :

Quand je me suis installée j’ai bien sûr eu tout de suite l’impression que c’était du Shakespeare : les fauteuils rouges, les costumes d’époque, le fond de scène, l’atmosphère classique, ça n’aurait trompé personne.

Mais j’ai rapidement été surprise par certains éléments du décor, trop modernes : les captures d’écrans avec des projections d’images dedans, les photos de guerre, les caméras au plafond et plus tard les feux d’artifices (attention aux rideaux de scène quand même…).

Bon ben en fait, ça, c'est pas vrai...
(Gnarck gnarck gnarck. Rire sardonique).
 
Le spectacle est de bout en bout une surprise. 
C’est catégorique, c’est réaliste, c'est contemporain, c’est vif, c'est cocasse, ça surprend et puis ça prend le temps de surprendre. Le décalage entre le texte de Shakespeare et la mise en scène de Philippe Péhen est complet. Percutant, théâtral ! C’est vrai que c’est irracontable, et je parie déjà mon poids en fraises et en ours bio sucrés synthétiques que vous serez comme moi confondu(e) par cette interprétation intrépide et drôle de la compagnie des 26000 Couverts, et que ce spectacle éclaboussera bientôt vos certitudes.  Allez-y avec une connaissance bourrée de croyances; (rien ne vaut l’œil complice d’un ami ou voisin qui aura compris comme vous que … Erg… ! Non, ok, bon d’accord… je ne diraiii riiien !)

Ça par contre je crois pouvoir vous le dire : Ce spectacle peut être joué et vu en toutes circonstances.
Et puis, j’ai été bluffée pendant un bon moment. Ça aussi, je peux le dire ?

Bravi (c’est quand il y a plusieurs bravo) à la compagnie Les 26000 Couverts, qui donne ses majuscules au Théâtre de Rue, par ses pulsions artistiques, techniques, vitales,en continu, et qui porte jusqu'au rire du public son plaisir le plus théâtral et humain.


A voir, à suivre, n’importe où (même si c’était pas prévu comme ça au départ).

A noter : la compagnie a décidé d'arréter cette tournée en juin 2015, dépêchez-vous!

 

Danielle Krupa / www.allez-zou.fr

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19 août 2014 2 19 /08 /août /2014 10:42

Compagnie de Poche (38), vue le 9 aout 2014 dans le cadre du Festival Font'Art à Pernes les Fontaines (84).

Adaptation de l’opéra de Mozart pour clarinette, hautbois, comédien et carafes presque vivantes
avec : Anne Zangoli-Bonhomme, Bernard Bonhomme, Michel Seib

vivant-3-toiles-4

 blog-les-noces2.jpg

Aller écouter un opéra ??? Quelle drôle d’idée !!! D’abord, vous n’y entendez rien ! Ces gens qui chantent leurs émois au lieu de parler comme tout le monde et dans un idiome qu’on ne comprend pas, merci bien ! Et puis votre oreille n’est pas formée ! Et de toute façon, c’est un luxe que vous ne saurez vous offrir ! Bref, vous vous sentez totalement illégitime. N’en parlons plus, c’est une idée totalement saugrenue.


Parlons-en justement ! C’est bien pour conjurer tous ces préjugés que la Compagnie de Poche vous présente ces Noces de Figaro. Et c’est un défi d’autant plus remarquable que ce grand opéra se joue sous une toute petite forme, avec une grande économie de moyens…. Et dans la rue !

Le dispositif est donc réduit à sa plus simple expression : deux instrumentistes, un récitant, un paravent, 4 feuilles de papiers et des carafes en pagaille ! Je sens déjà poindre votre curiosité !

En fait, la compagnie de poche reprend à son compte une veille tradition. Proposer aux gens de peu une réduction de l’œuvre pour deux ou trois instruments afin que tous aient accès au divertissement. La version proposée date donc de 1799. Elle a été conçue pour deux flûtes. Elle est interprétée aujourd’hui par une hautboïste  (Anne Zangoli) et un clarinettiste (Bernard Bonhomme). A eux deux, ils jouent les grandes arias, version instrumentale.

Et puis, il y a notre récitant comédien (Michel Seib). Tel un majordome, il prend à charge le récitatif et incarne tous les personnages….en restant sagement assis devant le paravent, symbole de tout le libertinage de la pièce.

Car les Noces de Figaro, version Mozart/Da Ponte, ont tout du vaudeville avant l’heure. Les amants réels ou supposés n’ont de cesse de se cacher dans les armoires, sous les lits, derrière les fauteuils. Et là réside la belle idée de mise en scène de la compagnie de poche : nos intrigants sont des carafes !

Ces messieurs sont représentés par des carafes plutôt carrées et plus ou moins grandes pour signifier le statut social. Ainsi le Comte Almaviva, grand coureur de jupons devant l’éternel, en impose par sa taille à son valet Figaro. Ces dames, toutes objets de convoitise, sont presque égales en taille mais plus ou moins girondes. Notre comédien les manipule, les fait parler, danser, se cacher, leur glisse fleurs, rubans et billets, le tout dans un récit endiablé.

Le contraste est d’ailleurs saisissant entre nos deux concertistes sérieux et tout de noir vêtus comme il se doit et notre récitant à la volubilité intarissable et à la plasticité du visage fort éloquente.

 

Au final, même les plus rétifs à l’opéra – à savoir les ado- restent jusqu’à la fin du spectacle. Pour eux, c’est une jolie initiation au répertoire et qui leur donnera peut-être envie d’aller plus avant, à savoir lire Beaumarchais et écouter Mozart. Pour un public plus averti, c’est un régal d’assister à cette forme tout à fait surprenante tout en révisant ses classiques.

Il est à déplorer quelques accrochages dans le texte. Et personnellement, j’aurais bien aimé qu’un instrument d’une autre famille vienne tempérer les vents. Mais encore fallut-il trouver un concertiste prêt s’embarquer dans une telle aventure, simple, drôle, originale et pédagogique.


Catherine Wolff

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31 juillet 2014 4 31 /07 /juillet /2014 10:49

Monsieur-de-Pourceaugnac-copie-1.jpgSpectacle de la compagnie de l'Astrolabe. Vu à la Fabrik' le 24 juillet 2014 dans le cadre du Festival d'Avignon Off.


Mise en scène et adaptation : Sébastion Lagord

Compositeur : Tony Bruneau

Avec : Tony Bruneau, Emilienne Chouadossi, Ferdinand Fortes, Sébastien Lagord, Nelly Lawson, Marc Pastor, Matthieu Penchinat, Nicolas Pichot, Evelyne Torroglosa.


VIVANT-3-COEURS-5Genre : Théâtre musical 

Durée : 1h25

Tout public

 

 

Arrivée dans la salle, j’apprécie déjà que chaque personne soit saluée individuellement par un comédien en costume de gendarme « à l’ancienne mode ». Je le reconnaîtrai par la suite comme étant le metteur en scène. Ironie du sort donc que le chef d'orchestre de la comédie qui se déroulera devant nous, soit aussi l’homme chargé de faire entendre la loi édictée par une radio grésillante « toute pièce mettant en scène le mariage de monsieur de Pourceaugnac est interdite ».

Eraste et Julie, deux amants, ne peuvent se marier puisqu’Oronte, le père de Julie, a décidé de donner celle-ci en mariage à un gentilhomme limousin nommé Léonard de Pourceaugnac. Les deux amoureux, dépités, font donc appel à l’entremetteuse Nérine et au fourbe Sbrigani qui monteront une comédie au provincial arrivant, afin de le faire fuir et renoncer au mariage.

 

Au début de la pièce, le décor est monté aux yeux de tous. Choix astucieux de mise en scène pour illustrer le fait que nous venons voir une pièce dans laquelle les personnages s’amusent à jouer une autre pièce. D’autant plus que seuls les personnages auteurs de la supercherie participent à la construction de la structure mobile. Julie sera placée en tant qu’observatrice, rôle qu’elle tiendra au cours de la pièce, ignorante des plans prévus par ses complices. La structure restera ensuite jusqu’à la fin et représentera tour à tour la demeure d’Eraste, un cabinet de médecine, la rue, etc.

Il est important de noter que tout le montage est chorégraphié mais également accompagné de chansons (malgré l’effort physique qu’il induit !). La compagnie annonce dès le départ la couleur. Molière et Lully avaient écrit une comédie-ballet, qu’à cela ne tienne ! S’enchaîneront donc avec aisance et humour des tableaux musicaux à la performance irréprochable (chapeau bas au passage à la comédienne jouant Nérine pour le chant et la danse), mais surtout aux qualités d’interprétations juste géniales. Un tango dansé par Nérine et Sbrigani aux mimiques irrésistibles. Une ribambelle de médecins fous conduits par un assistant bossu encore plus loufoque. Un blues déchirant suscitant rire mais aussi empathie. Et d’autres encore… Un vrai régal pour les oreilles mais aussi et surtout pour les yeux !

 

Un coup de cœur particulier pour un Sbrigani survolté (quelle endurance !) et toujours juste, ainsi qu’un Monsieur de Pourceaugnac hilarant mais aussi particulièrement touchant. Je salue également le pianiste, qui accompagne les chants en direct tout du long et que je remercie particulièrement d’avoir joué, pas seulement ses morceaux, mais le jeu.

 

Petite précision cependant, la pièce ne se joue pas uniquement dans la langue de Molière. Cela surprend et m’a rendue quelque peu perplexe au début, mais je pense que la compréhension n’en est pas amoindrie. Et de toute manière, juste pour une scène, où débarquent sur le plateau toutes les femmes supposées de Monsieur de Pourceaugnac, gentilhomme devenu polygame pour le tout Paris, ça vaut le coup !

  

Impossible de ressortir déçu de ce classique revisité et modernisé. En plein Avignon, il s’agit d’une pièce qui donne un coup de pep’s avant de repartir sous la chaleur, dans les rues pavées. Mais je vous conseille de garder un peu de temps après la représentation pour profiter du petit coin ombragé qu’a aménagé la Fabrik’ Théâtre dans sa cour intérieure.

 

 

Doriane Thiéry

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31 juillet 2014 4 31 /07 /juillet /2014 10:44

blog-simon.jpg

Compagnie Cavalcade (28). Vu au Théâtre de l’Isle 80, à 18h50 le 26/07/2014 dans le cadre du Festival d’Avignon.

 

De : Carole Fréchette

Mise en scène : Sylvia Bruyant

Avec : Stéphane Benazet, Sylvia Bruyant et Delry Guyon


VIVANT-3-COEURS-5Genre : Théâtre

Tout public

Durée : 1h25


 

Simon Labrosse accueille, dès l’entrée et avec beaucoup d’entrain, les spectateurs qui viennent découvrir un petit florilège de sa vie. Affublé de Léo, son copain poète dépressif, et de Nathalie, sa copine envahissante, ils nous ont concocté une petite représentation rien que pour nous. Ils créent ainsi une ambiance entre réalité et théâtre qui nous met au coeur de cette tranche de vie humaniste.

 

Habituée à jouer dans des lieux non dédiés au spectacle, la compagnie a su s’intégrer dans la salle un peu particulière et biscornue de l’Isle 80. Autour d’une petite piste de cirque miniature et bricolée, on suit ainsi 7 jours de la vie de Simon Labrosse, jeune homme en galère mais résolument optimiste, malgré le poids de ses soucis. Il propose ainsi, au fur et à mesure de ses rencontres, son assistance pour aider les gens contre rémunération : cascadeur affectif, spectateur de vie, finisseur de phrases, flatteur d’égo, amoureux à distance, allégeur de conscience, remplisseur de vide…

Vivant dans son propre univers, mais continuellement rattrapé par la vraie réalité, il rêve sa vie ou vie ses rêves. Le désordre qui règne en lui s’étend sur scène et ses acolytes, Nathalie et Léo, sortent continuellement de leur rôle pour marquer cette difficulté à confronter vie et envie.

 

Un texte sur la solitude et sur la façon dont chacun mène son existence, sur les fêlures, sur les gens en dérive, pris dans le tumulte de notre société de l’avoir. La mise en scène très dynamique, joue continuellement sur cette difficulté à rentrer dans le rang, sur cette réalité-fiction qui nous porte, sur les failles de chacun (Léo le poète dépressif ne peut jamais dire le mot « espoir »). L’ensemble est très réussi, et ne sombre pas dans le pathos, mais nous offre avec sensibilité une éclatante tranche d’optimisme, de poésie et de drôlerie. Joué par trois excellents comédiens, il nous parle aussi de la solidarité et de la fraternité, même s’il nous rappelle que celles-ci sont fragiles.

 

Un très bon moment de spectacle à faire partager largement autour de soi.

 

Eric jalabert

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31 juillet 2014 4 31 /07 /juillet /2014 10:29

blog-affreux.jpgCompagnie des Dramaticules (94). Vu à 22h30 au GiraSole le 25/07/2014.


Scénario et mise en scène : Jérémie Le Louët (à partir d'un travail collectif)

Avec : Julien Buchy, Anthony Courret, Noémie Guedj, Jérémie Le Louët et David Maison

 

VIVANT-3-COEURS-5Genre : Théâtre

Durée : 1h45

 

Dans la grande salle du GiraSole, le public s’installe face à lui-même. En effet, en fond de scène, un immense écran nous renvoie en différé l’image des gradins et du public qui s’installe… Nous allons être face à nous-mêmes et à notre diversité. En fond musical, il m’a semblé reconnaître un discours d’Hitler… La soirée s’annonce surprenante. Il s’agit d’un spectacle hors du commun, sous-titré « une satire de la vie culturelle française » et qui nous propose de nous interroger sur notre état de spectateurs, sur la culture et sur ceux qui la font. C’est sacrément original, drôle et intelligent.

Un spectacle surprenant et qui impacte, comme je les aime.

 

Pour lancer la machine, Jérémie Le Louet, auteur, metteur en scène et comédien de talent, vient nous crier un texte extrait du « Manifeste du futurisme », texte provocateur de Filippo Tommaso Marinetti datant de 1909. C’est le cri de vitalité d’une jeunesse non entendue et prônant l’urgence, le mouvement et la guerre contre la mièvrerie et l’immobilisme de l’institution. Après un bref salut, le comédien vient s’assoir face à nous et nous propose dix minutes d’échanges, de réaction autour de ce texte, alors que le spectacle vient à peine de commencer… Après ce séisme révolutionnaire, cet échange, symbole de la démocratie partagée mais manipulée, vient mettre en avant les points de vue de deux spectateurs, l’un fervent admirateur de « ceux qui passent à la télé » et l’autre professeur de Français, défenseur de la Culture avec un grand C.

On se laisse emporter avec délectation dans ce dispositif qui nous surprend et qui ne manque pas de nous interpeller.


L’enchaînement se fait sur la présentation de la saison du théâtre, où l’on découvre des propositions artistiques fort contemporaines : le comédien, nu sur scène et la tête enduit de Nutella, pour un travail en cours devant déboucher sur un spectacle de 8h (avec un entracte heureusement). On est dans une caricature (à peine), mais c’est drôle et ça parle à tout le monde. Puis nous voilà transportés dans le bureau d’un directeur de théâtre, un homme de pouvoir, un chien, qui reçoit avec dédain une compagnie pour financer son spectacle. Là encore, l’exagération ne déforme qu’à peine la réalité. Enfin, et parce que la compagnie ne recule pas devant l’autodérision, nous découvrons le travail d’un metteur en scène tyrannique qui prépare un « Phèdre » avec ses comédiens. Engagement, compromission, aliénation, rapport de force… les compagnies n’échappent pas à la loi du genre…

 

Les enchaînements sont habiles, la forme originale et le fond nous interroge vraiment. C’est un théâtre accessible, surprenant, qui nous fait rire jaune, noir ou vert, mais qui nous parle à nous-mêmes. C’est à recommander pour les programmateurs qui sont aussi prêts à se moquer d’eux-mêmes et à surprendre leur public.

Merci et bravo pour ce moment héroïque.

 

Eric jalabert

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28 juillet 2014 1 28 /07 /juillet /2014 19:43

Attached.jpgSpectacle de la compagnie Magmanus (Suède). Vu le 24 juillet 2014 à Midi Pyrénées fait son cirque en Avignon, île Piot 20h15.


Crée et interprété par: Magnus Bjoru et Manu Tiger

Mise en scène : Jay Gilligan

Création lumière : Patrick Bogard

Création musique : Magnus Larrson

Conception Fabrication matériel : Uff Poly Nylin et Adam

 

VIVANT-3-COEURS-5Public: Dès 5 ans

Genre: Cirque en action

Durée: 1h05

 

 

La Compagnie « Magmanus », ce sont deux circassiens complices et drôles qui conjuguent avec brio rires et haute voltige. Suédoise, elle est créée en 2009, par ce duo Franco-Norvégien tout en contraste :

 

Un porteur grand quelque peu bourru , Magnus Bjoru, Norvégien (le viking) et un petit rigolo (Français) Manu Tiger, habile voltigeur nerveux aux yeux pétillants de malice et au sourire coquin. « La différence de nos physiques reflète celle de nos personnalités,qui se complètent parfaitement » « Il existe un lien très fort entre nous,nous jouons avec ce contraste pour exprimer nos visions » déclarent-ils.

Les deux enchaînent sans répis, les numéros de jonglage, de bascule coréenne, les portés acrobatiques tout en glissant quelques gags insolites en route.

La personnalité du plus petit et son sourire malin installe au fil du spectacle une complicité chaleureuse avec un public conquis. Un numéro spécialement burlesque et drôle la concrétisera définitivement. Le lien avec le public se renforce encore lorsqu'à plusieurs reprises, l'un des spectateurs est invité sur scène à partciper au show.

Ces deux là , Magnus et Manu sont tout à fait connectés, le public de tous âges également. L'un saute, l'autre s'envole. L'un tombe, l'autre s'accroche. Action/réaction, ils enchaînent causes et effets avec une ponctualité impressionnante, le public s'envole dans les airs avec eux.

L'effet domino humain : comment les actions d'une personne peuvent jouer sur la vie d'une autre, est parfois incontrôlable. Les numéros successifs donnent un rythme particulier dans lequel nous public nous trouvons embarqués. Chaque spectateur se retrouve rattaché à ce spectacle par la performance relationnelle.


Un bonheur, une joie de vivre habite le chapiteau. Les deux ont accomplit le tourde magie de nous mettre en lien. Un bien-être s'installe et lorsque la représentation se termine, il est difficile de quitter les lieux.

Merci à ces deux pour cette communication chaleureuse avec le public. Un tour de magie s'est opérée durant la représentation : permettre que le lien de confiance entre deux individus différents, étrangers, génère un bonheur de vivre communicatif avec chaque personne présente.

Bravo !

Coup de cœur à vous deux pour ce moment d'intense humanité  !

A voir absolument !

 

Lydie-Gisèle Brogi

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28 juillet 2014 1 28 /07 /juillet /2014 18:19

quien-soy.jpgSpectacle de la compagnie El Nucleo (Colombie). Vu à Midi Pyrénées fait son cirque en Avignon, île Piot à 16h30. 


Avec : Edward Aleman et Wilmer Marquez

Regard extérieur : David Bobee

Création lumière et vidéo : Clément Bardet (Collaborateur: Raoul Bender)

Création son : Jorge Avallaneda

 

VIVANT-3-COEURS-5Genre: Cirque, Portés acrobatiques

Public: Adultes et enfant dès 8 ans

Durée :1h15

Création 2013

 

Cette toute première création d'El Nucleo, exceptionnel duo de porteurs/voltigeurs colombiens invite sur scène acrobaties, danse, video et musique.


Dès l'éclairage du plateau, deux hommes apparaissent debout sur une structure cubique en bois d'environ trois mètres cubes. Sur deux des côtés, face au public, sont projetées des images en noir et blanc d'une mégapole, tours et gratte-ciels. Cette ambiance urbaine est soulignée par la musique et les lumières : une cité bétonnée, cubes et tours aux arêtes anguleuses, induisant sauts et déplacements entre blocs. Au fil de la représentation, les deux acrobates danseurs évideront ce cube géant en une multitude de Kaplas, de paralélépipèdes identiques. Ces structures n'auront de cesse d'être déplacées au fil de sauts et voltiges, d'être également à plusieurs reprises supports de nouvelles projections video urbaines sonores.

Cette scénographie mouvante composée d'éléments que nos deux complices n'ont de cesse de construire et de déconstruire, dicte un rythme urbain. Autant d'obstacles, de supports, à la mesure des prouesses évolutives des artistes. Le spectacle Quien soy d'une esthétique originale, épurée propose un terrain de jeux qui sied parfaitement aux prouesses des deux artistes.

Edward le voltigeur et Wilner le porteur, allient une maîtrise technique exceptionnelle avec une volonté farouche de développer leur propre vocabulaire. Le duo travaille les portés acrobatiques mais pas seulement. Leur gestuelle rappelle celle du hip-hop pour l’énergie et l’espièglerie, mais elle est aussi à la recherche d’une poésie de l’image.

Observer l'humain. La solitude engendrée entre communication virtuelle et réelle. Le projet consiste à explorer les possibilités du main à main pour décrypter l’humain dans ses tentatives de communication : la rencontre, le dialogue entre les êtres, fluide ou conflictuel, se traduit ici en harmonie et discordance des corps. Le spectateur privé de ses repères, est plongé dans un vertige sensoriel évoquant le monde virtuel qui nous entoure. Des effets magiques s’ajoutent aux exploits acrobatiques. On glisse de l’exploit possible à la situation surnaturelle.


Edward Aleman et Wilmer Marquez sont assistés dans leur démarche par Raphaël Navarro (Cie. 14:20), qui a déjà travaillé un mois avec eux en Colombie à la conception des effets magiques ; David Bobée (Cie. Rictus), qui collabore à la dramaturgie, en marge de sa création Roméo et Juliette(dont Edward Aleman et Wilmer Marquez sont interprètes) ; et Stéphane Ricordel, qui accueille la compagnie en résidence. Ils ont, par leurs regards extérieurs précieux, contribué à faire de ce « Quièn soy » un spectacle de qualité, unique.

Quien soy ? Qui suis-je ? C'est la question que se posent deux formidables acrobates, dans une mise en scène percutante, très contemporaine, et qui réussissent à donner toute sa profondeur à la discipline du porté.

Un coup de coeur pour un spectacle d'une poésie et d'une beauté rare. Bravo à ces deux jeunes gens talentueux, félicitations pour cette première création.

Spectacle à voir absolument!


Lydie-Gisèle Brogi

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