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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

14 juillet 2015 2 14 /07 /juillet /2015 16:13
Le cirque des mirages fête ses 15 ans
Le cirque des mirages fête ses 15 ans

Présent sur le off 2015, Spectacle de la Compagnie Umbral (92), vu au Théâtre du Roi René, Avignon, le 11/07/2015

Création et Interprétation : Fred Parker et Yanowski

Genre : Chanson française théâtrale

Public : Tout public à partir de 14 ans

Durée : 1h15

J’ai beau ne pas être née de la dernière pluie en matière théâtrale, j’ai réservé en Avignon, Le Cirque des Mirages fête ses 15 ans en me disant « chouette, un spectacle de cirque ! » J’en vois déjà qui ricanent devant tant de naïveté ! Car Le cirque des mirages, c’est Le cirque des mirages, unique et inclassable et qui, en fait de cirque, propose le mirage des visions engendrées par la magie des paroles de Yanowski et la fulgurance de la musique de Fred Parker.

Yanowski compose des chansons comme d’autres écriraient des nouvelles. Ce sont des histoires qui balancent entre naturalisme et fantastique à la façon de Kafka et dans lesquelles le vocabulaire oscille entre argot des marlous et puissance poétique. Le pouvoir suggestif du verbe est renforcé par la musique de Fred Parker. Il compose une musique entre jazz et psychédélisme. Il accompagne le texte comme s’il accompagnait les images d’un film muet. La musique scande la parole et la parole rythme la musique. C’est une osmose.

Le duo pourrait s’en tenir à ce qui est déjà une prouesse en soi. Mais ce qui fait du cirque des mirages autre chose qu’un simple récital, c’est l’ambiance même de la scène et l’interprétation de Yanowski. La scène est plongée dans le noir de même que les interprètes sont tout de noir vêtus. Dans cette pénombre inquiétante, ressortent le visage de Yanowski, les paupières maquillées en noir, et ses grandes mains. Le corps est totalement incarné dans l’histoire et la tension s’exprime jusqu’au bout dans la pantomime des mains et du visage. Nous voilà chez Murnau. Parfois, une lumière rouge souligne la chute de l’histoire (le fonctionnaire) ou le lieu de l’action (le serment faustien). Parfois, un accessoire nous fait changer de registre et Yanowski, coiffé d’une casquette se métamorphose en tonton flingueur qui vient se venger du clan des corses (le public). Souvent Fred Parker fait entendre une voix de choriste sourde ou percute le piano pour imiter une porte qui claque, des pas, des fantômes. La voix est celle d’un baryton mais qui sait monter dans les aigus si le texte l’exige. La diction est parfaite malgré le rythme endiablé de la musique et de la gestuelle de sorte que le spectateur entre dans les arcanes du texte, et peut en apprécier le côté absolument irrévérencieux comme dans la véritable histoire du Christ.

Pour essayer d’appréhender par écrit le phénomène on pourrait citer comme autres références l’opéra de Quat’sous, l’expressionnisme allemand, Arthur H, les Frères Jacques, mais toutes ces références sont réductrices tant le spectacle est inouï, inédit et virtuose.

Le cirque des mirages est un spectacle fantastique au sens propre comme au sens figuré. Je suis sortie de la salle avec une seule idée en tête, trouver les dates des tournées pour aller les revoir et les faire découvrir à ceux qui les ignorent encore.

Catherine Wolff

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14 juillet 2015 2 14 /07 /juillet /2015 00:13
Andromaque
Andromaque

Présent sur le Off 2015, Spectacle de la Compagnie Viva (78), vu au Théâtre de l’Oulle, Avignon, à 16h45, le 09/07/2015

Mise en scène : Anthony Magnier

Interprétation : Pauline Bolcatto (Hermione), Moana ferré (Andromaque), Nathalie Lucas (les confidentes), Anthony Magnier (Pyrrhus), Julien Saada (Oreste)

Genre : Théâtre

Public : Tout public à partir de 14 ans

Durée : 1h35

C’est à une mise en scène recentrée sur les trios amoureux que nous invite Anthony Magnier. Le contraste entre l’intensité des passions et du jeu et la froideur du décor fait apparaître la force du verbe et des enjeux tragiques voulus par Racine.

Cinq comédiens occupent un décor minimaliste et qui désigne habilement trois espaces. En arrière-plan, un cyclo qui envoie des flashes suggère la guerre de Troie. La bande centrale du plateau, baignée d’une lumière froide et parfois habitée de mannequins, dessine le cercle du pouvoir. Enfin, l’avant-scène, souvent plongée dans la pénombre, est le lieu de l’intime, du dilemme cornélien qui oppose passion et raison d’Etat. C’est donc essentiellement par un jeu de lumière et de pendrillonage que l’espace de la tragédie prend forme.

Pour rappel, « l’action d’Andromaque se situe aux lendemains de la Guerre de Troie ». Pyrrhus, vainqueur, doit épouser la grecque Hermione mais tombe amoureux de la captive Andromaque dont il a tué l’époux, Hector. Pour Andromaque, Pyrrhus est prêt à renoncer à tous ses devoirs d’homme d’Etat, à commencer par son mariage avec Hermione.

L’Andromaque d’Anthony Magnier privilégie la mise en scène de l’humain. C’est pourquoi, chaque scène est coupée de la suivante par un noir qui sert moins à changer le décor qu’à mettre en exergue ce qui vient de se jouer, à en augmenter l’intensité dramatique. Par ce procédé, il s’agit aussi de dessiner des tableaux d’une grande efficacité plastique. On retiendra par exemple la première apparition d’Hermione, assise sur le rebord d’une baignoire bouillante, devisant avec sa confidente, tandis que dans une lumière froide et trouble, un mannequin, telle une sculpture antique, habille la scène. Dans ces espaces presque fantomatiques, la direction d’acteurs est essentielle. Pyrrhus (Anthony Magnier) offre une prestation époustouflante. Eperdu d’amour, il est tantôt d’une folle tendresse, tantôt d’une dureté glaçante. Hermione (Pauline Bolcatto) a une palette de jeu comparable, entre l’amoureuse un peu naïve qui veut croire à sa chance et l’amante blessée avide de vengeance. A part Nathalie Lucas qui parvient à donner une individualité à tous les confidents qu’elle incarne (Céphise, Cléone, Pylade et Phoenix), je regrette que les autres comédiens ne soient pas à la hauteur de l’enjeu, en particulier Oreste (Julien Saada) qui gesticule beaucoup sans que sa voix soit en accord avec son jeu. La scène où les pendrillons le zooment dans une crise d’hystérie frise le pathétique alors qu’Hermione, dans une configuration analogue et par la puissance de son jeu, sort la tête haute de l’exercice.

Hormis cette faiblesse, c’est un spectacle franchement efficace. La parole de Racine est bien portée, les enjeux passionnels nous émeuvent comme si le discours était contemporain ; le tout dans une belle économie de moyens. Un beau spectacle pour initier et faire aimer un texte du répertoire.

Catherine Wolff

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13 juillet 2015 1 13 /07 /juillet /2015 19:13
Prêt-à-partir
Prêt-à-partir

Spectacle de Fabio Gorgolini et Fabio Marra, Cie Teatro Picaro (93), vu le 07 Juillet 2015, à 19h50, au Théâtre Buffon durant le festival d'Avignon off

Interprètes : Ciro Cesarano, Laetitia Poulalion, Paolo Crocco, Fabio Gorgolini

Mise en Scène : Fabio Gorgolini

Genre : Théâtre

Public : Tout public à partir de 6 ans

Durée : 1h20

Une roulotte poussée par trois hommes entre en scène. Ce sont des comédiens costumés à la mode du 17e siècle. Ils cherchent fortune sur les routes comme Molière à la même époque. Ils cassent une roue, sont obligés de s’arrêter et de camper sur place, nous assistons à un moment crucial de leurs vies. Réduite à quatre personnes la troupe de théâtre tente le tout pour le tout, aller jouer pour un comte peut-être bien leur futur mécène. Nous comprenons assez rapidement que de cette prochaine représentation va dépendre leur avenir, mais il y a un problème; l’auteur est en mal d’inspiration…

Grâce à la découverte d’un enfant dans les bois, l’inattendu fait irruption dans la vie et relance la créativité. L’auteur de la troupe trouve alors son synopsis, une idée à filer pour sa nouvelle pièce. C’est un peu le processus de création qui se joue devant nous. La pièce en train de s’écrire se déroule sous nos yeux.

Nous sommes dans l’histoire qui se trouve dans l’histoire mais sans jamais se perdre tant la mise en scène est précise. Ce qui ressort de cette pièce en premier lieu, c’est d'abord la justesse des comédiens, quatre sur scène, chacun avec ses particularités et son caractère. Un léger accent italien vient pimenter les dialogues savoureux. Je me délecte de leur jeu, riche en nuances, incarné, inspiré certainement de la commedia dell’arte, mais pas que, car ils se nourrissent indéniablement d'une multitude d'influences. C'est du beau théâtre populaire et européen.

La mise en scène est sans temps mort, elle s’appuie sur une scénographie habile car la roulotte est modulable selon les scènes. Tel un castelet évolutif, les différents décors apparaissent et disparaissent sous nos yeux dans un ballet de comédiens extrêmement bien réglé. La roulotte devient alors tout à tour un cimetière, un palais royal, une prison ou la tour du château. Tout est pensé pour laisser la part belle à l’imagination.

Au final "Prêt-à-partir" nous interroge sur la course folle au succès qui peut parfois, souvent, éloigner de soi-même. Pour qui cherche la reconnaissance, c’est une fable sociale à méditer sans modération !

Marie-Madeleine Pons

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13 juillet 2015 1 13 /07 /juillet /2015 06:50
Le miroir et le coquelicot
Le miroir et le coquelicot

Spectacle de la Compagnie Raymond et Merveilles (69), vu le samedi 11 juillet 2015, à 16h20, à la Maison du Théâtre pour Enfants - Monclar, Festival off

Auteur : Guy prunier

Interprètes : Guy Prunier, Marion Cordier

Scénographe : Philippe Sicard

Genre : Conte

Public : Tout public à partir de 4 ans

Durée : 50 minutes

Comment les enfants s’endorment-ils le soir ? Avec une histoire bien sûr ! Raconté par un papa, une maman, une tata, un grand-père... Dans le cas de Raymond, c’est lui-même qui raconte des contes le soir à son doudou. Quelle jolie entrée en matière !

"Le miroir et le coquelicot" est donc une histoire inventée par un petit garçon pour s’endormir. Ce sont les deux comédiens qui racontent tour à tour dans un savant chassé-croisé. Ils interprètent également l’un et l’autre Georges le géant minuscule et la petite souris Hortense. C’est très original et bien réalisé, on ne s’y perd pas malgré un rythme soutenu.

Ici, les principes du conte sont respectés : la proposition, la tension et la résolution. On reconnaît aisément la plume d'un véritable conteur, Guy Prunier, qui sait développer une histoire à tiroirs pleine de rebondissements et de personnages imaginaires et, dans ce cas précis, qui fait écho aux héros de nos contes traditionnels, les bottes de 7 vieux, les 6 fées parfaites et bien sûr un méchant chat nommé Rominagrobi.

La musique est également bien représentée grâce à Marion Cordier qui nous emporte dans des pays lointains avec des berceuses du monde entier jouées à l'accordéon. Cela nous permet de nous reposer d'une narration riche en rebondissements. Tout cela est extrêmement bien conçu, nous ne nous embêtons pas une minute.

J’aime beaucoup les moments de rituel, le couché du doudou rompt la narration comme quand, dans la vrai vie, nous nous extirpons d'un bon livre pour reprendre nos activités diverses. Au fil des nuits, l'histoire avance. Le jour, c'est le quotidien d'une vie d'enfant qui reprend le dessus. Décrite grâce à des moments de grandes musicalités, exécutés avec des objets de la vie quotidienne : bol, cuillère en bois et bouteille de lait se transforment soudainement en instruments de musique.

Tout cela est magnifiquement pensé et conçu, le duo conte-musique fonctionne absolument et le public grand et petit se laisse embarqué par cette histoire touchante et poétique.

A voir de toute urgence !

Marie-Madeleine Pons

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13 juillet 2015 1 13 /07 /juillet /2015 06:41
Le siffleur
Le siffleur

Spectacle de la Compagnie Le siffleur (42), vu le samedi 11 juillet, à 11h10, au Théâtre des 3 soleils, dans le cadre du festival Avignon off 2015

Interprète : Fred Radix

Création Lumière : Clodine Tardy

Régisseur Son : Jean-michel Quoisse

Genre : Théâtre musical

Public : Tout public

Durée : 1h

Un homme en queue-de-pie entre en scène, il tient à la main son recueil de partition. Après le salut de rigueur, il monte sur un trépied, et débute le concert en sifflant un grand air de musique classique. Un orchestre pré-enregistré accompagne avec brio le siffleur. C'est atypique et sort du lot des propositions faites sur le festival d'Avignon.

Je dois vous avouer que j’ai cru les premiers instants que le sifflet était lui aussi enregistré tant sa qualité et sa justesse m’ont saisie. J’avais déjà vu Fred Radix, il y a fort longtemps et dans un tout autre registre. Je ne lui connaissais pas ce talent et fus stupéfaite du résultat. C’est musicalement irréprochable, en place, gracieux, léger… Cela semble facile de prime abord. Il est vrai que dans l’imagerie populaire, le siffleur est peintre en bâtiment ou promeneur insouciant, on l’associe aisément à une activité dilettante.

Mais ici, le sifflet est un véritable instrument soliste dont Fred Radix joue avec virtuosité. La musique de film est aussi à l'honneur, les grands compositeurs de ce genre sont interprétés pour notre plus grand bonheur avec la même classe et distinction que les grands airs de musique classique. L’artiste est astucieux, il connaît son métier de comédien. Sans jamais se départir du ton solennel et distingué des musiciens classiques présentant une œuvre, il crée le décalage, l’incongru, et soudain le rire apparaît. Le spectacle prend par moment la forme d'une conférence, entre deux rires nous apprenons des choses…

Cet aller-retour entre musique et aparté désopilant donne le rythme nécessaire à la dynamique du spectacle, on ne s’embête pas une minute. Vient le moment où l’artiste invite le public à siffler avec lui, ou tout du moins pour ce qui me concerne, à essayer de siffler avec lui… Je ris de bon cœur de ne pas arriver à sortir un son correct sous le regard de l'artiste faussement catastrophé par notre piètre niveau.

C’est original, rigolo et, en prime, Fred Radix nous offre un merveilleux moment de musique. A voir de toute urgence !

Marie-Madeleine Pons

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13 juillet 2015 1 13 /07 /juillet /2015 05:47
Le temps d’une lessive par une négresse Italienne
Le temps d’une lessive par une négresse Italienne

Spectacle de la Compagnie L'autre souffle (75), vu à Avignon, à 20h30, le jeudi 09 juillet 2015, à l'atelier Florentin, dans le cadre du festival off

Interprète : Daisy Miotello

Producteur : Jean Michel Martial

Genre : Humour

Public : Tout public

Durée : 1h10

A l’occasion de cette représentation et avec l’accord de l’équipe du théâtre de l'atelier Florentin, nous avons mis en place une expérience hors du commun. Faire une chronique le même jour de la même pièce de théâtre par quatre personnes très différentes tant par leurs expériences du spectacle que par leurs parcours de vie. Une règle du jeu était cependant spécifiée, ne pas communiquer entre nous après le spectacle.

Voici donc quatre retours sur "Le temps d’une lessive par une négresse Italienne".

Farid : J’ai bien aimé ce spectacle, j’étais bien installé et il ne faisait pas trop chaud. Il y avait un décor qui collait tout à fait au thème et j’ai passé un bon moment qui m’a semblé très court. J’ai pu oublier mes soucis et j’ai apprécié.

Bruno Louvet : On commence par s’installer en se pliant un peu les genoux sur des strapontins, mais on est très vite plongé dans l’atmosphère, par la proximité immédiate de la scène, de la comédienne et du décor, qui déjà interpelle. Très vite, le spectateur est emmené dans le tourbillon magistral de la prestation de Daisy, dès les premiers instants de la pièce et pour le temps d’une lessive. Ce plaidoyer contre le racisme, tantôt drôle tantôt touchant, nous entraîne dans une réflexion sur notre propre identité, nos relations aux autres, nos différences, nos cultures. Sur un texte fort et un dynamisme sur scène qui excelle, Daisy nous entraîne, en réalité, sur le chemin de l’amour. Mais ceci est ma réflexion personnelle et si vous aussi vous voulez vous faire une idée, je vous invite à aller voir Daisy et sa drôle de lessive, car elle vous fera de toute façon réagir.

Geneviève : J’ai ressenti que la comédienne y mettait tout son cœur et qu’il y avait sûrement beaucoup de choses qui étaient du vécu pour elle. Je suis convaincue du texte, pour moi, cela sera toujours d’actualité mais je pense que malheureusement il y aura toujours des différents sur le sujet du métissage.

Marie-Madeleine Pons : Dans un décor de carton peint en blanc et noir symbolisant certainement une buanderie, une femme fait une machine à laver avec son linge et celui de sa voisine. 1h, c’est le cycle du lavage et c’est aussi le temps imparti pour nous faire des confidences sur sa vie de métisse. Ni blanche, ni noire, comment se construire dans un monde manichéen ? Dans ce monologue savamment écrit, Daisy, la comédienne, nous offre le témoignage d’une construction identitaire parcellaire, à réunir entre la culture italienne et américaine, entre la couleur blanche et noire. Elle met en avant les problèmes rencontrés par les gens de couleur dans une société peu tolérante et peu nuancée. Il n’y a rien de larmoyant dans tout ça, le style est plutôt enlevé, le ton humoristique. La comédienne paradoxalement a mis un peu de temps à rentrer dans son personnage, c’est parfois plus facile d’incarner des rôles de composition que des rôles qui collent à la peau, si j’ose dire ! Quoiqu’il en soit le texte est touchant, juste et l’idée d’utiliser le temps d’un cycle de machine à laver pour nous parler de la couleur de peau reste profondément originale.

Nous avons tous eu une façon différente de recevoir ce texte mais sommes tous les 4 touchés par la thématique de ce spectacle qui fait écho en chacun de nous au sentiment de rejet qui reste malheureusement toujours universel et d’actualité.

Merci à l’équipe du théâtre et à la comédienne d’avoir accepté cette expérience de la chronique écrite à plusieurs.

Marie-Madeleine Pons

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12 juillet 2015 7 12 /07 /juillet /2015 16:09
La Vraie Fiancée
La Vraie Fiancée

Spectacle de la Compagnie l’Eternel Eté/Monsieur Max Prod (13), Avignon Off 2015, Théâtre Alizé, à 16h30, jusqu’au 26 juillet (sauf 17 et 24)

Adapté du conte de Grimm par Olivier Py

Mise en scène : Emmanuel Besnault

Avec : Johanna Bonnet ou Pauline Vasseur, Benoît Gruel, Schemci Lauth, Maïa Liaudois, Elisa Oriol, François Santucci, Manuel le Velly

Genre : Théâtre

Public : Tout public à partir de 8 ans

Durée : 1h05

Création 2015

Après avoir mis en scène l’adaptation de G. Gélas du Petit Poucet, que j’avais pu apprécier en 2013, la compagnie a choisi cette année un conte de Grimm, que je ne connaissais pas, adapté cette fois par Olivier Py, dont ce n’est pas un coup d’essai (Cf. La jeune fille, le diable et le moulin), dans une version destinée plus précisément à des comédiens ayant des talents musicaux.

L’histoire est encore une fois banale et cruelle. Un père faible, une marâtre bien méchante qui a décidé de se débarrasser de sa belle-fille. Elle s’ingénie à lui imposer des épreuves extravagantes dont celle-ci s’acquitte avec l’aide d’un ange. Néanmoins, elle réussit à la chasser et la jeune fille se réfugie dans la forêt auprès d’un jardinier qui apprend aux oiseaux à chanter ! C’est là que le Prince la rencontre et en tombe amoureux…

La mise en abyme, incluant une pièce de théâtre dans l’intrigue, apporte une dose d’humour et d’autodérision par le regard que portent sur eux-mêmes les acteurs. C’est aussi parce qu’il est invité à jouer dans la pièce de théâtre que le Prince sortira de la torpeur dans laquelle l’a plongé l’eau de l’Oubli. La marâtre lui a fait boire ce breuvage afin de le soumettre à sa volonté et le marier à sa propre fille, étrangement belle, sage et silencieuse, dont Olivier Py a fait une poupée de cire !

La mise en scène s’appuie sur une scénographie ingénieuse, un plateau tournant de grandes dimensions, modulable à l’envi, autour duquel les comédiens peuvent laisser libre cours à leur énergie et à leurs talents de chanteurs, danseurs et musiciens. On obtient ainsi une sorte de comédie musicale/spectacle de cabaret enjoué, propre à satisfaire tous les publics. Et l’on comprend pourquoi la compagnie a choisi cette adaptation qui lui sied à merveille.

Il faut souligner que les comédiens enchaînent dans la même salle leurs deux propositions, le Petit Poucet à 15h et la Vraie Fiancée, après une pause de 30 minutes seulement.

Bravo les jeunes !

Cathy de Toledo

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12 juillet 2015 7 12 /07 /juillet /2015 15:47
Au bout du rouleau
Au bout du rouleau

Spectacle de Boni and Prod, vu à Avignon 2015, Théâtre des Corps Saints, à 17h50, jusqu’au 26 juillet

De et par : Gérard Dubouche et Didier Landucci

Mise en scène : François Boursier

Genre : Théâtre

Durée : 1h20

Public : Tout public à partir de 12 ans

Création 2015

Pour faire une action d’éclat, un chômeur de longue durée prend en otage, à quelques heures de la remise d’un prix couronnant sa réussite, le patron d’une grande entreprise leader du papier toilette. Il souhaite attirer l’attention de l’opinion publique sur le fait que l’acte le plus anodin a des conséquences écologiques, économiques, et humaines. Il veut faire quelque chose pour la planète, mais veut aussi changer le regard des autres, de la famille, des amis, sur les chômeurs victimes d’après lui de la mondialisation, et sur lui-même.

Il a prévu d’enregistrer une vidéo dans laquelle son otage doit annoncer qu’il va mettre un terme à son activité et fermer son entreprise. Mais les conditions météo vont en décider autrement. L’orage qui gronde tout au long de ce face à face va provoquer des coupures d’électricité successives rendant l’enregistrement difficile. Jusqu’au refus total de l’otage de se plier aux desiderata de son ravisseur, faisant monter la tension d’un cran. Jusqu’au renversement inattendu de la situation.

Présenté comme un spectacle citoyen « Au bout du rouleau » surfe certes sur des clichés : le chômeur en fin de droit, le PDG froid et cynique, la société de consommation, la croissance, etc., mais le jeu des acteurs rend le propos crédible. Leurs états d’âme, qu’ils sont amenés à évoquer, car pour occuper le temps on finit par se parler, remettent les choses à leur place. Autant l’un que l’autre, ils subissent des pressions et sont prisonniers de leur condition. Qui des deux est le plus désespéré ? L’argent ne fait pas systématiquement le bonheur, et qu’est-ce d’ailleurs que le bonheur ? Mais pas si simple de décider de tout plaquer et de vivre libre…

Le personnage du chômeur incarné par un Didier Landucci finalement pas si éloigné de son personnage au sein du duo des Bonimenteurs, amène la légèreté nécessaire. Face à un PDG d’abord froid et cynique, bien que naïf et maladroit, il fait preuve de bon sens, et l’on se prend de sympathie pour cet individu qui ne réalise pas la gravité de la situation qu’il a créée.

Dans un décor épuré, tout en noir en blanc (peut être un peu trop « clean » pour représenter réellement la cave dans laquelle l’action est censée se dérouler), la mise en scène de François Bourcier, sobre et efficace, utilise la vidéo pour projeter sur les murs des images stylisées d’arbres, d’enfants, de vie, de mouvement, d’ailleurs… Enfin, ce papier toilette qui semble quelque chose de si dérisoire, mais tellement utile, choisi de façon pas si anodine en clin d’œil au titre et à l’état de détresse du chômeur, devient un élément de mise en scène tout en légèreté dans le ballet de D. Landucci sur les Quatre saisons de Vivaldi.

Bien sûr, je ne vous dirai rien de la fin, que vous découvrirez par vous-même en allant profiter de ce bon moment de théâtre…

Cathy de Toledo

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12 juillet 2015 7 12 /07 /juillet /2015 15:20
Macbett
Macbett

Spectacle de la Fox Compagnie (74), vu à Avignon Off 2015, Théâtre La Luna, à 14h30 jusqu’au 26 juillet

D’Eugène Ionesco

Avec : Samir Dib, Pierre-François Doireau, François Juillard, Yannick Rosset, Céline Sorin

Mise en scène : Céline Sorin

Musique : Samir Dib

Scénographie : Daniel Martin

Création Lumières : Mathilde Foltier Gueydan

Genre : Théâtre

Public : Tout public

Durée : 1h15

Création 2015

Gardant un excellent souvenir de "Sindbad", dans le registre du théâtre noir que j’affectionne et que j’avais vu en 2013, j’ai eu envie de retrouver la Fox Compagnie dans un genre pour le moins différent ; avec cette mise en scène de Macbett de Ionesco.

En ouverture, face à un portant chargé de vêtements, au milieu desquels sont « suspendus » les barons Glamiss et Candor, complotant contre l’archiduc Duncan, on aurait pu croire que la mise en scène allait s’orienter vers une certaine forme d’humour... Il n’en est rien, et le tableau dressé des dictateurs, présents, passés, et hélas à venir, et de leur cour, est on ne peut plus noir. Mais comment aurait-il pu il en être autrement ? Bien vite d’ailleurs le ton est donné, avec en voix off les « aboiements » du plus célèbre dictateur du XXème siècle, qui clôtureront également le spectacle…

L’ambiance oppressante est servie par un très beau décor figurant d’immenses silhouettes de chevaux portant vers les champs de bataille les troupes des dictateurs et des barons en mal de domination… Le mouvement est suggéré par les éclairages arrières, et de manière générale tout au long du spectacle, la création lumières, très réussie, sert la noirceur, et en même temps le ridicule et la vacuité des personnages, en se reflétant sur le visage blanchi des acteurs. Il est à noter que les costumes sont aussi soignés que les maquillages. Avec tous ces atouts, les acteurs ne pouvaient qu’être impeccables.

Mais il est bien difficile de rire, et même de sourire, face à la versatilité de l’opinion publique et à l’accumulation de complots qui se succèdent amenant au pouvoir un despote après un autre, anéanti ensuite par un nouveau complot. Ainsi, s’il est une phrase à retenir de Ionesco c’est bien « L’accession au pouvoir entraîne-t-elle la myopie ? », d’un pessimisme qui ne laisse guère d’espoir...

Belle prestation donc - certes à déconseiller à ceux qui auraient l’humeur morose - qui m’a semblé par moments souffrir de quelques longueurs. Mais laissons à ce spectacle, tout neuf, le temps de trouver sa vitesse de croisière.

Cathy de Toledo

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12 juillet 2015 7 12 /07 /juillet /2015 14:44
Hansel et Gretel, ou pourquoi j'ai arrêté de manger des enfants
Hansel et Gretel, ou pourquoi j'ai arrêté de manger des enfants

Spectacle de la Cie Grande Horloge (34), vu au Festival d’Avignon Off 2015, théâtre Alibi, à 11h15, jusqu’au 26 juillet

D’après le Conte de Grimm

Réécriture et interprétation : Fani Carenco

Lumières et son : Nicolas Natarianni

Genre : Conte

Public : Tout public à partir de 7 ans

Durée : 45 min

Création 2015

Première journée en Avignon et premier spectacle. Comme pour marquer cet avènement et sans chauvinisme aucun, j’ai choisi un spectacle d’une toute nouvelle compagnie montpelliéraine, La Grande Horloge, même si Fani Carenco n’est pas une nouvelle venue !

A l’entrée des spectateurs, la comédienne est déjà installée au centre du plateau nu, dans une ambiance bleutée un peu glaciale (la climatisation a été un peu trop poussée !), légèrement feutrée par les fumigènes.

Nous connaissons tous ce conte de Grimm, particulièrement cruel comme beaucoup des contes de cet auteur. Mais c’est ici la sorcière qui raconte l’histoire. Fani Carenco s’emploie à humaniser cette sorcière, avant tout une femme seule et abandonnée, pas si méchante que cela. En quoi d’ailleurs serait-elle plus méchante qu’un père prompt à abandonner ses enfants, sous l’influence maléfique de sa nouvelle épouse, ou que des enfants qui viennent piller sa maison et n’hésitent pas à la jeter dans le four avant de se sauver en lui volant ses économies ? Le public est pris à témoin…

La mise en scène s’appuie sur des éclairages qui rendent le personnage plus ou moins inquiétant, suivant leur orientation. Un personnage figé à la même place tout le temps du spectacle, tantôt assis, tantôt haut perché et cerné d’une immense robe « rigide » qui lui confère une allure impressionnante de statue... La musique douce ou enjouée, voire carrément techno, accompagne les propos de la sorcière.

Finalement, cette sorcière dégoûtée par le comportement de ces affreux garnements, rejoint un groupe d’abstinents… Elle est actuellement en cours de sevrage et n’a pas mangé d’enfants depuis de nombreux mois. Mais soyons prudents, il ne faudrait pas la tenter !

Un spectacle tout récent, qui commence et se termine par la même phrase, comme pour ouvrir et fermer les parenthèses, mais déjà une belle réussite, tant dans le jeu non dénué d’humour, que dans la mise en scène, peut être un peu effrayante pour de jeunes enfants. De fait le spectacle est préconisé pour des enfants à partir de 7 ans.

Cathy de Toledo

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